11mar 14

Trois ans après…

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Ce jour est le troisième anniversaire de Fukushima. Mes amis, partout où ils le peuvent, se seront déployés vers les centrales nucléaires de notre pays les plus sujettes à débat. Tricastin, Fessenheim, Nogent, Blaye : il faut sans panique regarder en face la difficulté que nous aurons à affronter un jour ou l’autre, qu’il s’agisse de démonter ou de réparer, de remplacer ou de s’enfuir en courant. Trois ans après la grande peur de Fukushima, l’humanité mérite mieux que l’oubli et l’inconscience qu’on lui inflige.

Une chose dans l’autre, les nouveaux amis de l’Ukraine commencent à faire à peine un peu moins de zèle. Le nombre va croissant des gens qui entendent dorénavant ce que j’ai été le premier à dire sur la sottise de l’enthousiasme guerrier contre les Russes. La présence de néo-nazis dans le gouvernement et le retour des oligarques véreux dans le nouveau pouvoir, en dépit de tous les aveuglements, finit par se faire connaître. Ils détricotent la légende du Disneyland médiatique avec la gentille Blanche Neige aux belles tresses blondes, les romantiques guerriers virils affrontant les snipers et ainsi de suite. Enfin, ici et là perce un niveau supérieur de compréhension et de débats. Mais la mode gnangnan est encore au poste de commande, comme ont pu le constater ceux qui ont écouté mon interview à la matinale de France-Inter. Je reviens donc sur cette question.

Selon le journal « Libération » j’étais jugé « pour avoir traité de fasciste marine Le Pen ». Il n’en est rien. Ce jour-là, comme l’a titré de son côté le journal « Le Monde », la question posée au juge était de savoir si « on peut dire de madame Le Pen qu’elle est fasciste ». Ou si c’est une injure. Et alors seulement je serai jugé coupable ou non. Mais je veux aussi ici absolument faire partager mes arguments à propos du point où voici rendu le fameux pacte de responsabilité, épousailles en seconde noce du parti solférinien avec le meilleur de la tradition des tireurs dans le dos des salariés et des contribuables. 

Julie Gayet ou Marine Le Pen ?

Le titre de « Libé » est, comme d’habitude, fait pour nuire. Il donne une idée de l’agonie intellectuelle de la gauche branchouille devant les défis du moment. Agonie dont la mort lente du « journal » est un symptôme symbolique. Le même jour, et à la même heure, avait lieu le procès qu’intente Julie Gayet à Closer. Devinez où était la masse médiatique, éthique indépendante et avide de faire valoir le droit Trois ans après Fukushimad’informer ? En d’autres temps ils auraient été tous devant la dix-septième chambre où se débattait la question du droit de qualifier politiquement de « fasciste » ceux qui le sont. Un moment de la lutte contre l’extrême droite en France.

Aujourd’hui ils sont presque tous à l’affut d’un fait divers people. Je trouve cela significatif aussi de ce qu’est notre temps. Et de l’hypocrisie des effarouchés de commande devant le Front national. Je n’ai pas eu trop de mal à compter les messages de soutiens : j'en ai reçu fort peu et aucun des solfériniens ni de leurs bagages accompagnés si prompt à me faire la leçon à propos du combat contre l’extrême droite. Diverses autres variétés de donneurs de leçon et de bavards maîtres en stratégies de lutte contre le Front national doivent estimer que la question ne mérite pas leur attention. D’ailleurs, ils doivent penser que « fasciste » est une invective inadaptée, pas habile, pas polie, pas efficace. Tout irait tellement mieux si l’on se mettait à leurs genoux pour recueillir les conclusions de leur sublime bavardage.

Pourtant, ce procès fut un haut moment d’explications. J’y reviendrai sans doute bientôt. Mais, pour l’heure, je renvoie vers le post de mon camarade Alexis Corbière, observateur présent au procès comme secrétaire national du PG en charge de la lutte contre l’extrême droite, car je veux maintenant parler du pacte de responsabilité.  

Gattaz l'a promis : l'argent des contribuables arrosera (aussi) les actionnaires

Jeudi 6 mars, aux lendemains de la signature par trois syndicats du « relevé de conclusion » sur le fameux pacte de responsabilité, Gattaz s’exprimait devant 200 patrons rassemblés par le mouvement patronal « Ethic ». Un temps de son discours est un moment d’anthologie de la mentalité prédatrice du MEDEF. C’est aussi une leçon de chose pour les naïfs qui se gargarisent avec les accords « gagnants-gagnants » et autres sornettes démobilisatrices. « Ce que je voudrais absolument éviter, et je pense qu'on est en train de l'éviter, a déclaré le chef du MEDEF, c'est ''qu'est-ce que vous allez faire avec les marges dégagées ?'' J'ai eu beaucoup d'angoisses tout le mois de janvier sur l'idée qu'on va tout contrôler, contrôler les dividendes versés, tout contrôler ». « La position du Medef est de surtout ne prendre aucun engagement chiffré juridique. Pas de contraintes… mais par contre c'est un engagement de mobilisation ». Le débat sur les contreparties est clos. Comment les bavards qui continuent à s’agiter « de l’intérieur où l’on est plus efficace » comptent-ils reconstruire le rapport de force entièrement détruit par le gouvernement et ses cadeaux sans garantie ? Gattaz sait qu’il a gagné la partie. C’est pourquoi il franchi une étape supplémentaire. Non Trois ans après Fukushimaseulement il ne s’engage sur rien « en contrepartie » mais, au contraire, il autorise la distribution du cadeau directement aux actionnaires eux-mêmes. Il le dit aussi clairement que je viens de l’énoncer. Lisez : « Les entreprises décideront de l’usage qu’elles feront des allègements de charges promis dans le cadre du pacte de responsabilité, y compris la distribution de dividendes ».

Pourtant, donc, le patronat (MEDEF, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFTC, CGC) ont signé mercredi 5 mars un « relevé de conclusion » sur les futures contreparties au pacte de responsabilité. Ce n’est pas un accord, même si ça y ressemble. Mais ce n’en est pas un. Un « relevé de conclusion » n’a pas de valeur juridique, contrairement à un « accord ». De plus, la CGT et FO n’ont pas signé. Au contraire, les deux centrales dénoncent un « chèque en blanc donné au patronat ». Elles ont des arguments solides. En effet le texte de l’accord est très proche de la position de départ du patronat que même Laurent Berger (CFDT) avait pourtant dénoncé. On retrouve la méthode du couteau sous la gorge qui avait prévalu pour la conclusion de l’ANI. Au total, le texte renvoie aux branches professionnelles l’ouverture « de discussions en vue d'aboutir à un relevé de conclusions signé, ou des négociations en vue d'aboutir à un accord précisant des objectifs quantitatifs et qualitatifs en termes d'emplois ». En clair : il n’y a aucun engagement chiffré en matière d’emploi, de salaire ou de conditions de travail dans le texte signé. Au contraire. Le texte acte toutes les limites et restrictions déjà formulée par le patronat. Il précise même que ces discussions ne commenceront qu’au jour où la baisse des cotisations « sera précisément définie ». Cela parce qu’Ayrault a précisé que les allégements seraient centrés sur les bas salaires, mais sans arrêter précisément les seuils et les taux d’allègements ! Le MEDEF, lui, bataille mot par mot, sans aucune des formes d’angélisme de ses vis-à-vis gouvernementaux ou syndicaux. De plus, le texte signé ne fixe aucune date butoir pour ces négociations de branches. Elles peuvent donc durer jusqu’à épuisement des « dialogueurs » ou fâcherie de commande de l’un d’entre eux. Et même, cela peut ne jamais s’achever par quelque accord final que ce soit. En effet le texte n’évoque pas le remboursement des cadeaux de l’État dans le cas où il n’y aurait pas d’accord signé ou siTrois ans après Fukushimal’accord n’était pas respecté. Pourtant, chaque jour aggrave le bilan de ce que ce cadeau va coûter pour rien au pays.

