30mai 14

Pendant que la poussière retombe

Ce billet a été lu 75  189 fois.

Ces quelques lignes sont destinées à rassurer les amis qui s’inquiètent de mon silence. Je suis très honoré de leur inquiétude. Je leur dis ce que l’expérience de la lutte apprend : après le choc, il faut donner son temps à la poussière pour retomber. En ce moment je participe activement au processus de discussions collectives qui occupent notre calendrier au Parti de gauche. On analyse ensemble. Avec soin, en dépit de l’immense fatigue qui nous accable tous. Et dans le retour en boomerang de tous les problèmes de nos vies personnelles si malmenées dans cette interminable campagne. Tant que nous n’aurons pas conclu, tous ensemble, tant que je n’aurais pas fini de recharger l’éponge à idées auprès de mes camarades, je ne m’en sens guère pour allonger le torrent commentateur actuel. Je n’ajouterai pas donc ma contribution au flot de ce que je lis et lirai encore à propos du score du Front National. Ce genre politologique a tendance à tourner en rond depuis vingt ans autour des mêmes compilations d’analyses sociologiques et de notations psychologisantes. J’y trouve souvent une sorte de déterminisme mécaniste finalement moins utile qu’il y paraît. En objectivant les causes, on finit par oublier les effets et par nier les dynamiques qu’ils contiennent. A la fin, je pourrai même m’intéresser davantage à ceux qui produisent ces commentaires qu’à l’objet qu’ils pensent traiter. Car, après tout, n’est-ce pas là l’énigme la plus troublante ? Tant de profondes pensées en trente ans. Si peu de résultats !

Comment se fait-il que le monstre soit toujours là après tant de commentaires et analyses si intelligents, tant d’indignations, tant d’enquêtes médiatiques si bien illustrées qu’elles ont même fini par tourner au publireportage ? Comment est-il possible qu’après avoir montré quel danger contenait ma ligne d’action « Front contre Front » dans la campagne présidentielle puis à Hénin-Beaumont, de « mettre au centre de la vie politique le Front national » comme le firent tant de bons esprits au PS, dans les médias et même au Front de Gauche, le danger ne se soit pas effacé tout seul ? Que sont devenues les pieuses admonestations qui me furent faites alors ? Les subtiles recommandations d’action ? Rien. Paroles verbales. Mais on crut la page tournée une fois acquis mon dépit. Je doute que l’actuelle phase de bavardages aille plus loin que d’habitude. Jusqu’à la prochaine crise et le prochain flot de commentaires. Cette façon d’aborder les défis du champ politique me parait très socialement typée. Ceux qui nient la centralité du conflit social et politique dans nos sociétés abhorrent, en réalité, d’une façon générale, le conflit. Si l’on voit bien quelles catégories sociales trouvent leur compte à cette attitude, je n’en méconnais pourtant pas l’ancrage intime comme il en va de toute idée bien répandue. Rien n’est plus puéril que cette négation de la réalité. Si je faisais du Wilheim Reich de comptoir, je dirai que les mêmes veulent surtout ignorer comment leurs parents les ont fait venir au monde. Le conflit, ils pensent le résoudre en diluant dans les piapiatages. La scène politique est alors transformée en divan. Mais s’il est vrai que si « les grandes peurs périssent d’être reconnues » selon le mot d’Albert Camus, il ne faut jamais oublier que la remarque est d’ordre intime. Elle ne vaut rien dans une arène face à un reître en tenue de combat. La psychologisation de la politique, la négation prout-proutesque de la conflictualité sociale, la révulsion pour la fonction tribunicienne ne se contentent pas d’entretenir une illusion neuroleptique pour ceux qui la pratique où l’ingèrent. Elles privent cette conflictualité de ses canaux d’expression et d’affirmation. Elles contribuent ainsi à l’intense aculturation politique en cours. Les bavards médiacratiques et les voleurs de mot solfériniens, en croyant tout diluer dans les gloses, préparent une violence mille fois pire que celle qu’ils pensent contenir avec leurs bavardages émollients.   

Je ne m’intéresse donc pas à reprendre ce qui a été mille fois décrit, y compris par moi. Le bilan est celui-ci. Toutes les étapes où il était possible de contrer la construction du Front national ont été ratées. Depuis la proposition d’interdiction il y a vingt ans jusqu’à la mise en ligne du Front de Gauche comme contrepoint, tout a été vain. Les bavards ont gagné, tout le temps, sur toute la ligne. A présent, le champ politique est entièrement polarisé par le noyau lourd des idées que porte le Front national. Le champ idéologique est au diapason. Le fumier de la décomposition de la société sous les coups du libéralisme a fourni le terreau propice. Mais je réaffirme qu’il n’y a aucun lien mécanique entre une situation sociale et un système d’idées. La dynamique du Front national n’est pas dans la personnalité de ceux qui y adhèrent mais dans celle de ceux qui ont laissé faire ou instrumentaliser cette présence et ont pensé y trouver leur compte de quelque façon que ce soit. De la haine des musulmans dans les salles de rédaction à la peur des rouges chez les bien-pensants, en passant par la rouerie des maîtres chanteurs du vote utile, une considérable armée de tireurs dans le dos s’est continuellement mobilisée en toutes circonstances, pensant tirer son épingle du jeu. Le savoir n'apprend rien pour la suite, sinon à garder intacte et renforcée notre méfiance. Comme je viens de dire qu’il ne me sert à rien de reprendre les ratiocinations habituelles sur le sujet, je veux plutôt examiner les dynamiques en cours. Il faut penser l’Histoire comme on pense un mouvement, non comme une juxtaposition de photos figées.

