14jan 13

Donne-moi ta montre, je te donnerai l’heure

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Je crois qu’ils ne sont pas arrivés au niveau qu'ils espéraient. Nous-mêmes, nous avions parfois fini par leur donner le point avant qu’ils ne l’aient disputé. Donc les adversaires du « mariage pour tous » disent avoir réuni 800 000 personnes. Ils disent : « comme en 1984 ». Sauf qu'en 1984 ils prétendaient, jusqu’à hier, avoir été un million. Et que comme la population a beaucoup augmenté depuis cette date, pour faire aussi bien, ils auraient du être plus nombreux qu’en 1984. Bonne nouvelle donc pour nous. La dynamique n’y est pas comme on avait pu le penser. Ce n’est pas une raison pour s’estimer tranquilles. Un débat fracassant a lieu. Nous devons l’assumer. Notre devoir est de convaincre parce que c’est un sujet qui demande un fort appui de consentement dans la société. Et c’est une question de fond. J’exprime dans mes vœux comment je pose le problème. Mes camarades de « la télé de gauche » en ont fait un petit extrait en vidéo. Utilisez-la si elle vous paraît utile.

Ce post est beaucoup tourné vers les questions sociales. J’espère vous être utile en vous proposant un premier décryptage politique de l’accord désastreux conclu entre le MEDEF et des organisations syndicales de salariés. Dans cette circonstance je me sens en phase avec les syndicats qui ont refusé de signer. Mes raisons politiques me semblent rejoindre leur raison syndicale. Cette osmose devrait s’exprimer dans la bataille d’opinion tout au long des mois qui nous séparent de la présentation du texte au parlement. Le donnant-donnant sous Hollande c’est « donne-moi ta montre, je te donnerai l’heure »

Jour sombre. Fête au MEDEF

C’est un jour sombre que celui de cet « accord » dit de « Wagram ». Le prétendu « compromis historique » annoncé avec emphase par François Hollande au cours de sa première conférence de presse de l’Elysée a fonctionné comme un traquenard. Il est quasiment hors sujet de la question de la fameuse « flexisecurité » et personne n’aura l’audace de prétendre qu’il soit de nature à faire créer un seul poste de travail dans le pays. Par contre c’est une nouvelle étape cruciale dans le démantèlement de l’ordre public social et le renversement de la hiérarchie des normes sociales. Mais les députés ont le dernier mot. C’est leur vote qui décide. Ceux de gauche sont mis au pied du mur. Ici je ne vais pas commenter tous les articles. A cette heure je n’en ai pas assez lu et je n’ai pas pu assez consulter pour le faire. Mais j’aborde à partir d’exemples pourquoi tout cela est condamnable.

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Ce fut donc une séance de dépeçage d’acquis sociaux « en échange » d’espérances fumeuses. Le tout est absolument infesté de la doctrine de la politique de l’offre : il s’agit de produire à flux tendu et au moindre prix en n’assumant aucune des conséquences sociales de ce choix pour la société. Ainsi quand on apprend que le CDD de moins d’un mois sera taxé pour être moins avantageux et que ceci ou cela est donné « en échange » je suis dégouté deux fois. D’abord parce que le CDD de moins d’un mois était autrefois interdit. On aurait pu espérer d’un gouvernement de gauche qu’il rétablisse une telle interdiction. Ensuite parce que le CDD de moins d’un mois est une perturbation pour toute la société et pas seulement pour les salariés concernés. En effet un tel CDD génère des coûts particuliers sur les comptes sociaux. D’où tient-on que l’affaiblissement d’une nuisance s’échange contre une concession prise à ceux qui la subissent ? Cet exemple montre les pièges du vocabulaire et de la perte de vue de l’ensemble des questions posées si on se laisse aller. Il en va de même sur l’accès de tous les salariés à « une assurance complémentaire » qui nous est présenté comme une concession. Depuis quand le recours aux assurances privées est-il devenu une revendication salariale ? Les quatre milliards que cela « coûtera » vont aller dans les compagnies d’assurance. La revendication des fondateurs de la sécurité sociale c’était plutôt que son fonctionnement et ses prestations soient étendus. Là encore comme pour la taxation des CDD, ce n’est pas parce que le négociateur d’un syndicat a concentré toute l’attention sur ce point qu’il est central ou même que la notion si trompeuse de « donnant-donnant » doit s’appliquer.

