20nov 13

Remise à plat, prud’hommes et bonnets rouges

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J'écris ces lignes à Strasbourg. J'y vis le naufrage de l'idéal européen au jour le jour. Cette fois-ci le Parlement vient d'adopter sans amendement, en un vote bloqué, sept années du budget de l'Union ! Sur (presque) tous les bancs, l'indignation était à son comble. Mais cela n'a pas empêché la décision. L'homme qui a fait passer cette manœuvre s'appelle Martin Schultz, ci-devant président du Parlement européen. C'est un social-démocrate allemand. C'est aussi le candidat de tous les socialistes européens au poste de président de la prochaine Commission, qui sera constituée au lendemain des élections européennes ! S'il est élu à ce poste, le verrouillage politique de l'Europe sera achevé. Il s'agira d'un président allemand, dans un système institutionnel dominé par les Allemands et placés sous pilotage politique du gouvernement allemand, lui-même composé d'une coalition avec les socialistes sous la direction de la droite. L'appétit des procédures démocratiques de cet homme est bien montré avec ce qu’il vient de faire, alors même qu'il est pourtant le président du Parlement. On peut toujours rêver du fait qu'il change son comportement. Mais pourquoi le ferait-il ? Il vient d'être désigné comme candidat commun des socialistes sans aucun vote d'aucun des partis qui l’ont désigné ! Seuls les dirigeants se sont entendus entre eux. Et encore, pas tous. Il aura suffi que les Anglais et les Français s'accordent sur une suggestion faite par les Allemands pour que tous les autres, par un effet domino facile à comprendre, aient dit chacun à leur tour qu'ils étaient également d'accord ! Je tiens tout cela de la bouche du cheval ou presque. Et quand la question fut posée au groupe socialiste du Parlement européen, un insolent Italien demanda si, même avec une candidature unique, il ne fallait pas organiser un vote pour connaître le degré d'approbation des députés socialistes. Leur président M. Svoboda décida il n'en était nul besoin du fait qu'il sentait bien l'approbation de ses collègues sans avoir besoin de la vérifier. Tel quel ! Humour : Svoboda en tchèque signifie « liberté ». J'en reste là.

Jean-Marc Ayrault a décidé de « remettre à plat » la fiscalité en France. C'est une très bonne nouvelle pour nous. Le thème de la « révolution fiscale » est donc validé. C'est tout bénéfice pour notre lutte. Je ne fais preuve d'aucune naïveté en prenant au mot Jean-Marc Ayrault. S'il s'agit de collecter par l’impôt demain autrement la même somme qu’avant, la seule question qui reste est : « Qui va payer » ? Cette question est une très bonne question ! Elle résume les enjeux de toute fiscalité. Mais qui peut croire que la répartition de l'effort va se faire par une mutuelle générosité ? Personne, bien sûr ! Les « remises à plat » fiscales sont en réalité une réorganisation du rapport de force entre classes sociales dans le partage de la richesse. C'est bien pourquoi cet exercice est si souvent couplé avec des situations révolutionnaires ! Ayrault croit que nous ne le savons pas. Il est vrai qu’au point d’amnésie où il en est sur lui-même… J’y viens.

Les élections des juges prud’hommes sont supprimées. Les seules ou tous les salariés de toutes les branches et de toutes les tailles d’entreprise votaient à égalité. Et c’était aussi la seule où tous les patrons de toutes les branches, eux aussi à égalité, élisaient leurs représentants. Bref : la seule élection qui donnait une vraie photographie sociale et « politique » du « monde de l’entreprise » et des deux classes sociales qui le composent. La seule qui établissait le même jour, dans la même élection, la véritable représentativité des travailleurs et des patrons. Bien sûr, Michel Sapin, cet immense démocrate, a su trouver l’argument : ça coûte trop cher (cent millions) et trop peu de monde vote ! Avec un tel raisonnement, les élections cantonales ou législatives partielles, pour ne parler que d’elles, devraient être supprimées. L’hypocrisie de Sapin est éclatante. Car avoir refusé d’organiser les bureaux de vote dans les entreprises a fait à la fois exploser les coûts et massivement dissuadé les électeurs salariés. Mais quel est le sens de cette décision. Par exemple, où est l’économie à réaliser qui sert de prétexte à la suppression si, comme le dit le ministre, la somme est distribuée aux syndicats représentatifs ?

Va te faire « remettre à plat », bonhomme !

Dans Les Echos de mardi 19 novembre, Ayrault vient de faire un spectaculaire tête-à-queue politique en annonçant une "remise à plat de notre système fiscal" à partir de 2015. On se souvient pourtant de Jérôme Cahuzac affirmant dans son débat face à moi en janvier 2013 sur France 2 que "la réforme fiscale ? Elle est faite". Plus récemment, le président de la République lui-même avait jugé que "le temps est venu de faire une pause fiscale". C'était dans Le Monde le 30 août dernier. Quelques jours plus tard, dans le journal Metro du 17 septembre, au prix d'un premier couac, Jean-Marc Ayrault reportait la "pause fiscale" à 2015 mais au moins en gardait-il l'idée. Et le 5 novembre dernier, le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici confirmait sur BFMTV : "il n'y a pas aujourd'hui de volonté de bouleverser le système" fiscal. Mais n’avait-il pas bien précisé : « aujourd’hui ».

Quelle mouche a donc piqué le Premier ministre pour que la "pause" disparaisse au profit de l’annonce d'une vibrante "remise à plat" générale ? Un facétieux camarade proposait de remettre les événements dans l'ordre pour trouver une explication : le 8 novembre, sur RTL, j'appelle une marche pour la révolution fiscale. Le 10 novembre, le président du groupe EELV au Sénat Jean-Vincent Placé considère que "la hausse de TVA va peut-être être la goutte de trop". Le 12 novembre, tout le Front de Gauche faisait sien l'appel à la marche du 1er décembre. Le même jour, le responsable socialiste François Kalfon appelait à "renoncer à la hausse du taux intermédiaire de TVA". Le 13 novembre, la CGT par la voie de Thierry le Paon sur RTL demande elle aussi une "grande réforme fiscale". Le 15 novembre, c'est Laurent Berger, le secrétaire générale de la CFDT qui sur BFMTV demande à son tour une "grande réforme fiscale" et Solidaires se dit "pour une vraie révolution fiscale". Le 16 novembre, Force ouvrière explique que la réforme fiscale est "une priorité". On le voit, comme contre Valls en août, nous avons été de nouveau les « éclaireurs-déclencheurs » que nous voulons être ! En dix jours, nous avons forcé le Premier ministre à envoyer sa "pause fiscale" au tapis au profit d'une "remise à plat".

Pour autant, soyons lucides. L'annonce sent le bricolage. Le Premier ministre annonce cette initiative fiscale le matin du jour où l'Assemblée devait se prononcer en première lecture sur le budget 2014. Pourquoi n'y a-t-il pas pensé plus tôt ? Le pauvre Ayrault s'est d'ailleurs pris les pieds dans le tapis. A l'Assemblée, mardi après-midi, il a annoncé que "Le gouvernement fera ses propositions, et avant l'été 2015, il y aura une première étape qui s'inscrira dans la loi de finances 2015 et qui tracera la perspective de cette réforme ambitieuse". Les connaisseurs ont bien ri. Car la loi de finances pour 2015 sera élaborée à l'été 2014 et non à l'été 2015. Ayrault ne sait donc déjà plus pour quand est prévue sa "remise à plat" fiscale. L'AFP nous apprend que "son entourage, a précisé que quand il parlait de "l'été 2015", M. Ayrault voulait en réalité dire l'"été 2014 ». Et quand il a dit l’été, il s’agissait bien de la saison et pas du participe passé du verbe « être » ?

