08mai 08

Mardi 6 et mercredi 7 mai au Sénat a été discuté le texte qui transpose l’accord entre les syndicats de salariés et ceux des patrons sur le contrat de travail. Naturellement ce texte de régressions archaïques portait le titre pompeux de « modernisation » du marché du travail.  Tous les syndicats avaient signé cet accord, à l’exception de la CGT. A l’assemblée nationale le texte a été adopté avec les voix de droite. Les élus socialistes se sont abstenus sauf Marc Dolez (PS Nord) qui a voté contre. Les communistes et les Verts ont voté contre. Au Sénat il en a été de même. La droite a voté pour le texte, les communistes et les Verts ont voté contre, les socialistes se sont abstenus sauf Maryse Bergé Lavigne (PS Haute Garonne) et moi (PS Essonne) qui avons voté contre. Mes interventions peuvent être lues dans le compte rendu intégral des débats du sénat consultable en ligne. Dans cette note je me concentre sur quelques questions de principe que la situation de ce débat soulevait.

UN PUR CHANTAGE 
 
Les principales dispositions de cette loi sont connues. Après une proclamation hypocrite selon laquelle le Contrat de travail a durée indéterminéée (CDI) est la formule de référence des contrats de travail, le texte s’applique à démanteler les garanties que celui-ci contient. Et il crée… deux nouvelles formes de contrat précaires. Le point de départ de toute cette affaire est la condamnation de la France par l’OIT à propos du CNE, le fameux contrat de travail de deux ans que l’employeur pouvait rompre sans explication ni préavis. Mais avant même que cette condamnation intervienne, les équipes de la droite et du patronat ont compris que l’affaire était perdue et qu’il leur fallait tourner leurs batteries. Ce n’est donc plus une mesure unique qui a été envisagée mais un ensemble de dispositions particulières qui mises bout à bout représente davantage que le CNE en matière de flexibilité. La droite a démarré sa campagne pendant les élections présidentielles autour du thème du « contrat de travail unique » et de la rupture du contrat de travail « par consentement mutuel ». Ces thèmes étaient aussi ceux de François Bayrou. Une fois la victoire acquise, le nouveau président s’est appuyé sur le fait qu’il l’avait annoncé dans sa campagne pour agiter la menace  d’un projet de loi créant le « contrat de travail unique », appelé à remplacer toutes les autres formes de contrat de travail. Même sans être un spécialiste du code du travail on comprend que ce « contrat unique » ne pouvait qu’être aligné sur les flexibilités des contrats les plus précaires pour pouvoir les remplacer. Affaire de logique. C’est avec cette épée de Damoclès sur la tête que les négociations ont été convoquées. Et fermement encadrées. Ainsi le gouvernement a prévenu d’emblée : si la négociation n’aboutissait pas, une loi mettrait directement en application ses orientations. De son côté le président de la République a lui-même annoncé comme acquis des points qui étaient pourtant censés faire l’objet du débat. Ainsi dès le 30 août 2007 dans son discours à l’université d’été du Medef (!) il proclamait que la rupture du contrat de travail par « consentement mutuel » serait appliquée. Et comme si cela ne suffisait pas, avant même le début de la discussion, le gouvernement a indiqué dans un document d’orientation de juin 2007 les points sur lesquelles la négociation devait aboutir. C’est pourquoi j’ai résumé cette situation de cette façon dans ma première intervention en séance : « Cette négociation s’est donc déroulée suivant la règle que je vais résumer par un aphorisme : « donne-moi ta montre, je te donnerai l’heure ». Tel fut le prétendu donnant-donnant ! En cet instant, je dois répéter en séance publique ce qui se dit dans les couloirs afin que cette information figure au Journal officiel : pas un de nos interlocuteurs syndicalistes n’a considéré qu’il s’agissait d’un bon accord dans lequel le compromis comporterait telle mesure en notre défaveur, certes, mais en échange de cela qui nous serait favorable. Où se trouve le « cela » favorable ? Aujourd’hui règne la peur du pire : on nous recommande de donner notre accord afin d’éviter le pire. Cette façon de procéder s’appelle non pas une négociation, mais un chantage »
 
LE SENS DES VOTES DE LA GAUCHE

Je ne crois pas qu’il soit utile de passer ici en revue toutes les dispositions du texte. Le journal des débats parlementaires en offre des analyses de très grande qualité avec les interventions des parlementaires de gauche. Les sénateurs communistes en particulier ont fourni un travail d’analyse très approfondi. J’estime que mes camarades socialistes ont également très sérieusement décortiqué le texte et bien montré ses aspects néfastes. Leur abstention au moment du vote n’a donc nullement le sens d’une hésitation ou d’un accord déguisé. Leurs interventions, en tous cas au Sénat, ont été clairement et profondément critiques. Ainsi quand Raymonde Le Texier (Val d’Oise) s’est exprimé à la tribune pour demander le renvoi en commission du texte, le rejet sur le fond par le groupe socialiste est sans ambigüité : « L’objectif de ce projet de loi est, au mieux le contournement, au pire la destruction des barrières législatives encadrant le licenciement, et les salariés se trouvent pris en otage par votre incapacité à sortir d’une pensée unique : la sacro-sainte flexibilité comme panacée aux problèmes d’emplois. Les partenaires sociaux ont considéré cette négociation comme l’occasion de mieux contrôler les dysfonctionnements dont ils sont témoins. Ils ont surtout été sensibles à vos pressions. Ils vous connaissent bien, ils savent que vous pouvez faire pire. (Approbations à gauche) Il suffit d’entendre, à propos de ce texte, les commentaires des parlementaires les plus libéraux…. Ce texte est plus flexible pour le patronat que sécurisant pour les salariés, et l’équilibre annoncé est un leurre. La démocratie sociale doit être une avancée, pas un marché de dupes ! »
Et Christiane Demontès (PS Rhône), animatrice du groupe socialiste sur ce débat a présenté l’abstention des socialistes comme un soutien à la méthode de la négociation sociale alors même que le désaccord reste entier sur le fond. « De fait, a-t-elle expliqué à la tribune, les centrales syndicales signataires ont choisi de donner un coup d’arrêt à une évolution sur laquelle ils n’auraient plus eu de prise. C’est un accord défensif : les syndicats ont évité le pire, notamment le contrat unique vanté par le candidat Sarkozy. Cet accord est majoritaire et nous respectons le travail des partenaires sociaux sans pour cela remettre en cause notre devoir de législateurs qui est de veiller à l’intérêt général et de garantir un équilibre entre le puissant et le faible. » Argument repris par Raymonde Le Texier (PS Val d’Oise) dans l’explication de vote du groupe socialiste : « Nous apportons notre soutien aux partenaires sociaux, qui, lors de cette négociation, ont tenté de « sauver les meubles », notamment en évitant le contrat unique. Mais il est clair pour tous, aujourd’hui, que ce « dialogue social » a eu lieu en permanence sous la menace du Gouvernement de passer en force, par une loi plus dure, plus ultralibérale. Face à cette menace, les syndicats ont fait ce qu’ils ont pu. » Si je suis d’accord avec mes camarades sur l’analyse du texte, j’en tire une conclusion différente au moment du vote. J’ai voté contre et je veux expliquer pourquoi.
 