Aux conditions actuelles, parce qu’elle est en dynamique, rien ne peut plus barrer la route de madame Le Pen. Mieux : le fruit va lui tomber tout droit dans la bouche. Toute la décomposition en cours du champ politique, ou bien alimente directement son fond, ou bien emporte sans combat les digues qui s’y opposeraient. La physique de l’Histoire n’a d’ailleurs jamais fonctionné autrement. Les grands mouvements comme les petits ne sont pas linéaires. Ils suivent des lignes de croissance ou décroissance saccadées où des pics succèdent à des paliers. Les prochains condiments qui vont alimenter le suivant pic sont en place. D’un côté l’implosion de l’UMP, libérant de vastes pans de sympathisants de tous niveaux, de l’autre la débilité de l’équipe au pouvoir et de ses supplétifs entretenant tous les ingrédients d’une implosion autrement plus dangereuse : celle de l’Etat. Que les auto-flagellant se rassurent, je ne nous oublie pas dans ce tableau. Notre score à l’orée du nouveau cycle politique ne nous permet pas d’être l’alternative dans le chaos qui s’avance. Faisons bref. Commençons par l’aveu qui libère chacun de ses responsabilités : tout est de ma faute. Deux cent professeurs cyclotrons, au moins, des deux sexes, sont prêts à en faire la démonstration. Ils sont également prêts à faire don de leur personne pour incarner dorénavant la cause. Quatre cent autres sont prêts à leur tirer dessus en toute amitié sitôt qu’ils se mettraient à la tâche. Une fois cette mortification rituelle accomplie, je préfère souligner, pour le lecteur rapide ou le journaliste pressé qui recopie sans lire, que je n’en crois pas un mot. Pour moi, c’est dans la pente des évènements qu’il faut chercher la cause des dynamiques en cours. Et c’est là que se trouvent les solutions à éprouver. Que nous ayons échoué jusqu’à ce point ne signifie nullement que nous y étions condamnés. Ni que pour soutenir nos raisons d’alors et la justesse de l’entreprise d’alors nous nous interdisions de passer à autre chose, à explorer d’autres chemins. Le fil conducteur de notre action ne doit pas être dans la momification des cadres qui l’ont porté mais dans l’audace qui nous a fait les imaginer. La première réponse au moment, c’est la volonté de ne « rien lâcher » et, pour cela, d’être vigilant, à l’affut de toute brèche qui viendrait à s’ouvrir dans le mur qui nous enferme actuellement. Et s’il le faut, on creusera avec les doigts.

Quand le programme néolibéral s’abat sur une société, celle-ci, après des transes plus ou moins longues, est en proie à un processus de nébulisation qui conduit au point « qu’ils s‘en aillent tous » où toute la superstructure du système vole en éclats. Ce processus n’a ni nom ni visage. Ce sont les circonstances et l’Histoire longue de la société considérée qui les lui donnent. En France, nous avons échoué à le donner. On connaît la responsabilité du système médiatique dans cette disqualification méthodiquement organisée. Ma diabolisation permanente, la dédiabolisation de madame Le Pen, les monstrueux déséquilibres de temps de parole audiovisuels, ont un rôle essentiel. Mais nous avons aussi notre responsabilité. Notre Front de Gauche a un large pied dans le système comme l’a montré la séquence des élections municipales. Dès lors, les petits arrangements et alliances à géométrie variable, au-delà même de leur légitimité locale ou non, nous ont directement associés au spectacle des poisons et dentelles du système. Dès lors, nous nous sommes rendus illisibles ou, pour dire plus vrai, nous avons été rendus suspects dans un moment ou les suspects subissent, à juste titre, très vite un mauvais sort ! En une campagne électorale, tout le travail d’autonomisation a été détruit aux yeux du grand nombre. Dans le même temps, ma diabolisation amplement répercutée dans tous les registres, nous a coupé des frivoles classe moyennes des centres ville. Toute l’énergie mise à essayer d’en effacer les traces dans les malheureuses maigres semaines de campagne européenne n’a servi a rien, et les accrocs répétés en chemin n’ont rien amélioré. Quant au cap stratégique, la difficulté à faire accepter partout dans nos rangs l’idée et le mot « d’opposition de gauche » ne ressort pas de l’habituel pinaillage qui veut que toute expression soit immédiatement critiquée de façon purement destructrice et sans contre-proposition à la mode des groupuscules gauchistes. C’est une résistance lourde de sens et d’illusions. La marche au point « qu’ils s’en aillent tous » est aujourd’hui incarnée par madame Le Pen. Sa dynamique est de nature révolutionnaire, sa puissance contribue à miner le système. Celui-ci n’a guère de moyens immunitaires à mesure que s’approfondit l’incurable stupidité de ceux qui le dirigent, en même temps que leur impuissance à faire autre chose que ce que les auteurs de pianos mécaniques à Bruxelles ont pré-perforé pour eux.

Je ne suis guère optimiste à cette heure. Notre faiblesse nous rend la tâche plus difficile encore qu’elle l’était. Nulle pièce ne bouge. Le gouvernement a confirmé son cap ultra droitier en même temps que son rabougrissement. C’est une stratégie frontale sans les moyens. Les chefs solfériniens se disent qu’il n’y a pas « d’envie de gauche » en regardant les scores de chacun. La déduction n’a pas trainé. C’est cette affaire de seuils sociaux a supprimer… Au PS, les agitations n’iront pas plus loin que d’habitude, sinon en volume sonore. Chez les Verts, le Centre a une attraction plus grande que la nôtre après le résultat des européennes, et cette stratégie entre en résonance avec celle des solfériniens. Mais, bien sûr, tout peut aller bien mieux que je viens de le dire et nous ne manquons pas de moyens pour qu’il en soit ainsi. L’idée d’une majorité alternative à gauche reste le cap à suivre. Sinon quoi ? Mais on ne peut plus en exagérer les chances de succès. La patience sera donc la vertu cardinale. A mes yeux, le plus important est de trouver la veine porteuse pour l’assaut suivant. Car nous nous remettrons en position de conquête. Pour ma part, je n’ai pas l’intention de rester les deux pieds dans le même sabot, même si je vais profondément remanier mon dispositif personnel. Dès lors, la dynamique à trouver n’est ni dans nos colloques, pourtant indispensables, ni dans nos innovations organisationnelles, pourtant tout à fait souhaitables et toutes bienvenues. Elle est dans la société. Là où deux tiers des citoyens inscrits tournent le dos à une scène dont l’issue les indiffère, sinon qu’ils la souhaitent très cruelle pour ceux qui s’y agitent.   


479 commentaires à “Pendant que la poussière retombe”
» Flux RSS des commentaires de cet article
  1. Sandrine dit :

    Merci d'être revenu parmi nous avec ce billet.
    Ah Jean-Luc, la route est longue pour que le peuple ouvre les yeux. Le FdG n'a pas démérité, il a vraiment bien bossé, et tous ses représentants se sont démenés en étant le plus pédagogues possible. Le soucis ? les médias, les médias, les médias. Le FdG n'a pas arrêté d'être censuré partout, et après on voit tous les journaleux arriver la bouche en coeur pour nous demander comment cela se fait-il qu'on n'ai fait que ce petit pourcentage. Hallucinant ! Surtout lorsque le FN, dédiabolisé par ceux-ci, est passé en boucle partout. Et n'a pas fini de passer ! La dame fasciste n'a pas arrêté de scander qu'il fallait sortir de l'euro et les braves moutons du peuple, endormis par les médias, ont obéi sans comprendre quoi que ce soit. L'autre souci étant le nombre considérable d'abstentionnistes, ben oui forcément, le FdG censuré, il ne restait plus que le PS, UMP, FN. Il n'y avait donc aucune alternative à leurs yeux. Et puis certains qui ont voté FN, juste pour embêter le PS. No comment. C'est donc cette fameuse sortie de l'euro qui appâte tant les gens ? ben voyons...
    Enfin bref. La lutte...

