19jan 13

Penser pendant la guerre

Ce billet a été lu 69  647 fois.
Ecuador

Télécharger le kit militant Equateur

Dans ce post, il est question du « style » en politique, de la manifestation du 27 en faveur du droit au mariage civil pour les homosexuels et bien sûr de la guerre. Quand c’est la guerre la parole politique publique et médiatique vire au noir et blanc. Le premier devoir du temps de guerre est de continuer à réfléchir. Sur tous les sujets. Et aussi sur la guerre. Surtout quand ses buts et sa légitimité ne sont pas assurés. La solidarité patriotique s’obtient au prix de la vérité et non des élans d’un jour dans des engagements aveuglés. 

Questions de style

GQ ! Ce soir-là je suis allé au Musée d’Orsay pour la soirée de remise des oscars du magazine GQ. J’y jouais le rôle de « l’homme politique de l’année 2012». Pour le style. Oui parlons de style.

Lire la suite »

Cette vidéo a été consultée 37 538 fois

Le « style » c’est le moment où le fond rejoint la forme et donne à voir un tout. J’ai créé un style selon cette rédaction.  Entre un mathématicien, un grand cuisinier, et ainsi de suite. Ainsi de suite ? C’est-à-dire, vu de ma place à table et dans la salle des « lauréats », il s’agit surtout de Fabrice Luchini, réactionnaire assumé, qui entretient avec moi un rapport du type qui unit la mangouste et le crotale. On devine la mutuelle attraction, l’assaut du  jeu des cabotinages, la joute serrée des mots et des références littéraires. Luchini n’aime pas Robespierre à qui il me compare autant par jeu que pour se situer. Ce fut notre sujet. Il me promit des lectures et j’en fis de même. Il me demanda conseil pour lire sur la Grande Révolution parce que je crois que je la lui ai présentée sous un jour nouveau. J’hésitais. Lui proposer Jaurès, Soboul ou plus directement Hazan me sembla trop anguleux pour lui. Je suggérais Michelet quoique je ne sois pas du même angle que celui-ci, et de très loin. Mais je me suis dit qu’un acteur et un littéraire entrerait plus facilement dans la beauté de ce moment de l’histoire par une évocation fortement teintée de lyrisme comme celle-là. Le tout est de lui mettre l’eau à la bouche, en quelque sorte. Bien sûr on parla à table du revenu maximum annuel à trois cent mille euros. « Avant ou après impôt » me demande Luchini. Je lui explique que la tranche à cent pour cent est inclue dans le barème de l’impôt. Les trois cent mille euros restent acquis ! Peut-être l’ai-je rassuré ! Pourquoi cette somme, comment, et ainsi de suite. Je ne dis pas que j’ai convaincu mais je vois bien que l’idée est alors comprise dans son sens exact : ni une punition ni une aigreur sociale mais un choix de vie en société où il est mis une limite à l’accumulation et aux consommations ostentatoires. A noter : stupeur de la tablée d’apprendre que le revenu maximum fut voté la nuit du 4 aout quand furent abolis les privilèges féodaux. Le maximum à l’époque avait été fixé à 3000 livres de rente. Luchini n’a pas de raison a priori de nous être hostile. Et parmi tous ces gens que je vois là, si certains ne seront jamais de notre bord ni d’aucun appui politique, combien cependant sont venus me dire qu’ils votaient avec nous et comptaient sur nous. Mais oui ! Vous ne le croiriez pas. Moi aussi j’étais scotché. Et je ne parle pas seulement de ceux qui servent à table, ouvrent les portes qui étaient tous, parfois imprudemment selon moi, chaleureusement heureux des salutations que nous nous fîmes contre l’usage qui fait ignorer les « petites mains » dans ces sortes de soirées. Je parle de quelques-uns des beaux messieurs et belles dames avec qui j’ai passé la soirée et partagé le repas. Quant aux autres, quoi ? Ils sont aussi notre pays. Il importe aussi qu’ils comprennent ce que nous allons faire et pourquoi nous voulons le faire. Surtout s’ils ne veulent pas en entendre parler. Et puis je suis rentré chez moi dans un Paris au froid de loup. Ce matin, au métro vers la gare de l’est où j’allais prendre mon train pour retourner à Strasbourg, un homme dormait par terre dans le hall avec son chien. Les Cendrillons d’hier savaient-ils que tous les carrosses redeviennent des citrouilles après minuit dans ce monde ci ?

Ce matin un sms de victoire. Les camarades m’apprennent que les Pilpas ont gagné au tribunal. Peut-être mes lecteurs se souviennent-ils que je m’étais rendu dans l’entreprise en décembre pour soutenir la lutte, juste avant le meeting à Toulouse contre l’austérité ! Donc voilà : le plan social est rejeté. L’employeur est condamné à payer 2500 euros de frais de justice. Ces Pilpas vont sans doute fêter ça. C’est si dur de tenir en lutte ! Tout tient à la capacité du groupe humain à rester soudé. En tenant compte des contraintes qui pèsent sur chacun, et qui ne sont pas toujours dites car la pudeur est là aussi.  Une victoire c’est comme un matin de printemps : plein de promesses. La cohésion se renforce, on prend confiance en soi. Mais je suppose qu’il faudra aussitôt penser la suite. Car les décisions de justice favorables aux travailleurs sont méprisées par les puissants. Ils comptent sur l’usure et l’angoisse du lendemain qui ronge les salariés. Ce mépris ne leur coute rien car il est rarement sanctionné. Et le nouveau gouvernement n’aide jamais. On se souvient du sort des Sodimédical et de leurs trente-deux victoires judiciaires. Et on se souvient du « on ne vous oublie pas » que le président Hollande leur avait lancé quand les salariées étaient venues l’interpeller à la foire de Chalons sur Marne. Pour finir, on sait la suite ! Si l’accord avec le MEDEF passe, les courageux qui peuvent bloquer individuellement un « accord d’entreprise » qui diminue les salaires ou allonge la durée du travail seront réduits au silence. D’autant que le texte signé prévoit que les licenciements se feront non plus sur des critères généraux, par exemple l’ancienneté dans l’entreprise, mais sur une évaluation des compétences professionnelles. Vague à souhait, cette disposition est faite pour pousser chacun à penser d’abord à sauver sa peau en compétition avec les autres. On devine le résultat sur l’action collective ! La lutte des classes….

Ambiance lunaire au parlement européen. Un « débat » impromptu a été décidé sur la situation au Mali. Dans cette enceinte subliminalement anti française et assez névrotique ment anglo-saxonne, la guerre du Mali a pourtant valu à notre pays beaucoup de remerciements. Comment aurait-il pu en être autrement ? Ici phosphore la plus grande concentration de bellicistes de la planète, après le parlement nord-américain bien sûr. Certes, Daniel Cohn-Bendit ne put s’empêcher de dire toute arrogance germanique bien bue que cette guerre « dépassait peut-être les moyens des Français ». Mais il jeta pourtant le bon pavé dans la mare. En effet il dit son malaise à entendre toutes les belles déclarations  guerrières qui se succédaient mais qui au bout du compte n’empêchait pas que sur le terrain seuls les Français se trouvaient là. Les autres parlent. Et c’est tout. En effet. Comme ce néant ambulant de baronne Ashton, sommet d’une bureaucratie diplomatique dont elle attendait que la fonction créa l’organe et qui se résume à une couteuse nullité. Car il y a tout de même deux ans que tous les signaux d’alerte ont été donné en Europe sur la situation au Mali. Et pas que là ! Les grands esprits et la pauvre baronne en restèrent à la seule chose qui compte à leurs yeux : l’imposition de gré ou de force d’accords commerciaux de libre-échange. Ceux-là même qui disloquent ce qui  reste d’Etat après dix années de politique violente d’ajustement structurel sous la houlette du FMI et de la banque mondiale. Un train-train libéral tellement aveuglé qu’il continue pendant que l’effondrement de l’état malien en signifie l’insondable cruelle stupidité. Même l’ONU a déclaré que ces accords étaient de nature à mettre en péril l’économie des Etats concernés. Mais quoi ? L’ONU, pour ces gens-là c’est pour faire la guerre avec bonne conscience. Pas pour donner un avis économique. Le jour même où ce ramassis de bavards sans consistance avait achevé leur « débat » arrivait dans les tuyaux du vote un rapport concernant l’approbation de tout le train d’accords avec les pays d’Afrique qui ont cédé aux injonctions européennes. Les récalcitrants sont en cours d’intimidation et sous le coup de diverses menaces comme celle de se voir fermer le libre accès aux marchés européens ! Une audace protectionniste réservée à quelques-uns donc. Telle est « l’Europe qui nous protège ». Ce matin j’ai appris que l’Europe allait réfléchir aux mesures à prendre pour former l’armée malienne. Scrogneugneu, on va voir ce qu’on va voir ! La baronne peut aller piocher des idées auprès des USA qui ont déjà dépensé des millions de dollars dans cette formation pour ces officiers maliens qui sont maintenant en guerre contre l’armée régulière. Les gringos sont les rantanplans militaires de la planète.

