Résultats pour le mot-clef «Société Générale»

26juin 13

L’été finira bien par arriver

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Je vais ralentir la cadence de parution sur ce blog puisque sans doute ce sera bientôt l’été pour de vrai. Je vais pouvoir mettre de la distance avec mon quotidien acharné. Mais avant cela il ne faut pas abandonner les combats en cours. C’est pourquoi je renvoie à ce qu’écrit mon avocate Raquel Garrido sur le procès que madame Le Pen lui intente. La tentative de faire taire la défense d’un avocat ou de l’intimider par une poursuite judiciaire est un fait d’une exceptionnelle rareté et gravité. J’ai noté quels médias étaient présents à la conférence de presse organisée sur le thème. Car à peine quelques heures après le résultat de Villeneuve sur Lot et leurs meuglements solennels, les vaches sacrées paissaient déjà ailleurs.

Je prolonge aussi mon post sur l’affaire Kerviel. Pour cela je pars de la loi bancaire en cours d’examen et je m’intéresse au contexte de l’action de la Banque en cause, la Société Générale au moment où elle décide de faire de Kerviel un coupable idéal.

Avant de dételer, je vais faire encore une session à Strasbourg et encore avant cela, cette fin de semaine, je conclurai deux grandes fêtes populaire: celle du « Travailleurs Catalan » dans les Pyrénées orientales et celle de Lézan dans le Gard organisée par mes amis communistes. Là j’aurais l’occasion de développer ce que je pense du moment et de ce que nous devons faire selon moi. Puis j’irai aux journées d’été du Parti de la Gauche européenne à Porto où je dois conclure le meeting du vendredi. De là je rentrerai à Paris pour boucler une valise au long cours avant d’aller à Quito, en Equateur, où se travaille la déclaration à propos du forum de la révolution citoyenne. Après quoi j’irai au forum de San Paolo, comme l’an passé, mais en compagnie d’éminents amis vénézuéliens si tout se passe comme prévu. Je pense que je resterai un peu sur place à Quito, pour souffler et me soustraire à la hargne médiatique qui m’accable ici, où que j’aille et quoique je fasse, toujours sur « l’à côté » qui, bien sûr, « révèle » l’essentiel. Exemple récent. Sans doute l’avez-vous ignoré mais de mes cinq heures au salon du Bourget, le « Lab d’Europe 1 », un vieil ennemi traditionnel très proche de la droite extrême, a extrait quelques secondes du travail d’une caméra de « France 2 » dont j’avais accepté l’accompagnement. Les images sélectionnées sont présentées pour souligner ma préférence pour la classe affaire en avion. Elle est réelle. On s’intéresse moins à ma description de la maltraitance des passagers de la classe économique ! Elles ont fait le « buzz » comme on le dit. Mes « goûts de luxe » ont été aussitôt pointés dans le JDD. Lequel de ces clowns voyage comme moi en métro et en bus dans Paris ? Lequel de ces pitres voyage en classe éco quand il fait des voyages ? Et combien se paient leur billet d’avion eux-mêmes ? Aucun bien sûr. Le « Lab d’Europe 1 » est spécialisé dans ce genre de montage provocant à mon sujet. Une sorte de « petit journal » en plus gras, plus trivial et en moins drôle.

L’essentiel pour moi, cela aura été le résultat de l’élection partielle de Villeneuve. Je crois que, comme la plupart d’entre vous, je comprends parfaitement bien ce qui s’est passé là-bas une fois de plus. Je vois, comme beaucoup d’entre vous, comment le contexte et le mélange qui conduisent à ce deuxième tour est dorénavant très fermement installé. Certes c’est l’UMP qui a gagné le siège. Mais c’est le Front National qui a la victoire politique. En tous cas cela ne doit pas nous conduire à sous-estimer nos propres responsabilités. Je vais y venir. Mais avant cela, encore une fois je dis que le pilonnage médiatique qui accompagne la montée en puissance incontestable du Front national joue un rôle décisif dans ce processus.

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20juin 13

Aux prud'hommes le 4 juillet, une injustice qui nous coûte 1,7 milliards d'euros !

Kerviel est innocent !