J’ai pris la question de la précarité en commençant mon propos pour illustrer ce besoin de prise de hauteur sur l’ensemble de la discussion. Mais aussi pour rappeler que le programme « L’Humain d’abord » prévoyait un tout autre chemin à propos des emplois précaires. Car la précarité est une question politique. Parce que la précarité est d’abord et lourdement féminine dans sa composition genrée. A l’inégalité qui est ainsi soulignée s’ajoute l’impact social : les femmes concernées ont en charge des familles qui dépendent parfois entièrement d’elles. Ensuite les salariés précaires représentent une masse immense transversale à tous les niveaux de qualification et de salaires. Sa situation est un des facteurs les plus notoires de l’instabilité de la consommation qui est le moteur numéro un de l’activité du pays. Les précaires ne peuvent ni correctement ni responsablement consommer du fait de l’incertitude de leur revenu. Ils ne peuvent prétendre ni aux prêts ni parfois au logement. De plus quand le code du travail est respecté, il l’est des fois tout soudain, alors c’est l’objet du travail qui est précarisé. Car les précaires enchaînent dans un même poste et une même entreprise des dizaines de contrats successifs. On vient de voir ce que cela donne quand un chercheur est dans cette situation et qu’il est pour finir expulsé plutôt que reconduit. C’est pourquoi le programme du Front de Gauche prévoyait une limite au nombre de contrats précaires dans les entreprises privés : 5% dans les grands groupes, 10% dans les petites entreprises ! Et titularisation immédiate de tous les précaires de la fonction publique. Pour nous le précariat est une question politique. J’en reviens au point de vue global.

Compte tenu du bilan de cette « négociation », on est en droit de se dire que ce rendez-vous imposé par le gouvernement a fonctionné comme un traquenard pour les nôtres. Y venir était obligatoire. Le gouvernement avait dit que sinon il déciderait lui-même. Que ne l’a-t-il fait ! Là c’est le MEDEF qui amène le texte de départ sur lequel s’organise la discussion. Et il suffit qu’une partie des négociateurs de la partie salariée signe pour que l’affaire soit considérée comme acquise. Pourtant, le MEDEF est une ultra minorité sociale et, sans faire injure à quelque syndicat que ce soit, ceux qui ont signé, même additionnés, sont loin de représenter une majorité des salariés. Ajoutons que si les nouvelles normes de représentativité syndicale avaient été en vigueur, certains n’auraient pas pu signer ce soir-là ! Dès lors pourquoi cela devrait-il avoir force de loi ? Ce sera la question posée aux députés de gauche. Car quoi qu’en dise le nouveau gouvernement, le parlement a le dernier mot. Je l’ai toujours rappelé dans des dizaines de débats du temps où j’étais sénateur, quand on nous faisait déjà le chantage à la sacro-sainte négociation qui représente « un point d’équilibre » ! Les députés ont le dernier mot car c’est eux qui représentent la partie absente de la discussion, partie qui se confond avec le tout : la société. Les syndicats patronaux et salariés agissent sur la base et dans l’intérêt de leurs mandants. Les députés sont mandatés pour agir au nom de l’intérêt général. Raison de plus pour se méfier des expérimentations hasardeuses et contre-républicaines que François Hollande a annoncées et qui visent à mettre dans la constitution que les accords de cette sorte s’imposeraient au gouvernement et au parlement.

L’accord Wagram entre dans la série des dispositions prises pour inverser l’ordre public social républicain qui est déjà très abimé. En fait, il finit le travail. J’explique. En France, quand un accord de branche est signé, ses conclusions sont étendues à tous les travailleurs. Raison pour laquelle les salariés en France sont en Europe les mieux couverts par des conventions collectives. Cette transposition était d’autant plus facile à faire qu’aucun accord de branche ne pouvait avoir un contenu inférieur à ce que prévoyait avant sa signature la loi en vigueur. Sous Sarkozy, cet ordre fut inversé. Un accord d’entreprise pouvait prévaloir sur un accord de branche et l’accord de branche être en retrait sur le contenu de la loi. Mais au bout de la chaîne, il restait le verrou individuel : le salarié et son contrat de travail. Si l’accord d’entreprise changeait le contenu de son contrat de travail, il pouvait tout simplement refuser et il avait les tribunaux avec lui. Il fallait alors le licencier pour motif économique. Quant aux autres salariés, il leur fallait tous signer individuellement un avenant à leur contrat de travail pour que l’accord s’applique. C’est de cette façon que les Conti furent contraints un par un. En fin de la précédente mandature, Martine Billard alors députée PG de Paris avait fait partie du tout petit quarteron de députés de gauche qui avaient bataillé et gagné contre un amendement déposé par le député de droite Wasserman qui supprimait ce verrou. Ce que l’UMP et le MEDEF n’ont pas obtenu sous Sarkozy, ils viennent de l’obtenir sous Hollande. L’accord d’entreprise s’imposera au salarié, et s’il le refuse il sera licencié sans aucun des droits du licenciement économique. Le verrou a sauté.