Sur la base des calculs de l’INSEE, de la direction du trésor et de l’OFCE, le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale produit sa propre évaluation des résultats qui peuvent être attendus du pacte de responsabilité. Pour cet organisme, le pacte pourrait créer entre 134 000 et 300 000 emplois en cinq ans, selon le scenario retenu entre la baisse des cotisations sur tous les salaires ou la concentration de la baisse sur les bas salaires…. On voit qu’on est là bien loin du « un million d’emplois » promis par Pierre Gattaz. Voilà pourquoi même ce Haut Conseil dit que l’effet du pacte sera « relativement circonscrit ». Mais il n’en reste pas moins que cela nous fait des emplois hors de prix. Dix milliards d’euros offerts par an au MEDEF ? Cela fait, dans le scénario le plus favorable au Pacte, c’est-à-dire pour 300 000 emplois, 33 000 euros par emploi créé ! Mais ce résultat n’est attendu qu’au total, c’est à dire « au bout de cinq ans ». Le cadeau est alors de 50 milliards d’euros. Chaque emploi Gattaz-Hollande nous coûte donc 166 000 euros par emploi créé ! Il est temps ici de se souvenir qu’un salarié au SMIC reçoit 20 000 euros par an de son entreprise, cotisations comprises ! Mais ce calcul a-t-il vraiment un sens ? Je veux dire : est-ce que le pacte ne peut avoir exclusivement que des effets positifs sur l’emploi, même à ce prix dément ? Non. Bien évidemment. C’est un calcul faussé. Le Haut Conseil le reconnait lui-même : il ne chiffre que « le mécanisme pur d'allègement du coût du travail, sans prise en compte des effets de sa compensation financière ». Compensation veut dire coût ! Car comment va-t-on payer tout cela ? Hollande a déjà annoncé que le « pacte de responsabilité » sera « compensé » par des coupes budgétaires. Cela va donc encore réduire l’investissement public. Et donc la consommation populaire. Et donc détruire des emplois. Par conséquent, le bilan final pour ce qui est des emplois créés et détruits sera négatif. Sans oublier que le ralentissement de l’activité du fait de la baisse de la dépense publique va encore creuser le Trois ans après Fukushimadéficit faute de rentrées fiscales suffisantes. Ce mécanisme pervers a déjà été constaté cette année avec une baisse substantielle des rentrées d’impôts et un manque à gagner perforant pour les finances publiques.

On mesure l’ampleur de la régression. En face, le PS est arcbouté sur sa propagande béate. Cependant, le gros de la troupe a du mal à suivre, notamment ceux qui sont syndiqués. Mais ceux-là ne comptent plus aux yeux des caciques de la politique de l’offre et du coût du travail excessif. Un calendrier d’action est sur la table de notre côté. FO, la CGT, Solidaires et la FSU appellent à une journée de mobilisation le 18 mars. Le pacte bidon est dans la liste des rejets de cette mobilisation. Et, côté politico-social, il y a la marche proposée pour le 12 avril à Paris et à laquelle ont décidé de participer d’ores et déjà le Front de gauche et le NPA ! Le collectif de préparation de cette marche s’est brillamment réuni le 5 mars dernier. Je dis « brillamment » parce que le nombre et la qualité étaient au rendez-vous, ainsi qu’une sérieuse volonté de mobiliser activement. Le contraire du précédent collectif qui avait rabougri l’action contre la TVA à un dépôt de pétition. Ce temps fort aura lieu si la date est convenue, et le plus tôt sera le mieux, dans un contexte très profondément différent de celui que nous connaissons à cette heure. Ce sera le lendemain des municipales et la veille des européennes. Nous serons sous le choc de l’abstention et de la percée du Front national annoncée par tous les médias et qui sera, à coup sûr, le thème de la soirée médiatique du premier tour, quel que soit le résultat, de façon à pousser les moutons vers les bons bergers. Ce sera aussi une semaine après la manifestation du « jour de colère ». Une possibilité existe que le cycle politique s’accélère si nous savons bien nous mobiliser : tenir la rue contre la droite et l’extrême droite dans l’opposition de gauche au gouvernement, puis les battre clair et net dans les urnes quatre semaines plus tard. Cette fois ci, il faut parvenir à enchaîner les coups mieux que nous ne l’avons fait dans les occasions précédentes. J’y reviendrai pour ma part dans la limite de ce qui peut être dit, cela va de soi.

L’antisémitisme ukrainien n'est pas un obstacle à l'amitié « occidentale »

Avez-vous noté la volonté de Patrick Cohen sur « France Inter » de minimiser tout ce que je disais sur la place que le parti national socialiste d’Ukraine, « Svoboda », occupe dans le gouvernement qui s’est imposé dans ce pays ? Comme il est significatif de l’aveuglement idéologique des stars médiatiques ! J’ai dit « les néo-nazis ont quatre ministres ». « Non ! Trois ! » lance-t-il du tac au tac. Que veut-il ? Semer le doute Trois ans après Fukushimasur la gravité des faits que je veux signaler en tâchant de disqualifier la valeur de mon propos. Comme si, même s’il n’y avait qu’un seul néo-nazi avéré dans un gouvernement ce ne serait pas déjà trop ! En réalité, il n’en sait rien. Son but n’est pas d’informer mais de valider la thèse du Disneyland dominant. Muet devant les grotesques trémolos anti-Russes de Cohn-Bendit, Patrick Cohen est bizarrement aux aguets dès qu’il s’agit de l’image des Ukrainiens. Cette rédaction, comme les autres, organise un spectacle. La preuve ? Il y a bel et bien au gouvernement quatre ministres néo-nazis et non des moindres : le vice-Premier ministre, le ministre de la Défense et de la Sécurité nationale, celui des Ressources naturelles et de l'énergie et le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation. A quoi l’on peut rajouter le nouveau Procureur général du pays et le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense, lui-même fondateur de « Svoboda ». A l’époque, ce parti avait choisi comme nom « Parti national socialiste d'Ukraine ». Il n’a changé de nom qu’en 2004, dans le but de se rendre plus présentable devant l’opinion européenne. Toutefois, le discours antisémite reste un fondement non masqué de sa culture politique. Le parti est mené par Oleg Tyagnybok. Selon lui « une mafia judéo-moscovite dirige l’Ukraine », vocabulaire sans ambiguïté. Les membres de Svoboda défilent chaque 28 avril à LVOV en souvenir de la création de la division SS « Galitchina ».

Cette façon de nier la réalité de ce qui est en train d’avoir lieu en Ukraine crée des zones d’ombres dont les conséquences pourraient devenir terribles. Je suppose que tous ceux qui auront fait, comme moi, un petit tour dans leurs sources d’information et d’analyse auront été au moins aussi surpris que moi de la réaction du même Patrick Cohen sur France Inter face à mes inquiétudes sur la sécurité de la communauté juive d’Ukraine. C’est pourquoi j’ai pris l’initiative de lui dire en substance : « vous pensez qu’il n’y a pas de danger pour la communauté juive, je pense le contraire : chacun d’entre nous deux assumera sa responsabilité devant les évènements qui vont arriver ». En fait, les raisons d’être inquiet sur ce sujet aussi sont de notoriété publique. Car depuis la défaite du nazisme allemand, c’est la première fois qu’on entend un rabbin appeler ses compatriotes et coreligionnaires à quitter le pays. C’est ce qu’a fait, le 22 février dernier, le Rabbin Ukrainien Moshe Reuven Azman. Il a appelé les Juifs de Kiev à quitter la ville et éventuellement le pays, par peur des exactions antisémites dans le chaos. C’est également la première fois que l’on voit une communauté juive locale demander l’aide des organisations juives mondiales et d’Israël pour garantir et assurer la sécurité de ses organisations communautaires. « L’Agence juive va étendre son aide d’urgence immédiate à la communauté juive d’Ukraine et sécuriser les institutions juives dans le pays », a annoncé le président de l’exécutif de l’Agence juive pour Israël, Nathan Chtaransky, ancien dissident de l’URSS. « La communauté juive d’Ukraine, qui compte environ 200 000 membres, est l’une des communautés juives les plus dynamiques au monde, avec des dizaines d’organisations et d’institutions juives actives. Les événements récents ont montré que nous devons renforcer les mesures de sécurité de ces institutions. Nous avons la responsabilité morale d’assurer la sécurité des Juifs d’Ukraine », a déclaré Chtaransky .