Le jour de la guerre juste, urgente et bienfaisante.

Quand la guerre commence, amis lecteurs, sortons notre barda de combat. Je ne parle ni d’armes ni d’aucune des impédimentas d’une armée en campagne. Je parle de notre modeste cerveau et de nos capacités d’analyse et de mémoire. Et aussi de nos capacités d’empathie. 

Lire la suite »

Mali : ils le savaient avant

Cette vidéo a été consultée 92 570 fois

Oui, j’ai bien écrit « empathie ». Les dévastations de la guerre, les ruines et les plaies, les morts et les blessés, sont davantage que des quantités que les nombres résument. Dans la guerre davantage que dans n’importe quelle autre calamité tout est humain. De tout cela, des êtres humains sont responsables, ce sont eux qui commencent la scène, qui la finissent, eux qui sont les causes et vivent les effets. Nous, qui ne sommes pas sur le front, ni sous le feu des combats mortels, nous sommes pourtant pilonnés là où nous sommes disponibles. C’est-à-dire dans notre imaginaire et dans notre capacité à comprendre ce qui se passe. Car c’est bien là que tout se joue pour nous si nous voulons y trouver notre place et notre accomplir nos devoirs de citoyen que tout concerne. Quand la guerre commence les étiquettes volent dans l’air et se collent comme des mouches sur les points de vue qui s’expriment. Le paysage est construit au premier coup de feu. D’un côté les « pour » de l’autre les « contre ». D’un côté les patriotes de l’autre les tireurs dans le dos. Les guerriers et les défaitistes. Et ainsi de suite. Le paysage de l’esprit en temps de guerre semble contraint au noir et blanc.

La première fois j’en fus tout culbuté. Penser de façon autonome exigea un énorme effort de contrôle de soi et une obsession de la documentation qui confinait au bachotage. Ce fut pour la première guerre d’Iraq. Je m’y opposais. J’avais du cran. D’abord parce que le président Mitterrand en était. Ensuite parce que les bienfaits attendus de la guerre était très évidents. Non seulement l’odieux Saddam Hussein allait devoir évacuer le pauvre petit Koweït mais en plus les monarchies du golfe, à commencer par celle du Koweït, allaient ensuite se tourner vers la démocratie et le respect du droits des femmes en particulier. Mais j’y ai pris le goût de penser tout seul et de tenir tête de tous côtés. Ce fut bien utile quand je me suis ensuite opposé à la guerre en Somalie contre « l’ennemi public numéro un » des Etats unis et de l’occident, le général Aïdid, épisode et ennemi dont malheureusement personne ne se souvient. Là encore il fallait de l’audace car il s’agissait de sauver les somaliens de la famine, rétablir l’état et la démocratie. Puis ce fut guerre d’Afghanistan contre le mollah Omar et les odieux talibans de ce temps-là. Mon incroyable refus à cette occasion montre bien que je suis « toujours contre tout », même le meilleur, puisqu’il s’agissait quand même de sauver la démocratie, de rétablir les droits des femmes et je ne sais plus quoi d’autre encore très bon et très juste. Du coup à la deuxième guerre d’Iraq je fus tout surpris de voir que je n’aurais pas à résister tout seul contre le rétablissement de la démocratie, de la paix civile et contre les armes de destruction massive alors que chacune de ces raisons avait paru suffisante, la fois d’avant, pour me faire peindre en munichois avec du goudron et des plumes. Au moment de la guerre de Libye, j’eus droit au goudron et aux plumes de nouveau, mais des deux côtés de la dispute. Après avoir voté au parlement européen un vœu comportant mention d’une zone d’exclusion de l’espace aérien sur décision de l’ONU, je me vis peint en suppôt de l’impérialisme. Mais je fus vite repeint, moins d’une semaine plus tard par le point de vue adverse, en grossier anti-américain et munichois viscéral pour avoir condamné l’entrée en guerre, les bombardements et l’arrivée de l’Otan. Il est vrai qu’il était question de rétablir la démocratie, la paix civile et encore bien d’autres choses excellentes que seul un esprit butté comme moi ne pouvait accepter de soutenir. J’ai dû oublier une guerre où l’autre dans ce petit récit. Il me sert de mise en garde : je suis entraîné, cultivé et sachant. Le son du  clairon n’arrive pas à m’empêcher de penser ni à me faire oublier ce que je sais. Et ce n’est pas parce que la guerre est en noir et blanc que l’intelligence doit s’y conformer. Le bilan des précédentes excellentes guerres à mener d’urgence et sans débat possible est disponible aux yeux de tous. Le souvenir est encore frais de la clameur des louanges précédentes pour les stratèges, héros et grands penseurs des glorieux épisodes précédents. Impossible d’oublier ces civils ampoulés que les mots de la guerre virilisaient jusqu’à l’épectase, ces militaires à la retraite se disputant les plateaux de télé, bref de toute cette faune qui nous accablaient de sa suffisance et de ses certitudes et leur refrain de trompettes ! Leurs clones sont de retour. Allons de notre côté. Continuons à penser. Pour tenir bon il faut comme toujours avoir des principes. Quelle est la légitimité de l’action ? Qui agit, et décide, et de quel droit ?  Quels sont les buts de guerre ? Ça aide pour commencer.

La guerre du Mali est d’abord une guerre. Ce qui se déroule et ce qui se prépare soulève des problèmes techniques et politiques souvent liés -mais pas toujours- et engendre des situations qui ont leur autonomie. De plus, cela va de soi, ce qui se déroule modifie de fond en comble toutes les données politique et les rapports de force antérieurs. Et chaque étape de son déroulement, la guerre réorganise le futur lointain qui lui restera lié. Dans la vie des êtres humains, la guerre est comme un seuil entre deux moments qui obéissent à des lois différentes. Jamais autant qu’après l’enclenchement d’une guerre il n’y a autant un avant et un après. La guerre génère une illusion d’optique extrêmement dangereuse. Elle fait croire que les problèmes sont assez simples pour se régler par la force. Ici vaincre les bandits peints en islamistes ne doit pas faire perdre de vue que la sécession du nord du pays est antérieure à leur arrivée. Quelle a une base très ancienne et que cette affaire implique plusieurs pays de la zone contenant une population Touareg. Je n’ose écrire berbère pour ne pas compliquer l’analyse. Stopper une colonne de pick-ups est une chose. Reconquérir le nord du pays une tout autre affaire. Le reconquérir contre qui ? Les islamistes ou les Touaregs ? Et pour rendre le terrain repris à qui ? Les putschistes au pouvoir ? Des élus ? Donc nous allons organiser les élections ? La définition des buts de guerre est un commencement indispensable.

Hollande avait à peine fini de parler quand j’ai écrit mon communiqué à propos de l’intervention au Mali. On devine que j’ai pesé mes mots. On comprend aussi après ce que je viens de raconter ce que sont devenues toutes les nuances de ce que j’ai écrit : une transcription en noir et blanc. Qui n’est pas « pour », sans condition, sans réserve, sans question, sans mémoire et sans prédiction défavorable est donc « contre ». C’est-à-dire pour « laisser faire ». Donc pour la prise de Bamako par les terroristes, pour la charia, les supplices publics et l’asservissement des femmes. A moins qu’étant opposé à tout cela, mais sans me mettre au garde à vous,  je sois seulement un inconscient des réalités de notre temps « dans-le-monde-qui-change-et-où-il-faut-defendre-les-frontières-de-la-démocratie-et-des-droits-de-l’homme-et-surtout-ceux-des-femmes » devant chaque pick-up rempli de barbus. Amen !