L’INTERET GENERAL

Selon moi, quelles que soient les circonstances, le Parlement n’a pas à être la chambre d’enregistrement de quelque négociation catégorielle que ce soit. Car les parlementaires ont en charge l’intérêt général. L’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers, même si ces derniers ont fait l’objet d’un arbitrage raisonné dans le cadre d’un contrat. Le Parlement représente la société tout entière, qui est en quelque sorte le partenaire exclu de la négociation à deux. Il doit donc dire ce qui lui paraît juste pour la société du point de vue de l’intérêt général de celle-ci. D’abord parce qu’il est le garant ultime des droits et libertés des personnes surtout dans le moment, particulièrement crucial, où le travailleur cesse d’être un citoyen pour entrer dans un rapport de subordination, tel que le lui enjoint le contrat de travail ! Selon la formule de Jaurès, la République a fait les  français rois dans la cité mais les a laissés serfs dans l’entreprise. Ensuite parce que c’est la société toute entière qui assume toutes les conséquences des relations sociales au travail. C’est elle qui finance la qualification des travailleurs par l’éducation, leur santé, leur transport et ainsi de suite dans tous les compartiments de la vie en société. Les représentants de la société toute entière sont donc entièrement légitimes à délibérer quand bien même un accord est conclu entre partie représentative et quand bien même l’est-il à la satisfaction totale des parties qui le concluent car il faut encore vérifier que celui-ci ne lèse pas la société. Enfin le débat parlementaire est le seul qui soit à la fois public, donc dont les arguments sont contrôlables, et le seul à être formulé du point de vue de l’intérêt général. Le contrat, lui ne peut s’abstraire du rapport de force des intérêts particuliers. Il ne le peut pas en fait. A preuve la caricaturale négociation sous pression de cet accord. Il ne le peut pas non plus en droit. En effet les parties sont au contraire mandatées pour ne représenter exclusivement que les intérêts de leurs mandants. La situation particulière de cette conjoncture nous permet de bien comprendre pourquoi il ne saurait y avoir de mandat impératif pour un parlementaire au contraire d’un syndicaliste. Et, précisément, admettre qu’un accord social conclu s’impose au législateur, c’est créer un mandat impératif tout à fait contraire à l’esprit des institutions républicaines. Ce que j’en dis n’est pas seulement le point de vue d’un homme de gauche attaché à la vision républicaine de l’organisation politique de la société. Car le malaise que provoque la méthode des transpositions forcées et sans droit d’amendement est partagé par tous ceux qui comprennent bien que c’est, de cette façon, un autre modèle politique qui s’impose à tous. Le rapporteur de la commission des affaires sociales au Sénat s’en est fait l’écho en présentant le texte. Et il a justifié son appel à le soutenir non du fait de l’accord conclu mais du fait de son approbation avec le contenu qu’il estime conforme à l’intérêt général du pays. Je place ici le compte rendu de sa déclaration telle que la donne le compte rendu officiel.
«  M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. Je m’adresserai à présent à ceux de nos collègues qui s’interrogent sur le rôle du législateur, sur la part qui est laissée à ce dernier à l’heure actuelle. Cette question est légitime et d’autant plus justifiée que nous sommes à la veille d’une réforme des institutions qui est censée donner davantage de pouvoirs au Parlement.
Mme Raymonde Le Texier. Eh oui !
M. Guy Fischer. On verra !
M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. Les institutions de la Ve République, que je défends, ont dû réduire les prérogatives du Parlement face au pouvoir exécutif pour conférer à ce dernier plus de stabilité et d’efficacité. Les lois de décentralisation successives, que j’approuve, ont retiré à l’État, et donc au législateur, une partie de ses prérogatives. Le développement de l’Europe, que j’appelle également de mes vœux, nonobstant le principe de subsidiarité, a également transféré à un autre échelon certaines responsabilités, ce qui donne parfois au parlementaire français le sentiment qu’il n’est plus qu’un « transposeur » de directives.
Mme Raymonde Le Texier. Eh oui !
M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. Enfin, on l’a constaté dans certains débats récents, des groupes de pression, incapables de réunir plus de 1 % à 2 % aux élections politiques, se camouflent derrière le joli nom de « société civile » pour envahir le champ du débat public et obtenir, par un puissant lobbying très bien organisé, ce qu’ils n’ont pu recueillir par les urnes.
M. Jean-Luc Mélenchon. Robert Ménard !
M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. C’est dans ces circonstances que nous sommes aussi appelés à transposer dans notre droit positif une partie d’un accord conclu en dehors de nous par les partenaires sociaux.
Face à de telles évolutions, je comprends la gêne que peuvent éprouver certains de nos collègues, mais notre rôle, notre responsabilité, à l’instar de ceux qui incombent au Gouvernement, même s’ils sont distincts, ne sont-ils pas de faire en sorte que la « maison France » fonctionne le mieux possible, de façon concertée et solidaire ?
 M. Nicolas About, président de la commission des affaires sociales. Oui
M. Pierre Bernard-Reymond, rapporteur. En l’occurrence, je suis profondément convaincu que l’accord qui nous est présenté est un bon accord, qui fait franchir une étape significative au dialogue social, renforce l’efficacité de la politique de l’emploi, donne de nouvelles chances à notre économie et ouvre la voie à l’élaboration d’un modèle social français et européen adapté au XXIe siècle. (Applaudissements sur les travées de l’UMP et de l’UC-UDF, ainsi que sur certaines travées du RDSE.) »

SOCIAUX DEMOCRATES ET SOCIAUX REPUBLICAINS

A gauche, ce débat est au cœur de ce qui oppose les sociaux démocrates, partisans du contrat comme mode d’action réformiste et les sociaux républicains, partisans de la loi pour cela. Mais les sociaux démocrates eux-mêmes ne méconnaissent pas le doute qui pèse en toutes circonstances sur les conditions de rapport de force qui déterminent la conclusion du contrat. C’est un rude défi pour la doctrine sociale démocrate. L’issue serait alors de désigner le pouvoir politique comme responsable de la pollution du débat social contractuel. La formule peut paraître adaptée s’il s’agit seulement d’accabler le pouvoir actuel d’un point de vue polémique. La grossièreté des pressions faites donne des verges pour battre ses auteurs sans grandes difficultés. Mais il en va tout autrement s’il s’agit de fonder une doctrine d’action politique. Car si le pouvoir politique ne doit pas infléchir le contenu de la négociation ni dans l’hémicycle ni depuis l’initiative gouvernementale, alors à quoi servirait une majorité et un gouvernement de gauche en matière sociale ? Je crois que le moment où Christiane Demontés (PS Rhône) intervient sur ce point à la tribune du sénat est bien démonstratif de la difficulté sur laquelle butte le raisonnement social démocrate. Si ce passage est instructif c’est aussi parce qu’il montre comment les sociaux démocrates français intègrent cependant à leur manière la vision républicaine de l’usage de la loi généralisant par extension les droits sociaux ce qui est absolument étranger à la doctrine classique de ce courant de pensée dans les autres pays européens. Ce qui fait qu’avec le taux de syndicalisation le plus bas d’Europe, les travailleurs en France sont dans la proportion la plus large d’Europe sous protection conventionnelle.
 « Mme Christiane Demontès. Monsieur le président, madame la secrétaire d’État, mes chers collègues, ce texte a pour objet de transposer dans notre législation 10 des 19 articles que compte l’accord passé le 11 janvier entre des organisations syndicales de salariés – la CGT ne l’ayant pas signé – et les organisations patronales.
Loin de « constituer un tournant dans notre vie sociale », comme le disait le ministre, ce projet de loi n’en renvoie pas moins à l’articulation qui existe entre la démocratie sociale et la démocratie représentative. Or, en cette année anniversaire des grandes luttes sociales de 1968, nous savons que l’une et l’autre sont aussi fonction du cadre dans lequel elles s’inscrivent. Aussi me permettrez-vous de revenir sur le contexte dans lequel l’accord du 11 janvier a été signé et sur la forme qu’a prise cette signature.
Les rapports qui lient ce texte à l’accord national interprofessionnel négocié par les partenaires sociaux et au rôle du Parlement méritent que nous nous y attardions parce que c’est la première fois, sans que ce soit sans doute la dernière, que nous aurons à travailler de la sorte. Au sein de cet hémicycle, nous considérons certainement tous qu’il est impératif que le dialogue social puisse se dérouler dans un climat propice à la négociation. Or de fortes pressions ont été exercées sur les syndicats de salariés.
M. Nicolas About, président de la commission des affaires sociales. Oh !
Mme Christiane Demontès. Je pense notamment au calendrier des négociations, qui fut très contraignant, et à la lettre d’orientation remise par le Gouvernement, qui, outre qu’elle reprenait nombre de points du rapport Virville de janvier 2004, définissait les axes précis de la négociation. Cela est regrettable et nombreux sont les partenaires sociaux à nous l’avoir fait savoir.
La démocratie sociale ne devrait pas être placée sous la primauté du politique et subir l’injonction de celui-ci, faute de quoi la recherche d’une bonne articulation entre démocratie sociale et démocratie représentative risque, dans les faits, de n’être qu’une instrumentalisation du dialogue social ayant pour objectif d’imposer un rapport de force précis.
Mme Raymonde Le Texier. Exact !
Mme Christiane Demontès. Désormais débarrassé des principes chers au Conseil national de la Résistance, qui promouvait l’intervention de l’État dans la sphère économique afin de tenter d’atténuer les injustices du marché, et tout acquis au modèle anglo-saxon du marché de l’emploi ultra flexible, dans lequel le code du travail ne serait plus qu’un frein à la création de plus-value et le salariat une simple variable d’ajustement des coûts de production, le Gouvernement n’a cessé de faire peser sur les syndicats la menace d’un recours à la loi, laquelle, n’en doutons pas, aurait été de facture ultralibérale, et donc beaucoup plus favorable aux exigences du MEDEF. (M. Jean-Luc Mélenchon applaudit.)
À cet égard, on ne peut que s’étonner, madame la secrétaire d’État, du peu d’empressement dont votre collègue Xavier Bertrand fait preuve pour que les négociations sur la pénibilité, débutées en 2003, aboutissent.
M. Guy Fischer. Eh oui !
M. Nicolas About, président de la commission des affaires sociales. Ce n’est pas facile !
Mme Christiane Demontès. De même, comment ne pas s’interroger sur le fait que vous n’entériniez pas l’accord sur le dialogue social dans l’artisanat conclu par les partenaires sociaux en décembre 2001 ?
M. Guy Fischer. Eh oui !
Mme Christiane Demontès. Tel est donc le cadre dans lequel s’est inscrite cette négociation. Le primat du politique, voire « l’interventionnisme outrancier de l’exécutif », pour reprendre les termes de notre collègue Gérard Larcher, a été déterminant. Dès lors, affirmer, comme le fait M. le rapporteur, que « l’ANI est une première application réussie de la procédure prévue par la loi de modernisation sociale » est un peu excessif, c’est le moins que l’on puisse dire »

