17avr 11

Débats avec Todd et Kahn, Côte d'Ivoire, Pérou et Equateur

Avant l’océan Indien, Kahn, Todd et maints autres

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Argentine 2010Je poste cette note tout en faisant mes valises. Me voici parti, pour l’île de la Réunion, dans l’océan Indien. Ce département français est décalé vers l’est de deux heures par rapport à la métropole. Au retour j’aurais donc un indicible sentiment de grasse matinée en me levant à sept heures du matin… On se rassure comme on peut des fatigues d’un long voyage à venir. N’empêche, mon empreinte carbone va être détestable. Mais je n’ai pas le temps d’un voyage en bateau. Je fais là bas deux jours d’intense activité politique, conclus par une réunion de la GUE, groupe où je siège au parlement européen avec le réunionnais Elie Hoarrau, secrétaire du Parti Communiste Réunionnais. Ce sera à La Possession, le mardi soir. Mon parcours prévoit pour l’essentiel l’observation de quelques unes des réalisations du projet d’autonomie énergétique de l’île tel que l’avait conçu son président de gauche Paul Vergès.

Cette note va et vient de Kahn à Todd, de Gbagbo à Correa et Ollanta Humala, sans oublier Carlos Ghosn. De Rennes à Paris, Abidjan, Quito et Lima. Pour Renault il faudrait faire le tour du monde des pièces détachées et des véhicules assemblés. C’est bien le problème.

Merci à Françoise Dinand pour les illustrations de cette note.

En bouclant ma note, je ramasse la pile de journaux qui encombrent ma table. Je n’y peux rien, l’œil glisse d’ici à là. Mes attractions vont toujours aux sujets européens. C’est leur coïncidence qui me marque. Tiens, donc, Socratés, le premier ministre social démocrate portugais, bien que démissionnaire, a appelé « à l’aide » l’union européenne dont il ne voulait pas il y a quinze jours. Et le FMI est arrivé dans ses wagons. Un peuple souverain soumis à la taille par un organisme extérieur convoqué par une premier ministre démissionnaire. La démocratie dans « l’Europe qui nous protège » fait un grand pas. Ici je lis à présent Argentine 2010quel est le nouveau plan d’austérité grec. En Grèce, tout le monde sait que la situation ne peut pas être redressée en raison même du traitement dépressif que le FMI inflige au pays. Mais le président de l’internationale socialiste, le premier ministre Georges Papandréou, inquiet des rumeurs selon lesquelles il serait conduit à stopper la saignée, a pris crânement son peuple par les cornes. « Nous allons restructurer le pays pas la dette ! ». Il vend encore 23 milliards de biens publics. Pour rien, bien sur. Mais quelle fête pour les banques ! Le cynisme de celles-ci est inouï. Ainsi en Irlande. Ruinée par la saignée, anémiée à mort ? Oui. Donc les agences de notations lui baissent sa note. Moody’s a baissé de deux crans pour la porter au plus bas niveau dont elle dispose. Lisez pourquoi : « en raison de l’activité atone et de nouveaux engagements liés aux banques ». Et voila la boucle est bouclée comme peu de temps avant en Grèce et au Portugal. Pour payer les banques qui demandent plus en raison d’une mauvaise note, l’Etat réduit ses dépenses, l’activité décroit et les agences baissent la note donc les banques demandent plus et ainsi de suite jusqu'à ce que mort s’ensuive. Mort ou révolution. Au choix.     

Ce Vendredi n’était vraiment pas comme les autres pour moi. Ce fut une journée chargée de débats. Le matin avec Emmanuel Todd, pour « Arrêt sur images », l’après midi avec Jean-François Kahn aux rencontres de Rennes de « Libération ». Rencontrer Jean-François Kahn pour un débat dans un amphi modéré par Nicolas Demorand devant mille personnes est un temps fort en adrénaline, cela va de soi. Le thème agitait bien : « que faire contre le Front National ». Auparavant il était question de venir me faire parler du salaire maximum. Mais pas un dirigeant de droite n’a accepté de venir se colleter avec moi sur le sujet. Pas très audacieux ces messieurs… Je pense que nous avons aidé à faire un peu de clarté, Kahn et moi, sur notre sujet. Mais je nous reproche d’être restés en dessous de la main sur le chapitre des « solutions ». Peut-être parce que c’est du registre plus direct de l’action militante et politique davantage que de l’analyse. Et je n’ai pas relevé l’idée de Kahn d’une candidature unique « républicaine ». Je n’y crois pas du tout. Je pense qu’elle serait totalement contre performante. Mais je n’ai pas relevé. J’étais dans la logique d’une démonstration. J’ai remis à un autre moment le soin d’y répondre et pour finir je ne l’ai pas fait, car la discussion  avait pris un autre chemin. Islande 2006J’attends avec intérêt de lire les commentaires sur ce qui est ressenti à propos de ce type de débat. Je ne sais pas ce qui en est attendu par ceux qui viennent y participer. Un mot encore sur cette salle. En guerrier endurci j’ai bien reconnu dans l’intervention du « petit jeune », soit disant naïf, un militant du Front national. Il commença par parler de ma double qualité de sénateur et de député européen. Pas besoin d’entendre la suite. C’est signé. Une reprise du collage qui circule sur moi et m’attribue des revenus immenses. J’ai donc juste perdu mon temps à devoir répondre à cette langue de fiel que le double mandat parlementaire est interdit et ainsi de suite. Mais c’est une indication sur le niveau de ce que ces gens là me réservent pour la suite. Et de la lâcheté infâme des socialistes des Yvelines, la bande à Huchon, qui ont relayé cette calomnie. 

Mais Todd, même à dix dans le studio « d’arrêt sur images », c’est équivalent en tension intérieure à une rencontre avec mille personnes ! J’ai pour lui une admiration intellectuelle très forte. Ses livres sont des moments d’étape dans l’évolution de ma réflexion politique. C’est du niveau de ce que j’ai ressenti découvrant Alain Accardo ou Jean-Claude Kaufmann. Leurs livres m’avaient sauté à la figure. Le livre « Après Argentine 2010la démocratie » de Todd m’a donné la même jubilation que, par exemple, « Le petit bourgeois gentilhomme » d’Accardo. Dans un passé récent, j’ai manqué la rencontre avec Todd au moment où elle m’aurait été le plus utile. « Le rendez vous des civilisations » est arrivé dans mon champ de lectures bien après que je me sois mis en mouvement sur le discours de Latran de Nicolas Sarkozy. Le travail de critique de ce discours a été pour moi le moment où je compris l’importance du texte de Samuel Huntington dans la doctrine des néoconservateurs français à la remorque de leurs homologues américains. D’ailleurs entre la rédaction de mon petit pamphlet et les quinze conférences que j’ai prononcées sur le sujet, cette critique de la thèse d’Huntington a pris la part centrale de l’argumentation. Un jour ou l’autre, quelqu’un aura la patience de faire le décryptage du texte de ma conférence prononcée à Lyon, puisqu’il en existe un CD. Ca ferait un bon texte, je crois. On y voit bien comment la critique du texte d’Huntington est au centre de la déconstruction du discours du président de la République française à propos de la religion et de sa place dans son projet de société. Mais je n’ai lu le livre de Todd, «Le rendez vous des civilisations»  que bien après. Quel dommage !

En effet ma critique avait une limite. Certes je faisais soigneusement, je crois, la démonstration du contenu politique de la thèse et de son articulation avec la stratégie politique nationale et mondiale des droites. Mais cette critique ne suffit pas. Au contraire, l’étude de Todd est conforme à une méthode matérialiste très puissante. Son analyse de l’évolution démographique en particulier le conduisait à faire des pronostics allant à l’inverse de tout ce qui se disait à ce moment là. Todd a annoncé et prévu, non comme un prophète mais comme un scientifique, ce que serait le contenu universaliste des révolutions arabes. "Le monde musulman est entré dans la révolution démographique, culturelle et mentale qui permit autrefois le développement des régions aujourd'hui les plus avancées. Il s'achemine à sa manière vers le point de rendez-vous d'une histoire beaucoup plus universelle qu'on ne veut bien l'admettre." Cette thèse explique l’échec radical de la « théorie du choc des civilisations » à décrire ou à prévoir les événements. Au cas particulier des révolutions arabes, les faits survenus depuis sont absolument conformes aux analyses de Todd. "Le "choc des civilisations" n'aura pas lieu. L'examen d'indicateurs sociaux et historiques profonds impose au contraire l'idée d'un "rendez-vous des civilisations" avait-il écrit en commençant son travail. « Certaines puissances et certains chercheurs, avait-il diagnostiqué, ont intérêt à ce que s'installe dans les esprits la représentation d'un conflit de civilisation, qui masque la violence latente des conflits économiques. La démographie libère de cette paranoïa instrumentalisée […] Les populations du monde, de civilisations et de religions différentes, sont sur des trajectoires de convergence. »  Si j’y reviens c’est, bien sûr, par gout du débat sur les idées. Mais aussi pour nous alerter. L’échec avéré de la « théorie du choc des civilisations » doit mettre en garde ceux qui n’en mesurent pas toute la portée. Cette théorie n’a pas davantage de valeur dans nos murs, dans notre pays. Pour les mêmes raisons, au départ, que celles décrites par Todd à propos de l’espace arabe. Pensez-y. Les prières de rue n’annoncent rien de plus qu’un embarras de la voie publique. En quelque sorte.

Je sais qu’Emmanuel Todd ne dit guère de bien de moi. Ses formules à mon sujet sont parfois très à l’emporte pièce. Je serai, selon lui, un « gugusse », un « esprit brouillon » et ainsi de suite. Mais j’ai eu aussi l’impression qu’il comprenait ce que j’essaie de dire avec ma manière de faire et qu’il dit partager. "Mélenchon, avec tout son côté brouillon, est dans son époque. Pour la première fois, on voit des gens de Yunnangauche se mettre au niveau de violence, réel ou virtuel, de la société. C'est pour cela que moi, consciemment, je m'astreins à parler brutalement, pour être en phase avec l'époque et l'adversaire" déclare-t-il à Rue 89 en novembre dernier. Bon. Alors pourquoi me rabaisser sur France inter en mars dernier par une caricature aussi trivialement médiatique que celle-ci "Mélenchon est un gugusse avec son affection pour la chine". Il s’en est expliqué au cours de notre face à face sur « arrêt sur images ». Ce n’est pas plaisant bien sur. Mais ce n’est pas décisif pour moi. J’ai pu voir sur le plateau que l’homme allongeait parfois les coups par une sorte d’emballement de la parole et du raisonnement. Ainsi quand il se mit à traiter de mon « indifférence à la question de la démocratie » ou à celle de « la condition des travailleurs ».  En tous cas, cela ne m’empêche pas d’avoir besoin de Todd pour penser plus juste. Et parfois pour recevoir de lui des confirmations bien utiles les jours de grands doutes sur soi. Ainsi comment ne pas me sentir en phase avec lui lorsqu’il déclare dans un entretien avec le journal « Marianne 2 », le 24 mars dernier: "Les hommes de médias de ma génération ont aussi une responsabilité dans cette déroute des élites françaises […] il s’agit moins de journalistes que d’idéologues purs qui tentent de perpétuer une vision du monde totalement archaïque. Mais ils font partie des classes dirigeantes." Je ne crois pas avoir dit autre chose, même si c’est autrement.