  2. erde dit :

    Bonjour à Mr. Mélenchon et à tous les sympathisants de notre Front De Gauche.
    Passé ces moments d'intense tristesse et tournons nous confiants vers l'avenir. L'éco-socialisme est la seule et unique solution pour changer, sauver du chaos notre civilisation en se battant pour nos enfants. Reprenons notre "humain d'abord" même si parfois dans les mauvais coups de l'histoire on aurait envie d'en laisser certains dans la fange. Ce vote "anti-système" trouvera très vite ses limites et c'est alors en toute conscience que ces déçus reviendront vers nous (exemple la Grèce), bien qu'il faille se battre contre la "marine" nous auront nos corsaires militants. Continuons la lutte, repensons notre manière de militer, avec plus de présence sur le terrain dans nos villes et nos campagnes. Chacun à fait de son mieux, mais parfois l'Histoire se joue de nos efforts, c'est pourquoi avec patience et détermination nous continuerons à promouvoir nos valeurs [...]

  3. TOMASSO DOMINIQUE dit :

    Bonjour,
    Jean Luc, vous portez le débat vers le haut et vous êtes le seul à le faire. Les médias ont choisi leur camp et depuis longtemps. Je suis communiste aussi et j'ai connu 1981 et la suite. Aujourd'hui on est le front de Gauche et il faut que nous le restions. Mais il faut peut être inventé d'autres façons, d'autres moyens de faire passer nos idées. Et puis continuons de manifester ! Il faut manifester contre le Marché Transatlantique sans plus attendre, les Français connaissent maintenant son existence et cela, grâce au front de Gauche qui en parle depuis bien longtemps déjà. Et puis effectivement pensons Front de gauche uniquement, tout en respectant les idées de chacun.
    Vive la gauche.

  4. Bidoum dit :

    Bravo encore pour ce billet. Je désespérais de vous adresser mon soutien.
    Votre analyse et lucide et a le mérite de ne pas tenter les habituels entrechats pour esquiver le problème dont sont coutumiers nos grenouilles aux organes refroidis. En France, le FN a la main, fort bien ; mais il ne faut pas oublier qu'il est sur une corde raide, contre le système mais tentant de s'y donner une bonne image pour s'y faire élire. Bien sûr les médias lui servent de filet mais le Canard Enchaîné de cette semaine a encore rappelé les turpitudes de la nouvelle Jeanne d'Arc. Il est difficile d'avancer quand le système vous tient en joue de cette manière. Peut-être le salut viendra si le Front de Gauche parvient à coaliser la gauche du PS, mais elle paraît si incertaine...
    Nous avons nous-mêmes notre corde raide, sauf que nous n'avons pas de filets et que beaucoup nous font tanguer : nous devons rassembler la gauche autour d'un projet alternatif, mais une partie de celle-ci est attachée à ses prébendes et risque de nuire à la crédibilité de l'ensemble (comme ce qui s'est passé aux municipales).
    Je vous souhaite bon courage, et puis vous pouvez sans doute vous reposer un peu.

  5. Boris dit :

    Je vous adresse tous mes hommages et mes souhaits de repos. Une nouvelle fois, vous avez su porter fièrement et brillamment nos idées : du fond du cœur, merci ! À nous d'être à la hauteur de cela et des victoires de nos camarades en Grèce, Espagne, etc. Des Fralib aussi ! Pas d'auto-flagellation, plus de divisions : nous n'avons plus le temps. L'urgence est de renouer avec l'espoir que le FdG a su faire naître pendant la Présidentielle, comme vient de nous y inviter Pierre Khalfa que je cite : "Il ne suffit pas d’affirmer à longueur de déclarations que tout va mal (ce qui est vrai) et que tout ira encore plus mal demain (ce qui est probablement vrai aussi) pour construire une alternative politique. (...) Les gens savent que ça va mal et qu’ils sont en colère. Il ne sert à rien de le leur répéter en permanence. Pour que les gens aillent voter, et en particulier pour une formation comme le FdG, il faut qu’ils pensent que leur vote est utile. Le FdG doit donc être porteur d’un espoir de transformation sociale et pas simplement exprimer, ou plutôt croire exprimer, une exaspération"
    Salut et Fraternité !
    Boris

  6. jean ai marre dit :

    Ces quelques lignes me rassurent sur la combativité de notre leader. Il nous avait quitté sur une intervention triste, dépité, au bord des larmes, tellement il avait mal. Relativisons le vote. Si nous comparons le vote EUropéen à la présidentielle, le FN gagne 1.700.000 voix, l'UMP perd 5.800.000 voix, le PS perd 7.600.000 voix et le Front de Gauche perd 2.700.000 voix, l'abstention progresse de 17.000.000 voix. La question essentielle est comment redonner confiance aux nôtres ? Il va falloir poser les questions. Quelle est la mesure de référence permettant d'estimer le succès ou l'insuccès ? Notre représentation démocratique est nulle, nous sommes assimilés à la gauche du PS. Pour progresser, que retiennent les électeurs du message du Front de Gauche " La répartition égalitaire des richesses" ? Comment faire alors que le pouvoir est capitaliste ? Pb de cohérence. Les électeurs entendent Mélenchon qui leur dit que l'Europe avec l'OTAN et le GMT leur apportera plus de misères, de concurrence et privation de leur souveraineté et on leur demande de voter pour l'Europe ! Il faut être audible. Se démarquer d'une certaine tradition, mettons en avant notre...

  7. Sylvain dit :

    Le FN a commencé à progresser à partir du "tournant de la rigueur", sous Delors/Mitterand, quand les ouvriers n'ont plus voté à gauche comprenant que droite et gauche c'était pareil. Ensuite, après la chute du communisme et du mur du Berlin, Le Pen a démarré son discours social puisque l'épouvantail soviétique et le parti communiste français n'étaient que des fantômes. Nous avons donc eu droit à toute la panoplie hypocrite d'un discours en trompe-l'oeil d'un Samuel Maréchal qui tapait sur "l'impérialisme américain" ou qui prenait la défense des travailleurs (un comble...Je sais!) et blablabli et blablabla. Aujourd'hui, les faits sont là : si les médias ne participaient à la mascarade, le FN n'existerait pas. Mais il n'y pas que les médias. Les socialistes ont une très grande part de responsabilité dans cette partie de billard à quatre bandes parce qu'il n'y a plus aucune lisibilité du panorama politique français et qu'on navigue dans un brouillard à couper au couteau. Il n'importe, Jean-Luc, toi et les tiens nous avez toujours dit la vérité et c'est tout ce qui compte!

