16juil 12

A Barquisimeto, tous souriaient

No Volverán

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Considérez que cette note a traversé l’Atlantique. Elle est donc décalée de toutes les façons possibles dans cette sorte d’exercice. Je vis à un rythme magiquement ralenti par rapport à tout ce que j’ai vécu ces derniers mois. Pour autant je ne peux pas dire que je suis tout à fait sorti du champ de bataille. Ici, au Venezuela, je participe un peu à la campagne électorale qui a commencé en vue des élections présidentielles d’octobre prochain. Je raconte quelque chose d’une de ces journées extraordinaires dans lesquelles j’ai reconnu tant de traits communs avec les nôtres.

Je dis un mot à propos de la place de l’affaire PSA qui va être la signature du moment politique qui commence en France. Mais je parle aussi de la lutte victorieuse des femmes de Sodimedical. Je donne une place spéciale au dépôt de mes comptes de campagne. Il me permet de souligner l’injustice totale du calcul de l’attribution du financement public qui ne tient aucun compte du résultat de l’élection présidentielle ! Pourquoi ? Je jette un œil aussi sur le coup d’Etat au Paraguay. Je suis le désespoir de ceux qui n’aiment pas qu’on regarde ailleurs qu’au bout du nez des « vrais problèmes » de leur clocher.

J’ai fait le voyage vers Barquisimeto en avion. C’est là qu’était convoqué le « rassemblement Bolivarien » du jour. La ville se trouve dans l’état de Lara. J’avais l’honneur d’être assis sur le siège en face de celui au nom de Chavez. Mais il resta vide car « le commandant », comme il disent, travaillait ses fiches dans son carré privé. J’ai trop pratiqué l’exercice pour ne pas en comprendre l’importance. Ce temps où l’on entre dans ce que l’on va dire et où il faut en quelque sorte commencer à l’incarner doit être fait avec sérieux et méthode. Car les émotions qui vont suivre submergent tout, ensuite. Elles risquent alors d’effacer la fragile trame que l’on a posée sur la surface de l’esprit. Le mouvement des mots qui vont devoir venir quand ce sera leur tour en dépend pourtant. Il faut donc bien gérer cela. Impossible de passer à côté de l’émotion que dégage un rassemblement. D’ailleurs, il ne faut pas y résister si l’on veut s’imprégner de l’ambiance et du message qu’il porte. Pour ma part j’ai été saisi d’émotions et emporté par elles chaque fois qu’il fallait traverser un bout de la salle de nos meetings. On cessa de le faire quand il devint évident que ce déplacement mettait en danger les gens qui participaient à l’accueil si chaleureux qu’ils me faisaient ! Mais j‘en fus très frustré. Ce que j’ai vécu sur place, à Barquisimeto, m’a confirmé cette intuition de la dialectique du rationnel et du sensible dans la production du message politique. Ce qui nous attendait à l’arrivée, la télé le nommait « l’ouragan Bolivarien ! » pour intituler les images qu’elle donnait à voir.

Un ouragan en effet ! Sur les trois kilomètres du trajet une foule compacte hurla sans discontinuer à mesure que les camions sur lesquels nous étions installés avançaient. Le rassemblement commença aux portes mêmes de l’aéroport, ce qui n’était pas prévu. Les véhicules du cortège ont donc fendu la foule au pas, entourés d’un impressionnant double cordon de militants qui protégeait autant le passage que les gens qui se précipitaient sur les voitures. Suffoqués par l’effort, ruisselants sous le soleil des Caraïbes, ils tinrent bon leur part de tâche ! Je voyais sur leurs jeunes visages la lumière que j’ai vue sur celui de mes camarades, filles et garçons qui ont fait cet exercice à Strasbourg, à Paris, et à combien d’autres endroits encore ! Puis on descendit des voitures et on monta sur le toit des bus qui avaient été postés face à un podium d’accueil, à cet instant totalement submergé. Commença alors le parcours. Ce fut comme un ailleurs de tout ce que j’ai connu. Jamais je n’ai vu telle ferveur politique se concentrer de telle façon dans les corps et les visages. A mi-chemin je m’aperçus que j’avais le visage en larmes. A côté de moi, Max Arvelaiz et Ignacio Ramonet montraient un visage inconnu. Le saisissement, l’effroi sacré qui nous habitait est un moment qui n’a pas ses mots pour le décrire raisonnablement. La force de la passion politique qui s’exprimait à cet instant sculptait et remodelait tout ce qui passait entre ses mailles fines. Je comprends à présent que notre position était singulière : perchés sur ce camion nous avons été touchés en continu par quelque chose qui n’a duré que quelques minutes pour chacun de ceux qui s’y sont impliqués, à terre, autour de nos camions et à mesure qu’ils passaient. Ce qui était un paroxysme momentané pour eux fut un jet continu pour nous. Et il dura presque une heure me semble-t-il. Et voici ce qu’il faut retenir : c’était les nôtres, sans aucun doute possible.

Les nôtres ! Vous vous souvenez peut-être quand j’interpellais notre rassemblement à la Bastille. Je disais : « Où était-on passés ? On s’était perdus ! On se manquait, on s’est retrouvés ! » Vous saviez tous de qui et de quoi je parlais, sans qu’il y ait besoin d’en dire davantage. Ici c’est de cela encore dont je parle. Vous savez instantanément de qui il s’agit : les nôtres. Cela se voyait. D’abord par la couleur de peau : partout dominait en profondeur ce superbe marron que montrent les plus beaux êtres humains. Ici la couleur de peau est un signal social. Ceci était une marée de pauvres venus des quartiers populaires. Je ne dis pas qu’il n’y avait pas de mélange de toutes sortes ! Rien n’est plus bigarré qu’une foule des Caraïbes : mille nuances de couleurs et d’habits saturent tout, tout le temps. Pas de haillons ici. Mais les pauvres et les humbles comme on dit pour désigner les invisibles aux yeux des importants. Les humbles et les pauvres en habits de classe, en visages de classe, leurs slogans politiques, les pauvres, les humbles faisaient le gros du fleuve humain qui s’était formé là. Voilà ce qui me saisit au plus profond de moi et me mettait ces larmes aux yeux. Les damnés de la terre en mouvement. Le sourire aux lèvres. Comme chez nous quand on s’est retrouvés. Les gens souriaient. Ces mille sourires n’en faisaient plus qu’un dans le creuset du cri sans fin qui entourait ce camion ! Je pensais à ces images filmées en noir et blanc à l’entrée de Pancho Villa et Emiliano Zapata vainqueurs à Mexico. Une marée de tenues de paysans pauvres et de haillons entourait leurs chevaux. Le film est muet bien sûr. Et il n’y a pas de pancartes ni de banderoles. Mais je demandais quel pouvait bien être le bruit de cette foule déjà, le jour où j’ai vu ces images, l’an passé, dans l’exposition des photos de la révolution mexicaine à Arles. Cela n’a rien à voir avec ce que l’on peut observer au retour d’une équipe de foot victorieuse ou autour d’une pop star. C’est un son humain particulier. Je dis « le son », comme je le dirais pour désigner le ton qu’avait la voix de notre mère quand elle nous berçait, le ronronnement de notre chat, le grondement de la bête qui a faim, la gorge qui bée à la vue d’une merveille. Ou n’importe lequel de ces messages essentiels qui court-circuitent les mots. C’est le bruit particulier d’un événement humain singulier. Vous savez ! L’un de ces bruits qu’on connaît sans qu’il ait de nom : le craquement de la neige sous le pas, la pluie qui plouic plouic sur le bord de la fenêtre et celle qui frrttrr frrtrr sur le carreau quand l’averse tombe en biais. Ici, c’est le son que fait la révolution. Un rugissement a dit Chavez, une clameur selon mon esthétique.

Mais si violente que fut la ferveur autour du passage de Chavez, jamais le sens politique de ce qui se passait ne s’effaça. Pancartes, bannières, slogans, cris et salutations, poings fermés levés en cadence, saluts militaires, drapeaux rouges, tout le temps, tout le long, du cœur de la masse agglutinée contre le camion, sur les branches des arbres, comme du bord opposé de l’avenue, rien n’effaça un instant la marque de l’engagement politique ! Incroyable discipline que celle de ces gens occupés des heures à attendre, puis après le passage des camions à attendre le discours, puis à l’écouter en scandant slogans et consignes qui en accompagnaient le sens et les incluaient dans son déroulement. Et parmi ceux-ci ce cri guttural et jaillissant comme un éclat de rire : « no volverán ! ». Ils ne reviendront pas !

