20nov 13

Remise à plat, prud’hommes et bonnets rouges

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J'écris ces lignes à Strasbourg. J'y vis le naufrage de l'idéal européen au jour le jour. Cette fois-ci le Parlement vient d'adopter sans amendement, en un vote bloqué, sept années du budget de l'Union ! Sur (presque) tous les bancs, l'indignation était à son comble. Mais cela n'a pas empêché la décision. L'homme qui a fait passer cette manœuvre s'appelle Martin Schultz, ci-devant président du Parlement européen. C'est un social-démocrate allemand. C'est aussi le candidat de tous les socialistes européens au poste de président de la prochaine Commission, qui sera constituée au lendemain des élections européennes ! S'il est élu à ce poste, le verrouillage politique de l'Europe sera achevé. Il s'agira d'un président allemand, dans un système institutionnel dominé par les Allemands et placés sous pilotage politique du gouvernement allemand, lui-même composé d'une coalition avec les socialistes sous la direction de la droite. L'appétit des procédures démocratiques de cet homme est bien montré avec ce qu’il vient de faire, alors même qu'il est pourtant le président du Parlement. On peut toujours rêver du fait qu'il change son comportement. Mais pourquoi le ferait-il ? Il vient d'être désigné comme candidat commun des socialistes sans aucun vote d'aucun des partis qui l’ont désigné ! Seuls les dirigeants se sont entendus entre eux. Et encore, pas tous. Il aura suffi que les Anglais et les Français s'accordent sur une suggestion faite par les Allemands pour que tous les autres, par un effet domino facile à comprendre, aient dit chacun à leur tour qu'ils étaient également d'accord ! Je tiens tout cela de la bouche du cheval ou presque. Et quand la question fut posée au groupe socialiste du Parlement européen, un insolent Italien demanda si, même avec une candidature unique, il ne fallait pas organiser un vote pour connaître le degré d'approbation des députés socialistes. Leur président M. Svoboda décida il n'en était nul besoin du fait qu'il sentait bien l'approbation de ses collègues sans avoir besoin de la vérifier. Tel quel ! Humour : Svoboda en tchèque signifie « liberté ». J'en reste là.

Jean-Marc Ayrault a décidé de « remettre à plat » la fiscalité en France. C'est une très bonne nouvelle pour nous. Le thème de la « révolution fiscale » est donc validé. C'est tout bénéfice pour notre lutte. Je ne fais preuve d'aucune naïveté en prenant au mot Jean-Marc Ayrault. S'il s'agit de collecter par l’impôt demain autrement la même somme qu’avant, la seule question qui reste est : « Qui va payer » ? Cette question est une très bonne question ! Elle résume les enjeux de toute fiscalité. Mais qui peut croire que la répartition de l'effort va se faire par une mutuelle générosité ? Personne, bien sûr ! Les « remises à plat » fiscales sont en réalité une réorganisation du rapport de force entre classes sociales dans le partage de la richesse. C'est bien pourquoi cet exercice est si souvent couplé avec des situations révolutionnaires ! Ayrault croit que nous ne le savons pas. Il est vrai qu’au point d’amnésie où il en est sur lui-même… J’y viens.

Les élections des juges prud’hommes sont supprimées. Les seules ou tous les salariés de toutes les branches et de toutes les tailles d’entreprise votaient à égalité. Et c’était aussi la seule où tous les patrons de toutes les branches, eux aussi à égalité, élisaient leurs représentants. Bref : la seule élection qui donnait une vraie photographie sociale et « politique » du « monde de l’entreprise » et des deux classes sociales qui le composent. La seule qui établissait le même jour, dans la même élection, la véritable représentativité des travailleurs et des patrons. Bien sûr, Michel Sapin, cet immense démocrate, a su trouver l’argument : ça coûte trop cher (cent millions) et trop peu de monde vote ! Avec un tel raisonnement, les élections cantonales ou législatives partielles, pour ne parler que d’elles, devraient être supprimées. L’hypocrisie de Sapin est éclatante. Car avoir refusé d’organiser les bureaux de vote dans les entreprises a fait à la fois exploser les coûts et massivement dissuadé les électeurs salariés. Mais quel est le sens de cette décision. Par exemple, où est l’économie à réaliser qui sert de prétexte à la suppression si, comme le dit le ministre, la somme est distribuée aux syndicats représentatifs ?

Va te faire « remettre à plat », bonhomme !

Dans Les Echos de mardi 19 novembre, Ayrault vient de faire un spectaculaire tête-à-queue politique en annonçant une "remise à plat de notre système fiscal" à partir de 2015. On se souvient pourtant de Jérôme Cahuzac affirmant dans son débat face à moi en janvier 2013 sur France 2 que "la réforme fiscale ? Elle est faite". Plus récemment, le président de la République lui-même avait jugé que "le temps est venu de faire une pause fiscale". C'était dans Le Monde le 30 août dernier. Quelques jours plus tard, dans le journal Metro du 17 septembre, au prix d'un premier couac, Jean-Marc Ayrault reportait la "pause fiscale" à 2015 mais au moins en gardait-il l'idée. Et le 5 novembre dernier, le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici confirmait sur BFMTV : "il n'y a pas aujourd'hui de volonté de bouleverser le système" fiscal. Mais n’avait-il pas bien précisé : « aujourd’hui ».

Quelle mouche a donc piqué le Premier ministre pour que la "pause" disparaisse au profit de l’annonce d'une vibrante "remise à plat" générale ? Un facétieux camarade proposait de remettre les événements dans l'ordre pour trouver une explication : le 8 novembre, sur RTL, j'appelle une marche pour la révolution fiscale. Le 10 novembre, le président du groupe EELV au Sénat Jean-Vincent Placé considère que "la hausse de TVA va peut-être être la goutte de trop". Le 12 novembre, tout le Front de Gauche faisait sien l'appel à la marche du 1er décembre. Le même jour, le responsable socialiste François Kalfon appelait à "renoncer à la hausse du taux intermédiaire de TVA". Le 13 novembre, la CGT par la voie de Thierry le Paon sur RTL demande elle aussi une "grande réforme fiscale". Le 15 novembre, c'est Laurent Berger, le secrétaire générale de la CFDT qui sur BFMTV demande à son tour une "grande réforme fiscale" et Solidaires se dit "pour une vraie révolution fiscale". Le 16 novembre, Force ouvrière explique que la réforme fiscale est "une priorité". On le voit, comme contre Valls en août, nous avons été de nouveau les « éclaireurs-déclencheurs » que nous voulons être ! En dix jours, nous avons forcé le Premier ministre à envoyer sa "pause fiscale" au tapis au profit d'une "remise à plat".

Pour autant, soyons lucides. L'annonce sent le bricolage. Le Premier ministre annonce cette initiative fiscale le matin du jour où l'Assemblée devait se prononcer en première lecture sur le budget 2014. Pourquoi n'y a-t-il pas pensé plus tôt ? Le pauvre Ayrault s'est d'ailleurs pris les pieds dans le tapis. A l'Assemblée, mardi après-midi, il a annoncé que "Le gouvernement fera ses propositions, et avant l'été 2015, il y aura une première étape qui s'inscrira dans la loi de finances 2015 et qui tracera la perspective de cette réforme ambitieuse". Les connaisseurs ont bien ri. Car la loi de finances pour 2015 sera élaborée à l'été 2014 et non à l'été 2015. Ayrault ne sait donc déjà plus pour quand est prévue sa "remise à plat" fiscale. L'AFP nous apprend que "son entourage, a précisé que quand il parlait de "l'été 2015", M. Ayrault voulait en réalité dire l'"été 2014 ». Et quand il a dit l’été, il s’agissait bien de la saison et pas du participe passé du verbe « être » ?