Mais je me tiens aussi pour dit ce qu’il déclare dans le même entretien : « je ne suis pas intéressé par les propositions irréalistes protestataires de la gauche de la gauche, et je ne crois pas une minute à la possibilité pour le Front national d’arriver au pouvoir en France. Je pense tout à fait que la France doit continuer à être gérée par une alternance entre les grands partis décents de la droite et de la gauche. » Ce n’est pas là une analyse mais une affirmation politique. Il en a bien le droit. Mais elle ne doit rien Islande 2006à son travail de scientifique. Et que dire de cette sorte d’élitisme presque caricatural. « Je ne suis pas partisan d’une destruction ou d’un rejet des élites. Je plaide simplement pour le retour des élites à la responsabilité et à la raison. […] Je pense que le projet protectionniste européen ou la sortie de l’euro ne peuvent, dans le contexte français, être gérés que par des gens sortis des grandes écoles. […] La bonne démocratie fonctionne quand une partie importante des élites prend en charge les intérêts économiques et moraux de l’ensemble de la population". A mes yeux cette formule contient sans doute sa part de vérité. A condition d’en retirer le caractère quasi disqualifiant pour toutes les autres catégories de la population que la formule « élite », même revue et corrigée par Todd, exclut de la pertinence politique… Pour moi, au point auquel nous voici rendus, la clef du renouveau c’est l’implication populaire la plus large. C’est elle d’ailleurs qui, en mettant les « élites » au pied du mur, fera le tri entre les progressistes et les contre révolutionnaires que cette catégorie comporte comme toutes les autres. Et, à la fin de sa démonstration, je ne peux ignorer ce qui me sépare de sa conclusion telle qu’il l’a résumée en novembre dans l’entretien avec Rue 89 et qu’il a reprise dans notre débat.  "Les protectionnistes sont des libéraux, qui croient au marché, à la libre activité de l'entreprise. Il faut juste fixer la taille du terrain de jeux. C'est le contraire de l'Etat bureaucratique. C'est l'Etat libéral qui organise l'existence d'un marché. Moi, je crois au marché ». Sur le plateau, il alla plus loin encore dans l’allégeance verbale au système « de l’économie de marché » et du capitalisme. Je ne le crois pas. Je ne crois pas qu’il pense vraiment cela. Tout ce qu’il écrit va trop à rebours de cette conclusion. Mais encore une fois, quand bien même cela serait, tout cela n’enlève rien à la force de ses analyses et des instruments qu’elles nous livrent pour penser notre temps. L’homme, je veux dire le citoyen, et son œuvre doivent être accueillis séparément.

Notre thèse sur la transversalité du précariat et la désagrégation du modèle économique dominant comme « modèle qui ne marche pas »  et donc est ressenti progressivement comme illégitime est en écho du diagnostic que Todd pose dans « L’ENA hors les murs », en mars 2009: « Ce qui est tout à fait particulier dans la situation la plus récente, ce que je décris, c’est la façon dont les effets négatifs du libre-échange Croatie 2008remontent du bas vers le haut de la société. Nous avons eu la phase des années 1980 durant laquelle c’étaient les ouvriers qui subissaient le plus. Nous avons ensuite vu le décrochage des classes moyennes inférieures au moment du traité constitutionnel européen. Nous avons vu que sur les sept dernières années, les gains d’argent dus au libre-échange ne bénéficiaient plus finalement qu’aux 1 % supérieurs de la société. […] Nous sommes confrontés à une idéologie dominante qui ne produit plus aucun bien pour aucun secteur de la société, y compris les riches !"

Parmi tout ce que j’ai lu dans son livre « Après la démocratie », et que personne ne peut se dispenser d’aller lire, je veux, pour finir, retenir à cet instant ce qu’il dit des élites dirigeantes. Elles font le lien entre le grand nombre et l’oligarchie. J’ai trouvé extraordinairement bien vue la déduction tirée de la contagion narcissique parmi ces élites. C’est une critique beaucoup plus abrupte et cruelle que tout ce que j’ai pu écrire ou dire sur le sujet. Pour lui, la classe des "éduqués supérieures" s'est autonomisé, et exerce le pouvoir pour elle-même, effaçant les clivages idéologiques. « Pour la première fois, écrit il, les "éduqués supérieurs" peuvent vivre entre eux, produire et consommer leur propre culture […] le monde dit supérieur peut se refermer sur lui-même, vivre en vase clos et développer […] une attitude de distance et de mépris vis-à-vis des masses, du peuple, et du populisme qui naît en réaction à ce mépris". Et comment ne pas applaudir cette trouvaille du regard sur des évènements qui paraissaient si peu corrélés ? "La disparition des idéologies traditionnelles renvoie chaque strate éducative, chaque profession à ses déterminations propres […] Le métier devient un objet d'identification primordiale, fragmentant encore plus finement le corps social. En 2008, les défections socialistes vers le Sarkozysme ont révélé l'existence d'un métier politique indifférent à l'idéologie. […] en 1988, Franz-Olivier Giesbert ouvrait une ère nouvelle du journalisme en passant directement du Nouvel Observateur au Figaro, en véritable pionnier de la mort des idéologies dans ce milieu."

Bref, les élites n'assument pas leur rôle de guide que Todd leur attribue dans la société. Elles se coupent du peuple : "Au narcissisme individuel des membres de l'élite répond un narcissisme du groupe de l'élite, reniant ses responsabilités économiques et sociales, méprisant les humbles et enfermé dans une politique économique libre-échangiste, qui dégage des profits pour les riches et implique la stagnation puis la baisse des revenus pour les autres". Ce narcissisme s’étend à la pratique de l’engagement politique lui-même. C’est drôle et bien vu. "Le militant ancien faisait vivre Croatie 2008le Parti dans la collectivité, et vivre la collectivité par le Parti. Le militant nouveau vient pour contribuer, certes, mais surtout pour s'exprimer, "s'épanouir" personnellement. Il est, dans sa section socialiste, l'un des millions de nouveaux narcisses engendrés par la révolution éducative supérieure". Après tout cela il n’en reste pas moins que dans la critique que Todd fait des positions qu’il m’attribue, il confond élite et oligarchie. C’est banal. Tous mes détracteurs font cette confusion. J’en vois bien l’intérêt polémique pour eux. Je ne le comprends pas pour Todd. Le premier service que l’on peut rendre à l’oligarchie, c’est de l’aider à se dissimuler derrière ses paravents, sa « suite dorée », selon l’expression de Karl Marx. C’est un double tour de passe-passe, on confond élite et oligarchie puis on confond « élite sociale », le dessus du panier des salaires, et élites intellectuelles et techniciennes. M’attribuer un rejet des « élites » en général, c’est méconnaitre le cœur de mon optimisme politique. Je crois qu’une autre société peut naitre précisément parce que la masse de notre peuple est éduquée, qualifiée et dispose en son sein d’une élite technique extrêmement nombreuse.    

Le parti de Laurent Gbagbo était membre de l’internationale socialiste. Quelle contribution a pris l’internationale socialiste au règlement de la crise ? Aucun. Quels ont été les membres de cette illustre organisation qui se sont interposés dans le drame ?Aucun. Pourtant le PS français assure la vice présidence de cette organisation et Pierre Mauroy en a été le président ! Que dit cette organisation sur la capture de l’un des siens et son emprisonnement dans une zone contrôlée par des mercenaires sanguinaires ? Rien. Quant aux dirigeants français du PS, prompts à faire des visites sur place ? Rien. Combien d’année, le délégué national aux questions africaines a-t-il été aussi un intime de Laurent Gbagbo ? Lui, du moins, a-t-il assumé loyalement jusqu’au bout. Mais les autres ? Et euro RSCG, l’agence de communication de Dominique Strauss-Kahn, organisatrice de la campagne électorale de Laurent Gbagbo. Vont-ils rendre l’argent au nouveau pouvoir pur et sincère de monsieur Ouattara ? Non bien sur ! Sinon il faudrait rendre celui d’Eyadema, Ethiopie 2008celui de Bongo et celui de combien d’autres ? Admettons. Admettons que chacun ait, en cours de route, découvert qu’ils ont soutenu par erreur un odieux tyran. Dans ce cas pourquoi ne demandent-ils pas à l’internationale socialiste une réunion pour prendre la mesure du nombre de ses membres qui viennent de perdre le pouvoir dans la violence ? Pourquoi n’ont-ils jamais demandé leur exclusion avant ? Pourquoi ont-ils gardé toutes leurs responsabilités dans cette organisation ?

Ces débats sur la nature et l’orientation de cette organisation m’ont été mille fois refusé, l’air excédé, par un François Hollande, du temps qu’il dirigeait le PS. Il n’y a pas eu une minute de débat quand leur ami De Larua fit tirer sur la foule argentine par ses policiers, ni quand leur ami président du Venezuela social démocrate fit tirer sur celle de Caracas, ni sur leur cher Alan Garcia élu président du Pérou avec l’aide de la droite qui fit massacrer paysans et prisonniers de droit commun. Aucune de mes mises en garde concernant cette organisation, faites de vive voix ou par écrit dans mes livres et articles, n’a jamais reçu un mot de réponse ni soulevé une minute de débat. Ils s’en moquent, ils ne savent pas où c’est, ils ne savent pas de qui il s’agit…. On connait la musique. Ils soutiennent n’importe qui, n’importe comment, du moment que l’intéressé a un tampon de l’Internationale Socialiste et paye le voyage. «Nous ne permettons pas aux autres de nous dire ce que nous devons faire, de quel droit irions leur dire ce qu’ils doivent faire eux » m’avait lancé François Hollande.  Après quoi ils sont prêts à abandonner leurs amis d’un jour à la mare aux caïmans, quand ça tourne mal. Mais le cas de Laurent Gbagbo ne ressemble à aucun autre. Je prends le risque de me voir affubler par bien des petites cervelles qui liront ces lignes une nouvelle fois de leurs simplifications offensantes. Mais je ne risque, moi, aucune confrontation désagréable avec mes actes. J’ai rencontré Simone Gbagbo du temps où elle était dans l’opposition. Je n’ai jamais été invité sous sa présidence. Je n’ai jamais participé à une conférence sur place, ni été défrayé pour cela, je n’ai pas eu de tache d’écriture rémunérée par euro RSCG. Gbagbo ne m’a jamais téléphoné, écrit, fait porter des messages ou interpellé. J’étais, pour lui aussi, ce que j’étais pour ses chers amis du PS et de la gauche du PS. Une ombre au tableau. Mais il reste ceci : que ça plaise ou pas, Gbagbo a été la seule tentative de faire de la vraie sociale démocratie en Afrique. Qu’il ait échoué, dérivé ou ce que l’on voudra, mérite mieux que le lâche abandon auquel ont procédé les dirigeants du PS français. Les ivoiriens méritaient au moins une tentative d’interposition politique. Aujourd’hui, au moins par compassion humaine, par respect pour leur propre passé et leur ancienne amitié, ils devraient se soucier de savoir ce que devient Laurent Gbagbo et sa famille entre les mains des mercenaires givrés de Alassane Ouattara. Ils ne feront pas. Ils espèrent juste que ça passe et qu’on ne leur demande aucun compte.