Comme c’était le quatorze juillet, et peut-être parce que je le lui ai mentionné, Hugo Chavez a rendu hommage à la Révolution française. Il a expliqué la contribution décisive de cet événement au mouvement pour l’indépendance du Venezuela, à travers le personnage du maréchal Francisco de Miranda, militaire vénézuélien qui combattit avec nous à Valmy et commanda victorieusement les armées françaises en Belgique contre l’agression de l’union de l’Europe féodale et des émigrés. Ces mots de Chavez, l’évocation de ma belle patrie républicaine, le « viva » qui conclut ce passage de son discours, aussi bien à l’académie militaire le matin que le soir à Barquisimeto, nous touchèrent beaucoup, on le devine, à la tribune où nous étions. Dans ma forme de patriotisme, l’évocation de la France révolutionnaire est centrale. S’y trouve résumé le contenu de l’identité française. Chavez en a bien compris toute la profondeur : il a expliqué comment la Révolution française est la révolution du monde entier dans la mesure où elle agissait au nom des droits universels de la personne humaine et non d’une nationalité en particulier ! Cela me rend ce moment plus mémorable et plus intéressant pour mon pays que la rencontre du nouveau président français avec les journalistes désemparés qui voulurent l’intéresser à leur conversation. Mais le nouveau président français a aussi connu une mobilisation populaire si j’en crois « Ouest France ». La Pravda la plus sectaire de France, qui s’honore de ne jamais me donner la parole, mentionne : « À Brest, le chef de l’Etat a fait un véritable tabac, dans une sorte d’hystérie collective. » Comme « Ouest-France » est bien à droite, j’en déduis qu’à leurs manières les gens qui se trouvaient à Brest autour de Hollande étaient de gauche, puisqu’ils sont décrits comme « hystériques ». Mais peut-être à Brest a-t-on entre-aperçu une petite braise du grand feu que j’ai vu incendier Barquisimeto ? Hollande ferait bien de se méfier de tous ces gens capables de s’enthousiasmer. Car ils finiront par demander des raisons de le faire.

De ce que j’ai vu des nouvelles d’Europe j’ai compris que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de l’histoire sur le vieux continent. Le niveau de confrontation sociale grimpe d’un cran décisif. Les actualités d’Espagne ont été beaucoup commentées ici, au Venezuela, parmi nos amis. Le défilé des mineurs, la répression qui a suivi, ont marqué les esprits. Je crois que c’est ce qui leur donne le plus matière à penser du fait de la communauté de langue qui leur permet de vivre de plus près ce qui se passe. Car d’une façon générale j’observe que peu de gens sont informés du degré de verrouillage « austéritaire » en Europe. Je pense qu’il en est ainsi parce qu’ils croient que les horreurs qui leur sont arrivées dans la phase précédentes de leur histoire, celle où le FMI et la Banque mondiale leur serraient la gorge, sont connues en Europe. Ici ils pensent que tout le monde a tiré la leçon de cette politique. Il leur est difficile d’admettre que ce n’est pas le cas. Quand j’explique que la Banque centrale européenne ne prête pas directement aux Etats tout le monde est stupéfait, se fait répéter l’information pour être certain d’avoir bien compris. Et ainsi de suite. Pour moi aussi, en dépit de tout ce que je sais, je suis estomaqué comme tout un chacun à l’heure où nos prévisions deviennent des réalités matérielles et humaines. Le nouveau plan d’austérité en Espagne est une façon de mettre le doigt dans l’engrenage qui a déjà détruit la Grèce. Comment se fait-il que les décideurs ne le sachent pas ? Comment peuvent-ils agir de cette façon en sachant que cela ne mène nulle part ? Les coups assénés au monde du travail sont d’une incroyable violence. Le surgissement des gueules noires dans les rues de Madrid donne à la situation une tonalité qui va maintenant donner un autre visage aux luttes en Espagne. Au temps des « indignés » succède celui des révoltés. Je crois que c’est la tonalité de toute la période qui arrive pour nous aussi en France. Cette phase est celle qui a précédé en Amérique du sud le collapsus final, celui où surgissent des masses immenses de population qui crient « qu’ils s’en aillent tous ! ».

Si je peux m’avancer de cette façon dans les pronostics c’est évidemment en tenant compte de la répétition des expériences réelles. Chacune a confirmé que la ligne politique austéritaire n’ouvre aucune issue aux peuples qui acceptent de s’y soumettre. Récession et misère sans issue sont la constante, jusqu’à l’explosion. Mais ce qui hier ne s’était vérifié, pays par pays, qu’en Amérique du sud est dorénavant bien installé sur notre continent. Le naufrage de la Grèce en a témoigné. L’Espagne entre à son tour dans la spirale mortelle. Elle ne s’en sortira pas davantage. La logique voudrait que commencent bientôt les grandes manœuvres politiques en vue d’une grande coalition pour sauver le plan d’austérité. Ces gens-là sont comme ça. Quand Hollande a été à la télévision grecque pour appeler à voter à droite plutôt que pour l’autre gauche, il a en quelque sorte signifié cette implacable alliance des eurocrates pour maintenir leurs plans envers et contre tout. Dignité incluse !

Une telle série d’événements soulève bien la question que je viens de poser. Pourquoi les gens qui dirigent prennent-ils des décisions si évidemment contre-productives ? Pourquoi le dirigeant espagnol Mariano Rajoy met-il en place un plan qui conduit tout droit à la récession alors que la récession va augmenter les difficultés budgétaires qu’il prétend régler ? Du fait même du caractère si hautement prévisible des conséquences de telles décisions, on devine que la situation peut se lire de façon bien différente. Laissons de côté pour l’instant l’idée que ces dirigeants soient idéologiquement ou personnellement corrompus. Essayons d’imaginer qu’ils croient à leur propre propagande. On peut imaginer alors qu’ils pensent sérieusement être mis en demeure de réparer les « erreurs de gestion » de leurs prédécesseurs. Que « de toute façon il faut payer ses dettes » et ainsi de suite. C’est la musique dominante. On entend dire en Espagne comme en Grèce et comme en France que « le pays a vécu au-dessus de ses moyens ». La dette ce serait de la dépense irresponsable. Le piège qu’est ce discours fonctionne bien. On peut y croire sans difficulté parce que son énoncé paraît évident. Mais ce n’est qu’un discours. Il ne résiste pas à un examen attentif des faits.

Commençons par le commencement. Quand a-t-on dépensé trop ? Pourquoi était ce vivre au-dessus de ses moyens que de vivre comme nous vivions ? L’histoire fiscale et économique permet vite de situer le début de l’explosion, d’ailleurs relative, de la dette publique. Je ne vais pas seulement évoquer le moment où il est devenu impossible à l’Etat de se financer auprès de la Banque centrale et où il a dû se tourner, par obligation institutionnelle, vers le marché des banques privées. Je veux revenir sur le moment où la droite et les sociaux-libéraux ont commencé à baisser le niveau des impôts sur les bénéfices des sociétés et sur les particuliers. Si nous avons vécu au-dessus de nos moyens c’est parce que nous avons réduit nos moyens. Là encore mettons de côté la collusion de classe comme facteur d’explication. Acceptons de croire que cela a été fait, comme cela a été annoncé, « pour relancer l’économie, améliorer la compétitivité des entreprises » et les autres bla bla bla. Pourtant le résultat est sous nos yeux : rien ne s’est passé comme prévu. Ce démenti des faits est le plus cruel démenti opposable à cette politique ! Elle ne marche pas ! Dès lors la cohérence du système se lit d’une autre manière. Il s’agit d’une organisation en vue de rendre possible et de protéger la perception d’un immense impôt privé, celui que le système financier prélève sur la société. La rente financière et sa protection est la seule logique du système et non l’apparente volonté de faire ceci ou cela, habituellement énoncée par ceux qui prennent les décisions visibles. En ce sens ce qui est usuellement nommé et présenté comme une « crise », un dérèglement provisoire dû à une mauvaise gestion passée où actuelle n’en est pas une. C’est un système permanent. Ce que l’on nomme la « crise » est la norme de fonctionnement désirable et profitable du système.