On comprend que Jean Marc Ayrault s'emmêle dans les dates. La "réforme fiscale" devait déjà avoir lieu, "dans le cadre d'une loi de finance rectificative", lors de la session extraordinaire du Parlement entre le 3 juillet et le 2 août 2012, selon L'agenda du changement publié par François Hollande dans sa campagne présidentielle. Vous aviez oublié ce fameux « agenda » ? C'est à Laurent Fabius pourtant que vous le deviez ! Un terrible document à charge pour qui veut faire le bilan des dix-huit premiers mois de la glorieuse présidence de François Hollande. Cette "grande réforme fiscale" devrait donc être bouclée depuis plus d'un an. Bien sûr, elle attend toujours. La "modulation de l’impôt sur les sociétés au bénéfice des PME et des entreprises qui réinvestissent leurs bénéfices" que promettait Hollande n'a jamais vu le jour. Pas plus que la "taxation des revenus du capital comme ceux du travail" puisque les dividendes et plus-values continuent de bénéficier d'avantages fiscaux par rapport aux salaires. Dans son projet présidentiel, François Hollande avait aussi fait d'autres promesses qui sont passées aux oubliettes. Ainsi, il affirmait "Je reviendrai sur les allégements de l’impôt sur la fortune institués en 2011 par la droite". Or il n’a pas rétabli tout le barème. Les fortunes entre 800 000 et 1,3 millions d’euros sont toujours exonérées comme l’avait décidé Sarkozy. Et en matière de lutte contre la fraude fiscale ? Hollande devait déclarer "interdiction aux banques françaises d'exercer dans les paradis fiscaux". Il s'est piteusement contenté de demander aux banques de déclarer la liste des établissements dans les paradis fiscaux qu'elles fréquentaient. Quelle audace !

Quant à la TVA, la "réforme fiscale" de Hollande est devenue un véritable "reniement fiscal". En janvier 2012 dans la campagne présidentielle, François Hollande affirmait que "la hausse de la TVA [décidée par Sarkozy] est injuste, inopportune, improvisée et infondée". Le PS diffusait à l'époque un tract qui affirmait en gros caractères "Non à la TVA Sarkozy" parlant d'"une injustice supplémentaire qui va toucher le pouvoir d'achat de tous les français" et d'une "faute économique qui affaiblira la consommation et nuira donc à la croissance et à l'emploi". Le tract finissait par cet engagement : "François Hollande annulera la hausse de la TVA". Au lieu de cela, François Hollande a confirmé la hausse de la TVA pour financer un cadeau de 20 milliards aux actionnaires. Il a même prévu d'augmenter plus fortement que Sarkozy le taux intermédiaire, qui frappe les transports en commun, les travaux de rénovation du logement, le ramassage des ordures ménagères, les maisons de retraite…

Nous avons raison de ne pas avoir confiance ! Et si nous avions confiance, nous continuerions pourtant comme nous le faisons à mobiliser pour la manifestation du 1er décembre. Car la fiscalité décrit un rapport de force à propos du partage des richesses, et nous n'avons aucune raison de croire que les puissants et les importants aient l'intention de se sacrifier avec le sourire. Il faudra leur imposer ce changement-là davantage que n'importe quel autre. Pour l'heure, Ayrault n'a cédé que dans les mots. Sur le fond, il s'entête. Il annonce même que la "remise à plat" fiscale ne touchera pas aux objectifs de l'impôt. Pour Ayrault, il s'agit toujours de rembourser la dette encore et toujours. Et rien d’autre. Il a d'ailleurs confirmé au passage que la politique d'austérité des solfériniens s'appliquerait jusqu'à la fin du quinquennat Hollande : "Nous avons aussi besoin d'un véritable débat sur le niveau de la dépense publique, qui est élevé aujourd'hui. Nous allons réaliser 15 milliards d'euros d'économies en 2014, mais il faudra continuer au moins au même rythme en 2015, en 2016, en 2017".

Surtout Ayrault s'obstine à vouloir faire payer le peuple. Il a été très clair là-dessus dans son interview aux Echos de mardi 19 novembre : "pas question" de revenir sur la hausse de la TVA. La lecture de cet entretien dans le journal les Échos est un exercice assez pénible. Froid et glacial, le Premier ministre cite à tout bout de champ, comme un bon technocrate, les entreprises très souvent, « les ménages » une fois, jamais les salariés ni les familles. Cet entretien affiche une indifférence sociale absolument consternante chez un Premier ministre socialiste. Tout le bruit autour d'une hypothétique "remise à plat" en 2015 vise en réalité à masquer la brutalité de la hausse de TVA au 1er janvier. Nous ne sommes pas dupes. Ayrault dit : vous paierez ! Et les grands patrons empocheront ! Nous répondrons le 1er décembre : "pas question de se laisser tondre » La "remise à plat" doit commencer par l'annulation de la hausse de la TVA !

Prud'homales en moins, pourquoi ?

La nouvelle de la suppression des élections prud'homales a été bien peu commentée. J’ai résumé mon point de vue. Je veux insister sur ce que représente le fait de faire voter tous les salariés le même jour dans le cadre de la vie de leur entreprise. A mes yeux, cette suppression est en réalité une faveur qui perpétue le quasi-monopole de la représentation par le Medef. Voici pourquoi. En 2008, c’était la réforme de la représentativité des syndicats de salariés. Et les syndicats patronaux ? Dans le débat parlementaire un amendement du rapporteur UMP Poisson proposait de prévoir la négociation d'un accord sur leur représentativité. L’amendement fut aussitôt retiré sous pression du gouvernement et du Medef. Bien sûr, François Fillon annonça en 2010 une « réforme de la représentativité patronale ». Mais il n’en fut plus jamais question ensuite. Le Medef est donc représentatif par la grâce de… ? De rien. De lui-même. Du droit divin du patronat de droit divin. Soyons juste : il n’est pas seul dans ce cas même s’il mange la grosse part de la galette.  L'Etat, en effet, reconnaît, en dehors de toute règle légale et de tout critère de représentativité, trois organisations: le Medef, la CGPME, et l’UPA. Ces trois organisations se partagent 700 000 mandats dans les organismes sociaux, sans aucune élection. La représentativité patronale est une zone de non droit.

« Ah, mais, direz-vous, il faut bien que les patrons soient représentés ». Soit. Mais alors qu’ils votent eux aussi et que les votes servent à déterminer la représentativité de chacun ! La démocratie, même entre eux, n’est pas leur fort il est vrai. Sept patrons sur dix ne se sont pas déplacés pour les élections prudhommales de 2008. Mais ceux qui sont allés voter ne sont pas respectés pour autant. Par exemple, l’Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire n’est pas considérée comme un syndicat patronal représentatif. Pourtant elle a obtenu 19% des voix à ces élections prud’homales dans le collège patronal. Cette branche patronale compte 800 000 entreprises et celles-ci emploient 2 millions de salariés. A l’inverse quand des professions entières quittent le Medef, cela ne diminue rien de sa prétendue représentativité. Ainsi après le départ de l’Union des industries alimentaires en 2010 ! A la sortie, les donneurs de leçons patronaux ne sont guère en état de faire les malins. A peine 8% des patrons sont membres d'une des trois organisations patronales « reconnues » !

Dans les faits, le Medef ne représente pas « les entreprises », ni même « le monde de l’entreprise ». C’est seulement l’organisation qui agit pour le compte des très grandes entreprises, des activités de service et de la finance la plus concentrée. Des pans entiers de l'économie ne sont pas représentés par cette organisation patronale. Je viens de citer le départ du Medef de l'Union des industries alimentaires. Avec ses 500 000 salariés, elle était le 5ème contributeur cette organisation. Mais on pourrait aussi noter que l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, qui n’est pas rien dans l’économie de notre pays, n’est pas membre du Medef. La limite de la représentativité du Medef est affirmée par les secteurs du patronat que cette organisation traite de haut. Ainsi, en quittant le Medef, l'industrie agro-alimentaire a justifié sa décision par le manque de visibilité et d'influence face à d'autres branches industrielles puissantes au Medef : automobile, chimie, métallurgie. Elle se sentait mal défendue face à d'autres secteurs patronaux, notamment ceux de la grande distribution. Elle mettait en cause l’insuffisante prise en compte des intérêts des PME, qui représentent pourtant 92 % de l'industrie alimentaire. La CGPME est favorable à une représentation sur la base d'élections. Le Medef ignore la question. La décision de Michel Sapin le met à l’abri pour un bon moment. Bercy patron !