Si j’évoque si fortement le sort de la communauté juive c’est qu’on connaît l’habituelle obsession sur le sujet dans l’ensemble du cirque médiatique et à chacune de ses séances de politique internationale. On connaît la rapidité des Harlem Désir et David Assouline, sans oublier Copé et NKM à qui je fais un procès pour cela, à voir des antisémites partout, dont moi, faut-il le rappeler, dès qu’on leur tient tête. Pour ne rien dire du CRIF et autres répondeurs automatique de la doxa « occidentale ». Tous ceux-là voyaient en Chavez un antisémite sans le début d’un fait à produire. « Libération » avait même publié une page entière sur ce thème avec photos et citations truquées ! A présent, c’est le silence. C’est d’autant plus consternant que les questions sur le sujet à propos des partis politiques de l’Ukraine ne datent pas d’aujourd’hui. Les observateurs ne le découvrent pas. La fameuse Ioulia Tymochenko, la blonde aux nattes si faciles à identifier sur la scène du spectacle médiatique, n’est pas seulement une corrompue notoire : elle aussi une suspecte de longue main. En 2012, la Ligue Anti-diffamation (ADL), une des principales organisations juives américaines, a dénoncé l’alliance parlementaire signée par Yulia Tymoshenko avec le parti d’extrême-droite Svoboda. Oubliée ! Aujourd’hui, sa sortie de prison est célébrée comme celle d’un Nelson Mandela ! « Le journal du Dimanche » a même fait de son portrait sa une entière ! Pourtant, ce genre de personnage n’a jamais baissé la garde, si j’ose dire. En 2013, le parti Batkivshchyna (Patrie) de Ioulia Tymochenko et l’UDAR, le parti du boxeur Vitaly Klitschko, candidat des Allemands et Svoboda, se sont unis plus d’une fois et notamment contre un projet de loi présenté par le Parti des régions (PdR) du président en fuite Viktor Ianoukovytch. Ce projet de loi visait à interdire « les discours haineux et les expressions dégradantes » en interdisant des mots très insultants comme « youpin », « sale juif » (« zhid », en ukrainien) et « Russkof », qui ont la faveur des partisans de Svoboda.

Pourquoi cette façon de faire ? En ce qui concerne les médias, on connaît la musique. La paresse, le panurgisme, les a priori idéologiques sont le substrat commun des multi-éditorialistes psittacistes. Le psittacisme est la maladie de ceux qui répètent ce qu’ils viennent d’entendre dire. Le mot est construit sur la même racine que « perroquet ». Après le psittacisme vient l’ignorance des grands chefs qui fixent la ligne. Faute d’idée un seul but : pas d’histoire ! Vous imaginez France Inter, ou d’autres, se mettre en retrait du concert des confrères unanimes pour émettre des doutes ou nuancer les slogans anti-Russes ? Impensable. Il faudrait démontrer, enquêter, confronter. Pas le temps ! Trop risqué. Et ensuite, il faudrait expliquer l’incongruité de la photo sur le perron de l’Elysée avec des personnages aussi suspects flanqué par-dessus le marché de BHL, qui a encore une fois réussi à « se taper l’incruste ». Bon, là je suis injuste. La présence de BHL a fonctionné comme un signal d’alarme pour des millions de Français qui savent dorénavant reconnaître l’ombre des charniers.

Reste que pour ce qui est de savoir et d’être informé, c’est sur internet et Facebook qu’on doit le trouver par soi-même. Mais encore faut-il en avoir le temps et les moyens. Ceux qui n’ont pas ces moyens sont mis au régime du fast-food de l’info : steak de Russe haché pour tout le monde. Tout ça est connu, et le répéter n’apporte rien à notre compréhension des événements. Ce qui compte, c’est de souvenir qu’ils sont aussi capables de ça. Cette fois-ci, l’antisémitisme n’est plus un problème ! Ce n’est pas la première fois. Mais c’est la première fois qu’on les prend la main dans le sac dans des conditions telles que tous ceux qui me lisent auront tous appris quelque chose à transmettre autour d’eux sans être en butte au perpétuel procès en paranoïa dès que nous sortons de sentiers battus et rebattus de la doxa médiatique. Preuve en main : les donneurs de leçon de démocratie, quand les USA ont parlé, peuvent aller jusqu’à soutenir des néo-nazis et des antisémites. Je peux prévoir la riposte. Elle va consister à distinguer le parti « secteur droit » qui est d’ores et déjà lui aussi un parti de miliciens armés. Il s’agira de dédiaboliser le parti « Svoboda », qui sera juste qualifié de « nationaliste » ou « populiste ». Comment je le sais ? Parce que les organisateurs du spectacle sont les mêmes sous toutes les latitudes et procèdent sans imagination de la même manière partout. La mobilisation des hallucinogènes médiatiques est d’ailleurs une composante essentielle du plan. Les snipers, les votes de Parlement reformatés aussi. Naturellement, nous connaissons la suite prévisible des évènements.

Le gouvernement va organiser des élections et appliquer, quelle que soit la majorité, des politiques d’austérité extrêmement violentes. C’est la condition pour obtenir la bénédiction des « occidentaux », de leurs banques et de leurs compagnies pétrolières. Les banquiers français, qui possèdent le quatrième réseau bancaire du pays, les Autrichiens, pleins de titre de la dette ukrainienne à 35 % de taux d’intérêt (mais oui !), les Allemands, qui s’abreuvent en pétrole et gaz par ce point de passage, la Chevron, qui a déjà investi 350 millions de dollars pour sortir du gaz de schiste, ne sont pas des philanthropes. Les gouvernants actuels sont les marionnettes d’un clan d’oligarques qui prend sa revanche sur la précédente équipe de kleptocrates. Les autorités du moment ont déjà commencé à montrer patte blanche. Elles ont décidé la réduction par deux des retraites. Pendant ce temps, une nouvelle marionnette présentable sera mise préparation. Les émeutes reprendront contre le gouvernement. Celui-ci finira par craquer, et ainsi de suite. Comme ce sont des aventuriers, il est probable que les provocations anti-Russes vont être leur principal aliment politique sur la base d’appel à l’union sacrée au nom d’un nationalisme dont le contenu glauque se renforcera à mesure que l’impasse sera évidente. Le danger de guerre vient de là. Et non pas de Russes, qui n’y ont aucun intérêt sinon à la marge, ni pour les USA, qui n’ont aucun moyen d’action militaire disponible, ni pour les Européens, dont tous les intérêts sont liés aux Russes. L’hebdomadaire Wirtschaftswoche a été on ne peut plus explicite: « Plus de 6 000 entreprises, de la multinationale aux PME, sont présentes en Russie, où elles ont investi directement plus de 20 milliards. 300 000 emplois dépendent en Allemagne de ces échanges ». Berlin est le deuxième fournisseur de Moscou, après Pékin. La France vient en huitième position mais elle possède le septième réseau bancaire russe. Personne n’a intérêt à ce que la situation échappe à tout contrôle. L’erreur des « occidentaux » est d’avoir couru derrière les « révoltés de Maïdan » sans s’être trop souciés de contrôler où allaient ceux qui parlent en leur nom. 

Dois-je rappeler que c’est la deuxième fois que ce genre d’erreur est commis ? Qui se souvient comment la bêtise insondable d’un Saakachvili donna champ libre en Géorgie pour l’intervention russe dans les enclaves russophones ? Ce géorgien était un pur tyran, corrompu jusqu’à la moelle des os. Il choisit de surcroît le jour de l’ouverture des jeux de Pékin pour se lancer dans une agression militaire. C’est exactement le genre de surenchère que sont en train de rechercher les « nationalistes » ukrainiens. C’est pourquoi ils ont commencé leur travail avec l’interdiction du russe comme langue officielle en Crimée et dans le Donetz, sans oublier l’odieuse destruction des monuments à la gloire des vainqueurs du nazisme. On ne pouvait donner meilleure occasion à la Russie d’agir. Aucune personne censée ne peut ni le leur reprocher sérieusement ni, d’ailleurs, les empêcher de le faire ! Et ce pauvre François Hollande, flanqué des deux gorilles venus le visiter au nom de l’Ukraine ! « Le référendum en Crimée est illégal sans l’accord de l’Ukraine » a-t-il glapi sottement ! S’il y avait eu un journaliste présent, et non des porte-voix, quelqu’un aurait pu lui poser la question : « Avez-vous demandé à l’Ukraine si elle est prête à organiser ce référendum ? ». Et supposons qu’il y ait eu un deuxième journaliste au milieu des magnétophones présents : « Considérez-vous que ces deux messieurs à la mine accorte sont des représentants légaux de l’Ukraine ? ». Le petit François n’en finirait plus d’expliquer pourquoi il a été partisan de la guerre illégale d’Irak, de la création illégale de l’État fantoche du Kosovo et pourquoi il est contre la Crimée russe. L’incohérence est totale ! À la fin, il aura fâché tout le monde : à l’extérieur, avec ceux qui trouvent que la France n’en fait pas assez et avec ceux qui trouvent qu’elle en fait trop ; à l’intérieur, avec ceux qui pensent qu’elle ne fait rien de bon et se ridiculise comme c’est mon cas. Les Russes ne sont pas nos ennemis mais nos partenaires. En toute hypothèse, leur gouvernement vaut mieux que celui du Qatar ou de l’Arabie Saoudite, pour ne citer qu’eux dont notre pays et le PSG sont d’amicales brosses à reluire.

