04nov 11

Les voyous feront la police

L’ère autoritaire

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Le G20 s'en remet aux responsables de la crise

Communiqué du 04/11/2011

On le savait illégitime et inefficace. Le G20 réuni à Cannes a aujourd'hui également prouvé qu'il était capable du plus grand cynisme.

Les chefs d'Etats du G20 ont renoué avec leurs promesses de pacotille. Depuis deux ans, le G20 promet de réguler les paradis fiscaux. Depuis deux ans, rien n'a changé. Ces nouvelles promesses n'y changeront rien non plus.

Pire, au lieu de lutter contre la crise, le G20 l'aggrave. Il confie aux responsables de la crise, le soin de la régler.

Le FMI a fait la démonstration de l'absurdité de sa politique en Grèce. Pourtant, le G20 veut encore augmenter ses moyens. Il augmente en fait son pouvoir de nuisance et confirme son rôle de gardien du dogme libéral. C'est désormais l'Italie qui verra sa souveraineté limitée.

Et alors que la finance est à l'origine de la crise, le G20 continue son entreprise de blanchiment des spéculateurs et des banquiers voyous. Il a ainsi décidé de nommer à la tête du Conseil de Stabilité Financière, un ancien de la banque Goldman Sachs et un ancien responsable de hedge fund.

Autant confier la lutte contre la drogue à Pablo Escobar.

img_7453Dans cette note, je pose un premier bilan de l’incroyable affaire du référendum en Grèce. Un événement de première grandeur historique dans cette période. Puis je viens sur le nouvel épisode de la propagande du système, le fameux « modèle allemand ». Et je reproduis mon interview dans le journal l’Humanité. Enfin je dis quelques mots des affligeantes décisions du G20. C’est une note plus courte que d’habitude car je croule sous le travail. Je me suis cependant efforcé d’y consigner l’essentiel de ce que je peux faire pour aider ceux qui utilisent mon blog comme une source d’argumentation. Evidemment nombre de sujets restent sur le bord de mon clavier. Mais comment faire davantage ? Samedi matin vente du programme « L’Humain d’abord » dans la rue. Puis salon de l’agriculture Bio. Dimanche émission sur l’ensemble des radios du service public. Je sais que je pourrais lire ensuite vos commentaires ici.

Merci à Nicolas Bonnet pour sa série de photos intitulée Carnet de voyage au Guatemala

En Grèce, un nouveau protectorat est commencé. Quelle histoire ! La Grèce d’abord a préfiguré le sort de tous ceux qui se feraient prendre hors des clous du système du Traité de Lisbonne. A présent elle est le premier état de l’Union qui se voit refuser son auto-détermination démocratique. J’avais parlé d’un coup d’Etat des financiers, en reprenant le vocabulaire des indignés de Madrid. Le rôle ubuesque des agences de notation comme agent d’exécution des diktats du système a été ensuite dix fois étalé au grand jour. Mais le rouleau compresseur a poursuivi sa route. La pente autoritaire en Europe est prise et déjà profondément enkystée. Le vocabulaire des commentateurs le montre assez. Papandréou est « invité à s’expliquer », Berlusconi est « convoqué » et ainsi de suite. Le président français joue le rôle de l’enthousiaste de service, passeur du plat allemand. Il a pourtant été sévèrement renvoyé dans ses cordes par les conclusions du précédent sommet européen totalement dominé par les pires conservateurs allemands entrés en campagne électorale. Jeudi, entre deux séances du G20 ce fut l’apothéose des brutalités. Ou bien Papandréou cédait ou bien il n’aurait pas d’argent. Il céda. En échange d’un blanc-seing de la droite de son pays. img_8266Deux mauvais coups en un de la part de ce néant ambulant du socialisme mondial. Le premier pour avoir avalisé la méthode des brutalités, le second pour avoir donné comme solution à la crise la coalition avec la droite.

Le référendum était sans doute une grande arnaque. Déjà les bons conseils n’avaient pas manqué pour la rédaction de la question. Les dirigeants socialistes français ne furent pas les derniers à proposer l’habituel dilemme qui tue. La question aurait été : « voulez-vous oui ou non l’Euro ». Avec l’alternative qui se déduit automatiquement : si vous voulez l’Euro, c’est l’austérité et le pillage du pays, si vous n’en voulez pas, c’est la catastrophe. Un vrai « débat » comme les aiment les increvables oui-ouistes, surtout en France. Peut-être n’avez-vous pas eu le temps de prendre la mesure du zèle qui s’est manifesté de la part de certains éditorialistes. Aussitôt a recommencé la musique sur le thème « qui n’aime pas l’austérité n’aime pas l’Europe », « est un nationaliste » et que sais-je encore, déballé à toute vitesse des cartons d’archives de 2005. Evidemment, tout en subtilité, l’injure a connu ses surenchères habituelles. Dont le paroxysme est l’inépuisable amalgame de fin de banquet au « Nouvel Observateur » : la mise dans le même sac de Marine Le Pen et du Front de Gauche. Comme pas une personne n’y croit ni ne peut le croire, on comprend que le but est autre. Il s’agit une fois de plus de délimiter un « cercle des raisonnables » partisan de « la seule politique possible » en promettant à tous ceux qui en sortiraient le pire de ce que craignent Marie Chantal et Jean Patou : l’opprobre et la stigmatisation de la bonne société, celle qui tient les postes et les honneurs à distribuer. Le plus caricatural en la matière est le sieur Reynié directeur de la fondation de l’UMP, repeint en « politologue spécialiste des populismes » lorsqu’il intervient dans les médias. Celui-là n’est pas arrêté par les mots. Il n’hésite donc pas à dire qu’on trouve « dans le même sac », littéralement, Mélenchon et Marine Le Pen. Cet amalgame nous indigne. Il faut y répondre chaque fois qu’on le peut. Expliquer sans relâche est notre méthode en toutes circonstances. Sans illusion : le mal sera fait de toute façon. Ayons cependant à l’œil que l’effet inverse fonctionne en notre faveur. Chaque heure de calomnie enfonce l’image qui montre tous ces gens d’accordimg_7479 entre eux, coalisés dans l’injure, de l’UMP aux cercles de la bien-pensance socialiste. Ils se seront eux-même attachés ensemble. Le moment venu ils couleront ensemble.

Mais l’événement c’est le retrait du référendum davantage que la proposition de Papandréou de le faire ou même la question piégée qu’il s’apprêtait à poser. Car c’est dorénavant un symbole immense qui tombe. Dans l’Union Européenne, la démocratie est un problème, pas une solution. Le peuple lui-même est un problème. Par conséquent, un peu plus tôt un peu plus tard, la suite est écrite dans la certitude. Une politique sans alternative, et, qui plus est, imposée de force fait nécessairement éclater le système qui la contient. Si rien ne bouge, cela est aussi certain que le défaut à venir de la Grèce. La seule inconnue est : où et quand le détonateur fonctionnera-t-il ?

Le « modèle allemand » est la nouvelle coqueluche. Nicolas Sarkozy s’enthousiasme : "Tout mon travail c'est de rapprocher la France d'un système qui marche, celui de l'Allemagne." Une fascination partagée par l'entourage de François Hollande. Test : les investisseurs font-ils d'avantage confiance à l'Allemagne qu'à la France ? Non. La France est largement devant l'Allemagne pour les investissements directs étrangers : plus d'un milliard de dollars en France contre 674 millions en Allemagne, selon les statistiques publiées par la CNUCED. Les Allemands sont-ils meilleurs que nous en matière de dette ? Non. En 2010, l'Allemagne avait une dette de 83,2 % du PIB contre 81,7 % pour la France selon Eurostat. L'Allemagne est donc tout autant que la France en dehors de la limite des 60 % du PIB exigée par le Pacte de stabilité. La croissance allemande est-elle meilleure que chez nous img_8278? Non plus. Sur la dernière décennie elle a été inférieure à celle de la zone euro et moindre qu’en France. D’ailleurs, le "modèle allemand" n'a pas protégé ce pays de la crise : avec une chute de 4,9 %, du PIB il a subi en 2009 une récession deux fois plus importante qu’en France. L'embellie en 2010 est donc un rattrapage. Au final, par rapport à 2008, l'Allemagne marque encore un retard de croissance plus grand qu’en France.

Le Taux de chômage en Allemagne est-il vraiment plus faible que chez nous ? Non. Officiellement de 6 % contre 9,9 % en France, il a été visuellement dégonflé grâce à la réforme social-démocrate. Elle a rayé des comptes 1,5 millions de sans emploi. Cela correspond exactement à la baisse du chômage affichée depuis 2002. En septembre dernier, le journal Die Welt a aussi révélé que 200 000 chômeurs âgés avaient été radiés. Le ministère allemand du travail a reconnu que 57 % seniors chômeurs n'étaient plus comptés. Autre artifice : la généralisation du chômage partiel, invisible dans les statistiques. Ainsi en 2010 selon Eurostat, il concernait 26,2 % des salariés allemands contre 17,8 % des salariés français.

La croissance allemande basée sur les exportations est-elle un modèle généralisable? Non. 65 % des exportations allemandes sont destinées à la demande des autres pays européens. S’ils imitaient le « modèle allemand » en contractant leurs achats l’export made in germany s’écroulerait. De plus, ces exportations ne révèlent pas une plus grande performance technique. Selon Eurostat, 16 % de celles-ci concernent  des produits de haute technologie. La France c’est  26 % des exportations. L’OCDE note aussi que les Français travaillent 154 img_7272heures de plus par an que les Allemands. Et la productivité des travailleurs français est la plus élevée d'Europe. Elle a progressé sur la dernière décennie deux fois plus vite qu'en Allemagne.