Vu d’un point de vue des relations sociales que cet état implique pour fonctionner, le système peut se lire comme une méthode de confrontation de ceux qui profitent contre ceux qui sont ponctionnés. Au-delà de tout ce qu’il peut dire sur le sujet et même peut-être de ce qu’il croit lui-même, Mariano Rajoy réorganise l’Espagne pour que puisse continuer la prédation du système financier sur l’Espagne aux conditions que ce dernier a  déterminé. Il n’y a pas de « crise » en ce sens que « la crise » est seulement le nom d’une méthode de confrontation sociale. Elle part de la sphère financière et elle s’exprime dans tous les compartiments qui s’y rattachent ou qui lui sont liés. A chaque étape de la confrontation, les agents du système, qu’ils en soient dupes où qu’ils croient réellement à sa nécessité, présentent la soumission comme une règle de bon sens ! Mieux, c’est une nécessité de la modernité, un choix pour le futur. Tout ce qui n’en convient pas est de « l’idéologie ». Vous connaissez cette musique, n’est-ce pas, mes amis. Au début le grand nombre y croit. Il se soumet en majorité, même en râlant. La propagande fonctionne alors à plein régime. Elle ne s’arrête jamais d’ailleurs. Puis vient le moment où les pires dupes, c’est à dire les catégories sociales moyennes qui ont cru y trouver leur compte, sont tellement piétinées qu’elles se réveillent. « Nous avons des familles » crient les manifestants madrilènes. Comme si c’était une façon d’appeler les gouvernants au retour au réel qu’eux viennent de faire. La corde se tend. Tant qu’elle tient, la logique du système augmentera la tension ! Elle se tend au sommet de la hiérarchie sociale des salariés. Jusqu’à la dernière minute la propagande tourne à plein régime.

Lisez l’éditorial ahurissant de Joffrin à propos de PSA pour comprendre à quel point ce système peut durcir ses méthodes d’intoxication mentale. Deux grammes de protestation avant trois couplets d’appel à la soumission aux normes dominantes et de dénonciation de l’idéologie anti-mondialisation. Le médiacrate social libéral enragé voit dans l’affaire PSA, « le cimetière des illusions idéologiques françaises »!  Intellectuellement c’est révulsif. Surtout venant de gens qui se disent de gauche. Mais, politiquement, nous n’avons pas meilleur allié. Ces gens maintiennent tout le monde dans un état de stupeur qui ne se résout pour finir que par des explosions du type de celles qui ont eu lieu en Amérique latine. Car à la fin des fins, les lecteurs du « Nouvel Observateur » aussi, même intoxiqués à mort par ce qu’ils lisent, eux aussi savent qu’ils « ont des familles » ! Et ce n’est pas l’opium de Joffrin qui leur permettra de les nourrir ou de leur assurer un vécu décent ! Le mur de béton que construisent de tels médias hallucinogènes explique pourquoi tant de gens des classes moyennes et moyennes supérieures se tournent vers nous comme vers une alternative intellectuelle.

Chez nous, en France, le système de confrontation que constitue la « crise » prend aujourd’hui le chemin des usines. PSA aujourd’hui. Ce n’est pas le pire cas pour nous. En effet, il s’agit d’un milieu ouvrier fortement structuré par le syndicalisme. La bataille va donc prendre une forme contrôlée et dirigée qui affaiblit la portée des manœuvres et coups tordus gouvernementaux ou patronaux. Ce matin jeudi, à Caracas, j’y ai tout de suite pensé quand je me suis levé avec l’annonce des plans de licenciements massifs chez PSA. Les camarades m’alertaient depuis le site d’Aulnay et la ville où milite une section du Parti de Gauche. Mais aussi depuis notre équipe nationale où cette affaire déclenche une grosse émotion militante. Moi aussi je bouillais. Je suis si loin ! Mais sur place évidemment tout notre dispositif est en place. Les copains se disposent donc pour aller à la rescousse si on les y invite à le faire. Comme d’habitude, nous sommes à la disposition des syndicats des travailleurs. Nous appliquerons les consignes qui seront données par ceux qui luttent. C’est notre doctrine. Pour autant nous ne sommes pas inertes politiquement. Le Parti de Gauche vient de rappeler sa prise de position pour une loi en faveur de l’interdiction des licenciements boursiers et pour un moratoire sur les licenciements de cet été. Je voudrais rappeler que la loi contre les licenciements boursiers a été présentée au Sénat l’an passé par Dominique Watrin, sénateur du Front de Gauche, et qu’elle a été votée alors par les socialistes. Ils pourraient donc la mettre en débat à l’Assemblée et elle pourrait être effective avant la fin de la session parlementaire. Le cycle qui commence est un temps de confrontations sociales ouvertes. Je pense que le nouveau gouvernement ne l’analyse pas de cette façon. Il ne sera pas le seul. Comme par le passé, beaucoup vont examiner le problème comme un « vrai problème économique », lié à la « compétitivité des entreprises ». Et ainsi de suite. Vous connaissez tous la chanson. Mais combien vont souligner que PSA fait tout de même plus de cinq cent millions d’euros de bénéfices ? Et combien vont rappeler cette évidence : le marché n’est malade que de son ouverture incontrôlée. Exemple : trois Renault sur cinq qui se vendent en France viennent d’usines délocalisées. C’est là le modèle économique que veut appliquer dorénavant à son tour PSA. Il ne le fait qu’en raison de l’impunité dont ont bénéficié les autres constructeurs en agissant de cette façon. C’est parce qu’on a laissé faire que tout empire ! De même la question de la nécessaire transition écologique de l’industrie automobile qui doit venir à l’ordre du jour. Là encore le problème ne peut plus être traité en fonction de nos propres desiderata. En effet toute la recherche et développement de cette grande entreprise a été déjà délocalisée à l’occasion du précédent plan l’an passé ! De nouveau, on a laissé faire et tout empire. On notera aussi la discrétion des « analystes » sur le bilan de la politique de « réduction des coûts salariaux », menée pourtant sans désemparer par le précédent gouvernement. Je pense en particulier à la suppression de la taxe professionnelle ! Un somptueux cadeau de douze milliards d’euros aux « entreprises », offert sans aucune contrepartie ! C’est cependant dans cette voie de la réduction des coûts salariaux que veut persister le nouveau gouvernement. Donc il n’y a pas de solutions au problème posé sans prendre à bras le corps la question de l’organisation du modèle économique national et européen. Cela dépasse donc ce que peuvent faire seuls les travailleurs localement. Leur lutte doit rencontrer une volonté d’appui déterminée, gouvernementale et législative. C’est ce que ferait une majorité parlementaire dirigée par le Front de Gauche. Nous allons voir à présent les bavards du « vote utile » au pied du mur des réalités de la lutte sociale. Hélas.  

Mais mercredi, ma journée en décalage horaire de six heures et demie avec vous en France avait très bien commencé. C’était un message de Laurence Sauvage. Laurence j’en ai déjà parlé ici. C’est la secrétaire nationale du Parti de Gauche en charge des luttes sociales. Elle a succédé en catastrophe à un camarade qui était fort habile à faire des textes et des recommandations pontifiantes mais absolument inapte à quelque activité concrète que ce soit. Beaucoup ne donnaient pas cher de cette jeune femme sans passé politique catapultée à la place d’un cacique aigri dans un univers dominé par les hommes. Le bilan fut tout simplement à couper le souffle. La recette ? Militer ! Agir ! Laurence n’arrête pas. Elle est présente. Non pas derrière un bureau ou à travers un pouvoir de nuisance fielleusement entretenu. Elle se rend sur place, elle téléphone, elle soutient, elle va, elle revient, elle m’oblige aussi, autant que possible, à aller et venir en courant derrière elle. Ma première visite d’après campagne présidentielle, sur l’insistance de Laurence, fut pour ces femmes au combat ! C’est Laurence qui a centralisé au Parti de Gauche la lutte des femmes de Sodimedical en entretenant la flamme de l’intérêt pour elles. C’est à elle que je dois d’avoir cité si souvent ce combat dans mes discours et interventions tout simplement parce que j’étais continuellement informé par elle de ce qui se passait. Ce matin son sms et son mail d’appui m’a mis les larmes aux yeux. Après tant de mois d’angoisse, sans salaires, de décisions de justice non respectées, de renvoi en report de jugement, ces femmes ont gagné ! J’imagine la joie sur place. J’en ai les larmes aux yeux. Je vois le visage tranquillement déterminé d’Angélique, la première de cordée de cette lutte ! Voici le message de Laurence : « Bonjour à tous, s'il fallait qu'aujourd'hui le soleil brille de tous ses rayons, il fallait que cela soit dans l'Aube. Et bien bingo ! Les salariés de Sodimedical ont gagné contre le groupe Lhomann & Rauscher. Le groupe est condamné à payer les salaires avec astreinte de 1000€ par jour de retard. Mieux : le jugement fait obligation de reprendre l'activité à Plancy. Quand nous avons parfois le doute que tout est perdu, même en allant régulièrement les soutenir et en leur apportant une aide morale par téléphone, cette victoire nous prouve que rien n'est jamais perdu ! Bravo à elles et à leurs avocats. Je fais un communiqué de presse ce soir mais je t’avoue que c'est en tremblant car l'un des premiers appels d'Angélique Debruyne, leur "leader", était pour le PG afin de savourer leur victoire en direct. Bises. Laurence »