Je crois bien  que les images de « l’arrestation » de Laurent Gbagbo devraient créer un grand malaise. Leur violence, le style « mercenaire aux yeux rouges» des assaillants, l’ambiance de lynchage des vaincus, les violences faites aux femmes, l’évidente main mise de notre armée sur l’opération, rien ne ressemblait moins à une opération de protection de la population sous mandat  de l’ONU. Mais, depuis le début, Laurent Gbagbo est l’homme à abattre pour les concessionnaires français qu’il a menacé dans leurs intérêts un temps même s’il les a bien cajolé ensuite. Cela n’excuse rien, mais cela explique tout. Et Ethiopie 2008d’abord la réécriture de la personnalité d’Alassane Ouattara. En fait, un vrai aventurier repeint en bon père de la démocratie. Soutenu par l’ancien président hier accusé de totalitarisme, Konan Bédié qui l’avait empêché en son temps d’être candidat à l’élection présidentielle, et par le premier ministre de Gbagbo, un soi disant « rebelle du nord », vrai seigneur de la guerre, dont les mercenaires ont été immédiatement maintenus en place et rebaptisés en « force républicaine », le changement de camp valant amnistie pour les crimes qui leur étaient hier reprochés. Alassane Ouattara est un chef de clan et rien de plus. L’argument de sa victoire électorale est une fiction qui pouvait être utile aussi longtemps qu’il pouvait y avoir une perspective d’accord sur ce point entre les parties. Mais il n’y en avait pas.

Ne restaient donc en présence qu’une addition de tricheries. Valider les mensonges des bourreurs d’urnes d’Alassane Ouattara  revenait à prendre partie dans une guerre civile. Elle dure depuis 2003. La raconter obligerait à un récit qui prendrait trop de place. Aucune page n’y valut mieux que la précédente. Mais aucune ne correspond au récit simpliste de la lutte entre gentil et méchant qui repeint  Gbagbo en tyran et Ouattara en démocrate.  Car si l’on en a vu beaucoup montrer du doigt ce fait que Gbagbo n’a pas obéi aux injonctions de l’ONU, on dit moins, et même jamais, que Ouattara n’y a pas davantage obéi. Notamment parce que ses mercenaires n'avaient pas désarmé pendant l'élection, contrairement à la demande de l'ONU. Leur influence pédagogique explique sans doute les votes à 90 % en faveur de sa candidature dans les zones qu’ils contrôlaient. On vit clairement le parti pris quand fut refusé le recomptage des suffrages, demandé par Gbagbo et refusé par Ouattara. Pourquoi ? On l'avait bien fait aux USA, faut-il le rappeler ? A la fin il faut se souvenir que le mandat de l'ONU était de "protéger les civils" et d'"empêcher l'utilisation d'armes lourdes" contre eux, pas d'aller arrêter un président sortant en bombardant le palais présidentiel.

Mais qui s’en soucie ? « Vae victis », comme dirait Michel Denisot. Malheur aux vaincus ! Je crois que cette opération militaire déclenchée sans le début d’une discussion et ou d’un vote de l’assemblée nationale commence un mauvais style pour la suite de nos relations avec l’Afrique. Il est urgent que notre pays se ressaisisse. En premier lieu que le parlement ne laisse plus s’installer cette habitude qui voit dorénavant tous les artifices d’interprétation et de procédure réunis pour justifier que les parlementaires n’aient jamais leur mot à dire sur les expéditions militaires du pays. On n’a voté à l’Assemblée et au Sénat ni sur l’Afghanistan, ni sur la Libye, ni sur la Cote d’Ivoire ! Ni avant, ni pendant, ni depuis ! Et, bien sûr, c’est nous qui donnons des leçons de démocratie aux autres ! Mais nous, quelle genre de démocratie est donc la nôtre entre l’Europe qui nous dicte des lois et des astreintes jamais délibérées et un régime présidentiel  qui déclenche des guerres à sa guise et sans mandat ni contrôle du parlement ? Il me semble qu’une commission d’enquête parlementaire sur cette intervention est seule capable de faire la lumière sur l’enchainement qui a conduit jusqu'à cette intervention militaire française dans la guerre civile ivoirienne.

Des nouvelles particulièrement intéressantes nous arrivent d’Amérique latine. D’Equateur d’abord. Le 5 Avril dernier, le président Rafael Correa, notre ami, a déclaré Madame Heather Hudges, ambassadrice des USA, persona non grata. Elle a été invitée à quitter immédiatement le territoire équatorien. L’Equateur est en négociation commerciale avec les USA pour desserrer l’étau des traités de libre échange que ceux-ci ont conclus avec ses voisins sur les mêmes productions que celles du pays. On devine la raison qui a conduit le président à agir de la sorte. La même que celle qui l’avait conduit auparavant à ordonner l’expulsion de deux fonctionnaires de cette ambassade. Il s’agit bien sûr de l’intrusion avérée des agents américains dans les affaires internes de la Police nationale et leur tentative de déstabilisation du gouvernement. C’est la parution d’informations diplomatiques diffusées par Wikileaks dans le quotidien espagnol El Pais qui a mis le feu aux poudres. Madame Hudges y déclare que le Président Correa a Guatemala 2009  délibérément choisi de mettre un homme corrompu, le général Jaime Hurtado, à la tête de la Police nationale. L’article paraît au moment opportun pour les médias locaux. L’Equateur est en pleine campagne pour la "consultation populaire", c’est le nom qu’on donne là-bas au référendum, du 7 mai prochain. Ce référendum pose notamment la question de la définanciarisation des médias équatoriens. C’est aussi le premier rendez-vous du président Correa avec les urnes depuis le coup d’Etat. L’Assemblée nationale a d’ores et déjà choisi son camp. Le 12 avril, elle a « soutenu sans restrictions » la décision du président. Je suppose qu’on va bientôt entendre pis que pendre sur Correa dans la presse bien pensante. La dernière fois il était accusé d’avoir inventé un coup d’état contre lui. Des policiers qui tirent sur leur président puis le séquestrent, des militaires qui bloquent des aéroports, quoi de plus naturel ? S’imaginer autre chose, c’est de la paranoïa ! Les commentateurs bien pensant, et les défenseurs des droits de l’homme à Cuba et toutes les créatures des agences d’influence nord-américaines estimèrent donc qu’il n’y avait pas de quoi s’émouvoir. Auparavant elles n’avaient rien trouvé à dire non plus contre le putsch au Honduras. Ni contre les meurtres qui y continuent.

Au Pérou aussi ca bouge. Dimanche 10 avril, les péruviens étaient appelés aux urnes pour les élections générales. On y élisait à la fois le président de la République, les députés nationaux et les députés au Parlement andin. Les résultats sont sans appel. L’équivalent du Front de Gauche au Pérou, « Gana Peru », est le grand vainqueur des élections. Son candidat au premier tour des présidentielles, Ollanta Humala fait plus de 31%, loin devant les 23.47 % de son adversaire, Keiko Fujimori, fille du dictateur du même nom. Le président sortant était un socialiste. Alan Garcia. Son parti, l’APRA, est membre de l'Internationale socialiste. Je note avec satisfaction les résultats des élections législatives à un tour. L’APRA  social démocrate y est tombé à 6% ! Une déroute à la mesure de la nocivité de ce parti et de son personnage emblématique. Les socialistes n’avaient d’ailleurs pas de candidat à la présidentielle. Ils ont préféré soutenir le très libéral leader de droite Kuczinky. Ce dernier est arrivé pour sa part en troisième position. Bon débarras. La déroute du parti d'Alan Garcia est Guatemala 2009  vraiment un soulagement. Son gouvernement de coalition avec la droite a mené une politique des plus droitières de l’histoire du Pérou. Garcia lui-même est une caricature. Déjà Président de la République de 1985 à 1990, il a ordonné des centaines d'exécutions arbitraires entre 1986 et 1988. Un massacreur. Le bilan est lourd. Exécution sommaire de plus de deux cents détenus dans les prisons de Lurigancho, de el Fronton et de Santa Barbara, massacre de  paysans à Accormarca, massacre de Cayara. J’en passe malheureusement. A partir de là, le score d'Ollanta Humala, est plus qu'une bonne nouvelle. Il s’élève à plus de 50% dans les régions où les multinationales exploitent minerais, pétrole, gaz, électricité au détriment des populations locales. Le second tour aura lieu en juin. Surveillez la mise en marche de la machine à calomnier d’ici là. Ça va être un festival.

On a beaucoup parlé de Renault-Nissan ces temps-ci. Je m’épate de voir comme la dimension sociale et financière de la question est masquée par les avatars de l’histoire de gribouille qui a ridiculisé le haut management de l’entreprise. Renault-Nissan n’est pas pauvre. Son bénéfice pour 2010 s’élève à 3,5 milliards d'euros. Son patron non plus n’est pas pauvre. Carlos Ghosn coute cher. Très cher. Il gagne 9,1 millions d'euros par an. C’est le patron le mieux payé de France. Dans le même temps, les salaires ouvriers de Renault ont baissé de 15 % en raison du chômage technique. Le crédo du patron pour Renault : «être le constructeur généraliste européen le plus rentable ». Résultat, un plan de 6 000 suppressions d'emplois lancé en 2008, appliqué en dépit des aides publiques reçues en 2009-2010. Et bien sûr, le gel des salaires sur 3 ans et l’accroissement de la flexibilité. Et tout ça pour quel résultat ? Afin de réduire les coûts et d'augmenter ses marges Renault a multiplié les délocalisations de production de toute sa gamme depuis 5 ans. L'entrée de gamme, Logan, Twingo, Clio 2, se fabrique au Maroc et dans les pays de l'est. Le milieu de gamme c’est la Clio 3 produite à 60 % en Turquie. Le haut de gamme, Latitude et 4×4 Koleos sont fabriquées en Corée. Ces délocalisations massives obligent désormais Renault à importer l'essentiel des voitures qu'il vend en France : les 2/3 des Renault immatriculées en France sont fabriquées à l'étranger. Estrosi mentait donc ouvertement quand il affirmait : « une voiture française, destinée à être vendue en France, doit être fabriquée en France ! ». Et pourtant l’argent public est fortement mis à contribution dans Renault. 4 milliards d’euros d’aides ont été versés par l’Etat en 2009, sous forme d’avances remboursables. Sur les 500 millions d’euros de primes à la casse payées par l’Etat en 2009, Renault a largement pris sa part car ses clients ont été parmi les principaux bénéficiaires. Enfin n’oublions pas les 300 millions d’euros que Renault va économiser en 2010 grâce à la suppression de la taxe professionnelle. Que les impôts des français compenseront.