EN CONCLUSION ?
Il me semble que ces sortes de questions qui paraissent très théoriques et peut-être même éloignées des préoccupations concrètes sont pourtant au cœur des enjeux que soulève l’évolution des systèmes politiques de notre temps dans le contexte de la mondialisation libérale d’une part et de celui de l’impasse des stratégies de gauche pour y faire face d’autre part.


268 commentaires à “Modernisation archaïque”

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  1. 1
    Gérard PERRIER dit:

    Tout à fait d'accord avec ton analyse de l'évolution des "systèmes politiques de notre temps." Tu as pris le soin de la pédagogie sur la loi,le contrat,l'intérêt général,le rôle du délibératif par rapport aux négociations sociales. Le grand intérêt de ces questions n'échappera qu'aux petits idéologues pressés qui ne se préoccupent jamais de la politique concrète telle qu'elle s'inscrit ensuite dans la vie quotidienne du monde du travail.
    Reste une interrogation en forme d'appel au débat dans la conclusion:"....La mondialisation libérale et...l'impasse des stratégies de gauche pour y faire face...". Les textes du congrès à venir du PCF (?) celui du PS (les textes publiés ne semblent pas pour l'heure s'y intéresser vraiment) seront -ils de quelque lumière sur ce sujet? On peut en douter quand on suit la vie politique de près.
    Cet appel aux interrogations et discussions est donc bel et bon.
    Me vient une question tant de fois déclinée sur tous les modes dans les interventions des lecteurs ce blog: une voie sans issue appelle une "bifurcation"pour éviter une collision avec le mur d'en face. Pour reprendre tes propres termes.
    Quand le mur d'en face signifie la régression historique mondiale que les forces de progrès n'ont pas su empêcher pour l'heure.J'ai pensé que l'Europe et singulièrement la France républicaine avaient un rôle particulier à tenir. Cette réflexion me venait dans les années qui suivirent la chute du mur à Berlin. Près de 20 années plus tard,je ne vois pas de motif d'en changer. Comme le temps passe ! Comme "l'espérance est violente"!
    Une occasion a été perdue après la victoire du Non au TCE et les essais de coalition anti libérale qui s'ensuivit. Des leçons ont été tirées. Alors ?
    Une autre occasion de "bifurquer"peut être saisie dans certains pays de l'Europe pour les élections européennes de l'an prochain. Des conversations à Marseille avec les diverses couleurs du Non de 2005, ces derniers mois, m'incitent à le penser.
    Il faut un signal.
    Celui-ci ne peut venir que des rangs de ceux qui ne renoncent pas à s'afficher à gauche, et en actes, du côté du PS. Pour des raisons historiques et parce que le PS est l'axe central,pour l'opinion publique,de la gauche.Tout l'éventail des couleurs de l'espoir cristalliseront alors autour de ce signal.Comme la métaphore de Stendhal à Salzbourg au sujet de l'amour.Sans cela,éparpillement,désagrégation,poursuite des régressions...

  2. 2
    Belgo4.0 dit:

    Monsieur le Sénateur, cher Camarade,
    concernant votre thèse "intéret général représenté par le Parlement contre l'utilisation du Parlement face à un accord décidé ailleurs", je trouve que
    vous auriez dû expliciter le rôle du REGLEMENT de l'Assemblée Nationale pour
    brider celle-ci au profit du Gouvernement (notamment que le Règlement soit
    justiciable du Conseil Constitutionnel et de la saisine de celui ci, refusée
    à un seul parlementaire. Comparer les propales du Comité Balladur sur la
    saisine du CConst par un Médiateur des Droits esseulé, à comparer avec un
    groupe de 60 Sénateurs, etc). Je pense que vous devriez aller au bout de
    votre logique, ce qui aboutit à une 7e république et, paradoxalement (pour
    cause d'efficacité) l'abandon du césarisme présidentiel...

    Votre interlocuteur ('défendre la stabilité de l'exécutif") s'est bien
    gardé de dire que sous la Ve République, par rapport à la IIIe (dite de
    parlementarisme exacerbé) àle nombre d'heures en session parlementaire est
    passé de 450 à 1000, avec quasiment un texte de loi par jour, si on inclut
    les sessions extraordinaires d'avant 1995.

    La Ve République est un régime de bride du Parlement au profit d'une
    technocratie dévoreuse de textes libéraux....La Loi est complètement
    décovnsidérée...Ce qui est donc un problème de souveraineté au sens ETHIQUE et non territorial...(contrairement à la problématique du TCE)

    PS : "Naturellement ce texte de régressions archaïques portait le titre pompeux
    de « modernisation » du marché du travail".... BIEN VU ! Continuez, moi je vous suis !

    Pierre Larcin, militant CFDT, dit "le Belge de Lille"

  3. 3
    Alex dit:

    Il faudrait surtout instaurer au parlement, et à l'assemblée ne premier lieu, la proportionnelle, pour rendre le Système moins antidémocratique.

    déjà qu'on nous prive de référendum sur les sujets essentiels, qui déterminent TOUT, comme l'Europe, parce qu'on a "mal voté" au sens des élites en 2005, si en plus on fait voter ces textes essentiels par un parlement non représentatif, toujours squatté par les partis du Système UMP/PS Modem...

    Où est la démocratie ?

    Changeons, enfin.
    http://www.levraidebat.com

  4. 4
    Montée des eaux de 70 mètres dit:

    Montée des eaux de 70 mètres : vers un changement de civilisation.

    Emmanuel Lézy est Maître de Conférence en Géographie à l’Université de Paris X Nanterre et membre du Laboratoire GECKO (Laboratoire de Géographie Comparée des Nords et des Suds). Son article est publié à cette adresse :

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1958

  5. 5
    antoine dit:

    http://antoinetherain.canalblog.com

  6. 6
    4 Août dit:

    Un gouvernement qui casse le programme du CNR, un parlement qui ne fait qu'enregistrer les désidératas du MEDEF, et une "opposition" qui ne s'oppose pas... Elle est belle la France d'après !

  7. 7
    Gilles dit:

    Appel aux organisations syndicales sur la “réforme” des retraites.
    ------------

    A l'attention de : Syndicats de salariés du secteur public et privé

    Nous salariés du public et du privé, demandons que soit en préalable régularisées ces importantes questions, avant toute nouvelle réforme équitable des retraites.

    1/ Sur les recettes exonérées, visées par la Cour des Comptes :

    - La taxation immédiate des stock-options, qui, selon les termes du dernier rapport constituent "bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable", qui ont ainsi entraîné une "perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros" (année 2005).
    Ce rapport de la Cour des Comptes précise que : les 100 premiers bénéficiaires devaient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d'euros.

    2/ Sur les dettes de l"Etat :

    - Apurement de ses dettes, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges (rapport Cour des Comptes).