Peut-on importer le modèle allemand ? Non. La démographie Allemande est trop différente de la France. Le taux de fécondité allemand est moitié moindre qu’en France. Depuis trente ans, il y a donc davantage de décès que de naissances outre Rhin. Le pays est donc poussé à privilégier une économie de rente. La France a un besoin vital d’activité. D'ici 2060, la population allemande devrait passer de 82 millions à 65 millions d'habitants. Celle de la France devrait passer dès 2050 à 73 millions d'habitants.

On ne peut donc pas transposer le "modèle allemand" en France. D’ailleurs est-ce souhaitable ? Les Français veulent-ils vraiment aller plus loin dans la contraction des salaires et la précarité de l'emploi ? Car c'est là l'unique secret qui distingue l'Allemagne des autres pays depuis 10 ans. Ce bilan d'une décennie d'application des lois social-démocrates sur l’emploi est un désastre social. 20 % des salariés sont des travailleurs pauvres. 5 millions de travailleurs doivent se contenter de mini-jobs à 400 euros par mois, sans protection sociale. Faute de SMIC, 2 millions de salariés gagnent moins de 6 euros par heure, alors qu'aucun salarié ne peut gagner moins de 7,06 euros nets de l'heure en France. En 10 ans l'intérim a augmenté de 130 % et les CDD de 22 %. Résultat de cette politique de compression salariale : selon l'OCDE c’est une baisse record de la part du travail dans le PIB allemand : de 76 %  à 67 % en sept ans. Neuf points de PIB pris aux travailleurs. Et un taux de pauvreté de 20 % plus élevé en Allemagne qu'en France.

Pour moi, chez nous, la priorité est au contraire de rallumer le moteur de l’activité en rendant aux salariés les 10 points de la richesse produite qu'ils ont perdus au profit du capital depuis 30 ans. Le « modèle allemand » est un leurre. Etendu à l'ensemble de l'Union européenne, il mènerait tout droit à la récession. L'intérêt général du pays nous appelle donc img_8329à finir avec cette fascination morbide pour l'Allemagne. Il faut soutenir le cœur vivant de notre économie, c'est-à-dire ses productifs et les besoins sociaux de la population.

J’ai eu avec le journal l’Humanité un entretien réalisé par Mina Kaci et Max Staat. J’en publie toute la partie qui n’est pas consacrée à la Grèce puisque je viens de faire le point un peu plus haut dans cette note.

Comment réagissez-vous à l’affirmation du couple Sarkozy-Merkel selon laquelle l’austérité est le seul moyen de sortir la Grèce et l’Europe entière de la crise financière ?
Jean-Luc Mélenchon. Je suis frappé par le contresens économique : une politique d’austérité généralisée conduit à une contraction de l’activité économique. Elle entraîne partout une diminution des recettes fiscales et à une augmentation du chômage, donc à une hausse des déficits des comptes sociaux et des comptes publics, donc le recours à l’emprunt, la dette et le service de la dette. C’est de l’argent gaspillé. C’est un constat de bon sens dont nous avons la démonstration sous les yeux avec la Grèce. L’activité économique y a reculé de 5 points et la dette a augmenté de 30%. Cette politique ne marche pas, ni pour la Grèce ni pour aucun autre pays européens.

Pourquoi, dans ce cas, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel continuent-ils à appliquer une politique inefficace ?
Jean-Luc Mélenchon. Ils défendent un bien particulier : la rente. Le capital financier, sa profitabilité demeure leur préoccupation principale. C’est la raison pour laquelle la stabilité des prix est leur objectif. Ils sont cramponnés à la protection du cœur de ce système financier. Cette vision dominante en Europe a été institutionnalisée par le traité de Lisbonne et s’habille aujourd’hui d’un autoritarisme consternant. Des pays continuent d’accepter des transferts de souveraineté. C’est ainsi que s’applique, par exemple, le semestre européen, qui contrôle les budgets avant même qu’ils soient votés par les assemblées nationales. Ou encore l’instauration de sanctions, d’amendes qui peuvent être de 1 à 2 points de la richesse produite pour les pays qui sortent des clous de l’endettement ou de leur déficit.

Pouvez-vous expliquer pourquoi vous estimez qu’en faisant jouer un rôle nouveau à la Banque centrale européenne (BCE), on sortirait l’Europe de la crise financière ?
Jean-Luc Mélenchon. L’urgence consiste d’abord à arrêter la pression du système financier sur les dettes souveraines. Sommes-nous d’accord pour dire qu’il y a une pression illégitime du système financier ? Ou estimons-nous que c’est la dette souveraine qui est insupportable et qu’il convient de contenir la dépense? La BCE pourrait parer à l’urgence. Une solution immédiate consisterait à appliquer une batterie de mesures pour faire stopper les techniques de spéculation, dont, entre autres, l’interdiction des ventes à découvert. Surtout, la solution radicale est que la BCE prête directement à l’Etat-nation concerné. Comme sa puissance de financement est illimitée – puisque c’est une banque centrale – la spéculation s’arrêterait immédiatement.

Nicolas Sarkozy dit aux Français que s’ils veulent garder leur modèle social, il faut qu’ils acceptent de nouvelles mesures « courageuses ».  Entre 6 et 8 milliards d’économies supplémentaires vont être présentées la semaine prochaine. Que répondez-vous à ceux qui estiment que le président tient un discours de vérité, de réalisme et de responsabilité ?
Jean-Luc Mélenchon. Je réponds que ce n’est pas responsable du tout. Comment peut-il affirmer qu’il veut protéger notre modèle social, alors qu’il est en train de le démanteler complètement ? Ne propose-t-il pas moins d’écoles, moins de fonctionnaires, moins d’hôpitaux ? D’ailleurs, moi je ne parle pas de modèle social, mais d’acquis sociaux. Ceux-ci sont le résultat de hautes luttes. Comment peut-il dire qu’avec une politique d’austérité, qui contracte l’activité, on diminuerait les déficits ? C’est tout le contraire, nous allons augmenter les déficits. Sa politique nous mène droit dans le mur.

Vos propositions, tels que le Smic à 1700 euros ou l’échelle des salaires de 1 à 20 dans les entreprises ne risquent-elles d’être jugées irréalistes face à la crise?
Jean-Luc Mélenchon.  Les mêmes qui détruisent tout passent leur temps à nous dire que nous sommes des irréalistes. Pour eux, il n’y a qu’une vérité possible : la leur. Notre orientation est sans ambigüité. Nous voulons augmenter les revenus du travail. Quand on élève le salaire de quelqu’un qui vit au Smic de 100 euros, il les dépense en consommation donc dans la production. C’est ainsi, immédiatement, du carburant pour la croissance et l’emploi. Contrairement à l’argent capté par les pôles financiers qui se disperse dans les bulles financières, nous, nous proposons de rallumer des moteurs de la croissance. Je suis parfois stupéfait de voir, y compris à gauche, de la surprise et même de l’inquiétude. Comme si la grande question n’était pas celle de la répartition de la richesse entre le capital et le travail. En quelques années, dix points sont passés des poches des salariés à celles du capital. Cela représente 195 milliards d’euros par an.   

La dette publique n’alimente-t-elle pas le doute sur la possibilité de faire autrement ?
Jean-Luc Mélenchon. On doit soit contracter les dépenses, soit augmenter les recettes pour pouvoir payer ces dettes. Le Front de Gauche est partisan de la seconde solution. En ponctionnant davantage le capital on remplit les caisses de l’Etat. La dette du pays est de 1600 milliards d’euros, soit moins que notre Produit intérieur brut (PIB) d’une année, qui est de 1940 milliards. Les titres de la dette sont en moyenne de 7 ans et 31 jours. Durant cette période, le PIB réalisera 14000 milliards d’euros. Donc le total de la dette actuelle, étalé sur les 7 ans et 31 jours  de sa durée de vie, ne représente que 12% de nos richesses. Pour payer la dette, il faut prendre l’argent là ou il existe. Les entreprises du CAC 40 paient moins d’impôts que des PME. Les banques vivent aux crochets de l’Etat, alors qu’elles accumulent des milliards de bénéfices. Autant d’argent susceptible de rembourser la dette.

Ou en êtes-vous dans votre proposition d’offre publique de débat avec l’ensemble de la gauche ?
Jean-Luc Mélenchon. Nous n’avons pas de réponses. Peut-être parce que les socialistes, étant en tête dans les sondages, considèrent que l’on doit s’adapter à leur projet. Et nier le nôtre. Certains, comme les Verts, font passer par-dessus bord les convictions auxquelles ils tiennent comme la sortie immédiate du nucléaire… Le PS pense que si vous êtes derrière dans les sondages, vous vous taisez et vous signez un accord pour des circonscriptions électorales et des places dans les ministères. Or, nous, nous sommes sur une stratégie de sortie de crise avec une méthode qui est la relance économique. On ne renoncera pas à ce combat.