A présent mon compte de campagne présidentielle vient d’être déposé en bonne et due forme. Un travail de titan pour les deux camarades chargés de cet exercice, Marie-Pierre Oprandi, ma mandataire financière et Jean-Pierre Masson son co-équipier dévoué. Juste pour mémoire, il faut savoir qu’au cas particulier cette présidentielle ce fut 15 000 documents scannés, 4 800 lignes d’écritures comptables, 2 400 chèques pour la seule Association de Financement du Compte de Campagne « JLM 2012 », 2 000 heures de travail assumées par le tandem que je viens de citer. Et bien sûr, j’en oublie forcément… A présent commence une période de concertation avec la Commission chargée de vérifier la régularité de tout cela. Je me sens obligé de vous rappeler que je suis tenu pour personnellement responsable sur le plan juridique de cet exercice. C’est moi qui paye si le compte de campagne est rejeté. C’est moi qui serais puni si quelqu’un a triché dans mon dos ici où là avec les règles vétilleuses de cette comptabilité. On voit quel rôle est aussi celui du candidat. Et les risques. Car bien sûr il y a toujours des irresponsables dans le circuit. Aux élections européennes, un responsable départemental partit en vacances sans rendre ses documents. Il fallut, en plein mois de juillet, tout reconstituer, aller de villages en villes pour récupérer les bons documents comptables. Ici ce fut autre chose : 2 000 pièces comptables soudainement arrivées quatorze jours avant la clôture du compte à saisir, analyser, et intégrer pour un montant de plus d’un million d’euro ! La désinvolture confine parfois de si près avec le sabotage que j’en ai des sueurs froides rétrospectives.

Mais si de tels risques sont mis sur le dos du candidat, comment ne pas pointer du doigt une énorme injustice du système de financement public. Comme vous le savez les subventions publiques aux partis politiques sont attribuées sous certaines conditions. Il faut avoir fait un minimum de voix dans un minimum de département pour accéder à ce financement. L’injustice ? La voici. L’élection présidentielle ne compte tout simplement pas dans ce calcul. Ne sont pris en compte que les voix acquises aux élections législatives ! On comprend le coup tordu destiné à favoriser les partis qui dominent cette sorte d’élection à deux tours ! Ainsi nous sommes responsables de tout, en tant que candidat, mais bénéficiaires de rien. La prise en compte du résultat à l’élection présidentielle me semble être une mesure de simple justice dans le cadre d’un système que je continue à qualifier d’intrinsèquement injuste.

Je veux aussi pointer, par humour cette fois-ci, une autre extravagance. Des candidats qui recueillent des millions de voix à l’élection présidentielle où vote tout le pays, sont ensuite astreints à aller en circonscription, au suffrage à deux tours, ce piège à loup, pour recevoir l’onction nécessaire pour représenter le peuple français à l’Assemblée nationale ! Sachant qu’un député est élu en moyenne avec trente mille voix, faites la division des quatre millions de voix qui se sont portées sur mon nom et vous constaterez que ma représentativité est équivalente à l’addition d’une très grosse quantité de ceux qui siègent à présent. Je m’amuse aussi en pensant à une autre singularité. Un ancien Président de la République est censé acquérir la science infuse du droit constitutionnel à la fin de son mandat, ce qui le rend automatiquement membre du Conseil qui surveille la constitutionnalité des lois. Mais un candidat à la représentation du pays n’est pas censé l’avoir acquise après avoir recueilli des millions de voix dans une élection un mois avant.  Pourtant il est tenu pour responsable sur ses deniers et droits civiques de toutes les factures de sa campagne. Pas belle la cinquième République ?

J’ai évoqué dans ma précédente note le coup d’Etat au Paraguay. Je me fais un devoir de poursuivre l’information de mes lecteurs sur le sujet. Je le fais bien sûr pour que vous sachiez. Savoir c’est aussi se préparer. Il est important de savoir de quoi sont capables nos adversaires et quelle est la pratique ordinaire des Etats-Unis avec leurs voisins rebelles. Cela permet de faire la part des choses quand déferle la propagande médiatique contre les gouvernements « dictatoriaux » de nos amis en Amérique du sud et dans les Caraïbes. Je le fais aussi comme un défi. De ce dont je vous parle il n’est question nulle part ! Imaginez que cela se déroule à Cuba ou à Caracas ! La presse sous influence regorgerait d’articles et de « reportages » de « correspondant locaux » comme nous en sommes régalés à l’ordinaire dès qu’il s’agit d’un gouvernement de gauche à mettre en cause ! Il est important pour moi de guérir mes lecteurs de toutes les façons possibles contre la tendance à oublier que sont en réalité les « médias de référence » quand ils parlent de questions internationales. Donc, le président « déchu », Fernando Lugo, s’est adressé à l’opinion publique nationale et internationale. Cherchez-en la trace dans vos journaux ! Il raconte comment vit dorénavant son pays, depuis le putsch. Son texte s’intitule : « Non à la violence du régime illégitime et putschiste ! ». On y apprend comment se met en place une répression politique de grande envergure. Ainsi les sénateurs Carlos Filizzola et Sixto Pereira qui ont refusé de voter la déchéance de Fernando Lugo sont dorénavant menacés par leurs collègues putschistes ni plus ni moins que d’expulsion du pays ! Mais il y a plus glauque. Le nouveau prétendu président est à la tête d’une grande entreprise de vente de pesticides. Il s’est donc immédiatement attaqué au CENAVE, l’organisme de contrôle des semences. Plus de cent employés ont été licenciés sous l’accusation d’être des « luguista », c’est-à-dire des partisans du président Lugo. Ici la lutte contre les putschistes devient aussi une lutte écologiste. Le licenciement politique ferait le régal des outragés stipendiés s’il s’agissait de Cuba ou du Venezuela. Ici, quoi ? Pourtant ça tape dur. L’appel international de Fernando Lugo signale un exemple frappant à Itaipu Binacional, la plus grande centrale hydroélectrique du monde ! L’actuel directeur général paraguayen, membre dirigeant du parti du président pesticide, annonce le licenciement de 300 employés ! Motif officiel : ils sont « gauchers ».

Le silence des médiacrâtes s’étend même à des domaines où ils ont pourtant d’habitude les nerfs à fleurs de peau. Je veux parler de la sacro-sainte défense des collègues opprimés parce qu’ils « font seulement leur métier » et de « la liberté d’informer », et des bla bla habituels de la caste ! Car au Paraguay, le nouveau régime vient d’essayer d’assaillir la TV publique ! Les occupants des lieux ont opposé une défense héroïque. Dorénavant il y est procédé à des menaces de licenciements massifs pour faire cesser la résistance. Quel silence entoure tout cela ! Dorénavant vous savez donc ce que valent les sanglots mouillés des médiacrâtes à propos de la liberté de la presse et tous leurs bla bla ordinaires sur le sujet ! Leurs indignations signalent la présence de la laisse, leurs silences indiquent sa longueur maximale ! Touchant de naïveté, Lugo s’adresse pourtant à cette engeance : « Ce sont quelques-uns des faits qui invitent l’opinion publique internationale et nationale, tous et toutes les démocrates de la région et du pays, les institutions internationales et régionales à ne pas faiblir dans leur accusation afin d’empêcher que le viol de la Démocratie et de la Constitution paraguayenne reste impuni. » Aphatie, Duhamel, Ménard, Barthès, Elkabbach, au secours ! Trop drôle ! 


336 commentaires à “No Volverán”

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  1. 51
    Diogene dit:

    Merci JL pour ces mots justes que nous ne pourrions lire sans toi.
    Malgré la propagande, la "crise" et la très chère dette qui n'a de publique que le nom, le FdG a ouvert une brèche dans les esprits. Un autre avenir est possible, celui qui place l'humain au centre et l'intérêt général au dessus. C'est pitié de constater que les choses changent lorsque tant et tant de souffrances ont été vécues. Reviens nous plein de cette Amérique en lutte !
    Amitiés fraternelles.