    3/ Sur les recettes de privatisations :

    - Transfert des sommes non versées depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites, comme la loi le prévoyait.

    A savoir que ce fond était abondé à hauteur de 30 milliards d'euros en 2002. Il aurait dù étre à hauteur de 300 milliards en 2007, or 3% seulement des recettes de privatisations effectuées depuis ont alimenté ce fond de réserve.

    4/ Sur les gains de la VAB, détournées des bénéfices du travail, vers les profits :

    - 8,4 points de valeur ajoutée depuis 25 ans (référence INSEE), représentant pour la seule année 2006, 134 milliards d'euro, au détriment des bénéfices du travail.

    Nous demandons avec force et en préalable également, pour des raisons de simple justice et d'égalité des citoyens devant la loi, de morale républicaine, que le régime spécial de retraite des parlementaires soit réformé, pour l'aligner sur les critères que ces derniers décident, votent et font appliquer aux autres régimes de retraites des citoyens.

    A savoir :

    1/ passage à 40 années de cotisations au lieu de 37,5 années pour les parlementaires.

    2/ abandon du scandaleux privilége de la double cotisation qui ne se justifie en aucun cas, permettant aux parlementaires de bénéficier d'une retraite à taux plein au bout de 22,5 années seulement de cotisations.

    Nous appellons pour toutes ces raisons, les organisations syndicales du public et du privé, à s'emparer avec force et résolution de ces questions, pour les faire valoir au nom des salariés.

    Merci de bien vouloir signer, divulguer et faites connaitre cet appel SVP.
    N'oubliez pas de valider votre signature dans le mail de confirmation qui vous sera adressé.

    Pour signer l'appel : http://www.ohfr-redir.com/1434

  8. 8
    Belgo4.0 dit:

    pour suivreà 4 aout, tout en restant dans le fil du post de Jean-Luc Mélenchon, la 5e République repose quand même sur une ambiguité par rapport au Programme du CNR (et au niveau politique, dans l'ambiguité par rapport à l'héritage pétainiste...), puisque ses éléments ne sont intégrés que "par intégration du Préambule de la Constitution de 1946", lequel est soumis pour évaluation au cas par car du Conseil Constitutionnel, lequel est nommé par les 3 principaux personnages de l'Etat.

    Une République de faux-semblants, je vous dis...

    Dans la mesure ou "il n'y a plus rien en face", "le danger communiste ayant disparu'" il est normal que ces droitiers s'attaquent à l'ambiguité de l'héritage du CNR, par la bande bien entendu...

    Pierre le Belge de Lille

  9. 9
    bibi33 dit:

    "Les représentant de la société toute entière sont donc entièrement légitimes à délibérer quand bien même un accord est conclu entre partie représentative et quand bien même l’est-il à la satisfaction totale des parties qui le conclu car il faut encore vérifier que celui-ci ne lèse pas la société."

    L'intéret général c'est sans doute ce qui vous (les parlementaires) permez de voter des lois qui nous interdisent de consommer ou de fumer ce nous voulons, d’importer ou de lire ce que vous définissez comme « pornographique » ou « séditieux » ; de payer des douaniers qui reniflent nos valises quand nous rentrons dans ce que vous appellez notre pays; de subventionner et de contrôler l’éducation et la culture; d'autoriser vos inspecteurs de ceci et de cela à pénétrer sur des terres, dans des maisons, dans des bureaux ou dans des usines qui ne leur appartiennent pas; de doter le citoyen d'un numéro d’esclave (dit « assurance sociale ») d'exiger des papiers d’identité de nous imposer, vos obligations de déclaration, vos formulaires dégradants; vos systèmes de fichage, vos bases de données croisées; votre prohibition de la légitime défense, votre criminalisation des honnêtes gens; votre monopole de la santé; votre corporatisme soutenu par le bras armé de l’État, vos assauts contre la liberté du travail; vos autorisations administratives et vos permis de ceci et de cela; vos élections réglementées, votre contrôle de la liberté d’expression; vos soi-disant services publics, prétextes d’une bureaucratie qui tisse autour de nous un filet infranchissable.

    Bref, l’intérêt général prétexte pour réduire les libertés individuelles sert surtout à imposer votre tyrannie tranquille, votre fascisme soft.

  10. 10
    Pierre L dit:

    Avec sa majorité parlementaire toute acquise au Medef, ce gouvernement revanchard et sans scrupule ne va surement pas changer de méthode.
    La lutte de classe n'est pas morte, Sarkozy, Parisot et leurs sbires la mènent tambour battant.

    A mon sens, dans la situation actuelle, seule une réaction massive des salariés de ce pays sera à même de changer la donne et de mettre un frein,
    voire d'inverser cette politique de casse sociale.

  11. 11
    rosay dit:

    Dans toutes les occasions de rencontre,publiques ou privées,il faut systématiquement rappeler les valeurs du " Conseil National de la Résistances ".
    Dans la mesure du possible en exposer ses grands principes.
    Salut et Fraternité Amitiés Sociales.Rosay.

  12. 12
    Belgo4.0 dit:

    sur "la réaction massive" des classes, j'en suis moins sur...
    Tout d'abord, il y a la question de la légalité...
    Ensuite, la question de la mobilisation...

    Enfin, soyons honnetes : A Gauche, la relève n'est pas prête.

    SI ces trois conditions étaient remplies : le débat sur la légalité, la mobilisation et la préparation de la releve socialiste, hé bien nous serions capables d'infléchir l'Histoire.

    Je pense qu'on peut convenir que ces rêves de Grand Soir ne servent qu'à égarer les militants. Moralité : à quand l'Union ?

    le Belge

  13. 13
    Pierre L dit:

    Bonjour le Belge

    Il ne s'agit pas de "rêves de Grand Soir" mais de mobilisation contre les
    attaques de la droite et du patronat, sur un ou des themes (retraites, code du travail, pouvoir d'achat,...).
    Rappelles-toi la lutte anti-cpe...

    Pour la mobilisation, tu as raison ce n'est pas gagné, est-ce un
    motif pour ne pas essayer ?

  14. 14
    jennifer dit:

    Olivier Besancenot était fort sympathique cet après-midi à la télé pourtant j'ai trouvé lamentable et démagogique son rejet des politiques à plein temps. Ce n'est pas parce que des parlementaires font des sous sur le dos des gens qui les ont élus sans fiche rien qu'il faut généraliser. Va-t-on demander aux ministres et aux présidents de la république de travailler à mi-temps dans un travail autre? C'est là où OB frise le populisme. Oui ça fait image de dire cela mais c'est complètement stupide comme idée. Si quelqu'un est formé pour être permanent politique c'est qu'il est passé par plusieurs critères de sélection (en particulier des élections) et ce qui compte c'est qu'il soit contrôlé par la base. Que ses électeurs aient leur mot à dire, y compris qu'il soit révocable à mi-mandat s'il ne fiche rien, ça oui. Là on fait participer le peuple. Peut être même ça pourrait être ça la démocratie participative. Mais qu'on l'envoie aux champs ou en usine ou dans des bureaux pour gagner un salaire, je trouve cela complètement idiot, juste bon à stimuler les griefs sur le plus petit dénominateur commun.
    Il faudrait quand même élever le débat sur des critères de démocratie plus politique plutôt que se mettre au niveau de l'homme de la rue qui finalement enverrait balayer toute démocratie représentative. Cette dernière doit être améliorée, enrichie et non balayée.

  15. 15
    Belgo4.0 dit:

    bonjour PierreL

    question mobilisation, bon, le coté velléitaire des Français sera toujours là.
    Il ne faut pas oublier l'image que NOUS avons en Europe : "Les Français, ils chargent baïonnette en avant, mais ce sont des branleurs". Ya QUAND MEME un poil de vérité, neh ?

    Pour moi, les deux poiints se recouvrent : pas de mobilisation sans préparation, pas de préparation sans mobilisation. Regarde le site MoveOn.org : QUATRE ANS de travail, et rien que pour RENFORCER Obama, et c'est pas encore gagné !

    Il y a plusieurs points à vaincre qui font la désunion de la gauche :
    - le manque de formation (heureusement, les Ateliers de PRS, etc...)
    - le coté velléitaire
    - l'absence de programme CONCRET (la déclaration de principes de PRS, c'est bien beau, mais ça ne plante pas du maïs) pour TOUS les citoyens (absence de projet)
    - l'absence de culture économique
    - le silence sur la question de la Nation, de la Souveraineté, de la République : qui est souverain : la Nation ? La République ? Et ça recourvre quoi ?