Ceci étant mis en facteur commun contre tout ce que je vais écrire à présent, voyons ce que j’ai osé dire, dix minutes après que Hollande ait parlé. J’ai affirmé que l’intérêt d’une telle intervention pour régler le problème posé au nord de ce pays était discutable. Puis j’ai ajouté que l’intérêt de mener cette opération, alors que les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas en cause selon le président lui-même, est très discutable à moins de se proclamer Zorro de la planète. D’autant plus discutable qu’il y a des armées africaines très professionnelles dans le secteur. Puis j’ai conclu en notant que le fait de décider cela tout seul sans saisir le gouvernement ni le parlement est condamnable. Ce sera mon plan pour poser ici quelques arguments qui valent la peine de marquer une pause dans la marche au pas des esprits et des commentaires.

On a vu pourquoi est discutable l’idée de penser régler par la force et comme une seule question l’agression islamiste et la sécession du nord du Mali. Mais la légalité internationale de l’intervention elle-même n’est pas aussi assurée que le gouvernement veut bien le dire. Contrairement à ce qu'affirment nombre de médias sans l'avoir vérifié, cette intervention n'a été ni autorisée a priori, ni validée a posteriori par l'ONU. Les paragraphes 10 et 11 de la résolution 2085 de l’ONU, demandaient d'ailleurs expressément aux parties engagées dans la planification militaire des opérations (CDEAO, Union africaine, pays voisins du Mali, autres pays de la région, partenaires bilatéraux et organisations internationales) de retourner devant le Conseil de sécurité « avant le lancement des offensives ». Or cela n’a pas été fait. C'est même l'ambassadeur de France auprès des Nations Unies, Gérard Arnaud, qui l'a avoué. Il admet lundi 14 janvier que l’intervention est une « opération française d’urgence » et pas encore une mise en œuvre de la Résolution 2085. Et il ajoute que la question de savoir comment passer de l’une à l’autre est « une vraie question ». En effet, c’est problème sérieux de savoir comment mettre en conformité une opération militaire française avec une mission internationale dont le nom même induit un commandement africain. La seule intervention pour laquelle l'ONU a clairement donné un mandat est celle d'une mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine, dite MISMA. Pourtant, de l’aveu même de l’ambassadeur français à l’ONU après la réunion qui s’est tenue à huis clos lundi 14 janvier et qui n’a donné lieu à aucune nouvelle résolution, les contingents africains n’étaient toujours pas arrivés à Bamako trois jours après le début de l’intervention. Notons que, dans les premières heures, l’orchestre médiatique affirma pourtant en boucle que l’intervention se faisait avec la participation de troupes africaines. Notez : en temps de guerre les informations pipeautées circulent vite et beaucoup par le biais des réseaux d’intoxication communicationnels, de la flemme, du panurgisme et de «l’ubris militaris » des médias. 

Les inconditionnels de l’opération « Serval » invoquent l’article 51 de la Charte des Nations Unies qui prévoit un droit de défense légitime en cas d’attaque armée d’un pays membre. Or la légitimité de l’appel des autorités provisoires du Mali à une intervention française est aussi discutable : l’actuel gouvernement du pays n’est pas un gouvernement démocratique mais le résultat d’un coup d’état mené en mars 2012 par le capitaine putschiste Sanogo. Ce dernier impose maintenant ses décisions au président par intérim Dioncounda Traoré. Pour l’heure, aucune date n’est fixée pour la tenue des élections qui devaient avoir lieu en 2012. Il nous est donc non seulement permis d’affirmer que la légalité internationale de cette intervention est discutable mais aussi que la légitimité de l’appel à l’aide du gouvernement Malien fait problème. Même si cela n’enlève rien à la nécessité de stopper l’agression vers Bamako, cela montre que de toute façon le problème de départ reste entier. On ne peut commencer sans finir. Et pour finir il faut chasser ceux qui nous ont appelés. Dans son principe même l’intervention contient une logique de substitution de l’autorité au Mali. C’est l’aventure assurée.

Mon communiqué affirmait ensuite que la décision d’intervenir alors que les intérêts fondamentaux de la France ne sont pas en cause est discutable. C’est le Chef de l’Etat lui-même qui l’a dit dans son allocution en affirmant que «la France sera toujours là lorsqu’il s’agit, non pas de ses intérêts fondamentaux, mais des droits d’une population ». J’espère bien que ce n’est pas la nouvelle doctrine diplomatique de notre pays. Et encore moins sa nouvelle doctrine militaire ! Car sinon la France n’a pas fini d’intervenir partout. De plus, de quel droit s’agit-il ? Et de quelle population ? La phrase de Hollande n’a aucun sens concret. Pourquoi l’a-t-il prononcée ?

Pour finir, mon communiqué condamnait une décision prise par le seul Chef de l’Etat sans consultation préalable du Parlement et sans réunion du Gouvernement. Plus qu’ailleurs, ces instances doivent avoir leur mot à dire dans le domaine des interventions des forces armées à l’étranger. Nul besoin de revenir je crois sur la démonstration. Si le chef des armées est le président de la république, c’est aussi d’après l’idée que cela évite que les seuls paramètres des militaires comptent dans la décision de guerre à prendre. Il fut un temps récent où les socialistes le savaient. C’est d’ailleurs la substance d’un amendement (n°292) qu’avaient soumis les membres du groupe socialiste (signés par deux ministres actuels, Montebourg et Valls, et par l’actuel président du groupe Socialiste à l’Assemblée Nationale, Bruno Le Roux) au moment de la révision constitutionnelle de juillet 2008. Ils souhaitaient alors que « le Gouvernement informe le Parlement des interventions des forces armées à l’étranger dans les trois jours qui suivent le début de celles-ci », qu’il «précise les objectifs poursuivis et les effectifs engagés» et enfin qu’il soumette «ses propositions au vote des deux assemblées dans les deux semaines qui suivent leur information ». Ils motivaient cet amendement en expliquant que « dans une logique démocratique avancée, il est nécessaire que le Parlement se prononce par un vote ». Le PS a peut-être changé d’avis, moi pas.

L’égalité est une et indivisible

Je veux revenir sur la manifestation du 27 en soutien au « mariage pour tous ». Mes lignes sont destinées à aider à argumenter pour convaincre de faire l’effort de se mobiliser pour la manifestation du 27.

Lire la suite »

Je déplore l’inertie du PS qui se contente de parler alors qu’il dispose de tous les moyens lui permettant d’agir pour réussir une mobilisation de masse. Je le déplore d’autant plus qu’il a déclenché la bataille en sachant que le choc serait rude et qu’il y aurait une forte mobilisation des opposants au projet de loi. Rien n’a été pensé ni organisé de façon globale et cohérente. Tout est à la va comme je te pousse. Que ce soit pour la bataille d’influence dans la rue ou pour la bataille parlementaire où les amendements sur la PMA déposés et retirés aggravent l’impression désastreuse de marche à reculons.

Tous les êtres humains sont semblables par des besoins qui fondent des droits universels. De là nous tirons notre adhésion à l’idée de l’égalité absolue en droits des êtres humains. Dès lors nous considérons que la bataille qui se livre dans l’arène sociale à propos des droits des travailleurs est la même que celle qui se mène à propos du mariage et de l’adoption. Dans cette bataille, qui veut l’égalité à un endroit la veut toujours à l’autre. Inversement, qui ne veut pas l’égalité des droits civiques finit toujours par s’opposer aussi à l’égalité des droits sociaux. La bataille pour l’égalité des droits est une et indivisible. 

On peut expliquer historiquement cette indivisibilité, en revenant au point nodal que fût la Révolution Française de 1789 : c’est là que s’est noué le rapport nécessaire qui existe aujourd’hui  entre la lutte pour l’égalité des droits sociaux et celle pour l’égalité des droits civiques. La Révolution fût la première révolution menée par une nation au nom de principe et d’objectifs universels et pas nationaux. Une opposition brutale s’est alors manifestée entre des républicains libéraux qui se battaient pour l’avènement d’une société civile égalitaire conforme à leur conception universaliste de l’humanité et les conservateurs qui souhaitaient le maintien de l’ordre inégalitaire de l’Ancien Régime au prétexte théorique que l’inégalité naturelle avait permis l’établissement de cet ordre. 

