24juil 13

Du chaud et du froid, des hauts et du bas

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Pour la deuxième fois on tue l'un des nôtres en Tunisie

Déclaration de Jean-Luc Mélenchon le 25 Juillet 2013

Pour la deuxième fois c'est l'un des nôtres qu'on assassine en Tunisie.

Mohamed Brahmi a reçu 11 balles dans le corps. Le meurtre politique est avéré son intention terrorisante absolument évidente ! Mohamed Brahmi et les tunisiens du Front populaire sont les empêcheurs de penser en rond dans la comédie de l'opposition entre laïques obligatoirement silencieux sur les questions sociales pour ne pas diviser, et islamistes prétendument représentatifs de la religion musulmane des Tunisiens mais qui appellent sans réplique à « rassurer les investisseurs ». Notre camarade Mohamed Brahmi était un laïque, musulman pratiquant, engagé sans concession pour la lutte des droits sociaux et démocratiques des Tunisiens. Sa personne, son combat, son engagement partisan, son action de député, n'entraient pas dans le jeu de rôle prévu. En ce sens il incarnait bien ce que nous sommes là-bas et ici.

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J'étais en hiver lorsque je me trouvais à Lima. Je suis revenu en été en arrivant à Quito. Mais comme c'est ici l'Équateur, selon le lieu où l’on va dans le pays on se trouve tantôt en été tantôt en hiver. Ici les saisons sont aussi des lieux. Et ces lieux sont tantôt fort hauts puisque c’est la montagne andine et d’autrefois aussi bas que possible puisque la côte est là, sur l’océan Pacifique. J'ai par principe un maigre paquetage, mais j'ai trouvé le moyen de faire face aux deux situations, ajoutant cependant à mon maillot de bain une sorte de châle d’alpaca qui m’apporte sitôt que je le mets, en plus des réconforts d’une douce chaleur, les senteurs mièvres d’une bergerie. Mon séjour en Équateur est bien plus intense politiquement que celui au Pérou. Il est vrai que j'avais à faire ici, ce qui n'était pas le cas là-bas. Avec trois conférences en espagnol, un meeting et deux séances de travail sur le forum mondial de la Révolution citoyenne, dois-je parler de vacances studieuses ou d’études vacancières ? L'essentiel de ce post est consacré au contexte des conférences auxquelles j'ai participé ici. J’y ajoute des premières impressions de mon entrée dans le chaudron politique régional avec le meeting de soutien à Evo Moralès qui s’est tenu ce mardi 23 juillet. Le matériel des notes que j’accumule me fait obligation de couper mon récit en plusieurs épisodes. Je laisse donc pour cette fois ci tout ce qui se rapporte à mon immersion dans la discussion sur la cosmogonie des indigènes. Croyez que je ne me suis pas contenté de discussion. J’ai aussi arpenté ici et là le pays, sur les pas de notre compatriote La Condamine. C'est ici une star dans le pays qui lui doit son nom. Je suis allé au point touristique du degré zéro de latitude et j’y ai fait les photos d’usage, à cheval sur la ligne équatoriale. Puis on en vint aux choses sérieuses et on m’amena sur la montagne en face, là où La Condamine avait lui-même positionné ce point. Sur ce mont pelé, on trouve un bloc doré au point de La Condamine et, à quelques mètres de là, le lieu où les indigènes pré-incaïque avaient eux-mêmes situé la chose. Verdict du GPS : les indigènes avaient le bon endroit, pile poil, et La Condamine le rate de peu.

Mais, mieux que tout, j’ai aussi eu l’honneur d’être une des rarissimes personnes qui ait pu se rendre à Malki Machaï, un recoin du pays où l’on pense avoir trouvé la dernière demeure de l’inca Hatahualpa. KJ’ai voulu y aller après avoir lu un article de « Sciences et vie » au retour d’une des sessions à Strasbourg. Encore un de ces détours compliqué de mon existence où tout finit par se tenir dans un récit unique que je m’amuse à croire assez magique. Le prix de cette visite est d'avoir dû faire dix heures de voiture dont un bon paquet sur des pistes défoncées, mais dans un paysage inouï qui entrait spontanément en dialogue avec mes paysages oniriques les mieux ancrés. De tout cela et de bien d’autres choses, point de nouvelles pour cette fois-ci. Notez aussi, si vous avez pour moi des fidélités de lectures cet été, que j’aurais à dire encore bien des choses politiques sur ce séjour ici. En effet, le calendrier de mes interlocuteurs et les circonstances m'ont permis à la fois de franchir l'étape prévue concernant la préparation du forum mondial de la révolution citoyenne mais aussi de participer à un événement politique de grande importance : le sommet des chefs d'État de l'Alba et la tenue du forum des réseaux sociaux des pays membres de cette alliance politique. Du fait de l'agression qu'a représentée l'interdiction de survol d'une partie de l'Europe à l'encontre du président Evo Morales, l'ambiance est assez chaudement politisée. On pardonne moins à la France qu’à d’autres, car on l’aime davantage. Ici François Hollande a ruiné des mois de travail de sa propre administration et des années de prestige français. Je tâche de faire du mieux que je peux pour rappeler qu’il n’est que lui et que nous autres nous sommes là aussi, nous qui sommes la France comme on l’aime ici.

Victor Hugo répondant aux révolutionnaires mexicains après l’invasion française organisée par Napoléon III leur disait « ce n’est pas la France qui vous fait la guerre c’est l’empire, c’est Napoléon le petit ». Ce n’est pas la France qui insulte l’Amérique du sud c’est seulement Solferino et François le petit.

Pour ce qui est de ce blog, rendez-vous dans une semaine.

Les illustrations de ce billet proviennent d'une exposition de photographies à l'Alliance française de Cuenca. Elle sont l'oeuvre du photographe français Mathieu Rousseau.
 
Ces photos et bien d’autres sont présentées à l’Alliance Française de Cuenca en Equateur dans le cadre d’une exposition réalisée avec l’appui de la fondation municipale Bienal de Cuenca. Les danseurs sont Sandra Gomez, Carla Altamirano, Franko et Johnny Cabrera. Cette exposition est le résultat d’un beau et long travail mené avec l’équipe de l’Alliance française. Il a consisté à investir certains lieux de Cuenca pour en exprimer, en situation, « l’esprit ». J’ai décidé de publier quelques clichés repiqués avec l’accord de l’Alliance. Ce qui a été fait par celle-ci, par les danseurs et par le photographe, constitue une œuvre d’art collective d’une incroyable force et constitue désormais une composante importante du patrimoine local.

Déjeuner et meeting présidentiels à Quito

Après avoir visité la merveilleuse Alliance Française à Cuenca où je me trouvais, je musardais le nez au vent sur la place centrale de la vieille ville coloniale. Je voulais revoir la belle bâtisse de l'ancien « club de Paris » où se réunissaient au 19éme siècle les équatoriens attachés à l'esprit des lumières qui, tous, mettaient un point d'honneur à parler français quoiqu'ils n'aient jamais eu l'occasion d'aller en France. C'est alors qu'est arrivée l'invitation du président Rafael Corréa pour le déjeuner avec le président Evo Moralès qui se trouvaient à Quito. Comme la convocation était pour le quart d'heure suivant, on devine quelle aventure ce fut de courir à l'aéroport, de faire le vol puis le trajet de l'aéroport de Quito jusqu'au palais présidentiel avec, pour finir, ce qui va devenir bientôt pour moi une habitude : faire les derniers cent mètres au pas de course ! Si incroyable que cela paraisse,  j'ai pourtant pu largement participer à la fin du repas dans une ambiance comme de ma vie politique je n'en ai connu. Aucune de ces rigidités protocolaires que j'ai accompagnées tant de fois en France comme dans certains pays de l'Amérique du Sud. Tout le contraire ! Une ambiance totalement décontractée, beaucoup de fraternité et d'amitié jusqu'au point où l’on fit resservir pour moi dès que le président comprit que je n'avais pas déjeuné. Je laisse de côté, à cet instant, ce que nous nous sommes dit de politique. Dans ces matières, il faut peser ses mots et la part de ce qui est réellement d’intérêt général. Je me contenterai de mentionner une image qui sans doute me restera longtemps collée à l'esprit, celle du président Rafael Corréa et de son ministre des affaires étrangères enchaînant les chansons populaires traditionnelles, la délégation bolivienne s'associant d'autant plus facilement qu'une bonne partie de ces airs sont ceux du continent tout entier.