Selon vous, la droite est elle définitivement battue ?
Jean-Luc Melenchon. Je ne le crois pas et je mets en garde ceux qui le pensent. On a déjà vu dans d’autres pays des retours de battons spectaculaires. Quatre millions d’Italiens avaient désigné le candidat socialiste. C’est pourtant Berlusconi qui a gagné. L’élection présidentielle est la plus volatile de toute l’histoire de la cinquième République. Il y a huit mois, DSK, Boorlo et Besancenot occupaient l’actualité. Ils ont aujourd’hui disparu. Il y a peu, on ne parlait pas de crise majeure au point où l’Euro pouvait exploser, l’Union européenne se disloquer. Dans cette situation, vous pouvez avoir un pays qui se coupe en deux avec deux points de vue absolument opposés. La France est à la fois un vieux pays conservateur et un jeune pays novateur. Seule compte la bataille des idées…

C’est avec cette conviction que vous pensez surmonter le piège du vote ‘’utile’’ en faveur de François Hollande ?
Jean-Luc Melenchon. La pédagogie collective est accélérée par le spectacle que les gens ont sous les yeux. Il y a huit mois, on pouvait peut-être dire que l’austérité pouvait être une solution. Aujourd’hui, faites la même chose et l’on vous demandera qu’est-ce que ça donne en Grèce. Les gens, même les plus éloignés de l’économie et du débat politique, écoutent, réfléchissent,  discutent…

Vous avez déclaré que vous ne participeriez pas, personnellement, à un gouvernement de gauche. Existe-t-il au sein du Front de Gauche un débat sur l’éventuelle participation gouvernementale ?
Jean-Luc Mélenchon. Pour l’instant, je ne peux pas témoigner d’un tel débat. Cependant, je comprends que la question se pose. Nous sommes candidats pour gouverner. Mais si nous ne sommes pas majoritaires à gauche faut-il participer au gouvernement ? Pour cela, il faudrait déjà savoir quel est le programme socialiste. Le candidat PS lui-même explique aujourd’hui que tout ce qui est écrit dans ce programme ne peut s’appliquer.

Est-ce à priori un « non » à une participation gouvernementale?
Jean-Luc Melenchon. Je suis candidat d’un front constitué de partis. C’est eux, en toute souveraineté, qui prendront leur décision le moment venu. Mon rôle est de rassembler toute la mouvance de l’autre gauche, et ceux qui aiment assez leur pays pour vouloir un changement profond. Dans cet ensemble, il y a des gens qui disent, en aucun cas il faut gouverner avec les socialistes, d’autres qu’il faudra être raisonnable et accepter d’y aller. Tout le monde doit se sentir à l’aise avec ma candidature. Ceux qui veulent qu’on y aille verront avec leurs partis, ceux qui ne veulent pas pourront voter pour moi car je n’irai pas dans un autre gouvernement que celui d’une majorité du Front de Gauche.

Ce discours ne risque-t-il pas d’alimenter le vote utile ?
Jean-Luc Mélenchon. Il ne tient qu’à nous de faire la démonstration de la validité de nos choix. En quoi est-ce utile, pour une personne de gauche rejetant la politique de Sarkozy, de voter pour un projet qui conduirait à la même politique. C’est quoi la différence entre la règle d’or et la règle d’or ?  Entre l’équilibre des comptes publics et l’équilibre des comptes publics ? Bien sûr, il ne faut pas rejeter les électeurs socialistes. Dans ce sens, nous devons mener un débat public. D’autant que les gens n’écouteront que leur propre conscience. Le Front de Gauche se bat pour devenir un front de peuple. On ne peut pas faire un front du peuple autrement qu’avec une politique qui corresponde à ses aspirations. Je ne sais pas faire le front du peuple avec la TVA sociale….

Vous avez lancé votre campagne à la Fête de l’Humanité. Ou en êtes-vous aujourd’hui ?
Jean-Luc Mélenchon. Tout ce que nous avons entrepris depuis la Fête de l’Humanité témoigne de la cohésion du Front de Gauche. Le succès considérable de la vente de notre programme témoigne de l’écho de notre campagne. Il nous faut à présent mettre en place des « assemblées citoyennes » car il n’y aura pas de résultat du Front de Gauche sans mobilisation populaire. Le niveau d’exigence s’est considérablement élevé. Il sera la clé des élections. 

Alors que j'écris ces lignes se termine le G20 de Cannes.  Les puissants ont décidé à cette occasion de renforcer le "Conseil de stabilité financière" (FSB). Les nominations d'anciens banquiers qu'ils ont décidées à cette occasion sont une belle démonstration de cynisme. Cette instance créée lors d'un précédent G20 est chargée de fixer des règles pour éviter de futures crises bancaires. Elle n'a servi à rien jusque làimg_8333 comme l'a montrée la nouvelle panique bancaire. Désormais elle devra surveiller en particulier les grandes banques dont la faillite menacerait l'ensemble du système. Pour cela le G20 a trouvé des experts, pour remplacer le président démissionnaire de ce Conseil, Mario Draghi parti remplacer Trichet à la tête de la BCE. Le G20 a d'abord nommé un nouveau président du FSB. Il s'agit de Mark Carney, le gouverneur de la Banque centrale du Canada. On peut déjà noter qu'il sera acquis à la défense de la finance anglo-saxonne et de ses normes libérales. Mais le plus croustillant pour celui qui devra expliquer comment prévenir les crises est qu'il a lui-même contribué à en déclencher une. Comme son prédécesseur Mario Draghi, Mark Carney a fait l'essentiel de sa carrière au sein de la banque états-unienne Goldman Sachs. Il était plus spécialement img_8388chargé de la Russie en 1998. C'est-à-dire quand quand Goldman Sachs conseillait l'Etat russe sur sa stratégie d'endettement juste avant son effondrement. Goldman Sachs avait alors poussé la Russie à s'endetter à très court terme via des titres GKO à des taux prohibitifs. Voila donc un expert en stabilité financière !

Pour l'assister à la tête du Conseil de stabilité financière, le G20 a nommé auprès de lui un vice-président qui saura aussi de quoi il parle quand il sera question de spéculation. Il s'agit de Philipp Hildebrand qui est président de la Banque centrale suisse. Lui a fait sa carrière privée chez le fonds spéculatif américain Moore Capital, un des plus gros hedge fund de la planète. Son ancien patron, le PDG de Moore Capital Louis Bacon s'était illustré en 2010 en déclarant que "l'écroulement potentiel de l'Union monétaire" offre un placement "très intéressant". Notez d'ailleurs que le directeur du FESF européen, l'allemand Klaus Regling a lui aussi fait carrière chez ce hedge fund états-unien. Alors qu'il venait de soutenir la promotion par le G20 de ces aigles de la finance, Sarkozy a déclaré que "les paradis fiscaux seront mis au ban de la communauté internationale". C'est certainement pour cela qu'il a soutenu la nomination du patron de la Banque centrale suisse comme numéro deux de la régulation financière mondiale. Alors même que la Suisse n'est toujours pas qualifiée par l'OCDE et le G20 pour ses pratiques d'informations fiscales comme Sarkozy lui-même l'a dénoncé.


796 commentaires à “L’ère autoritaire”

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  1. 1
    Paul l'étudiant dit:

    Parfois à cours d'argument, je trouve toujours réponse à mes questions et à celle de ceux qui débattent avec moi sur ce blog !

    Merci !

  2. 2
    Rachel dit:

    Voici un zapping sur cet ignoble amalgame dont nous sommes tous victimes "Front de Gauche=Front National"

  3. 3
    gérard pendariès dit:

    Au seul mot de référendum les "Démocrates" sortent leur revolver...
    Fini les Panzers et place à l'hégémonique Euromark
    Fini la Démocratie le dictat technocratique est arrivé.
    Les "Politiques" ont bonne mine, sans jeux de mots puisqu'ils dynamitent leurs propres valeurs.

  4. 4
    Humbert dit:

    Bonjour,
    Mon gros problème, et celui de mes camarades, c'est que nous n'avons pas de chiffrage, ni en débit, ni en crédit.
    A mon avis, et selon les réactions que je reçois, cela nuit à notre crédibilité (le moqueur, il ressemble à ce qu'on lui serine à la télé: et vous prendrez l'argent où (ça je sais répondre), combien ça va coûter (jamais combien ça va rapporter), si c'était si simple "on" l'aurait déjà fait, et autres propos de bistrot...)
    Je ne suis pas en capacité de clouer le bec à ces personnes mal intentionnées, mais bon, je ne domine pas non plus le sujet ! Vraiment, des chiffres en plus et moins seraient les bienvenus.
    Merci,
    Nous militons !

  5. 5
    Sylvain Dhuême dit:

    Juste une question, une seule. Je travaille en Mission Locale, à Marmande (47). Je vois à longueur de journées des jeunes qui cherchent un travail pour devenir autonomes et qui n'en trouvent pas, soit par manque de qualification, soit que celle-ci ne soit pas adaptée aux besoins des employeurs et des populations de leur zone géographique proche. Sans compter ceux qui se cherchent car l'Education Nationale (mais parfois aussi leur entourage, ne nous leurrons pas !) ne leur a rien apporté, ni valeurs, ni savoirs, ni projets. Ma question est celle-ci : sachant ce qu'ont coûté deux jours de raout indécent aux finances publiques françaises pour accueillir indignement 20 chefs d'Etats nantis et leur suite, qu'aurait-on pu faire pour des milliers de jeunes en France avec 80 millions d'euros ?