C’est cette opposition qui sous-tend aujourd’hui encore la lutte que nous devons mener. La  droite et l’extrême-droite considèrent l’inégalité comme l’état de nature et bien sûr, la nature elle-même comme essentiellement inégalitaire. De Maurras qui affirmait que « l’égalité ne peut régner qu’en nivelant les libertés, inégales de leur nature » à Copé qui reproche à la gauche de « travestir la devise de la République » en se méprenant sur le sens de l’Egalité que nous entendrions comme « égalitarisme » (Discours du 31 janvier 2012), la droite et l’extrême droite ont toujours pensé que l’égalité n’était qu’une pondération nécessaire des libertés, non leur condition première.  Dès lors, pour elles, toute lutte pour l’égalité des droits est une lutte contre-nature, qu’elle soit sociale ou civique. La conception naturaliste de la famille et la vision figée du couple ont cet arrière-plan philosophique et politique. Les adversaires de la liberté du mariage des homosexuels, tels que la droite et l’extrême droite, sont descendus dans la rue dimanche parce qu’ils pensent qu’un ordre naturel va être violé. Comme chaque fois que l’égalité est établie ils concluent que c’est au prix d’une violence contre nature.

Dans la question de la liberté du mariage homosexuel, il n’est donc pas question pour nous de faire preuve de « tolérance » ni même de bienveillance à l’égard des homosexuels mais bien de reconnaître un fait de la raison : tous les êtres humains sont égaux et doivent par conséquent avoir les mêmes droits. C’est aussi pour cette raison que nous ne saurions nous contenter de nous battre pour une loi qui serait vue comme une simple expérimentation. En tant qu’elle revendique et assume l’égalité absolue en droit des êtres humains, notre tâche est de convaincre la société que la lutte pour l’égalité des droits civiques est la même que la lutte pour l’égalité des droits sociaux. Plus forte sera l’adhésion de la société à cette égalité civile, plus forte sera la pression qui pèsera sur les conservateurs en matière sociale.    

 

Lu dans vos commentaires…

247 - Hucher Alain dit le

Les publications objectives sur Robespierre ne manquent pas. Deux récentes, Robespierre, la probité révoltante de Cécile Obligi et Robespierre Portraits croisés de M. Biard et P. Bourdin (sd). Pas des hagiographies mais des livres qui vont provoquer la réflexion.

Tags: , ,


396 commentaires à “Penser pendant la guerre”
» Flux RSS des commentaires de cet article
  1. Tiphaine dit :

    Bonjour Jean-Luc,
    Ce droit à la légitime défense présente un cas à part, qui dans l'histoire a fait l'objet d'abus répétés. Lorsque les états se comportent en juge et partie, c'est la pierre angulaire même de la Charte des Nations unies qui s'érode. Ainsi, Me Jahrreis, représentant le Général Jodl au Tribunal de Nuremberg, prétendait qu'il n'appartenait qu'à l'état lui-même de décider de la légitimité de son action, argument qui n'a pas été reçu favorablement à l'époque, mais qui a été repris par les représentants états-uniens quelques décennies plus tard, à La Haye, dans l'affaire des Contras, portée devant la Cour internationale de Justice par le Nicaragua. Mais voilà que même les États-Unis s'interdisent l'appui militaire au Mali, puisque leur loi budgétaire (article 7008 du FY2012 Consolidated Appropriations Act, P.L.112-74) n'autorise pas ce type de soutien (direct) en faveur de régimes issus d'un putsch et n'ayant pas restauré la démocratie.
    Il est combien affligeant de constater que la France se comporte en juge et partie, mais aussi en bourreau dans l'exercice de ses relations internationales. Dixit François Hollande: "Vous vous demandez ce que nous allons faire des terroristes si on les retrouvait ? Les détruire. Les faire prisonniers si possible, et faire en sorte qu’ils ne puissent plus nuire à l’avenir." Cette posture de mépris pour les conventions internationales est indigne de la France. C’est toute une tradition de diplomatie française qui s’effrite lorsque le président (socialiste!) s’exprime en termes Bushistes de « kill or capture. »
    Continuez à vous opposer à cette folie qui encourage, de plus, les pires travers des médiacrates.

  2. annick dit :

    En ce qui concerne les judicieux conseils de lecture pour tenter d'appréhender la révolution française, pourquoi pas lui conseiller le merveilleux Henri Guillemin, ardent défenseur de Robespierre !
    Pour ceux que cela intéresse les archives de la Radio Télévision Suisse ont gardé précieusement les interventions magnifiques de cet historien passionnant à entendre, extraordinairement honnête, dont toutes les informations sont dument référencées.
    Les fondateurs du Parti de Gauche l'ont créé sous l'égide de Louise Michel et Jean Jaurès ! L'histoire de la Commune de Paris de 1871 est inconnue du plus grand nombre. Allez donc tous écouter 13 épisodes de 25 minutes pour connaitre une vraie révolution du peuple sauvagement réprimée dans le sang par le triste mr Thiers (dont tant de rues et boulevards portent le nom). Elle dura à peine 2 mois, si peu de temps pour proposer la séparation de l'église et l'état bien avant la loi de 1905, des lois sur le travail de nuit etc !
    [...]

  3. L'ariégeois dit :

    Bonjour,
    La sécurité sociale,la santé des français,tout cela coûte trop cher. Question d'un citoyen simpliste. La guerre au Mali c'est pas cher ?

  4. Jeanne Moll dit :

    Bonsoir tout le monde,
    Je ne suis aucunement embarrassée par votre participation au GQ puisque vous êtes resté pleinement vous-même. Le garçon coiffeur auto-didacte et curieux jusqu'à devenir érudit a maintenant une source directe d'information sur nos projets. Vous avez forcé le respect. Pour ma part, je cotoie toutes sortes de gens de tous bords et cela aiguise à la fois ma connaissance du monde et mes argumentaires.
    Pour ce qui est de la guerre au Mali, les bons sondages sont en train de virer de bord. Il nous faut le temps de comprendre les véritables enjeux et le dessous des cartes. J'ai déjà rafraîchi un bon paquet de va-t-en-guerre sur Face de bouc en commençant par exprimer mes doutes et en les étayant de publications éclairantes et complètes sur le rôle de l'Occident en Afrique et Moyen-Orient et la géostratégie qui se fout pas mal des maliens et encore plus de la dignité de ses femmes. Les bombes tuent, la guerre est une infamie et notre ingérence n'a de véritable raison que la richesse de cette région en minerais de toutes sortes. Nous n'affrêtons pas de rafales pour défendre la démocratie dans les régions qui ne présentent pas d'intérêts aussi puissants. Plus nous parlons d'érradiquer le terrorisme et plus il prolifère. Attaquons-nous à la misère, à l'injustice et aux usurpateurs qui font le lit des extrémismes ici comme ailleurs.
    Jean-Luc, vous avez tout mon indéfectible soutien avec des bises jurassiennes frisquettes.

  5. jacques bounoume dit :

    Jean-Luc Mélenchon : Analyse claire et lucide des événements actuels.

  6. Pat83 dit :

    @ 52 Annick
    Un grand merci pour m'avoir fourni une excellente occasion de me (re)plonger dans les fondamentaux en ce début d'année 2013.
    Le premier clip fait étrangement écho à la façon de détourner l'opinion de la politique intérieure par la pseudo nécessité d'agir sur les théâtres d'opérations extérieurs, comme ils disent. Un peuple sans mémoire se condamne à revivre son histoire. Écoutons donc attentivement Henri Guillemin.

  7. clarazed dit :

    Dans la contamination affective "va-t-en-guerre" propre à ce genre de moment et qui court-circuite l'intelligence, un point de vue dissonant mérite d'être porté à notre attention, celui d'Aminata Traoré, Malienne, altermondialiste engagée, ancienne ministre de la culture, écrivaine, féministe. Dans cette conférence, tenue lors de notre fête altermondialiste en septembre 2012, elle traite de thèmes (FMI, division internationale du travail, rôle des multinationales, flux migratoires, révolte populaire de 1991, corruption) qui permettent une compréhension de son pays à travers un autre prisme que celui du discours dominant, que ce soit en France ou au Mali.
    En novembre 2012, des femmes maliennes, dont Aminata Traoré, prennent position sur ce qu'il se passe au Mali : ”Femmes du Mali, disons non à la guerre par procuration”.