    Si tu regardes bien, ce sont précisément les 4 défauts reprochés à Sarko actuellement ET les 4 causes de l'échec de Mme Royal.

    Si tu regardes bien, ce que j'ai appelé "la mascialisation'" (parasitage) du PS par les bourgeois (au sens) causent précisément cettte absence de formation

    On en revient alors au probleme soulevé dans le présent post de JjLMelenchon : c'est parce qu'il n'y a ni formation ni souci économique ni projet de société ni perception claire de la Souveraineté (de la Loi...donc de la République...la Nation utilisant les décrets...ceci constaté de l'expérience...) que "la Gauche"
    est incapable d'opposer un projet, une réfutation à la "torsion de bras" imposée par ce....Gérard Larcher...

    Amitiés socialistes,
    Pierre le Belge de Lille

  16. 16
    Belgo4.0 dit:

    torsion de bras...nationale...par décret...ou par action gouvernementale...typique de la droite césariste....donc de la philosophie de la Ve République...
    le Belge

  17. 17
    jennifer dit:

    je lis le texte de Jean-Luc Mélenchon et je suis très choquée par l'abstention des socialistes alorsqu'ils avaient très bien compris le sens du projet.
    Ils expliquent que c'était pour soutenir les syndicats! Je cite JLM: "l’abstention des socialistes comme un soutien à la méthode de la négociation sociale alors même que le désaccord reste entier sur le fond."
    C'est vraiment une capitulation. S'ils trouvent le texte nul alors ils votent contre. Pourquoi se cacher derrière les syndicalistes? Sans doute ceux-ci n'ont pas pu faire autrement que d'accepter ce texte, (à moins qu'ils n'aient capitulé?) mais ils seraient tout à fait ravis d'avoir le soutien des parlementaires. Ils sont isolés face au patronat, ce serait la moindre des choses que de dire ouvertement ce qu'on pense et cela leur redonnerait le moral. Comment s'abstenir quand on est contre un texte: c'est permettre qu'il passe. Donc encore une fois l'ouverture marche et le PS se fait acheter par Sarkozy

  18. 18
    jennifer dit:

    Si les socialistes jugeaient ce texte nul, non conforme à l'intérêt des salariés, c'était de leur devoir de voter contre puisqu'ils ont été élus par ses mêmes salariés. Ils leur doivent des comptes. J'en reviens à ce que je disais ci-dessus sur les parlementaires qui sont tenus de représenter ceux qui les ont élus (cf ci-dessus par rapport à Besancenot -comme solution alternative à envoyer les permanents politiques travailler comme salarié d'une entreprise)
    Je redis la même chose que Jean-Luc Mélenchon, mais avec mes mots, excusez pour la redite, mais c'est une évidence pour moi.

  19. 19
    jennifer dit:

    Jean-Luc Mélenchon essaie d'expliquer dans ce texte pourquoi les parlementaires ne devaient pas voter comme les syndicats, comme si ils avaient peut être mal compris leur rôle. Pas besoin de tourner autour du pot. Ces gens-là capitulent encore et encore devant la droite. C'est ça le fond du problème. Pas besoin de leur chercher des prétextes ou des excuses.
    En tout cas l'explication m'intéresse. Oui quand il y a des contrats à faire avec des syndicalistes, ou même au cours d'une grève, ce qui sera conclu est fonction du rapport de forces qui se joue dans l'ici et le maintenant. Là il peut y avoir des reculs, des avancées tactiques etc... en fonction du rapport de forces et le contrat sera un reflet de ce rapport de force entre les "partenaires". Donc il peut y avoir un recul partiel qui n'est pas une capitulation mais juste un calcul tactique pour se retirer avec le moins de pots cassés. C'est l'art de la négociation (et j'imagine que la tactique guerrière en fait partie).
    Le parlement là c'est complètement autre chose: c'est le lieu de la démocratie où on est censé développer des idées sans contrainte, sans rapport de force justement. C'est une tribune d'expression et normalement un mandat envers le peuple pour cequi est de la gauche.

  20. 20
    jennifer dit:

    J'ecris mes postes au fur et à mesure que je lis le texte de Jean-Luc Mélenchon. Si je comprends bien, il considère donc qu'une loi (votée au parlement) c'est une meilleure garantie pour les questions sociales que de s'en remettre à des négociations entre syndicats et patronat qui elles dépendent du rapport de forces. C'est tout à fait juste. Encore faut-il que les parlementaires se sentent assez responsables pour ne pas se mettre à la traîne des syndicats et prendre en compte l'intérêt général. Je le répète ce n'est pas juste un problème de vice de forme. Le PS en ce moment objectivement soutient Sarkozy. Le peu d'opposition n'est que verbale, mais concrètement et cette abstention au vote le montre, il lui permet de mener ses réformes. Sarkozy n'avait pas besoin d'avoir une majorité parlementaire, il suffisait que le PS vote comme il le fait à l'heure actuelle!
    C'est quand même beau. Il n'a plus que 28% de gens qui le soutiennent mais il passe toutes ses réformes avec la passivité (bienveillante) du PS. Passivité: je suis très gentille quand je dis cela car il suffisait qu'ils votent contre selon leurs convictions pour mettre à mal Sarkozy.
    Qu'attend le PS? L'édifice de Sarkozy se lézarde. Il incrimine maintenant les medias pour son impopularité. C'est vraiment qu'il perd pied pour aller pleurnicher ainsi, alors que c'est évident que c'est sa politique qui est rejetée. Mais le PS le soutient en votant ainsi. De quoi a peur le PS?

  21. 21
    jennifer dit:

    A propos des rapports de force qui pèsent dans les négociations, je suis d'accord du rôle de mai 68. Mais je pense que cette spécificité française dont parle Jean-Luc Mélenchon vient justement de ce rapport de force. Si le socialisme français a pris cette forme plus conforme à la défense des intérêts du plus grand nombre, avec des lois qui les garantissent plutôt que des contrats, c'est parce qu'il y a eu cette grande secousse de 68 et que cela a permis 81 etc... L'exception française vient de 68, d'ailleurs ce n'est pas un hasard si Sarko veut se débarrasser de 68. Et je dirais même que l'exception française c'est la résistance et la libération en 45. Le poids du PCF dans ces évènements, énorme et comment cela a marqué la population française. Le PS s'est construit en pillant le PCF mais lui-même est le produit de ces rapports de force tellement extraordinaires en faveur du peuple.

  22. 22
    Belgo4.0 dit:

    Jennifer tu devrais aller au bout de ton raisonnement, et comprendre ce que c'est que la Nation, à l'aide de "l'interdiction du mandat impératif", le Réglement de l'AN soumis au Conseil Constitutionnel, le mode de nomination par l'Exécutif dans la Ve République, etc

    le Belge

  23. 23
    jennifer dit:

    Vas-y explique-moi car je connais très mal tout cela comme tu as pu le découvrir en lisant mes posts

  24. 24
    jennifer dit:

    PART ONE

    http://www.youtube.com/watch?v=4woOmGNiJZQ&feature=related

  25. 25
    Belgo4.0 dit:

    non, je trouve juste que tu devrais poursuivre ton raisonnement.
    On dirait que tu te contentes de l'apparence. Regarde le travail qu'a fait Germaine Tillon lorsqu'elle a compris ou elle était tombée.

    Si on ne fait pas d'effort de recherche, alors que nous defendons la positiviité de la science, comment pourrions nous tirer des propositions politiques ?
    Tu dis'Si le socialisme français a pris cette forme plus conforme à la défense des intérêts du plus grand nombre, avec des lois qui les garantissent plutôt que des contrats, c’est parce qu’il y a eu cette grande secousse de 68 et que cela a permis'. Tu trouves vraiment que le socialisme défend les intérets du plus grand nombre ? Si oui, comment expliquer que le RMI ait généré des trappes à pauvreté ? Par anecdotes, ou bien en vertu de lignes de force, ou bien en vertu des travers d'un systeme politique ? etc
    Idem pour le fonctionnement constitutionnel : comment se fait il que certaines lois ne passent JAMAIS ? Pourquoi une certaine conception de la société ne peut elle JAMAIS se faire entendre a l'Assemblée Nationale ? etc

    le Belge

  26. 26
    4 Août dit:

    J'en ai un peu marre de défendre cette gauche pourrie, adepte de la forfaiture. On a un gouvernement (encore plus pourri) qui pratique le go-fast, et notre PS (qui ne fait du Social qu'avec l'UMP et le MEDEF), au lieu de s'opposer, se contente de dérouler le tapi rouge.