En tous cas, la stratégie de la provocation et de la fuite en avant est celle qui nous a menés au point où nous voici. La mise en cause des frontières sur des bases linguistiques et historiques est un désastre qui se paiera très bientôt ailleurs, chez d’autres nationalistes, dans d’autre zone pleines d’humour et de gaieté comme la Roumanie, la Hongrie, la Belgique sous pression flamande, et ainsi de suite. Personne n’ayant encore écrit une « Histoire et méthodes des nationalismes pour les nuls », le chef de l’État n’a pas d’autres idées sur le thème que celle que lui marmonne à l’oreille BHL. C’est la bêtise, l’ignorance et les provocations additionnés qu’il faut craindre. Surtout dans un pays où le sarcophage de Tchernobyl n’est plus aussi étanche qu’il faudrait et où plusieurs autres centrales nucléaires sont à la portée de tous les incidents.

Que pouvons-nous faire ? Notre rôle serait de préparer des forces politiques de relève. Mais comment faire ? A la répression du pouvoir de fait et des milices néo-nazies s’ajoute l’éteignoir « européen ». Hollande reçoit les autorités de fait de l’Ukraine sur le perron de l’Elysée en compagnie de Bernard-Henri Levy. Mais nos amis ne sont pas encore sortis des catacombes. Comme en Tunisie, où le gouvernement sous contrôle islamiste a reçu le soutien constant de la droite européenne et du PS, nous démarrons de peu. Mais en Tunisie, le Front populaire a fait une démonstration qui porte loin. Il a brillamment remonté la pente jusqu’aux premières places de la ferveur populaire en dépit de l’assassinat de deux de nos tribuns du peuple. En dépit du boycott des « autorités » françaises et européennes qui faisaient la queue pour cirer les babouches de monsieur Ghannouchi, chef des islamistes. En Ukraine, nous sommes faibles. Les plus proches de nous ont été réprimés par tous les pouvoirs avant et depuis la chute de l’URSS. Les milices néo-nazies nous pourchassent avec autant de ferveur que les anciens gouvernants. A l’échelle européenne, nous disposons de peu de moyens pour aider les petits groupes qui partagent nos idées. Nous n’avons ni l’argent des USA, ni celui des russes. Il faut donc faire pour le mieux. On le fera, évidemment. Mais notre première tâche est d’abord d’apprendre les yeux bien ouverts. La phase actuelle ukrainienne semble être la phase « Ehnada » du processus. Celle où le mouvement de récupération citoyenne du pouvoir ne rencontre guère d’autre porte-parole que les mouvements d’extrême droite. Cette phase ne dure qu’un temps.

Une révolution citoyenne n’est pas un processus linéaire. Elle prend des aspects paradoxaux. Deux composantes doivent être distinguées dans l’analyse et pour l’action. D’une part, le processus concret d’insurrection lié aux causes sociales. D’autre part, la forme d’expression politique que le mouvement adopte ou utilise. Pour ne pas perdre ses repères, il faut évidemment toujours partir de l’observation du mouvement dans son contenu social et revendicatif. Mais il ne faut pas non plus sombrer dans la mythification du mouvement « bon en soi ». Deux conditions doivent encore être réunies. La première concerne la mise en place des organes autonomes de l’action citoyenne : comités de quartiers, assemblées de base des fronts politiques, et ainsi de suite. La seconde dépend d’une rencontre. Si le mouvement ne s’approprie pas un parti éclaireur et déclencheur, c’est-à-dire la mémoire des luttes, l’offre de décryptage et les propositions d’action adaptée au moment, il peut tourner en rond, s’épuiser ou se radicaliser dans un sens toujours plus aveuglé. Mais cette rencontre n’est pas la condition de la révolution citoyenne. Elle n’en est que le moyen d’accomplissement. Tant que tout n’est pas subordonné aux objectifs qui motivent le mouvement du grand nombre, le moteur insurrectionnel et révolutionnaire continue à tourner. Et la pente des évènements va vers le même sens. Pour le briser il faut soit la dictature, soit la guerre civile qui éteint la révolution citoyenne. C’est la guerre civile qui maintient le peuple irakien en dehors du chemin d’émancipation où pouvait mener la fin de Saddam Hussein. C’est le début de guerre civile qui a ouvert le chemin des militaires en Egypte. C’est elle qui a tué ce qu’aurait pu être l’après Kadhafi. Et ainsi de suite. Je ne veux pas lasser sur le sujet, car j’ai déjà écrit ici ce que je pensais de la lutte armée et des guerres civiles dans les révolutions. Je ne saurais stopper le flot des mots et de mon analyse sans signaler qu’il est démontré à présent combien est nécessaire le regroupement de nos forces en Europe. Non seulement notre petit PGE qui doit s’engager hardiment dans la lutte publique, mais aussi notre réseau écosocialiste, qui doit fournir les éléments de pensée et d’action qui donnent à la révolution citoyenne un horizon global pour les luttes. Pensez-y chaque fois que vous trouvez trop longues mes lignes sur l’international, trop fréquents mes déplacements là où ont lieu les bouleversements qui nous sont favorables. En politique, la géopolitique est première pour bien définir les moyens de l’action.


103 commentaires à “Trois ans après…”
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  1. Nuno dit :

    Les élections européennes comment dire ?! En lisant les commentaires de Jean Luc on se rend bien compte que ce parlement ne sert pas à grand chose d'ailleurs, il n'a aucun pouvoir de proposition de loi, il sert juste à donner son aval aux réformes "nécessaires" et "courageuses" de la commission et de ses commissaires non élus. Comme un dégoût pour cette Europe qui n'est qu'un levier pour que l'oligarchie financière puisse casser le progrès social, une dévote du libéralisme le plus sauvage et surtout avec sa religion l'euro, son veau d'or et son temple la BCE. Aussi quand on me parle d'abstention je réfléchis !

  2. Jean Jolly dit :

    Monsieur Patrick Cohen aurait-il une appréciation de l’antisémitisme à géométrie variable ou pour le moins une interprétation du journalisme aux deux poids deux mesures ? Chacun se souvient du procès d’intention qu’il aura fait à son collègue Frédéric Taddéï, lui reprochant d’inviter des personnes " aux cerveaux malades " (textuel), soupçonnant ces invités, à tort ou à raison, d’être antisémites. Non seulement il s’est permis de donner des leçons de journalisme à Monsieur Taddéï mais il se sera substitué à la justice pour déterminer un délit caractérisé chez certaines personnes, allant même jusqu’à leur attribuer une pathologie relevant de la psychiatrie.
    Il serait judicieux de suggérer à Monsieur Cohen d’inviter les ministres de Svoboda à son antenne puisqu'apparemment ils n’ont pas l’air d’être dangereux à ses yeux, ou du moins pas suffisamment nombreux pour l’être.

  3. Cram cram dit :

    @ 36 philippe
    "Les inconvénients majeurs de cette filière la condamne a moyen terme (le prochain accident) mais d'autres filières n'ont pas ses inconvénients"

    Ces autres filières règleraient donc entre autres le problème des déchets, de leur dangerosité, de leur durée de vie, de leur stockage, et autres petits problèmes anodins ?

  4. educpop dit :

    Il est possible ou probable que le résultat des municipales va être un indicateur de la conscience populaire. Soit les mêmes mécanismes clientélistes que d'habitude vont jouer, et dans ce cas les majorités resteront à peu près les mêmes, ce qui veut dire que la conscience populaire est anesthésiée et que l'élection Européenne ne sera qu'un subterfuge de plus. Soit le pouvoir sera désavoué ce qui ouvrira une page nouvelle du débat. La marche du 12 avril devrait être bien plus qu'une protestation contre de mauvais règlements, mais une ouverture des hostilités dans le but de renverser l'ordre établi par Bruxelles. Est-ce que toutes les analyses de Jean- luc ne convergent pas vers un sursaut d'indignation destiné à transformer la protestation en refus catégorique ? A l'intérieur et aux frontières de l'Europe, de faux nationalismes et d'hypocrites réformes forment un filet qui se resserre et va nous étouffer, tous les évènements concordent en ce sens et Jean-Luc Mélenchon les décrit avec verve.
    Il faut une conclusion logique et exemplaire à cela, sinon quel est l'intérêt de regarder passer les trains ?

  5. Courrierlecteur dit :

    @Nuno(18H30)
    "Aussi quand on me parle d'abstention je réfléchis !"

    Pour affiner votre réflexion, je vous recommande vivement de lire le commentaire 21. Il vous concerne également.