On comprend que Jean Marc Ayrault s'emmêle dans les dates. La "réforme fiscale" devait déjà avoir lieu, "dans le cadre d'une loi de finance rectificative", lors de la session extraordinaire du Parlement entre le 3 juillet et le 2 août 2012, selon L'agenda du changement publié par François Hollande dans sa campagne présidentielle. Vous aviez oublié ce fameux « agenda » ? C'est à Laurent Fabius pourtant que vous le deviez ! Un terrible document à charge pour qui veut faire le bilan des dix-huit premiers mois de la glorieuse présidence de François Hollande. Cette "grande réforme fiscale" devrait donc être bouclée depuis plus d'un an. Bien sûr, elle attend toujours. La "modulation de l’impôt sur les sociétés au bénéfice des PME et des entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices" que promettait Hollande n'a jamais vu le jour. Pas plus que la "taxation des revenus du capital comme ceux du travail" puisque les dividendes et plus-values continuent de bénéficier d'avantages fiscaux par rapport aux salaires. Dans son projet présidentiel, François Hollande avait aussi fait d'autres promesses qui sont passées aux oubliettes. Ainsi, il affirmait "Je reviendrai sur les allégements de l’impôt sur la fortune institués en 2011 par la droite". Or il n’a pas rétabli tout le barème. Les fortunes entre 800 000 et 1,3 millions d’euros sont toujours exonérées comme l’avait décidé Sarkozy. Et en matière de lutte contre la fraude fiscale ? Hollande devait déclarer "interdiction aux banques françaises d'exercer dans les paradis fiscaux". Il s'est piteusement contenté de demander aux banques de déclarer la liste des établissements dans les paradis fiscaux qu'elles fréquentaient. Quelle audace !

Quant à la TVA, la "réforme fiscale" de Hollande est devenue un véritable "reniement fiscal". En janvier 2012 dans la campagne présidentielle, François Hollande affirmait que "la hausse de la TVA [décidée par Sarkozy] est injuste, inopportune, improvisée et infondée". Le PS diffusait à l'époque un tract qui affirmait en gros caractères "Non à la TVA Sarkozy" parlant d'"une injustice supplémentaire qui va toucher le pouvoir d'achat de tous les français" et d'une "faute économique qui affaiblira la consommation et nuira donc à la croissance et à l'emploi". Le tract finissait par cet engagement : "François Hollande annulera la hausse de la TVA". Au lieu de cela, François Hollande a confirmé la hausse de la TVA pour financer un cadeau de 20 milliards aux actionnaires. Il a même prévu d'augmenter plus fortement que Sarkozy le taux intermédiaire, qui frappe les transports en commun, les travaux de rénovation du logement, le ramassage des ordures ménagères, les maisons de retraite…

Nous avons raison de ne pas avoir confiance ! Et si nous avions confiance, nous continuerions pourtant comme nous le faisons à mobiliser pour la manifestation du 1er décembre. Car la fiscalité décrit un rapport de force à propos du partage des richesses, et nous n'avons aucune raison de croire que les puissants et les importants aient l'intention de se sacrifier avec le sourire. Il faudra leur imposer ce changement-là davantage que n'importe quel autre. Pour l'heure, Ayrault n'a cédé que dans les mots. Sur le fond, il s'entête. Il annonce même que la "remise à plat" fiscale ne touchera pas aux objectifs de l'impôt. Pour Ayrault, il s'agit toujours de rembourser la dette encore et toujours. Et rien d’autre. Il a d'ailleurs confirmé au passage que la politique d'austérité des solfériniens s'appliquerait jusqu'à la fin du quinquennat Hollande : "Nous avons aussi besoin d'un véritable débat sur le niveau de la dépense publique, qui est élevé aujourd'hui. Nous allons réaliser 15 milliards d'euros d'économies en 2014, mais il faudra continuer au moins au même rythme en 2015, en 2016, en 2017".

Surtout Ayrault s'obstine à vouloir faire payer le peuple. Il a été très clair là-dessus dans son interview aux Echos de mardi 19 novembre : "pas question" de revenir sur la hausse de la TVA. La lecture de cet entretien dans le journal les Échos est un exercice assez pénible. Froid et glacial, le Premier ministre cite à tout bout de champ, comme un bon technocrate, les entreprises très souvent, « les ménages » une fois, jamais les salariés ni les familles. Cet entretien affiche une indifférence sociale absolument consternante chez un Premier ministre socialiste. Tout le bruit autour d'une hypothétique "remise à plat" en 2015 vise en réalité à masquer la brutalité de la hausse de TVA au 1er janvier. Nous ne sommes pas dupes. Ayrault dit : vous paierez ! Et les grands patrons empocheront ! Nous répondrons le 1er décembre : "pas question de se laisser tondre » La "remise à plat" doit commencer par l'annulation de la hausse de la TVA !

Prud'homales en moins, pourquoi ?

La nouvelle de la suppression des élections prud'homales a été bien peu commentée. J’ai résumé mon point de vue. Je veux insister sur ce que représente le fait de faire voter tous les salariés le même jour dans le cadre de la vie de leur entreprise. A mes yeux, cette suppression est en réalité une faveur qui perpétue le quasi-monopole de la représentation par le Medef. Voici pourquoi. En 2008, c’était la réforme de la représentativité des syndicats de salariés. Et les syndicats patronaux ? Dans le débat parlementaire un amendement du rapporteur UMP Poisson proposait de prévoir la négociation d'un accord sur leur représentativité. L’amendement fut aussitôt retiré sous pression du gouvernement et du Medef. Bien sûr, François Fillon annonça en 2010 une « réforme de la représentativité patronale ». Mais il n’en fut plus jamais question ensuite. Le Medef est donc représentatif par la grâce de… ? De rien. De lui-même. Du droit divin du patronat de droit divin. Soyons juste : il n’est pas seul dans ce cas même s’il mange la grosse part de la galette.  L'Etat, en effet, reconnaît, en dehors de toute règle légale et de tout critère de représentativité, trois organisations: le Medef, la CGPME, et l’UPA. Ces trois organisations se partagent 700 000 mandats dans les organismes sociaux, sans aucune élection. La représentativité patronale est une zone de non droit.

« Ah, mais, direz-vous, il faut bien que les patrons soient représentés ». Soit. Mais alors qu’ils votent eux aussi et que les votes servent à déterminer la représentativité de chacun ! La démocratie, même entre eux, n’est pas leur fort il est vrai. Sept patrons sur dix ne se sont pas déplacés pour les élections prudhommales de 2008. Mais ceux qui sont allés voter ne sont pas respectés pour autant. Par exemple, l’Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire n’est pas considérée comme un syndicat patronal représentatif. Pourtant elle a obtenu 19% des voix à ces élections prud’homales dans le collège patronal. Cette branche patronale compte 800 000 entreprises et celles-ci emploient 2 millions de salariés. A l’inverse quand des professions entières quittent le Medef, cela ne diminue rien de sa prétendue représentativité. Ainsi après le départ de l’Union des industries alimentaires en 2010 ! A la sortie, les donneurs de leçons patronaux ne sont guère en état de faire les malins. A peine 8% des patrons sont membres d'une des trois organisations patronales « reconnues » !

Dans les faits, le Medef ne représente pas « les entreprises », ni même « le monde de l’entreprise ». C’est seulement l’organisation qui agit pour le compte des très grandes entreprises, des activités de service et de la finance la plus concentrée. Des pans entiers de l'économie ne sont pas représentés par cette organisation patronale. Je viens de citer le départ du Medef de l'Union des industries alimentaires. Avec ses 500 000 salariés, elle était le 5ème contributeur cette organisation. Mais on pourrait aussi noter que l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, qui n’est pas rien dans l’économie de notre pays, n’est pas membre du Medef. La limite de la représentativité du Medef est affirmée par les secteurs du patronat que cette organisation traite de haut. Ainsi, en quittant le Medef, l'industrie agro-alimentaire a justifié sa décision par le manque de visibilité et d'influence face à d'autres branches industrielles puissantes au Medef : automobile, chimie, métallurgie. Elle se sentait mal défendue face à d'autres secteurs patronaux, notamment ceux de la grande distribution. Elle mettait en cause l’insuffisante prise en compte des intérêts des PME, qui représentent pourtant 92 % de l'industrie alimentaire. La CGPME est favorable à une représentation sur la base d'élections. Le Medef ignore la question. La décision de Michel Sapin le met à l’abri pour un bon moment. Bercy patron !

Retour sur les « bonnets rouges »

Je reviens un instant sur la signification de l'existence d'une institution comme les conseils de prud'hommes. En désignant des collèges d’électeurs distincts, en proposant une diversité de choix de candidats différents dans les deux collèges, ce type d'institutions est directement partie prenante de la constitution des classes sociales. Ce processus nous intéresse très directement. En effet si une classe sociale est décrite essentiellement par sa position dans les rapports de production, cette description n’est en quelque sorte qu’une photographie vue d'avion. Les classes sociales se constituent dans la réalité effective, par la perception qu'elles ont d’elles-mêmes. Quand un groupe humain devient conscient de sa situation réelle, la situation réelle est déjà changée. La conscience de soi n'est pas un à-côté surplombant la réalité dans un univers parallèle de fumée conceptuelle ! C'est la réalité devenant consciente d'elle-même. L'analyse matérialiste des rapports sociaux ne peut jamais séparer les données objectives d’une situation des composantes subjectives qui la composent. On connaît le vieil adage syndicaliste : « quelle est la limite à l'exploitation ? ». La réponse est : « la résistance à l'exploitation ». Comment mieux décrire l'articulation entre une situation et les conséquences de la prise de conscience de celle-ci ?