  6. 6
    JJacques (prof) dit:

    Cher Jean-Luc,
    Merci pour ce que vous incarnez autant que pour ce que vous êtes!
    Dans le paysage politique, vous incarnez l'un des rares espoirs d'embellie en ces heures de nécessité d'un nouveau CNR...continuez votre voie et, n'ayez crainte, de nombreux citoyens dont je suis vous accompagneront activement en 2012 car ils mesurent combien nous sommes à la croisée des chemins sur tous les plans.
    De grâce, faites en sorte que votre souci d'écologie soit de plus en plus patent et que la sortie du nucléaire ne soit un problème que pour l'UMP et le PS, pas pour le Front de gauche! Social et écologie doivent absolument trouver un terrain d'entente avec fermeté face à l'adversité dans les deux champs d'action. Vous parviendrez à montrer aux camarades communistes(qui se sont longtemps fourvoyés sur la question environnementale) l'intérêt d'une évolution dans ce domaine et la compatibilité entre fondamentaux anticapitalistes et écologiques.
    Bon courage, tenez-bon!

  7. 7
    Robin CIPOLLA dit:

    A Sylvain (5).
    Très bonne question, ami Sylvain !
    Je m'en pose une autre aussi pertinente mais peut-être plus impertinente.
    Combien de fonctionnaires à statut protégé on pourrait embaucher avec le pognon versé aux "assoces" qui "emploient" des bénévoles qui font en fait ce que devraient faire les fonctionnaires s'il y en avait assez ?
    Savez vous qu'il n'y a dans la France équitable mais non égalitaire d'aujourd'hui, moins de 200 inspecteurs du travail (la délégation a été donnée aux délégués du personnel plus facilement achetables) ?
    Oui donc, combien de fonctionnaires en plus dans les crèches ou les maisons de retraite si on ne finançait plus les resto du cœur et les CIQ ?
    Allez, l'éditorial du Grand Serge Halimi apporte des réponses dans le Monde (celui de gauche, le Diplomatique) ces jours-ci.

  8. 8
    Sonia Bastille dit:

    @ Jean-Luc Mélenchon

    La question des paradis fiscaux et bancaires (n'oublions pas les paradis bancaires et aussi les parties importantes d'une partie de territoire de pays mis en zone franche défiscalisée mais hautement spécultive y compris en France (Saint Barthélémy, Saint-Martin, Nouvelle Calédonie)) n'a pas été réglée depuis la précédente crise et le premier sommet G20 suivant le G8 en 2008. Mieux, nous savons que certains paradis fiscaux servent au refinancement de certains Etats ou organismes bancaires endettés ou en phase de recapitalisation.

    J'emettrai quelques critiques aux propos que vous tenez sur la crise Grecque et ses rebondissements au niveau de la direction du pays et aussi sur l'orientation actuelle de l'UE et de la zone euro mise en place par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

    Vous semblez oublier le processus totalitaire qui se met en place au niveau de l'UE et de la zone euro, hors de tout cadre juridique et institutionnel balisés et hors de tout contrôle parlementaire ou populaire ! Les décisions relevant de l'accord du 27 octobre nécessitent une révision des traités de l'union dans leurs versions consolidées (Traité de l'Union Européenne et Traité sur le Fonctionnement de l'UE); comme elles nécessitent une revision de celui de Maastricht pour les éléments touchant au renforcement de la Zone euro (gouvernement de la Zone euro) ou encore que cet accord nécessite une révision de notre constitution.

    Il semblerait que vous ne relevez pas assez le viol des Traités européens "pratiqué" par le couple "Merkozy" à la réunion convocation de Georges Papandréou à Cannes...

    Que va-t-être la position des parlementaires du FdG au sujet des modifications constitutionnelles ? Que va-t-étre la position des parlementaires du FdG sur le gouvernement de la Zone euro ? Envisagez-vous d'appeler à un référendum pour valider ces changements constitutionnels ?

    Sur toutes ces points, j'aimerai vous entendre...

  9. 9
    Hold-up dit:

    L'article suivant donne d'importants arguments pour le Front de Gauche. Depuis le début de la crise en Grèce, le Pasok (PS Grec) et l'Extrême-droite votaient ensemble les plans d'austérité pendant que la Droite faisait semblant de s'opposer. Désormais, le bloc qui va faire rendre gorge au peuple Grec va du Pasok à la Droite jusqu'à l'Extrême-droite. Cette fois-ci le jeu est clair. La Gauche radicale en Grèce pèse actuellement 25 % des voix. On peut imaginer que ce chiffre va considérablement augmenter puisque " les jeux sont faits ". Honte à cette ignoble Europe ! Ceci étant dit, il est clair que le théâtre d'ombre est définitivement tombé et que la scène est très lumineuse. La vieille sociale-démocratie ou ce qu'il en reste retombe dans ses ornières historiques et pactisent encore une fois avec le diable. Pasok, Droite, Extrême droite = même combat. Voici un article où l'on apprend que le peuple Grec en colère a chassé Papandréou de la tribune le jour de la fête nationale, le 28 octobre dernier !

  10. 10
    Dauphinoise dit:

    @ Rachel 2
    Ignoble oui et merci du lien.
    Pour les journalistes de tous poils, du moins les seuls qu'on entendent sur les ondes, que l'on voit à la télé (je ne parle pas des bons genre Daniel Mermet) j'ai envie de voler la phrase d'Albert Einstein et que je fais mienne assez souvent:
    "Il y a deux choses infinies : l'univers et la connerie humaine. Bien que pour l'univers on n'en soit pas sûr".
    Quant à Dominique Reynié le bien-pensant, celui qui seul détient la vérité, l'ignoble qui dénonce à tour de bras la responsabilité des Grecs, (c'est vrai quoi ils ne paient pas d'impôts, ils vivent sur notre dos et on devrait en redemander ?) il est à vomir.
    En attendant, les Grecs les plus pauvres ne peuvent même plus nourrir leurs enfants au point tel que certains s'évanouissent en classe. C'est monstrueux.
    Pour finir je vais paraphraser un autre "grand homme" ce cher Ronald Regan qui disait que "l'Etat ne résolvait pas le problème mais qu'il était le problème" je dis "la capitalisme n'est pas la solution à nos problèmes, le capitalisme est le problème !

    Accrochons-nous il faut qu'on gagne, on lâche rien !

  11. 11
    etienne dit:

    Merci pour vos analyses qui nous aident beaucoup!
    J'aimerais que vous reveniez sur le futur accord entre USA (Obama) et UE (Merkozy)
    Merci encore...

  12. 12
    Gilles06 dit:

    Il y a si longtemps de cela que nul(-lle)s ne s'en souvient parmis les journaleux- animateurs, donc, environ moins de 5 ans, on nous gâvait encore avec le modèle anglais, douce introduction au modèle étasunien. Vous vous souvenez ? l'Albion, terre bénie des dieux libéraux, quoique hors zone Euro, était l'horizon enviable pour tout humain civilisé de nationalité française. Dorénavant, une chaste chappe de plomb médiatique s'est abattue sur la chose politique outre-manche.
    Mais que ces bouffons sont plaisants ! Aucun pari conformiste n'est trop audacieux à leurs yeux, aucune courbure dorsale n'est suffisamment convexe, aucun miroir n'est assez déformant pour satisfaire leur narcissisme.
    Aux synarques et à leurs valets, j'approuve moi aussi un destin fait de goudron et de plumes, alternative rigolarde et fort charitable en comparaison du sort qu'eux-mêmes réservent aux condamnés de la terre.

  13. 13
    Mister Cyril dit:

    @Gilles06
    Mais il n'y a pas eu que ça comme modèle, rappellez-vous l'Irlande dit "le dragon celtique" et "le miracle espagnol" moua moua alors pas de complexe avec leurs comparaisons réductrices, le modèle sera toujours le bon toutou libéral, le temps qu'il se casse la gueule!

  14. 14
    franck marsal dit:

    Bien d'accord.
    Les masques sont en train de tomber. Ce qu'on aperçoit derrière, n'est pas joli, joli. Ce que nous avions dénoncé, lors des référendums européens, l'Europe, cheval de troie de la destruction de la démocratie est en train de se réaliser.
    Cela m'a fait repenser à un texte de Farrel Dobbs, militant ouvrier américain, à propos de la lutte contre le fascisme.

    Voici ce qu'il écrivait, en 1975 :
    "Vous pouvez (aussi) obscurcir l'éducation des masses sur le danger du fascisme parce que vous les alertez au sujet de la mauvaise créature. Vous attirez leur attention sur des singes, alors qu'un éléphant va les charger. Quand la vraie chose arrive, elle n'aura pas la courtoisie d'être aussi évidente que les nazis à Los Angeles. (...) Quand vous allez à la rencontre du vrai problème, il ne vont pas commencer en mettant des uniformes nazis et des croix gammées, et ils ne vont pas porter d'insignes non plus. Ils auront plus l'air d'hommes en costumes de flanelle grise que des ultra droites que nous voyons aujourd'hui.".

    J'ajoute quelque chose. Nous connaissons l'histoire de l'Allemagne où le nazisme se développe au sein de la démocratie et prend le pouvoir en son sein après avoir construit son propre système de pouvoir puis détruit la démocratie. Nous savons aussi de l'histoire de France, que, sans que des appareils politiques fascistes se soient suffisamment développés pour aspirer au pouvoir, un homme de l'appareil d'état peut, avec le concours de celui-ci, prendre le pouvoir et supprimer la démocratie, créant d'un coup l'environnement favorable dans lequel les bandes fascistes vont prospérer.
    Quand la démocratie ne tient plus qu'à un fil, sa défense se mène sur plusieurs fronts.

  15. 15
    laogong dit:

    Et encore, concernant les 65 millions d'allemands en 2050, c'est avec des hypothèses d'immigration largement plus optimistes que celles de la France. Mais ça m'étonnerait que les africains et les turcs continuent d'émigrer en masse vers l'Europe de l'ouest dans les années qui viennent. Dans ses statistiques, Eurostat publie une projection purement théorique à immigration nulle d'ici 2050. Le résultat est assez édifiant...