  6. Glières dit :

    @ Denis F 47 @ naif 49
    Les grands rassemblements et les élections n’y suffiront pas, parce que tout le système politique, économique et social est verrouillé par une aristocratie financière avec à sa solde une nomenklatura prête à toutes les bassesses pour maintenir ses privilèges. Le temps de l’Ancien régime est revenu ; le temps de la Révolution aussi. Parce que la colère monte, il est temps de rappeler au peuple que toutes les grandes avancées politiques et sociales ont été conquises par la force. Que les révolutions surgissent toujours de la base et que la grève générale est le seul moyen décisif pour qu’elles aboutissent. C’est la grève générale que les banquiers et le grand patronat craignent le plus. C’est eux qui ont le plus à y perdre, surtout si on exige, pour y mettre fin, le paiement des jours de grève à prendre pour l’exemple sur les dividendes versés aux actionnaires. Une grève générale en France, c’est pour les Français la 6ème République et pour les Européens qui embrayeront avec nous une nouvelle Europe. Certes une grève générale ne se décrète pas mais encore faut-il en semer l’idée dans les esprits, y revenir sans cesse de façon pédagogique et laisser...

  7. Julien dit :

    Merci Jean-Luc de nous remonter le moral et de nous donner un horizon. Ma vie perso est compliquée, et ma précarité professionnelle pénible. Mais je voterai pour tes listes Front de Gauche aux municipales. Merci de faire vivre ce petit quelque chose de progressiste en France. Bon vent. Tu sais, ta bonne humeur et ta détermination sont hyper importantes dans le marasme ambiant ! Merci à ta mère de t'avoir mis-au-monde. Merci

  8. yves dit :

    Grève générale, grève générale, comme vous y allez. Que faites vous, dans votre lieu de travail pour y parvenir ? Parce que c'est cela qui compte, le reste, c'est de l'ordre du discours. Dans notre taule, a chaque plainte d'un(e) salarié(e) on organise une assemblée générale, pour ce mois nous en sommes à quatre assemblées dans quatres services différents. On cause, on élabore les revendications, on discute des moyens pour y parvenir. Ce n'est pas simple. Et la grève, pour ces salariés est comprise comme le moyen ultime, la grève générale est, pour eux, inenvisageable. Cela dit, dès que nous déposons un préavis de grève, çà branle dans le manche au niveau de la DRH. Ce qui tendrait à prouver que le mur en face se lézarde. Faites l'expérience dans votre lieu de travail et entrainez vos camarades a la résistance active, c'est préférable à psalmodier sur le mode incantatoire nos désirs qui sont loin d'être une réalité.

  9. Ugo Valfer dit :

    Et quand Fabius affirme au micro de France-Inter "l'extrême-droite n'est pas au gouvernement en Ukraine", pas la moindre réaction de Mme Clara Dupont-Monod.

  10. Jéjé dit :

    Une précision technique sur l'argument des "actionnaires gavés de dividendes": c'est en fait en partie inexact. Lorsqu'une entreprise distribue des dividendes, la valeur de chaque action est automatiquement réduite de la somme versée par action, et, sur le moment, l'actionnaire ne perd ni ne gagne rien sur la valeur totale de sa fortune, C'est l'augmentation du cours de l'action qui fait la richesse du portefeuille. Alors que la plus-value vient de l'acheteur des actions, le dividende vient bien de la trésorerie de l'entreprise. Classiquement, les grandes entreprises dont le cours baisse vont distribuer des dividendes si elles ont la trésorerie.
    Par contre, ce qui est réel, c'est le détournement de X points de PIB du revenu du travail vers le revenu du capital, et l’appauvrissement des classes moyennes et populaires.
    La notion de "coût du capital" me paraît bien plus percutante, car elle rassemble tous les moyens qui sont mis à profit pour capter la valeur ajoutée. Ensuite on peut parler des banques qui spéculent contre leurs propres clients, des dirigeants d'entreprises qui détruisent leur propre valeur en faisant racheter leurs actions plutôt que d'investir,...

  11. Vassivière dit :

    Nucléaire et Elections européennes mai 2014 : comment des personnes mouillées dans la politique d'unité avec le PS de ces derniers mois, qui refusent l'écosocialisme et l'abandon du nucléaire pourraient-ils être des têtes de liste du FdG aux européennes ? Particulièrement en Ile de France, Laurent, Le Hyaric, Le Reste, Brossat, et beaucoup d'autres artisans des listes avec le PS dès le 1er tour, et de la fracture du FdG. Les diatribes emphatiques actuelles sur l'Europe (cf L'Huma.fr " Européennes pour une révolution copernicienne de gauche", etc) sont non seulement bien tardives, tellement peu crédibles et une fois de plus opportunistes.

  12. Antraigues dit :

    Excellent billet. Rien d'autre à dire.

  13. marguerite dit :

    Votre analyse géopolitique est brillante ! Envie de faire comme les Ukrainiens ! Faire basculer le gouvernement, d'accord avec denis et bien d'autres, grève générale et manifs sur manifs au 4 coins de la France, même les plus reculés. Pour le marché transatlantique,le fait que des régions ne l'acceptent pas est un très bon début, ce serait merveilleux que la plupart des régions vous suivent, mais il faudrait aussi faire une demande de referendum sur le marché transatlantique, ça aiderait les citoyen à comprendre ce qui les attend en votant PS ou UMP.

  14. jean ai marre dit :

    "Aujourd’hui ils sont presque tous à l’affut d’un fait divers people"

    Pourquoi ne reprennent ils pas l'attitude grotesque de Hortefeux qui sur Canal a refusé de débattre avec E Plenel ? Certains commencent à comprendre et à deviner l'attitude des journaleux !

  15. Matthieu dit :

    Jean-Luc,
    Excellents développements sur la crise ukrainienne. Il faudrait que tu nous livres tes impressions et analyses sur ce qui se passe au Venezuela. La désinformation est la règle commune. A présent, dès lors qu'il y a des manifestations, elles sont forcément légitimes et un torrent de mensonges se répand. Les mêmes clichés (pénuries, tickets de rationnement etc...) circulent et, comme à propos de Cuba, tout le monde raconte n'importe quoi. Cohn Bendit en tête de cortège...

  16. Michel Matain dit :

    @ 61 Vassivière
    Si Paris n'est pas la France, l'Ile-de-France n'est pas Paris non plus. Avez-vous vu combien il y a de duels à gauche dans l'ensemble des départements de la couronne entre le PS et le Front de Gauche ? Montreuil, Aubervilliers, Sevran, Saint-Denis, Saint-Ouen, Corbeil-Essonnes, et bien d'autres... ? Et dans toutes ces batailles à gauche, qui Pierre Laurent et Patrick Le Hyaric soutiennent-ils ? Les listes du PS peut être ?

  17. Courrierlecteur dit :

    Quelques bonnes bouffées d'air de la campagne, pleine de fraicheur, du Front de gauche, ça donne la frite. Et là aussi, ça à l'air de très bien marcher.
    Bravo, on ne lâche rien!

  18. naif dit :

    Les pensions des retarités sont gelées dans le privé comme dans le public depuis que la loi sur les retraites a été votée. Cette loi a été construite avec les syndicats signataires dont la CFDT. Premier résultat, Jean-Paul Bouchet (secrétaire général des cadres CFDT) est élu président de l’Agirc. Après la signature du pacte de responsabilité on attend les fameuses contre parties, pour la CFDT bien sûr. Ils ont affirmé qu'ils seraient trés vigilants.

  19. Samuel Séguineau dit :

    Ça fait très longtemps que je n'entend plus Marie-Georges Buffet, qui était votre alliée pendant la campagne présidentielle. J'aimerais bien connaitre sa position sur le comportement des communistes dans la campagne des municipales. Je pourrais trouver ses coordonnées et lui écrire, mais je voudrais bien avoir votre avis, puisque je suis sur votre blog. Merci pour vos éclairages politiques et votre tenacité.

  20. vm dit :

    Bonsoir à tous.On peut voir ici l'intégralité du meeting bien tonique de JL Mélenchon à Besançon, en soutien à la liste "À gauche toute, place au peuple", conduite par E. Girod au nom du Front de Gauche. Les communistes locaux avaient malheureusement décidé (j'évite de préciser...) de repartir avec le maire PS, et ont tenté d'interdire à la liste d'E. Girod d'utiliser le logo, bien qu'il s'agisse d'une liste citoyenne ouverte et soutenue par trois organisations membres du FdG, Alternatifs, GA et PG. Valls et son préfet veulent classer cette liste "extrême-gauche", pour tromper les bisontins et déguiser l'annonce des résultats. Au vu du meeting (environ 700 personnes) et de la décoration de la salle, vous pourrez constater que la liste FdG de Besançon ne se laisse intimider par personne. Voici aussi le lien pour une appréciation de la presse locale. Nous espérons retrouver nos camarades communistes pour les européennes, bien qu'ils nous aient assidûment lacéré nos affiches !