Le soir même se tenait un meeting de soutien au président Evo Morales. On devine l'ambiance volcanique et militante de ce moment. Je m'y associais de toutes les façons possibles, à l'unisson avec la poignée de mes compatriotes présents sur place : on cria les mots d'ordre, on chanta les chansons, Bon applaudit chaque fois que nécessaire. Ce moment tint lieu d'expectoration pour la honte que je ressens du fait du traitement indigne infligé à Evo Moralès par mon pays. Le président bolivien parla le premier et il raconta les circonstances dans lesquelles eut lieu l'interdiction de survol du territoire notre pays. Le plan de vol et la liste des passagers jusqu'à l'équipage avait été adressé aux autorités françaises comme c'est l'usage. Mais l'interdiction de survol n'interviendra que quelques instants avant que l'avion bolivien approche de notre frontière, suivie en cascade par les interdictions venant des autres pays de la trajectoire de sortie vers l’Amérique du Sud comme l'Espagne et l'Italie et le Portugal. L'action des Européens était donc parfaitement concertée et clairement hostile puisque rien ne permettait au président bolivien de savoir où, en toute hypothèse, son avion pourrait se poser. Après avoir atterri à Vienne, il y demeura dans l'expectative 14 heures durant ! « Imaginez que nous ayons fait cela au président des États-Unis ou un président quelconque de l'union européenne, dit Evo Moralès, ce serait la guerre aussitôt ou bien des représailles terribles. » Pour lui les pays européens se sont sentis libres de procéder à cette humiliation parce qu'ils ont une mentalité de dominant, qu’ils méprisent les nations de l'Amérique du Sud, leurs dirigeants et en particulier les indigènes. Pour lui, leur vision est restée celle de puissances coloniales.A Aucun des responsables latino-américains que j'ai rencontrés n'accepte les pseudos arguments qui ont été avancés, notamment par le président François Hollande, selon lesquels il se serait agi d'un malentendu ou d'une simple vérification à propos de la présence de Snowden à bord de l'avion.

Rafael Corréa, quand ce fut son tour de parler, résuma leur appréciation sur ce point. « Ils n'avaient aucun droit de vérifier qui se trouvait dans l'avion alors qu'ils disposaient déjà de la liste des passagers et de l’équipage. Et de toute façon cette vérification était impossible car l'avion présidentiel est dans le droit international aussi inviolable qu'une ambassade ! Et si par extraordinaire cette vérification avait eu lieu comment imaginez-vous qu'elle ait pu se passer ? Vous voyez un ambassadeur montant dans l'avion et vérifiant l'identité des passagers ? Personne ne peut imaginer une scène pareille ! » De là Rafael Corréa déduit que l'interdiction de survol n'avait aucun sens pratique et, dès lors, ceux qui l'ont décidé le savaient parfaitement. Pour lui cet épisode est la signature d'une campagne qui visait à criminaliser Snowden plutôt que les responsables de l’espionnage généralisé par les nord-américains qu'il a dénoncé ! Il s'agissait d’humilier pour intimider ceux qui voudraient éventuellement offrir le droit d'asile à Snowden. Or le droit d'asile est un droit humain fondamental reconnu par toutes les déclarations internationales, rappelle Rafael Corréa ! Et le droit de chaque pays de l'accorder librement est également reconnu dans les mêmes conditions. Un seul pays ne Creconnaît rien de tout cela : les États-Unis d'Amérique ! Et de toute façon il reste ceci : si Snowden avait été à bord de l'avion, aucune autorité autre que celle du président Evo Moralès n'aurait été en droit de l'en faire descendre. L'information de la soirée pour moi, ce fut le moment où Rafael Corréa rappela la décision prise par les pays du Mercosur : rappeler tous leurs ambassadeurs en consultation et ne les renvoyer à Paris que lorsque le président Evo Moralès se dirait satisfait des excuses reçues. Un double événement historique. C'est la première fois, en effet, que le Mercosur se donne pour objectif commun une initiative politique. Ensuite, la décision de ne renvoyer les ambassadeurs à Paris que sur la décision de l'un d'entre eux, Evo Moralès, affiche un degré de solidarité dont on ne mesure bien l'importance qu’en constatant qu'il serait tout simplement impossible entre chefs d'État européens ! En y réfléchissant, ce qui m'a le plus frappé à ce sujet, c'est que je n'en avais jamais entendu parler avant ce soir. Rien ne signale mieux l'influence des agences nord-américaines que le silence de nos médias sur l'émotion de l'Amérique du Sud tout entière à propos de cet événement et davantage encore sur ce fait diplomatique majeur que je viens de rapporter. J'ai d'ailleurs bien compris que nous en étions tous au même niveau d'appréciation. Dorénavant dans tous les discours de gauche sous ces latitudes, l'adversaire est cité avec trois noms que l'on énonce à la chaîne : le capital financier, l'empire, le parti des médias. Il n'y a qu'en Europe qu'on ose plus désigner l'ennemi par son nom ! Mais comme d'habitude, nier la réalité ne suffit pas la faire disparaître.

Comprendre, c'est déjà s'aider !

Mon programme prévoyait trois conférences au cours des trois premiers jours de ma présence en Equateur. Une traduction simultanée avait été prévue mais, pour finir, je m'en suis remis à l'indulgence des auditoires et je me suis exprimé en espagnol. Rude exercice ! Cependant, les questions traitées ne passionnent assez pour que j'ai eu le sentiment de pouvoir dépasser les butées de la langue. En premier lieu, Dil s'agissait de faire un point d'information sur la crise en Europe, sur ses origines et sur les différentes étapes de son développement jusqu'à ce jour. Il est essentiel pour nous de faire bien comprendre notre situation. La plupart du temps des interlocuteurs sont stupéfaits. Ce que je leur décris les renvoient aux très mauvais souvenirs des politiques d'ajustement structurel qui ont lamentablement échoué en Amérique du Sud après avoir détruit la plupart des sociétés. Ici ces politiques ont littéralement dévasté le pays en enfonçant une part essentielle de sa population non seulement dans la pauvreté mais de façon considérable dans l’extrême pauvreté. La secousse politique qu’il a fallu infliger au système pour s’en débarrasser a été considérable, transitant, entre autres choses, par l’expulsion en cours de mandat de trois présidents de la République. Mais le mal a été fait et beaucoup venait déjà de bien plus loin. Par conséquent, si puissante et déterminée soit l'action gouvernementale depuis le début des gouvernements de la révolution citoyenne du président Rafael Corréa, le pays n'est toujours pas totalement débarrassé des stigmates de cette extrême pauvreté. Il vaut mieux que nous le sachions pour nous même : on ne répare pas si vite les dégâts humains de la politique libérale. Ici elle perdure surtout dans les régions reculées du pays et dans les lieux inaccessibles comme ceux que j'ai pu voir dans la montagne. Et la montagne ici est partout. Les dizaines de chantiers ouverts de toutes parts et sur tous les fronts ne peuvent donner leurs fruits aussi vite qu’on le voudrait.

EQuoi qu’il en soit mon récit sur l’Europe fait mouche. Nombreux sont ceux qui n'imaginaient même pas que puisse exister et être accepté un système comme celui qui s'applique à nous avec le traité budgétaire. J'avais déjà constaté cette stupéfaction en Argentine et en Uruguay. Ici l’étonnement s'accompagne d'une forme particulière d'indignation. En effet la société équatorienne est en train de construire un État digne de ce nom et toutes les étapes de la révolution citoyenne sont aussi celle d'une bataille acharnée pour l'indépendance et la souveraineté nationale. Ici on sait à quel point ces deux mots désignent en réalité la souveraineté populaire. Dès lors, l'idée que nous soyons obligés de soumettre le budget de nos pays, avant même qu'il soit examiné par les Parlement nationaux, devant la commission européenne, est toujours appris avec le mécontentement que l'on ressent lorsqu'on apprend que des mauvais traitements sont infligés à d'autres. Mais avant tout c’est la stupeur devant l’abaissement de notre pays. « De quoi ont-ils peur », se demande-t-on ? Car personne n’arrive à croire, comme je l’explique, que l’atlantisme est une conviction viscérale du nouveau président français. Tous sont nationalistes et beaucoup le croient socialiste et, du coup, ils comparent son comportement à ce que Rafael Coréa, leur président, a su faire en expulsant le FMI et la Banque mondiale du pays et même l’ambassadrice des Etats unis après la tentative d’assassinat dont il a fait l’objet. Si l’Equateur le peut, si petit et si exposé, comment se fait-il que la France se mette aux ordres ? Nous connaissons la réponse. Eux n’arrivent pas à y croire.

Cependant, la brutalité de l'union européenne est bien connue. Des négociations sont en cours. Ce ne sont pas les premières ! Mais les précédentes ont laissé un goût très amer du fait que l'arrogance absolument incroyable du négociateur européen anglais et des intrigues pour trouver le moyen d'opposer les uns aux autres les pays avec lesquels l’Union discute. Ici l’Union n’est pas le partenaire alternatif aux nord-américains dont tout le monde avait rêvé des deux côtés de l’Atlantique, du temps des illusions.