  2. 52
    HAMON J-P dit:

    Au delà de l'émotion de la lecture de ces pages immenses... respect et partage et silence... réunir ce qui est épars.

  3. 53
    Yohann dit:

    Un grand merci à Monsieur Mélenchon.
    Quel joie de retrouver enfin un homme politique qui défende les vraies valeurs de la gauche. Le parti de gauche auquel j'ai bien évidemment adhéré est LE rayon de soleil que nous attendions dans un paysage politique qui avait abandonné le peuple. Certes, le PCF faisait entendre sa voix mais ma nature profondément démocrate, m'empêchait de pouvoir adhérer pleinement à leur cause. Merci donc à vous Monsieur Mélenchon de nous redonner tant d'espoir. Merci de tous ces efforts et de tout cet engagement en faveur de la défense de nos belles idées. Merci de rappeler aux français que toutes les avancés sociales dont nous pouvons bénéficier aujourd'hui ont été acquises aux prix de luttes acharnées. Jamais elles ne nous ont été offertes. Merci de ne pas baisser les yeux. Merci aussi à tous ceux qui l'ont aidé dans ces campagnes difficiles.

  4. 54
    Cathar(31) dit:

    Ce qui se passe au Paraguay ressemble à s'y méprendre au bref coup d'Etat qui mit Chavez hors-jeu durant quelques jours en 2002; il y eut alors plus d'atteintes aux droits de l'homme en 48 heures de pouvoir éphémère et brutal de la droite revancharde que durant les longues années de pouvoir de Chavez.

    Pour PSA, voir cette video évoque un des dessous de la crise actuelle: quand Général Motors entre au capital de PSA et fait prévaloir les vues et les intérêts stratégiques des étatsuniens, au détriment de l'emploi en France.

    A chaque fois, le silence révoltant des médias et le sentiment d'impuissance du simple citoyen face à leur arrogante hégémonie.

  5. 55
    kalamar31 dit:

    @naco
    Eh ben tu vois, c'était utile que je pose la question, puisque tu m'as donné les infos que je cherchais. Merci donc à toi.

  6. 56
    franck dit:

    Bonjour Jean-Luc,
    Pourquoi ne publiez-vous pas de photos du voyage ? Sans quoi la manière dont vous relatez tout ça. Passionnant!
    @+
    Franck

    [Edit webmestre : Selon vous, les 18 photos qui illustrent ce billet, c'est quoi ?]

  7. 57
    Adrien dit:

    Merci à Jean Luc Mélenchon de continuer à tisser ce long fil de soie si "Résistant" et doux par ces billets si attendus. L'Amérique Latine a réussi, pourquoi pas nous ? Une des causes de la difficulté à mobiliser est que les gens ne s'intéressent plus à l'essentiel et ne veulent pas admettre que le système les a progressivement lobotomisé de toute analyse politique, sociale, philosophique, etc. J'ai été sidéré d'apprendre que 54% des français ne savaient pas ce qu'était la "rafle du Veldiv !"
    Y a du boulot ! Nous le faisons, mais il est très difficile de convaincre les "idiots utiles du vote utile". Seul le cout de trique qu'ils prendront par ceux qui les ont mené sur cette voix les fera changer d'avis, souhaitons qu'ils ne se trompent pas de Front et choisissent celui de Gauche le FdG.

  8. 58
    erlea2904 dit:

    @tous
    Comme les photos ne sont apparemment pas assez visibles pour certains (en cliquant dessus, on a accès à 18 autres en diaporama!), donc je me disais que beaucoup ont du passer à côté de la pétition de la CGT à signer "Non à la casse de l'usine PSA d'Aulnay" mis en lien à l'intérieur du texte de Jean-Luc...

  9. 59
    Naco dit:

    Mr Jean-Luc.
    On vous remercie tous ici des cartes postales que vous envoyez de l'autre côté de la mer. Franchement, pour nos camarades qui sont restés ici, ça fait du bien de savoir qu'y a des gens qui ont des belles couleurs comme vous dites là-bas, et qui font ce qu'on a essayé de faire un petit peu ici.
    Nous, depuis que vous êtes parti, il pleut. Y a des jours ou il fait plus chaud, mais en moyenne, il fait plus froid que quand vous êtes parti. Alors qu'il pleuvait déjà.
    La Marine elle est repartie. Les journalistes aussi. Pour longtemps on dirait. Y a encore des affiches d'elle, mais personne n'a le courage des les gratter. C'est bien comme ça. Parce qu'elle fait encore plus moche.
    En fait il y a plus que nous ici. Alors on reste un peu à sa maison. Nous, comme on dit en rigolant, c'est les vacances à Gardincour, un mois d'inch gardin, un mois d'inch cour. Sauf qu'on tient ni dans le jardin, ni dans l'cour.
    Et comme y a rien à la télé, parce que franchement Hollande et ceux qu'on a voté, c'est enterrement et compagnie, alors on lit des livres, on joue aux cartes, et on discute, parce qu'y a eu du remue ménage ces derniers temps quand même ici. Pas plus mal comme ça non plus.
    On espère que vous allez revenir dire bonjour à Hénin, ou à côté, parce que franchement, on a besoin de quelqu'un comme vous, parce que voyez vous Mr Jean-Luc, on est des sauvages, mais on s'est un peu habitué à vous.
    Et puis ici, c'est pas toujours pas gagné.

  10. 60
    Pulchérie D dit:

    Jean-Luc, rassure-toi !
    Il n’y pas d’austérité, en Grèce pour les dépenses militaires exigées par l’OTAN. Achat de frégates françaises (4 milliards d’euros), 60 avions de combat (3,9 milliards). Plus les munitions, les « up-grading » de véhicules blindés, le remplacement de deux Apaches. Et l’achat de deux sous-marins allemands (2 milliards).
    Ce sont des estimations d’après Die Zeit de Hambourg, reprise sur ce site.

  11. 61
    ys dit:

    Je me réjouis qu'enfin Mr Mélenchon affiche son soutien au camarade Chavez, vaillant résistant à l'Empire.
    Malheureusement durant la campagne présidentielle,, Mr Mélenchon a réfuté une quelconque sympathie pour Chavez : ("[...] Je suis plus proche de Rafael Correa [...] S'il s'agissait d'attirance et de sympathie personnelle, elles n'iraient pas à Chavez, que je connais moins").
    Pour ma part, peut être que je me trompe, mais à l'époque j'avais interprété cela comme un manque de courage et comme une volonté de rassurer les forces impérialistes, de la même manière qu'il avait pointait du doigt le régime iranien en disant que les théocraties sont toujours un danger sur une question portant sur le nucléaire iranien et la soi disante menace sur Israël. Il a raison de combattre les théocraties. Mais juste pour info, Israël est aussi une théocratie, et là par contre absence de critique de la part de Mr Mélenchon.
    Bref pour toutes ces raisons je n'avais pas voté pour Mr Mélenchon, et puis pour un communiste authentique c'était quand même dur d'aller voter pour un ancien de l'OCI, ex sénateur socialiste. Mais avec du recul, maintenant que je vois l'embrassade de Mélenchon à Chavez, je regrette.

  12. 62
    cri cri dit:

    Vos différents billets depuis l'Amérique du Sud démontrent combien l'oligarchie oeuvre au niveau mondial avec les mêmes méthodes et combien vos contacts et votre présence peuvent servir à donner une dimension internationale à nos idées et à nos luttes. Nous savons maintenant que de l'autre côté de l'Atlantique des peuples s'unissent et se battent contre le néolibéralisme dans le plus grand silence de la presse occidentale, malgré l'appel de Fernando Lugo qui croit en leur intégrité! A part L'Huma et le Monde Diplomatique qui en parlera? Comme il est frustrant de subir l'invasion de cette presse au service des puissants! l'UMP n'a même pas quitté nos écrans, ce sont eux qui commentent les mesures du gouvernement Hollande, même le PS est pratiquement absent! et pourtant pas vraiment un danger pour eux! La Télé et les journeaux gratuits sont les seuls moyens d'information de bon nombre de nos concitoyens, comment répandre nos analyses dans les couches sociales qui pourraient y trouver un peu d'espoir? En mettant toutes les composantes du FdG à contribution ne pourrait-on pas une fois par semaine éditer un petit journal gratuit mis à disposition par les militants dans les gares, les marchés.... commentant les faits marquants de la semaine avec nos propositions et analyses, et...une feuille Européenne et internationale...? oui, je sais! il faut un peu de moyens pour financer, la pub sera forcément difficile à trouver ! mais quelqu'un aura peut-être une idée?