C'est pourquoi j'ai plaidé que le fait de constater, dans les manifestations de Quimper, une forte présence ouvrière, ne suffisait pas à faire de cette démonstration de force autre chose que ce dont se réclamaient les organisateurs patronaux et leurs slogans. Dans ma conception de la lutte sociale, finalement assez classique, les salariés ne sont pas simplement résumés par leur feuille de paye et leur estomac. Ils sont au contraire des êtres de conscience, agissant dans le cadre d'un ensemble de valeurs culturelles et morales, qui peuvent parfois entrer en contradiction avec leur intérêt bien compris et, d'autres fois, donner à celui-ci, au contraire, une force absolument sans proportion avec l'effet déclencheur ! C'est pourquoi je veux revenir sur la question des « bonnets rouges ». Dans l'interview que j'ai donnée au journal « Médiapart », on se souvient que je me trouvais placé quasiment en position défensive par rapport aux questions qui m'étaient posées, compte tenu du préjugé qui dominait alors selon lequel l'essentiel, dans la manifestation de Quimper, aurait été le mouvement et la composition sociale plutôt que les mots d'ordre et les organisateurs. J'ai protesté contre cette vision très « mouvementiste » de la lutte sociale, au profit d'une lecture plus respectueuse de ce que les protagonistes déclaraient mettre réellement en jeu. Il me semble que l'évolution de la situation jusqu'au point où nous voici rendus pour ce 23 novembre breton confirme cette approche.

Je reviens donc sur le cas des fameux « bonnets rouges ». Je le fais parce que lorsque j'ai interpellé le sens de la manifestation de Quimper du début du mois de novembre, on m'avait beaucoup fait reproche des mots que j'avais utilisés comme « nigauds » ! Je n'étais pas dupe du fait qu'une fois de plus, il s'agissait de me diaboliser et de refuser de discuter les arguments que je présentais. Mais comme je savais parfaitement que mes mots fonctionneraient comme des obus, je ne m'en plains pas. Mon but était d'attirer l'attention sur la manifestation de Carhaix que je voulais soutenir, et je crois y être parvenu. Je n'ai donc pas attaché beaucoup d'importance au fait que, par exemple, Maurice Szafran, de « Marianne », m’ait reproché « d'insulter » les Bretons, après que lui-même n'a pas hésité à me traiter de « con » pour titrer un de ses éditoriaux ! Celui-là, et combien d'autres, sont dorénavant bien connus de nous. Et moi, je sais où appuyer pour les faire klaxonner ! Mais, une quinzaine de jours plus tard, le paysage s'est considérablement éclairci.

De tous côtés, les enquêtes réalisées montrent que j'avais raison : chez les bonnets rouges, il n'y a que le bonnet de rouge. Dernière confirmation en date : le syndicat Force Ouvrière du Finistère était le seul syndicat à avoir participé au collectif des "bonnets rouges" et à la manifestation de Quimper le 2 novembre. Depuis, ce syndicat a décidé de quitter le collectif dénonçant son "corporatisme" et son "régionalisme". Nous avions vu cela dès début novembre : les mots d'ordre de la manifestation de Quimper, les organisations qui y appelaient autour de l'UMP, de la FNSEA et du Medef, le soutien des évêques et du Front National, tout cela nous avait mis en alerte. J’ai dit sans détour ce que j’en pensais ! Le Parti de Gauche n’a pas été en reste ! Nous avons bien fait. A cette heure on nous témoigne de la reconnaissance de l’avoir fait « cru et dru ». A présent, les témoignages se multiplient qui confirment la manipulation à laquelle nous avons appelé à ne pas céder. Ainsi, Le Monde du 17 novembre a dressé le portrait de "ces patrons à l'origine des bonnets rouges" comme le titre le journal. Dès le titre, il est donc clair que l'initiative est patronale, comme nous l'affirmions. La manifestation des "bonnets rouges" a été organisée à l'appel d'un collectif nommé "Vivre, décider et travailler en Bretagne". C'est ce collectif que FO a décidé de quitter. Le caractère productiviste et patronal du collectif est limpide, puisque sa cheville ouvrière est le président de la FNSEA du Finistère Thierry Merret. Depuis le début, ce collectif revendique aussi son caractère régionaliste à travers le maire de Carhaix, Christian Troadec. Celui-ci explique au Monde comment ce collectif dont il fait partie a été composé autour d'"un réseau informel de gens qui se connaissent très bien, qui se côtoient très régulièrement, dans les locaux de l'Institut de Locarn ou ailleurs".

Cet Institut de Locarn est le fer de lance du patronat régionaliste. « Le Monde » le présente comme un "think thank régionaliste". Régionaliste n’est pas le bon mot pour le décrire. C’est un haut lieu du communautariste identitaire, ce qui n’est pas pareil. C'est une évidence. Son président, Alain Glon, est même allé jusqu'à écrire le 10 novembre 2012 sur un blog breton que "le problème de la Bretagne c'est la France". Alain Glon a explicitement soutenu le Parti Breton et son candidat dans la campagne législative à Dinan. Mais ce think tank est aussi intimement lié au monde patronal puisqu'il compte, parmi ses principaux membres, de grandes entreprises et le syndicat patronal CGPME. « Les bonnets rouges » ne sont qu'un épisode dans une offensive concertée des patrons identitaires. Celle-ci vient de loin. A l'époque, le 18 juin, il y a maintenant cinq mois, quand on ne parlait pas encore des bonnets rouges, une trentaine de patrons réunis à Ponthivy, dans le Morbihan, créent le "comité de convergences des intérêts bretons" (CCIB). Ce CCIB a ensuite participé à la création du collectif des bonnets rouges. Parmi les initiateurs de l'appel, il y a un homme : Alain Glon. Il est le président de l'Institut de Locarn dont parle Troadec. Au « Monde », il avoue la supercherie des "bonnets rouges" en déclarant clairement "on pilote deux choses : les “bonnets rouges” et un projet pour la Bretagne". Le pilote, c'est donc lui, son institut et ses acolytes du patronat de la grande distribution et de l'agroalimentaire productiviste.

En juin, ces patrons ont lancé un "appel". Cet appel de Pontivy fixe le cadre de ce qui deviendra ensuite le mouvement des bonnets rouges. On y trouve déjà tout ce que nous avons rejeté dans la manifestation de Quimper. Sur la méthode d'abord ! Comment s'étonner ensuite du saccage des portiques Ecotaxe ? Surtout quand Alain Glon explique que "on peut tolérer un peu de violence". Sur le fond, le message est aussi très clair. Le discours anti-Etat et antirépublicain est fortement présent et s'agglomère dans un gloubi-boulga libéral contre «l'hyper centralisme français et le labyrinthe des réglementations». Ils réclament que davantage de pouvoir soit donné aux régions ainsi qu'un "droit à l'expérimentation (…) afin de ne pas avoir à affronter en permanence les excès des systèmes bureaucratiques".