FLa salle était donc comble pour cette conférence d’information sur la situation européenne. En plus du ministre des relations extérieures, Ricardo Patino, qui intervenait à la tribune, un bon nombre de députés et de responsables politiques et administratifs de tous ordres se sont associés à nous. L'intérêt de tous ces dirigeants, leur goût de comprendre et de savoir, m'ont fait trouver encore plus amère l’indifférence que je rencontre si souvent en Europe à l'égard des expériences progressistes de l'Amérique du Sud. Je crois faire mon travail en faisant comprendre ici ce que nous sommes en train de subir et pourquoi ce qu'ils font, eux ici de leur côté, est si important pour nous en tant que point d'appui et source d'inspiration

Pour ma part je me considère en apprentissage auprès d’eux. Mais je sais bien que l'intérêt que nous leur portons est aussi pour eux un encouragement à agir. Si j'en crois ce que disent mes camarades, le récit argumenté de la déchéance de la social-démocratie en Europe, s’il commence d'abord par assombrir l'horizon, l'éclaire ensuite en faisant prendre à chacun conscience de sa responsabilité dans le moment présent et dans les actes concrets de la révolution citoyenne. De la sorte, ce genre de rencontre et ce travail commun enrichissent les deux côtés. Une autre conséquence mutuelle me semble devoir être soulignée. Dans ce genre de rencontre l'échange ne peut pas bien fonctionner si chacun se contente de voir midi à sa porte et se limite à présenter la situation qu'il affronte à partir des anecdotes qui la révèlent. Reconnaissons que c’est pourtant une tendance assez naturelle. En fait pour que l’échange puisse se faire authentiquement il faut que chacun de son côté fasse l'effort de donner aux événements dont il parle la signification générale qui peut concerner son interlocuteur. Cet effort d'universalisation reçoit ici un accueil particulièrement favorable. Dans le processus de la Révolution citoyenne en Equateur, plusieurs éminentes personnalités se sont donné le temps de la réflexion en même temps que celui de l'action. Ils écrivent, font des conférences, participent à des événements politiques à l'extérieur de leur pays. Je crois que c'est une caractéristique particulière du processus en Equateur. Et nous, de même, il nous faut travailler d’arrache-pied, et advienne que pourra, pour construire un plan et une méthode globale claire. Peut-être que l’après libéralisme n’est pas si loin. Peut-être que l’après Le Pen est plus proche qu’il n’y parait.

Le tribunal arbitral, le triomphe du droit hors norme de l'argent

Dans cet état d’esprit, le lendemain, je me trouvais à Guayaquil. Certes, il s’agissait d’une conférence de nouveau aux côtés du ministre des relations extérieures et de plusieurs experts attachés à la revue « Linéa Sur » qu’édite le ministère des affaires étrangères de ce pays. Mais avant de prendre le chemin de la salle où se tiendraient les discours, j'ai fait mon petit crochet par le cimetière de la ville. J'avais Grendez-vous avec la tombe d'un héros national qui m'intéresse de près. Il s'agit d’Eloyo Alfaro Delgado, un président très particulier du passé de l'Équateur. Cet homme a instauré la séparation de l'église de l'État, le mariage et le divorce civil, l'instruction primaire obligatoire laïque et gratuite. Pour compléter le clin d'œil qu’il nous fait depuis le fond de l'histoire, notons qu'il déclara un moratoire sur la dette nationale jusqu'à ce que les prêteurs abaissent le taux d'intérêt auquel ils condamnaient ce petit pays. Dorénavant le président actuel, Rafael Corréa, se réfère souvent à cette figure historique, parfois davantage qu’à Simon Bolivar. On comprend pourquoi. En marchant dans les allées de ce cimetière, en direction du promontoire où se dressent la statue et la tombe du personnage, je goûtais d'abord ces rayons de soleil que je redécouvrais. Guayaquil est sur la côte. Puis je me laissais aller à la musique du temps profond. Que d'efforts, que de luttes, que de ressacs pour que le fil rouge de l'humanisme continue de traverser l’histoire des peuples. Une histoire pour le reste si banalement dominée par les puissants aveuglés et brutaux de toutes les époques et de toutes les latitudes. Sans oublier leurs larbins et exécuteurs de basses œuvres. Il n'est un seul des combats de ce président Alfaro qu’il  n’aura fallu reprendre ! Pour l'instant, ici, c'est nous qui avons la main. De nouveau on ferme de fausses écoles, bien sûr privées, minables avatars de la commercialisation de l'éducation, et on ouvre des écoles publiques. De nouveaux on donne des bourses aux étudiants pour qu'ils aillent apprendre ailleurs ce ne peut s'apprendre sur place et revenir au pays mettre leur savoir au service de tous. On ferme et on condamne les soi-disant centres de « guérison pour les homosexuels » encouragés dans le passé ! Et comme d'habitude, nous heurtons ici de nouveau le front de boeuf des partis de droite installés dans leurs certitudes inégalitaires, des officines social-libérales et du parti médiatique, brosse à reluire des puissants. En sortant du cimetière je croisais un chat qui se réchauffait tranquillement. Je suis très ami de ces animaux et je n'ai pas oublié de saluer celui-ci. Son regard indifférent me rappela qu’en même temps qu'il y a plusieurs personnes dans chaque personne, il y a plusieurs mondes dans notre monde. Le tout est de bien choisir l'endroit où l'on veut se trouver et la personne que l'on veut être. Décidément les chats donnent des idées.

Le thème central de notre conférence était moins philosophique. Il s'agissait du nouvel ordre juridique international. Une question en particulier venait en présentation : celle des tribunaux d'arbitrage. En effet c'est une tendance dorénavant clairement affichée, dans tous les accords que les puissants obtiennent, qu'en cas de litige entre un investisseur et un État, ce ne soit pas la justice de l'État considéré qui tranche Hmais un tribunal arbitral privé. Méthode en expansion. Une étude de l'ONG belge Corporate Europe Observatory dénombre quelques 450 cas d'arbitrage entre un Etat et une entreprise dans le monde en 2011 contre seulement 38 en 1996. Beaucoup de Français ont découvert ce qu'étaient ces tribunaux arbitraux à l'occasion de l'affaire Tapie. Les cas dans lesquels ce type d’instance est déjà intervenu et les décisions prises sont clairement de nature à inquiéter tout le monde. C'est par dizaines de milliards que se chiffre les indemnités réclamées aux états à la suite de protestation ou de plaintes d'entreprises privées sans que le motif de leur demande ne se soucie de quelque aspect que ce soit de la situation ou des motifs d’intérêt général. Ainsi, le géant suédois de l'énergie Vattenfall, un des principaux gestionnaires du parc nucléaire allemand, exige aujourd'hui 3,5 milliards d'euros de l'Etat allemand après sa décision de sortir du nucléaire. Le Canada est aux prises avec ce genre de difficultés depuis qu'il interdit l'exploration et l’exploitation des gaz de schiste. La Compagnie concernée, Lone Pine, une nord-américaine, vient de déposer un recours arbitral pour réclamer 250 millions de dollars au Canada qui vient de retirer à la compagnie son permis d’exploitation pétrolière et gazière. En 1997 déjà, un arbitrage a permis au groupe Ethyl d’imposer au Canada de payer 13 millions de dollars de dédommagement pour « préjudice économique ». En réalité il s'agissait de l’interdiction du MMT, un produit chimique ajouté à l’essence, fauteur de maladies et d’encrassement des véhicules. Enfin mentionnons encore que le Canada a aussi été poursuivi par la Société SD Myers qui contestait la limitation d’exporter des produits pollués au PCB.

Pourquoi citer le Canada ? C’est qu’il connaît toutes ces difficultés du fait qu'il a signé un accord avec les États-Unis d'Amérique sur le modèle que celui que ces derniers veulent dorénavant signer avec l'Union européenne dans le cadre de la négociation pour le Grand Marché Transatlantique. Vous ne serez donc pas surpris d'apprendre que le mandat qui a été donné à la Commission européenne par les Chefs d’Etat de l’Union Européenne l’est dans des termes qui font craindre le pire. Voyez plutôt : « l’accord devrait viser à fournir un mécanisme de règlement des conflits entre investisseur et État effectif et de pointe ». Encore une décision antidémocratique puisque le Parlement français avait explicitement décidé « que soit exclu du mandat le recours à un mécanisme spécifique de règlement des différents entre les investisseurs et les États pour préserver le droit souverain des États ». Selon moi ce sera un débat fondamental dans les mois qui viennent à mesure que l'on s'apercevra de ce que discutent réellement la commission européenne et les États-Unis d'Amérique. Ici j’apprends sur le sujet car l'Équateur aussi a eu à souffrir des jugements de ces soit disant tribunaux arbitraux dans des conditions de partialité si agressive qu'on a parfois peine à le croire. Rafael Corréa n’a pas caché son mépris pour ces instances dont il ne reconnait pas l’autorité. Dans ces conditions la réunion à laquelle j'ai participé à Guayaquil a été pour moi une excellente préparation compte tenu du nombre des études de cas qui ont été présentés.