  13. 63
    SoResistance dit:

    Merci infiniment pour toutes ces nouvelles d'Amérique Latine ! Les photos sont très émouvantes, ça nous rappelle presque les meetings du FdG !

  14. 64
    Stéphane dit:

    C'est vrai que l'on ne parle pas beaucoup du Paraguay. J'y ai des liens personnels et professionnels, et j'ai donc écrit, au lendemain du coup d'état du parlement, cette colonne dans Le Monde.fr. Pour ceux que cela intéresse plus en détail, j'en parle régulièrement sur mon blog, en espagnol.
    En tout cas, merci du coup de projecteur, ce pays en a bien besoin.

  15. 65
    Jonathan L. dit:

    Souvent je le répète dans mes commentaires, mais j'apprends tellement dans vos billets, que ici je me demande si ce n'est pas cette information qui manquent à la plupart des gens en age de voter...
    L'information. Et si mal rapporter les informations dans les médias était plus mauvais qu'une information plus faible ou inexistante? Et si une faiblesse voire une absence d'information au sujet d'un méfait était pire que de le cautionner ouvertement?
    Il ne s'agit plus de se dire "On lâche rien", il faut se dire qu'on a de toute façon pas le choix, le devoir n'en est pas le seul responsable car la réalité des faits est là: les responsables du chaos ne seront pas en mesure que nous donner une solution pour y remédier, et il s'accrochent déjà depuis longtemps à leur incompétence.

  16. 66
    BJ dit:

    « Le Parti de Gauche vient de rappeler sa prise de position pour une loi en faveur de l’interdiction des licenciements boursiers »
    Depuis l'annonce des licenciements, l'action Peugeot ne cesse de baisser (7,6% vendredi et 6,8% hier). Ces licenciements n'ont pas l'air de "rassurer le marché", au contraire...

    « Et combien vont rappeler cette évidence : le marché n’est malade que de son ouverture incontrôlée. »
    Oui. Et comment on en sort ? Les traités européens interdisent aux États tout contrôle aux frontières. Il est impossible de rétablir des barrières douanières sans sortir au préalable de l'Europe de Maastricht et de Lisbonne. Donc de l'Euro.

  17. 67
    Lilly54 dit:

    Bonjour Amis, A propos de notre absence médiatique. Après avoir constaté avec une grosse colère que défilent sur les plateaux télé et ondes publiques tous les beaux esprits de la droite qui préparent 2017 et les beaux esprits socialistes qui bavassent pour en faire le moins possible à gauche, je décide de répondre à un tweet d'A. Lorrain journaliste à LCI qui annonçait la venue de Longuet. Je lui demande donc si LCI ne se moque pas des citoyens et s'ils ne trouvent aucune personnalité du FdG à inviter. Voici sa réponse texto (ce qui explique les abréviations et les fautes, pardon au Wm) : "Ce n'est pas faute d'inviter JL Mélenchon pourtant ! Il refuse ttes les itv, on ne le voit nul part !" Je lui ai répondu qu'elle était mal informée pour une journaliste et qu'elle ne devait pas mentir. Ce pourrait être comique mais voilà qui participe également à la désinformation systématique. On devrait y être accoutumés mais décidément non ! Jean-Luc revient vite ! Sans cela ils ne vont pas tarder à envoyer un avis de recherche !

  18. 68
    Sonagiri dit:

    Hasta siempre Jean-Luc... merci de nous faire partager l'énergie qui est la tienne.
    Fraternellement

  19. 69
    Poncet dit:

    En matière d'information, que peut-on faire ? Radio ou chaîne de télé, même sur Dailymotion, c'est sans doute trop cher (il faut le faire, mais ça ne peut être qu'avec une ambition modeste).
    Des journaux existent déjà (l'Humanité, le Monde Diplomatique...) il est inutile d'espérer qu'un journal de plus puisse rencontrer un plus large public. Sauf, peut-être... s'il est gratuit. Cela coûte cher ? Peut-être pas plus que la totalité des tracts que nous produisons... un journal gratuit, faisant appel à des "correspondants ouvriers", peut-il concurrencer les 20 mn, Métro, Direct Matin ?

  20. 70
    erlea2904 dit:

    @Lilly54
    La réponse que le journaliste t'a donné montre vraiment que leur champ de vision est plus qu'étriqué: Il n'y a pas que Jean-Luc Mélenchon au FdG! Saperlipopette! Quelle mauvaise foi ces journalistes!

  21. 71
    Invisible dit:

    Et qu'ils ne sachent pas que Jean-Luc était au Vénézuéla, c'est pas beau, pour des journalistes ?
    Ah ! Ils ne sont pas près de donner de l'information aux gens !

  22. 72
    GB dit:

    Merci Jean-Luc Mélenchon, heureusement que tu y es, ici silence radio sur l’Amérique du sud et même sur le sud de l’Europe !
    Nous nous préparons ici à l'inéluctable confrontation, je vacille entre l'espoir que les gens se réveillent là maintenant et le constat terrifiant que chacun préfére encore se repeter pour se convaincre " jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien..." Il y a comme un refus de voir la réalité de cette société.
    Nous sommes près à renverser la table dès que la majorité de nos concitoyens crieront " qu'ils dégagent!"

  23. 73
    Antraigues dit:

    @Alain Tétart (29)
    « A mon humble avis,la première des choses à faire est celle qui consiste à connaître nos troupes ! donc se mettre à une date ou un jour fixe dans un endroit calme pour enregistrer nos sympathisants afin le jour venu de les faire agir dans la bonne direction. Donc au début faire connaissance, et comme on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre il faudra bien trouver un truc pour les faire venir »

    Cela me semble une bonne idée, quant à trouver "un truc pour les faire venir", un message clair et largement diffusé sur le rassemblement en question suffirait.

  24. 74
    franck dit:

    Bonjour JL,
    (à l'attention du webmestre)
    J'entendais des photos plus personnelles, comme par exemple les paysages traversés, les coulisses des meetings... là il ne s'agit que de photos de rassemblement, le thème est toujours le même. C'est un détail je sais bien que le but premier du Blog c'est pas une expo photo! JL a parlé de son goût pour la photo donc j'attendais de l'éclectisme.
    @+

  25. 75
    Pulchérie D dit:

    Voici les points saillants d'un commentaire très récent de Green Left (Australie) sur le coup d'état en Paraguay
    La participation des USA est évidente : le coup leur a fourni une opportunité de renverser le déclin de leur influence dans la région.
    Le Paraguay se situe entre deux grandes puissances économiques, l'Argentine et le Brésil.
    Par ce coup d'état totalement illégitime, les USA et leurs alliés envoient un message clair : ayant perdu le contrôle de la situation par des moyens démocratiques, ils en useront d'autres.
    Une base américaine sera installée dans le Chaco : escalade militaire.
    Il faut supporter la résistance paraguayenne et redoubler de solidarité avec l'Alliance bolivarienne anti-impérialiste (ALBA).

  26. 76
    ibarruri sudharsono dit:

    "...Quand j’explique que la Banque centrale européenne ne prête pas directement aux Etats tout le monde est stupéfait, se fait répéter l’information pour être certain d’avoir bien compris. Et ainsi de suite. "

    Oui, il y a de quoi être stupéfait, ceux gens là, ils ont compris le mécanisme, sont sortis de cet étranglement néolibéral, et ils ne comprennent pas la logiques des dirigeants européens. Et c'est tellement clair, limpide, il faut "mettre au pas les banques" comme a fait Chavez pour réaliser leurs grands missions telles que "Logement - Venezuela", ou bien "AgroVenuzuela" comme dans ce vidéo.
    Prenez le pouvoir!

  27. 77
    Bonzo dit:

    La droite veut parler de la compétitivité de la France, alors parlons-en. Le coût de l’heure de travail dans l’industrie manufacturière est en 2012 de 42,31 en Suède, 41,58 en Belgique, 36,38 € en France, et est inférieur à 9€ dans 8 pays de la zone Euros ! Le peuple doit pouvoir comprendre que si nous baissions les salaires ou les impôts de 50 ou 60 %, ce serait encore largement insuffisant pour remettre à niveau notre compétitivité dans cette compétition internationale !
    Les entrepreneurs français ne créer plus d’industrie en France, ils vont directement à l’étranger. Ceci est aussi grave et injuste que les délocalisations. Ce n’est pas par une super- formation ou une super- recherche que nous compenserons un tel gap. Ces arguments 1000 fois rabâchés sont stupides. Il faut s’attaquer au système commercial ! Cela ne signifie pas forcément sortir de l’économie de marché, mais de rétablir les moyens d’action et les droits légitimes qui nous ont été retirés par l’Europe et l’OMC. Tout pays doit avoir le droit d’équilibrer sa balance commerciale. Les droits de douane constituent un moyen de régulation nécessaire. Fixer le taux de change de la monnaie en fonction des volumes d’importations et d’exportations était une mesure de bon sens. La désegmentation des marchés à permis de regrouper 10 usines en une seule et fatalement des régions se retrouvent sans emploi.
    La science économique a été conçue pour le développement du pays, non seulement les entreprises.