  8. Magda Corelli dit :

    En aucun cas la France n'interviendra au Mali. En aucun cas vous ne verrez vos conditions de vie s'améliorer et celle-là il va la tenir notre cher Président! Oui magnifique Henri Guillemin. Je suis très heureuse de lire plusieurs messages le citant. Ecoutez aussi son Tolstoï. Passionnant. 14° dans ma maison, je file sous ma couette.

  9. maturin.j dit :

    @Counch à 11h20
    Jean-Luc, c'est bien, le surlignement vert dans tes articles. Mais c'est encore trop peu. Il faudrait équilibrer avec le rouge
    Salut Counch, permet moi de te tutoyer, je suis comme toi sensible aux couleurs et aux mots. Par exemple, au Front de gauche nous préconisons une planification écologique. Peut-être il faudrait dire le Front de gauche affirme que l’écologie planifiée est le moteur du progrès économique. C’est la solution Indispensable. Dit comme cela, c’est de couleur rouge ! Les mots, ont un sens, ils ne sont jamais innocents, je suis d’accord avec toi. Autre exemple, l’Eco-socialisme. Peut-être faudrait dire nous somme pour une sociale écologique et le mot d’ordre pourrais être "vive la social écolo". C’est ce que je pense car toutes les forces du progrès, pour l’humain d’abord sont bien rouge et vert.
    Salut et fraternité.

  10. maris dit :

    Je ne comprends pas pourquoi certains d'entre nous ne comprennent pas la position de Jean-Luc Mélenchon. Pourtant c'est clair. Il ne fallait pas aller là-bas dans ces conditions, car cela crée une situation instable où La France va peut-être entraîner un mouvement des pays africains(?), mais la pose quand même comme le gendarme de l'Afrique noire.
    Contrairement à ce que j'ai pu,lire dans certains posts, il n'avait aucune raison de se lancer dans cette aventure ; par contre la seule raison de ne pas y aller c'est la suivante : ce n'est pas avec une armée traditionnelle que l'on règle le problème du jihaddisme. La "nébuleuse " est partout, nourrie de l'argent du golfe persique, de l'argent des trafics en tous genres, de la manipulation des consciences par quelques illuminés qui exploitent la misère des autres pour réaliser leur rêve : casser du chrétien...ou de l'occidental.
    Maintenant, hélas, le pas a été franchi et on ne peut pas dire : je n'y serais pas allé, qu'il se débrouille... Ce sont nos compatriotes qui sont là-bas et ce sont eux qui vont se faire casser la figure, pour qui, pour quoi ? pas une noble cause à défendre(voir plus haut), mais un pays exhangue à maintenir en vie ? Les Maliens, bien sûr, ne voient pas d'un oeil satisfait les islamistes débarquer, surtout qu'ils ne sont pas très fins. Mais que penser d'un pays très loin qui vient s'interposer ? Leur satisfaction, hélas, ne durera pas longtemps, à moins que la France ne fasse que passer, ce dont je doute. La France aurait dû peser de tout son poids pour que les pays limitrophes viennent aider leur voisin Malien à se reconstituer et l'aider à s'organiser, soit pour parlementer avec le nord(Touareg), soit pour maintenir sa cohésion nationale. Que va-t-il rester du Mali dans un an ? Dépecé par ses voisins, livré à la vindicte de la nébuleuse extrême-islamiste? Ou les troupes françaises seront-elles toujours là-bas, comme en Afghanistan, à se faire agresser systématiquement par des fanatiques mélés à la population ?
    C'est bien pour cela que, placé devant le fait accompli, il est bien difficile de ne pas prendre une position mesurée, car bien des choses risquent de se produire.
    Une seule chose est sure, cependant, F Holande a donné un sacré coup de pouce aux marchands de canons, qui ne vont pas se géner pour en vendre aux deux côtés à la fois ! Rigolo, non ?

  11. vm dit :

    Je suis contente de ce qu'a écrit JL Mélenchon et de ce qu'écrit aussi Maxime Vivas (n°50, 18h55).
    La chose la plus importante est le rappel de la dernière phrase : "le fait de décider cela tout seul sans saisir le gouvernement ni le parlement est condamnable". Il ne faut jamais oublier que JL Mélenchon raisonne en homme d'Etat, comme si un homologue lui disait : "je voudrais bien t'y voir !", et donc il s'exprime dans l'instantané avec une juste prudence, même si elle peut paraître suspecte aux impatients.
    Ce qu'a fait Hollande est effectivement, non seulement condamnable mais impardonnable. Etant donné le guêpier du nord Mali, dont il n'est pas directement responsable mais qu'il connaissait déjà, toute sa parentèle politique ayant plus ou moins trempé là-dedans, la moindre des choses était de soulever la question devant tout le pays, avant même que l'urgence n'apparaisse ; et non de dissimuler sous une formule convenue les intérêts des groupes de pression (Total, Areva), ni la situation politique inextricable dont souffraient les populations sur place.
    Une fois tous les éléments mis sur la table, ça se discutait, oui, et il devenait évident aux yeux de tous qu'une intervention militaire de la France ne pouvait que multiplier les problèmes sur place. Il fallait imaginer un autre type d'intervention pour stopper les progrès des fanatiques (armés par qui ?) et surtout, beaucoup plus tôt, discuter avec l'Algérie et les autres états africains.
    Mais voilà, Hollande, lui, n'est pas un homme d'Etat. Ce n'est qu'un politicien, qui s'est bien gardé de prévoir, et qui n'a vu dans cette affaire qu'une occasion de jouer dans la cour des Big brothers, tout en faisant oublier sa politique de classe au service du Medef, contre tous les acquis sociaux depuis 1936 et 1945. La grande régression, comme dit J. Généreux, y compris le retour au bourbier néo-ex-colonialiste.
    Vivement l'alternative qui mettra l'humain d'abord.
    Quand au style, je l'approuve aussi, il est important que notre mouvement apparaisse comme sachant ce qu'il fait, capable de défendre nos propositions devant n'importe quel public, parce qu'elles sont raisonnables et justes, et de faire face la tête haute à toutes sortes de situations.

  12. Genialle dit :

    @Quentin Dubuis à 18h10
    Mais pourquoi diable personne ne parle des intérêts économiques de la France au Mali...

    Mais oui, nous en avons déjà parlé.Mais on s'en doutait, n'est-ce pas ?

  13. Fabien LAURO dit :

    Oh Jean-Luc ! Comment avez-vous pu conseiller à Lucchini la révolution par Michelet ? C'est surtout à cause de lui qu'on se fait cette fausse belle image de la révolution 1789 alors qu'elle n'est que la prise de pouvoir de la bourgeoisie sur l'aristocratie. On vous pardonne pour la nostalgie que Michelet vous procure mais quand même. Pourquoi ne pas lui avoir conseillé le génialissime Guillemin et son "Robespierre, politique et mystique" et toutes ses conférences pour la TV suisse.
    Bon je vous laisse. Faut que je finisse de lire votre billet quand même, votre Michelet m'a interrompu.

  14. Aldo dit :

    Si le PS était favorable au Mali, il aurait donné une fin de non recevoir à Sarkozy dans la poursuite de la guerre en Libye à l'été 2011 ce qui n'a pas été le cas, Sarkozy a pu se débarrasser de son ami envahissant et provoquer un tel désordre que les retombées dans le Sahel n'auraient pas pu être autrement. Gouverner c'est prévoir, non? Pas improviser. Cette situation était largement prévisible, Hollande et son parti ont autant de responsabilités que l'UMP, en plus du cynisme de Hollande en Syrie pas très regardant sur les bandes armées takfristes qui écument les rues de Damas ou d'Alep avec l'argent du Qatar Immense démocratie comme chacun sait. Monsieur Hollande change de lunettes selon qu'il parle du Mali, de la Libye ou de la Syrie. Ils n'en voient pas en Syrie, en Libye mais en voit de nombreux au Mali
    les contradictions font le mensonge. La politique étrangère de la France n'a ni queue ni tête. C'est presque du réchauffé de la politique néoconservatrice de Bush avec les résultats que ça a donné. Il ne faudrait pas prendre tous les opposants au pouvoir fantoche de Bamako pour des méchants salafistes. Il y en a mais ils sont là parce que Sarkozy a souhaité qu'il y en ait pour déstabiliser la région du Sahel. Hollande n'a que le mot terroristes dans le bec pour occulter les Touaregs. Je ne sais pas qui tire les ficelles de la poupée Hollande, mais il va droit dans le mur et il va entrainer la France avec en niant l’opposition touareg qui elle est opposée à cet impérialisme qui ne veut pas dire son nom. Areva n'attend pas surement et en si bon chemin demain c'est qui ? L'Algerie, pour ajouter un énième pays au compteur de la charia pour contenter les monarchies du Golfe.