  8. Sylvie dit :

    Bonjour et un grand merci, tout simplement. Je partage votre tristesse. mais je ne suis pas encore découragée. Rien n'est joué, même si "le ventre est encore fécond". Nos compatriotes, de tous les âges, ont la mémoire courte ou pas de mémoire. Notre système scolaire, où je travaille, n'en sort pas renforcé. Ils n'ont pas appris, pas compris que l'Histoire, c'est aussi aujourd'hui. Mais ne renonçons pas! C'est long. Mais "la Commune n'est pas morte", comme dit la chanson. Avec toute mon amitié.

  9. SNOW dit :

    Beaucoup ne croient pas en cette Europe, qui a été décidée contre eux, malgré leur vote de 2005. Avant tout, je pense que le vote du FN est donc un vote anti-Européen. C'est un important paramètre à prendre en compte pour la suite. Et puis les gens n'y croient plus. Voter ne change rien. Ça fait des années que les gens votent, et que rien ne change. Alors à quoi bon ? Beaucoup ne croient plus en ce régime de gouvernement représentatif, qui n'est pas la démocratie, quoiqu'on en dise. Nous nous trouvons dans une crise politique majeure. Et je suis dubitatif, même devant l'éventuel passage à une VIè République. Pour ma part, parce que c'est le changement qui m'apparaît le plus réalite à court terme je me suis déplacé, et j'ai voté FdG. Comme aux présidentielles.
    Bon courage pour la suite. La partie est loin d'être gagnée. Et la France va finir par devenir ce qu'est devenue la Grèce.

  10. christophe46 dit :

    Pendant toute la campagne Jean-Luc tu nous as dit pour changer la société "c'est le bulletin de vote ou le bâton, je choisis le bulletin de vote". Honneur à toi. Aujourd'hui il faut se poser la question de savoir s'il ne faut pas les deux. Je veux dire par là que l'arrogance des fascistes, nous menaçant d'interdire nos réunions, ne peut pas être acceptée. Nous devons pouvoir dire que le Parti de gauche, le Front de gauche, continuera inlassablement à s'exprimer, à faire de l'éducation populaire là et quand il le voudra, là ou cela sera utile. Alors à tous les nazillons en devenir sachez que nous ne vous laisserons pas faire même s'il faut utiliser des bâtons.

  11. Redon dit :

    Je ne comprends rien de mettre tout sur le dos des abstentionnistes alors qu’ils ont fait 2% de moins qu’en 2009. Ne faut-il pas voir qui a perdu des voix et qui en a gagné, là est le choix des votants ? Il est évident que Le Pen a repris la partie du programme du FdG qui était porteuse contre l’Europe, en l’arrangeant à sa sauce avec l’aide des médias complaisants. Et bien sur, malgré quelques ‘intellectuels’ chez eux, la solution à tous les maux est de se refermer sur soi-même et de mettre tous les étrangers à la porte. Personne n’ira demander si cela fera diminuer le chômage, augmenter les salaires, sauver la Sécu. Et par là-dessus le changement territorial qui nous mettra dans la même position que l’Ukraine, à savoir la création de régions ou le nationalisme remonte en flèche, avec l’appui des langues régionales et des lois autonomes. La France une et indivisible va cesser d'exister. Et la République va devenir une fédération divisible et inégalitaire.
    Merci Jean Luc d'avoir essayer et surtout de vouloir continuer. Ne lachons rien, même à peu.

  12. Nadia Moisset dit :

    Merci Jean Luc d'avoir repris "la plume" avec toujours cette profonde lucidité qui fait de chacun de vos écrits une nouvelle étape de la connaissance dans la jungle politique et médiatique d'aujourd'hui pour les militants et ceux qui comme moi sont de simples adhérents au Front de Gauche. En la circonstance eu égard à la profonde tristesse que vous avez manifesté au soir de l'élection europennes et que nous avons partagé cela nous rassure sur votre santé déjà éprouvée par la grippe.
    Oui tout ce que le Parti de Gauche et vous aviez prévu sur ce rouleau compresseur qu'est cette Europe anti sociale et anti démocratique toute entière dévouée au grand capital est arrivé : l'effondrement des grands partis, le laminage du PS par la politique des Solférinien la montée du FN y compris grâce au laxisme des médias, la trahison de la Direction communiste aux municipales avec ses conséquences du "tous pourris" est arrivé. Mais nous sommes toujours là et nous nous battrons. La jeunesse bien timide jusqu'à présent vient de réinvestir la rue, et se propose de repartir à la rentrée. Nous y serons tous à vos côtés, décidés. Quand on touche le fond on ne peut que remonter à la...

  13. Sergino dit :

    A Montpellier, la poussière ne résiste pas au vent. Nous soufflons très fort. Toujours debout, encore plus unis, de plus en plus nombreux grâce à de nouveaux venus, des actions de terrain plein notre agenda, des rencontres avec de possibles partenaires fiables, une lutte à poursuivre contre le GMT, etc, bref nous militons sans cesse ! Et ça c'est PG !

  14. marco polo dit :

    "L’idée d’une majorité alternative à gauche reste le cap à suivre. Sinon quoi ?"

    Oui, mais il faut changer de méthode, de braquet, aller plus loin dans le rassemblement, aller plus loin dans l'intention. Peu importe qui vient, ce qui compte c'est pourquoi et comment, c'est-à-dire l'objectif et les moyens qui vont avec, la révolution citoyenne doit prendre toute sa dimension. Ceux qui ne viendront pas perdront leur substance. Faire le point dans le détail est important pour comprendre la mécanique de ce résultat, vous l'avez déjà évoqué et il n'y rien de nouveau sous ce ciel : nous avons pris une grosse baffe. Pendant ce temps le processus de décomposition s'accélère et le parti socialiste contribue à tisser la corde, il sert de marche-pied à une droite certes déliquescente mais avec le Front national comme horizon.

  15. Ardéchoise dit :

    @Estienne
    Je pense comme vous que les électeurs qui votent pour le FN attendent l'homme providentiel qui va régler tous leurs problèmes. L'échec de François Hollande nous montre que nos institutions qui concentrent tous les pouvoirs dans les mains d'un seul homme ne s'accommodent pas d'un Président de la République "normal". D'ailleurs, en France, on remplace volontiers le terme "Président de la République" par celui de "chef de l'Etat". Mais ce vote ne représente que 10% des électeurs, et je suis sûre que parmi tous les abstentionnistes, il y a des quantités de citoyens qui se prennent en main, s'engagent localement pour les idées du Front de Gauche, qui s'organisent pour consommer autrement et mettre en place des actions de solidarité,
    Je suis d'accord avec Pat, il faudrait fédérer ces initiatives locales. Les associations jouent un grand rôle dans la société civile. Analyser le vote de Grenoble aux municipales ne doit pas faire l'impasse sur l'importance du tissu associatif. Si une sixième République voit le jour, ce sera grâce à ce travail de terrain.