Le nouvel ordre transnational

Mon intervention se concentrait sur la description du pouvoir accumulé par les firmes multinationales, leur transformation progressive en firmes transnationales incluant des modes de gestion et d'organisation interne qui leur permettent de se mettre en dehors de tout contrôle des législations sociales ou écologiques des pays dans lesquels elles agissent. Comment croire qu’un tribunal d’arbitrage puisse être un lieu du droit universel si les parties qui le composent sont en tel état de déséquilibre. On s’étonne ? Je commençais donc par montrer que la transnationalisation du capital financier a créé un nouveau modèle d'entreprise qui se contente de posséder des brevets, des marques, un carnet de chèques et des fichiers de clients. Cette forme particulière de dématérialisation de la propriété nous renvoie aussitôt à l’importance de la question Ides brevets et des licences, des marques et des logos, qui constitue le cœur des nouvelles formes de pouvoir de la propriété capitaliste. Nombreuses sont les multinationales qui développent cette stratégie visant à se retirer voire à se dégager totalement de la production au profit d'activités limitant le risque de l'investissement : gestion de marques, commercialisation, distribution, activités financières. Ainsi la firme Unilever. Dans un document transmis au comité d'entreprise de Fralib de juillet 2013 cette nouvelle stratégie est exposée sans détour par le groupe néerlandais : "voir en Europe et en France, sa gouvernance s'adapter en concentrant le rôle d'Unilever France sur ce qu'il fait de mieux : la commercialisation et la distribution des produits"… et donc abandonner ses usines de productions.

Au total, on voit bien se dessiner un tableau d'ensemble. On y trouve le capital transnational agissant par le biais de fonds d'investissement, les firmes transnationales dématérialisant leur puissance sur la base des brevets et des marques et les Etats limitant leur action à apporter des garanties aux investissements et à assurer l'ordre économique et social qui garantit le bon déroulement de la prédation. Un capitalisme tributaire en quelque sorte. Il prélève en effet un tribut sans aucune des contreparties ni arguments de légitimité dont s’entourait l’ancien capitalisme. La prédation par les marques, les logos, et pour une bonne part aussi les brevets, s'ils relèvent certes de processus différents, fonctionnent en lien étroit avec un État que l'on va dire « satrape » dans la mesure où son unique rôle consiste à assurer le bon déroulement et la pérennité du prélèvement tributaire. Cette description simplifiée, mais si efficace, je la dois à Pedro Paez, l'ancien directeur de la banque du Sud, qui dirige actuellement l'organisme de l'État équatorien chargé de la concurrence.

Il faut mesurer à sa juste place l'importance qu'occupe dorénavant les firmes transnationales. En 30 ans, le nombre de sociétés multinationales a été multiplié par dix. Les nomenclatures officielles confondent le terme de multinationales avec celui de transnationales. Certes certaines multinationales n'ont pas pris la forme spécifique que l'on observe dans les firmes que je ne nomme transnationales ici. Pour autant la quasi-totalité des firmes multinationales, quelle que soit leur raison d'être, évoluent toutes vers une forme de management qui vise à séparer une holding propriétaire dans laquelle résident les licences et brevets, le carnet de chèques, le fichier clients, tandis que toutes les unités de production sont considérées comme des prestataires de services sous la forme d’une entité juridiquement distincte. Cette organisation interne vise à faire remonter tous les bénéfices vers la holding, localisée juridiquement là où se présente le meilleur régime fiscal. Les "prix de transfert" renvoient aux échanges à l'intérieur des firmes entre filiales. Les transnationales manipulent ces échanges en surfacturant à certaines filiales pour gonfler leurs bénéfices dans les pays à fiscalité avantageuse et les réduire artificiellement dans les pays à fiscalité plus élevée. Le Syndicat national unifié des impôts estime que 15 à 20 milliards d'euros échapperaient chaque année au fisc français du fait de la fraude au prix de transfert. Ce modèle est dorénavant bien connu du fait des luttes comme celle des Fralib, qui ont illustré les difficultés que ce mécanisme présente pour les organisations de salariés. JDes lors, les transnationales sont souvent plus puissantes que les Etats ! Amusez-vous d'apprendre que Walmart, une entreprise de la grande distribution aux USA est le plus gros employeur privé du monde avec 2,1 millions de salariés presque autant que l'armée chinoise qui compte 2,3 millions de soldats. Au total, le chiffre d'affaires cumulé des 10 premières sociétés transnationales dépasse les PIB de l'Inde et du Brésil.

Voyons quelques exemples illustrent bien le poids de ces nouvelles puissances. Apple : 487 milliards de dollars de capitalisation boursière. C'est autant que le budget de l'État français ou que toute la richesse produite annuellement par la Roumanie, la Slovaquie, la Croatie et la Lituanie ! Exxon Mobil: 482 milliards de dollars, c'est-à-dire les 3,1% du PIB des USA ou bien la totalité de la richesse produite par la Norvège chaque année. Royal Dutch Shell brasse 467 milliards de dollars ! C'est l'équivalent de 19% du PIB du Royaume-Uni ou bien la totalité de la richesse produite par l'Argentine annuellement. China Petroleum a un chiffre d'affaires de 419 milliards de dollars équivalant à 5% du PIB de la Chine ou bien au total du PIB de l'Australie chaque année. Toyota figure aussi dans mon tableau pour 254 milliards de dollars, ce qui représente 4,2% du PIB du Japon et le total du PIB de la Grèce. Je ne saurais finir cette liste d'exemples sans citer au moins une entreprise française. Ce sera Total. La firme récolte 240 milliards de dollars de chiffre d'affaires. Cela représente 9 % du PIB de la France et la totalité de celui des Philippines. Ces comparaisons ne permettent pas le moindre doute sur la puissance ainsi accumulée et rarement évoquée. Comment croire qu’elle puisse avoir d’autre objectif que sa pérennité et son expansion ? La disproportion des parties en présence suffit à condamner l’idée que « l’arbitrage » puisse être supérieur à l’application de la loi appliquée par un vrai tribunal.

Mais il faut encore affiner la connaissance du sujet. Il révèle l'accélération de la concentration et de la financiarisation de l'économie mondiale. L’étude de l'Ecole Polytechnique de Zurich de 2011 a montré que 0,7% des entreprises, les transnationales, contrôlent 80% des richesses mondiales. L'étude se fonde sur les participations dans 43 500 grandes entreprises multinationales. Notons qu'il s'agit de l'année 2007 c'est-à-dire avant la crise financière qui n'a certainement pas ralenti le processus. L'étude conclut que 1 318 entreprises contrôlent 60% de l'activité mondiale. Mais là encore il n'y a pas d'égalité de situation entre les firmes concernées. La vérité est que 147 entreprises contrôlent 40 % de l'activité mondiale. On voit la puissance dans le monde qui est concentrée dans quelques mains. Elles ont donc tout intérêt à se donner beaucoup de mal pour convaincre les gouvernements et les majorités parlementaires de leur céder tous les moyens juridiques qui leur permettent  d'exercer leur pouvoir y compris contre les états. C'est le moment de regarder de près qui sont ces entreprises pour bien comprendre le lien qui unit intimement dorénavant le capital financier transnational et les firmes qui s'inscrivent dans son déploiement. Voilà ce qu'il faut savoir alors : les trois quarts de ces 147 entreprises sont des sociétés financières. La boucle est bouclée : voilà quel mécanisme permet aux banques, assurances, fonds d'investissement de faire la pluie et le beau temps dans notre monde.

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61 commentaires à “Du chaud et du froid, des hauts et du bas”

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  1. 1
    Pascale dit:

    Jean luc, reviens vite, les médias s'ennuient, a part entretenir la belle et noble réputation des fachos qu'ils savent bien faire.

  2. 2
    Jay dit:

    J'ai l'impression à la lecture de ton billet d'avoir fait un long voyage en Amérique du Sud. J'aurais le plaisir de t'entendre dans la région de Grenoble fin août. Bonne fin de séjour.

  3. 3
    jean ai marre dit:

    Comprendre, c'est déjà s'aider !
    Très belle carte postale, où la vivifiante progression des pays d'Amérique Latine va être un puissant levier contre l'Impérialisme et la mise en place des solutions démocratiques.

    J L Mélenchon :Il faut mesurer à sa juste place l'importance qu'occupe dorénavant les firmes transnationales.
    Cette organisation interne vise à faire remonter tous les bénéfices vers la holding, localisée juridiquement là où se présente le meilleur régime fiscal. Les "prix de transfert" renvoient aux échanges à l'intérieur des firmes entre filiales. Les transnationales manipulent ces échanges en surfacturant à certaines filiales pour gonfler leurs bénéfices dans les pays à fiscalité avantageuse et les réduire artificiellement dans les pays à fiscalité plus élevée.

    Que de temps perdu ! Voila plus de 30 ans que les cadres de l'industrie de notre pays dénonçaient le phénomène. A l'avènement de la gauche au pouvoir, les langues se sont déliées. Sans être visionnaires, nous avons alerté les politiques, hélas sans réponses. Mais c'était au temps de l'euphorie, les politiques affichaient leur superbe, l'Europe et son système était la panacée !

  4. 4
    Thomas Gryn dit:

    Merci pour ces nouvelles du monde.
    En voici d'un autre qui coule pour de bon.
    Horreur c'est le nôtre!

  5. 5
    Lilly54 dit:

    Bonjour Jean-Luc, bonjour Amis. Ici nos nerfs sont mis à rude épreuve. Alors il est préférable de tout éteindre en cet été étouffant. Car le journalisme français a perdu complètement la tête. Trois infos dominent le mois de juillet : le bébé, le pape et le voile. Même le dramatique accident de Brétigny ne fait l'objet d'aucun débat sur ce qu'est devenue la SNCF et ce qu'elle adviendra. Au secours. Alors le billet de Jean-Luc nous fait voyager et comprendre qu'en effet d'autres mondes et de vraies belles personnes. existent. Merci Jean-Luc d'être une si belle personne.