Retour sur les « bonnets rouges »

Je reviens un instant sur la signification de l'existence d'une institution comme les conseils de prud'hommes. En désignant des collèges d’électeurs distincts, en proposant une diversité de choix de candidats différents dans les deux collèges, ce type d'institutions est directement partie prenante de la constitution des classes sociales. Ce processus nous intéresse très directement. En effet si une classe sociale est décrite essentiellement par sa position dans les rapports de production, cette description n’est en quelque sorte qu’une photographie vue d'avion. Les classes sociales se constituent dans la réalité effective, par la perception qu'elles ont d’elles-mêmes. Quand un groupe humain devient conscient de sa situation réelle, la situation réelle est déjà changée. La conscience de soi n'est pas un à-côté surplombant la réalité dans un univers parallèle de fumée conceptuelle ! C'est la réalité devenant consciente d'elle-même. L'analyse matérialiste des rapports sociaux ne peut jamais séparer les données objectives d’une situation des composantes subjectives qui la composent. On connaît le vieil adage syndicaliste : « quelle est la limite à l'exploitation ? ». La réponse est : « la résistance à l'exploitation ». Comment mieux décrire l'articulation entre une situation et les conséquences de la prise de conscience de celle-ci ?

C'est pourquoi j'ai plaidé que le fait de constater, dans les manifestations de Quimper, une forte présence ouvrière, ne suffisait pas à faire de cette démonstration de force autre chose que ce dont se réclamaient les organisateurs patronaux et leurs slogans. Dans ma conception de la lutte sociale, finalement assez classique, les salariés ne sont pas simplement résumés par leur feuille de paye et leur estomac. Ils sont au contraire des êtres de conscience, agissant dans le cadre d'un ensemble de valeurs culturelles et morales, qui peuvent parfois entrer en contradiction avec leur intérêt bien compris et, d'autres fois, donner à celui-ci, au contraire, une force absolument sans proportion avec l'effet déclencheur ! C'est pourquoi je veux revenir sur la question des « bonnets rouges ». Dans l'interview que j'ai donnée au journal « Médiapart », on se souvient que je me trouvais placé quasiment en position défensive par rapport aux questions qui m'étaient posées, compte tenu du préjugé qui dominait alors selon lequel l'essentiel, dans la manifestation de Quimper, aurait été le mouvement et la composition sociale plutôt que les mots d'ordre et les organisateurs. J'ai protesté contre cette vision très « mouvementiste » de la lutte sociale, au profit d'une lecture plus respectueuse de ce que les protagonistes déclaraient mettre réellement en jeu. Il me semble que l'évolution de la situation jusqu'au point où nous voici rendus pour ce 23 novembre breton confirme cette approche.

Je reviens donc sur le cas des fameux « bonnets rouges ». Je le fais parce que lorsque j'ai interpellé le sens de la manifestation de Quimper du début du mois de novembre, on m'avait beaucoup fait reproche des mots que j'avais utilisés comme « nigauds » ! Je n'étais pas dupe du fait qu'une fois de plus, il s'agissait de me diaboliser et de refuser de discuter les arguments que je présentais. Mais comme je savais parfaitement que mes mots fonctionneraient comme des obus, je ne m'en plains pas. Mon but était d'attirer l'attention sur la manifestation de Carhaix que je voulais soutenir, et je crois y être parvenu. Je n'ai donc pas attaché beaucoup d'importance au fait que, par exemple, Maurice Szafran, de « Marianne », m’ait reproché « d'insulter » les Bretons, après que lui-même n'a pas hésité à me traiter de « con » pour titrer un de ses éditoriaux ! Celui-là, et combien d'autres, sont dorénavant bien connus de nous. Et moi, je sais où appuyer pour les faire klaxonner ! Mais, une quinzaine de jours plus tard, le paysage s'est considérablement éclairci.

De tous côtés, les enquêtes réalisées montrent que j'avais raison : chez les bonnets rouges, il n'y a que le bonnet de rouge. Dernière confirmation en date : le syndicat Force Ouvrière du Finistère était le seul syndicat à avoir participé au collectif des "bonnets rouges" et à la manifestation de Quimper le 2 novembre. Depuis, ce syndicat a décidé de quitter le collectif dénonçant son "corporatisme" et son "régionalisme". Nous avions vu cela dès début novembre : les mots d'ordre de la manifestation de Quimper, les organisations qui y appelaient autour de l'UMP, de la FNSEA et du Medef, le soutien des évêques et du Front National, tout cela nous avait mis en alerte. J’ai dit sans détour ce que j’en pensais ! Le Parti de Gauche n’a pas été en reste ! Nous avons bien fait. A cette heure on nous témoigne de la reconnaissance de l’avoir fait « cru et dru ». A présent, les témoignages se multiplient qui confirment la manipulation à laquelle nous avons appelé à ne pas céder. Ainsi, Le Monde du 17 novembre a dressé le portrait de "ces patrons à l'origine des bonnets rouges" comme le titre le journal. Dès le titre, il est donc clair que l'initiative est patronale, comme nous l'affirmions. La manifestation des "bonnets rouges" a été organisée à l'appel d'un collectif nommé "Vivre, décider et travailler en Bretagne". C'est ce collectif que FO a décidé de quitter. Le caractère productiviste et patronal du collectif est limpide, puisque sa cheville ouvrière est le président de la FNSEA du Finistère Thierry Merret. Depuis le début, ce collectif revendique aussi son caractère régionaliste à travers le maire de Carhaix, Christian Troadec. Celui-ci explique au Monde comment ce collectif dont il fait partie a été composé autour d'"un réseau informel de gens qui se connaissent très bien, qui se côtoient très régulièrement, dans les locaux de l'Institut de Locarn ou ailleurs".

Cet Institut de Locarn est le fer de lance du patronat régionaliste. « Le Monde » le présente comme un "think thank régionaliste". Régionaliste n’est pas le bon mot pour le décrire. C’est un haut lieu du communautariste identitaire, ce qui n’est pas pareil. C'est une évidence. Son président, Alain Glon, est même allé jusqu'à écrire le 10 novembre 2012 sur un blog breton que "le problème de la Bretagne c'est la France". Alain Glon a explicitement soutenu le Parti Breton et son candidat dans la campagne législative à Dinan. Mais ce think tank est aussi intimement lié au monde patronal puisqu'il compte, parmi ses principaux membres, de grandes entreprises et le syndicat patronal CGPME. « Les bonnets rouges » ne sont qu'un épisode dans une offensive concertée des patrons identitaires. Celle-ci vient de loin. A l'époque, le 18 juin, il y a maintenant cinq mois, quand on ne parlait pas encore des bonnets rouges, une trentaine de patrons réunis à Ponthivy, dans le Morbihan, créent le "comité de convergences des intérêts bretons" (CCIB). Ce CCIB a ensuite participé à la création du collectif des bonnets rouges. Parmi les initiateurs de l'appel, il y a un homme : Alain Glon. Il est le président de l'Institut de Locarn dont parle Troadec. Au « Monde », il avoue la supercherie des "bonnets rouges" en déclarant clairement "on pilote deux choses : les “bonnets rouges” et un projet pour la Bretagne". Le pilote, c'est donc lui, son institut et ses acolytes du patronat de la grande distribution et de l'agroalimentaire productiviste.

En juin, ces patrons ont lancé un "appel". Cet appel de Pontivy fixe le cadre de ce qui deviendra ensuite le mouvement des bonnets rouges. On y trouve déjà tout ce que nous avons rejeté dans la manifestation de Quimper. Sur la méthode d'abord ! Comment s'étonner ensuite du saccage des portiques Ecotaxe ? Surtout quand Alain Glon explique que "on peut tolérer un peu de violence". Sur le fond, le message est aussi très clair. Le discours anti-Etat et antirépublicain est fortement présent et s'agglomère dans un gloubi-boulga libéral contre «l'hyper centralisme français et le labyrinthe des réglementations». Ils réclament que davantage de pouvoir soit donné aux régions ainsi qu'un "droit à l'expérimentation (…) afin de ne pas avoir à affronter en permanence les excès des systèmes bureaucratiques".