  16. rayana dit :

    Merci Jean Luc et bravo pour cette belle campagne, ponctuée d'humour, de beaux meetings et toujours cette capacité à décrypter les infos, qui font de toi un des meilleurs professeurs d'éducation populaire. On n'a pas intérêt de lâcher, car tu l'a déjà dit, ça se terminera entre le F.N et nous. Et d'après ce qu'on peut voir en Ukraine, l'oligarchie dominante US-UE soutient les amis des Le Pen, des nazis qui en ce moment même massacrent leurs frères, sans qu'aucun de nos médias n'en parle, alors qu'on veut interdire le parti communiste ukrainien et qu'on a empêché ses représentants de faire campagne. Nous devons regarder de près ce qui s'y passe - voir le blog d'Olivier Berruyer : les crises - car un jour ça pourrait bien être notre tour !

  17. Alain LOSCO dit :

    Cher Jean-Luc
    Peu importe le temps qu'il faudra pour atteindre le but, l'important c'est le chemin, nous savons tous que c'est le bon. Quand le chaos qui risque de nous submerger ouvrira enfin les yeux de nos concitoyens et si nous savons nous libérer des chaines qui nous freinent aujourd'hui nous serons alors à l'aube de voir se réaliser tous nos espoirs. Plus que jamais tu peux compter sur notre indéfectible soutien et notre absolue confiance, on lâche rien.
    Bien amicalement.

  18. Espéranza dit :

    J'attendais comme beaucoup de vos nouvelles. Vous avez ranimez une flamme qui s'éteignait. Comme vous dites "que le chemin est long et cruel". Nous en avons l'illustration. Pensez à prendre du repos et du recul. Votre présence et votre lucidité est le seul ciment pour que continu de vivre le Front de gauche.

  19. charlie dit :

    Je suis heureuse d'avoir de vos nouvelles. Tant que vous êtes la, l'espoir est là. Vous êtes l'avenir des jeunes, et nous ne l'oublions pas.
    Une lycéenne de 17 ans.

  20. Pierre Pifpoche dit :

    Nous avons fait une bonne campagne et les résultats quantitatifs sont pour le moins affligeants et décourageants. La victoire de l'abstention et de Marine Le Pen, laquelle récolte les fruits de la situation en ayant copié-collé les 2/3 de son discours sur le nôtre, immigration mise à part, que cela nous plaise de l'avouer ou non.
    Oui, nous avons fait une bonne campagne d'idées, tout en ressentant l'indifférence de la majorité de la jeunesse devant ce débat, et d'une grande part de la population, lors de nos distributions. Et aussi une bonne campagne des municipales, malgré toutes les difficultés et les manques de clarté stratégique. Je ne veux pas dire qu'il ne faudrait pas nous y prendre autrement, être plus sur le terrain. Non, je ne veux pas dire cela. Je veux dire que nous avons fait globalement malgré tout une très bonne campagne, et que le résultat des abstentions et de Madame Le Pen n'y pourront rien changer. Nous avons pesé sur les thèmes de la campagne.
    Pour l'heure, je me sens quelque peu découragé, fatigué, et le besoin de recul et de réflexion pour comprendre "Le vol noir des corbeaux sur nos...

  21. naif dit :

    Merci, Monsieur Mélenchon.
    Je pense que la meilleure réponse à la situation est d'adhérer au Parti de Gauche et de fait au Front de Gauche. C'est ce que je vais faire.
    "A la fin, je pourrai même m’intéresser davantage à ceux qui produisent ces commentaires qu’à l’objet qu’ils pensent traiter. Car, après tout, n’est-ce pas là l’énigme la plus troublante ?"
    Tout à fait d'accord. Intéressons nous à leur dialectique. Exemple, hier D.Reynier "es politologue" s'est offusqué que l'on assimile J-L Mélenchon à M. Le Pen. Mais dans les secondes qui ont suivi il s'est rattrapé, le bougre comme s'il avait dit une bétise, en disant que les discours se rejoignaient. Soit c'est la pommade avec du sable ou c'est l'occultation totale. Autre exemple frappant, P. Perrineau (CEVIPOF) affirme qu'aucun parti ne propose de réformes institutionnelles, eu égard à la déliquescence de la démocratie. A part quelques groupes de réflexions civils, Rien. Nous savons bien qui sont ces "belles" personnes. Mais jamais on ne les reprend pour l'exemple. Ils officient en toutes impunités. Qui nous empêche de les servir en référence à nos interviewers ?

  22. Robert dit :

    Cher Jean-luc,
    C'est avec un immense bonheur que nous vous retrouvons après une semaine de silence. Votre conférence de presse de dimanche m'a profondément touché, mais le combat continue de plus belle. J'étais près de vous, samedi, au Mur des Fédérés et nous avons chanté ensemble le Temps de Cerises et l'Internationale.
    Courage, ami, nous ne lâcherons rien.

  23. Courrierlecteur dit :

    Courage camarade et camarades, cela aurait pu être pire ce manque de résultats de notre progression, à cause de l'illisibilité des municipales et tout le reste énuméré dans le billet (silence radio pour le FdG, propagande médiatique FN démesurée.) Les dés sont pipés. Grâce aux médiacrates, M. Le Pen a pu mener les gogos en bateau. Pour les autres, les abstentionnistes et autres égarés, c'est un électrochoc qui va peut-être enfin les réveiller. On ne lâche rien, plus que jamais. Il faut rester prêt, encore et encore, à les sensibiliser. Merci Jean-Luc, pour tous ces efforts, ils finiront par aboutir. Courage à tous.

  24. Vallerustie dit :

    Bonsoir Jean Luc, bonsoir chers camarades.
    Merci pour tout et surtout pour cet espoir qui survit même après de si terribles épreuves. Que serions nous sans vous qui entretenez la flamme afin qu'un jour, enfin, elle puisse éclairer notre patrie et nos concitoyens pour leur redonner la Liberté.
    Merci, merci, merci.

  25. cedric dit :

    Jean Luc,
    J'entends là et lis ici que les médias ont déroulé le tapis rouge au FN, pas faux, que le PS a définitivement dégouté les électeurs de gauche et est responsable de l'abstention, pas faux non plus. Mais malheureusement, tant que la gauche radicale ne sera pas rassemblée sous une seule et même bannière se sera peine perdue. Je ne pense pas comme vous que "La patience sera donc la vertu cardinale", l'UMP et le PS sont en ruine, il y a de la place. C'est dès maintenant qu'il faut redoubler d'effort pour rassembler la gauche. Ne pas laisser la place au FN.
    De la même façon qu'@Arnaud, je n'ai jamais été encarté et pour mon dépucelage militant se sera Parti de gauche. J'ai bon espoir.