Après le départ de FO de ce comité, ce qui pouvait rester de confusion est dissipé. D'autant qu'après le succès de la manifestation de Carhaix le 2 novembre, les syndicats de salariés ont repris la main et ils ont décidé de la garder. Ils appellent les salariés à manifester dans toutes les préfectures des départements bretons samedi 23 novembre. Sous leurs bannières. Pour l'emploi et les droits des salariés. Loin de l’enfumage et des magouilles du patronat et des identitaires régionalistes. Le 23 novembre, c’est en effet un front syndical large qui prend la main. Ensemble, CFDT, CGT, UNSA, SOLIDAIRES, CFTC, CFE/CGC, FSU s’installent sur une position de classe sans ambiguïté. L’appel intersyndical est précis, bien loin de l’unanimisme qui, sous couvert de Bretagne, voulait aligner en un tout unique patronat et salariés autour des objectifs des premiers. La dénonciation de la responsabilité des patrons, bretons ou pas, est nette et sans bavure ! « Une réponse conjoncturelle ne peut suffire à une crise structurelle, affirme le texte de l’intersyndicale. L’effort collectif qui permettra le soutien au territoire breton ne saurait être engagé sans garanties formelles et transparentes des entreprises, quant à l’utilisation de ces moyens, en termes d’anticipation, d’innovation, et de politique sociale. Il faut en finir avec ces méthodes de gestion de trop d’entreprises irresponsables et arrogantes détournant et gaspillant subventions et force de travail, détruisant impunément le bien public, méprisant la santé des salariés sans aucune volonté de préparer l’avenir. Il en découle pour l’Etat la mission impérative de s’assurer que les employeurs mettent en œuvre leurs obligations et que les droits des salariés soient effectivement respectés. Le contexte nécessite de nouveaux modèles articulant les exigences économiques sociales et environnementales, pour sortir d’une crise dont les salariés ne sont pas responsables. » La conclusion de l’appel intersyndical est on ne peut plus clair ! Et cela aussi bien dans ce qu’il dénonce que dans ce qu’il propose. Voyez plutôt. « Nos organisations sont pleinement solidaires des salariés actuellement victimes des licenciements et partagent leur colère, l’angoisse de leur famille et de leur entourage Pour autant, face aux manœuvres de récupération de cette détresse, nos organisations dénoncent les discours et postures réactionnaires et affirment leur refus de la violence et du vandalisme, de la destruction de biens publics à ce jour impunie. Elles appellent à une expression claire des salariés et agiront pour faire entendre leurs voix dans les groupes de travail, dans la construction du plan breton, sur les lieux de travail. » Je forme le vœu que ces précisions permettent à chacun de mes lecteurs d'apprécier plus solidement les joutes dans lesquels je suis entraîné à intervalles réguliers.


110 commentaires à “Remise à plat, prud’hommes et bonnets rouges”
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  1. SIMON dit :

    bonjour,
    A moitié breton, mais 100% pur beurre et d'accord avec l'analyse
    Kenavo

  2. Marhic dit :

    Vieille histoire que celle de l’Institut de Locarn, fondée en 1994 par l’inénarrable Joseph Le Bihan. Histoire méconnue, aussi, que celle de cet institut où accourent depuis bientôt vingt ans les « militants » bretons de tous bords. Car, oui, en Bretagne, on peut se dire de (diverses) gauches, et fréquenter Locarn. Quand bien même, dès 1998, les écrits de son fondateur et de ses amis étaient portés sur la place publique, entre autres par Charlie Hebdo : « En Asie, aux Indes, en Afrique, tout faible crève au bord de la route, il ne faut surtout pas l'aider […]. » « Hitler et le régime nazi ont assassiné moins d’hommes et de femmes – ethnocide juif compris – que Lénine et Staline. […] Il n’y a pas de différence de nature entre le nazisme et le communisme, mais le second a été pire que le premier ! » (Genèse de l’Europe unifiée dans le nouveau monde du XXIe siècle, Joseph Le Bihan, CAVAP, 1993.)
    « Ni rouge, ni blanc, bretons seulement ! », disait l’adage indépendantiste. Aujourd’hui, c’est bonnets rouges et blancs bonnets. L’emsav (mouvement breton) reste plus ambidextre que jamais…

  3. philalabastille dit :

    Salut Jean-luc
    "Bercy parton !"

    Un raccourcy parlant cru et dru. A mettre sur nos drapeaux le 1er décembre. Mercy.

  4. pascal des landes dit :

    Bonsoir à tous, camarades,
    comme l'avait pronostiquer Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne 2012, l'austérité produit en France les mêmes effets que partout ailleurs, avec son cortège de conflits sociaux, de destructions d'emplois, comme un attentat contre l'énergie collective, contre l'intelligence. Les spasmes bretons, donnent aujourd'hui un front syndical large, et à vrai dire, il serait temps qu'au niveau national un front syndical du travail se lie autour de la question des retraites, des salaires, de la fiscalité, de la TVA, et de l'emploi, afin de fédérer les luttes. Ensuite, on site beaucoup Jean Luc actuellement que ce soit pour le citer ou le dénigrer, signe qu'il devient peu à peu l'alternative démocratique politique crédible à l'axe de l'austérité. Il se fissure en Allemagne, où le salaire minimum est en discussion à 8,5/h. Ayrault remet à plat. Cela ressemble à une crevaison, un dégonflage comme l'allégeance faite à Schultz, qui se propose en gros d'abolir la démocratie à Strasbourg. Nous sommes à l'apogée du "socialisme de l'offre". L'impôt ne rentre plus, la dette continue de cavaler, on allonge les milliards aux CA des licencieurs, et les filiales des filiales comme la CAFIL couvrant la FIL couvrant Dexia empoisonneur de dettes locales. Quelle belle réussite ! Coluche aurait dit : avec une telle gestion au sahara, dans six mois, il faut qu'on achète du sable. Retraite pour Ayrault ! Au nom de la pénibilité de sa politique.

  5. fanch dit :

    Je vote à Quimper.
    Certes, tu as parfaitement raison dans ta présentation des acteurs. J'ai également immédiatement trouvé cela cocasse de voir les « petits maîtres » se lever contre les « grands maîtres » pour reprendre ta terminologie.
    Mais, n'aurions-nous pas du passer outre ?
    Tout ce nous sommes sûrs, aujourd'hui, grâce à notre passivité, c'est que les « petits maîtres » sont en train de s'entendre avec les « grands maîtres » sur le dos des « esclaves », comme d'habitude !

  6. morvan dit :

    Bonjour, Au delà d'une adhésion assez globale aux termes des derniers billets - merci -, j'aimerais revenir sur la suppression des élections prud'homales, dont je note avoir vaguement entendu mentionner le projet, mais apprendre seulement grâce à vous qu'elle est actée (bravo aux Chiens de Garde, c'est du grand art !). Ma question subséquente, les élections professionnelles dans la Fonction publique, prévues pour 2014, vont-elles elles aussi être touchées par un rebidouillage de la récente Loi sur la représentativité, et par un second effet kiss pas cool ? Ce serait du grand art également. Quelqu'un a des pistes de réponses sur le grand schéma global ?

  7. Desanti dit :

    Au sujet des "Bonnets rouges" et du Davos Breton : Institut de Locarn, je ne sais pas si tu peux imaginer, Jean-Luc, combien cela fut difficile, ici, en Bretagne, de lutter, dénoncer la présence de ce Think Tank. A une poignée de figues sur toute la Bretagne, avec nos petits bras de citoyens vigilants et dures furent les conséquences pour certains d'entre nous, dont moi, et je ne m'avance pas en disant cela, en tête de gondole, j'ai trinqué. On ne parle pas de cela n'est-ce pas, surtout sur les Terres de servages que sont le Centre-Bretagne, je vis pas loin de l'Institut. Le silence des élus de tout bord et voilà que maintenant, Christian (Troadec), est décomplexé, affirme son attachement à ce Think Tank, comme Le Drian, ami de l'Institut, la ville de Nantes, bref... Sais-tu par qui et comment cela s'est monté ce truc ? Pourquoi la "Gauche", le PC d'ici s'est vengé de nous, pourquoi en alertant le National, sur des années, vous n'étiez pas présents. J'en ai des choses à te dire, Jean-Luc ! Paix et Fraternité ami Jean-Luc, je me tiens à ta disposition pour touts info. complémentaires, et je suis sérieuse.

  8. richard30 dit :

    Bonjour à tous.
    Un débat (à huis-clos) très important également que celui sur le vote blanc et la reconnaissance de ce vote en tant que suffrage exprimé. Au lieu de travailler sur un texte qui va dans ce sens, nos députés et la commission des lois travaillent sur un texte de loi vide, qui fixera la procédure à suivre pour voter blanc mais non point le pouvoir que ce vote blanc devrait procurer aux électeurs indécis, obligés de voter aujourd'hui pour la "solution la moins pire", les privant ainsi de leur souveraineté.

  9. j-jour dit :

    Idée concernant une forme de "publicité" pour la marche Révolution Fiscale. Si certains Front de Gauche ou sympathisants en étaient capables techniquement, je verrais bien une espèce de puzzle pixellisé à transformer via des clicks, une page web avec la photo du portique de Bercy, sur laquelle on inviterait dans les "réseaux sociaux" les personnes qui voudraient montrer leur adhésion à la Révolution Fiscale à cliquer sur la page, ce qui aurait pour effet visuel de progressivement et proportionnellement au nombre de visites et de clicks de transformer la structure du portique de Bercy en l'image de "Marianne-République au balai Pour une Révolution Fiscale". Cela pourrait permettre de focaliser l'attention, de faire participer et d'associer à la démarche le plus grand nombre possible de gens sur Internet, éventuellement de leur faire prendre connaissance de certaines informations associées en lien à partir de cette page.