    Des fois, je me demande s'ils ne font pas exprès d'aider Sarko à casser le peuple, pour pouvoir se positionner en "sauveurs" en 2012.

    Jean-Luc Mélenchon, c'est pour quand le putch sur ce parti de carpettes?

  27. 27
    Le Sanglier dit:

    Mitterrandiste de la première heure (février 1981) , et souhaitant ardemment l'élection de Ségolène lors de la dernière Présidentielle, ainsi qu'aux prochaines échéances cruciales (quoique catholique déclarée) comme la majorité des membres du Parti, la gauche n'est certes pas pourrie. Humanisme, démocratie, ouverture vers les personnes de qualité : plus que quatre petites années à attendre, avant l'avènement de Ségolène et l'éviction de ce Sarko bling-bling, aux oubliettes ad vitam eternam. Ce nain hongrois cocu par la divine Cécilia nous avait promis" un beau programme" (de droite, camarade, mais absolument nul en résultante concrète).
    A méditer, camarades...
    Henry :. Fraternellment

  28. 28
    Belgo4.0 dit:

    il est bien étrange le Sanglier :
    ce gros réac...est venu chez nous : ça sent son restaurateur racketté par le Rotary !http://bea.hautetfort.com/archive/2008/05/07/ces-sakauds-du-rotary.html#comments

    notez bien qu'il imite les "trois points" avec son :., question valeurs il a visiblement du chemin à faire. Est ce que sa c... vaut passeport sur ce blog ? Pourquoi ne pas le botter ? Un peu comme Ségolhaine ?
    Dans "gros réac..." il y a trois points aussi...

    le Belge

  29. 29
    rosay dit:

    Bonjour,
    Un Elus dans les grands principes n'a pas à être indéfiniment controlé, en revanche,sa moral,son éthique et son courage doivent être ses valeurs fondamentales.
    Autrement ce n'est qu'un vulgaire,ESCROC
    S.F.A.Sociales.Rosay..

  30. 30
    4 Août dit:

    @ Sanglier

    Ta Ségolène est elle aussi frappée de capitulitude. Avec elle, il n'y aurait pas eu non plus de référendum, ni de hausse de SMIC. Rien. Soumission totale à l'oligarchie financière, fric pour les riches et bravitude pour les autres.

    Que se vayan todos !

  31. 31
    jennifer dit:

    Au Belge
    Je n'ai pas lu Germaine Tillon et ce serait bien que tu nous éclaires sur ça.
    Pour le reste, je ne connais pas bien le fonctionnement constitutionnel et des institutions, c'est pourquoi je ne comprenais pas ce que tu dis.
    Je suis d'accord avec toi sur le socialisme à la française tout en émettant des réserves. J'ai découvert chez Jean-Luc Mélenchon cet encensement de Mitterand et de Jospin que je ne partageais pas et quand je reprends l'idée de la défense du plus grand nombre c'est en référence à son texte ci dessus par exemple quand il dit "les parlementaires ont en charge l’intérêt général. L’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers, (...). Le Parlement représente la société tout entière,"
    Puis il explique que les républicains sociaux (le PRS donc lui) sont pour une loi débattue au parlement tandis que les sociaux democrates pour négocier des contrats qui dépendent du rapport de force : "Ce débat est au cœur de ce qui oppose les sociaux démocrates, partisans du contrat comme mode d’action réformiste et les sociaux républicains, partisans de la loi pour cela".
    Pour finir il explique que quand même en France la loi prime encore par rapport au contrat en comparaison des autres pays européens, alors qu'en France les syndicats sont très faibles: "les sociaux démocrates français intègrent cependant à leur manière la vision républicaine de l’usage de la loi généralisant par extension les droits sociaux ce qui est absolument étranger à la doctrine classique de ce courant de pensée dans les autres pays européens. Ce qui fait qu’avec le taux de syndicalisation le plus bas d’Europe, les travailleurs en France sont dans la proportion la plus large d’Europe sous protection conventionnelle."

    Je voulais juste expliquer donc pourquoi selon moi, la loi votée au parlement (et censée représenter l'intérêt général) prime en France plus par rapport à la forme social démocrate du contrat. L'élément essentiel est selon moi, mai 68 et l'énorme radicalisation à gauche que cela a créé, dont a bénéficié Mitterand. C'est cela l'exception française. Avant j'étais plutôt en colère contre toutes les concessions qu'ont fait les socialistes quand ils étaient au gouvernement, les débuts de privatisation, le refus d'aller jusqu'au bout du droit de vote aux immigrés qu'avait défendu Mitterand dans son programme, tout ce travail de sape qui a tellement aidé la droite. Cela je le maintiens a existé. Néanmoins quand j'entendais les gens dire qu'ils ne voteraient plus à gauche et que je comparais par exemple au recul du niveau de vie qu'a connu le peuple anglais avec Thatcher, je trouvais criminel de ne pas voter socialiste. Je me disais: le peuple français reste privilégié avec des services publics qui restent super comparé à leur équivalent anglais, on ne peut pas juste pour vouloir sanctionner la gestion calamiteuse du PS, mettre le peuple français dans les griffes d'une Thatcher à la française. Tous ces raisonnements gauchistes j'ai essayé de les contrer et il y en avait beaucoup. Maintenant on l'a notre Thatcher à la française qui casse tous nos services publics et met le néolibéralisme partout en France et on va en baver et encore plus. Cela je l'avais prévu.
    Donc cela ne veut pas dire que j'encense le PS ou Mitterand ou Jospin comme le fait Jean-Luc Mélenchon. Ils ont une énorme responsabilité dans ce qui se passe maintenant, car ils ont préparé une telle défaite pour le peuple. Je dis que si nous avons pu si longtemps persisté dans l'héritage du gaullisme, d'une droite moins néoconservatrice, qui n'est pas partie en guerre contre l'Irak, si le peuple français a souffert moins tôt que les anglais (Thatcher c'était il y a 20 ans quand même) c'est grâce à mai 68 qui a créé un rapport de forces qui a "adouci" la droite (même s'ils continuaient à avoir les rênes de l'économie), qui a permis une gauche au pouvoir pendant des années etc... Maintenant il y a la bifurcation comme dit Jean-Luc Mélenchon, à savoir la fin du gaullisme, la fin d'un certain ordre du monde, la fin de l'Etat providence dans les pays européens, la fin des acquis des travailleurs, de la protection sociale etc...
    Cette période ouverte par mai 68 (qui a mon avis était aussi dans le droit fil de la mobilisation extraordinaire à la libération) est ce qui a permis à une gauche de gouverner, que moi je trouvais une gauche molle par rapport à ce que je pense que devrait être l'intérêt général, mais qui certainement et en ceci je donne raison à Jean-Luc Mélenchon était beaucoup plus représentative de "l'intérêt général" que ses voisins sociaux démocrates. En gros ce qui fait qu'une gauche est plus à gauche qu'à droite (cf Blair qui vient après des années de thatchérisme) c'est le rapport de forces dans la société. La mobilisation contre le plan Juppé le prouve: la droite ne pouvait rien faire. Maintenant et ce grace à l'ouverture et à des votes comme ce dernier, les mobilisations sont petites, isolées

  32. 32
    Jean-Marc dit:

    Très complexe ce sujet et donc ce post de Jean-LucM, car au croisement de nombreuses dimensions.

    J'y reviendrai quand j'aurai le temps de poster quelquechose d'un peu développé.

    En tout cas, la conclusion pourrait faire plaisir! Et demanderait développement...

    Mais derrière...?

    Sans imagination et sans courage il n'y aura pas de réponse à ces questions d'organisation sociale et politique, qui sont comme il le dit au coeur du problème.
    Je ne vois rien venir. Même les quelques 100 propositions de JLM+Autain& autres sur ce point sont bien timorées...

  33. 33
    Jean-Marc dit:

    Pour ceux qui ont suffisamment d'imagination pour transposer cette logique sous-jacente au delà du net et de l'économie, voici une sentence de Nicolas Carr.