  21. JCM31 dit :

    Mercredi 12 mars Arté à diffusé un film documentaire politique sur Rosa Luxembourg. Il sera rediffusé le vendredi 21 mars à 13h35mn. Rosa Luxemburg est morte à 47 ans seulement. Les raisons qu’elle avait d’être révoltée sont toujours sous nos yeux, ce sont les injustices, la violence et l’exploitation qui dominent le monde. Son objectif final était que les travailleurs du monde entier brisent les carcans de l’économie capitaliste et des frontières nationales. Quatre-vingt-dix ans après, on voit bien que les combats de Rosa Luxemburg sont toujours d’actualité. "La surestimation ou la fausse appréciation du rôle de l’organisation dans la lutte de classe du prolétariat est liée généralement à une sous-estimation de la masse des prolétaires inorganisés et de leur maturité politique." vec les élections municipales, mais surtout Européennes qui s’annoncent seront vite fixés sur le niveau de maturité politique atteint. Quant à l’organisation, c’est l’occasion de reconnaître et remercier une fois de plus l’immense travail de Jean-Luc ainsi que tous ceux qui y contribuent à travers ses deux blogs.

  22. sergio dit :

    @ Yves, naif, Glières et denis F
    Je partage tout à fait l'avis d'Yves concernant la difficulté à mobiliser nos collègues de travail afin de défendre nos droits, l'activité de l'entreprise et afin d'attaquer les décisions medefiennes actuelles de Hollande. Une journée de grève se prépare très longtemps à l'avance, s'effectue sur des revendications très précises avec le maximum de soutien des directions de centrales. Une journée de grève, c'est aussi un énorme retrait sur salaire et un fichage chez les chefs.
    Une grève interprofessionnelle privé-public est prévue le mardi 18 mars. FO, SUD, la CGT et la FSU (pour des professeurs des écoles et des lycées-collèges) en ont eu l'initiative, contre les sommes colossales versées aux grandes entreprises sans contrepartie réelle, le "pacte de responsabilité", contre les conséquences désastreuses des coupes dans les dépenses publiques imposant entre autres la retraite à 66 ans, les déremboursements de sécu, les classes surchargées, les fermetures d'hôpitaux, etc. Si on pouvait reprendre l'ampleur des mobilisations des années 1995-2005, beaucoup serait possible.

  23. Adrien78 dit :

    @Michel Matain 66
    Même si j'avoue mes doutes tous azimuts dans la partie de billard à cinq bandes que joue la direction du PCF je veux bien croire qu'elle soutient les listes PCF et elles seules, à l'exception de Clémentine Autain à Sevran par exemple, c'est bien le minimum qu'elle puisse faire s'agissant de reconquérir d'anciens bastions ou d'en conserver (Saint-Denis, Saint-Ouen) face à la rapacité des sbires de Dom Bartolone ! Ce qui est plus inoui, c'est que ces mêmes spécialistes du marigot politique que sont Laurent et sa bande n'aient même pas pu obtenir le retrait des listes solfériniennes de leurs poignée de bastions historiques en contre partie de leur allégeance à Hollande dans la moitié des villes de plus de 20 000 habitants ! Sans parler des retournements de veste de dernière minute comme à Rouen ou en Isère, rendant en plus la liste FdG dans l'impossibilité de se déclarer faute de temps pour remplacer les déserteurs. Tout bénef pour le PS et le FN.

  24. naif dit :

    Concernant les pensions, les médias désinforment pour mieux exarcerber le clivage privé/pubic. Ils annoncent que le gel de pensions de l'Argirc et l'Arco (qui sont des pensions complémentaires) pour les salariés du privé. Ils oublient de dire que les pensions relevant du régime général sont aussi (et en premier) gelées jusqu'au mois d'octobre. Donc les retraités du public sont autant touchés par la réforme des retraites que les retraités du privé. Cette mesure sera visible dés le mois d'avril et pour 6 mois de perte de pouvoir d'achat, qui ne sera jamais comblée. 15 millions de pensionnés sont concernés.

  25. Berthier Gilbert dit :

    Bravo à Cécile Duflot en déplacement à Grenoble. A Grenoble, elle soutient une liste EELV et PG et à St Martin d'Hères, elle soutient une liste PS (solférinienne) contre le maire PCF sortant. Le plus fort c'est qu'elle est cohérente...

  26. polnareve83 dit :

    Cecile Duflot, c'est qui celle la ? Çà ne m'étonne pas de voir qu'elle soutienne une liste PS face a celle du PC. Regardez Montreuil et bien d'autres villes comme Villeneuve-St-Georges, où elle a été battue ! Et elle se dit de gauche, comme certains verts. Laissez moi rire ! C'est une opportuniste c'est tout. Elle veut le poste et de plus elle est inexistante au gouvernement. Avec des gens comme cela on est servi. Elle a la hargne car le PC va reprendre Montreuil, sans les verts en plus, qui eux iront se fourvoyer avec la droite comme ça a été le cas bien souvent.
    "Haut les coeurs, ardent la lutte"

  27. rayana dit :

    Merci à vm70 pour ce vivifiant meeting de Besançon, plein de bons mots et d'humour, comme quoi on peut parler de choses sérieuses tout en suscitant de la joie et des sourires. On lâche rien !

  28. Félicité dit :

    @ Courrierlecteur (55)
    ...qui voit facilement des crétins ou des trolls dans les commentateurs
    Réfléchir si on s'abstiendra aux élections européennes ne tient pas du crétinisme. Quelle est la marge d'action des députés européens ? Quel est le pouvoir réel du parlement européen ? Alors pourquoi se plier à ce jeu ? En allant voter, vous prenez part à ce système vicié, vous le cautionnez. Si 51 % des inscrits votent encore, ça veut dire qu'une majorité y croit, ça légitime le système. Vous n'avez pas eu l’impression d'être pris pour un crétin quand le FG a appelé ses électeurs à voter PS au 2e tour ? Quel le rôle du FG ? Perpétuer, exacerber le clivage gauche-droite pour camoufler le vrai problème : que le pouvoir appartient à Bruxelles, à une oligarchie transnationale ? La France n'a plus les manettes. La démocratie n'est plus qu'un mot creux.

  29. jmr dit :

    @Félicité 78
    Tout à fait d'accord hélas, il faut faire sortir la France de toutes les institutions Européenne qui sont antidémocratique depuis 1958 et irréformables. Il faudrait un débat sur ce sujet au PG conclus par un vote.

  30. pascal des landes dit :

    @jmr, @félicité
    Si nous votons aux européennes, c'est justement pour montrer la force du mouvement populaire alternatif, le seul en Europe, aux côtés de Syriza, du parti chypriote, de Izquierda Unida, des gauches italiennes, portugaises, des Linke allemands aussi, des verts scandinaves. C'est aussi pour montrer l'émergence d'une vague populaire, qui monte et qui emportera dans les années à venir, d'abord les sociaux-démocrates, puis les libéraux de tout poils. S'abstenir est une stratégie inopérante. Luttons pour prendre le pouvoir en Europe, pour transformer les institutions européennes en institutions populaires. Les occasions dans l'histoire d'un tel mouvement populaire européen sont rares. Nous abstenir nous Français, serait considéré à juste titre comme une diversion.

  31. Régine dit :

    @jmr et Félicité
    Comme tout est facile ! C'est si simple ! On peut se demander pourquoi Jean-Luc se casse le derrière à vouloir expliquer que rien n'est simple. C'est ça abstenons-nous d'aller voter et la face du monde aura changé. Croyez-vous que le monde se limite à l'Europe. Croyez-vous qu'en sortant de l'Europe la France sera un pays merveilleux où on pourra chanter liberté, égalité, fraternité. Croyez-vous que la seule porte d'entrée des rapaces soit l'Europe ? Hors de l'Europe croyez-vous que la France sera une démocratie telle que nous la voudrions ? Comment se fait-il que si peu de monde participe aux conseils municipaux dans les communes ? Pourquoi si peu de gens s'intéressent à l'assainissement collectif, à la redevance incitative pour leur déchets, à la fourniture de l'eau potable, à la vie de l'école de leurs enfants, aux regroupement des communautés de communes. Tous ces sujets dont personne ne parle à la radio alors qu'on est en pleine campagne électorale pour les municipales. Alors, allez-vous aussi vous abstenir aux municipales au prétexte que le citoyen ne prend pas la parole dans sa commune ? Il y a du boulot !