  10. françois dl dit :

    @ j-jour
    Dans le prolongement de votre idée j'aimerais bien que soit créé un signe distinctif de rapatriement à nos idées sous la forme d'un pin's (trés discret et facile à porter) qui pourrait nous permettre de nous identifier dans la rue. Quand j'aperçois une écharpe rouge je me demande toujours si le porteur est des nôtres sans oser bien sûr poser la question. Un signe distinctif permettrait de nous reconnaître à coup sûr et aussi de financer notre mouvement.

  11. Régine dit :

    Je ne comprends pas ce désir de vouloir porter un uniforme, que ce soit un bonnet ou un pin's, pourquoi pas un képi, ou tout autre signe distinctif. N'est-ce pas là vouloir faire ce que l'on reproche à d'autres qui sortent dans la rue voilés, coiffés d'un keffieh ou d'une kippa, ou exhibant avec ostentation leurs soutanes désuètes ? Sont-ce là des arguments pour convaincre ? Afficher son appartenance d'une manière confinant au prosélytisme n'est-ce pas contre-productif. N'est-ce pas, à l'avance, exclure d'un possible dialogue tous ceux qui ne pensent pas comme nous ? Personnellement, mais peut-être suis-je marginale, j'ai beaucoup de mal à entamer une conversation avec les gens ainsi "déguisés", il me semble qu'à l'avance ils me disent voilà, c'est ma vérité et il n'y en a pas d'autre. Rien de plus facile que de mettre un bonnet, mais c'est une autre affaire d'expliquer ce qui se passe sous le couvercle.

  12. Adrien dit :

    Signe de ralliement : l'écharpe rouge portée comme JL Mélenchon et pas comme ce fou xénophobe de Barbier !

  13. durluche dit :

    On parle de fiscalité et je vois que ça discute encore sur cette idée fumeuse de supprimer le coefficient familial dans notre commission éco et d'individualiser l'impôt sur le revenu, alors si tu vois J Généreux, félicite le pour sa clairvoyance de la part d'un homme qui n'a pas de revenu et dont les revenus de son épouse sont les revenus de la famille, une et indivisible, sinon, ce n'est plus une famille. Il est clair que cette idée d'individualisation de l'impôt sur le revenu n'a d'autre but que le prélèvement à la source qui est une idée sans intérêt et inapplicable à l'ensemble des citoyens; la commission éco ferait bien d'arrêter de perdre du temps sur ce genre de foutaises, le coefficient familial profite aux très hauts revenus? Et alors, il profite aussi aux familles modestes, celles qui n'ont qu'un seul revenu imposable au titre individuel. Ce n'est pas à la fiscalité de régler les rapports de force dans les couples par une mesure que je qualifierait de totalitaire. Vives les hommes au foyer!
    Bon, sur ce, j'ai une lessive à étendre et une autre à plier avant d'aller chercher mon môme et de préparer le repas, choix de vie librement consenti.

  14. lilou 45 dit :

    @ richard30 10h12
    Des l'instant où ton bulletin de vote tombe dans l'urne tu n'as plus aucun pouvoir. C'est celui que tu as élu qui les qui les a tous, sans contrôle, sans justification, sans vergogne. Le pouvoir parlementaire est une façon de déposséder le citoyen de son pouvoir. En ce moment nous vivons cette forfaiture avec le gouvernement de "gôôche".

  15. Invisible dit :

    Je partage le point de vue de Régine. Le jour où on ressemblera au meeting peplum du Trocadéro ou à l'uniformité des bonnets rouges, on sera foutu ! Restons des gens, tout simplement.

  16. richard30 dit :

    @ lilou 45 15h04
    Pourquoi il est indispensable que le vote blanc soit validé en tant que suffrage exprimé, lors des élections ?
    Rappel de notre Constitution : Titre I – De la Souveraineté
    Article 2 – 5 : son principe est gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
    Article 3 – 1 : la souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
    La lecture de cet article ne doit pas se faire de la façon suivante : la souveraineté nationale appartient au peuple qui « ne » l'exerce « que » par ses représentants et par la voie du référendum.
    Article 3 - 2 : aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.

    La souveraineté nationale appartient donc au peuple dans son intégralité et non à une partie restrictive du peuple, celle pour laquelle 1 parmi les candidats, convient. Par conséquent, tous les citoyens doivent pouvoir choisir objectivement leurs représentants sans être dans l'obligation de valider un candidat qui ne leur convient pas. Il est donc indispensable que le vote blanc soit enregistré en tant que suffrage exprimé car il correspond à la volonté d'une partie des électeurs et doit « peser » dans le choix et non pas être considéré comme un suffrage sans aucune valeur.

  17. PrNIC dit :

    Titre dans l'Huma : Municipales à Paris, le PCF lance sa campagne ! (à l'éphémère)
    Si c'est la réalité, ça cloche quelque part. Pourquoi sa campagne ? Serait elle différente de la campagne commune PS/PCF ?
    Si c'est oui, nous risquons fort d'entendre à juste titre de belles remontées de bretelles pour Hollande, le gouvernement et les PS pro-austérité. Mais comment alors vais je voter pour Hidalgo ?
    Si c'est non, alors je ne comprends pas pourquoi les PS étaient si brillamment absents dans la salle de "l'éphémère" ? (à moins que la symbolique de ce lieu...!)

  18. jean ai marre dit :

    Il est des vérités comme des bons mots lorsqu'on les découvre c'est jubilatoire. Comment ne pas les faire partager ? Définir Hollande par l'immobilisme en mouvement en est.
    JLMélenchon écrit : "Après le départ de FO de ce comité, ce qui pouvait rester de confusion est dissipé".
    Pour ce qui est du monde syndical, tout à fait, mais reste la position du NPA. Ils étaient à Quimper, battant le pavé avec la droite. Ce qui a fait souligner par JL Mélenchon l'ambiguïté de certains et l'indépendance de classe.
    Le 20 novembre le NPA dans un article intitulé : Front de Gauche : manifester oui, mais pour faire quoi ?écrit sur la marche du 1er décembre "Cette proposition vise à capter le mécontentement populaire en faveur du FdG. Et si cette initiative est conçue comme un désaveu de celle des Bonnets rouges, elle est condamnée d’avance." Ambiguïté ? Et la suite "Si elle ne vise pas à la convergence des luttes nécessaires contre les licenciements, contre la politique d’austérité du gouvernement, elle se résumera à un coup politique au service du FdG, voire un simple moyen pour eux de tenter de se réconcilier, après les tensions liées à la préparation des élections municipales". Pour se réconcilier, faut il se brouiller avec d'autres ? Sur qu'en marchant vers Bercy, nous prônerons la défense sociale.
    J'en ai marre de la défense des égos. Quant va-t-on comprendre que les citoyens sont libres ?

  19. educpop dit :

    Le déni de démocratie qui s'exerce en Europe n'est possible que parce qu'il s'exerce aussi dans les pays membres. Ce déni ne concerne pas seulement le pouvoir du peuple quand il faut prendre des décisions. Le raisonnement est simple: Ceux qui pensent être les maîtres ignorent les arguments de ceux qu'ils pensent être les serviteurs, et d'autre part ils veulent se débarrasser d'une grande partie d'entre eux. On voit bien que les outils de productions sont un réseau informatisé qui a besoin de moins en moins de monde pour fonctionner, la masse de ceux dont la force de travail est simplement manuelle est trop importante pour les besoins de ce système. Donc tout ce peuple de citoyens qui vivent mal ne peut pas faire l'objet de l'attention des propriétaires de l'appareil, alors ils veulent en minimiser l'importance dans tous les domaines. Si ce peuple se révolte, il y a fort à parier que la répression est déjà prête, comme dans les épisodes précédents. La marche pour une meilleure répartition des richesses est aussi une marche pour la survie de l'espèce des travailleurs.

  20. vm dit :

    Utiliser l'argent économisé sur les élections prud'homales pour le redistribuer aux syndicats "représentatifs" ? Mais M. Sapin de la sapinlère, non seulement ce n'est pas une économie, mais c'est tout bonnement de la corruption ! Voir ici, et on aura tout vu !