Sous couvert de « protection de l’emploi », de compétitivité, le droit va varier au gré des signatures « d’accords » le pistolet sur la tempe des salariés. La rédaction du passage concerné est un petit chef d’œuvre d’arrogance. Pour les accords "de maintien dans l'emploi", en contrepartie de l'engagement de ne pas licencier, une entreprise en difficulté peut conclure un accord majoritaire pour "ajuster" temps de travail et rémunérations, sans passer par un plan social si elle licencie au moins 10 salariés refusant ces changements. La durée de cet état d’exception dans l’entreprise est de 2 ans maximum. Quand l'entreprise va mieux, elle doit "partager le bénéfice économique" de l'accord avec les salariés. Le nouveau salaire ne peut être inférieur au SMIC (merci patrons ! mais c'est la loi), il ne pourra déroger à la durée légale, à la durée maximale du travail, aux repos quotidiens et hebdomadaires, aux congés payés et au 1er mai. Trop bons ! Merci patron ! En bref on reçoit en contrepartie de s’être fait dépouillé le droit de se garder ce qui reste. C’est le vieil adage "donne moi ta montre je te donnerai l’heure". Qui douterait que cette inversion de la hiérarchie des normes soit la gourmandise de l’accord liront encore cet article du texte qui a été signé : « Un accord collectif puisse fixer, par dérogation aux dispositions concernées du chapitre III du Titre III du Livre II du code du travail, des procédures applicables à un licenciement collectif pour motif économique ». L'accord d'entreprise sera donc supérieur au code du travail dans le cas d’un licenciement pour motif économique et il s'imposera aux salariés ! Pas moins que ça ! Et sous un gouvernement de gauche. Certes les minimums légaux de SMIC, jours fériés, etc. survivent encore à ce séisme. Mais on peut quand même considérer qu'il ne reste quasiment plus rien de la hiérarchie des normes et du principe de faveur.

Finance : Virgin est aussi un cas d'école.

Les magasins de disques et livres « Virgin » sont en difficulté, on le sait. 26 magasins sont touchés dans toute la France et 1 000 salariés sont menacés de licenciement. La mise en scène veut que ce soit l’exemple de l’affaire qui meurt faute « d’avoir pris le tournant à temps ». Certes cette affirmation a sa part de vérité. Mais le fond de scène ne doit pas être perdu de vue. Une nouvelle fois c’est une conséquence de la financiarisation de l’économie.

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Que la stratégie de l’entreprise ait été calamiteuse, les syndicats de l’entreprise ont fait assez de mises en garde sur le sujet pour que nous ayons le devoir de nous en souvenir. Cela ne fait que rendre plus inacceptable le commentaire de Jérôme Cahuzac à leur propos sur Europe 1 : « Je ne sais pas quoi dire aux salariés. Etre membre du gouvernement, ce n’est pas avoir une réponse à tout. Les syndicats doivent comprendre qu’une gestion d’entreprise, c’est tous les jours, et pas seulement se mobiliser quand il est déjà trop tard ».

Si le gouvernement ne sait pas quoi dire qu’il le demande aux salariés. Ils ont alerté à temps et pas seulement en dernière minute. Mais le gouvernement ne leur a donné aucun droit nouveau pour contrôler la gestion des entreprises. Humour noir. Le même Cahuzac avait vu comme solution, la « réforme du marché du travail pour éviter les licenciements ». Ayons la cruauté de demander ce que « l’accord historique » que vient d’imposer le MEDEF et voulu par François Hollande aurait apporté dans cette situation. Mais il faut aller plus loin. La mise en dépôt de bilan a été décidée par leur actionnaire, le fonds Butler Capital. Ce désastre fournit un nouvel exemple emblématique de la destruction d’entreprises organisée par la finance. Je l’ai travaillé avec mon équipe parce que je n’aimais pas l’ambiance des commentaires à ce propos. Et je n’aime pas qu’il y ait d’angle mort à nos analyses contre la financiarisation de l’économie. Ici c’est un cas très significatif. Tous campent « Virgin » et l’état de ses comptes. Mais qui pointe la responsabilité de son propriétaire le fond Butler ? Le faire ne sert pas seulement à comprendre la genèse d’une catastrophe. Il nous aide à signaler des voies de recours immédiat. L’enseigne Virgin a été mise à genoux, certes. Mais le fond qui la possède ne l’est pas, lui, de son côté, et il dispose donc des moyens financiers du redressement.