  6. 6
    Alain Tétart 60150 74 ans dit:

    @Jean-Luc Mélenchon la commercialisation et la distribution des produits"… et donc abandonner ses usines de productions !... Les "prix de transfert" renvoient aux échanges à l'intérieur des firmes entre filiales. Les transnationales manipulent ces échanges en surfacturant à certaines filiales pour gonfler leurs bénéfices dans les pays à fiscalité avantageuse et les réduire artificiellement dans les pays à fiscalité plus élevée.

    Hé oui comme nous le dit Jean-Luc Mélenchon, j'ai déjà (dit-il humblement en se gonflant la poitrine) développé ce "prix de transfert" ici même il y a plusieurs mois, la seule solution est la même que celle de Jean-Luc Mélenchon envisage pour les revenus en général de même que pour les salaires ! si les sociétés existent et se sont développées au départ de notre pays, donc financées par nous d'une façon directe et indirecte, il serait normal que les bénéfices attribués dans des paradis fiscaux soient taxés de la différence que ces sociétés paieraient si la totalité de leurs bénéfices étaient déclarés en France (filiales et prête-nom idem) Les salaires que nos compatriotes se font à l'étranger sont exactement dans le même cas ! sans notre instruction gratuite sans nos facultés sans nos écoles leurs salaires n'auraient peut être pas été les mêmes, alors le retour sur investissement paraît logique même très logique, dailleurs si les étasuniens sont taxés hors de chez eux autant que chez eux c'est que cette société capitaliste à bien compris qu'il était normal que le retour sur investissement qui concerne les entreprises tout comme les salaires des gens formés par eux doit être le même !
    En ce qui concerne la réflexion sur Fralib, cela me rappelle une histoire vieille de 50 ans au moins ou l'un de mes clients forestier de son état me disait (alors qu'il achetait des lots de bois à l'ONF) "moins je vois les arbres des lots que j'achète, plus je gagne d'argent !" dailleurs si la sous-traitance se développe autant c'est uniquement pour les mêmes...

  7. 7
    palumbo dit:

    Je vois avec plaisir JL que tu es un lecteur de sciences et avenir ce magasine de vulgarisation scientifique qui met à la portée de chaque personne chaque mois des tonnes d'infos sur les sciences et qui se veut optimiste comme toi et moi et les amis du Parti de gauche ! Bonne fin de séjour. Seras-tu aux estivales du parti de gauche fin août ? Je l'espère car j'y vais !

  8. 8
    Antraigues dit:

    En effet, c'est ici le silence total sur les conséquences de l'attitude du gouvernement PS envers le président E. Morales. Les médias préfèrent mettre à la une la naissance de je ne sais plus trop quel bébé fils de on ne sait plus trop qui dans la famille royale britannique : c'est beaucoup plus important !

  9. 9
    tersa dit:

    Ce nouvel ordre transnational, prédateur, sponsorise par ses marques, logos, brevets, son mur médiatique que l'on doit abattre ! Si 0,7 % de ses entreprises contrôlent 80 % des richesses mondiales nous voyons les États colonisés par eux. Le petit François est la miette qu'ils avalent et nous Front de gauche, l'arrête qui se met en travers. La commission Européenne passe avant le parlement National de notre État ! C'est vraiment la déchéance de la Sociale Démocratie (laquelle je n'ai jamais crue) et la brosse à reluire des Puissants comme vous l'expliquez si bien. On ne réparera pas si vite les dégâts humains de cette politique libérale. Les transferts à l'intérieur des firmes font gonfler leur bénéfice mais aussi nos dettes d’État. Ce grand Marché Transatlantique va couler les multinationales, les États, et nous le peuple. Il est grand temps de faire connaître la vérité camouflée. Les tribunaux d'arbitrage on en parle nulle part.
    La solidarité des pays Al est forte et nous donne courage. Corréra, Morales et tous. Les pays Européens sont très loin de cette force unanime face aux humiliations que nous font subir aussi les dominants qui nous ôtent notre liberté. L'humain d'abord pour tous. Vous avez la chance de vivre un bout de route avec eux, merci de nous en partager un bout.

  10. 10
    durluche dit:

    Ce qui se passe pour le fric se passe aussi pour les humains. Par exemple les sites de traitement d'un groupe comme Suez Environnement sont tous devenus des micro entreprises ce qui fait qu'il n'y a plus qu'un CHSCT central (qui passe dire bonjour rarement) et autres désagréments du genre.

  11. 11
    jean ai marre dit:

    Comprendre, c'est déjà s'aider !

    On peut retourner cette phrase entre les administrateurs de sociétés. Les comités de directions des multinationales comportent des administrateurs qui occupent souvent des postes importants dans d'autres firmes, et qui par leurs expériences aident aux stratégies. Dans les transnationales se rôle va être encore plus décuplé. Nul doute qu'un resserrement entre grands groupes va se faire, avec une concentrations d'administrateurs venus de différents états, et de compétence financière.

  12. 12
    Titoune dit:

    Superbe billet, riche d'infos importantes, d'impressions, de réflexions. Merci de vivre des vacances intelligentes et militantes.

  13. 13
    elisa dit:

    Mon dieu, Jean-Luc mais comment c'est possible d'écrire tant et tant de mots qui font que nous voyageons avec toi ? Merci, et reviens vite ! Ici c'est pas glop du tout !

  14. 14
    CHAUDOUET Michelle dit:

    Merci pour ce beau récit de votre voyage en Equateur, et surtout l'analyse que vous en faites de l'évolution de ce pays, qui devrait nous donner matière à réflexions sur ce que nous devenons en France sous un gouvernement " solférinien". Quelle honte aussi d'avoir interdit le survol de notre territoire à Evo Morales! Je vous lis, et vous suis, toujours, avec beaucoup d'intérêt.

  15. 15
    Eric RAVEN dit:

    Bonjour à tous et merci à Jean Luc, décidemment vous êtes bien le seul politique à tenir la route, un blog et la cadence dans ce monde pavé de mauvaises et souvent insuffisantes réflexions. Votre message passe et pas moins de si loin, par effet de recul sur les évènements et aussi l'impression de voyage... Si comprendre, c'est déjà s'aider. Voyager c'est aussi comprendre ! Bien compris, notamment grâce à vous.

  16. 16
    Caouec dit:

    Ce que sont devenus nos partis socialistes ou sociaux-démocrates européens, l'Amérique latine l'a préfiguré il y a une quinzaine d'années déjà. Voir les parcours politiques de personnalités qui furent membres voire président de l'Internationale socialiste (Carlos Andrés Perez au Venezuela, Alan Garcia au Pérou) et leur parti respectif (APRA au Pérou, Accion Democratica au Venezuela). Mais si maintenant "on" ne daigne pas s'intéresser à la vie de ces pays, imaginez il y a 15 ans !

  17. 17
    Xavier Girard dit:

    Mr Mélenchon, à cette heure, en tenant compte des "petits arrangements politico-merdiques" des Solfériniens, je ne peux que vous dire que les Français (de "souche" ou pas, resterait à définir la durée "raisonnable" de la souche) ont en ligne de mire, car en donnée profonde, un humanisme chevillé au corps parce que à l'esprit. Le chemin est long, encore. Notre préoccupation reste le devenir de l'humanité, dans la mesure où l'humain éclairé est d'abord la lumière qui nous guide.
    En vous souhaitant des instants de belle respiration, donc sincérité.

  18. 18
    malinvoy dit:

    Très intéressant analyse de l'évolution du capitalisme : passage des multinationales aux transnationales et poids du capital financier dans ces dernières. Il semble qu'il y a des nuances à apporter concernant la Chine, la Russie et (?) les USA. Cependant il me semble que la question la plus importante compte tenu de l'autonomisation du capital financier par rapport aux états ainsi que de la puissance des entreprises concernées est celle du rapport de force avec les peuples et la possibilité pour ceux-ci de prendre le dessus notamment dans les pays développés (Europe).

  19. 19
    Didier dit:

    Juste une question: on peut savoir quelle est la compagnie (?) chorégraphique dont les danseurs figurent sur les photos de la deuxième partie de ce billet? Merci pour l'info, camarade webmestre, et bon été à tous !

  20. 20
    phil dit:

    Merci Mr Mélenchon.
    Merci d'avoir dit à de hauts responsables Latino-Américains qu'il ne fallait pas en vouloir à tous les Français pour l'arrogance des décisions du pouvoir actuel. Il faudrait sans doute aussi aller le dire dans d'autres régions du globe (Moyen Orient, Chine, etc.). On a certes porté ces gens au pouvoir, mais ils ne nous avaient pas bien expliqué ce qu'ils allaient faire.
    Merci de nous avoir confirmé qu'il y avait bien des choses à apprendre des expériences que vivent ces pays.
    Merci de dénoncer une autre voie de pénétration des nord américains anglophones dans le territoire des autres peuples, les multinationales et transnationales. Ces voies sont nombreuses, langue anglaise rudimentaire pour tous, produits alimentaires, musique simpliste, sports et films violents, jeux électroniques, envoi de "religieux" et "d'étudiants" qui expliquent dans les rues et ailleurs aux autres peuples combien leur pays est paradisiaque comparé autres grace au libéralisme, propagande, utilisation de la technologie pour fliquer, achat de relais locaux et au besoin, intervention directe.
    Bonne fin de voyage.