Après le départ de FO de ce comité, ce qui pouvait rester de confusion est dissipé. D'autant qu'après le succès de la manifestation de Carhaix le 2 novembre, les syndicats de salariés ont repris la main et ils ont décidé de la garder. Ils appellent les salariés à manifester dans toutes les préfectures des départements bretons samedi 23 novembre. Sous leurs bannières. Pour l'emploi et les droits des salariés. Loin de l’enfumage et des magouilles du patronat et des identitaires régionalistes. Le 23 novembre, c’est en effet un front syndical large qui prend la main. Ensemble, CFDT, CGT, UNSA, SOLIDAIRES, CFTC, CFE/CGC, FSU s’installent sur une position de classe sans ambiguïté. L’appel intersyndical est précis, bien loin de l’unanimisme qui, sous couvert de Bretagne, voulait aligner en un tout unique patronat et salariés autour des objectifs des premiers. La dénonciation de la responsabilité des patrons, bretons ou pas, est nette et sans bavure ! « Une réponse conjoncturelle ne peut suffire à une crise structurelle, affirme le texte de l’intersyndicale. L’effort collectif qui permettra le soutien au territoire breton ne saurait être engagé sans garanties formelles et transparentes des entreprises, quant à l’utilisation de ces moyens, en termes d’anticipation, d’innovation, et de politique sociale. Il faut en finir avec ces méthodes de gestion de trop d’entreprises irresponsables et arrogantes détournant et gaspillant subventions et force de travail, détruisant impunément le bien public, méprisant la santé des salariés sans aucune volonté de préparer l’avenir. Il en découle pour l’Etat la mission impérative de s’assurer que les employeurs mettent en œuvre leurs obligations et que les droits des salariés soient effectivement respectés. Le contexte nécessite de nouveaux modèles articulant les exigences économiques sociales et environnementales, pour sortir d’une crise dont les salariés ne sont pas responsables. » La conclusion de l’appel intersyndical est on ne peut plus clair ! Et cela aussi bien dans ce qu’il dénonce que dans ce qu’il propose. Voyez plutôt. « Nos organisations sont pleinement solidaires des salariés actuellement victimes des licenciements et partagent leur colère, l’angoisse de leur famille et de leur entourage Pour autant, face aux manœuvres de récupération de cette détresse, nos organisations dénoncent les discours et postures réactionnaires et affirment leur refus de la violence et du vandalisme, de la destruction de biens publics à ce jour impunie. Elles appellent à une expression claire des salariés et agiront pour faire entendre leurs voix dans les groupes de travail, dans la construction du plan breton, sur les lieux de travail. » Je forme le vœu que ces précisions permettent à chacun de mes lecteurs d'apprécier plus solidement les joutes dans lesquels je suis entraîné à intervalles réguliers.


110 commentaires à “Remise à plat, prud’hommes et bonnets rouges”

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  1. 1
    CJ7556 dit:

    Breton, je suis. Et je suis bien d'accord sur votre analyse.

  2. 2
    Mat dit:

    Le soutien à l'Europe s'adresse aux peuples d'Europe. Beaucoup se battent, chacun dans leur pays, et cherchent des alternatives. C'est pourquoi le PG propose M. Tsirpas, leader du parti Grec Syriza, pour diriger la Gauche Européenne.
    Du reste, merci encore à M. Mélenchon pour ce post qui révèle le vide politique actuel qui est à la fois une chance et un danger. Faut-il rappeler encore l'importance de l'éducation populaire, des manifestations, des syndicats et du vote pour rétablir les avancées sociales dans l'Histoire?

  3. 3
    Hélène Lacheret dit:

    Europe indigne de notre rêve ! Sept ans de budget décidés sans discussion possible. Europe qui oublie les tragédies à l'origine de sa naissance et qui se prépare à en organiser d'autres. Ne soyons pas aveugles : nous, peuples européens, nous n'existons dans leur projet totalitaire que comme une gêne. Il (leur) convient de nous réduire au plus petit dénominateur commun, la variable ajustable dans leur course insensée au profit, pour accumuler une monnaie virtuelle qui gonfle comme une tumeur cancéreuse que nous seuls, les peuples, pouvons encore peut-être éradiquer.
    Une petite lueur dans ce combat inégal, les débats qui agitent notre petit voisin, la Suisse. Je nous invite à suivre ces votations de très près. Et, si certaines passent, à leur faire beaucoup de publicité car elles prouveront que c'est possible et que nous avons raison sur le fond. Mais parviendrons-nous à le faire entendre à ceux qui prétendent nous représenter ? Seule notre mobilisation pourrait le permettre. Résistance !

  4. 4
    gege dit:

    Encore une fois un billet d'une grande clairvoyance,merci Jean-Luc ! ce qui montre jusqu'où ces gens du Medef et de la Fnsea sont prêts à enfumer le peuple pour retarder l'échéance tant redoutée qui leur fait peur.Autre scandale des solfériniens concernant les prud'hommes ; ils font ""mieux ""que la droite, encore un cadeau au medef qui depuis longtemps voyait d'un mauvais oeil les décisions de ces tribunaux. Il faut leur faire payer cher toutes ces trahisons qui ressemble à l'intention de préparer à passer la main à la droite comme l'ont fait les Schrôeder et Zapatero une fois leur sale besogne accomplie.Une large participation à la marche du 1er décembre est indispensable et ça vaut la peine de passer ce dimanche à marcher pour notre avenir à tous.

  5. 5
    Nicks dit:

    La parcellisation des résistances est l'objectif des néolibéraux pour mieux imposer leur idéologie. Le régionalisme est pour eux une opportunité de terminer le travail de destruction de notre modèle social en se servant des ambitions de quelques féodaux. Dénoncer et définir ce mouvement des bonnets rouges est donc d'utilité publique.

  6. 6
    Odile dit:

    La République Française est une et indivisible (liberté et égalité et fraternité). Le Front de Gauche se définit ainsi. C'est l'avenir auquel nous aspirons. Tenez vous-le pour dit messieurs les ministres et députés. Réfléchissez bien avant de voter à l'A.N. car vos carrières aussi frisent la précarité ambiante. Ne pensez pas que vous êtes plus malins que ceux qui vous observent et analysent. A bon entendeur ?

  7. 7
    tersa dit:

    Pas de hasard avec ce Schultz, il n'est qu'un échantillon de cette SD qui n'a rien de démocratique, comme ceux qui nous gouvernent en France ! Nous savons la stratégie de la manipulation, base enseignée à l'ENA et nous en voyons l'application dans le baratin journalier depuis que F. Hollande est passé à 14% dans les sondages officiels (la réalité est certainement en-dessous). Les prud'hommes étaient le rêve de cette droite à les détruire : passés sous silence aussi ! Cette marche du 1er décembre passera hors médias, comme tout ce qui concerne les actions citoyennes du peuple. Mais les réseaux sociaux, nos tracts, affiches, sont plus nombreux et plus bruyants que leurs infos anesthésiantes. Ils ne remettrons pas la fiscalité à plat, sauf pour favoriser l'austérité et prendre l'argent dans les familles déjà bien plumées. Rester au pouvoir est l'objectif de ces socialos, mais le peuple les vomit de plus en plus. Ils sont indigestes et seront chassés avant l'heure. L'implosion a commencée chez eux et ils le savent que trop. vive la VIème République !

  8. 8
    Alain Huard dit:

    Dira-t-on encore après ça que le Front de Gauche n'est pas lisible ? C'est clair, net et précis, et je me réjouis de voir que les organisations syndicales de gauche vous donnent unanimement raison. Vous voyez, quelquefois ça paye. C'est très important ce que vous faites. La vague révolutionnaire a besoin d'un appui politique construit et clair.
    J'espère qu'il y aura du monde le 1er décembre. Mais il faudrait que ce monde reste sur place le 2, le 3, … Et ça j'y crois pas. Et je ne sais pas ce qu'il faudrait pour ça.

  9. 9
    Daniel Fleury dit:

    Je pense que le débat sur les bonnets entre nous au FdG ne portait en rien sur cette analyse de la réalité d'un mouvement où la confusion servait des intérêts de classe précis et des lobbys productivistes agricoles, comme de l'industrie alimentaire. Le brouillard se déchirant un peu, il est heureux que se reconstruise sur place une riposte de classe identifiée.Il s'agit donc bien de prendre langue avec elle, et largement....
    La marche du 1er décembre, comme disait un camarade du Pcf hier soir en réunion de comité Front de Gauche, nous est imposée comme responsabilité à assumer à Gauche dans la crise politique et face à la poursuite d'une politique d'austérité offensive contre les plus démunis et la classe moyenne. Mais nous avons un devoir de "réussite" disait-il aussi.J'étais heureux d'entendre un camarade du Pcf prendre autant en compte la crise politique que tu ne cesses de billet en billet de décrire et par là même situer l'alternative et non l'alliance secourable. C'est à mon sens derrière l'appréciation de la crise politique que se cachent nombre de positionnements, y compris électoraux. Je ne cesse de le rappeler moi aussi dans mes billets.