  21. jpp2coutras dit :

    " Martin Schultz... au lendemain des élections européennes ! S'il est élu à ce poste, le verrouillage politique de l'Europe sera achevé"

    “Papa Schultz” bientôt de retour ? En moins drôle que la série us "stalag 13." Reste à savoir si ce genre d’humour fera toujours son effet aujourd'hui. Sans nécessiter de concentration excessive, on a plutôt devant nos yeux incrédules des signes forts de dérive totalitaire au-dessus des états pour instaurer de force une dictature du fric habillée d'Europe à la solde d'un cartel mafieux dirigé par Al Capone comme führer. Paul Jorion cite la façon dont est tombé l'ennemi public n°1, par la bande, et comment le gouvernement US reprend petit à petit la main sur le contrôle de la finance, par la bande contre les bandes. Par ailleurs il redoute l'étincelle proche dans l'usine à gaz extrême libérale, ça va faire pschitt, c'est sûr, mais quand ?
    Quant au smig allemand attendons de voir les remous réactionnaires l'entamer, s'il résiste avec les socdems aux manettes.

  22. PIETRON dit :

    Les bonnets rouges blancs sont en effet, pour leur partie patronale et "politique" (Troadec), des imposteurs identitaires. L'exploitation dans les entreprises de l'agro-alimentaire est féroce et finalement ils en redemandent. J'invite les salariés de ces boites de lire le "droit à la paresse" de Laffargue. Comme visionnaire on fait difficilement mieux.
    Les manifestations "unitaires" du 23 novembre 2013 apparaissent être en Bretagne une espèce de rédemption syndicale. La CFDT, à fortiori la CGC, dans les entreprises, ainsi que dans les services publics, se distinguent sans cesse par leur propension comprometttante à l'acceptation d'un "dialogue social" qui finalement débouche sur les situations désastreuses pour les salariés, les chômeurs, les retraités, que l'on connait aujourd'hui.
    Le syndicalisme rassemblé, cher à la CGT, est fragile. Fragile car le socle de ce postulat n'a pas de fond. La confédération CGT s'échine à éviter toute analyse politique(de classe) afin de préserver un hypothétique rapport de force qui lorsqu'il a lieu sombre très rapidement dans les méandres de l'idéologie cfdétiste qui consiste à brandir la fallacieuse idée selon laquelle la posture raisonnable devrait tenir compte des réalités. Autant dire, à chaque fois, une rédition en rase campagne dont on voit bien qu'aujourd'hui les salariés du privé et du public sont les victimes expiatoires.

  23. pascal des landes dit :

    Navrant cet épisode de la chape de plomb de Schultz sur la démocratie au Parlement et l'instauration de 7 ans d'austérité sur l'Europe, il convient de bien en mesurer les stratégies et les conséquences, sans tomber dans la germanophobie, ce qui serait stupide. En fait l'Allemagne cohérente avec elle même, est entrain de duper le gouvernement français qui s'enorgueillit (croit il vraiment dans ses déclarations) de l'avoir amener à une concession. Le salaire minimum en Allemagne n'a de but que la reconquête d'un marché intérieur, une relance nationale de la consommation afin d'équilibrer un reflux des exportations, et préparer l'Allemagne seule contre tous à entrer dans marché transatlantique. Ce faisant, Merkel entend relancer une industrie dédiée à une consommation intérieure, continuant sa pression sur les pays du sud et la France pour qu'ils renforcent l'austérité. Les conséquences sont claires, la compression des PIB sera la règle dans tout autre pays que l'Allemagne, achevant les productions industrielles ou non, au profit d'un capital allemand de plus en plus concentré. Le SMIC allemand ne signifie donc pas une relance, voire une inflation dans L'UE, au contraire. D'ailleurs, l'austérité couplée au renoncement d'une fiscalité sur les hauts revenus ne trompent pas, Merkel et le SPD s'entendent pour que l'activité économique s'éteignent à mesure qu'on s'éloigne de Francfort. Alors le PS ? après un Munich social? Montoire ?

  24. Maximilien R. dit :

    Avec mon bonnet phrygien (rouge lui aussi, avec une cocarde tricolore) et mon drapeau rouge, le Breton immigré dans le Nord que je suis marchera sur Bercy le 1er Décembre.
    J'envisage aussi de me munir du drapeau Breton. Plutôt la mort que la souillure, je dénie au patronat et à la FNSEA le droit exclusif de l'utilisation des symboles Bretons. Dont le bonnet rouge. De véritables casseurs si j'en crois les images. Mais que venait donc faire FO dans cette galère ?
    Plus sérieusement, que fait donc notre ministre de l'intérieur, pour mettre un terme à ce désordre ? Rien évidemment. Complaire au patronat rapace et à la commission de Bruxelles sont les deux mamelles de la France. Il est vrai qu'expulser les Roms, fussent-ils mineurs, est quand même plus simple que de s'attaquer aux intérêts particuliers des ci-devants, fussent-ils Bretons et héritiers des ligues d'extrême droite de l'entre deux guerres.

  25. Michèle dit :

    Remise à plat et atermoiement sont des subterfuges, les mots eux-mêmes sont utilisés comme outils de manipulation pour éteindre tout désir, pour nous diriger vers la résignation comme les files d'animaux vont à l'abattoir sans le savoir tout en le craignant. Ils ne changeront pas et ce sera pire, comme la théorie de l'engrenage le repère, c'est de nous que le changement viendra parce que nous savons ce que nous voulons et pour commencer la Vérité, une parole fiable au lieu du Mensonge, du bla bla et de la trahison.

  26. carlo dit :

    Le caractère productiviste et patronal du collectif est limpide, puisque sa cheville ouvrière est le président de la FNSEA du Finistère Thierry Merret. Depuis le début, ce collectif revendique aussi son caractère régionaliste à travers le maire de Carhaix, Christian Troadec

    Bien sûr. Mais il nous faut tout de même être plus nuancés sur l'appréciation de ce mouvement sans justifier, bien entendu, les débordements de violence auxquels il a conduit. Ecoutons E. Todd, lorqu'il dit "Cette région [la Bretagne] lancée sur les rails de l'européisme est aujourd'hui touchée de plein fouet par la logique européenne du jeu sur le coût du travail, sous contrainte de l'euro. Et nous constatons que son dynamisme culturel donne à cette région la force de la révolte. Les historiens savent bien que les révolutions sortent du progrès, pas de la régression".

  27. Alain V dit :

    @françois dl
    "Sur Géopolis un article intéressant « Mélenchon en rêvait, les Suisses vont-ils le faire ?"

    Je confirme. De passage à Zurich (très beau centre moyenâgeux et Renaissance !) lundi 18, j'ai lu cette information dans la presse locale. Mais cela ne concerne qu'un tout petit canton, celui de Zug, je crois. De plus, le salaire le plus bas peut avoisiner les 3000 francs suisses*, ce qui laisse de la marge. Et il ne s'agit que des salaires, il y a d'autres formes de rémunération. Il n'y a pas de quoi faire des vagues sur le lac.
    [...]

  28. pat dit :

    Je partage tout ce qui est écris ici sur l'immense scandale que représente la suppression des élections prud’homales. Mais une question tout de même, à qui profite le crime ? Aux organisations patronales evidement qui s'auto proclament représentatives, c'est vrai. Mais est-ce que cela ne profite aussi à certaine organisation syndicale qui, si des élections avaient lieu sous peu, verrait probablement leur compromissions avec le gouvernement actuel largement sanctionnée par les salariés. De plus je fais partie de ceux qui trouvent plus que troublant les résultats donné par le gouvernement sur la représentativité syndicale. J'ai de gros gros doute sur la progression de la CFDT. Mais les chiffres avancés tombent plutôt bien pour le gouvernement et les organisations patronale. Si les juges prud'homaux sont effectivement nommés par les orga et non plus élus, alors la CFDT ferait jeux égal avec la CGT, ce qui aux dernières élections prud'hommes etait loin, tres loin d'être le cas.

  29. turmel jm dit :

    Merci Jean-Luc d'aborder cette info hyper importante. Un gouvernement dit de gauche supprime les élections Prud'homales! Et c'est avec ces gens de cet acabit, que mes camarades dans certaines grandes villes ont fait le choix de l'alliance pour les municipales. Quelles garanties ont pu motiver leur décision qui me chagrine moi le "coco" de longue date, et je ne suis pas le seul. Cela mérite certainement un congrès mais ce n'est pas l'urgence du moment j'en conviens. Donc, la réponse d'après ce que j'ai pu lire serait celle ci : Un contrat progressiste signé entre deux partis dans l'intérêt des habitants, ou bien pour poursuivre l'oeuvre déjà accompli dans des municipalités d'union. A bon ! Espérons que les habitants partagent ces postulats. De mon point de vue, cela n'engage que celles et ceux qui veulent bien croire à la sincérité des signataires. Je rappelle que ces gens là (comme le chantait Brel), avaient également signé le programme commun. La suite fut assez loin du contenu (c'est l'histoire cher camarade Jean-Luc. 83 et la rigueur etc.) Je suis d'accord nous devons passer à autre chose, mais le 1er décembre si je rencontre dans la manif un de mes camarade Parisien qui, je l'espère seront très nombreux, voir un Toulousain, il faudra quand même qu'il m'explique. Je ne voudrais surtout pas repartir idiot à Bordeaux nous qui avons votez à 90% pour une liste FdG.