En dépit de toutes ces participations publiques, l’influence stratégique de l’Etat sur Renault est quasi nulle, alors qu’elle devrait contribuer à réorienter ses productions compte tenu de la crise écologique. L’Etat le pourrait s’il assumait son pouvoir. L’Etat possède encore 15 % du capital de Renault représentant 18 % des droits de vote. Deux administrateurs siègent pour cela au conseil d’administration de Renault SA. L’Etat est donc le 1er actionnaire de Renault. Que pèse-t-il dans les choix ? Pire, l’Etat a subventionné la future voiture électrique de Renault, la Zoé, sans avoir de garantie en termes de localisation de l’activité. Guatemala 2009  100 millions d’euros en capital, 150 millions pour la chaîne de fabrication des batteries, sans parler du bonus fiscal de 5 000 euros qui sera offert à l’achat. Inutile de rêver pour l’avenir si tout reste en l’état. La Commission européenne a interdit toute mesure anti-délocalisation dans les plans d'aides à l'automobile. Dès l’annonce du Plan français d’aide à l’automobile, la Commission avait déclaré le 10 février 2009 que « toute obligation de garder une unité de production en France rendrait ces aides illégales ». Et à l’issue du Sommet européen du 2 mars 2009, la Commission s’était réjouie d’avoir obtenu de la France que « les conventions de prêt avec les constructeurs automobiles ne contiennent aucune condition relevant de la localisation de leurs activités en France. »  C’est tout cela le bilan, à l’arrière plan de l’affaire d’espionnage bidon, qui mine l’entreprise. L’affaire, avec sa conclusion ubuesque ne s’arrêtera pas là. La secousse a touché un organisme déjà en forte tension. Une maison où les suicides professionnels sont déjà bien ancrés dans le paysage du mal être et de la souffrance au travail. 

Ce n’est pas l’évènement du siècle mais je le raconte. Combien de fois en effet a-t-on vu les médias citer Maxime Gremetz comme la figure des communistes qui rejettent ma proposition de candidature pour représenter le Front de gauche aux élections présidentielles. C’est bien son droit. Mais pas avec ces mots injurieux ni au nom d’un parti dont il n’est plus membre. Oh, comme cela amusait certains de présenter Maxime Gremetz comme image du Parti Communiste ! Au cours de leur réunion hebdomadaire, les députés communistes, républicains, citoyens et du parti de Gauche ont décidé, à l’unanimité moins deux voix, d'exclure Maxime Gremetz de leur composante au sein du Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) à l’Assemblée Nationale. Ils déclarent condamner « son attitude scandaleuse et irresponsable du 16 mars dernier, succédant à tant d’autres incidents, ils ont considéré que les valeurs qu'ils portent ne peuvent s’assortir d’un comportement humainement et politiquement inadmissible. » Il faut savoir qu'à l'heure actuelle il est suspendu pour deux mois de son droit de pénétrer dans quelque local de l'Assemblée Nationale suite à son irruption violente lors du débat sur les suites du séisme et de l'accident nucléaire de Fukushima. C'est la première fois qu'une telle sanction est prononcée contre un député. Car il s'agit de fait de "récidive" en quelque sorte. Il avait notamment défoncé la porte du bureau d'un autre député du groupe à coup de pied de biche. Il a par ailleurs, hors assemblée, porté la main sur Marie-George Buffet, ce qui avait abouti à son exclusion du PC, là aussi à la suite d'autres incidents de cet ordre. Et récemment il s'en est pris à Pierre Laurent. Par ailleurs une plainte au pénal a été déposé par le président de l'assemblée nationale, car il a frappé un fonctionnaire de l'assemblée. Il a essayé de nouveau la semaine passée de pénétrer de force dans l'assemblée. Ce comportement en réalité révèle un trouble personnel grave qui est davantage humain que d’ordre politique. Il est peu probable que des raisonnements et des injonctions en viennent à bout. Quoiqu’il en soit, les communistes ont considéré que la situation devenait intenable pour l'image de leur parti.


233 commentaires à “Avant l’océan Indien, Kahn, Todd et maints autres”
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  1. JC dit :

    Concernant le narcissisme, Todd ne fait que poursuivre le travail de Christopher Lasch (peut être sans faire référence à ce dernier) et les conclusions de Lasch étaient déjà "prophétesses" décrivant parfaitement l'avènement de la société dans laquelle nous vivons : son livre "la culture du narcissisme" date seulement de 1979 et son livre "la révolte des élites" date lui de 1995. Enfin la constatation scientifique et la critique de Lasch sont beaucoup plus radicales que celles de Todd. Je comprends que l'on puisse s'émerveiller de son travail, mais il faudrait peut être le mettre en perspective avec des travaux qui ont déjà été entrepris et pour certain même conclus par d'autres chercheurs qui n'ont pas la couverture médiatique d'un sale type qui n'a aucune envie de changer quoi que soit. Il est difficile quand même, surtout dans ce genre de recherche, de faire abstraction de l'homme qui écrit ainsi que vous le pensez.

  2. Air One dit :

    - S'agissant du forum de Libération à Rennes :
    J'ai été déçu de constater deux jours avant de m'y rendre que le thème du débat avait été changé sans que le site de Libé en informe les lecteurs. Autant le thème du salaire maximum m'interessait, autant un énième débat sur le FN renforçant l'idée du vote utile m'a paru contre-productif et piègeux, d'autant que la Bretagne est une terre historiquement de gauche et que le FN y fait un faible score. J'ai donc annulé la mort dans l'âme ma venue ainsi que celle d'un accompagnant (en interim qui a sacrifié une demie journée de salaire pour rien). Pas très correct de la part de Libération, je leur ai écrit, on ne m'y reprendra plus. Je pense d'ailleurs que vous auriez dû refuser ce thème de débat qui vous enferme dans un sujet périphérique et vous empêche de développer vos idées de programme mais si ça a été un succès, tant mieux, cela permet de constater que vous avez de l'audience et c'est positif malgré tout.

    - S'agissant du débat avec Todd :
    De très haute volée, des arguments techniques, précis, de vraies différences de fond et des points communs. J'ai aussi trouvé la mini-polémique sur les élites un peu vaine de sa part, ainsi que sa caricature sur l'économie soviétisée. A vrai dire je tenais Todd pour moins social-libéral qu'il ne semble l'être mais ses analyses sont passionnantes. Au final je retiens surtout que les compromis qu'il préconise ne fonctionneront pas, le temps est à la radicalité, pas aux compromis. Le plaisir de débattre intelligemment était visible et mutuel et je revisionnerai le débat plusieurs fois.

    Bon voyage à la Réunion !

  3. Au sud de nulle part dit :

    E. Todd est peut-être un intellectuel. Peut être se peut il même qu'il soit intéressant. Après tout, pourquoi pas.
    En revanche ce qui est certain c'est qu'il est un bourgeois, et un bourgeois qui tremble à la perspective du risque d'être déclassé socialement et pécunièrement. Imbu de lui même, confit dans sa suffisance il ne se rend même pas compte que les bourgeois n'auraient rien à craindre d'un Mélenchon s'il advenait qu'il soit élu.

  4. Roland011 dit :

    46 Jean Louis CHARPAL dit: 18 avril 2011 à 11h12 « @Roland011 Je ne suis pas aussi "stupide" que vous le pensez,..» Je n’ai pas dit que "vous étiez stupide". C’est l’expression que je n’aime pas du tout et ça m’agace ! Quand au "personnage", je pense de qualité, mais comme d’autres, coincé dans "son éducation multiple", il ne veut pas franchir le pas décisif voir 18 Roland011 dit:

    49 Gombald dit: 18 avril 2011 à 11h50 A 41 -Roland 011 qui faisait la leçon « Je ne fait de leçon a personne, et les poncifs, il peut être pas mauvais de les rappeler.
    Pour la fabrique de "l'opinion" ? Ben oui et en accord avec J L M pour bousculer le milieu

    50 Marcailloux dit: 18 avril 2011 à 12h01 Approbation

  5. Chondrina dit :

    Salut à tous
    Je suis assez surpris de ton "respect" pour ce Todd qui n'est au fond qu'une sorte de BHL en plus intelligent. Ce doit être une sorte de reconnaissance d'éléments de réflexion nécessaires à l'élaboration de de ta pensée à un certain stade de ta vie : qu'importe la bible, l'important c'est d'en avoir et d'avancer... A l'époque où je lisais Todd, je l'entrelaçais avec Rousseau et Victor Serge : y'a pas photo, il est dernier à ce tiercé...
    Plus tard, en approfondissant mes études d'écologiste scientifique, je me suis aperçu que toute lecture de l'histoire était environnementale, de l'Egypte ancienne à la guerre de 14-18... aux émeutes de la faim de ces dernier mois.
    La branlette intellectuelle qui part de l'humain pour arriver à l'humain, pour faire de l'humano-humain, n'est qu'une façon de prolonger l'artifice et de rester hors des causes réelles qui affectent l'humanité : le capitalisme n'est pas la cause, c'est l'effet de cette industrialisation qui est notre véritable ennemi.
    Les intellectuels comme Todd ne sont que des dérivations : le talent qui se trompe lui même trompe tout les autres...
    Pour ma part je me suis longtemps défini comme un voleur de savoir (je sors d'un caniveau!) pour enfin m'apercevoir que tout ce que je savais m'avait été offert par ceux qui avaient songé à partager : depuis je partage à chaque occasion.
    Choisissons nos "maitres" à penser, car nous ne naissons pas humain, mais il se peut qu'on le devienne !

    Bon voyage Jean-Luc et merci pour ce courage de fond dont tu fais inlassablement preuve.

  6. Lauricella dit :

    Todd est un sociologue de grand talent, il est assez bon en économie et complètement nul en politique.
    Je ne suis pas partisan d’une destruction ou d’un rejet des élites. Je plaide simplement pour le retour des élites à la responsabilité et à la raison.

    Soit Todd ignore les liens entre ces élites et la finance, nationale et internationale. Ce dont je doute.
    Soit il est d'une candeur toute juvénile sur la conscience de ces élites.
    Soit il ment, pour ne pas être "classé" extrême gauche.

  7. Gombald dit :

    Franchement, je n'ai que faire des pseudo-élites et de leurs groupies. En démocratie, le peuple a besoin de structures pour débattre. Ce débat ne saurait être privatisé par une oligarchie ou des pseudos-élites.
    Nous n'avons pas besoin d'élites aux gouvernement mais d'élus c'est à dire d'individus qui veille au respect de la volonté des choix collectifs. Point/barre.
    Le débat doit être en amont.

  8. max dit :

    salut Jean-Luc Mélenchon
    J'ai trouve ton article très "intello" dans sa première partie !
    On sent le prof qui ferait son cours, mais n'oublies pas que tout le monde ne possède pas ta très grande culture et que si tu veux que tout le monde comprenne tes propos, il faut aussi que tu te mettes a leur niveau !
    Je ne comprends pas non plus la presque admiration que tu as pour ce Mr Todd qui lui fait vraiment partie de cette oligarchie...
    Mais bon je n'ai certainement pas ton ouverture d'esprit.