  15. YMH dit :

    Bonjour
    La guerre comme projet de "changement c'est maintenant", franchement, tous ceux qui ont votés PS doivent s'en mordre les doigts, car il s'agit de retour à la préhistoire...

  16. Maximilien R dit :

    Je te trouve un peu léger Jean-Luc pour dénoncer l'accord signé par le MEDEF CFDT CGC à peine six lignes. Evitons de tomber dans le piège du PS et des médias qui communiquent quasi exclusivement sur le Mali et les questions sociétales pour occulter le social. Désolé mais pour moi lors des futures élections ce sera Front de gauche sinon rien. Cette gauche libérale me donne envie de vomir.
    [...]

  17. Michèle dit :

    Dans quel cas la guerre a été la solution au problème ? Si tant est que le problème soit posé ou l'ait été ? Votre dernière phrase est édifiante "une guerre menée contre un concept n'est qu'une illusion impériale qui ne conduit jamais qu'au malheur". J'ajouterais "des populations" car le malheur des uns fait sans doute la prospérité des autres.
    Je me demandais à quoi attribuer l'état de malaise qu'aucune petite joie ne parvient à dissiper. Mon pays est en guerre. Cela me tombe dessus comme un cataclysme imprévisible. Or, il ne s'agit pas d'un phénomène de la nature imparable mais d'une décision humaine. Or, j'ai mis un bulletin de vote dans l'urne... alors le carrosse qui se transforme en citrouille ne pourra plus jamais redevenir carrosse car la fée, de guerre lasse, s'en est allée.

  18. paroche dit :

    Bonjour à tous camarades...
    Ce discours de Jean-luc m'a fait hurler de rire ! cela fait du bien le dimanche matin de bonne heure. Merci de vous battre pour nous Jean-luc, et avec quel brio !
    A vous tous je vous invite à venir nous rejoindre sur le forum créer pour le front de gauche.
    Cordialement
    Mr Mélenchon, si vous avez le temps....

  19. Jean Emmanuel dit :

    Sur la question du Mali, l'ONU ne sert pas à grand chose puisqu'il n'existe pas au sein de la Charte de moyens de sanctions pour un pays qui violerait la décision prise par l'ONU. On l'a bien vu avec la seconde guerre du Golfe illégitime au regard du droit international public. Je suis entièrement d'accord avec vous, ainsi qu'avec N.Mamère et Dominique de Villepin qui nous a évité, faut le rappeler avec Chirac, d'aller s'enliser avec les américains en Iraq. Chaque fois que nous sommes allés quelque part, la chariah a été pratiqué plus que jamais. Hollande est content, il a sa guerre, pour faire style qu'il a un peu d'autorité alors qu'il n'est déjà même pas capable de taxer les supers riches, comment serait-t'il capable de gérer une guerre? En intervenant au Mali, c'est signer la mort des otages français. Jouer les fanfarons alors qu'il y a tellement de choses à faire. Le PS le paiera aux prochaines élections de 2014 à moins d'un tour de passe passe qu'elles soient reculées comme il l'avait évoqué pendant un temps. Je mets Hollande et sa politique au même niveau que celle de Sarko.

  20. Alain Tétart 60150 73 ans et 358 Jours dit :

    cette disposition est faites pour pousser chacun à penser d’abord à sauver sa peau en compétition avec les autres. On devine le résultat sur l’action collective ! La lutte des classes…

    Je suis bien heureux de voir l'ami Jean Luc parler de la lutte des classes au sein même de la même strate, et sans vouloir me fâcher avec notre courageux wm je me permets de lui faire remarquer, qu'il y a plusieurs jours, il a viré, l'un de mes commentaires qui justement parlait en ce sens de la lutte des classes que Cahuzac avait osé ironiquement effleuré et qui avait fait tant de bruit à juste raison ! mais c'est du passé, j'ai été vexé et puis je reviens, le FdG et Jean-Luc Mélenchon étant maintenant ma famille, je ne peux pas continuer à leur faire la gueule, Tu peux encore me virer WM ça ne changera pas ma façon de tous vous aimer.

  21. MICHEL dit :

    Ouf ! Enfin des paroles de mesure et d'intelligence ! Effrayant ce concert de va-t-en-guerres dans les médias hexagonaux : ça rappelle le foot. Décidément la politique est bien " l'art d'agiter les foules avant de s'en servir "
    Encore merci Jean-Luc pour cette leçon de sang-froid, de courage et de pondération !

  22. hamed dit :

    D'accord avec loi fabrice.
    Mais je vais plus loin. Jean-luc pour qui j'ai voté et dont je partage la plupart des idées, sur les questions internationales, je te trouve parfois quasi-munichois. Oui je sais le mot est trop fort. Mais il est fait pour frapper les esprits. Lorsque des peuples appellent au secours, ne faut-il pas y aller?

  23. citoyenne21 dit :

    "pour moi lors des futures élections ce sera Front de gauche sinon rien" idem pour moi !
    Vous fûtes très drôle (et fidèle à vous-même), Monsieur Mélenchon lors de cette soirée de la jet set et j'ai ri de bon coeur et apprécié cette différence de ton, qui a donné à cette remise de prix (dont au fond on se fout) une signification bien moins superficielle qu'il n'y paraissait. Cependant, on attend de vous d'être très incisif pour tout ce qui concerne le massacre des droits des travailleurs. Alors on vous attend au tournant ce soir, sur France Inter !

  24. Richard Lenoir dit :

    Est-ce que la véritable raison de l'intervention au Mali ne sont pas les mines d'Uranium convoitées et promises et Areva, qui se trouvent à quelques km de Bamako ?
    Tout cela ne fait que retarder l'échéance, et pendant ce temps des gens meurent de faim et de froid, des gens, de plus en plus nombreux sont sans travail.

  25. Antigone 34 dit :

    @ Hamed 72
    Joli argument que le vôtre, on dirait du Bush dans le texte!

  26. Jean Emmanuel dit :

    Sur la réforme du droit du travail notre presse complaisante de répéter en boucle que "c'est un accord historique" se fout du monde. Mais j'avais fait une démonstration dans votre billet précédent sur ce sujet.
    Sur le Mali le chroniqueur Thierry Desjardins sur lequel je vais souvent est en accord avec vous sur le Mali et il est effaré qu'il y ait tant de gens qui soutiennent cette guerre. D'ailleurs on doit la notion d'ingérence à Kouchner, celui qui est d'ailleurs appelé deux tiers mondains un tiers mondiste par T.Desjardins.

  27. Pat dit :

    La guerre contre le terrorisme, avant de s'y engager, ne vaudrait t il pas mieux chercher à savoir qui finance l'armement et les véhicules de ces troupes armées ?
    Pas grand monde ne s'interroge sur la capacité de ces furieux à s'équiper comme une armée.
    Ca vient bien de quelque part non ?

  28. jc de seraing dit :

    Analyses et explications de Michel Collon, journaliste d'investigation belge, sur les motivations françaises et européennes de la guerre au Mali.