  16. 16
    GONZALES dit:

    Dans le chapitre "La croissance allemande basée sur les exportations"
    "S’ils imitaient le « modèle allemand » en contractant leurs achats l’export made in germany s’écroulerait."
    Désolée, je ne comprends pas cette phrase. Quelqu'un peut m'aider à ma compréhension ?
    Merci d'avance

  17. 17
    Antoine dit:

    @Humbert 4
    Aujourd'hui, les revenus du travail sont taxés à 42%, ceux du capital (plus-values, dividendes, loyer) à 18%.
    En 2010, si la taxation était à 42% (au lieu de 18), l’État aurait encaissé 113 milliards de plus (selon la banque Natixis).

    En réalité, la taxation est plutôt à 33% mais l’État redistribuent chaque année, par l'usage à outrance des dépenses fiscales et exonérations sociales respectivement, 170 + 30 milliards aux plus riches.
    (lire le chapitre II de la Cour des Comptes de février 2011 ou la page 78 note 25 du rapport OCDE France 2011)
    Sur ces 200 milliards, il est très aisé d'en récupérer 60, à cela, il faut ajouter les 40 économisés grâce aux emprunts direct auprès de la banque centrale.
    Il y a aussi le rajout des tranches d'imposition (dont l'efficace "100% au delà de 360 000 € par an"). Il y encore d'autres astuces. Il faut que plus on multiplie les prélèvements plus il est difficile de savoir le montant final.
    Grosso modo, on récupère avec ces 3 mesures au minimum 100 milliards par an (donc un budget sans déficit).

    L'oligarchie a intérêt à ce que le peuple croient qu'il n'existe pas d'alternative (TINA), c'est la pensée dominante, la plupart des médias se vautrent dedans.

  18. 18
    Dauphinoise dit:

    Oui oui Gilles et Mister Cyril vous avez raison, et avant ceux-là c'était l'oncle Sam qui était mis en point de mire. Ah l'american way of life !

    @Sylvain Dhuême
    Effectivement très bonne question d'autant qu'on en est à notre combinetième ? Donc 20,30.... millions multipliés par....
    Tout cela pour quoi ? Pour continuer à mettre les peuples à genoux.

    @Robin CIPPOLA
    Je suis entièrement d'accord avec toi d'autant que je suis une de ces "employées" bénévoles. Mais ces associations, malheureusement, ne peuvent survivre sans le concours des bénévoles (qui, comme leur nom l'indique, ne sont pas rémunérés). Et nombre d'entre elles préfèreraient embaucher réellement. Alors ne plus les subventionner, c'est simple, elles mettent la clé sous la porte. Que ce soit l’État qui prenne en charge ? Oui pourquoi pas, je connais un tas d'éducateurs spécialisés qui seraient ravis d'être fonctionnaires.

    Mais pour en revenir au billet du jour et à cet ex-futur référendum et la démocratie bafouée, une fois de plus, Je réécoutais cet après-midi le là-bas si j'y suis de mercredi dernier avec Naomie Klein et la Stratégie du choc. Peut-être est-ce là-dessus qu'il faut s'appuyer aussi car, quand on y pense, c'est véritablement effrayant.

  19. 19
    helder dit:

    En écho au billet de Jean-Luc Mélenchon, voici une interview en anglais avec Slavoj Zizek sur Al-Jazeera sur la crise économique actuelle. Selon lui, le mariage entre le capitalisme et la démocratie est terminée ("The marriage between capitalism and democracy is over"). D'où la nécessité d'une vraie Gauche alternative, selon lui.

    Mélenchon présidons!

  20. 20
    Antoine dit:

    @15 GONZALES
    Le commerce international est à l'équilibre, c'est à dire que le montant des exportations est égal à celui des importations.
    Donc s'il y a des pays excédentaires, il existe assurément des pays déficitaires.
    Donc le modèle allemand n'est pas reproductible (il est même à proscrire).

  21. 21
    le Prolo du Biolo dit:

    Juste un petit bémol :
    "La croissance allemande est-elle meilleure que chez nous ? Non plus. Sur la dernière décennie elle a été inférieure à celle de la zone euro et moindre qu’en France"

    D'un autre côté, je me demande si le principe de "croissance", chouchou des archéolibéraux sur les plateaux télé, est vraiment un concept que l'on doit intégrer sans les précautions d'usage dans le discours écologiquement responsable du Front de Gauche.
    Etonné que Jacques Généreux l'ait repris lui aussi récemment sans le préciser ni le délimiter.
    Les gens sont tellement méchââânts, une équivoque est vite arrivée...

  22. 22
    NM38 dit:

    "Le plus caricatural en la matière est le sieur Reynié directeur de la fondation de l’UMP, repeint en « politologue spécialiste des populismes » lorsqu’il intervient dans les médias".

    En super forme aujourd'hui chez lui (chez Calvi) le Dodo (je croyais que cette espèce d'oiseau avait disparue). Même Rioufol du Figaro semblait surpris par la stupidité de la thèse défendue par son copain de droite : "qui est responsable de l'endettement d'un pays ? Ben, le peuple, voyons, bande d'imbéciles !". Et Rioufol qui évoque l'oligarchie, j'ai cru rêver (il connaissait le mot avant que vous ne l'utilisiez ?).

  23. 23
    E. FANCH dit:

    J'ai un problème. Quand je lis les analyses de JL Mélenchon, je suis en accord avec celles-ci. Quand j'écoute les commentateurs de télé ou de radio, qui nous déclarent que Papandréou est de gauche, ou quand on nous affirmait que Tony Blair était socialiste, et de gauche, que F. Hollande est socialiste et de gauche, alors qu'ils mettent en oeuvre une politique de droite. Comment faire la différence avec le Parti de Gauche, j'ai du mal à convaincre mes interlocuteurs que nous sommes la vraie gauche. Quand on parle du PG ou du Front de gauche, la réponse est souvent, "qu'est-ce qu'ils font ma gauche pas mieux... ". Quels arguments ? Il faut qu'ils soient simples, peu nombreux, percutants, accessibles a une majorité de gens, peut- être faire l'objet d'une affiche, je suis preneur des solutions et des arguments.

  24. 24
    GONZALES dit:

    @ 19 Antoine
    Merci ! Je buttais sur le mot "contracter", il me suffisait de le remplacer par "réduire" tout bête !
    Il y a, malgré tout,quelques points sur lesquels j'aimerais quelques éclaircissements :
    "D'ici 2060, la population allemande devrait passer de 82 millions à 65 millions d'habitants."
    Cette estimation tient-elle compte de la vague d'immigration grecque, espagnole, portugaise qui va déferler en Europe centrale et notamment en Allemagne dans les prochains mois ?
    Si le SMIC augmente à 1700 € sur 5 ans, que pourrons-nous faire pour stopper la hause des prix ? On a vu ce que cela à donner avec l'arrivée de l'Euro dans les magasins. Les produits fabriqués en France sont trop chers !

  25. 25
    JR84 dit:

    @Sonia Bastille Il semblerait que vous ne relevez pas assez le viol des Traités européens "pratiqué" par le couple "Merkozy" à la réunion convocation de Georges Papandréou à Cannes...

    Le Front de Gauche ne reconnait pas le fameux traité de Lisbonne. Imposé au peuple français par le libéralisme UMP-PS et son chef Sarkozy. Alors qu'ils viennent s'essuyer les pieds sur un tel traité ne nous gène absolument pas.
    Plus de 55% des Français en 2005 ont rejeté le TCE dont le traité de Lisbonne est la copie parfaite.
    Jean Luc : ta pédagogie sur les acteurs de l'UE est une nécessité pour l'ensemble des Français. Nous ne connaissons guère toutes ces personnes qui agissent ds l'ombre pour notre plus grand malheur. Les médias sont bien loin d'en être rapporteur, et on comprend pourquoi! Notre rôle, dans cette campagne, est non seulement d'informer les citoyens sur le projet novateur du Front de Gauche, pour notre pays, mais surtout de rassurer les citoyen-ne-s sur les mesures qui seront prises pour redresser la France. Tant de choses seront bouleversées lors du "renversement de la table politique". Nous sommes 99% des Français qui profiterons de ces mesures, seul le 1% des nantis sera mis à contribution.
    Laissons la droite politique discuter avec le FN, au Front de Gauche on a rien à voir avec ce parti xénophobe et intolérant. Son discours ne nous concerne pas. L'ignorance reste, pour moi, le plus grand des mépris. N'entrons pas ds le jeu des médias qui veulent faire un amalgame avec le Front de Gauche.
    Hier soir, à Carpentras (dont le nouveau Conseiller Général est FN) une centaine de personnes au cours d'un apéro débat organisé par le Front de Gauche 84. Assemblée Citoyenne richement argumentée. Les idées du changement font leur chemin, on avance et on progresse. L'humain d'abord, place au Peuple!