  9. Marcailloux dit :

    Monsieur Mélenchon
    Deux remarques concernant votre § :Ce vendredi n’était vraiment pas comme les autres pour moi
    - Tout d’abord votre référence fréquente au salaire maximum.
    Cela ne veut pas dire grand-chose tant les formes de rémunérations que peuvent s’attribuer les décideurs au plus haut niveau dans les entreprises et même dans les fonctions publiques et politiques, sont diverses, occultes, directes, indirectes, différées, matérielles ou immatérielles. C’est de la rémunération globale et élargie à l’entourage qu’il s’agit en fait d’examiner et de limiter l’étendue. Et là encore, aucun système ne peut prétendre avoir une connaissance exacte de la rémunération liée à l’activité d’un individu. Évoquer un salaire maximum est certes plus « parlant » mais en réalité, on ne fait que masquer le problème et donne à croire que l’on agit sur les inégalités.
    - Ensuite, concernant l’idée de JFKhan que vous avez eu la bonne intuition de ne pas relever, ce serait pour le coup accorder beaucoup d’importance à ce parti. Il a le droit d’exister, on lui reconnait celui de régenter en en faisant l’alpha et l’oméga de la vie politique bien au delà de ce que lui permettront ses "performances" finales lorsqu’un véritable débat - si on le laisse s’instaurer -, aura eut lieu.
    Il en est de même avec tous les provocateurs – souvenez vous de Plantu et du buzz entretenu dans ce blog même – ils n’existent que parce qu’ils réussissent à se placer et se maintenir sur le devant de l’actualité superficielle "médiacrisée »
    La sagesse qui doit nous inspirer, du plus humble d’entre nous à vous-même, est d’ignorer autant que faire se peut toute mise en valeur de ces trublions par des réactions intempestives.
    La seule chose que je souhaiterais, pour ma part, conserver de l'épisode Mitterand, c'est l'idée de" la force tranquille"
    La mayonnaise n'est pas facile à réussir,et il ne faut jamais abandonner...

  10. fafoua dit :

    Je crois qu'Emmanuel Todd est très efficace pour mettre les socialistes au pied du mur concernant le libre-échange. Pris en tenaille entre Todd et le Front de Gauche, ils ne pourront pas continuer longtemps dans la double hypocrisie : promettre des politiques incompatibles avec le Traité de Lisbonne ; promettre du progrès social alors que les salariés français sont mis en compétition avec les salariés chinois, indiens et autres. Enfin, les plans de rigueur sont en train d'échouer, il va bien falloir stimuler la demande par les salaires et l'emploi, ce qui est impossible sans protectionnisme économique.

  11. Thalasrum dit :

    Todd voudrait que les socialistes redeviennent socialistes. Il y croit suffisamment pour écarter la "gauche de la gauche" de son raisonnement... Quant à savoir s'il aura raison....

  12. MJK dit :

    @Marcailloux (59)
    "Cela ne veut pas dire grand-chose..."
    Bien sûr que les possibilités de contourner une loi concernant le salaire existent mais ce qui compte c'est à la fois le message politique à faire passer et le rapport de force à changer. Il s'agit pas de proposer une loi détaillant l'ensemble des revenus possibles mais de dire clairement : au dessus de 20 fois le plus petit salaire on prend tout.

  13. jorie dit :

    Comme vous, M.Mélenchon, j'apprécie la profondeur intellectuelle et les analyses de M.Todd qui bien souvent rejoignent les vôtres...à la différence peut-être du niveau de sincérité. Je pense, et je peux me tromper, que M.Todd, ses brouillaminis, parfois, témoignent d'un certain manque de sincérité dans ses propres convictions. Il est trop intelligent pour croire faire "revenir les élites à la raison". Leur choix politique et leur conformisme est une adaptation à la loi du +fort. Ce n'est pas "raisonnable", certes, si on réfléchit aux catastrophes économiques des choix français, mais c'est un choix politique, celui d'une caste bien servie et très conformiste avec l'ordre existant. Par moment, il faut savoir trancher. Soit il est naïf, soit il est aveugle, mais s'il est si perspicace, comment n'aurait il pas compris, ni perçu la différence entre élites et oligarques? Comment peut-il faire semblant de croire que le marché se régulerait de lui même après une transition étatique?. Si l'état recule, les lois du marché n'ont qu'une seule logique, celle de gagner à n'importe quel prix, c'est génétique ça et c'est une vraie prise de pouvoir ! l'état général doit compter sur une décision politique étatique. Ne serait ce que pour défendre un projet, un objectif à moyen et long terme. Comment peut on limiter son raisonnement à Etat=collectivisme fin de l'histoire, le capitalisme étant lui-même la seule fin possible? Tout ce que dénonce Todd en rejoignant vos positions ne peut mener qu'à une rupture et un changement radical en évitant les conneries des uns et des autres, mais sûrement pas en légitimant l'autorité capitaliste pour l'éternité. Il faut simplement envisager ttes les solutions possibles, un mix entre la liberté individuelle et le cadre de l'intérêt général, débattu sans cesse et remis sur la table à chaque nouvelle embûche ou chaque nouvelle révolution technologique. Peut être que Todd est victime d'injonctions paradoxales à l'intérieur de...

  14. Michel Matain dit :

    Bravo pour tout le passage consacré à la Côte d'Ivoire. Ca nous change de la pensée unique des médias qui nous a répété et répété "Assane Ouattara président élu reconnu par la communauté internationale", ça nous change des ministres qui sont passés en boucle pour expliquer que les forces françaises étaient là pour "protéger les populations civiles" (c'est le dernier habillage des interventions militaires coloniales : au 19 eme siècle on venait pour éduquer les sauvages, aujourd'hui c'est pour protéger les populations civiles, quelle évolution en deux siècles !). Aujourd'hui on ne sait pas ce qu'est devenu Laurent Gbagbo et encore moins ceux qui l'ont suivi et ont été fait prisonniers. Le pire est à craindre. On se rendra compte assez vite qu'Alassane Ouattara n'était définitivement pas le candidat des droits de l'homme.

    Et bravo de nous parler du Pérou. Et en ce qui concerne la machine à calomnier le candidat de la gauche, au Pérou même, on a déjà deux versions. Version de "gauche" : Ollanta Humala est un ancien lieutenant-colonel des forces armées et il a participé quand il était militaire aux exactions anti-démocratiques en 1992 dans la guerre contre le Sentier Lumineux (guérilla maoïste). C'est donc un homme dangereux pour la démocratie. Et maintenant la version de "droite" : Chavez est son chef, avec une victoire d'Ollanta Humala, le Pérou deviendra une colonie du Vénézuela. C'est un homme dangereux pour le Pérou.

    La droite se déchaine au Pérou : si Ollanta Humala l'emporte, seuls la Colombie et le Chili resteront comme fidèles de Washington et du modèle ultra-libéral en Amérique du Sud.

  15. L'idée de JFK d'une candidature unique "républicaine" peut se comprendre quand tout est perdu et tout à reconstruire. Ce fut le cas pendant la seconde guerre mondiale. Le Général de Gaulle a été le "candidat unique" d'un rassemblement allant de la droite républicaine à l'extrême gauche inclue, avec un "progamme commun" : le programme du CNR, mis en oeuvre effectivement, dès 1944, y compris avec le concours des communistes. Quand la situation tout en étant sérieuse n'est pas encore catastrophique (cela dit le système économique mondial peut s'effondrer du jour au lendemain...) et que le désir et surtout le besoin de justice sociale est immense, une stratégie de Front Populaire est plus adaptée. Mais JFK qui se dit "centriste révolutionnaire" est surtout un "centriste schizophrène" : il dénonce, fort brillament d'ailleurs, les dérives de l'ultra libéralisme, mais dès qu'on envisage de passer aux choses sérieuses, il ne veut pas vraiment (un peu comme Todd) que les choses changent et "noie le poisson". Sa candidature unique républicaine n'est donc qu'un "noyage de poisson" destiné à brouiller les cartes. Elle ne devrait, encore une fois, être utilisée que dans des circonstances historiques exceptionnelles.

  16. Tiago_Jaïme dit :

    Je voulais écrire "Parfait"...un raccourci simpliste certes.

    Depuis j'ai regardé écouté et pensé en même temps ou presque que les camarades Todd et Mélenchon.
    Je ferai encore plus court en disant "caramba!"
    Pour les non latinos, je dirai que c'est une sensation un ressenti comme "saudade" au Brésil
    Et je n'aurai qu'une seule précision à apporter.
    Regardez le débat d'"Arrêt sur Image" "Mélenchon-Todd"

    P.S. Amis de Jean-Luc Mélenchon répondez moi!. Que faut il faire pour faire venir Jean Pierre Chevènement et le MRC au FdG?

  17. ermler dit :

    En écoutant Todd ou J.F Kahn, on se dit que leurs analyses sont tellement proches des nôtres qu'ils devraient, sans hésiter, soutenir le Front de Gauche. Et bien... pas du tout ! Le premier fait confiance au PS pour "redresser la barre" et le second (qui, par ailleurs, avoue son "désespoir") rêve naïvement d'un "arc républicain" allant de Bayrou à... Mélenchon.
    Aussi pertinentes que soient leurs analyses, ces deux brillants esprits révèlent ce qu'ils sont fondamentalement : des petits bourgeois frileux qui ont peur des "rouges". Des gens animés par un réflexe de classe, incapables, à l'encontre même de la réalité qu'ils constatent, de sortir du "cercle vertueux" tracé autour d'un centre-droit et d'un centre-gauche, unique alternative politique envisageable, selon eux. Et je ne parle pas d'un Stéphane Hessel qui dresse un réquisitoire cinglant contre le libéralisme et appelle, sans état d'âme, à voter...DSK !

    C'est bien beau de s'interroger sur la "lepenisation" des couches populaires, sur ces ouviers qui votent contre leurs intérêts. Mais que dire de ces intellectuels "de gauche" qui votent contre leurs propres convictions, contre leurs propres constats ? Todd, Kahn, Hessel prétendent éclairer les citoyens et s'aveuglent eux-mêmes en se faisant les pitoyables rabatteurs d'un social-libéralisme, dont ils ont eux mêmes pointé la faillite.

    A ma connaissance, un seul intellectuel de gauche anti-libéral a, jusqu'à présent, soutenu clairement le Front de Gauche. C'est Michel Onffray. Où sont les autres?
    Vous ne pensez pas que cette "désertion" pose problème et mériterait débat ?

  18. jean ai marre dit :

    Les interviews et les livres de Emmanuel Todd ont un avantage, ils nous sortent de la pensée vérité dominante qu'annoncent les porte voix des intellectuels
    Par exemple la pensée vérité de B H L sur la guerre par la France à la Libye.
    A terme c'est notre démocratie qui s'amenuise, en exemple à qui a t on demandé l'avis d'entrer dans l'OTAN, à intervenir en Afghanistan, ou à nous imposer un traité de Lisbonne rejeté par le vote citoyen ?
    @ Descartes,
    Je ne suis pas certain que " cantonner les élites à suivre et non à précéder soit une absurdité"
    Coluche disait : " comment veux tu que je sois intelligent si tu me prend pour un c... "
    Pas besoin d'être un spécialiste pour se rendre compte qu'il pleut toujours où c'est mouillé, que ce sont toujours les mêmes qui profitent. Alors avec les élites, mais pas du type dominant à dominé.