  29. reneegate dit :

    "homme politique 2012". C'est là ta force, ta sincérité bouge les lignes et force le respect. En ce sens tu es très loin d'un Luchini qui se satisfait de sa seule personne, du pur onanisme, alors que tu ne vibres que par la chaleur des autres. Sacré savon que tu lui refiles en conseillant Michelet par qui nous sommes nombreux à avoir contracté le virus révolution française. Car c'est plus sa passion des autres que sa vision politique qui nous a séduit. Et je conseillerais, comme d'autres l'ont fait dans ces commentaires, Henri Guillemin homme de coeur, magnifique conteur terriblement sincère et donc politiquement engagé (il n'est d'ailleurs pas tendre avec Michelet et je pense qu'à postériori il a raison).
    Enfin merci de remonter toutes ces infos sur cette europe ultra libérale et les accords APE qui mettent les africains à genoux, en exil aussi sur les trottoirs de mon quartier (18ème). Avec l'aide d'un Ouatara redevable.
    Je condamne ce gouvernement usurpateur que je sanctionnerai dans mes prochains votes, avec la même conviction qui a permis d'éloigner Sarkozy et la même ténacité qui je l'espère le mettra enfin à sa place : derrière les barreaux.

  30. titou. dit :

    Sur la guerre au Mali, qui peut se targuer de connaitre les tenants et les aboutissants de ce grand bazar ? Donc sur les déclarations de Jean-Luc, confiance.
    Formidable le discours de Jean-Luc Mélenchon a la remise des prix du magazine GQ, par contre ce milieu là n'est pas ma tasse de thé.

  31. vert pomme dit :

    Cher camarade et à tous,
    Je te trouve bien sévère avec toi-meme, même si je comprends qu'une personne ayant les compétences d'un(e) chef d'état ne doive jamais renoncer à l'examen critique, stoïcien, de sa conscience. Mais je pense que cet hommage était sincère. Il rendait compte de l'humanité du personnage politique, de ses prises de positions sur l'insupportabilité de la misère physique et morale. Les riches sont responsables de la misère en tant que classe, mais en tant qu'êtres humains ils n'en sont pas coupables. C'est tres difficile à avaler quand tu crèves toi-meme de cette misère. Mais c'est ce qui fait la différence entre un peuple révolté et un peuple révolutionnaire et donc, le parti de ce peuple, me semble-t-il.

  32. teresa dit :

    Super vidéo people. Bien joué Monsieur Mélenchon ! A la hauteur de l’événement et au pieds-de-nez du clown en face de vous au débat TV. Votre message politique me plaît aussi devant cet échantillon de la jet society. Ce n'est pas du temps perdu, ni pour eux ni pour nous.

  33. Evariste dit :

    Je voudrais signaler, à propos de la révolution française, un remarquable "Almanach de la révolution française" par Jean Massin. Remarquable non seulement parce que le contenu est extrêmement riche de détails, d'anecdotes et d'iconographie, mais aussi parce qu'il fait bien ressortir l'enchaînement des faits, les desseins, les arrières-pensées et les caractères des principaux acteurs de la révolution. La sympathie de Massin pour la révolution et pour Robespierre est évidente mais il présente les faits avec une grande rigueur.

  34. jean-louis dit :

    Ma grand-mère qui était née en 1913 m'a souvent rappelé la période des années Guy Mollet et Mitterrand à propos du conflit en Algérie ! Et bien là depuis une semaine,je repense à ses propos. Ppourquoi partir seul dans une guerre contre le terrorisme. Ils sont dans tous les pays, et tantôt il y en as 10 de tués et dans le même temps 15 sont formés! La mort de Ben Laden n'a rien changé. 2500 militaires au Mali, des heures de Rafale, c'est plusieurs hôpitaux ou écoles qui sont pas construits ou restaurés. On est en crise depuis plusieurs années, on aurait pu croire que le retour d'Afghanistan aurait été synonyme de paix !
    Attendons que dans le budget 2014, la part militaire augmente au détriment de la sécurité sociale et de l'école. Ma grand-mère, militante de 1936 à 1970, doit se retourner dans sa nouvelle demeure !

  35. Michel Berdagué dit :

    Le style fait l'homme certes, de rappeler Buffon au siècle des bouffonneries des plus dangereuses avec des ubuesques pouvoirs pour noyer le gros poisson, oui ce déclenchement précipité à jurer au grand jamais que seul nous n'interviendrons jamais croix de bois croix de fer, pour en définitive porter le fer et de se dédouaner contre la guerre économique et financière que notre pays subit. C'est à gerber tout ça, alors que nous sommes attaqués tout azymut par les finances genre panzer dévastant tout véritables machines sans aucune humanité, toutes nos forces ne sont pas mobilisées contre la politique de ces 9 mois de gestation, catastrophique. Le bilan est lourd des ravages que ce pouvoir se permet d'appliquer et ça me fait mal que notre rassemblement manifeste avec ce PS dans plusieurs grandes villes hier samedi 19. L'Elysée peut être content, satisfait, le détour a fonctionné, la crainte voire peur de ce pouvoir que notre union soit une force majoritaire a fait que tout a été bon pour nous diviser. Ce matin distrib de tract au centre de Paris, je crains le pire du contenu et de l'objet. Il est grand temps et avec style que nous nous retrouvions sur des bases claires, politiques, et d'alternative.

  36. Titus dit :

    L'intervention à la soirée QG me fait, moi, moyennement rire. Je ne comprends pas que celui qui était notre candidat à la Présidentielle aille à ce type d'évènement minable. Cela me déçoit beaucoup, et me donne une vision de Jean-Luc Mélenchon que je n'imaginais pas. Allons, camarade, il y a mieux à faire, non?

  37. BRETENOUX dit :

    On ne changera pas la société en profondeur si on laisse s'infiltrer partout les intolérances et les radicalismes de toutes sortes. Comme l'accord entre certains syndicats et le patronat mais aussi les inquisiteurs religieux de toutes confessions qui sont le berceau des terrorismes. La langue de bois comme la "bien-pensance" ne fait pas progresser le sort de l'immensité des peuples. Soyons à l'écoute de ceux qui en souffrent [...]
    Amicalement

  38. Sinorodon dit :

    Le kiosque du dimanche, "A noter aussi que la Presse ce dimanche souligne les commentaires de Jean-Luc Mélenchon (…) pour qui l'opération Serval a des relents ou aurait des relents de néocolonialisme…". En dépit de relents pondérés, après coup, par l'emploi du conditionnel, c'est vraiment du grand n'importe quoi, du vaille que vaille pour ainsi dire, vu que c'est la Presse qui le souligne et que Levaï Ivan, de sa voix pateline, se borne à surligner ce que la Presse aurait - conditionnel - souligné.
    "On devine que j’ai pesé mes mots.", écrivez-vous, cher Jean-Luc Mélenchon. CQFD.

  39. jean 76 dit :

    Bon retour André et oui moi aussi je reviens, le FdG nous appartiens a tous. C'est pas les étoiles qui me font rêver mais la lutte des classes. Notre Camarade Jean-Luc Mélenchon est bien le seul à porter nos revendications. Même si on est retraités ! D'aucuns, avant de penser à avoir des élus à tout prix feraient bien de réfléchir, sinon le FdG risque demain d’être composé d'ex adhérents du PS et du PC. Car à ce rythme là ces deux partis vont disparaitre !
    La guerre au Mali, on se croirait en 1954, heureusement (d'un sens qu'il y a plus circonscription, mesure que j'ai mal jugée en son temps) sinon on rappellerait peut-être les jeunes. Y a pas de fric et on va faire la guerre tout seul. Une journée de guerre, c'est le budget de plusieurs hôpitaux ou collèges.

  40. Chantal Catherine dit :

    A lire tous ces commentaires sur la guerre au Mali, je vois les mots "terroristes et islamistes" liés comme d'une manière irréfutable. Or, durant la guerre de 39-45 les terroristes, c'étaient nous, les Français en guerre contre l'envahisseur Allemand. Les terroristes du FNL étaient pour l'indépendance de leur pays.
    Alors j'ai tendance à penser que les terroristes sont comme les rebelles, des être en défense pour leur liberté.
    En ce qui concerne le mot "islamiste", je suis aussi en question. J'ai des amis musulmans et ceux-ci sont consternés par l'action de certains au nom de l'islam.
    Je suis tout à fait laïque, je dirais même que "la religion me sort par les trous de nez", mais ne serait-il pas intéressant de faire une distinction entre intégristes (comme certains cathos ou juifs) et croyants dans telle ou telle religion ? Je me fous royalement que des gens se sentent attirés par une religion, quelle qu'elle soit. Mais ça me gêne qu'on mélange intégrisme et foi dans les discussions politiques.
    C'est une question, comment peut on faire cette différence entre "rebelles" et "terroristes" et intégristes" ?