  26. Nathalie Poux dit :

    J'ai compris une chose, c'est que la radicalisation des opinions d'extrême-droite et le déterminisme de nos oligarchies ont (malgré la peine que cela nous fait) un sacré avantage cachée. J'aime mettre les projecteurs sur le vivant, et cet avantage, dans tous ce marasme, c'est que les consciences populaires s'éveillent, c'est un rythme lent, décourageant, mais irrémédiable. La vie est plus grande que le capital, plus grande que la division, plus grande que le néolibéralisme, et elle gagne toujours. Notre Humanité est en train d'accoucher d'elle-même. C'est tout ce qui manque à notre bonheur, nous souffrons de notre Humanité jusqu'à comprendre que nous sommes là pour la réaliser. C'est long. Combien d'hommes et de femmes cherchent le bien ? Beaucoup !

  27. Joe dit :

    Peu de choses a dire, sinon que d'être totalement d'accord avec votre page et votre analyse, plus particulierement celle ou la psychologie est abordée. Au risqué de paraitre radical, mais après tout, la fin justifie les moyens. Si les rouges font peur aux bien-pensants, changeons de couleur. L'idéologie restera intacte mais l'emballage sera différent et je suis sur que les allusions a Cuba et au Goulag cesserons. Dans les nombreux forum ici et la, beaucoup pensent que le mot gauche est contaminé et qu'il faudrait changer de marketing. Marine Le Pen n'a jamais dit être de Droite. Bon courage nous ne lacherons rien.

  28. Léo 2 dit :

    Mettre un pied devant l'autre. Respects et remerciements à vous et votre équipe. Votre action est précieuse. Je souhaitais encore une fois inscrire ma parole dans votre blog, à défaut d'être visible autrement qu'en manifestant et votant. Fraternellement, je partage votre chemin.

  29. bobbola dit :

    Moi aussi, assidu à tes infos. J'étais entre autre à Montpellier. C'est la première fois que j'écris. Te dire que tu n'est pas seul et que, tu le sais, "à la fin, c'est nous qu'on va gagner". Bon courage pour la suite.

  30. durluche dit :

    Salut,
    On était les seuls à afficher et tracter, pratiquement les seul à faire des réunions publiques et on a pas décollé, ben on va continuer, qu'est ce que tu veux qu'on fasse ? Il faudrait en effet avoir une ou deux règles de bienséance (électorales entre autres) au Front de gauche, trancher la question de nucléaire une fois pour toutes, et s'employer à dénoncer la caractérisation de marginale de notre projet politique. Comment se faire dé-diaboliser quand on est caricaturé à longueur de temps ? C'est la réponse à trouver pour avoir l'adhésion méritée, vu qu'on est les meilleurs et pas si à fond à gauche que ça même si pas mal quand même mais ça va on est pas dans le grand délire non plus. Mais le sentiment qu'on va à la catastrophe si on renverse pas la vapeur n'est pas encore assez partagé, c'est tout.

  31. Jeanne MOLL dit :

    90% des inscrits n'ont pas voté FN.
    Et chaque épreuve doit nous faire réfléchir et peut être l'occasion d'une remise en cause. Nous avons été assimilés aux politiciens après les alliances des municipales avec le PS. Notre slogan "Rompre et refonder l'Europe" manque de clarté et demande trop d'explications. La mère Le Pen cause comme De Gaulle et ment comme Hollande, mais elle touche une partie de ceux qui ne veulent plus de cette Europe assassine et génératrice de misère. Emparons-nous de la défense de la souveraineté populaire sans laquelle rien n'est possible et sans complexe. La France nous appartient ! Et faisons la place au peuple. Tant qu'on restera dans le bique-et-bouc pour préserver l'unité des appareils avec nos "alliés", on sera dans le caca. L'audace et la clarté seront nos meilleurs alliés. Je suis contente qu'il n'y ait pas d'élections avant un certain temps, nous allons pouvoir attaquer le boulot sur un temps long et dégagés de la cuisine partidaire. Merci de votre action. Vous qui parlez si bien du peuple, faites-lui confiance !
    Je vous embrasse bien chaleureusement.

  32. Ano(kv) dit :

    Merci M Mélenchon, merci à vous tous pour vos éclairages. J'en ai bien besoin pour endiguer mon désarroi. Pourquoi Syriza réussit-il et pas le FdG ? Parce que les Grecs souffrent davantage dans leur chair que nous ? Grâce à une ligne non "partisane", plus liée aux mouvements sociaux ? Par delà le conflit idéologique entre découpage vertical, identitaire (immigré/Français) et découpage horizontal, social (le banquier actionnaire/ l'employé), comment désamorcer ce moteur essentiel du FN qu'est la peur du déclassement ? En soulignant quelques débuts concrets de solutions (Fralib, scop, délégué du personnel, comité d'entreprise) ? en s'intéressant non au FN mais à ses électeurs égarés ou potentiels ?

  33. Guillaume dit :

    Bonsoir Jean-Luc,
    Passé le temps de l'émotion des résultats et de cette claque, il faut comprendre ce qu'il s'est passé. Les déçus de l'UMP ont voté massivement pour le FN. Au regard de la situation politique, le score de l'UMP est franchement bas. A gauche les déçus du PS ont préféré ne pas aller voter que de voter pour nous le Front de Gauche. On est les seuls à gauche à n'avoir pas baissé mais on aurait pu espérer récupérer au moins une partie de ces électeurs ulcérés par la politique menée par Hollande. La question est donc de comprendre pourquoi, les déçus de Hollande ne nous ont pas donné un coup de main en votant pour nous? Bien évidemment, je ne nie pas le poids des médias et des sondages qui annoncent le résultat avant l'heure et qui nous méprisent. Cependant, il est évident pour moi que la raison n°1 est le manque de clarté de la position du FdG. Les municipales ont fait beaucoup de mal. Comment faire confiance au FdG alors qu'aux municipales une partie non négligeable du PCF a préféré retourner avec le PS. On a beau expliquer tout ce que l'on veut, le mal a été fait. On a perdu de fait notre crédibilité d'alternative à gauche, d'opposition de gauche!

  34. mario dit :

    Cher camarade Mélenchon.
    De ce pauvre Italie détruit par le populisme vous remercier pour tout ce que vous avez fait et font pour la gauche. Ici aussi, nous avons besoin d'un Parti de Gauche. Nous devons construire. Pour l'instant je vous laisse ces mots du camarade Victor Serge-vous que vous savez qu'il est toujours bon de se rappeler
    "Nous ne sommes pas tellement des vaincus. Nous ne sommes vaincus que dans l'immédiat. Nous avons apporté dans les luttes sociales un certain maximum de conscience et de volonté de beaucoup supérieur à nos propres forces… Nous avons tous quantité d'erreurs et de fautes derrière nous parce que la démarche de toute pensée créatrice est vacillante et trébuchante. Cette réserve faite, qui appelle les examens de conscience, nous avons eu étonnamment raison. Nous avons souvent vu clair, avec nos petits journaux de rien du tout, là où les hommes d'Etat pataugeaient dans la sottise bouffonne et catastrophique. Nous avons entrevu les solutions humaines à l'histoire en marche. Et nous avons su vaincre, il ne faut jamais l'oublier. […] Cette expérience ne sera pas perdue […] Vaincus, oui, mais avec des âmes fortes, nous sommes en pleine attente. "...