  10. 10
    Jonathan L. dit:

    Je ne commente plus beaucoup vos articles sur ce blog car je le fait désormais surtout sur les réseaux sociaux, mais je continue de les suivre assidûment et ils restent déterminants pour l'orientation que suivent mes décision à court terme, dans l'espérance d'un long-terme vivable et vivant.
    Il me tarde vraiment d'avoir l'occasion d'y travailler enfin concrètement au quotidien, dans le cadre d'un emploi qui émergerai, parmi d'autres, des cendres d'un capitalisme nécrosant la société par son déni de l'entropie et qui porterai l'aspect durable de la pensée écologique, ainsi que l'élan créatif et l'esprit d'aventure humaine animant la jeune génération dont je fait partie.
    Votre tâche, très cher représentant, n'est pas simplement ardue. En réalité, je compatis car même si vous avez sans-doute plus que moi l'occasion d'échanger avec des interlocuteurs en mesure de suivre vos raisonnements fondateurs de notre pensée politique, vous êtes exposé à un environnement hostile qui les piétine sans même les comprendre (alors qu'ils prétendent souvent en avoir découvert une incohérence, sans en percevoir la cohérence)
    Quel plus grand ennemi pour le progrès? Aucun, je pense.
    Alors plus que jamais, merci... merci du fond du coeur d'être ce "régisseur général du PAF", qui, quand il faut, "allume la lumière, et POUF".

  11. 11
    Jean sur dit:

    Le dernier Grand Soir fiscal : les Etats Généraux de 1789. Alors le 1er décembre, tous ensemble de Bercy à la Bastille?

  12. 12
    phiphi the biker dit:

    Bonjour à tous,
    Merci Jean Luc pour ton billet, merci de nous tenir informé.
    Le totalitarisme de l'organisation de l'europe se confirme (si besoin était). Le blocage des budgets pour 7 années par martin Schultz et sa clique montre bien qu'ils se moquent par avance des résultats du prochain vote européen de 2014. Et si un jour prochain la chaîne craque (et inévitablement, elle va craquer, quelque part), ils ont créé la FGE (force de gendarmerie européenne , le pendant de l'organisation US blackwater) pour intervenir et réprimer toute première colère naissante dans les populations). Oseront-ils le faire si la chaîne craque dans beaucoup d'endroits en europe, en même temps ?.
    Vivement la 6 ième république !

  13. 13
    Claude Andrée dit:

    Pour aider nos camarades de province qui ont des petits moyens financiers a pouvoir monter à Paris pour notre marche du 1er décembre, il est possible de faire des dons de solidarité.
    Vous pouvez faire des dons en ligne (dégrèvement d’impôts à hauteur de 66% des sommes engagées avec un plafond annuel de 7500 €) sur : http://www.lepartidegauche.fr/don en spécifiant dans la partie commentaire : “Marche du 1er décembre”.

  14. 14
    Willy du Sud-est asiatique dit:

    On voit bien dans cet article que c'est à toutes les échelles que se déploie l'offensive politique néolibérale: régionale, nationale et européenne. On pourrait ajouter internationale avec la conclusion bientôt de l'accord transatlantique (voyez wikileaks qui a mis en ligne le texte de l'accord secret transpacifique le 13 novembre pour avoir une idée de celui qui nous concernera). Il s'agit de continuer en l'amplification à mettre sous "ajustement structurel" (comme disait le FMI dans les années 80 pour les pays d'Amerique latine) c'est à dire sous " austérité" les peuples du centre de l'économie mondiale après ceux de la périphérie sans autre solution (there is no other alternative, le fameux TINA). Il faut être attentif à comment la politique neoliberale s'articule a ces différentes échelles. il y a bien les tentatives d'alliance de classe que tu décris avec les "bonnets rouges" au niveau régional car c'est moins coûteux (le conflit est alors de plus basse intensité) mais aussi la promotion de l'échelle locale par les tentatives de mise en compétition des régions qui auraient des normes sociales différentes (pour l'instant mise en échec après le piteux référendum alsacien). Quand leurs normes seront corsetées à toutes les échelles d'espace, l'exercice de la démocratie fonctionnera à vide. Le travail fait les gens de Solférino seront crachés comme des noyaux ou trouveront, pour les plus cyniques, un parachute doré comme Blair ou Schroeder.

  15. 15
    carlo dit:

    J'écris ces lignes à Strasbourg. J'y vis le naufrage de l'idéal européen au jour le jour.

    Comment pouvait-il en être autrement alors que, comme l'écrit très justement J. Sapir, "l'euro fut conçu dès le départ pour obliger les pays à entrer dans une concurrence sociale et fiscale sans pitié" ? La construction européenne repose, depuis l'origine, sur un mauvais compromis passé entre les libéraux et les sociaux-démocrates. Que pouvait-il en résulter d'autre que cette Europe socio-libérale que nous avons sous les yeux ?

  16. 16
    semons la concorde dit:

    Pour reprendre une question de vocabulaire du commentaire 14, le terme "néolibéral" ne rend pas compte de la sauvagerie du système économique actuel. Un "nouveau libéralisme" n'est pas forcément plus dur que l'ancien, il pourrait être plus modéré au contraire. Le terme "ultralibéralisme" convient mieux à la situation actuelle, car le système va au-delà de ce qui est raisonnable, de ce qui est supportable. Or tous les systèmes poussés à leur paroxysme portent en eux leur perte. Le communisme totalitaire des Russes ne pouvait que craquer à cause de sa rigidité. Il faut un espace de liberté aux peuples pour permettre la créativité, en économie comme dans le reste. Or ce système qui appauvrit une grande majorité de nos concitoyens coupe les ailes aux projets individuels porteurs d'avenir. J'attends, avec le Front de Gauche que ce système ultralibéral craque. Vive la VIe République, et vite !

  17. 17
    seniorenforme dit:

    Nous avons fait un rêve fou et si tous les seniors, les retraités se donnaient la main afin de se faire entendre ? Le bonnet gris doit être le symbole de la solidarité inter-générationnelle mais aussi l’ébauche d’un mouvement qui ne veut pas laisser les retraités sur le bord de la route. N’oublions pas que les seniors sont les oubliés de la République et qu’ils vont être les seuls à ne pas avoir été entendus par le gouvernement ! Si souffler ses 65 bougies en 2013, ne fait pas de vous un croulant par contre cela fait de vous un pigeon. Rejoignez les bonnets gris pour faire passer nos justes revendications.
    Oui, pour certains, la vie commence à 60 ans, et c’est tant mieux par contre, il faut savoir que les retraités, ces fameux cheveux gris sont fortement impactés par la crise, jugez vous-mêmes. Et le pire, c’est que personne n’en parle, aucune manifestation, aucun mouvement d’humeur, non rien… Alors si ne ne voulons ou ne pouvons pas descendre dans les rues, alors mobilisons nous sur le web et faisons nous enfin entendre. Lisez cela, et vous verrez que la situation des retraités dans notre pays n’est pas su tout enviable : l paupérisation des retraités est inéluctable, et personne ne dit rien ? 10% des retraités sont au dessous du seuil de pauvreté, soit 964 euros ! Qui en parle ? Financer une partie de la maison de retraite de ses parents et consacrer 6% de ses revenus à ses enfants, c’est...

  18. 18
    augustin dit:

    Merci d'alerter sur les prud'homales, nouvelle trahison solferinienne. Encore une fois il s'agit d'entraver toutes les possibilités d'expression des exploités, ceux-la même qui sont les créateurs de toutes les richesses. Le capitalisme se croit désormais assez fort pour nier les libertés "formelles" !

  19. 19
    jcmig dit:

    Merci M. Mélenchon. Moi aussi je suis breton et j'adhère complètement à votre analyse sur les bonnets rouges et la FNSEA de l'ile de France se permet de bloquer la capitale alors que ces agriculteurs "malheureux" gagnent plus de 4000€ par mois, c'est une honte ! En ce qui concerne l'Europe je trouve que la situation est très grave car cela signifie qu'il n'y a plus de démocratie dans cette union et donc que la France n'est plus en démocratie puisque les gens s'autoproclament président de la Commission.
    Dernière chose qui n'est peut-être pas anodine et qui n'a rien avoir avec votre post c'est qu'à une heure de grande écoute dans la série "Fais pas ci, fais pas ça" une comédienne se soit permis de faire cette réplique : " tu ne vas pas nous faire une crise à la Mélenchon" Je vous laisse apprécier. Si même les séries télé vous matraquent !