  28. 78
    Mirou dit:

    Quel bonheur que cet autre regard sur Chavez et la Révolution vénézuelienne ! Cela nous change des caricatures rabâchées dans tous les médias français. Merci Jean-Luc Mélenchon, de nous faire partager votre analyse et votre ressenti. Ah ! Et puis ravi de partager un point commun supplémentaire avec vous !, votre jugement sur Ouest-France dont la droitisation au fil du temps a fini par m'ulcérer. Après 30 ans d'abonnement j'ai laissé tomber. Mais dur, dur... de se passer d'un journal au petit déjeuner... A quand un quotidien "blog de Mélenchon" en portage à domicile dans nos campagnes ?

  29. 79
    Paisgresinhol dit:

    Merci beaucoup pour ces informations sur le Paraguay. Je vais le diffuser largement car c'est très révélateur de l'orientation idéologique des médias dominants dans notre pays!

  30. 80
    Mirou dit:

    Quel bonheur cet autre regard sur Chavez et la Révolution vénézuelienne ! Cela nous change des caricatures habituelles de nos médias nationaux. Merci Jean-Luc Mélenchon de nous faire partager votre ressenti et votre analyse. Ah ! Et puis ravi d'un autre point commun avec vous : la dénonciation de la droitisation de Ouest-France. Après 30 ans d'abonnement j'ai fini par lâcher. Mais, dur, dur d'être privé de journal au petit-déjeuner... A quand un "blog de Mélenchon" quotidien en portage à domicile dans nos campagnes ?

  31. 81
    Invisible dit:

    On ne dit pas "supporter" la résistance Paragayenne, mais "soutenir". Si je puis me permettre.
    Le langage du foot a fait déraper la langue française.
    On soutient son équipe et on supporte sa belle-mère (moyen mnémotechnique)

  32. 82
    pascal 75 dit:

    Salut Jean Luc tu nous manque.
    Amitiés.

  33. 83
    Nicole dit:

    Ton témoignage sur "l'ouragan" et sa "clameur" m'a tiré les larmes comme le font certaines musiques qui - en cueillant une émotion incoercible nichée là où la volonté ne peut s’exercer - aiguisent notre conscience d’être vivant. J’éprouve donc je suis remplace avantageusement le "cogito" cartésien d'autant que les acceptions du verbe éprouver couvrent tout.
    Sans cette sensibilité et aptitude à respecter ses émotions, Jean Luc ne pourrait pas « penser » aussi généreusement et courageusement. Beaucoup prétendent que l’émotion empêche de réfléchir. Ce qui est vrai au moment où elle nous submerge mais pas quand son souvenir nous questionne et nous fait réfléchir. Sans affect, nos facultés intellectuelles sont très réduites et souvent stériles !
    Selon moi, l’émotion ressource et nourrit plus durablement que l’aliment (même bio !) et génère cette énergie, cette force que nous ressentons quand nous nous retrouvons et vibrons ensemble pour s’opposer à ce qui menace de nous détruire… D'ailleurs, quand Jean-Luc embrasse ensemble la pauvreté, la beauté et l'énergie de tous ces "fervents" colorés, il rend hommage à l'essence de la vie non corrompue qui anime tous ceux qui l’ont trouvée et sentie en eux et qui veulent la protéger et la chérir en se battant pour « l’humain d’abord »… Contre toute prédation et asservissement…
    Or selon 2 économistes de l’OFCE le « coup de pouce au smic détruirait 1 900 à 2 800 emplois ». Comme avant que l’orage éclate, la chaleur devient insupportable...

  34. 84
    Invisible dit:

    C'est vrai qu'on aurait eu envie de davantage d'images du déplacement au Vénézuéla. Pour cela, il aurait fallu que des journalistes (?), reporters (?), photographes de presse (?) s'en occupassent... Visiblement, cet évènement n'en aura intéressé aucun. Je suis allée sur le site de Pierre Laurent qui a participé à cette grande rencontre, mais lui n'a, pour le moment, pas laissé le moindre billet à ce sujet. Probablement se donne-t-il le temps d'y réfléchir. On reste sur notre faim.
    On espère quelque reportage genre "Envoyé Spécial". Plus tard ? Dans l'Humanité, y a-t-il eu, va-t-il y avoir quelque article ?

  35. 85
    Pierre Pifpoche dit:

    Merci à vous pour cette si belle carte postale de "vacances" dépaysantes, en même temps que de luttes laborieuses, que vous nous offrez !... Merci.
    Carte postale ou vidéo, témoignage vivant plein d'odeurs, de goûts, de bruits sonores et de sensations de toutes sortes ?
    Merci de nous inviter ainsi dans votre voyage à y participer. Je me sens ainsi l'honneur d'être invité en Amérique Centrale, au Vénézuela, au coeur de ces peuples, et cette invitation qui nous est offerte est un instant merveilleux de partage que je pourrai renouveler si je le souhaite en plusieurs lectures.
    Et, au prix des billets d'avion, cela vaut vraiment la peine... surtout qu'être invité à être assis en face Chavez "m'honore" personnellement, à travers le porte-parole du Front de Gauche français que vous êtes ou que tu es.
    Merci de nous permettre de partager ce bonheur aujourd'hui, avec ces peuples latino-américains, et de nous en rafraîchir.
    Pierre.

  36. 86
    renault dit:

    Depuis cette visite au Vénézuéla, la nécessité évidente saute aux yeux : à quant un carnet de voyage de Mélenchon sur support papier que l'ont pourra re-lire et re-re-lire ?

  37. 87
    nath dit:

    Qques remarques en vrac :
    1. Grâce à JL qui m'en a donné l'envie, j'approfondis mes connaissances sur les causes et le déroulement de notre grande révolution de 89 et je suis frappée par la similitude de situation avec ce qui est décrit dans le paragraphe sur l'austérité.
    [...]
    2. Il faut vraiment réfléchir à l'audibilité du FG quand notre excellent JL est absent : comment faire entendre nos autres porte-paroles ds les médias ? C'est un grand handicap pour nous dans la période.
    3. Après avoir offert 1 carambar par jour à tous nos smicards, nos socialeux s'apprêtent à leur en réclamer 2 avec l’augmentation de la CSG.
    Elle va être chaude la rentrée !
    Salut et Fraternité à vous tous !

  38. 88
    thersite69 dit:

    @Antraigues 74 13h12 en réponse à @Alain Tétart (29)
    Oui. Et c’est ce que j’espère, isolé en zone rurale, pour rencontrer d’autres personnes disposées à avoir une position PG cohérente dans le collectif FdG auquel je participe. En 2007 j’ai signé la pétition pour la candidature de José Bové (pas d’union à l’époque !). Depuis Paris les signataires ont reçu les adresses e-mail des pétitionnaires de mon territoire : Une quarantaine de noms. Du chef- lieu, nous les avons contactés par email et un groupe militant d’une douzaine s’est constitué.
    Le temps a passé, j’ai adhéré, seul, au FdG, et j’ai retrouvé une partie de ces militants dans le car qui conduisait au meeting régional de Jean Luc. Consolider le PG, c’est possible. A condition que ceux qui détiennent les informations centrales sur nos adresses personnelles- commentaires, pétitions de soutien à Jean-Luc Mélenchon...- prennent l’initiative de nous les communiquer partout (sur demande d’autorisation). Rien à voir, certes, avec les traditions partidaires du XXeme siècle (!? opportunisme gauchiste(?) que ma proposition? Celà se dit encore? Espérons que non)

    [Edit webmestre : Concernant les adresses qui sont indiquées sur ce blog pour authentifier vos commentaires, tout comme celles des abonnés au petit courrier, je tiens à vous rappeler qu'elles ne sont et ne seront jamais communiquées à personne. Vous semblez oublier que les commentateurs de ce blog ne sont pas nécessairement des sympathisants du FdG, et que par ailleurs la loi vous protège d'une utilisation abusive de vos coordonnées. J'y veille. Et je suis prêt à les détruire au cas ou une demande illégale me serait formulée, ce qui n'est jamais arrivé. Ce que vous évoquez, à savoir communiquer à autrui les coordonnées de pétitionnaires, est également parfaitement illégal. Donc, en dehors des fichiers d'adhésion, personne ne "détient" quoi que ce soit.]
    .