  26. 26
    Menjine dit:

    @post 8
    Je ne pense pas qu'on puisse faire reproche à Mélenchon de ne pas relever le caractère totalitaire de ce qui s'est passé ces derniers jours.
    Il parle, si j'ai bien lu, à plusieurs reprises de l'aspect autoritaire des événements et du gouvernement de l'Europe et du G20.
    Son point de vue dans ce billet est un point de vue qui se tient à l'événement et à ce qu'on peut en tirer. Il n'analyse pas la structure de l'Europe. Or, les événements de ces derniers jours ont révélé que le fonctionnement de l'Europe était un fonctionnement dictatorial,J.L.M. en montre les effets, les développements.
    Il ne part pas d'une analyse a priori et in abstracto des textes et des institutions européennes.
    Il se centre sur la pente autoritaire de son fonctionnement qui s'enkyste dans cet aspect autoritaire..
    Certes, certains parmi nous vont plus loin et pensent que les institutions européennes sont par elle-mêmes autocratiques et ne peuvent déboucher que sur un fonctionnement autocratique des partis qui d'abord se succèdent et finissent par gouverner ensemble " Marie Chantal/ Jean Patou", ceux -ci deviennent indiscernables, "Démocrates/ parti de la Liberté" "Pasok/Nea dimocratia", "UMP/PS", "PP/PS" etc...
    Mais ce n'est pas ce que Mélenchon pointe, il montre qu'une phase nouvelle se profile: nous n'aurons même plus besoin de faire semblant de voter pour une pseudo-alternance, il suffira de donner notre confiance à des partis alliés pour le partage des places et indiscernables dans leurs projets et leurs pratiques politiques.
    Quant aux changements constitutionnels, ils seront présentés comme de simples ajustement techniques, et puisque,on le voit en Grèce il n'y a de salut que dans les gouvernements techniques...! Nous n'en entendrons pas parler, et nous n'aurons pas à voter, ni à nous prononcer.

  27. 27
    theo dit:

    Trés interessant de pouvoir vour lire.
    Reversez 50% de vos bénefices à vos employés.
    Je le pratique depuis plus de 5 ans et il n'y a pas mieux pour motiver - c'est'un contrat social - cela marche!

  28. 28
    thierryjay93 dit:

    La gestion à la petite semaine du directoire franco-allemand, germanisé, a réussi les prouesses suivantes passées, actuelles et futures depuis 2009:
    - Les Agences de Notations sont devenues reines
    - Les Banques renflouées, sauvées du marasme, continuent à se goinffrer impunément
    - Les riches et leurs paradis fiscaux se portent à merveille
    - Les pays membres de l'UE se shootent à l'austérité à la sauce allemande
    - L'UE s'émerveille des abysses de la récession
    - Le FMI visite en profondeur le continent européen avec les mêmes recettes empoisonnées naguère appliquées aux continents africains, sud américains
    - La valeur vivifiante de la concurrence libre et non faussée, germanisée, aura réussi à étouffer les virulents démocrates eurpéens et même la valeureuse Commission de Bruxelels obligée de se débattre pour survivre gaiement
    - Les empires grecques et latines sont vaincues par l'empire germanique
    - Les provinces espagnoles, portugaises, belges, néerlandaises, danoises, autrichiennes,irlandaises se disputent les unes les autres pour obtenir les flatteries allemandes
    - La monarchie française a abdiqué outre-rhin
    - La perfide Albion se met à l'abri
    Sérieusement, la semaine qui vient de s'écouler est une page sinistre de l'histoire européenne, car le diktat allemand valider par l'allégeance Sarkozyste n'a abouti qu'à un seul résultat : l'union européenne est morte.

  29. 29
    Sonia Bastille dit:

    @JR84 (25)

    "Le Front de Gauche ne reconnait pas le fameux traité de Lisbonne. Imposé au peuple français par le libéralisme UMP-PS et son chef Sarkozy. Alors qu'ils viennent s'essuyer les pieds sur un tel traité ne nous gène absolument pas."

    Ce n'est pas ma conception de faire de le politique ! Faire de la politique ce n'est pas outrepasser la loi, la constitution, les traités, etc...On peut vouloir les changer, les faire évoluer, les remplacer par autre chose mais aucun cas les piétiner !

    Comment après reprocher les abus, les états de fait, les coups de force de Nicolas Sarkozy ou d'Angela Merkel par rapport à la Grèce ? Comment reprocher aux spéculateurs leur coup de force contre les Etats et les Citoyens ?

    Je suis opposée au Traité de Lisbonne et aux précédents traités ce qui ne m'empêchent pas de les respecter et de les appliquer vu qu'ils font force de loi parce qu'il fixe un cadre juridique et institutionnel européen.

    De plus, ce traité est dans notre constitution et donc piétiner le traité c'est aussi piétiné notre constitution française ! Egalement le traité de Lisbonne (aujourd'hui Traité de l'Union européenne et Traité de fonctionnement de l'UE versions consolidées) reprend le Traité Maastricht qu'on voté une majorité de Français dont notre Camarade Jean-Luc Mélenchon (Pour ma part, le Traité de Maastricht, je ne l'ai voté mais je le respecte et l'applique !).

  30. 30
    luther dit:

    Cher Jean-Luc,
    Hélas vous êtes trop intelligent pour gagner la présidentielle. Vous réfléchissez trop, vos arguments sont trop justes, trop argumentés, vous dépassez de trop loin tous les autres candidats. Pour gagner, il faut faire simple : "la force tranquille", "la France pour tous", "mangez des pommes", "ensemble tout est possible", "la France présidente" ou encore "je suis une belle femme" qui était le sous-titre de la campagne de Ségolène en 2007, "je suis un vrai mec", ça c'était celui de Sarkozy... Mais vous, vous essayez de trouver des vraies solutions crédibles et qui favorisent le peuple, vous vous colletinez à la fois à la réalité et à la complexité et en plus vous voulez expliquer tous les mécanismes de la crise économique ? Bon, désolé, ça ne marchera pas. Je voterai pour vous, mais c'est comme président d'université ou prix Nobel d'économie alternative que vous avez vos chances. Avanti, camarade !

  31. 31
    helder dit:

    D'ici mi-novembre, le site Gauche au Front sera lancé.

    "Parce qu'il nous reste encore sept mois de campagne. Parce que rien n'est joué, comme le Système veut nous le faire croire. Parce que les médias sont contre nous. Parce que nos idées sont fortes et que nous avons toutes les raisons de monter au front !"

  32. 32
    Jonathan L. dit:

    @ JLM
    Merci pour ces billets toujours plus clair, qui m'ont fait comprendre que l'espoir et l'énergie abondent et reviennent alors qu'un écho se fait aux revendications du peuple et malgré la misère sociale ambiante: dès que je lis ces messages, mon sentiment d'incompréhension s'estompe de beaucoup et étonnemment vite...le conditionnement d'esprit est d'autant plus effrayant d'efficacité que lorsque qu'il est sous-jacent, insidieux, pervers.

    @ Le Prolo du Biolo
    Peut-être est-ce dans le but de montrer que même avec leurs propres éléments d'analyse, renvoyés aux mêmes, leur masquarade ne tiens pas et leurs notions sont des fourre-tout sans fond.

    Appréciable également l'intervention de Jaques Généreux, économiste du FdG, qui était sur France Télé ce soir. On remarquera que dans cette édition, on a eu le droit à 10 sec sur le groupe ayant occupé la Défense à Paris, en signalant juste qu'ils furent délogés.

  33. 33
    Genialle dit:

    Les Français vont être aussi aveugles et sourds a tout ce qui se passe, non seulement chez eux avec Sarko qui nous fait honte, mais dans le monde ? Je suis d'un naturel optimiste, mais là les bras m'en tombent. Quelle horreur ce carnaval que l'on appelle G20, avec ces clowns pas tristes. Quelle horreur d'être aussi grossier envers les Grecs. Quelle horreur ce petit monsieur se trémoussant à coté du géant américain.
    Il nous a vendus, maintenant il faut se demander si il a vendu la maison avec les meubles.
    Qué sé vayan todos triste à pleurer.
    Courage monsieur Mélenchon et prenez des vitamines car l'hiver va être rude.

  34. 34
    vaillant dit:

    @E Fanch(23)
    mème besoin que vous d'arguments simples, percutants...
    @Dauphinoise(17)
    oui,le bouquin de Naomie Klein est trés révélateur de "la pente autoritaire"qu'évoque notre candidat dans ce billet.
    Ce n'est pas un hasard si les adeptes de Friedman,les chicagos boys,ont expérimenté leur système néo-libéral,la finance dérégulée,dans le Chili de Pinochet,avant de séduire Thatcher,Reagan,Elstine...
    il y toujours eu des accointances entre la finance et les partis d'extrème droite.Ford,Renault... financent l'extrème droite allemande dans les années 30.Hier à propos du bide de MLP aux Etats-Unis,un journaliste rappelait que son père avait été reçu par Reagan etc..40députés UMP ont crée la Droite Populaire dont l'idéologie n'a rien à envier à celle du FN.L'amalgame entre Marine Le Pen et le Front de gauche n'est- il pas justement de l'enfumage pour dissimuler ce penchant mortifère?