  20. 20
    durluche dit:

    L'organisation du déplacement vers Paris me semble moins efficace que pour le 5 mai, du moins en Drome/Ardèche mais, si pour une fois les Parisiens et banlieusards qui ont votés pour toi en 2012 se bougeaient en masse, ça ferait déjà pas mal de monde, vous étiez 630 000, alors si seulement 1/6 se bougent, on aura déjà 100 000 personnes sur le pavé. Réveillez vous les Parisiens, c'est chez vous que ça se passe!

  21. 21
    alinber dit:

    Ayrault et sa "mise à plat fiscale", bien médiatisée, sur base de "concertation", fumisterie destinée d'abord à gagner du,temps en essayant de calmer le jeu puis occasion d'apporter encore des preuves de servilité aux "puissants". La véritable action gouvernementale se fait beaucoup plus discrète et concrète avec ce que révèle Jean-Luc sur les Prud'hommes et Martine Orange dans Mediapart "En se cachant derrière la débâcle de Dexia et des emprunts toxiques, le gouvernement vient de faire un formidable cadeau aux banques. Au mépris du principe de rétroactivité, il les amnistie de toutes leurs erreurs sur les prêts."
    [...]

  22. 22
    Vassivière dit:

    Comment, après ces nouvelles renonciations, ces nouvelles trahisons des socialistes, et les analyses si documentées que M. Mélenchon et beaucoup d'autres nous livrent, se trouve-t-il encore dans les rangs du FdG des personnes qui pensent pouvoir "changer les choses" en s'alliant avec les fossoyeurs ? Mais nous en trouverons sans doute encore quelques uns pour nous citer M.N. Linemann ou G. Filoche.

  23. 23
    reneegate dit:

    Ce serait intéressant de manifester le 1er décembre avec les propres tracts du PS. Si le FdG peut obtenir un tel matériel il suffirait de les reproduire à l'identique et avoir une photo datée pour être à l'abri de toute attaque judiciaire.
    Merci au vieux routard de la politique pour l'info sur les prud'hommes.
    Ces sociaux démocrates suppriment tous les recours démocratiques de l'Europe (commission et présidence européennes) en passant par l'assemblée (votes forcés) jusqu'à la représentativité syndicale, ils seront les responsables de toutes les violences qui sans démocratie réelle sont à venir.

  24. 24
    coucies42 dit:

    Hier chez Calvi, le président de l'UPA refuse la main tendue par Jean-Luc. En tant que femme d'artisan je trouve cela honteux. Mr ne veut pas être "politisé", mais a t-il demandé l'avis des artisans ? Que va t-il faire lorsque la TVA va
    augmenter ? J'espère que les présidents de CAPEB ne vont pas le suivre et que des actions vont être menées. Pour ma part je vais essayer de voir avec les collègues si des actions peuvent être mises en place.

  25. 25
    naif dit:

    @JL Mélenchon
    "Le 23 novembre, c’est en effet un front syndical large qui prend la main. Ensemble, CFDT, CGT, UNSA, SOLIDAIRES, CFTC, CFE/CGC, FSU s’installent sur une position de classe sans ambiguïté."

    Sans FO. Quant à la CFDT, pour ne citer qu'elle, ses propositions en terme de fiscalité ne sont pas sur les positions de classe que nous réclamons. L.Berger a déclaré sur BFM: "Le rôle des syndicats c’est de relayer les problèmes de ce pays et d’apporter les solutions, pas de se mêler au populisme ambiant en disant que tout va mal". . Même s'il visait les "Bonnets rouges" pour la mise au point de la lunette, la manifestation du 1er décembre était dans son viseur et le doigt sur la gâchette. Toujours l'amalgame des extrêmes.
    Concernant la suppression des élections prud'homales, c'est bien la fin annoncée de cette institution juridique du travail. Confirmant la fabuleuse cohérence de ce gouvernement. Ce n'est pas de l'amateurisme. Ils ont bien un cap, une logique, un but à atteindre. Le MES en 2012, le TSCG, la règle d'or, l'ANI, les prud'hommes, les budgets 2013 et 2014 d'austérité, le crédit d'impôt de 20 milliards aux entreprises ("plus avantageux pour les patrons qu'une baisse de charge sociale", dixit la député PS Karine Berger ce matin sur FI), la réforme des retraites, la réforme fiscale des valeurs locatives qui va faire exploser les impôts locaux, la réforme des collectivités territoriales...

  26. 26
    FDG69 dit:

    Cette manière de mener l'Europe sous dictature économique des allemands me dégoute au plus haut point. J'ai rallié depuis longtemps ceux qui à gauche demande de bazarder ce "bouzin" européen qui enfonce les peuples et enrichi les capitalistes. Je suis contre l'euro et l'Europe. Tant que nous resterons dans ce système nous aurons des politiques imposées et elles seront surement pas de gauche. Si les socialistes ont tourner leur casquettes à droite toute, c'est pas pour rien, et c'est sûrement pour marcher dans les pas de cette dictature Merkel. J'invite maintenant le FdG à s'interroger sur le sens de cette Europe immodifiable, et surtout dangereuse car interventionniste sur nos politiques sociales, publiques. Si le FdG fait l'économie de ce débat, je refonderai mon soutien.

  27. 27
    lemetayerv dit:

    @seniorenforme
    Les retraités sont des citoyens, il me semble. Pourquoi vous séparer du reste de la société. Vous avez le droit de descendre dans la rue lors de grands mouvements populaires comme le reste de la société. Il faut pour cela arrêter de se mettre des limites de case. En effet, nous sommes élevés par la république et ce depuis l'enfance pour nous inculquer que nous serions tous divisible (femme, homme, enfant, émigrer, minorité visible (pour ne pas dire par couleur) puis vient la sélection par la profession : boulanger, prof, infirmière... qui ont des unités de valeur. Cela est mis au point afin de nous cantonner à rester à notre place et ainsi ne pas être solidaires les uns des autres en effectuant une hiérarchie entre nous qui nous divise. Cela nous choque lorsque l'on regarde l'Inde avec ses castes car elles sont définie crument alors que les nôtre le sont de façon hypocrite. Mais elles fonctionnent de la même façon, pourquoi les manifs ou protestations se font par secteur d'activité, il faudrait se poser la question et ne plus l'accepter déjà dans les faits. Comment ? Descendre dans la rue dès qu'on en à l'occasion, si on le peut, pour défendre les autres même s'ils ne font pas partie de notre catégorie (humaine ou professionnelle). Le 5 mai, le 1er décembre, c'est en cela que c'est intéressant et fort, c'est que ça parle à tous les pans de la société et la nature des citoyens (femme, enfant, homme, jeune, sénior et profession).

  28. 28
    jean sur dit:

    A propos de la fusion impôt sur le revenu-CSG:
    UMP: Philippe Marini (sénateur UMP) : " Mon idée est d'emboîter la CSG et l'impôt sur le revenu pour en faire un seul et même impôt, avec une part forfaitaire à la base et au-delà une progressivité" (les Echos 22 juin 2006)
    FN : programme présidentiel de Marine Le Pen : "Question fiscalité, le FN dit s'être inspiré des travaux de l'économiste proche du PS, Thomas Piketty, et prône la fusion de l'impôt sur le revenu et la CSG" (20 Minutes 8 avril 2011)
    Quand une proposition est avancée par l'UMP et le FN, attention, arnaque !

  29. 29
    reneegate dit:

    @FdG69 je ne peux que m'associer à votre exigence.
    Nous devons être dans l'opposition à cette gouvernance libérale agressive autant en Europe qu'en France. La simple évocation de JL Mélenchon à Matignon me fait trembler de rage. Il faut tous les pouvoirs pour combattre cette oligarchie et Hollande n'est malheureusement pas un capitaine de pédalo. Son secretaire général adjoint est associé gérant de la banque Rothschild, comme le précédent sous Sarkozy (F.Pérol). Hollande est tout à fait conscient de ce qu'il fait et son "image guignol" le ravit tous les jours ainsi que tous ceux qui l'ont mis au pouvoir. Nous avons à faire à la fine fleur du capitalisme néo-libéral et ils ont tous les pouvoirs en France, en Europe. Nos frères sud américains sont notre baume au coeur quotidien.