    “Le système économique de web 2.0 s’est révélé être dans les faits, à défaut de l’être intentionnellement, un système d’exploitation plus que d’émancipation. En mettant les moyens de production entre les mains des masses tout en leur niant la propriété du produit de leur travail, web 2.0 fournit un mécanisme extraordinairement efficace pour récolter la valeur économique du travail fourni gratuitement par le plus grand nombre et le concentrer dans les mains d’une infime minorité”.

    A rapprocher toujours pour ceux qui ont l'imagination et le courage des réformes véritables, de choses comme wikipedia, creative commons, google adsense, participation et blog/wikis, et mille autre choses.

    Il faut former les politiques à celà!

  34. 34
    jennifer dit:

    4 aout
    J'ai la même impression que toi quand tu dis par rapport à cette gauche pourrie,
    "Des fois, je me demande s’ils ne font pas exprès d’aider Sarko à casser le peuple, pour pouvoir se positionner en “sauveurs” en 2012."

    Mais malheureusement qu'avons nous comment moyens autres? C'est sans doute pas Besancenot avec son refus de faire de la politique (refuser d'avoir des militants professionnels revient à cela) et d'aller dans les institutions qui va nous aider. OK il soutient mieux les luttes que les autres mais il n'offre aucun débouché politique de ces luttes. A part la révolution, bien sûr. Un nouveau mai 68 rien que ça! C'est pas de sa faute à lui qui est fort sympathique mais de la ligne de la LCR qui ne comprend rien à ce qu'il faut faire en France pour améliorer la vie des gens. Faire grève et manifester c'est bien beau mais si cela ne débouche pas sur un changement politique au niveau du pouvoir central, celui de Sarkozy, ça ne sert à rien, juste à démoraliser ceux qui ont fait grève pour rien.
    Donc on en est rendu à se tourner vers le PS et à leur demander des comptes. De quel droit s'abstiennent-ils sur ce vote sur la "modernisation du marché du travail"? Comment osent-ils ne pas s'opposer à ce qui va rendre la vie des gens un enfer, sans droit du travail, sans protection? C'est ça l'intérêt des gens qui travaillent et qui votent pour eux?

  35. 35
    jennifer dit:

    Jean Marc
    Bonjour! Tu fais la révolution par le web? Tout un programme... Toujours aussi idéaliste, à savoir dans les "idées" et pas dans les choses concrètes.
    Une militante de base

  36. 36
    Jean-Marc dit:

    Bonjour Jennifer. Réponse rapide à ta raillerie...

    1. Je n'ai jamais parlé de faire la révolution.
    J'ai passé l'âge, moi, de ce genre d'enfantillages : -)

    2. Je n'ai jamais parlé de faire quelquechose "par" ou "à travers" le web.
    Je parle de logiques sous-jacentes à l'internet. Mais bon...

  37. 37
    4 Août dit:

    @ Jennifer

    "Donc on en est rendu à se tourner vers le PS..."

    Et on en est rendu non pas à gagner, mais à attendre que l'autre perde mécaniquement. Et le facteur ne veut (peut) pas lutter contre le système et faire partie du système. C'est l'impasse partout, ça rame.

    Il faut faire un RESET politique...

  38. 38
    jennifer dit:

    4 août
    Oui c'est terrible mais je ne vois pas ce qu'on peut faire que de continuer à essayer de se battre et de résister car on va vers une grande régression sociale. On ne peut pas baisser les bras car ce serait encore pire.

  39. 39
    Jean-Marc dit:

    Hé oui très chère Jennifer, c'est tout ton problème...

    Effectivement tu ne REAGIS (Input-Output) comme tu le dis que quand les mots clés auxquels tu es habituée sont présents dans les énoncés...
    C'est d'ailleurs pour celà que j'ai collé ce texte de Carr.
    Celà "pourrait" te rendre très manipulable, méfie toi...

    Il y aurait ça aussi, avec le mot clé communiste (que je trouve très inapproprié dans ce cas d'ailleurs!) :
    Et si le P2P amorçait une révolution communiste ? http://www.numerama.com/magazine/9552-Et-si-le-P2P-amorait-une-rvolution-communiste.html

    A+...

  40. 40
    jennifer dit:

    4 aout
    Concrètement cela veut dire s'engager dans une lutte de la "société civile" et la lier au politique; ou alors se battre au sein du PS pour une véritable politique de gauche. Donc le débat sur le net ne suffit pas, c'est sûr. Moi j'ai confiance en Jean-Luc Mélenchon pour le côté politique en gros, malgré des divergences qu'il faut mettre de côté si on veut arriver à agir dans la réalité.

  41. 41
    4 Août dit:

    @ Jean-Marc

    Si tu te réfères aux RN, je trouve le net très propice aux ruptures d'anévrisme...

  42. 42
    Jean-Marc dit:

    Ah ma chère Jennifer,

    tant que vous persisterez à ne pas vouloir vous ouvrir à ce que vous ignorez en termes de politique et d'organisation économique et sociale,

    tant que vous persisterez à ne pas vouloir vous départir de votre sentiment d'avoir le monopole de l'action concrète,

    tant que vous persisterez à séparer grossièrement ce que vous appelez à tort virtuel et réel,

    tant que vous persisterez à vous comporter de manière immature

    je ne vois pas comment votre énergie dépensée pourrait aboutir à autre chose qu'une simple réaction, aux dépends d'un véritable projet politique sérieux et alternatif!

  43. 43
    Belgo4.0 dit:

    @Jennifer,
    ce serait bien que vous postiez sur le blog BEA, que j'aie votre adresse.
    Je vais essayer de rester dans le fil du post de Jean-Luc Mélenchon tout en vous répondant au commentaire 31

    l'expérience de Germaine Tillion, comme le travail de Jean-Luc Mélenchon, montre que l'on ne peut résister valablement au capitalisme (lequel trouve son aboutissement dans l'univers concentrationnaire) que si on pose un diagnostic et une analyse de ces systèmes.
    C'est ce qu'elle a fait en arrivant en déportation.
    C'est ce que fait Jean-Luc Mélenchon a travers son travail d'"ateliers" (les initiés laiques apprécieront)

    Toutefois, je pense que Jean-Luc Mélenchon n'a pas assez travaillé sa pierre constitutionnelle :-) parce que la conception de la Nation Française, notamment par exemple à travers la conception "réservée" du recours au Conseil Constitutionnel, repose sur des conceptions de type "Monarchomaques" du genre François Hotman.
    La pensée de Jean-Luc Mélenchon reste assez révolutionnaire, avec une utilisation du mot Nation au sens révolutionnaire (forces vives).
    Je pense que sa pensée reste marquée par les années 70, qu'il ne distingue pas (encore) les transformations profondes générées par l'Europe. C'est d'ailleurs sa conception "nationaliste" ancienne (quoique sincère) qui a probablement provoqué les accusations "rouge-brun !" lancées ici par quelques activistes libertariens, venu de LibertéChérie, etc,
    bref la clique à Sanglier (pour comprendre, étudier le libertarianisme de Bastiat et ses liens avec les Mussoliniens).

    C'est à mon sens ce qui génère sa convergence avec Mitterrand, qui est resté, je pense qu'on en conviendra, jusqu'au bout un politicien national,
    ce qui lui permettait des passerelles avec la droite...on les connait, notamment lors de l'instauration des Régions comme vraies collectivités territoriales en 82-83.

    La théorie du mandat impératif est exposée ci dessus par Jean-Luc Mélenchon et par toi dans la citation "le Parlement représente la société tout entiere", ce qui est faux puisqu'au moins 30% de la société ne vote pas, sans compter le vote FN dit de rejet.
    Passons sur le fait que les nationaux assimilent la Ve R avec la démocratie...etc.

    Quand Jean-Luc Mélenchon fonde un groupe républicain, il y a une légere confusion là entre République et Nation.
    La Nation est un concept élitaire la République est un concept éthique...
    Je sais bien que l'élite se targue de promouvoir une éthique, mais nous n'avons pas les mêmes valeurs, je crois...