  32. pmjtoca dit :

    @Félicité #78 16h59 and @jmr #79 17h15
    Hélas, Félicité a raison. Pour autant, je pense que l'argument de Mr. Mélenchon, repris lors du meeting de Besançon, consistant à concevoir ces élections comme des moments d'éducation populaire reste juste et donne espoir. En tout cas, voter ou pas dans ce contexte "spectaculaire" n'est plus aussi important que de toucher nos concitoyens et les aider à y voir plus clair. A ces occasions là, ce demeure un bel objectif digne de respect. Faute de mieux.
    @ jmr, un autre débat de plus. Je pense plutôt qu'il faudrait présenter un bilan clair (éducatif) de ce que ces élections municipales ont révélé de la corruption des institutions existantes (en particulier ces partis politiques de cette Vème, y compris le PCF) et des contradictions mortelles de la direction du PCF et du silence de ses membres (je n'entends rien de Marie-Georges Buffet, des militants que je rencontre encore parfois et rien sur aucun débat interne à ce parti... silences mortifèrse ou bien suis je sourd et aveugle). Bref, l'éducation de nos semblables peut et doit rester notre souci de colibri (j'espère que vous savez l'histoire de ce colibri qui faisait...

  33. courrierlecteur dit :

    Ne pas comprendre ce qu'il y a de crétin, d'arrogant, d'insultant, en pleine campagne électorale, à réfléchir ou à débattre de l'abstention, sur le blog d'un député européen, au delà de la provocation et du mépris pour le brillant travail de ce député, il faut vraiment être un crétin irrécupérable. (Crétin, synonyme d'idiot, imbécile, n'étant pas dit comme une insulte, mais pour qualifier celle ou celui incapable de percevoir quelque chose d'évident ou d'élaborer ou de comprendre un raisonnement simple.) Maintenant si le crétin persiste ou fait exprès de ne pas comprendre, alors là, c'est qu'en plus il est vraiment con. La discussion est donc impossible.

  34. antonio G dit :

    Participer à une campagne électorale ce n'est pas seulement viser à avoir des élus, c'est aussi (et surtout ?) participer à un débat politique qui s'aiguise lors de cette période où l'écoute des citoyens est plus attentive. Celà permet au FdG de porter et faire connaitre ses propositions pour une autre Europe comme le feront les candidat(e)s en France mais aussi dans toute l'Europe. C'est aussi l'occasion de renforcer le groupe GUE où siègent les députés européens du FdG avec une réelle perspective de renforcement de ce groupe comme l'indiquent les sondages. Certes le parlement européen dispose de peu de pouvoir mais c'est aussi en son sein que se construisent les rapports de forces politiques, l'intervention citoyenne c'est dans la rue et dans les urnes !

  35. Mathias dit :

    Bonjour à tous, bonjour Jean-Luc,
    Je voudrais apporter quelques arguments à faire valoir aux abstentionnistes, dont j'ai pu faire partie. Ce ne sont pas les imprécations et les positions de principe qui amèneront les gens aux urnes. Si je vote FdG, c'est parce que ça me fait plaisir ! Parce que j'ai l'impression de m'exprimer avec mon bulletin, parce que ses porte-paroles disent ce que je pense. Merci à eux, merci à Jean-Luc Mélenchon en particulier. Le bulletin de vote porte sa propre légitimité. Si l'Assemblée Européenne n'a presque aucun pouvoir, elle a une légitimité, contrairement à cette horrible commission de technocrates indéboulonnables. L'ennemi, c'est Bruxelles.
    Les grandes victoires de la gauche, en ce début de XXIe, ont eu lieu pour la plupart en Amérique du Sud, par les urnes, où nos camarades ont fait du chemin avec leurs bulletins de vote, avec ténacité, comme au Vénézuela, nous apportant au passage un nuage d'espoir dans le ciel immaculé du désert libéral. Voter, ça peut faire avancer, et c'est aussi un signe à tous les camarades. Parce que nous sommes le monde entier. L'humain d'abord !

  36. Courrierlecteur dit :

    Au delà des histoires d'habillage, la question posée n'est pas: est-ce qu'il faut faire sauter Bruxelles? Telle que Bruxelles est aujourd'hui, personnellement et je suppose qu'une grande partie d'entre nous, ici, sur ce blog, y compris Jean-Luc, répondraient oui. La question qui se pose est: est-ce que ces élections sont importantes pour le FdG et pour Jean-Luc, brillant porte parole, pour se faire entendre, non seulement en Europe, mais surtout ici, au niveau national? Si une force d'opposition de gauche fait un bon score ou même dépasse celle de la gôche pouvoir, aux élections européennes, cela ne va-t-il pas changer les rapports de force, au niveau national? Cela ne va-t-il pas créer une dynamique pour les élections (nationales) suivantes? Cela ne va-t-il pas jouer sur le financement des partis de coalition de la gauche d'opposition? D'autre part, la bataille étant engagée, est-ce le moment de se poser la question de savoir s'il faut soutenir notre mouvement dans cette bataille ou de baisser les bras?

  37. bob.pollet dit :

    @courrierlecteur
    Même si nous débattons sur le blog de J-Luc, je ne crois pas que ce soit une bonne stratégie de renvoyer sur les roses les dits abstentionnistes (qui en bonne définition, ne sont ni pour ni contre).
    Je n'insisterai pas sur les pêcheurs à la ligne, mais il nous faut bien affronter les arguments du M'Pep (que j'ai cotoyé aux législatives) qui appelle à une abstention "politique / visible". Si l'offre politique aux Européennes ne leur convient pas (ce peut être les candidats, les conditions de l'élection, les objectifs de cette dernière) et s'ils ont du mal à ne pas se retrouver noyés dans le paquet des abstentionnistes "passifs" (pour ne pas dire "je m'en foutiste") je les invite pour ma part à voter blanc.

  38. educpop dit :

    Un des problèmes reste le fait qu'il y a une lutte de pouvoir entre les élus et les techniciens au niveau des organisations territoriales. Là ou les élus sont en mesure de faire valoir leur autorité politique, les techniciens font le boulot qu'on leur demande, et là où les élus sont dépassés les techniciens font ce qu'ils ont envie de faire. A Bruxelle la gigantesque structure de la commission ne peut que rouler pour elle même, et le maintient du cadre démocratique n'est plus qu'un paravent derrière lequel la langue de bois est devenu le seul langage parlé. Les subalternes font de leur mieux pour remplir des missions souvent passionnantes et les chefs organisent tout pour satisfaire des lobbies. C'est un grand marché de dupes. Le principal objectif des élections Européennes devrait être de rétablir le lien de subordination entre les élus employeur et les techniciens salariés. Le pouvoir de la commission vient du fait que des techniciens détiennent les leviers de commande, mais si les élus laissent faire c'est qu'ils ne peuvent maîtriser un si vaste sujet. Le rôle de l'Europe n'est pas de diriger mais d'assister les nations, Il y a eu glissement.

  39. jmr dit :

    Non il ne suffira pas de sortir de l'Union pour résoudre les problèmes. Mais sans cela inutile d'espérer. L'UE n'a jamais été une démocratie, dans ces fondations le marché libre est inscrit, et s'il est libre nous nous sommes quoi? Nous proposons de désobéir aux traités, mais si un seul pays bloque nous ne changerons aucune des instituions en place et le jour où nous perdrions le pouvoir tout pourrait recommencer à Bruxelles où 36 000 lobbyistes travaillent en permanence pour ceux qui peuvent payer. Le moment du débat est peut-être mal choisi, d’ailleurs il n'a pas lieu. Et Jean Luc est l'un des rares hommes politique honnêtes à tous les points de vue de ce pays. Mais désobéir ne peut être une position constructive à long terme. Et "Qu'ils dégagent tous" ça s’adresse à qui ? A tout ceux qui nous vendent le libéralisme dont l'Union est le cheval de Troie.
    En l'absence de débat je voterai comme le dit Jean Luc, mais je sais où ça nous mène. On se coupe du peuple, qui est bien patient d'attendre une solution claire, il ne faudrait pas qu'il aille la chercher ailleurs. Évitons de nous insulter.