  21. 21
    Alain Tétart 60150 74 ans dit:

    @tersa dit
    Les tribunaux d'arbitrage on en parle nulle part.

    Rassurez vous on va en parler de plus en plus, et de plus en plus fort, puisque ces tribunaux sont la dernière invention des multinationales, et ne sont rien moins que des tribunaux qui travaillent en dehors de toutes les lois, que celles ci soient nationales ou internationales. En effet comment dépasser les lois dans un cadre juridique ? C'est impossible, alors qu'en dehors des lois et grâce à ces tribunaux d'arbitrage, les lois n'existent plus (puisque c'est un compromis entre deux entités). Avec des lois établies par des hommes, la valeur humaine avait sa propre valeur et la loi du talion correspondait à peu près à une justice équitable, une dent pour une dent et un œil pour un œil, avec ces tribunaux plus rien d'humain, pour un œil ce sera les deux yeux et pour une dent comme le dit si bien l'histoire ce sera toute la gueule. Les multinationales sont tellement puissantes qu'elles peuvent attaquer toutes les républiques avec des demandes en milliards d'Euro, en compensation d'un préjudice quelconque, et comme les chefs d'états, même les plus téméraires, n'oseront jamais engager leurs pays respectifs à coups de milliards, les tribunaux d'arbitrage vont avoir des effets exponentiels. Une seule solution, mais à mon avis il est déjà trop tard, il faut interdire ce genre de tribunaux qui devraient d'une part ne plus porter ce nom (car hors la loi) et d'autre part ils vont surtout assurément à l'avantage du plus fort face au plus faible, donc en rien de juste !
    Vive la 6ème et sortons les tous sinon demain vous mourez tous (car pour moi l'âge aura fait son œuvre) à payer des dettes d'état, pour lesquelles vous n'y pourrez rien. Ppour info Tapie s'est contenté de 403 millions avec ce fameux tribunal de truands, de quoi vivre comme un roi quand même, mais il était prêt à attaquer le Lyonnais pour 3 fois cette somme !

  22. 22
    François Dubreuil dit:

    Bonjour,
    Les constats au sujet de ces 147 compagnies financières qui dominent le monde, encore plus concentrées que les bonnes vieilles "200 familles" de nos grands-parents, suggèrent un rappel en forme d'encouragement aux militantEs:
    La propriété qui fait toute leur puissance n'existe que grâce à notre consentement. Ce n'est rien de plus qu'une convention dont nous sommes une partie prenante. Cette chose n'a pas plus de consistance qu'un courant d'air, et même moins: un mirage, peut-être. Un seul mot suffirait à en terminer l'existence, et ce mot c'est NON.
    Des murs de béton sont tombés, un mirage ne nous arrêtera pas.

  23. 23
    Josephine March dit:

    Bonjour, Pas encore pris le temps de lire ce dernier billet (j'en suis encore au précédent) mais son survol suscite une question Je suis très intriguée - et séduite - par les photos qui l'illustrent, pas les 2 premières bien sûr, mais les suivantes. Quelqu'un a-t-il une explication sur ces photos et sur la raison de leur choix ? Merci d'avance.

  24. 24
    jmb dit:

    Merci de parler aussi du voyage, bloqué en région parisienne, sans vacances, (et oui la crise à des effets concrets…) ces mots de voyage me servent à voyager par la pensée.
    Sur le travail des firmes sur la loi des États, il existe le livre d'Ulrich Beck, Pouvoir et contre-pouvoir à l'heure de la mondialisation. Ce n'est pas aussi aboutit que ce qui est dit ici (le livre est de 2002), mais cela dit combien le processus vient de loin.
    Je trouve que la question de la peur est une piste très intéressante car il s'agira bien, à un moment ou un autre, d'affronter nos peurs à affronter cette "force" que nous construisons nous-mêmes comme force (et au passage le rôle des médias de faire croire qu'il faut être fou pour affronter celle-ci, mais de cette "évidence-là", on se débarrassera aussi !). La vrai question est de quoi avons-nous peur pour nous empêcher de construire le monde que nous voulons… Il y aura un temps où nous rendrons compte que tout cela était du vent. J'ai l'impression que nos camarades andins nous disent cela.

  25. 25
    monde indien dit:

    Veinard ! Profites-en bien ! Il est essentiel pour vivre, de vivre vraiment, de connaître la magie d'être heureux et sans cela les luttes n'ont aucun sens, et si on le connaît pas, les luttes se fourvoient certainement. C'est tout çà qu'il faut partager, gratuitement. Merci pour les photos
    Amicalement.

  26. 26
    Antraigues dit:

    Intéressant, mais étonnant, le lien vers le site « Backchich», site qui n’a pas hésité parfois à présenter des articles limite injurieux envers Jean-Luc Mélenchon. Vous noterez d’ailleurs, pas un mot dans cet article sur le soutien de Jean-Luc Mélenchon à Kerviel.

  27. 27
    Rousseau mathieu dit:

    Bonjour a tous et bonjour monsieur Mélenchon,
    Je suis le photographe dont vous avez visité l'exposition à l'Alliance française de Cuenca. Je suis flatté et honoré que vous utilisiez mes photographies pour illustrer votre post du jour. J'ose imaginer que cela marque votre intérêt pour mon travail. Je suis heureux que les photos puissent vivre et être vues par le plus grand nombre. J'aurai toutefois apprécié également que vous partagiez vos sentiments sur celles-ci, ne serait-ce qu'en une petite phrase, afin que vos lecteurs puissent comprendre d'oú elles proviennent et éventuellement citer mon nom et pourquoi pas un lien vers mon site internet, même s'il est encore à l'état embryonnaire (mathieurousseau.com). J'ai noté bien sûr que vous avez pris en photo le cartel avec les informations sur l'expo mais cela reste un peu vague. Merci par avance et bonne continuation à vous!
    Bien cordialement
    Mathieu Rousseau

  28. 28
    Alain Tétart 60150 74 ans dit:

    Cool Mathieu ! votre nom est bien affiché en haut de ce billet, et il suffit de cliquer sur votre nom pour que votre blog arrive ! le WM étant peut être en congé à l'instant précis, j'ai tenu à vous rassurer de suite !

    [Edit webmestre : Le webmestre n'est jamais en congés de ce blog. Ne l'auriez-vous pas remarqué ? Quand à la mention du nom du photographe, je l'ai rajoutée suite à l'intervention ô combien justifiée de Mathieu Rousseau. C'était un oubli impardonnable de ma part. D'ailleurs Jean-Luc Mélenchon vient de m'envoyer un petit commentaire pour compléter ces mentions... Tout est rentré dans l'ordre. J'en profite également pour indiquer à Mathieu que j'ai été scotché par la force des photos que l'on trouve sur son site, que je recommande donc chaleureusement.]

  29. 29
    Mathieu rousseau dit:

    Merci monsieur Tétart :-)
    Pour apporter juste quelques indications sur mon travail: ces photographies sont une partie d'un projet global, "l'esprit du lieu", consistant a faire se rencontrer des danseurs et des lieux non dédiés à la danse. Les danseurs sont libres d'improviser, d’interpréter ce qu'ils ressentent. Il n'y a donc aucune photo posée.
    J'ai eu la chance d'être invité a Cuenca et a Quito par l'Alliance française pour travailler avec différents danseurs équatoriens dans des lieux emblématiques de ces deux villes. J'espère d'ailleurs pouvoir continuer ce projet dans d'autres pays afin d'y rencontrer d'autres danseurs et d'autres espaces ! A bon entendeur...
    Merci encore.
    Si des lecteurs de ce blog ont des questions, n'hésitez pas à me contacter via mon site.

  30. 30
    Siamy dit:

    Mr Mélenchon, vous écrivez: " Mon récit sur l'Europe fait mouche. Nombreux sont ceux qui n'imaginaient même pas que puisse être accepté un système comme celui qui s'applique avec le traité budgétaire"
    Depuis quelques jours, vous pouvez rajouter un épisode à ce récit, conséquence de ces choix budgétaires, et c'est malheureusement celui-ci.

  31. 31
    Josephine March dit:

    Merci au webmestre d'avoir réparé le petit oubli concernant l'origine des photos de ce post (et répondu ainsi à ma question de ce matin). Et un grand merci à Jean-Luc pour la jolie surprise de ces cartes postales aussi belles qu'inattendues ! Un merveilleux voyage pour les yeux et l'âme !