  30. 30
    françois dl dit:

    Sur Géopolis un article intéressant

    « Mélenchon en rêvait, les Suisses vont-ils le faire ? Les citoyens helvétiques sont appelés à voter le 24 novembre 2013 sur un texte proposant que, dans une entreprise, la rémunération la plus haute ne puisse pas être plus de douze fois supérieures au salaire le plus bas.
    En France, un tel texte instituerait un salaire maximum équivalent à 12 fois le smic, soit 17.160 euros environ. Mélenchon demandait un plafonnement des salaires à 20 fois le salaire médian. Mais ce texte de référendum d’initiative populaire, appelé «1:12» n’a pas été déposé en France mais dans la très prospère Suisse. »
    «Le salaire le plus élevé versé par une entreprise ne peut être plus de douze fois supérieur au salaire le plus bas versé par la même entreprise. Par salaire, on entend la somme des prestations en espèces et en nature (argent et valeur des prestations en nature ou en services) versées en relation avec une activité lucrative», dit notamment le texte soumis aux citoyens, par les jeunes socialistes

  31. 31
    Sébastien Boscari dit:

    Suppression des élections prud'homales : encore une preuve que l'ennemi de la démocratie est bien le libéralisme. Ensemble luttons contre la dictature des "puissants".

  32. 32
    Adrien78 dit:

    @jcmig
    C'est un point de détail, mais je ne peux laisser critiquer impunément une très bonne et drôle série française, politiquement, même si discrètement, engagée et qui à plusieurs reprises a fait référence à Mélenchon en clins d'oeil très sympathiques. "Fais pas ci, fais pas ça", à voir dans le presque désert quotidien américanophile du triste PAF UMP/PS.

  33. 33
    durluche dit:

    @ webmaster
    @jcmig 19 fait une fausse citation à propos d'un épisode de "Fais pas ci, fais pas ça", la réplique ne parle pas de crise à la Mélenchon mais "d'envolée lyrique à la Mélenchon" et franchement, il faut être tordu pour y voir une attaque. Au contraire dans cette épisode, des ouvriers sont obligés de faire un coup d'éclat pour faire respecter leurs droits, bref, t'as plus qu'à supprimer ce passage du commentaire de jcmig et celui ci avec.
    Au passage, je crois bien avoir lu que Nadine Morano s'en prend à cette sitcom qui est plutôt drôle et réconcilie deux familles, une réac de droite catho et une de bobos de gauche autour de valeurs commune d'humanité, c'est caricatural comme le veut le style mais pas si bête.

  34. 34
    jean ai marre dit:

    " Quelle mouche a donc piqué le Premier ministre pour que la "pause" disparaisse au profit de l’annonce d'une vibrante "remise à plat" générale ?"

    Parce qu'il veut reprendre la main. Valls lui fait de l'ombre, les municipales arrivent. Hollande ne peut pas modifier son gouvernement. Que faire ? Mais de l'enfumage. Hollande ne peut plus bouger, par habilité il va essayer de présenter son immobilisme comme un mouvement. Il se trouve prisonnier de l'opinion publique qui en tant que tribunal moral le place dans une situation difficile. Il lui faut vendre de l'immobilisme ! Faire croire qu'ils agissent sans dire comment. Ils veulent nous prendre pour des c... La marche du 1er décembre va pousser le président à essayer de dénouer le noeud qui le serre. S'il lâche sur la pression fiscale, il peut se sortir de de la situation d'échec, mais pour le mettre mat il va falloir encore plus de pression. C'est à cette seule condition qu'une esquisse de gouvernance à gauche peut s'effectuer.

    [Edit webmestre : Vous avez déjà posté ce commentaire, presque à l'identique, le 18/11 à 18h25, puis le 19/11 à 17h20. Vous avez peur de ne pas être lu ?]

  35. 35
    DIENG dit:

    Il est clair qu'en dehors même de la France que les questions sur comment réformer la fiscalité ? Comment diminuer le TVA ? ne passent pas à pertes d’écoutes. Je ne suis pas Français et je n'ai jamais vécu en France mais la politique de Ayrault est du reste un jeu de tâtonnement. Je le vois comme un homme à la tête d'un gouvernement dont tous les membres se contredisent pour se faire une image. Jusqu'à ou ils sont prêts à aller pour continuer de faire croire aux Français que "l'impossible n'est pas français". La vérité est que que cette "grande réforme fiscale" ne verra pas le jour tant que le gouvernement de Hollande ne mettra pas une volonté politique et un jeu sur les dépenses structurelles, de reconnaitre que le poids de la dette publique est tel qu'il est impossible de le payer. Espérer de pouvoir le diminuer ne fera qu'empirer la situation actuelle. Un remaniement s'impose, une nouvelle politique économique s'impose aussi.

  36. 36
    tchoo dit:

    Suppression des élections prud'homales : que disent les syndicats ? Qui proteste ?

  37. 37
    avantipopolo dit:

    Tant que les syndicats se battent pour négocier des primes de licenciement correctes, ils ne se battent pas pour garder l'outil de travail, et quand celui-ci est en voie de disparition, ce n'est pas vers les prud'hommes que se tournent les salariés...

  38. 38
    Elsa dit:

    Bonjour à tous,
    Je m'inquiète un peu de voir que des gens ont prévus de manifester le 1er décembre avec comme mot d'ordre "mobilisation contre Hollande", qu'ils se revendiquent apolitiques, mais surtout se plaignent que Jean-Luc Mélenchon récupère ce mouvement, et s'opposent avec virulence à la présence de partis ou de syndicats. Si l'ouverture de la discussion à tous les citoyens est souhaitable, je crains les incidents, avec la présence de gens d'extrême-droite dans le cortège. (De même que le recul sur les idées, si les gens ne s'arrête qu'à un ras-le-bol fiscal).
    C'est JL Mélenchon lui-même qui a initialisé ce mouvement, rapidement suivi par l'ensemble du Front de gauche. Il me semble important que ce point soit systématiquement rappelé (avec dates pour élément de preuve) dans chaque appel à la manif. Connaissiez-vous ce malentendu ? Quelle est son ampleur ?

  39. 39
    avantipopolo dit:

    De mon temps, quand on manifestait dans un climat tendu, il y avait un service d'ordre qui encadrait, avec beaucoup de visibilité: brassards, dossards, et appel à rester sur la chaussée, pour ne pas s'approcher des vitrines et ne pas être pris pour des casseurs. Maintenant, cette dernière précaution aurait le mérite de rendre casseurs et autres trouble-fête très repérables. Un cordon de sécurité en tête et en queue de cortège et un cordon sur les côtés du défilé, avec liaison permanente par téléphone, c'est possible. Et penser à prévenir la préfecture de rumeurs d'immiscion d'indésirables, c'est possible aussi.

  40. 40
    chris dit:

    @26 FdG69
    Je suis tout à fait d'accord avec çà. Toutes les luttes me semblent inutiles si ce cadre européen ultralibéral est conservé. Quand on voit comment s'organise le matage quasi-militaire de toute rébellion potentielle contre cette Europe dont nous ne voulons pas, il y a de quoi frémir. La démocratie est en jeu. Sans démocratie, nous ne pourrons même plus exprimer nos combats sociaux.
    En Grèce, un délit d'opinion anti européen est inscrit dans la loi, avec un délit de 2 ans à la clé. La force paramilitaire Eurogendfor. Je me demande même si le vote européen, s'il s'avérait défavorable à cette Europe de m..., eh bien, je me demande s'ils ne s'arrangeraient pas pour l'invalider. En trouvant d'autres moyens. Le vote contre en 2005 a bien été re-packagé en vote pour par les parlementaires de droite.
    Le CNR en son temps en 42-43 avait élaboré un programme politique de progrès "Les jours heureux" instituant le cadre social français que nous connaissons et qui est en danger. Mais son 1er but fut de rassembler les forces vives pour mettre dehors l'envahisseur allemand, préalable obligatoire pour pouvoir appliquer le programme politique. J'y vois comme une analogie qui peut faire frémir, mais qui nous donne un ordre des choses toujours immuable.