    Si les syndicats sont tres faibles, c'est notamment en vertu de l'action de la Nation ou des nationalistes, puisque cette action a toujours eu pour but effectif de les contrer,
    notamment en juin 1968, ou la police...nationale...met fin à la grève.Je passe sur la surveillance, le noyautage par des activistes nationaux, le probleme de l'anticommunisme, les subventionnements, l'instrumentalisation par un Medef financeur et omnipotent au Parlement, etc.
    C'est ce que j'appelle la "mascialisation" ou l'habileté des élites à la française. On le voit bien dans l'affaire de l'indépendance des colonies, par exemple. Ou encore dans la décolonisation de l'Algérie : les élites ont toujours essayé de fragmenter la classe majoritaire, y compris via le PS, et cette technique a connu de tres nombreux succes, jusqu'à encore récemment avec l'affaire des sans-papiers.
    On retrouve ce procédé dans le coté "techno" politique de la LCR. La LCR, ce sont des bourgeois, des gens de même technique, et si tu regardes bien, la LCR favorise objectivement la perpétuation de la droite. Les syndicats aussi, qui laissent espérer qu'ils vont aider les Français dans la crise du pouvoir d'achat, alors que la loi et leurs Chartes même (Amiens) l'interdisent expressément.

    Le faible taux de syndicalisation en France est donc alors pleinement explicable par les mêmes causes que la faiblesse de l'opposition parlementaire disséquée là haut par Jean-Luc Mélenchon : absence de conscience, techniques "d'arriere-plan", omniprésence médiatique, etc.
    En réalité, c'est une soviétisation libérale, et la LCR est de même nature...

    Mitterrand n'a PAS bénéficié de 68, notamment aux élections de 1969...
    Il serait peut etre intéressant d'analyser de façon socialiste MAi 68 comme une chienlit bourgeoise destinée à discréditer, à effacer le mouvement populaire qui existe en arriere plan en 1968, puisque deux millions de travailleurs DU PRIVE sont en grève.
    Ca a marché, puisqu'on n'a plus eu de grève générale depuis...

    Il y a en effet un travail de sape, encore faut-il l'expliquer : "mascialisation"
    Il faut expliquer aussi le refus de voter socialiste : aliénation nationale...du PS, et juste perception des votants...qui d'ailleurs se ruent sur le toton FN.
    Le FN a aussi son explication logique, il faut la trouver, et notamment relier cela à l'instrumentalisation qu'en a faite Mitterrand.

    La droite française est bien "partie en guerre contre l’Irak" : les mercenaires de ClearWater qui y vont ou en reviennent, passent librement par la France,
    en dépit des conventions internationales contre le mercenariat.

    La liquidation des services publics n'est que la résultante de l'ambiguité de la Ve R par rapport au projet CNR :
    il n'est contenu dans la Constitution que via le "Préambule de la Constitution de 1946" (droit au logement, travail, etc) lequel n'est pas expressément repris
    par la Constitution. Eh, ce n'est pas par hasard...que je sache De Gaulle a plutot COMBATTU le CNR...

    "En gros ce qui fait qu’une gauche est plus à gauche qu’à droite (cf Blair qui vient après des années de thatchérisme) c’est le rapport de forces dans la société".
    Ceci est juste, dans la mesure ou c'est la NAtion, càd la bourgeoisie (économique ou culturelle) qui fait la politique...de la Nation.
    Les mobilisation sont petites et clairsemées car il n'y a pas ((encore :-) de systeme idéologique qui les articule...comme le dit Montebourg :-)

    Il est donc logique que Montebourg, dans le droit fil du post présent de Jean-Luc Mélenchon ait échoué dans sa proposition de 6e R....

    Pierre le Belge de Lille

  44. 44
    Georges ROULLIER 69 ( RG) dit:

    Adhérer à PRS, ce n'est pas encore du Parti pris, mais ça lui ressemble beaucoup. Après la lecture du livre de Jean-Luc Mélenchon, " En quête de Gauche" j'étais déjà convaincu, maintenant je milite et je compte bien amener ma pierre à la construction. Quand on le veut on peut, envoyer un extrait convaincant de Jean-Luc Mélenchon en ciblant des Socialistes plus ou moins dissidents non-carriéristes, des PC élus et d'autres en panne, des MRC au même discours que nous, des LCR entre deux messages et des Verts, finalement qui trainent un peu la jambe, on fera aussi pour eux, on avance et on finit par travailler ensemble. Ce qui m'a décidé ce sont les mots de Jean-Luc Mélenchon, "on rencontre dans la mouvance PRS des gens qui ont les même soucis les mêmes appréhensions que nous", "on découvre". On découvre ensemble que la seule issue possible c'est l'Union pour construction d'un mouvement. Pour le 40e de 68 on ne sait pas encore ce que l'on fera, je parle de notre petit groupe, on ne sait pas encore si on prendra le train en marche, mais ce qui est certain, c'est qu'on sera dans le train. Je pense à un sitting le plus grand possible avec des mots d'ordre et le Chant des Canuts " Pour Chanter Confithéor il faut avoie chasuble d'or, mais nous les canuts nous allons cul nu".
    Fraternellement,
    Georges

  45. 45
    Jean-Claude dit:

    post 45 : belgo, complètement à la masse là et sur la pluspart des autres posts aussi ! Il faut arrêter de fumer de la chicorée chti, et sur le champ ! révisioniste va.

  46. 46
    jennifer dit:

    Kesako mascialisation Pierre le Belge? Excusez mon ignorance

  47. 47
    jennifer dit:

    Au belge
    Ce que je ne comprends pas c'est des phrases comme: "La Nation est un concept élitaire la République est un concept éthique…" C'est du chinois pour moi.
    Ou d'autres très denses telles que: "Si les syndicats sont tres faibles, c’est notamment en vertu de l’action de la Nation ou des nationalistes, puisque cette action a toujours eu pour but effectif de les contrer,
    notamment en juin 1968, ou la police…nationale…met fin à la grève.Je passe sur la surveillance, le noyautage par des activistes nationaux, le probleme de l’anticommunisme, les subventionnements, l’instrumentalisation par un Medef financeur et omnipotent au Parlement, etc"

    Je ne comprends pas comment les syndicats sont faibles à cause de la Nation. Moi j'ai pensé qu'ils étaient faibles car ils étaient divisés selon des lignes politiques (CGT=PCF et CFDT=PS) et que du coup trop "politiques" et donc ne faisant pas leur travail de syndicats, de défense élémentaire des salariés sur des choses basiques. On n'a pas besoin d'être au PC ni au PS pour défendre son biftek mais si c'est le cas, alors on renonce à se syndiquer.

    Je suis d'accord avec : "si tu regardes bien, la LCR favorise objectivement la perpétuation de la droite." mais les raisons que tu donnes, comme je te l'ai dit, je ne comprends pas cette mascialisation.

    "Mitterrand n’a PAS bénéficié de 68", bien sûr directement non puisque tu rappelles les élections de 69, mais il a bénéficié de la radicalisation de masse créée à l'issue de 68 qui a permis une renaissance du PS.

    Bon j'arrête là car il y a tellement de choses dans ton post qu'on ne peut discuter de chaque point qui prendrait beaucoup de temps (sans compter des choses que je n'ai pas du tout comprises)

  48. 48
    Pierre L dit:

    à Jennifer

    mascialisation: parasitage, occupation de.

    Va voir le post 15 du Belge.

  49. 49
    Pierre L dit:

    à Jennifer

    "la LCR favorise objectivement la perpétuation de la droite"

    Et le PC aussi, et LO aussi. On peut effectivement considérer les electeurs de la LCR, PC, LO comme des voix perdues pour le PS et donc favorisant la
    droite.

    Mais pourquoi la LCR fait elle de bons scores ?
    Parce que le PS ne propose plus de programme politique de gauche, par conséquent de nombreux electeurs votent LCR.

    Ce n'est donc pas la LCR qui "favorise la droite", mais la droitisation du PS !

  50. 50
    jennifer dit:

    Pierre L
    Ce n'est pas dans ce sens-là que je dis que la LCR favorise la droite car normalement au 2ème tour, ils appellent à voter pour le PS, traditionnellement. Non c'est parce qu'ils ne sont pas prêts à se coltiner les institutions, donc ils se cantonnent aux luttes à la base sans les combiner avec une lutte au niveau des instances politiques. Et ça arrange Sarkozy car quelques petites luttes ne menacent pas son pouvoir. En plus ça donne l'illusion qu'on peut s'exprimer dans la rue, que c'est démocratique. Pourquoi Besancenot est partout sur les ondes en ce moment. Marianne l'avait bien dit: la LCR plait plus à Sarko que le PS. Elle est moins menaçante.

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