  35. 35
    Menjine dit:

    Je viens de lire un article ancien 2010 de feu Tommaso Padoa-Schioppa qui fut un des créateurs de l'euro et un copain de Jacques Delors.
    Cet article de la revue commentaire (en PDF sur le net) intitulé Démos et Kratos explique noir sur blanc quelle est la conception du peuple (démos) et celle du gouvernement (Kratos) qu'implique l'Europe.
    L'Europe nous explique-t-il est inachevée car il lui manque un Kratos une capacité de décider, il faut donc imposer finalement aux peuples qui ne se sentent pas de coeur membres de ce Démos européen les décisions qu'ils sont incapables de prendre.(imposer Lisbonne par exemple après un nom au referendum)
    C'est ce qu'ont répété Mâme Merkel et Sieur Sarko autoritairement, technocratiquement, et autocratiquement en ces funestes jours.
    Personnellement je ne m'essuie pas les pieds sur les lois, les traités, les constitutions,le caractère formel du droit est garant de nos libertés, mais quand on m'explique que les lois (directives) européennes ne comptent que pour autant qu'elles sont exécutées et que c'est cette exécution qui est au fondement de la loi européenne, je me dis qu'il y a quelque chose de vicié.
    Naïve citoyenne je croyais que le pouvoir législatif ne se confondait pas et ne devait pas empiéter sur le pouvoir exécutif, que ce qui séparait la République de la monarchie c'était que le peuple souverain faisait la loi avant que les gouvernements (Kratos) ne l'appliquent.
    Si j'ai bien compris les Pères de l'Europe (comme on dit Pères de l'Eglise) ont prévu le fonctionnement de ces derniers jours : voilà ce que cache "la nécessaire Europe fédérale" : au nom d'une construction pseudo juridique l'abandon de toute démocratie.

  36. 36
    Pere Duchesne dit:

    une petite correction : quand Mr Mélenchon affirme que la Grèce "est le premier état de l’Union qui se voit refuser son auto-détermination démocratique", il se trompe. Le premier a été la France au cours de l'été 2007, quand dans une joyeuse complicité et avec un bel ensemble l'ensemble de la caste (lire : caste) politique française s'est torché le cul avec le referendum de 2005, expression pourtant suprême de la volonté populaire. Depuis cette date il est évident que seule la lutte armée nous débarrassera - in fine - de la racaille financière. Car ne vous y trompez : ils seront les premiers à faire tirer sur le peuple, par larbins politiques interposés, le message final étant : "Trimez et taisez-vous, ou mourrez". Attendez de voir en Grèce.

  37. 37
    badr dit:

    à Rachelle

    on s'en fou de l’amalgame entre nous et le front nationale chez les belles personnes, ce qui compte se sont nos idées et le front du peuple à construire! laissons les questions politiciennes aux journalistes tordu du nouvel observateur ! en 2005 il n y avait pas d'étiquette à présenter, mais seulement le débat d'idée au sein du peuple !

  38. 38
    lapin-garou dit:

    Monsieur Mélenchon, Alexis Corbière a répondu ici à "l’inépuisable amalgame de fin de banquet au « Nouvel Observateur »"

  39. 39
    Christian B dit:

    @Sonia Bastille
    "Ce n'est pas ma conception de faire de le politique ! Faire de la politique ce n'est pas outrepasser la loi, la constitution, les traités, etc... On peut vouloir les changer, les faire évoluer, les remplacer par autre chose mais aucun cas les piétiner ! "

    C'est un non-sens tout court que de respecter "l'irrespectable", une inversion des valeurs.

    Au cas ou vous l'auriez oublié, je vous rappelle que nous vivons dans une Monarchie républicaine, et que c'est l'oligarchie qui piétine la Démocratie. Le dernier épisode de la mascarade du G20 avec l'ami Américain en est une belle illustration.
    Ces traités ont tous été signés sans strictement aucune concertation populaire, sauf Maastricht (et on pourrait parler des conditions qui sont plus proches du marketing que d'un dialogue digne et citoyen), et Lisbonne, rejeté en 2005 et piétiné par Sarkozy en 2008.
    C'est ce cadre autoritaire qui n'a rien à voir avec la devise Républicaine, elle même constamment souillée par ces structures oligarchiques, qu'il faut balayer, si justement on respecte l'essence de la République.
    Que se vayan todos

  40. 40
    jnsp dit:

    Mark Carney que cite JL Mélenchon est en outre un des participants au congrés Bilderberd en Suisse en 2011.

  41. 41
    Antoine D. dit:

    @23 [E. FANCH]

    Salut !

    Oui, je te confirme que c'est difficile de convaincre... à tel point que je ne m'y risque plus.
    En réalité, la plupart des électeurs ont une appartenance politique culturelle et familiale.
    J'ai ainsi pu observer, dans un même canton, avec les mêmes activités, les mêmes niveaux de vie,
    les mêmes écoles, les mêmes us et coutumes, des gens d'un côté de "droite",
    et de l'autre côté de "gauche". Qu'est-ce à dire vraiment ?
    Aujourd'hui, je peux cotoyer (à la buvette) des personnes culturellement de "droite" ou de "gauche"
    et dont le talent, la finesse, l'humilité, la simplicité me réjouissent naturellement.
    De la même façon, je fuis spontanéement un individu nuisible, qu'il soit culturellement de "gauche"
    ou bien de "droite". Peu importe...
    Et pourtant, en creusant un petit peu, au fil des discussions, avec mes amis tant de gauche que de droite,
    nous nous rejoignons inévitablement sur de grands principes et sur une politique "commune" à débattre.
    Mais il s'agit là de mes amis...
    Pour exemple, on me reproche facilement mes positions catégoriques qui font de moi un opposant farouche
    à tout interventionisme (Irak, Lybie, Syrie... etc.). Une partie de mes amis de la gauche humaniste ne
    pouvant entendre cela, braillent à tue tête : "Khadafi est un salaud... lalala lalala ! il faut faire quelque chose ! taratata taratata !" [et on ne parlera naturellement pas de la manipulation de l'opinon publique sur ce point]
    Enfin, pour te répondre littéralement, je pense qu'une politique devient passionante quand elle parvient
    à passer outre les clivages culturels (droite-gauche). Alors, çà passe par une personnalité, un nom.
    Mais dans l'histoire du monde, il y a eu peu de présidents (ou d'hommes politiques devenus présidents)
    à la fois capable de rassembler unilatéralement pour conquérir le pouvoir, puis de le conserver
    afin de mener une grande politique. Alors qu'est-ce qu'une grande politique,
    je ne le...

  42. 42
    Yanka dit:

    Je ne suis pas du tout de votre bord politique, M. Mélenchon, mais vos constats sont justes, et quelques-unes des solutions prônées sont tout à fait séduisantes. Il y a quelque chose qui me chiffonne toutefois. On assiste politiquement, en France et dans d'autres pays, à un nouveau clivage intéressant. Ce n'est plus la droite contre la gauche, mais les partisans d'une mondialisation accrue et ceux de la démondialisation et d'un certain protectionnisme. On constate ainsi que vos positions, celles de M. Montebourg, de M. Dupont-Aignan, de Mme Le Pen, sont proches quant à la nécessité de mettre au pas les financiers et de replacer le politique au cœur de la civilisation. Oublions les divergences un moment. Si l'urgence est de recadrer la finance et de restaurer une démocratie bien malade (personnellement, je pense que le couple "Merkozy" vient de flinguer la démocratie), si c'est cela et rien d'autre qu'il faut régler, alors il faut se coaliser : la gauche de la gauche avec la droite de la droite. Sinon c'est l'assurance d'encore plus des mêmes (Sarko ou Hollande, soit Kif-Kif et son bourricot) et la perspective d'une révolte populaire sanglante (cela se sent). Mais vous êtes, comme les autres, hostile par principe à toute alliance même de circonstance avec la droite, parce que vous avez été éduqué politiquement au biberon de l'antifascisme. Pour vous et tous les gauchistes, la droite même républicaine, c'est déjà du fascisme, si bien que vous préféreriez vous allier avec Hollande (un Sarko light) qu'avec Dupont-Aignan ou Le Pen avec qui cependant vous partagez beaucoup sur l'essentiel. C'est dommage. Je vous le dis tout net : un second tour Hollande/Le Pen, je vote Le Pen. Un second tour Sarkozy/Mélenchon, je vote pour vous. Parce que, comme beaucoup de monde, de plus en plus de monde, je ne me positionne plus selon le vieux schéma Droite vs Gauche. Prêtez-y attention, de grâce.

  43. 43
    Christian B dit:

    @Yanka 51
    Non l'extrême droite (étudiez sa "glorieuse histoire" du 19eme siècle à nos jours) prône un état autoritaire (peine de de mort en prime !), et n'a rien à voir ni de près ni de loin avec le programme du FdG, même si Mme Le Pen subtilise en les travestissant des idées venant du FdG, ou d'économistes de gauche comme Jacques Sapir (qui est tout à fait respectable, lui), mais cela, c'est du vent, il y a peu le FN revendiquait l'ultra-libéralisme.

    D'ailleurs Mme Le Pen en visite aux USA en ce moment a voulu rencontré le Tea-Party (tea signifiant Américain (Taxed Enough Already, déjà suffisamment taxé) qui est le parti le plus conservateur et rétrograde, qui plaide aussi la peine de mort, le trop d'état, le trop d'impôts, et est violemment contre la réforme (pourtant bien timide) de la santé d’Obama. Bref tout ce beau monde d'extrême droite, n'a toujours eu d'autre vue que le pouvoir autoritaire, et est l'antithèse de ce que nous défendons qui est avant tout basé sur le partage, et l'Humain d'abord, tout un programme, que je vous invite à approfondir.