  41. 41
    sylvie974 dit:

    @ Elsa
    Moi aussi ce mouvement soit disant apolitique m'inquiète. Je vis à la Réunion et j'ai lu ce même appel à manifester le 1er décembre sur zinfo 974 journal en ligne du coin.
    Par contre rien sur le mouvement initié par Jean-Luc. Ce qui ne m'étonne aucunement de la part des journaux de la Réunion. Pour moi, ce mouvement "apolitique" ne sent pas bon et apparaît comme une tentative pour faire perdre la visibilité du Front de gauche.

  42. 42
    antonio g dit:

    Dans la perspective d'une transformation profonde de l'actuel système fiscal, il faut se garder de "solutions" qui paraissent simples et de bon sens. Par exemple la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG mérite réflexion et débat.
    Il s'agit de deux prélèvements de nature totalement différente, d'un coté un impôt parmi d'autres qui alimente le budget de l'Etat sans affectation particulière, de l'autre une contribution qui alimente le budget de la Sécurité sociale, donc une recette avec indication d'utilisation fléchée. L'assiette et le mode de calcul de la base imposable sont totalement différents : l'IR est calculé sur la base des revenus perçus par un foyer fiscal, la CSG vise chaque individu sans référence à sa situation familiale. Fusionner les deux reviendrait à globaliser les recettes et donc ouvrir la possibilité de faire glisser des recettes normalement affectées à la protection sociale vers le budget de l'Etat.
    Enfin quid du prélèvement "à la source" tant vanté ? Ne serait-ce pas un dessaisissement de l'Etat de sa fonction régalienne de prélèvement de l'impôt au profit des employeurs ? Les montants énormes de fraude à la TVA proviennent pour partie des prélèvements opérés par les entreprises et non reversés à l'Etat, n'en serait-il pas de même pour l'impôt fusionné IR/CSG ?
    Ultime question : la déclaration d'impôt et son paiement sont des actes citoyens majeurs à forte teneur symbolique, pratique qui disparaitrait avec le prélèvement à la source.

  43. 43
    Suticos dit:

    Merci Jean-Luc d'évoquer la suppression des élections prud'homales.
    C'est gravissime et personne n'en parle. Non seulement c'est un nouveau déni de démocratie mais, dans le prolongement de l'ANI de régression sociale, cette décision vise encore une fois le droit du travail. Elle vise à la perte de légitimité et donc à l'affaiblissement de la juridiction du travail, dernier recours des salariés qui ont tout perdu, dernier et seul lieu permettant la condamnation des licenciements illégitimes. Ce n'est évidemment pas qu'une question d'économie pour le gouvernement, c'est la poursuite de son invraisemblable trahison !

  44. 44
    Poncet dit:

    "Car la fiscalité décrit un rapport de force à propos du partage des richesses, et nous n'avons aucune raison de croire que les puissants et les importants aient l'intention de se sacrifier avec le sourire. "

    C'est vrai, mais j'ai envie d'ajouter : beaucoup de lois décrivent un rapport de force à propos du partage des richesses. Ainsi du "droit d'accession", articles 551 et suivants du Code civil, qui n'exprime rien d'autre que le droit, non naturel, d'accaparer le fruit du travail d'autrui au seul motif de la propriété des outils. Celui là sera encore plus difficile à remettre en cause que le Code des impôts...

  45. 45
    Michel Matain dit:

    @ Elsa
    Et ce qui ne simplifie rien : l'ensemble des mouvements anti-racistes (MRAP Ligue des Droits de l'Homme...) appellent à manifester partout en France le 30 novembre et d'autres (surtout des socialistes si j'ai bien compris) appellent à une manifestation républicaine le 8 décembre.

  46. 46
    Jean dit:

    Milles Merci Mr Mélenchon de votre implication permanente à nous alerter sur tous les abus de ce gouvernement.
    Je rêve d'une révolution citoyenne sans recours a la violence qui est de loin préférable a toutes autres actions, néanmoins le gouvernement agi, lui, de manière violente sans se soucier des dommages que subit la majorité du peuple. Nous ne vivons plus depuis bien longtemps en démocratie. Nos droits s'envolent dans un feu de joie où seul 1% de la population bénéficie de tous les avantages. Les autres et bien, qu'ils crèvent et leurs gosses avec. D'ailleurs il n'y a qu'a voir comment on nous empoisonnent avec les OGM, les pesticides et autres grivoiseries signées Monsanto, et tous les autres produits à la consommation dont le soit disant label garanti sa fiabilité. Comment sont réprimés les manifestants par des Robocops surarmés. Encore combien de temps devront nous supporter d’être traité comme du bétail qu'on mène à l'abattoir ? Nous laisseront ils faire pacifiquement notre révolution ? Je ne le crois pas une seconde !
    Hollande alloue une alliance et un soutien indéfectible envers Israël qui défigure la Palestine mais il n'alloue pas dans le même temps son alliance indéfectible envers son peuple qui se tors de douleur et le réprimande toujours plus fort.
    Préparons nos forces camarades! ne nous laissons pas surprendre. L'heure approche qui nous laissera nu comme des vers face a ces monstres psychopathes.

  47. 47
    thery dit:

    Merci pour ce billet édifiant. La démocratie socialiste au parlement européen si ça continue demain nous seront en dictature, si ce n'est déjà fait ? En attendant Ayrault ou pas, mes potes et moi nous serons a Paris le 1er décembre. Jean-Luc, merci pour ce formidable travail que tu fais cela nous permet de ne pas tomber dans la déprime et la lassitude !

  48. 48
    jpp2coutras dit:

    Merci à vous Jean-Luc Mélenchon de lancer ces alertes qui sont malheureusement notre réalité concrète. Ne pas les dénoncer nous font ou complices ou aveugles. (ou nigauds...)
    La "remise à plat" d'Ayraut, on peut d'ors et déjà parier qu'elle "tombe à plat" et à zéro comme le reste de la série "mon ennemi c'est la finance" qui tourne toujours à "fais pas ci, fait pas ça" made in Medef. Nous sommes bel et bien entrés dans l'extrême-libéralisme avec Soclibérale et droites anonnant sur leurs pédalos de guerre qu'ils voudraient bien armer en galères populo-tractées.
    Slogan pour le 1er décembre "Enfumer tue / Nous trahir pue !"
    Quant à Sapin et ses aiguilles comment sera-t-il à noël ? C'était sans doute son tour de planter la banderille médias pour la bataille de buzz rituelle chez les PSeudos (in motion). Du vent! Place aux peuples! Besoin d'air frais.

  49. 49
    GMM dit:

    Il faut réellement et rapidement poser les bonnes questions et apporter les bonnes réponses sur l'Europe. Cela ne peut pas durer, cela permet aux politiques d'esquiver leurs responsabilités devant le peuple. Commencer par lui signifier que nous la France, n'obéiront pas a une assemblée anti démocratique méprisant nos avis (referendum 2005) que nous ferons tout pour la réformer en redonnant la parole aux peuples et enfin qu'ils sont libre de nous exclure en assumant toutes les conséquences que cela aurait.

  50. 50
    Titoune dit:

    A présent chaque jour le Front de gauche est cité pour ses positions intelligentes anti libérales, il en faut du temps mais voilà tout arrive, quand à Ayrault ma foi c'est vrai qu'il faut être prudent je vous fais confiance pour ne pas baisser la garde, le climat actuel est nauséabond, difficile de sortir sans rencontrer des braves gens taper sans vergognes sur les arabes, c'est insupportable, il faut dire que dans le sud est c'est pratiquement culturel, mais cela s'aggrave, nous aurions bien besoin de vous du côté d'Avignon, Montélimar ou d'ailleurs se sont rassemblés ce soir des camarades contre la visite de Marion Maréchal. Nous ne sommes pas nombreux mais incroyablement actifs ce qui nous a permis de faire des scores plus important qu'au national lors des dernières élections. Nous tentons une liste autonome dans une petite ville de 8 000 âmes, oui c'est gonflé, mais notre Front tient a montrer sa présence et surtout sa différence, et comme cela s'est fait dans un petit village du Vaucluse de 4000 habitants nous aimerions proposer une mutuelle communale c'est une idée a reprendre a étendre à tous les "programmes FdG" c'est possible il faut juste se pencher sur le sujet, soyons audacieux, allons toujours plus loin, puisque c'est certain le Front de Gauche a raison et vous y êtes pour beaucoup bien sur ! Les autres suivrons.

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