  40. Régine dit :

    J'entends bien ce que vous dites. Oui les problèmes posés par l'organisation territoriale sont complexes et doivent être appréhendés avec l'aide de techniciens. Mais les techniciens ne peuvent être ceux qui donnent la direction. Les élus doivent être motivés par leurs convictions qui ont rencontré celles des gens qui les ont élus. Ce que je veux souligner c'est que le citoyen doit prendre sa place et toute sa place, on ne la lui donnera pas automatiquement, et pour cela il faut qu'il soit instruit, informé, éduqué. Actuellement, on l'étourdi et il en perd la curiosité pour les affaires qui le concerne au premier chef. C'est vrai pour tous les problèmes qui peuvent se poser au niveau le plus proche de leur vie quotidienne : la commune, alors quand on parle de l'Europe... comme c'est loin pour lui ! D'autant que pour les médias ce qui est important à relayer c'est le résultat des sondages... peu importe le contenu des programmes, ni leur philosophie. On est loin de la maturité politique qui permettra la réalisation d'un rêve largement partagé sur ce blog.

  41. durluche dit :

    L'abstention n'a aucun intérêt aux Européennes; en France, le taux d'abstention en 2009 était de presque 60%, ce taux est supérieur à 50% sur les trois derniers scrutins, ça n'a rien changer.
    Une belle vague rouge serait quand même une façon bien plus intelligente de dire qu'on ne veut plus de cette Europe, en plus comme le parlement n'a pas de réel pouvoir, on peut dire aux électeurs qu'il n'y a pas de risque de voir l'Europe devenir une nouvelle URSS (malheureusement).

  42. Vassivière dit :

    Bien sûr qu'il faut voter aux Européennes pour envoyer un message clair de refus du libéralisme sauvage dont l'Europe actuelle est le fer de lance et la social démocratie l'exécuteur servile. Encore faut-il que les têtes de liste chargées de porter notre message rouge n'aient pas convolé avec le social libéralisme deux mois auparavant.

  43. Adrien 78 dit :

    D'accord avec Vassivière, le débat sur l'abstention est une perte de temps car opter pour cette dernière serait une aberration politique tous azimuts. L'urgence aujourd'hui, après le lâchage du FdG par Pierre Laurent aux municipales, est une négociation des listes sur de nouvelles bases, totalement respectueuses de la pluralité du Front de Gauche (contrairement aux élections précédentes, régionales, cantonales, législatives, sans parler des sénatoriales !). Après la confusion/trahison qui entache le scrutin du 23 mars une telle clarification sans concession est la condition sine qua non de la survie du FdG et la seule possibilité de remporter quelques succès en réaffirmant l'existence d'une véritable alternative de gauche anti -libérale et anti solférinienne. Sinon se reposera le problème de l'abstention par dépit et la boucle sera bouclée pour des années encore.

  44. maris dit :

    @Tz
    Venez-donc donc faire un tour sur le bloc d'Alexis Corbière. L'analyse de la situation en Ukraine y avait été faite avant que les médias ne permettent à Jean-Luc Mélenchon de s'exprimer.
    J'ai un léger bémol quant à l'attitude à avoir avec les russes. Car si le peuple Russe lui même est parfaitement honorable, la façon de gérer les affaires commerciales en Russie relève aussi d'une certaine kleptocratie qu'il faudra au citoyen russe bien éliminer à terme. Cependant, dans l'état de tension actuel, fabriqué par la méconnaissance de la situation des "Européens" et du réflexe de peur que la nouvelle organisation de l'Ukraine a entraîné, il est impératif d'empêcher qu'une bande de fauteurs de guerre, animés par Svoboda, continuent à jeter de l'huile sur le feu!
    Qui pourrait être pour une guerre, à part une bande d'insensés qui pensent pouvoir tirer "leurs marrons" du feu ?
    La tendance doit être à l'apaisement. N'oublions pas que la Crimée n'appartient au territoire Ukrainien que depuis 1954, que le territoire est majoritairement peuplé de russes qui se sont sentis rejetés quand l'ukrainien est devenu la langue officielle. Voilà une mesure qui a servi à jeter de l'huile...

  45. Monde meilleur dit :

    @ Durluche
    "on peut dire aux électeurs qu'il n'y a pas de risque de voir l'Europe devenir une nouvelle URSS (malheureusement)"

    Il faut garder espoir. La Syrie, l'Ukraine... La Russie reprends sa flambeur passée. On peut pas pas tout cautionner Poutine, non plus, (il y a des soucis), mais c'est un partenaire, comme le souligne Jean Luc, et surtout pour nous aider à lutter contre le capitalisme des Nord américains. Ceux là, qui ont massacrés les indiens, qui ont mis le fachisme partout dans le monde avec les milliards de morts qu'ils ont sur la conscience. Et leur maudit Coca Cola que j’exècre du pus profond de mon âme. Pour celà, il est important d'avoir un maximum d'elus eu parlement européens, pour nous et nos alliés.

  46. maris dit :

    Il est vital de comprendre que même si le régime de Poutine n'est pas un modèle de démocratie, l'Europe non plus. A chacun ses méthodes totalitaires. Laissons aux Russes leurs façons d'agir. Il y a des manifestation à Moscou contre la guerre, les Russes ne sont pas partie prenante dans un conflit international, c'est une chose que l'on doit considérer selon toute sa valeur. Notre souci actuel est bien, comme le souligne "Monde Meilleur", notre capacité à envoyer au parlement européen des représentant qui refuseront le GMT. C'est pour le moment l'affaire qui concerne tous les européens. Je ne pense pas que les médias aux ordres aiet signalé le "Manifesto" portugais. Pour dire que là-bas aussi ça bouge et que seulement si nous savons faire l'union entre peuples nous pourrons jeter les androïdes dehors !

  47. naif dit :

    "Cette façon de nier la réalité de ce qui est en train d’avoir lieu en Ukraine crée des zones d’ombres dont les conséquences pourraient devenir terribles. Je suppose que tous ceux qui auront fait, comme moi, un petit tour dans leurs sources d’information et d’analyse auront été au moins aussi surpris que moi de la réaction du même Patrick Cohen sur France Inter face à mes inquiétudes sur la sécurité de la communauté juive d’Ukraine."

    Le journal "le Monde" vient de se réveiller. L'Ukraine n'était pas ce qu'ils en disaient. Les médias généralistes vont-ils suivre le journal de référence ? A suivre. L. Fabius va prendre des sanctions et il va geler les avoirs de BHL.

  48. jac dit :

    Je viens de vous écouter face à Bourdin, qui est une caricature d'interviewer. C'est agaçant et désolant. Comme votre réputation justifiée est d'être un bon débatteur, vous n'avez face à vous que des gens qui tiennent à relever on ne sait quel défi et on se retrouve presque inévitablement à regarder un combat de coqs. Je sais que c'est difficile d'éviter tous leurs pièges, de dire quelque chose d'intelligent après une question imbécile. Cependant, pourriez-vous garder à l'esprit que, si ne pas laisser un journaliste avoir la main, c'est important, il est encore plus important de garder toujours à l'esprit que ce sont les auditeurs qu'il faut convaincre ou tout au moins dont il faut alimenter la réflexion. C'est le citoyen qu'il faut atteindre pas seulement une coterie parisienne, même si malheureusement on sait qu'il faut se méfier de son pouvoir de nuisance.

  49. Arlette Alvarenga dit :

    Bonjour,
    Merci jean-Luc pour vos analyses et particulièrement celles concernant l'Ukraine. Je m'interroge et m'étonne que vous ne fassiez pas mention du projet d'union eurasiatique de Poutine comme élargissement de l'actuelle union douanière de la Russie avec la Biélorussie et le Kasakhstan qui me semble être l'une des bases de sa stratégie vis à vis de l'Ukraine. Ce projet ne serait-il pas la concrétisation d'un nouvel impérialisme russe concurrent des USA et de UE ? Comment faire de Poutine un partenaire si cette union se développe ?
    Solidiarement

  50. Nuno dit :

    La commission et le conseil européen sont des malfaiteurs la preuve : le TSCG, la règle d'or, le budget et la monnaie confisqués et un infâme traité transatlantique quasiment bouclé, dans l'opacité la plus totale sans qu'aucun élu n'en ai vue le début d'un paragraphe et comme tout délinquant ils leurs faut bien sûr un alibi. C'est là qu'entre en scène le parlement qui leur sert de caution démocratique pour que le marketing médiatique puisse sans arrêt nous répéter la ritournelle de l’Europe c'est la paix, la démocratie, les droits de l'homme pendant ce temps là troïka continu son œuvre maléfique combien de victimes humaines en Grèce, et au Portugal suite au coupes drastiques dans les dépenses de santé, les petites retraites, si on se donnait la peine dans faire le compte exact on se rendrait compte qu'une véritable guerre est mené contre certains peuples considérés (Grèce, Portugal) comme des moins que rien des PIG, des Untermensch (sous hommes).


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