  44. 44
    Jean Louis CHARPAL dit:

    @41 Yanka
    Bien que n'étant pas des nôtres jusqu'à maintenant, vous êtes d'accord sur des points importants et même essentiels avec le Front de Gauche. Vous souhaiteriez des accords entre appareils au sommet. Il faut bien voir que ça n'est pas possible. Une menace mortelle pour la démocratie est la pensée unique. On voit les ravages à cet égard de l'entente au plan économique et social entre la droite dure et la gauche molle, dont l'abstention est un des signes manifestes.
    Il est donc impératif que les programmes présentés soient très distincts, sinon les partis d'accord entre eux doivent fusionner, pour ne laisser en piste que ceux qui offrent un vrai choix. Si vous êtes d'accord avec le FdG et son candidat, il y a une façon simple de résoudre votre problème, c'est de voter pour lui. Vous n'avez, dans le secret de l'isoloir aucune autorisation de personne à demander.
    Dans les années 60, ça n'est un secret pour personne, des gens d'extrême droite, de droite, du centre, de gauche et même d'extrême gauche ont voté pour le Général de Gaulle. A tort ou à raison; là n'est pas la question.Ce que je veux dire c'est qu'il y a des circonstances graves où le peuple doit décider lui même de son destin. Nous vivons des moments historiques dramatiques.Le programme du FdG est inspiré par les valeurs de gauche à savoir la justice sociale chère à Jaurès. Mais un centriste ou un homme de droite peut voter pour JL Mélenchon.Il ne lui arrivera rien d'affreux, car cet homme politique aime son pays, la République, les libertés.
    Il réduira les inégalités, il le faut, partagera mieux les richesses, mais ne réalisera jamais l'égalitarisme.
    Plus de justice sociale, c'est plus d'harmonie et de paix sociales, moins de délinquance et un vivre ensemble amélioré et apaisé. Qui peut être contre ? Donc,Yanka : votez et faites voter pour JL Mélenchon. Merci

  45. 45
    gabriela desde Uruguay dit:

    Je n'arrive même pas á croire ce que j'écoute! L'Uruguay un paradis fiscal! C'est nímporte quoi!
    D'abord, France et Uruguay ont un traité d'echange d'info fiscal depuis 2009 donc, ou Sarko ne save rien de rien sur les traités qu'il a avec d'autres nations, ou bien il le fait pour des obscures raisons que je n'arrive pas à comprendre.
    Je ne comprends non pus pour quoi tandis que Mujica apelle en consultatioon l'ambassador uruguayen en France (fait très grave), il n'y a pas une seule mention sur le sujet nul part en France.
    Mais plus grave encore: Qu'est ce que c'est ce ton imperialiste, "maitre du monde" de ce petit fiasco de president français?! J'éspère que notre gouvernement prenne des messures contre cela!
    Nous sommes 3 millons, et sommes tous indignés pour ce traitement. Nous sommes un pays serieux, et il nous traite comme des voyous.
    J'éspère que Jean-Luc Mélenchon mentione ceci, parce que personne le dit. Sarko se croit tout permis, et comme nous sommes petits il ne craint rien, mais quequ'un doit le mettre les point sur les i.
    Merci et bon vent!

  46. 46
    la pavana dit:

    La crise grecque démontre en effet que le couple Merkel Sarkozy et accolytes pour la règle d'or, ainsi que le G20 démolissent brique à brique la démocratie et sèment le désordre.
    Nous devons marteler ce dangereux diktat dans nos interventions.
    Ce n'est pas anodin que la Grèce, l'Espagne, le Portugal récemment sorties des dictatures soient autant, accusées, culpabilisées..., L'humiliation, ces peuples la connaissent, la peur du lendemain aussi: que se soient par les actes et déclarations de leurs dirigeants ou par l'oligarchie qui gouverne ou voudrait gouverner.
    c'est pourquoi le Fde G doit résister, expliquer que " l'humain d'abord" est un programme de Gauche sans concessions ni compromis avec ceux qui se défaussent, nous trompent en acceptant la non démocratie au nom d'un ticket électoral. Il est plus facile de culpabiliser le citoyen et mentir avec le soutien des médias que d'interdire aux banques de spéculer.

  47. 47
    terminus dit:

    @Yanka 51
    Je comprends dans votre message un dégoût du système actuel et une révolte contre le mépris qu’on constate actuellement envers le peuple. Là-dessus je vous rejoins mais pas sur le reste.
    Le front de gauche propose tout de même un partage des richesses plus juste via de nouvelles réglementations sur l’échelle des salaires, l’impôt sur le revenu, sur le revenu du capital. Il propose aussi de revoir totalement les règles du système européen pour remplacer, si j’ai bien compris, le sacro-saint principe de concurrence libre et non faussée par un principe de coopération et d’harmonisation vers le haut. Il propose également, et ce n’est pas la moindre des choses, de rendre le pouvoir au peuple. Il propose enfin plein d’autres trucs géniaux comme de limiter très fortement l’esclavage moderne (qu’on appelle aujourd’hui travail intérimaire) enfin, plein de trucs qui vont dans le sens du peuple et je suis sûr que j’en oublie.
    En face de ça on a quand même le FN qui enfonce juste le clou sur le protectionnisme parce qu’ils se rendent compte que c’est à la mode. Mais si vous comparez les deux projets vous constaterez vite qu’ils n’ont rien à voir : d’un côté un protectionnisme mesuré et assumé qui n’est qu’un moyen parmi d’autres pour atteindre un but social, de l’autre un alibi qui justifie un repli sur soi qui reste l’alpha et l’oméga de leur pensée politique.
    Non, définitivement ça ne me semble pas compatible.

  48. 48
    Michèle dit:

    Témoignage à propos du programme et de la souveraineté populaire. J'ai expliqué aux déménageurs tandis qu'ils vidaient ma maison, que la révolte chantée par HK n'invitait pas à l'abstention et à l'incrédulité politique contrairement à leur interprétation, mais à une mobilisation et à une solidarité populaire, ceci après avoir écouté leurs propos de dégoût et de mépris vis à vis "de tous les politiques quels qu'ils soient!". Sauf que désormais il y a un Rassemblement politique de Gauche, donc hors parti pris privilégié, qui entend restituer la souveraineté populaire, bref, je leur apporte ce matin à leur demande, 4 programmes et c'est un bonheur pour moi de contribuer ainsi à la campagne tout en m'occupant de mes affaires. La leçon que je tire de cette rencontre c'est qu'il importe d'écouter la plainte fut-elle injuste et l'entendre, pour être entendu à notre tour mais aussi le pouvoir mobilisateur de la chanson populaire.

  49. 49
    Yanka dit:

    @ Christian B
    Je n'ignore pas l'histoire de l'extrême droite, pas plus que celle de l'extrême gauche dans sa version communiste. Si pour juger du programme actuel du FN il faut le mettre en perspective avec l'histoire de l'extrême droite et remonter à Mathusalem, on n'en sortira pas, puisque cela m'autoriserait à condamner le Front de Gauche au nom de Staline et consorts. Or, je ne suis pas imbécile ni sectaire au point de penser que Jean-Luc Mélenchon, candidat qui représentera aussi le PC, ait quoi que ce soit à voir avec le stalinisme ; de même, je pense que le FN n'a rien à voir avec le fascisme ou l'hitlérisme. On ne prête qu'aux riches et je trouve qu'on prête au FN bien plus qu'il ne le mérite. Je veux dire que l'ennemi du Front de Gauche, pour le volet économique, le recadrage de la finance, voire sa mise sous tutelle comme le prône l'excellent Frédéric Lordon, n'est pas le FN, mais l'UMP, le Centre et le PS hollandais. Attaquer le FN serait une mauvaise stratégie pour Jean-Luc Mélenchon. Je suggérerais donc une alliance stratégique, nationale et provisoire entre Mélenchon, Montebourg, Dupont-Aignan et Le Pen, pour agir en priorité sur le recadrage de la finance et remettre le politique à sa noble place. Si Jean-Luc Mélenchon aime la soupe aux carottes et Marine Le Pen aussi, ça ne fait pas de M. Mélenchon un fasciste. S'il n'y a pas d'intelligence possible entre ceux-là, au nom du sacro-saint binôme droite/gauche, eh bien résignons-nous à ce que la finance continue de mener le bal, c-à-d faisons nos adieux à la démocratie (car c'est de cela qu'il s'agit, bien au-delà des petites querelles politiciennes). Parce que, philosophiquement, je ne puis pas être de gauche, mon choix pour le premier tour sera M. Dupont-Aignan. Mais en cas de présence éventuelle (rien ne dit que ce ne soit pas possible, au train dont vont les choses) de M. Mélenchon au second tour contre Sarkozy, je vote Mélenchon sans la moindre hésitation.

  50. 50
    phiphi the biker dit:

    Bonjour. Lu dans marianne 2, un extrait de l'article : "
    " Les citoyens grecs ont également compris une autre chose. Le premier mémorandum a été adopté de manière anticonstitutionnelle, malgré une première décision bienveillante de la Haute Cour de justice. Nombreux sont ainsi, ceux qui en Grèce préparent un après, comportant la mise en examen des députés (droite, extrême droite et P.S.) qui ont paraphé le premier texte. Sans ignorer la colère du peuple qui crie « au poteau », et organise des pendaisons publiques (et pour l'instant symboliques) dans nombreux départements, concernant les photos de leurs élus, au Parlement "

    Cette idée (que je soutiens depuis longtemps) de mettre en examen ces" belles personnes" qui décident sans consulter les peuples.

    Je suis d'accord avec ce qu'écrit Pere Duchesne
    "Le premier a été la France au cours de l'été 2007, quand dans une joyeuse complicité et avec un bel ensemble l'ensemble de la caste (lire : caste) politique française s'est torché le cul avec le referendum de 2005, expression pourtant suprême de la volonté populaire."

    Oui, il faudra un jour (pourquoi pas tout de suite ?) que ces belles personnes répondent de leur actes devant des...

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