  35. gswan dit :

    @Pierrounnet
    En Grèce Syriza n'a pas eu besoin de se travestir pour l'emporter. Elle a rompu avec le PASOK et s'est posée en opposant au système qu'il formait avec la droite. Ainsi Syriza a su se faire le relais des mouvements sociaux de son pays, dans toutes leurs dimensions, du moins sur un très large spectre et pas seulement avec des syndicats très faibles.
    La victoire du FN est elle aussi sur un large spectre, même si elle est très nuancée, la dynamique est là, chez les jeunes, les ouvriers, les vieux, les riches, les exclus, ils agglomèrent en toute incohérence tous ces morceaux de tissu social. Nous devons au contraire trouver une cohérence forte nous permettant d'entraîner de larges pans de la société, et cette cohérence suffisamment forte ne sera une force d'entraînement que si elle se construit VIA la société. C'est d'ailleurs dans les gènes du Front de gauche, mais il faut radicaliser cette méthode, l'élargir, l'ouvrir radicalement. Cela revient à devenir une pure force de construction de terrain, qui ne garde vissé à l'esprit que sa raison d'être fondamentale : l'émancipation humaine, donc le progrès social, donc le progrès écologique.

  36. barré jean-luc dit :

    Je veux vous remercier de votre pugnacité et de votre courage. Je suis désolé de voir autant de citoyens avec si peu d'envie de comprendre. Pour moi, la vérité de l'avenir est dans vôtre vision politique. Amitié a un homme de conviction. Merci.

  37. Aurélien dit :

    Merci pour ce texte équilibré. En somme, ce qui aura manqué notamment ce sont les "fondamentaux" du Front de Gauche, l'ouverture au-delà des organisations (plutôt bien réussie en 2012), la perspective de la 6ème République, la révolution citoyenne. Le moment n'est pas à chercher des responsables mais des réponses et des alliés sincères, sans exclusive. Nous sommes affaiblis mais pas sans ressources. 2 millions de ceux qui avaient choisi le Front de Gauche en 2012 ne se sont pas déplacés. Plus du tiers de ceux qui avaient cru au discours du Bourget ne se sont pas déplacés. Certes ils ont laissé un boulevard à la fille à papa, mais quand la colère froide de l'abstention se réchauffera, ceux-là pourraient bien choisir notre côté de barricade. On continue d'y travailler ! Adelante !

  38. Maillet dit :

    Bonjour Jean-Luc,
    C'est vrai que l'abstention de 57% reflète un ras le bol de la politique du peuple français mais justement, le FdG offre une très bonne alternative avec un programme mûrement réfléchi basé sur l'égalité et la justice sociale. Alors pourquoi ne viennent-ils pas nous rejoindre ? Même dans mon entourage proche, certaines personnes sont incorruptibles. Faut-il laisser faire les choses et attendre que les gens s'aperçoivent d'eux-même que la seule solution est au FdG ? Je pense qu'il ne faut pas trop les agresser et les culpabiliser.
    La dure lutte continue. Bon courage Jean-Luc

  39. Cathy dit :

    Tout simplement te dire merci et bravo pour tes meetings, tes paroles, nous sommes là derrière toi, on lâche rien ! Contente aussi de te lire et te savoir entouré des camarades

  40. L'écossais dit :

    Bonsoir à tous, et merci à Jean-Luc pour sa présence à la tête de notre combat d'êtres humains d'abord. Être humain d'abord est une faute grave dans beaucoup d'entreprises, et beaucoup d'institutions qui sont sensées travailler pour l'intérêt général. Quand les gens doivent se battre et travailler dur pour vivre, ils mettent le paquet, mais quand ils ont la bouche pleine, leur seul combat est de ne rien changer qui pourrait profiter aux autres (qui doivent encore et toujours se battre). Mais le rêve qu'a instillé en nous Jean-Luc, fait son chemin dans nos esprits. Donc il faut que Jean-Luc mette encore plus son intelligence à notre disposition pour tracer ce chemin avec nous. Concrétiser des initiatives comme le dit Pat. La politique est d'abord une stratégie, décider et agir. Certains sujets sont terriblement médiatiques. La preuve, les larmes de Jean-Luc sont passées sur la 2 et la 3 ! Alors faites parler les optimistes du peuple, et écoutez les. La démonstration par les faits. L'écosocialisme, c'est pas les magouilles chez Alstom, ni chez Aréva, ni chez EDF, et Cie. Jean-Luc le sait. A bientôt !

  41. Vassivière dit :

    Ne vient-on pas d'assister à la totale réussite d'une monumentale opération de manipulation médiatique destinée à contrecarrer la montée du Front de gauche jugé comme une force dangereuse depuis la grande manifestation à la Bastille et le meeting sur la plage du Prado à Marseille ? Quasiment toute la presse papier, des journaux nationaux (Le Monde, Libération le Nouvel Obs, le Figaro, etc) aux locaux, aux gratuits, toute la presse TV, aux mains des puissances d'argent, y compris lors d'émissions apparemment non politiques n'ont cessé de mettre en avant le FN (cf. % temps de parole). Plutôt Hitler que le Front populaire. La finance pour des raisons évidentes, les partis Ump et PS pour jouer la carte du vote utile. J'attends qu'un journaliste d'investigation honnête (il en existe encore) fasse une enquête documentée sur les ressorts réels de la période médiatique dont nous venons d'être les victimes. Encore merci Monsieur Mélenchon pour cette belle campagne et pour être notre voix si claire, si intelligente.

  42. miroux christophe dit :

    Ni la reflexion ni le cœur à l'ouvrage ni la patience ne nous manqueront, monsieur, nous, supposés nains politiques dans ce système de géants faibles et vides, ne lâcheront rien.

  43. Francis dit :

    Je suis intimement convaincu que la séquence des municipales, la position étrange du PCF et les réactions véhémentes du PG ont crée un profond malaise au sein du FdG. La campagne s'en est ressenti. Il faudra analyser les résultats ville par ville et voir si dans les villes ou le FdG s'est présenté uni aux municipales le résultat est différent de celui ou c'était l'inverse. A Mulhouse le FdG avait une liste commune. La liste européenne du FdG gagne en voix et en % dans un contexte d'abstention plus fort qu'aux municipales en passant de 3 à près de 6 %. Je suis également convaincu que nombre des électeurs du FdG ont été troublés par une position compliquée consistant à dire " on est pour-contre " on "veut sortir de l'euro mais on n'en sortira que si on nous jette". Enfin il y a des électeurs du FdG qui sont ouvertement anti-européens, qui ont voté non en 2005 et qui n'ont pas digéré le détournement de leur vote. Ils se sont simplement abstenus. Cela ne remet en rien leur choix du FdG lors d'autres scrutins. La campagne pour faire de l'élection européenne un référendum contre le Grand Marché Transatlantique n'a pas pris dans l'opinion car elle est arrivée trop...