  32. 32
    pascal des landes dit:

    Bonsoir à tous camarades, et amis,
    Merci pour ce témoignage de ce laboratoire citoyen qui s'élargit peu à peu en Amérique Latine, et il est encourageant de voir le mercosur s'orienter vers des positions politiques communes. Les voies alternatives au libéralisme, c'est là bas qu'elles se construisent, avec un développement démocratique propre à chaque nation. C'est une erreur historique majeure que d'avoir tourné le dos à l'Amérique du Sud... à ceux là même qui avaient accueilli en leur temps avec autant d'enthousiasme la victoire de 81. C'est une nouvelle illustration de l'entrée de nos nations dans une post démocratie que nous impose cette oligarchie qui concentre abusivement l'ensemble de biens et des richesses et tente d'imposer son ordre, ses hiérarchies de valeurs, à l'ensemble de l'humanité.
    Une pensée également pour le peuple tunisien à qui l'on tente de confisquer la révolution. L'assassinat de Brahmi est une tentative d'intimidation du peuple inacceptable, en plein ramadan, comme savent si bien le faire les fachos de tout poil barbus ou rasés.... tout cela le jour de la République. Mes condoléances à tous les siens...
    [...]

  33. 33
    jeannine dit:

    Pour lui, les pays européens se sont sentis libres de procéder à cette humiliation parce qu'ils ont une mentalité de dominant, qu'ils méprisent les nations de l'Amérique du Sud, leurs dirigeants et en particulier les indigènes. Pour lui, leur vision est restée celle de puissance coloniale.

    Au moment de l'affront, j'ai le sentiment d'avoir écrit les mêmes mots sur ce blog, mais j'ai aussi aujourd'hui celui de voir que l'insulte est en partie réparée grâce a vous monsieur et un peu à nous tous, ici même.
    Quelle est belle et fraternelle cette poignée de main avec Monsieur Evo Moralès, Président de Bolivie, indien assumé, cette main blanche étreignant cette main cuivrée en parfaite égalité. Ah monsieur Mélenchon, vous avez par ce geste et accompagné de Rafael Corréa redonné à cet homme toute sa dignité d'être humain. Merci pour mes enfants. Ici ce n'est pas le sujet bien sur, mais cette peau cuivrée m'est familière, mon mari avait par une "Abuéla" lointaine du sang indien de Bolivie mêlé à du sang espagnol.

  34. 34
    semons la concorde dit:

    C'est toujours un plaisir de lire ce blog, et même les commentaires et les liens super intéressants qui s'y trouvent. Je suis heureuse de voir que l'Amérique du sud s'organise pour faire front contre l'agressivité économique de l'Oncle Sam . Il va falloir beaucoup de perspicacité et de volontarisme pour détricoter les montages économiques volontairement opaques qui lient les partis politiques et les banquiers de tout poil de part et d'autre de l'Atlantique.
    Le lien de Samy 31 m'a beaucoup intéressée aussi. Je salue le courage du conducteur SNCF David Boudret qui expose les vrais problèmes de la SNCF en lien avec les directives européennes et l'appât du gain de nos élites... Service publique ? C'est quoi ce gros mot ? Dans la même veine je repense à la stagiaire de D 8 qui a parlé de la politique salariale de Canal Plus. Je souhaite que des lanceurs d'alerte courageux comme eux se multiplient... Et il en faut, du courage pour parler en ces temps de crise économique ! Au fait, depuis que Canal + ne diffuse plus en clair, combien de benef ? Je reste sur le service public...malgré la pauvreté de ses programmes... J'attends des jours meilleurs et que les décideurs actuels du service public soient virés pour laisser la place à d'autres qui, eux, auront vraiment le sens de l'intérêt général.

  35. 35
    Stockholmare dit:

    Très intéressant, comme à chaque fois.
    Je m'imagine bien nos camarades sud-américains qui n'en reviennent pas de ce traité budgétaire, et surtout qu'il y ait si peu de réactions en Europe !
    Superbe l'analyse des transnationales, l'exemple du Canada est criant - jusqu'à quand nombre de nos concitoyens accepteront ce surréalisme ?

  36. 36
    pichenette dit:

    Mouvement de balancier liant le corps, la vitalité humaine à la globalité d'un lieu, d'une ville, d'un pays, de la Terre. Corps qui intègre, intériorise, exprime toutes ces ondes qui le traversent en les sublimant sous les yeux avertis d'un capteur dépassant le mot galvaudé d'images (photographe bénéficiant d'un nom porteur, merci à lui). Et tout près, un corps transpercé qui s'écroule, un corps portant l'universalité humaine fauché par la flèche haineuse. Profonde tristesse d'incompréhension: tuer la création ! Noirceur qui recherche le chaos viscéral et avance embusquée. Que de complicités tacites!
    L'absence d'informations diverses, précises, balayant la planète à la recherche d'explications rigoureuses à la disposition de toute la population ne permet pas de vrais choix lors d'élections, pourquoi voter ?
    Comment ne pas avoir honte d'être Français lors de l'écoute des discours du représentant de notre pays et de ses choix. Oui prenons des leçons des démarches qui se fondent sur l'intelligence, la réflexion, comme celles de Monsieur le Président R Correa où l'on sent en lui une intelligence agissante.
    L'UE perd le Nord, suivons le Sud !

  37. 37
    jpp2coutras dit:

    Merci Jean-Luc Mélenchon de nous faire partager vos vacances actives et constructives, vous nous représentez de la meilleure façon chez nos amis sud-américains et ça nous fait chaud au coeur.
    Anti-esprit de clocher que d'aller entendre d'autres sons de cloche bien timbrés de nos amis là-bas et d'apporter le vrai écho du peuple de France en harmonie.
    "Cet effort d'universalisation reçoit ici un accueil particulièrement favorable. Dans le processus de la Révolution citoyenne..."
    "Au total, on voit bien se dessiner un tableau d'ensemble..." Très juste.
    La prédation capitaliste s'est trans-nationalisée, voire mondialisée ouvertement. La seule réponse efficace consiste donc à réaliser la trans-nationalisation de la révolution citoyenne à tous les points de vue, culturels, juridique avec une constitution en coeur d'humanité (conçue et enrichie à la façon du noyau linux), écolo-socialiste avec la joie de bien vivre au sein de notre activité tournée vers un avenir en perspective de progrès. Se joindre à ceux qui ont déjà commencé et agglomérer les âmes vaillantes quand elles viennent pour marcher devant. Tout cela est bien vu et parfaitement à notre portée avec "l'humain d'abord" chevillé au corps. A quand une "constitution terrienne" pour les humains, c'est l'échelle efficace pour changer d'ère ! Surtout quand le FMI se dit prêt à lâcher la Grèce après l'avoir fait dépecer par ses charognards, en septembre le pédalo de la troïka va tanguer dangereusement. Avis de tempête à partir du mois prochain. Nous répondrons présents, car "nous, on peut"

  38. 38
    renault dit:

    Non. Non. Les gouvernants européens ont décidé de ne donner aucun point d'appui, aucun, aux fous nord-américains.

  39. 39
    Femme d'aujourd'hui dit:

    Je pars moi aussi en vacances ce WE mais je resterai en France, ce pays regorge de beauté à visiter.
    En ce qui concerne le poste de JL je le trouve toujours intéressant, il nous fait voyager et connaître des pays lointains. J'ai juste une réserve au sujet de l'admiration, qui semble partagée ici, pour les pays d'Amérique du Sud et du Magreb couplée avec une hostilité affichée pour les USA et de la méfiance pour les pays de nord, c'est ce que je ressens. Je ne partage pas cette vision, je pense qu'il y a de bonnes choses aux USA qui est capable du pire et du meilleur et nombre de pays du nord nous donnent l'exemple d'une société évoluée sur le plan humain ce qui n'est pas forcément le cas du Sud. Je pense que cette vision que je trouve trop manichéenne nous dessert en faisant s'éloigner ceux qui ne la partagent pas. C'est dommage car je crois qu'il y aurait tellement plus de gens qui seraient convaincus par notre programme sans cela.
    Cela dit bonnes vacances à ceux qui en prennent et bon courage au wm qui continue son travail même en cette période.

  40. 40
    marco polo dit:

    De l'utilité d'un voyage en Amérique latine. Voilà vers quoi nous conduisent Hollande et son gouvernement. En donnant carte blanche à la commission européenne pour négocier avec les usa le Grand marché transatlantique, on ne peut qu'imaginer en pire ce qu'en seront les résultats. De nouvelles "règles" juridiques encadreront toutes les activités de chaque nation. Le rôle des Etats ne serait que le cadre légal, il serait aussi le bras armé contre toute révolte populaire, d'où quelle vienne. Objectif qui n'est certes pas réalisé, mais dont nous devons envisager la réalité, sous peu.
    Ainsi donc l'idée d'Europe démocratique (qui n'a jamais existé, ne soyons pas naïfs) est enterrée, passant l'Europe entière sous le joug des usa, plutôt du capital transnational et de "ses" règles". Les Etats sont devenus les serviteurs zélés de cette représentation. Sauf ceux qui résistent. Sauf ceux qui doivent résister. Imaginer que les gouvernements européens résisteront relève de l'illusion "comique".
    Reste les peuples et la force de réaction. On imagine que le monde des biens-pensants ne va pas laisser les mouvements révolutionnaires agir. Tout faire pour que l'explosion sociale démarre avant, je veux y croire, il y faudra toutes les forces et que celles-ci tirent dans la même direction. Là, seulement là, ce n'est pas gagné non plus. Je me demande même s'il ne faudra pas quitter l'Europe, tout au moins celle qui montre actuellement ce masque hideux. L'euro a déjà un pied dans la tombe et s'apprête à y mettre l'autre. Alors quoi faire ? Je ne me contenterai pas de réponses où figurent encore le PS et surtout cette cohorte solférinienne.
    Cependant, il va falloir trouver un champ d'action plus large, le Front de Gauche ne peut qu'être une base de départ. Mais cette base ne peut pas transiger sur l'essentiel : la démocratie avec la 6e république, l'appropriation des banques et sociétés financières, l'appropriation des grands moyens de production.