  30. françois 70 dit :

    Je pense aussi que pour toucher les couches populaires qui se réfugient dans l’abstention ou votent Le Pen par protestation, il faudra aux européennes une ligne claire et lisible de rupture avec l'UE néolibérale. Il me semble que le texte d'orientation du PG (Hollande, Merkel, Barroso du balai !) va dans ce sens. Mais comment constituer des listes sur cette ligne avec des Laurent et consorts qui s'allient ouvertement avec le pilier solférinien de l'Europe austéritaire ?

  31. durluche dit :

    Deux poids deux mesures, les bonnets rouges dégradent des biens mais ne sont pas poursuivis. En Ardèche "super Châtaigne" ne fait pas de mal mais la justice n'a pas supporté son activisme politique pourtant bon enfant, mais de gauche pour de vrai. (source)

  32. Bruno dit :

    Une idée comme ça qui me passe par la tête pour les Européennes. Il est certain que la désignation des listes (et de leur tête de liste) va être encore un casse tête chinois, un bras de fer pour savoir qui est le plus représentatif, qui pèse le plus de poids, etc. Serait-il possible d'envisager des listes européennes justement ? Des listes par exemple en France où figureraient des grecs, des italiens, des espagnols, des hollandais, des belges, des chypriotes, etc., et la même chose dans les autres pays européens ?

  33. maité souilhat dit :

    Pour la marche du 1 er décembre, il y aura un bus avec les camarades du PG et GA. Je serai présente et j'espère que l'on sera très nombreux.
    La hausse de la TVA est la pire injustice elle touche les plus pauvres, les enfants, les personnes âgées (le cout des maisons de retraites est déjà très élevé). Hollande à renié toutes ses paroles, il est pire que Sarkozy puisqu'il se dit socialiste, je refuse de le nommer ainsi, lui et toute sa clique se sont des "soces" aussi à l'aise dans une sauce que dans l'autre. Que les gens se lèvent le 1er 12 et que nous clamons haut et fort notre colère contre l'injustice dissipent ce brouillard par notre union citoyenne. Résistance.

  34. PG PAULETTE dit :

    Bonsoir, je viens de visionner le débat que @Richard 30 a eu la gentillesse de laisser dans son commentaire. Effectivement nous sommes bien loin de voir le vote blanc reconnu et comptabilisé comme exprimé. Ce débat est bien du temps perdu, puisqu'en final il ne sera d'aucune pression sur les élus (il compte pour du beurre comme nous disions étant enfant) c'est de la pinaillerie, savoir si l’électeur doit amener son papier blanc, si l'enveloppe vide peut être reconnue comme vote blanc (l'un d'entre eux dit que l'enveloppe vide peut être un oubli. Mais pour qui nous prennent ces messieurs, pour des débiles ?) tout cela pour au final qu'il ne compte pas.
    Quant aux prud'homales, si ces personnes sont nommées, le pourra ne sera partagé qu'avec les mêmes bonhommes comme pour les grandes entreprises où ces messieurs passent d'un siège à un autre quels que soient les résultats et la casse qu'ils provoquent, mais avec bien sur des salaires impensables. Rien n'aura été épargné aux personnes des classes inférieures avec ce gouvernement.
    À propos de gadgets ou autres pour le PG, moi j'aimerais beaucoup que notre écharpe soit rouge et verte comme notre drapeau. N'ayant pas la possibilité d'assister aux remue-méninges ou autres réunions de travail du PG, ne serait-il pas possible d'enregistrer ces réunions audio ou vidéo et de les mettre en vente pour les militants. Cela ferait une rentrée financière pour le PG et des outils, des conseils qui pourraient nous êtres...

  35. Willia dit :

    Lamentable politique ! Décevante ! On a l'impression d'être sous le règne de Sarkozy. On en voit, on en entend de toutes les couleurs. Le Rouge surtout est à l'honneur, ces "Bonnets Rouges" sont-ils vraiment rouges ? Le rouge est, normalement la couleur des travailleurs, ouvriers qui se servent de cette couleur pour essayer de faire entendre leur revendications. Elle a toujours été celle du peuple, mais aujourd'hui, elle sert à tous les opposants quels qu'ils soient, et notamment à la droite, à qui tout est bon, les médias ne crachent pas dessus non plus, ils en rajoutent pour que ça semble plus crédible. Mais nous, petits ouvriers, artisans, commerçants, qui disparaissent alors que s'installent de grands magasins de luxe, pas à la portée de nos petites bourses. La Bourse, elle ne connaît pas la crise, les bénéfices des capitalistes y sont de plus en plus à la hausse, comme les impôts pour ceux qui on un salaire aisé, rien de plus normal que de payer des impôts, mais trop c'est trop ! Le Gouvernement doit prendre l'argent là où il est, pas augmenter la TVA qui va toucher les plus pauvres une fois de plus. Mon prochain vote sera encore à la gauche de la gauche, et au 2 ème tour, ce sera blanc. En attendant que le vote blanc soit comptabilisé, pris en compte pour une opposition. Je précise n'être pas imposable, c'est dire que je ne suis pas une nantie, je vis avec, il y a pire et je compatis à cette misère.

  36. phiphi the biker dit :

    Bonjour à tous,
    Il n'y a pas que les élections prud'homales que le parti solférinien supprime ! Voici un extrait d'un article de Médiapart de ce 23 novembre. "Les paysans qui ressèment leur récolte seront-ils considérés comme des trafiquants ? Oui, ont répondu les sénateurs en adoptant le 20 novembre à l’unanimité un projet de loi élargissant aux plantes le délit de contrefaçon. S’émanciper des droits de propriété détenus par les grandes firmes semencières sera désormais un délit. La loi prévoit aussi de nouveaux moyens de répression contre paysans et jardiniers clandestins. Pour les promoteurs de la loi, il s’agit simplement de « protéger les entreprises". Qu'en pensent les agriculteurs ? Moi qui suis petit fils et fils d'agriculteur, ça me donne envie de vomir.
    Jaurès, reviens, ils sont vraiment fous !

  37. richard30 dit :

    @ phiphi the biker 87 à 7h51
    Qui dirige l'espace européen ? La Commission européenne, oui ou non? N'est-ce pas le siège des abus de pouvoir, des conflits d'intérêts et la plaque tournante du relationnel de la ploutocratie ?
    Le mercredi 6 novembre, la Commission européenne a autorisé, pour l’alimentation animale et/ou humaine, dix plantes génétiquement modifiées (PGM), dites empilées, ainsi que le pollen issu de maïs MON810. Les PGM empilées contiennent plusieurs événements de transformation. La plus emblématique est le maïs SmartStax, avec huit transgènes. L’adoption en juin 2013 du règlement concernant l’évaluation sanitaire des OGM annonçait bel et bien la reprise des autorisations d’OGM pour l’importation et l’alimentation, comme l’avait prédit Inf’OGM.
    Questions, pourquoi cette décision européenne issue de la Commission et quel a été le rôle du Parlement, s'il a été consulté ? Quelle est la liste des noms de tous les intervenants pour cette prise de décision, afin étayer les procédures de responsabilisation ultérieures ? A qui profite cette décision ? L'argument majeur est celui du rôle nourricier des céréales. Cependant, elles sont également utilisées pour faire du carburant ou des articles de l'industrie chimique ? Qui possède l'information que ce sont prioritairement des « matières » spéculatives de la part des possesseurs des liquidités mondiales et donc une source inadmissible d'enrichissement ?

  38. semons la concorde dit :

    On marche sur la tête. Je croyais qu'on était dans un système libéral. Pourquoi faudrait-il obliger les gens qui veulent cultiver leur jardin à se fournir obligatoirement chez les grands semenciers de la planète ? D'abord leur offre est incroyablement pauvre. Ensuite, j'appelle ça du totalitarisme, pas du libéralisme. Quand il est question de faire du fric, tout d'un coup, on s'assoit sur le principe fondateur de "concurrence libre et non faussée". Je rappelle à ces messieurs qu'ils n'empêcheront pas le vent de semer des graines indépendantes, et peut-être même la tempête...