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Je n’ai aucune raison personnelle d’agir comme je suis en train de le faire. Je m’attends même à soulever de l’incompréhension et peut-être des reproches venant de mon camp. En rédigeant ce post je m’associe en effet à la défense de Jérôme Kerviel, un ancien trader de la Société Générale. Cet homme a été accusé par la banque d’avoir trompé sa vigilance et de lui avoir occasionné des pertes monstrueuses. Il a été condamné à une peine de prison et à payer une somme qu’il ne pourra jamais réunir : 4,9 milliards d’euros. Dans quelques jours, le 4 juillet prochain, Jérôme Kerviel passe aux Prud'hommes. C’est le dernier recours dont il dispose pour contester qu’il ait commis la « faute lourde » dont l’accuse la banque. Car cette incrimination, en plus de toutes les autres peines, le condamne à la mort sociale, sans aucune ressource et sans aucun accès aux droits sociaux les plus élémentaires. Je crois que Jérôme Kerviel est innocent. Ceux qui l’ont fait condamner sont donc coupables. Rude bataille en perspective. J’y prends ma place comme soldat du rang. Juste par conviction à propos de l’idée que je me fais de ce qu’est un comportement civique responsable.

Pour le militant politique que je suis, défendre un trader dans un conflit avec sa banque est aussi décalé que l’était la défense d’un capitaine monarchiste au début du siècle précédent contre l’institution militaire unanime. Le militarisme était alors notre ennemi car nous ne voulions pas de la guerre qu’il préparait. Dreyfus en était un rouage conscient et satisfait. Mais il était innocent. Les banques sont nos ennemis aujourd’hui car nous ne voulons pas du désastre qu’elles organisent. Kerviel en était un rouage actif, content de lui et du système. Mais Kerviel est innocent.

Tout part de là : selon moi, Jérôme Kerviel est innocent. Et s’il l’est, sa condamnation est insupportable pour une conscience libre. Si je ne la supporte pas je dois la combattre. Pourquoi cette cause plutôt qu’une autre ? Parce que Kerviel n’est pas confronté à ses actes mais à un système. Il est seul en face d’une organisation toute puissante qui combine les moyens d’une banque et ceux de l’Etat. Pour entrer dans cette défense je dois dire comment je comprends les faits. Je dois montrer les ressorts qui ont permis cette injustice. Je dois exposer ce que je crois être les causes de cette affaire. Ce chemin, que je croyais nouveau, m’a ramené au pied de la même muraille où viennent battre les manifestations auxquelles je participe, les pétitions que je signe, les discours que je prononce. Voici devant nous les murs brillants des hauts étages de la finance et des institutions monarchiques de notre pays. Voici les arrogants, tout puissants qui s’amusent de la crédulité de ceux qui respectent leur autorité et disposent de la vie des autres comme s’ils n’existaient pas vraiment.

5098858223_26e9717457Je défends Jérôme Kerviel parce que je le crois innocent. Je suis conscient qu’en le faisant, j’augmente le nombre des ficelles stipendiées qui se tirent déjà contre moi. Je suis conscient du fait que la preuve de l’innocence de Kerviel implique la culpabilité de ceux qui l’ont fait condamner. Je sais que cela revient à demander des comptes. Des comptes évalués de façon indépendante. Les pertes reprochées à Jérôme Kerviel existent-elles vraiment ? Pourquoi le juge a-t-il refusé systématiquement toute expertise indépendante de ces pertes ? Pourquoi a–t-il choisi de croire sur parole la banque ? Pourquoi la ministre Christine Lagarde a-t-elle fait verser à la banque un milliard 700 millions de dédommagement, alors que la condamnation de Jérôme Kerviel, qui était la condition de ce versement, n’était pas définitive ? Pourquoi ce dédommagement a–t-il été versé alors que le défaut de surveillance de la banque sur son employé est attestée par l’organisme professionnel bancaire qui en est chargé, ce qui interdisait tout dédommagement de la part de l’Etat ?

Nous connaissons bien les mécanismes de notre temps qui permettent à la finance de briser des millions de personnes d’un seul coup. D’un seul coup de bourse, d’un seul clic, d’un seul joueur hors de toute réalité, noyé dans son adrénaline, comme l’était Jérôme Kerviel du temps où il était un petit prodige de la finance spéculative. Ici, nous voyons la même immense énergie ramenée sur une scène plus étroite. On y voit comme sous une loupe une gigantesque machine broyer un seul individu. De la réussite de ce broyage dépendait la réussite d’une opération incroyable : le sauvetage d’une banque dont la défaillance aurait pu effondrer le système bancaire mondial.

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