  19. Hold-up dit :

    67 - ermler
    " C'est bien beau de s'interroger sur la "lepénisation" des couches populaires, sur ces ouvriers qui votent contre leurs intérêts. Mais que dire de ces intellectuels "de gauche" qui votent contre leurs propres convictions, contre leurs propres constats ? Todd, Kahn, Hessel prétendent éclairer les citoyens et s'aveuglent eux-mêmes en se faisant les pitoyables rabatteurs d'un social-libéralisme, dont ils ont eux mêmes pointé la faillite "

    Excellente analyse - Conclusion : "les ouvriers-qui-votent-contre-leurs-intérêts" ont du mal à se forger une conviction à la différence des "intellectuels-de-gauche" qui eux n'ont aucun mal à s'en faire une, mais votent au final pour leurs propres intérêts, c'est à dire pour leur pomme et en "toute connaissance de cause". Honte à eux ! Contre ces deux maux qui paralysent la république démocratique et sociale, le Front de Gauche a donc bien pour cap de permettre à la majorité des ouvriers tout autant qu'aux autres salariés de se forger une conviction claire et déterminée mais en plus - luxe suprême - de permettre à ceux-ci de voter enfin pour leurs propres intérêts. Coup double. Dans ce mouvement de cohérence et de convergence, le tri entre "les intellectuels-de-gauche" se fera tout seul. Même pas la peine de s'intéresser à leurs sorts - Leurs idées sont pleinement suffisantes. Prenons ces dernières si elles sont bonnes et oublions ceux qui ont eu le lapsus de les formuler devant tout le monde.

  20. B.Binet dit :

    Mais qu'est-ce que c'est que cette nouvelle manie d'"accueillir séparément" (sic) le citoyen et l'oeuvre et faire comme si le premier était étranger à l'autre ! On nous a fait le coup déjà dans la République des Lettres avec Céline, franc salaud antisémite et fasciste, mais, paraît-il, un écrivain " talentueux", un "vrai génie de l'écriture" auquel il faudrait tout pardonner pour cela !

    S'agissant de Todd, nous ne sommes évidemment pas dans le même registre. On peut convenir qu'il décrit avec intelligence et science les tares et les aboutissements mortifères de la société capitaliste libérale que nous voulons révolutionner... Il n'est cependant nullement le seul à le faire (cf.Edgar Morin) et à vouloir, au moins en paroles, la "réformer", c'est -à-dire, "changer pour que rien ne change" !

    Pour ce faire, il considère qu'il faut (tiens, pourquoi ?) assigner cette tâche aux seules "élites" actuelles qui tout de même sont pour quelque chose dans cet immense gâchis économique, social, moral et politique que nous connaissons... Todd fait irrésistiblement penser à tous ces intellectuels de haut vol et bien en cour qui, tels qu'un Voltaire, lui aussi, fin connaisseur (et profiteur) d'une société féodale à bout de souffle qui pressentait les périls guettant les systèmes monarchiques absolus et honnis, voudraient, en conseillant le Prince, faire revenir les "élites" de leur temps "à la raison". On sait pourtant que finalement ce fut peine et illusions perdues... quand les peuples - et les nouvelles "élites" issues de ses rangs - vinrent frapper à la porte des palais pour demander des comptes et les clés du pouvoir.

  21. Manu dit :

    J'ai beaucoup aimé le débat entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Todd et j'en redemande.
    N'avez-vous pas eu l'impression en fin de débat que E.Todd essayait de faire amende honorable (en revendiquant le fait d'être traité de "Gugusse intellectus") ?
    Il me semble que Jean-Luc Mélenchon a impressionné E. Todd, que la rencontre a été fructueuse et que leur discussion va se poursuivre, que ce soit en public ou en privé. Je parierai que, depuis vendredi, E. Todd est venu faire un tour sur ce blog pour lire ce qu'écrit Jean-Luc Mélenchon.
    Quant à la chanson de la Parisienne sur "Gugusse", tout simplement génial.

  22. Christian B dit :

    J'ai de la chance, je ne suis pas touché par la Toddmania, ni par la déférence empourprée qui l'accompagne.
    Peu m'importe si de temps à autre, les discours de ces experts se rapprochent du notre, si dans les faits
    rien de concret, vraiment rien n'en sort, car ils se rangent en rang d'oignon toujours dans l'ordre convenu.

    Dans un tout autre style, Michel Onfray me semble bien plus cohérent entre ses actes et sa pensée riche
    et lisible. D'autre part les élites ne le sont que par le contexte et les circonstances, ce qui n'enlève rien à leur qualités, mais en rajoute beaucoup à leurs possibilités.
    Il n'est pas nécessaire de connaitre la formule chimique du feu, pour comprendre ses dangers ou ses bienfaits et surtout comment l'utiliser au mieux. CQFD.

  23. el jefe dit :

    @descartes
    Todd a raison lorsqu'il dit que "le projet protectionniste européen ou la sortie de l’euro ne peuvent, dans le contexte français, être gérés que par des gens sortis des grandes écoles". Mieux vaut l'admettre.

    Gérés peut être, mais pas décidés. L'admettre vaut mieux.

  24. Papa dit :

    A. A.Binet(70)
    Totalement en accord avec-vous!
    Les arguments de JL Mélenchon sont imparables.
    Si nous suivions Todd, il y aurait ceux qui "savent" et ceux qui doivent subir. C'est faire l'impasse sur le pouvoir du Peuple!
    Sans les soit disant sans grade, qui ferait tourner la boutique France ?
    Si je saisis bien le propos, la thèse de Todd, la "populace" n'a qu'un droit, courber l'échine !
    Et bien il conviendra qu'il se fasse une autre idée de notre peuple. Quand une idée s'empare des masses elle devient irrésistible. C'est toute notre théorie de notre "Front de gauche".
    N'en déplaise aux laudateurs.

  25. charles dit :

    C'est curieux qu'Emmanuel Todd ait dit que les coopératives de production ne marchaient pas. Visiblement il ne connaît pas Mondragon une coopérative industrielle basque espagnole mondialisée et conquérante à la pointe de la technologie.
    J'ai lu quelques uns des livres de Todd que j'apprécie en tant que chercheur surtout quand il démontre les tendances lourdes des faits ethnologiques qui sont sa trouvaille, c'est pas rien mais sorti de là y'a plus rien. Même si je l'apprécie comme scientifique, sa névrose manifeste et sa suffisance font que je l'écoute comme on écouterait un enfant. Il ne sait pas se retenir et il trépigne quand il n'a pas la parole. A 60 ans il est patéthique, un authentique gugusse.

  26. fabrice loi dit :

    "Le militant ancien faisait vivre le Parti dans la collectivité, et vivre la collectivité par le Parti. Le militant nouveau vient pour contribuer, certes, mais surtout pour s'exprimer, "s'épanouir" personnellement. Il est, dans sa section socialiste, l'un des millions de nouveaux narcisses engendrés par la révolution éducative supérieure".

    D'accord avec Jean-Luc Mélenchon, c'est bien vu, d'autant plus drôle qu'elle est faite par quelqu'un qui tourbillonnne sur les médias (Todd). On vit vraiment une époque de fous. Bon billet sur l'Afrique aussi. Et j'oubliais : l'empreinte carbone de votre voyage à la Réunion je m'en fiche. Bonne route.

  27. Francis14 dit :

    Concernant Todd, il a bien appris les leçons de Bourdieu : les éduqués supérieurs qui s'autotomisent socialement et économiquement c'est l'une des propriétés du champ "tous les gens qui sont engagés dans un champ ont en commun un certain nombre d'intérêts fondamentaux, à savoir tout ce qui est lié à l'existence même du champ : de là une complicité objective qui est sous-jacente à tous les antagonismes" (questions de sociologie) et pour le champ intellectuelle, le mépris du peuple est l'un de ces sous-jacents. Exception qui confirme la règle : Onfray au contraire lui louant un bon sens est à son banc (pour moi simplement le fait que le sensible n'est pas sous des conditionnements symbol/hiérarchie).

    Quant à : "La disparition des idéologies traditionnelles renvoie chaque strate éducative, chaque profession à ses déterminations propres […] Le métier devient un objet d'identification primordiale, fragmentant encore plus finement le corps social." Plutôt que la fin des grandes idéologies, il m'apparait que c'est le début d'une qui s'appelle néolibéralisme, ce qu'il dit par ailleurs"Nous sommes confrontés à une idéologie dominante" Tous ce passe donc chez Todd comme si cette idéologie portait sur l'économie et pas sur le reste ; c'est exactement une pensée libérale ! De plus, si maintenant le métier devient objet d'identification, j'en tire plutôt que c'est un retour des classes marxistes qui est en cours, plutôt que l'apparente fragmentation derrière les métiers. De là à ce que le prolétariat/cognitariat fasse un, il y a pas des siècles ! Ses habiles contorsions rhétoriques nous montrent en creux son école de pensée. C'est un Convertis voilà tout qui nage comme un poison dans l'eau : "La sociologie la plus élémentaire à la sociologie atteste que les plus grandes contributions à la sciences sociale sont le fait d'hommes qui n'étaient pas comme des poisons dans l'eau dans le monde social tel qu'il est" (Bourdieu). Alors ces...

  28. Nicolas B. dit :

    44 Descartes
    " le projet protectionniste européen, ou la sortie de l’Euro ne peuvent être gérés que par des gens sortis des grandes écoles"

    Comme je ne confierais pas ma voiture à mon dentiste, ou l’inverse pour mes dents au garagiste, chacun sa spécialité on est bien d’accord, mais c’est moi qui gère cela dans les deux cas. Chacun son métier, c’est aux politiques, (les représentant du peuple pour simplifier, avec la 6° république, svp), de gérer ces experts.
    D’autre part pourquoi parler de "projet protectionniste européen et de sortie de l’Euro" de cette façon, je ne crois pas que cette phrase soit appropriée par rapport au programme partagé, en tout cas si cela survenait les experts doivent rester à leur place et rôle, les vaches seront bien gardées. Il y a de quoi ce méfier des grandes écoles, tant d’années d’études pour apprendre comment créer de nouvelles taxes, ou autre tambouilles fiscales sans pouvoir se remettre en question, ça fait peur. (C’est pas un réflexe anti-élite, c’est une question de bons sens, populaire bien sûr !)

  29. Jean_Mi 41 dit :

    #50 Marcailloux
    L'ensemble de ce commentaire très intéressant pose en fait deux questions essentielle: pourquoi tout çà ? (seulement à cause du cerveau reptilien ?) et d'autre part celle du choix !

    "Rêver d’une civilisation où les hommes ne seraient plus ce qu’ils sont véritablement est une utopie absolue".
    Bien sûr, on ne peut pas changer un homme d'un coup de baguette magique mais cette dernière phrase renvoie à une nature humaine existante et homogène. Or il existe à mon sens statistiquement quand même deux grands types de comportements: sociabilité voire altruisme contre individualisme voire malfaisance.