  41. 41
    Evariste dit:

    Je suis bien d'accord avec le commentaire 39 de Femme d'aujourd'hui. Les pays du sud, en Europe comme en Amérique, ne sont pas exempts de défauts, loin de là. Il faut s'en souvenir et savoir reconnaître ce qui est bon et ce qui l'est moins ou pas du tout. Les pays du nord nous montrent parfois des exemples positifs, y compris les USA, un pays que je connais bien et dont je suis le premier à dénoncer les travers et les dérives, mais dont la vitalité, le dynamisme et la foi en l'avenir me font rêver...

  42. 42
    semons la concorde dit:

    Personne au Front de gauche ne fait de l'anti-américanisme primaire. Ce que nous rejetons, c'est le système politico-économique qui asservit le peuple américain . Leur système, comme le nôtre, aboutit à mettre en place une alternance de deux partis politiques qui, au final, font la même politique ultra-libérale... avec le dollar comme monnaie mondialement reconnue et avec leur armée, ils sont en position dominante et se croient tout permis . Le danger est là.

  43. 43
    jeannine dit:

    @femme d'aujourd'hui
    En effet vous ne partagez pas grand chose avec les idées développées sur ce blog, tant sur l'Amérique du Sud que sur le Maghreb. C'est votre droit. Le plus strict, donc inutile de débattre car cela risquerait de virer au vinaigre et ne vous convaincrais pas.
    Je me contenterai donc d'adresser une chaleureuse pensée au peuple Tunisien ainsi qu'a la famille de Mohamed Brahmi, lâchement assassiné ainsi qu'une pensée pour le souvenir de Chokri Belaid assassiné lui aussi. Ils sont des nôtres, car moi je pense a contrario de vous que notre sort avec les Méditérannéens est lié.

  44. 44
    jean luc Micheau dit:

    Nous sommes tellement desoles pour la famille de Mohamed Brahmi. Nous joignons nos pensees à celles de toutes les votres. Oui nous pensons nous aussi que le sort de notre peuple est lie à celui des peuples méditerrannéens, comme c'est le cas depuis 26 siecles et peut-etre davantage. Courage à tous.

  45. 45
    yves dit:

    Dans le début des années 70, une junte (de gauche?) avait nationalisé les haciendas Péruviennes et redistribué les terres aux indiens. Cinq ans après les grands propriétaires avaient racheté leurs terres aux indiens incapables de tirer quoi que ce soit de leur bien, munis seulement d'un bout de bois avec un morceau de fer attaché a l'extrémité avec une ficelle, ceci pour travailler un hectare ou plus à 4000m d'altitude. Cette violance de la vie (survie) peut expliquer l'existance du sentier lumineux vous ne pouvez imaginer ce que c'est que de vivre sans loi, sans protection de l'état. Pour info, en Bolivie, en 1972, l'espérance de vie était de 37 ans. Moralès élu président au Pérou, c'est comme Mohamed bénéficiaire du RSA élu président en France. Je suis fier de ce que font latinos amérindiens et j'ai une pensée pour mes amis du POR Bolivien, des syndicalistes mineurs de Potosi et d'Oruro.

  46. 46
    Michèle dit:

    "Le chaud" du fil rouge de l'humanisme qui continue de traverser l'histoire des peuples et "le froid" de ce dernier mot sur le mécanisme qui permet à l'activité financière de faire la pluie et le beau temps sur le monde. Sauf à préciser qu'avec ce retour au temps des seigneurs c'est la pluie pour ceux qui triment et le beau temps pour les oisifs qui encaissent les dimes. Oui froid dans le dos... et chaud au cœur de constater qu'il est possible de s'affranchir de l'esclavage. Vos "derniers cent mètres au pas de course" sont ceux qui séparent le monde subi du monde choisi, le blizzard glacial de la chaleur du foyer... la mort de la vie.
    Vous dites bien cela qu'en désirant on se met à courir selon la logique de la pulsion de vie.

  47. 47
    vm dit:

    Trois points m'ont paru les plus importants dans cette "carte postale". D'abord, la description parfaitement claire et "pédagogique" du fonctionnement du capitalisme financier, qui met ces messieurs-dames du 1% mondial au-dessus des parlements et même des lois des Etats : l'appareil politique n'existe plus que comme amortisseur et comme décor destiné à cacher le reste ; ce texte serait à diffuser massivement dans nos journaux et tracts locaux (en dépit de ceux qui croient que "les gens ne comprennent pas" !). Ensuite : la dénonciation des tribunaux dits d'arbitrage, qui eux aussi mettent les 1% au-dessus de la justice et du droit ; c'est toujours la loi du plus fort, c'est-à-dire du plus riche et du plus influent (voir aussi à l'occasion les tribunaux "internationaux").
    Et troisièmement la phrase suivante : "En sortant du cimetière je croisais un chat qui se réchauffait tranquillement. Je suis très ami de ces animaux et je n'ai pas oublié de saluer celui-ci. Son regard indifférent me rappela qu’en même temps qu'il y a plusieurs personnes dans chaque personne il y a plusieurs mondes dans notre monde. Le tout est de bien choisir l'endroit où l'on veut se trouver et la personne que l'on veut être. Décidément les chats donnent des idées."

  48. 48
    Sergino dit:

    En quelque sorte, tous les états de la planète sont en cours de privatisation au profit des multinationales et transnationales (je ne saisis pas encore bien la nuance entre les deux termes). Certains états sont plus avancés que d’autres et la France est en bonne voie de l’être sur tous les dossiers en cours (retraite, transition énergétique, chômage de masse, etc….)
    Evidemment, pour ce faire, les politiciens au pouvoir de chaque nation doivent être consentants pour ne pas dire aux ordres. Avec Sarkozy cela semblait évident par son côté bling bling, avec Hollande c’est plus hypocrite, plus sournois grâce à l’auto censure de la plupart des médias déjà aux ordres…
    Merci donc M. Mélenchon d’apporter de la lumière vive sur ce phénomène qui me semble fondamental pour expliquer et comprendre le monde actuel. Vous avez là et nous tous avec vous, de la matière pour dévoiler et combattre les objectifs réels des solfériniens et reconstruire après …
    La toile de fond est peinte, chapeau l’artiste !

  49. 49
    pichenette dit:

    Les échanges qui circulent sur ce blog sur la base des observations et réflexions de JL Mélenchon ne concourent pas à faire du manichéisme une ligne de pensée, mais au contraire à analyser avec finesse la portée de tel ou tel choix, à secouer notre intelligence.
    Les stratégies pour déstabiliser le monde au profit de l'asservissement des peuples dans l'intérêt de quelques dynasties sont bien rôdées. Les luttes pour que le vivant humain, végétal ou animal soit au premier plan pour assurer la continuité des espèces sont à armes très très inégales. Les puissances sont assises sur la corruption, la compétition destructrice enrobée d'alibis religieux, idéologiques, de manipulations avec les complices à la médiocrité confondante, surtout lorsqu'ils sont à la tête d'un pays.
    Contre la haine fangeuse qui massacre sous le soleil, seules les armes portées par des nuées d'amour peuvent tenter un retour à la concorde. N'y-a-t-il plus de personnages transcendants capables d'arrêter les folies meurtrières? L'être humain est dégénéré aux extrémités, de la servilité volontaire à la toute puissance dominatrice du monde. Détroit, Syrie, Tchernobyl, chats errants dans les maisons vidées de ses habitants est-ce le devenir des individus qui refusent de se soumettre? Seul le fric semble être digne d'être défendu par des tribunaux dits d'arbitrage, fric, ôtons lui le c, il devient bateau le Fri s'étant opposé aux essais nucléaires dans une belle nature, free, libre ou frit comme le petit poisson, à nous de choisir.

  50. 50
    Franck dit:

    Très bonne carte postale, merci !
    Pour info, dans le dernier Monde Diplo, il y a un écrit de Morales « Moi, président de la Bolivie, séquestré en Europe », fort intéressant. Le portrait de l'Europe qu'il y dresse est dur et justifié.
    J'ai cru lire une volonté réelle de créer des liens actifs avec d'autres peuples de la planète, je suis sûr que Jean-Luc contribue très activement à la mise en place de cet œuvre. D'ici là, ne surtout pas désespérer, malgré le flux continu de m**** qu'on nous verse pour tenter de nous résigner.
    Patience, courage, fraternité.

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