  41. Colette dit :

    Bonjour à Tous et en particulier à Jean Luc,
    "J’ai créé un style selon cette rédaction". C'est vrai tu fus la grande révélation de l'année. Un moment sympathique, convivial, où tu sais faire passer les idées du FG, beaucoup d'humour et d'amour et ton charisme. Ce ne fût que du bonheur. Un peu de gaîté dans ce monde qui nous fait froid dans le dos, tant de violence, tant de guerre.

    @jc de seraing 10 h 27, j'ai un autre lien sur Michel Collon, c'est important de le lire, car tu auras une version bien différente du personnage.

    Bientôt le Meeting contre l'austérité avec le Front de Gauche mercredi 23 janvier 2013 à 19h00, la manif, si importante pour la lutte contre la pauvreté.
    Bien à vous et à toi camarade Jean Luc

  42. barnola dit :

    People et culte de la personnalité ont tendance à prendre le pas sur le débat politique, dommage.
    Une question. Position de l’électorat FdG dans les sondages sur l'intervention au Mali ?

  43. breteau jean claude dit :

    Il fut un temps ou les casques bleus étaient envoyés pour calmer le jeu et le feu, puis Busch arriva,envoyant ses troupes mettre la pagaille en méprisant l'ONU.le résultat échecs sur échecs, mais une rampe de lancement pour son ami Ben Laden Le but est le méme qu'avec le clanLe Pen avoir sous la main l'alibi nécessaire pour faire tout avaler aux peuples Le fascisme poliyique et religieux sert les mémes intéréts.La guerre est un moyen d'entretenir le taux de profit lui méme alimentant la crise et son cortége de souffrances,pendant que les nantis se gavent.Rien ne justifie la guerre.Qui peut assurer que le Mali allait étre submergé (fable de Fabius) il y a toujours un prétexte pour les mauvais coups (invention de Busch) un peu de mémoire.Guerre à la guerre ;. Qui a réfléchi à la prochaine déstabilisation provoquée par cette aventure engagée par les mémes qui installent en Syrie un fascisme financé par le pétrole.Ce fascisme étape supréme du capitalisme
    Sur un sujet concernant les salariés mais pas qu'eux "wagram",avant de courir dans tous vles sens,réfléchissons, combien de salariés connaissent les conséquences de la forfaiture.Commençons par faire connaitre les conséquences, c'est le role des syndicats,qu'il est désagréable de voir ici maltraités,mettre tout le monde dans le méme sac, les patrons en révent.Aujourd'hui les esprits sont ailleurs, nous avons le temps,ne confondons pas vitesse et précipitation.L'affaire est trop grave pour risquer de se prendre une gamelle.Bien sur que c'est dans la rue que cela doit se passer,pas par des juristes.Cest en défendant nous mémes nos intéréts,qu'il deviendra difficile de les remettre en cause puis en faisant pression sur les parlementaires La bataille n'est pas commencée,il faut d'abord mobiliser nos troupes y compris celles de la cfdt,aussi victimes que les autres Ensemble tous ensemble pour gagner

  44. educpop dit :

    La pensée ultra libérale agit comme un ciment qui incorpore les humains réactionnaires et leur donne le sentiment de défendre un ordre naturel, comme le dit Jean-Luc Mélenchon. D'un côté ils refusent tout ce qui leur paraît contredire cet ordre, et d'un l'autre côté ils tentent de mettre en place des règles définitives qui ne pourront plus être contestées. C'est très proche du fascisme. L'ultra libéralisme s'appuie sur cette idéologie, donc il cherche depuis que les portes lui ont été ouvertes à dérèglementer tout ce qui l'empêche de dominer sans contraintes. Il y a longtemps que cette intervention était programmée au mali, le gouvernement a pris la suite de cela comme il a pris la suite du reste, c'est la même politique. Elle consiste à favoriser les ventes d'armes parce que les capitalistes en retirent de grands profits, établir des alliances passagères qu'on peut manipuler etc... En tous cas le but n'est pas de rétablir des droits pour des populations en danger, pas plus que le but n'est de protéger les droits des salariés dans la lutte des classes. Le but est de délégitimer des représentants pour les empêcher de défendre le peuple contre l'asservissement au capitalisme. Il s'agit de haute trahison au regard des lois et des principes républicains.

  45. jb dit :

    L'homme politique de l'année 2012. Certes oui. C'est un titre bien mérité. Mais en dehors de ce pince-fesses cela n'a pas été beaucoup à la une des médias. Le plus riche, le plus populaire... tout ça on l'entend haut et fort. Mais là, rien, ça dérangeait quelqu'un ?
    Sur la guerre au Mali je suis partagée. Pourquoi y aller seuls ? Mais ça permet de voir à quel point l'Europe n'existe pas. Seule une Europe économique au service des mieux nantis a été créée et comme l'économie de l'Europe prend l'eau de toutes parts, on voit vite ses limites.

  46. Frantz Gacogne dit :

    A Quentin Dubuis qui déplore que personne ne parle d'Areva, suivre les différents liens.

  47. Frantz Gacogne dit :

    est-ce que ça ne vaudrait pas le coup que Monsieur Mélenchon fasse relire ses articles pour en expurger les quelques coquilles qui y traînent ?

    [Les récalcitrants sont en cours d’intimidation et sous le cout [coup ?] de diverses menaces comme celle de se voir ferler le libre accès aux marchés européens ! Une audace protectionniste réservée à quelques-uns donc. Telle est « l’Europe qui nous protège ». Ce matin j’ai appris que l’Europe allait réfléchir aux mesures à prendre pour former l’armée malienne. Scrogneugneu, on va voir ce qu’on va voir ! La baronne peut aller piocher des idées auprès des USA qui ont déjà dépenser [dépensé ?] des millions de dollar dans cette formation pour ces officiers maliens qui sont maintenant en guerre contre l’armée régulière.

  48. Michel Matain dit :

    Je suggérais Michelet

    Et pourquoi pas "Quatre-Vingt Treize" de Victor Hugo ? Une introduction romanesque et lyrique à l'histoire peut peut-être déclencher l'envie d'aller plus loin, du côté des historiens cette fois.

  49. Alextpe dit :

    Je rejoins les autres camarades sur Michelet. Du lyrisme, certes, mais d'un point de vue historique c'est pas vraiment ça à ce que j'en ai entendu.
    Henri Guillemin documente, source et raconte avec une vraie force cette période de notre Histoire.
    A écouter aussi de lui (sur youtube) La Commune, l'affaire Pétain et l'autre avant-guerre. Vous pouvez me croire vous en sortirez pas indemne !

  50. Michel Taupin dit :

    Je m'arrêterai simplement sur les quelques phrases que JL Mélenchon a prononcées lors de la remise du Prix de l'homme politique 2012 (dont je me fous totalement et qui est sponsorisé par quelques multinationales qui détestent la gauche que JL représente). Elles prouvent à elles seules que l'homme politique Mélenchon est féru d'histoire et de philosophie, que son humour est d'une belle élégance et que de ce point de vue, il ne sera jamais un tyran s'il venait comme je le souhaite à la tête de la France. Lucchini ne peut s'exprimer sans citations. Je n'ai pas d'admiration pour ces comédiens, si bons soient-ils, qui continuent à jouer la comédie hors la scène, avec des tics de cabotinage insupportables. Ce que je ressens à travers le petit discours de JL, c'est que ce qu'il apprend est comme un aliment, digéré. Et les sucs essentiels ainsi produits le rendent plus forts, lui permettent de penser par lui-même, lui servent à mieux appréhender l'environnement complexe de la vie. Et nous aident à le mieux comprendre. Pas comme Lucchini qui n'en finit pas de restituer intact ce qu'il a avalé, mémorisé sans que ce savoir érudit ne lui profite autrement que par des invitations sur des plateaux de télé qui servent sa soupe cabotine et indigeste. Les petits marquis de la télé se sont sentis bien petits devant votre prestation d'une grande finesse intélectuelle.


Blog basé sur Wordpress © 2009/2015 INFO Service - V3 Archive