  39. octobre dit :

    Ce que l´on nous prépare, mesures apres mesures, pays par pays, fait parti d´un plan plus vaste, c´est un assainissement par le bas. On assèche les marécages et hop la canaille rouge dehors. Le terrain sera bientot prêt pour la mise en place du traité transatlantique. OGM, gaz de schiste et autres réjouissances du même genre imposés par le marché. Cherchez qui se cachent derrière ce mot. Alors que faire ? Sortir de l´Europe ou prendre d´assaut la Commission europénne avant qu´il ne soit trop tard. Au choix ! Dans tous les cas: US go home.

  40. richard30 dit :

    @ octobre, post 88 à 9h32
    Lorsque l'on participe à un "jeu" et à plus forte raison quand ce "jeu" est imposé et que l'on sait pertinemment qu'une partie des participants trichent, la méthode la plus simple est de prouver que ces derniers trichent. Tricher veut en l'occurrence dire que ces tricheurs ne respectent pas les règles de base qui sont les textes constituants de notre pays (DDHC et Constitution). Prouver ces actes inadmissibles de tricherie induit la possibilité de répudier les tricheurs qui n'auraient pas respecté les règles ou interdire purement et simplement le jeu parce qu'il est mal conçu ou, enfin mettre en évidence le fait que les règles ont été modifiées sans concertation ni accord des participants par une minorité pour en tirer profit et gagner à coup sûr, en abusant.
    Les textes constituants de notre pays prouvent que la souveraineté appartient au peuple dans son intégralité.
    Prouver que le peuple a été dépossédé de sa souveraineté, par des participants ayant modifié ou fait modifier les règles à leurs profits, c'est accéder, à nouveau à la maîtrise du "jeu".

  41. alouette dit :

    @ phiphi the biker
    J'ai lu le même article que toi et je suis profondément choquée. Sans surprise la dictature de la mal bouffe obligatoire se confirme. La guerre faite à une production alimentaire saine et libre va passer un nouveau degré de violence. Après s'être attaquer au purin d'ortie, aux graines de Kokopelli, c'est la dernière étape pour nous interdire de manger si pas d'argent. Et exclusivement les poisons de l'industrie (avec une tva à 55% tant qu'on y est ?). Les agriculteurs, les jardiniers du dimanche ou de tous les jours qui voudront cultiver de vraies salades vont devenir des clandestins et de dangereux criminels ?! Je n'ai pas de mots assez forts pour dire ma colère, je voudrai tous les voir avaler leurs desherbants et pesticides par bidons entiers puisque c'est ce qu'ils veulent pour nous. L'écosocialisme est plus que jamais le combat pour lequel nous devons tous nous battre de toutes nos forces. Lien vers l'article.

  42. carlo dit :

    @Bruno
    "Serait-il possible d'envisager des listes européennes justement ? Des listes par exemple en France où figureraient des grecs, des italiens, des espagnols, des hollandais, des belges, des chypriotes, etc., et la même chose dans les autres pays européens ? "

    Voilà une "idée" qui ferait le bonheur des fédéralistes et des partisans d'une Europe supranationale. Ne voyez-vous pas que nos problèmes sont en grande partie dus au fait que nous n'avons plus la maîtrise de notre destin ? Renforcer les pouvoirs de l'Europe supranationale ne peut qu'aggraver la situation et -accessoirement- renforcer l'influence du FN. Est-ce que vous voulez ?
    Notre priorité devrait être, au contraire, la reconquête de notre souveraineté de façon à pouvoir mener, le moment venu, une politique alternative à celle que nous impose l'Europe sociale-libérale issue des traités signés sur la base d'un compromis passé entre les sociaux-démocrates et les libéraux.

  43. Octobre dit :

    @Richard 90
    Les dés sont pipés depuis le départ, les cartes marquées. Les tricheurs ont pignon sur rue et les tricheries sont sur la place publique depuis longtemps déjà. Ils n´éprouvent plus le besoin de se cacher depuis longtemps. Et voilà ce qui nous manque, le temps.
    [...]

  44. mb_49 dit :

    Après les craintes de dérapage du FdG suite au "bricolage" parisien nous voila dans les européennes. Je crois qu'il nous faudra mettre en évidence à la fois les malversations antidémocratiques que l'europe des banquiers tente de mettre en place avant ces élections afin de pouvoir créer une situation de non retour quant au grand marché transatlantique, mais encore la manière de faire, c'est à dire, tout passer par la commission sans que les députés puissent intervenir. Les solfériniens ont bien appris de leur maîtres en utilisant le vote bloqué. Nous assistons à un déni systématique de la démocratie et ces gens -la voudraient qu'on reste les bras croisés. Il y a une forme de course de vitesse entre les tenants du capital et de leurs bras séculiers et nous, la gauche et les citoyens. La seule vrai peur qu'ils aient est que les peuples se révoltent. Avec leur manière de faire je crois que ce sera bientôt le seul choix qui nous restera : bloquer la machine à produire.

  45. françois dl dit :

    @ phiphi the biker
    L'absence de réaction du monde agricole me fait craindre que les semences leur seront remboursées avec nos impôts pour éviter la grogne (nous aurons moins de services publics et puis voila). Quant aux jardins d'amateurs je ne serai pas étonné qu'ils fassent l'objet d'un impôt spécifique et de contrôles des douanes assez dissuasifs (avec la collaboration active des jaloux) pour que le grand marché récupère les dissidents. Il ne faut pas se faire d'illusions le but est de ne laisser aux gens aucune latitude que celle de consommateur à vie. Les salaires toujours plus bas ne serviront qu'à assurer la subsistance minimum pour nourrir les quelques bras indispensables pour faire tourner la magnifique machine libérale.

  46. @françois, 13h09
    "L'absence de réaction du monde agricole" s'explique par le fait que très rare sont désormais les agriculteurs qui font eux-mêmes leurs semences. Un mouvement va dans ce sens, mouvement ultra-minoritaire, qui tente de sauvegarder non seulement les semences, mais leur extraordinaire diversité, atout indispensable en période de bouleversements climatiques. Chez les jardiniers amateurs, dont je suis, des initiatives marginales nous incitent à faire nos semences, mais c'est plus folklo qu'autre chose. Cependant, ultra marginal, minoritaire ou folklorique, c'est un mouvement qui monte. On commence à trouver, dans les lieux qui sensibilisent les enfants à la nature, des ateliers sur les graines. Aisi se prépare l'avenir. Par contre, pour les paysans des pays pauvres, le problème est immédiat. Eux, non seulement font leurs semences, mais n'ont pas du tout les moyens de les acheter. Et vont se retrouver entièrement dépendants des grainetiers industriels. L'endettement, la perte de la terre, le bidonville, le suicide sont au bout du chemin.

  47. Adrien dit :

    Ce 13 heures laurent Delahousse interviewe Jean D'Ormesson. Très émouvant et tellement réaliste particulièrement sur la question de "l'imposture" en se positionnant du côté de JL Mélenchon. Enfin un philosophe académicien qui ose et reconnaît la justesse de cet homme politique. Attendre demain ou ce soir pour le lien vidéo

  48. denis dit :

    @ olmo
    Tu devrais réécouter un peu mieux, ce n'est pas contre J.L mais contre la finance que J. d'Ormesson a la dent dure. A dimanche tous le monde. Bercy nous voila.

  49. semons la concorde dit :

    Mr d'Ormesson est un aristocrate de salon, sympa certes, mais le mot révolution lui fait peur, comme à beaucoup. Quand on est dans une position sociale et économique enviable, on ne voit pas du tout pourquoi les choses devraient changer. Quand il parle de l'imposture de la politique et de l'économie, il constate seulement. Il ne va pas jusqu'à dire qu'ils faut dénoncer ces impostures et établir des règles du jeu transparentes et démocratiques.

  50. Sas dit :

    Ce dimanche 24 novembre, A.Krivine sur France Culture "Melenchon ne peut plus mettre les pieds en Bretagne..." et de défendre une nouvelle fois la présence du NPA aux côtés "des bonnets rouges" en donnant des raisons bien peut convaincantes. L'extrême gauche aux côtés du MEDEF breton, la confusion est à son comble. Cerise sur le gâteau, le même Krivine appelle à rejoindre le rassemblement du 30 novembre de ces même bonnets rouges, la veille de celle du FdG. Lamentable.


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