    "Ce sont nos organisation à partir du néolithique qui nous ont peu à peu doté de raisonnement et de règles sociales pour progresser et nous protéger. Mais les instincts profonds subsistent et réapparaissent spontanément".
    L'instinct ça prétend tout dire mais c'est une pirouette! Se pourrait-il aussi qu'une différenciation (venue de l'aube de l'humanité et éventuellement aléatoire, un peu comme la couleur des yeux ?) dans le développement de nos cerveaux puisse expliquer ces comportements opposés ?
    Après tout, l'évolution de la nature, la diversité ne se résume pas qu'à des espèces ou des races, on trouve des animaux vivant en solitaires et d'autres en société (ou meutes), à matricer avec des herbivores pacifiques contre des carnassiers agressifs. ("c’est pourquoi il faut sans cesse chercher à lui raboter les crocs ou lui mettre une muselière".). La question est grave, très grave! Concrètement, comment fait-on ?
    De la même façon, un système n'est pas forcément mauvais en soi, l'orientation que l'homme lui donne est par contre déterminante (objectifs,abus de pouvoirs, corruption...)
    Conclusion: l'homme n'étant pas forcément mauvais et les systèmes non plus, il devrait forcément y avoir une solution, Mais que sommes nous prêts à faire pour ça ?

  30. ARGELES dit :

    Je découvre le blog de Jean-Luc Mélenchon, avec plaisir. Mais qu'il est difficile à lire, de par sa typographie d'une part, mais aussi par ce langage qui déferle, inexorablement, qui "déroule" implacablement... Si bien qu'on a du mal à suivre...
    Il y a, à mon avis, une petite erreur de style qui pourrait être corrigée: quelques retours à la ligne (pour reprendre son souffle), un peu moins de digressions (pour ne pas perdre le fil du raisonnement).
    Le texte y gagnerait en puissance et en efficacité.
    Bien cordialement

  31. Aétius dit :

    Il est fort agréable de lire les appréciations subtiles et équilibrées de M. Mélenchon, capable d'écrire son admiration (et d'en expliquer clairement et posément les motifs) pour l'oeuvre d'un type qui le traite de "gugusse". Sérieux, générosité, honnêteté intellectuelle et courage, voila les qualités que cette attitude me semble dénoter. Et ce sont des qualités dont le Peuple a désormais Grand Faim, il me semble !

    Vous lire M. Mélenchon est par ailleurs à mon goût un fort et trés bon antidote à cette pouacrerie ambiante qui juge et condamne en usant et abusant de procédés stupides et grossiers - et qui donnent envie de flinguer sa TV - tels que l'amalgame, l'attaque ad hominem, etc... etc... et dont vous êtes malheureusement souvent une des cibles de choix. Force et Résistance sont deux autres qualificatifs qui vous vont bien, soyons nombreux à vous imiter et/ou à vous approvisonner en vitamines symboliques, feed-back positifs pour vous encourager à persister, car dans cette société nous les jeunes qui voulons vivre avec autre chose qu'un pois chiche dans le crâne on étouffe et vous nous oxygénez par votre action. Enfin, je parle pour moi, mais quelque chose me dit que d'autrrs, en grand nombre, pourraient aussi souscrire à ce genre de propos...

    Go, JL, go !

  32. jean le hussard dit :

    Toujours un "planning" de Président !
    Il est certain maintenant que l'Europe ne peut plus continuer à fonctionner de cette façon ! Tous les jours des couleuvres à avaler pour des pays, donc des citoyens par millions, pour satisfaire les intérêts des sociétés financières internationales qui gèrent (?) au mieux les "avoirs" des spéculateurs internationaux. Comment pouvons nous encore y croire ! Refondation. Cela prendra du temps mais faut il continuer à creuser nos tombes, ou une bonne fois pour toute relever la tête, retrousser nos manches et se mettre au boulot avec des nouvelles perspectives plus politiques et sociales et non plus uniquement économiques.
    Je suis heureux que vous participiez à des débats publics surtout en compagnie d'un autre révolutionnaire comme Monsieur Kahn (Jean François et non l'autre !). Ces tribunes toujours d'un très bon niveau et à portée large sont fondatrices. Il y à des comptes rendus et des commentaires effectués par les journalistes. Ce sont des Clubs Révolutionnaires Citoyens qui permettent aux nouveaux leaders de pouvoir confronter leurs idées en direct et non pas dans les foires médiatiques de la télé où il est impossible de développer des idées et pour le spectateur ne retenir que "ne me coupez pas la parole" "laissez moi continuer à expliquer !" Ce qui nous fait "zapper" au plus vite
    Il faut aussi que vous participiez à des rencontres en milieu rural, vous savez ce qui existe autour des grandes villes, il y a aussi beaucoup de Citoyens et Citoyennes qui savent voter.
    Ce serait bien si vous pouviez (votre équipe) organiser de tels débats avec des personnalités tels que JFK et autres candidats, valables, comme S Royal etc
    Comme d'habitude je vais continuer à lire votre article toujours aussi tonique.

  33. GL dit :

    Cher Monsieur Mélenchon,
    Merci ! Il faut tenir !
    GL

  34. Dans ce billet Jean-Luc Mélenchon nous interroge sur l'idée de Jean-François Kahn : "Et je n’ai pas relevé l’idée de Kahn d’une candidature unique « républicaine »" la jugeant toutefois contreperformante. Je demande qu'on creuse cette idée : et si cela voulait dire "candidature unique pour une 6e République". Je plaide depuis un certain temps pour cette idée : faire de l'élection présidentielle un référendum pour une 6e République, le candidat du front de gauche à celle-ci ayant pour point essentiel ce point là, les autres candidats et candidates aux législatives développant les autres points du programme partagé. Dès lors on peut proposer à toutes les forces, qui se rendent bien compte que la 5e république est devenue une monarchie avec Napoléon le petit qui décide de tout (et encore Todd dit que le roi est nu), de prendre ce candidat comme leur candidat (du NPA à la gauche du PS ou d'EELV).
    Bien sûr cette idée ne s'est pas encore emparée des masses mais en 2004 l'idée de dire NON au TCE n'était pas, loin s'en faut, majoritaire. Il y a du boulot mais c'est à notre portée. Après la décision des communistes on aura neuf mois pour le faire et... être en 2012 majoritaire comme en 2005.

  35. Marcailloux dit :

    @ Jean_Mi 41 #79, Bonjour,
    ... on ne peut pas changer un homme...
    Le « on » que vous employez peu et doit, à mon sens, signifier au moins deux attributs.
    Il y a le « on » sociétal que nous formons tous avec nos lois, nos connaissances scientifiques, nos modèles politiques et économiques, nos us et coutumes, nos avis et commentaires sur ce blog, etc. C’est un « on » qui nous forge, qui, à notre matière intrinsèque (au sens d’Aristote) donne une forme et nous permet (en principe) une vie la plus harmonieuse possible dans la société.
    Et puis il y a le « on » singulier, celui de notre conscience individuelle, de notre libre arbitre, de notre « composition chimique et biologique» qui sur le plan individuel nous singularise et sur le plan collectif, nous fond dans la masse indistincte de la race humaine.
    Notre grand combat individuel, et c’est me semble - t- il, ce qui nous caractérise en tant qu’homme, c’est, comme vous l’évoquez très justement, le problème du choix. Du choix permanent entre nos pulsions, nos passions et la raison que nous impose les règles de la vie en société. C’est le combat de toute notre vie et notre devoir est de ne pas déserter. S’imposer la lucidité, l’empathie, une objectivité minimale – tout un programme-, la modération de ses instincts, en gros se donner les moyens d’un eudémonisme ordinaire (lire M. Onfray à ce sujet).
    Enfin, il y aurait peut être un troisième « on », mais le crédit de mots de ce blog ne permet pas de développer, ce « on » constitué par l’irruption d’un homme, d’un évènement, d’une circonstance qui ferait qu’un progrès devient subitement possible car les conditions d’une « catalyse » générale sont réunies.Et là nous devenons perméable à une remise en cause des deux premiers "on".
    J’ai le sentiment, un peu flou, que Jean-Luc Mélenchon constitue peut être cette irruption dans le paysage politique, et c’est pour cela qu’il est ressenti dangereux par les tenants d'un certain conservatisme
    Bonne journée..

  36. citoyenne21 dit :

    Voici un lien d'un billet de Louis DALMAS (auteur entres autres de "Le crépuscule des élites"), qui va dans le sens de la vision de Jean-Luc Mélenchon en ce qui concerne la Côte d'Ivoire : sanglants boniments

  37. Descartes dit :

    @el jefe (#73)

    Gérés peut être, mais pas décidés.

    Tout à fait. Mais alors pourquoi cette idée qui paraît si simple et si consensuelle (comme le dit Nicolas B, "je ne confierai pas mes dents au garagiste et ma voiture au dentiste") n'est pas mise en œuvre dans les faits ? Pourquoi faire croire aux citoyens qu'ils peuvent écrire tous seuls un "programme partagé" ? Ne serait-il plus intelligent de faire analyser les différentes options par les "gens passés par les grandes écoles" et confier ensuite aux citoyens la "décision", autrement dit, le choix de l'option retenue ?

    @jean ai marre (#68)

    Coluche disait : " comment veux tu que je sois intelligent si tu me prend pour un c... " Pas besoin d'être un spécialiste pour se rendre compte qu'il pleut toujours où c'est mouillé,

    Vraiment ? Pourtant, dans ma cave c'est mouillé et pourtant il ne pleut jamais...
    Les citoyens n'ont pas besoin de spécialistes pour s'apercevoir qu'il y a un problème. Mais pour en trouver la cause et proposer des remèdes, dans la plupart des affaires qui concernent un état moderne l'expertise est inévitable. Quant à Coluche (on a les références qu'on peut), il ne disait pas autre chose: "lorsqu'on n'y connait rien, on ferme sa gueeeeeule"

  38. Louis st O dit :

    87 @citoyenne21
    Ce qu’il y a de terrible c’est que ce sont toujours les petits pays qui ont un « dictateur ou pas » qui ne fait pas allégeance aux occidentaux et surtout aux États-Unis, (dans allégeance, il faut entendre ne se laisse pas piller ses matières premières) qui se voient envahis ou mis sous embargo et là, aucun pays occidental ne crie au scandale.

  39. Ardennes dit :

    Il serait intéressant d'aller soutenir les idées et les propositions du PG/FG/PC dans un autre département lui aussi dévasté par la casse du service public, par les licenciements, les délocalisations,... Ce département n'est pas épargné par les visites intempestives du candidat de l'UMP. Pas très loin de la fameuse Belgique, sur les bords de l'internationale Meuse, à l'orée d'une résistante forêt profonde, aux pieds des usines millénaires qui ne laissent que leur carcasse. Il faut venir pour soutenir l'élan et l'ardeur des ces territoires meurtris par les attaques incessantes libres et non faussées du capitalisme. Soutenons les Ardennes!