  44. magda corelli dit :

    Il pleure dans mon coeur, comme il pleut sur la ville... Mais là pas de spleen sans raison. Je ne peux plus voir, ni écouter Hollande et son Gouvernement. Comme au temps de Sarkozy où j'avais des nausées. Merci à vous Jean Luc, et à votre équipe. Reposez-vous tous, profitez des vôtres. Quand il faudra repartir, on repartira. Je milite à ma façon car l'âge est là. Sachez que je ne rate pas une occasion de vanter vos mérites et celles de votre entourage. Je rêve d'un Parti de gauche comme Syrisa. Allez vous consulter les adhérents du PG pour savoir s'il faut vraiment rester allié avec ce PC là, jouer de la mandoline sous les fenêtres des écolos (centristes maintenant) ? Et se traîner avec des groupuscules qui vous tirent dans le dos dès que l'occasion se présente ? Tenez bon !

  45. Courrierlecteur dit :

    Dans toute cette grisaille, ce serait rigolo (enfin, je ne rêve pas trop quand même) que le gros bateau monté par le FN se fracasse dans les récifs des faux tracts et que la délinquante soit déclarée inéligible. A t-elle fait appel finalement ? Quelle est la date de ce nouveau procès ?

  46. tholluche dit :

    Avec un PS qui va finir après 2017 comme la SFIO, oui en 2017 ce sera un 2ème tour droite/FN. Le peuple de France choisiras l'aventure fasciste car à l'exemple de la région Nord/Pas de Calais ou la libéralisme à tout ravagé, les électeurs ont choisit d'abord le fascisme comme les Allemands en 1933 aveuglés par le populisme du FN. Curieux de voir que là ou il y a le plus de chômeurs on choisit la logique de l'immigré et on oublie la finance. Appauvrissement de la pensée politique et solutions toutes faites et radicales, c'est la pensée des électeurs du FN aussi aveuglés que que ceux qui ont portés les nazis au pouvoir. En 2017 je ne ferais pas de front républicain. Ce sera FdG au 1er et 2ème tour. En attendant le rapport de force existe pour exiger un référendum sur la sortie de l'euro et le rejet du GMT. Devant le discrédit du PS et de l'UMP, n'oublions pas que la finance a décidée de jouer la carte FN pour 2017 c'est le prix à payer pour assurer la survie du capital même au prix de 5 ans de fascisme !

  47. educpop dit :

    Je vois qu'on se décide à laisser sortir la véritable inquiétude qui nous habite, et qu'on voulait garder cachée comme pour empêcher la réalité d'apparaître. Ce talent d'écrivain ouvre le chemin à la résistance, la vraie, mais quel cheminement lent !
    Oui, le fascisme est l'ennemi héréditaire de la république et la société de consommation a anesthésié le désir de lutter pour une vie meilleure. L'ordre mondial a décidé d'utiliser le fascisme pour une gestion technique des effets de masse, en gros pour maintenir les peuples dans la soumission et la précarité. Il faut parler du Front de gauche, uni dans la résistance ou inexistant, arrêtons les euphémismes. Bientôt les tergiversations et les indignations de salon ne seront plus de mise. L'ordre qui se met en place va pourchasser les républicains, il faudra se cacher ou collaborer. Va-t-on être capable d'envisager un autre type d'action ou l'humain d'abord n'aura été qu'un slogan ?

  48. lilou 45 dit :

    @Vassivière 91
    Il existe un film, " les nouveaux chiens de garde " qui démontre la collusion des médias avec les puissances d'argent. Si après avoir vu ce film on regarde encore les infos sur BFM, Itélé, TF1, France 2 etc., si on lit le Nouvel Obs, l'Express, c'est qu'on a rien compris. La puissance médiatique et la novlangue ont déboussolé nos concitoyens. Il va falloir que nous discréditions les médias, je ne sais pas comment, mais il va falloir que nous y réfléchissions sérieusement.
    Camarade Jean-Luc, ne lâche rien, tu peux compter sur nous, les têtes dures. Bon courage.

  49. Stockholmare dit :

    Merci pour ce billet d'une grande lucidité. Effectivement, la dynamique à trouver est dans la société, dans les mouvements (intermittents, chômeurs, etc) et ailleurs. C'est toujours comme cela que les grands mouvements se sont formés (et je dis bien "mouvements", et non "partis", car il est indispensable et dorénavant plus qu'urgent de dépasser le cadre traditionnel du "parti"). C'est ce qui explique notamment la rapide ascension du M5S en Italie, qui est d'ailleurs en train d'échapper totalement à Beppe Grillo, suite à son récent dérapage, pour affirmer son ancrage écosocialiste: un mouvement citoyen, sans politiques professionnels, aucune intervention médiatique, décisions prises en ligne par les participants (programme, etc), et enfin: actions. Les élus M5S ont occupé entre autres: le parlement, Bankitalia, ils ont bloqué le chantier du TGV Lyon-Milan dont le tracé saccage une réserve naturelle protégée, etc. Nous devons vraiment réfléchir à cela. Des marches, ça ne suffit pas, il faut intégrer le mouvement social via grèves et actions (à ce titre, les intermittents sont une source riche d'idées).

  50. Emmartine dit :

    Bonjour, merci de rompre ce silence même si je le comprends. Heureuse d'avoir de vos nouvelles après ce coup si dur mais que je ne trouve pas étonnant malheureusement. Je suis prof et discute donc avec beaucoup de mes élèves, je ne parle pas du FdG, ce n'est pas mon rôle puisque mes élèves ne m'en parlent jamais (sauf 2 sur 180 lycéens et étudiants). Pourquoi un tel silence ? Parce qu'ils ne vous entendent pas, ne vous comprennent pas. Trop de mots ! Trop de sens ! C'est tout le danger de l'idiocratie. Ils ne sont pas plus bêtes que nous, ils n'ont souvent plus les outils pour exprimer une idée, un concept, une réflexion un peu soutenue... Et leur xénophobie couramment antisémite, anti arabe, voisine avec des rêves de société plus humaine, plus égalitaire. Pour eux c'est Marine, comme ils disent, qui incarne ces valeurs, comme Dieudonné est une victime anti système. Certes, on a du boulot, mais on va le faire... Salutations amicales et libertaires. Bon courage à tous.


Blog basé sur Wordpress © 2009/2015 INFO Service - V3 Archive