  39. 89
    Martine dit:

    Ce qui me gêne dans ce billet, c'est le hiatus qu'il y a entre le sort des maints pays d'Amérique latine et ce qui advient en Europe, au jour le jour et dans l'urgence, et l'aggravation du sort de ses peuples. Ici et maintenant.

  40. 90
    Moreau dit:

    Grand intervenant et représentant de la révolution citoyenne sans frontières, onirique s'il en est une, Jean Luc Mélenchon est remarquable et il faut le dire exceptionnel au sens littéral comme révolutionnaire et il parle de révolution et de politique nouvelle en disant ce qu'il aime dire et de qu'il lui tient à coeur ; mais communiquer comme il le fait tient de son amitié pour les Hommes de bonne volonté. Comme l'a dit une commentatrice, il se bronze au soleil humain ; l'amitié avec l'effort pour un monde nouveau meilleur, et les valeurs universelles du soleil humain, font des personnes comme lui l'Humain authentique de paix d'abord. L'amitié est le coeur de la Paix.

  41. 91
    Espéransa dit:

    @invisible 85
    Je vous conseille d'aller sur le message d'el jefe qui a inclu la vidéo du meeting de Chavez et son arrivé. Même si vous ne comprenez pas l'Espagnol,cela donne un idée de l'ambiance et de l’enthousiasme que décrit Jean-Luc Mélenchon.
    Merci Nicole d'avoir si bien décrit nos sentiments.

  42. 92
    franchitto dit:

    Bonjour Jean Luc, je t'adresse un article que je viens de trouver et qui résonne comme un écho à ce que je développais à mon commentaire (N° 37 je crois)...
    Je sentais confusément que le concept de "parti politique" était dépassé et que le rassemblement du peuple dans le FdG ne lui correspondait pas. Ceci touchant les réflexions à mener pour la concrétisation de notre action, je pense que la force de ce qui est exprimé ds cet article certainement "te parlera".
    Vivement les "estivales" de Grenoble où ces questions auront bien évidemment leur place.
    J'habite Grenoble et bien sûr j'ai déjà pris contact avec les camarades sur place (sauf les heureux vacanciers) pour avoir des échanges préalables, histoire de ne rien lâcher par ces temps "cruels".
    Résistance on est là. Bien à toi JL

  43. 93
    GB dit:

    A mon sens, JL Mélenchon, comme toute une partie de la gauche, se refuse à tort de tirer des conséquences des affirmations de L Joffrin et quelques autres. D'un côté, on refuse les licenciements, à juste titre. De l'autre côté,une entreprise qui produit en France est désavantagée et même condamnée car elle est victime de concurrence déloyale. Je ne me fais aucune illusion sur les dirigeants de Peugeot qui sont d'abjectes ordures. Mais il y a un point où il faut entendre leur argumentation. C'est que l'exigence de rentabilité au bénéfice des actionnaires les oblige à licencier, même s'ils n'oublient pas de se servir au passage. Alors? Pas de politique de gauche possible? Si, mais avec quelque chose que la gauche dans son ensemble ne veut pas utiliser: le protectionnisme commercial. C'est en taxant les importations de Chine, de Tchéquie ou d'Allemagne qu'on empêchera les délocalisations et les licenciements (qui en l'espèce ne sont que des délocalisations cachées). Conséquence: cela suppose de sortir de l'UE, qui interdit ce genre de chose. Et ça aussi, c'est un tabou à gauche.
    Les apories soulevées par Joffrin sont une invitation à sortir de l'incapacité de la (vraie) gauche à accoucher d'un programme cohérent. Il faut écouter Sapir et Todd. Malheureusement, la gauche préfère en appeler béatement à une autre Europe ou à une Europe sociale, plutôt que de se donner les moyens de changer le rapport de force...

  44. 94
    thersite69 dit:

    Il n’y a rien à redire à la réponse qui m’est faite ci-dessus par notre webmestre. Mais qui montre que la liberté de parler politique aux citoyens d’un peuple est très limitée, presque impossible : boîtes aux lettre classiques ou informatiques peu ou pas accessibles, portes d’immeubles protégées par des codes électroniques, plus d’entrée massive aux entrées des usines (chacun son horaire) rencontre possible dans les gares de gens très pressés (tracts jetables dans les poubelles dès le hall d’accueil). Toutes ces protections de la liberté individuelles ne tombent que dans la stupeur révolutionnaire, peut-être une fois par génération, et donc souvent pour le pire… car tout est organisé pour étouffer la culture d’une conscience collective.
    Les chiens qui aboient et le coqs qui chantent chez les uns ne doivent même plus être entendus chez les autres, afin d’éviter qu’ils ne se rencontrent (pire que dans le vieux proverbe chinois).

  45. 95
    le Prolo du Biolo dit:

    @ - 94 - GB
    "C'est en taxant les importations de Chine, de Tchéquie ou d'Allemagne qu'on empêchera les délocalisations et les licenciements... (mais) la gauche préfère en appeler béatement à une autre Europe ou à une Europe sociale"

    Tu devrais relire le programme du Front de Gauche. Il y est question d'une taxe sur les marchandises qui entrent, en fonction notamment des conditions sociales du pays exportateur et des kilomètres (bilan carbone) parcourus par les marchandises.

  46. 96
    erlea2904 dit:

    J'ai découvert ces extraits de l'émission "Ce soir ou jamais" consacrée à Chavez et au Vénézuela. Au milieu de ce débat où quelques contradicteurs ressortent toujours les mêmes arguments anti-Chavez, Michel Collon décrit avec précisions l'état du pays avant l'élection de Chavez et actuellement. Notamment les avancées sociales prodigieuses qu'a apportées Chavez à son pays. Michel Collon analyse et tord le cou à la propagande internationale de mensonges qui a été déversée dans tous les médias du monde pour décrire Chavez comme un autocrate tortionnaire. A voir absolument!

  47. 97
    claude dit:

    La propagande ne se diffuse pas seulement verticalement mais aussi horizontalement. Et le pire c’est que certains de ses relais n’ont rien à y gagner personnellement, sinon un sentiment de fierté d’appartenir à l’« élite » qui fait et défait les lois, les réputations et amplifie la misère. Ce sont ceux là qu’il faut exorciser car ils sont très nombreux et nuisibles à nos idéaux humanistes. Comment ont-ils fait au Venezuela pour les libérer ? Quand un peuple dans son ensemble se réveille-t-il ? Car même en étant atteint dans leur famille et/ou dans leur être, nombreux se résigne et accepte leur misère dans un fatalisme déconcertant ! Ici en France comme aux Amériques Latines, ne nous faut-il pas construire nous aussi une « théologie » de la libération ?

  48. 98
    philippe 33 dit:

    Merci Jean-Luc pour ces billets qui redonnent espoir car s'il fallait chasser cette droite et son extrême,aujourd'hui cette gauche social-libérale fait ce qu'elle peut avec une dette colossale et un Monde et non pas que l'Europe qui ne fait qu'asservir les plus pauvres...
    A quand cette Révolte des Peuples opprimés....est-ce maintenant ? et comment?

  49. 99
    Samy dit:

    Merci pour ce billet. Toujours un plaisir certain à te lire Jean-Luc.
    PS: J'ai adhéré au Parti de Gauche.

  50. 100
    Jocy dit:

    Mais, ces grands patrons comme celui-ci, de PSA, ne doivent-ils pas anticiper, prévoir, établir des plans pour le futur, comme imaginer, créer un nouveau modèle de locomotion, pour petit à petit s'échapper du pétrole, et inventer un produit propre et pour tous ? Il aurait pu essayer de justifier ses revenus indécents, s'il avait fait seulement son boulot. En réalité, je l'ai vu aux journaux télévisés, celui de PSA, il nous prend vraiment pour des cons ! C'est une insulte aux ouvriers et à tousde nous faire sa tête de malheureux en leur annonçant, le jour de leur départ en vacances, que la boîte allait fermer ! Ce fric que l'Etat leur a donné aurait pu, depuis longtemps, aider ces recherches pour un avenir de l'automobile. Je suis d'avis de nationaliser ces grandes entreprises, de toute façon, elles sont à nous, nous le peuple ! Qu'en pensez-vous ?

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