  40. citoyenne21 dit :

    A Descartes (88)
    Admettons qu'on puisse reconnaitre la pertinence de vos propos, est-ce nécessaire pour autant d'utiliser le mépris ou le sarcasme pour tenter convaincre l'auditoire ? Votre pique du style "on a les références qu'on peut" en direction de "J'en ai marre" n'est pas de nature à rendre percutants les éléments de votre pensée, que visiblement vous cherchez à répandre goulûment sur ce blog ! Vous gagneriez à être plus pédagogue, ça vous éviterait bien des rejets qui trop souvent ne sont dûs qu'à vos façons de faire plutôt qu'à une non crédibilité de certaines de vos interventions ! On peut avoir raison en bien des points et se sentir supérieur aux autres de par une spécialisation reconnue mais est plus respecté et écouté, celui qui utilise un langage avenant et humble envers des jugés inférieurs, en raison de leur non spécialisation ! Raisonner avec sa tête avec méthode c'est très bien et en cela, je vous félicite pour votre action purificatrice ! Cependant, toute entreprise de tentative de persuasion auprès du plus grand nombre, nécessite d'être accompagnée d'un peu plus de souplesse dans l'art de manier la langue et d'un peu plus d'imagination dans l'art d'imager son propos !
    A méditer

  41. Jérôme Casanova dit :

    Concernant la participation populaire, j'attire votre attention sur une vidéo d'Etienne Chouard qui compare le système électif et le tirage au sort pratiqué dans la Grèce antique pendant deux cents ans.
    Alors que le système électif favorise les gens de pouvoir et est basé sur une confiance aveugle des personnes à qui l'on le délègue car les contrôles sont difficiles, le tirage au sort permet de faire circuler au hasard le pouvoir parmi la population. Et comme les riches sont moins nombreux que le reste de la population, je vous laisse deviner qui a le pouvoir de fait.
    http://www.dailymotion.com/video/xhm97w_entretien-avec-etienne-chouard-3-le-systeme-electif_news
    Jérôme : C.

  42. jean ai marre dit :

    @ 69 Hold-up,
    Todd dit que les élites fournissent des idées qui sont appréciées parce quelles sont périmées.
    Est ce à comprendre que les citoyens adhérent aux idées des élites après un certain temps, le temps de la réflexion ou de la maturité ?
    L'inertie est elle liée au manque de culture des citoyens ?
    Il reste aux citoyens qui veulent avancer de proposer des reflexions et d'appliquer une critique objective à toutes les idées (les notres, et celles qui nous dérangent)
    Dans ce concept où l'objectivité est de mise, nous n'avons pas besoin du PS et de ses élites pour faire avancer les idées de la Gauche radicale.

    @ 44 Descartes,
    " le projet protectionniste européen, ou la sortie de l’Euro ne peuvent être gérés que par des gens sortis des grandes écoles"
    Ce que notre philousophe ne dit pas c'est que Todd est furieux que les conseillers et certains ministres ne sortent pas des grandes écoles. L'inculture est présente.
    Ceci explique peut être cela.

  43. brusyl dit :

    "Notre peuple (...) dispose en son sein d’une élite technique extrêmement nombreuse. "

    Pas d'accord du tout avec cette définition de l'élite qui démontre une philosophie du progrès uniquement productiviste et "économiciste" (pardon pour le néologisme), qui ne sort pas de la vision de l'homme uniquement dans ses fonctions de producteur et de consommateur, ne voit développement qu'à travers la croissance et pense que vivre mieux c'est posséder plus.
    Allez Mélenchon, encore un effort ! après la lecture de Christopher Lasch comme vous le recommande un commentateur, je vous conseille la lecture de Jacques Ellul et de sa dénonciation de la société technicienne, c'est à dire un système organisé autonome, qui désormais soumet les êtres humains à sa logique et ses finalités.

    Mélenchon a fait sien le slogan sud américain "que se vayan todos" puisse-t'il s'inspirer aussi du "buen vivir " cette finalité que réclament les peuples de la Bolivie, du Mexique, de l'Equateur, de vivre non plus pour le système et le productivisme mais dans la recherche d'une harmonie envers ses pairs et l'ensemble de la nature

  44. jean ai marre dit :

    @ 91 citoyenne21,

    J'apprécie votre accolade et suis étonné que le Webmestre ne censure pas ce type de propos. Il m'a censuré pour moins que ça.
    Le Philousophe de service, est coïncé dans une pensée archaïque il n'arrive pas à s'en défaire. Il utilise toutes les occasions pour perturber le blog et attaquer le Front de Gauche, à moins que Chevènement ou Dupont- Aignan viennent s'y joindre !

    [Edit webmestre : Moins que ça, certainement pas... La remarque de citoyenne21 s'applique également à vous. Même pour répondre à Descartes, il y a une manière convenable de le faire, celle de citoyenne21 par exemple, et une autre... la vôtre. J'ai surligné tout ce qui dans votre réponse constitue des attaques ad hominen sujettes d'ordinaire à modération. Je ne désespère pas de vous faire comprendre cette différence. D'autant plus que c'est dans votre intérêt. Je sais qu'il est désagréable de voir ses écrits disparaître, alors qu'il suffirait de réfléchir avant d'écrire...]

  45. Descartes dit :

    @citoyenne21 (#91)

    Admettons qu'on puisse reconnaitre la pertinence de vos propos, est-ce nécessaire pour autant d'utiliser le mépris ou le sarcasme pour tenter convaincre l'auditoire ?

    La réponse est: oui. Si l'expérience m'a appris quelque chose, c'est que l'humilité et la contrition permanente ne payent pas dans le débat politique. Si vous voulez être entendu (et il faut être entendu avant d'être écouté) il faut choquer, il faut provoquer, il faut pousser les gens à sortir de leurs gonds. C'est d'ailleurs un peu ce que fait votre Jean-Luc adoré... alors je ne vois pas pourquoi vous me le reprochez à moi. Cela étant dit, chacun est libre de choisir sa méthode. Je ne prétends pas vous imposer la mienne, n'essayez pas de m'imposer la votre.

    @Jean ai marre (#93)

    Ce que notre camarade ne dit pas c'est que Todd est furieux que les conseillers et certains ministres ne sortent pas des grandes écoles.

    Pour le dire, encore faudrait-il le savoir. Comment savez-vous que Todd est "furieux que les conseillers et certains ministres ne sortent pas des grandes écoles" ?

  46. citoyenne21 dit :

    A j'en ai marre (95) : en fait j'ai un ticket avec le modérateur (je rigole) ! C'est mon pêché mignon de batailler intellectuellement avec des gens que je trouve un peu trop incorrectement audacieux ! Par ce que l'audace quand elle est positive, elle est la bienvenue, bien entendue ! La prochaine fois, prenez-en de la graine sur moi et mouchez à ma manière, c'est encore plus jouissif car personne ne peut vous reprocher votre manque de correction ! Descartes justement devrait comprendre que plus il s'évertuera à vouloir laisser entendre que les autres ne valent rien face à la supériorité de son esprit critique, moins il sera écouté et plus les gens continueront à lui faire faux bond, déjà juste pour le plaisir de le défier ! Et ce n'est pas comme ça qu'il parviendra à un résultat tangible ! Je ne lui trouve pas des tords à tous les coups mais sa façon de faire me rebute tant que du coup, je préfère lui clouer le bec (humour).

  47. lionel mutzenberg dit :

    Dommage qu'Emmanuel Todd ne parle pas comme il écrit; pour autant, j'ai trouvé le débat très intéressant. Bon, le salaire maximum me fait bien marrer, ce n'est pas en diminuant les hauts salaires, ce qui est une juste mesure, que les autres salariés seront mieux rémunérés.
    Des emplois à pleins temps pour toutes celles et tous ceux qui veulent travailler, un salaire en fonction du coût réel de la vie, voilà des propositions révolutionnaires ! Il faudrait le dire et le répéter sans cesse, à moins de penser comme Ségolène Royal en 2007 que le SMIC à 1500 euros bruts dans le temps de la mandature, c'était de la démagogie des éléphants du PS !
    Un peu moins de discours dans le haut de la stratosphère politique, et un peu plus de réalisme au niveau de ce que pensent, "les gens."
    Encore une fois, l'on ne gagne pas une élection avec la politique extérieure, mais un se positionnant par rapport aux problèmes du plus grands nombre de nos concitoyens.
    Tiens, répondre point par point au projet toutes candidatures des socialistes, ça, ce serait révolutionnaire, mon cher camarade !

  48. RC dit :

    Bonjour,

    Il est temps de traiter à nouveau de l'engagement de la France en Libye. Il faudrait prendre la mesure de ce que signifie l'irruption de l'OTAN. Par exemple, le rythme précipité de l'entrée en guerre mérite une analyse approfondie.
    Comme des commentateurs anonymes sur le net avant lui, le Membre de la Chambre des représentants Dennis Kucinich, de la gauche des Démocrates, personnage aux opinions plutôt excentriques par ailleurs, a indiqué devant la Chambre que les similitudes entre l'exercice militaire franco-britannique "Southern Mistral" et l'Opération Aube d'une Odyssée doivent nous interroger sur la façon dont la guerre a été planifiée:
    "On November 2, 2010 France and Great Britain signed a mutual defense treaty, which paved the way for joint participation in a military exercise called ‘Southern Mistral’ (www.southern-mistral.cdaoa.fr). While war games are not uncommon, the similarities between ‘Southern Mistral’ and ‘Operation Odyssey Dawn’ highlight just how many unanswered questions remain regarding our own military planning for Libya."
    Les lecteurs du blog de M. Mélenchon liraient aussi avec beaucoup d'intérêt la série d'articles sur la Libye qu'a écrite le journaliste belge Michel Collon, intitulée "Comprendre la guerre en Libye" (1/3, 2/3 et 3/3). Collon explique depuis longtemps que les guerres commencent par un média-mensonge. Sans même parler de l'exercice militaire, il montre que ce...

  49. citoyenne21 dit :

    A Descartes (96) : "mon Jean-Luc chéri " pour reprendre mot à mot votre expression n'exprime point de sarcasme il me semble dans son approche, si virulent soit-il son discours en certaines occasions ! Vous n'oseriez tout de même pas vous comparer à lui dans la démarche ! A la rigueur, lui il a la légitimité pour le faire de part sa fonction et vu les hyènes qui l'entourent et dont il doit se protéger ! Mais vous, en tant que détenteur d'un blog bien moins fréquenté que le sien et accessoirement pro-nucléaire de conviction, quel est votre intérêt d'user du même attirail ? Aucun si ce n'est le fait que de mettre en pâture votre déception liée à je ne sais quelle projection avortée ! Chacun est suffisamment à l'aise dans ses idées ici pour ne pas avoir besoin d'en référer à plus spécialiste en matière de critique ! Vous l'avez reconnu vous-même sur votre blog, Jean-Luc est quelqu'un de très estimable dans la vraie vie, et bien même cela, on est capables de l'avoir deviné tout seuls comme les grands citoyens éduqués et que nous sommes !


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