Contrairement aux apparences anglo-saxonnes de son nom, le fonds Butler Capital est un fonds d’investissement français. Il a été fondé par l’oligarque Walter Butler, enfant chéri des privatisations successives des gouvernements de droite depuis les années 1980. Enarque, Butler n’a servi que 3 ans l’Etat avant de passer le reste de sa carrière à utiliser sa connaissance de l’appareil d’Etat pour faire des affaires aussi juteuses qu’entourées d’échos sulfureux. Il a pu explorer toutes les opportunités de profit des privatisations en pilotant en 1986 au cabinet de François Léotard la privatisation de TF1 au bénéfice du groupe Bouygues. Il travaillait à l’époque en binôme avec un autre grand vampire de la finance, Jean-Marie Messier, qui officiait au cabinet du ministre de l’économie Edouard Balladur. Butler est ensuite passé par la plus réputée des formations des voyous de la finance : la banque Goldman Sachs. Toujours elle. La même qui organise le pillage des brevets d’Alcatel et qui a spéculé sur la Grèce en trafiquant ses comptes. Butler rend lui-même hommage à cette école du vice : « Goldman, c’est là que j’ai appris à lire, à écrire et à compter dans les affaires. »

Fort de cette formation, Butler a ensuite entamé une brillante carrière de charognard. Il s’est spécialisé dans les entreprises malades mais proches de la sphère publique. De manière à pouvoir obtenir des renflouements par les fonds publics. Son coup de maître en la matière fut la privatisation de la compagnie maritime SNCM. Proche de Dominique de Villepin, Butler obtient en 2006 d’être le repreneur privilégié de la SNCM que l’Etat privatise. Il obtient préalablement son renflouement à hauteur de 150 millions d’euros sur fonds publics. Puis il devient l’actionnaire principal de l’entreprise en raflant 38% du capital pour moins de 15 millions d’euros. Ce prix est fixé très bas officiellement parce que les comptes de l’entreprise sont dans le rouge. Mais les aides publiques aidant, l’entreprise se redresse. Et Butler la revend à peine deux ans plus tard, en 2008, au groupe Véolia, pour la somme de 73 millions d’euros ! Sur le dos du contribuable, Butler a ainsi multiplié sa mise par cinq. Mais quand il ne parvient pas à faire payer ses investissements par l’Etat puis à rapidement revendre, Butler a une autre méthode pour maximiser ses gains : il dépèce les entreprises. Une spécialité des fonds d’investissement. C’est ce qui est arrivé au leader français de la fabrication de costumes, César. Promise à un redressement rapide grâce à Butler, cette entreprise a vu tous ses sites français disparaître et sa production délocaliser en Chine. Butler a lui-même expliqué cette méthode meurtrière au Figaro : « Quand le malade arrive au bloc en piteux état, il ne faut pas en vouloir au chirurgien si cela se passe mal. » Butler a une autre règle, affichée sur son site internet. Il prétend obtenir « le meilleur d’une entreprise » en effectuant des investissements d’une « durée moyenne de 5 ans ». Bingo ! C’est exactement la durée actuelle de l’investissement dans Virgin ! L’heure du dépeçage planifié sur 5 ans a donc sonné pour Virgin. Grâce à des artifices comptables cette fois-ci. Mais toujours avec la même logique meurtrière.

Chez Virgin, Butler a été appâté par la bonne santé de l’enseigne qu’il a rachetée début 2008 au groupe Lagardère, via Hachette. Pendant 5 ans Butler a fait cracher les magasins sans planifier les investissements nécessaires à leur évolution et donc à leur pérennité. Tout en tenant secret le prix d’achat de départ de l’enseigne, Butler prétend qu’il y a investi 15 millions d’euros en 5 ans. Pour une enseigne de cette envergure, c’est le montant d’une aumône. Cela représente à peine 570 000 euros d’investissements par magasin en 5 ans, soit à peine 100 000 euros par magasin et par an. Des investissements d’autant plus ridicules comparés aux 400 millions d’euros annuels de chiffres d’affaires que rapportait Virgin quand Butler l’a racheté. Fidèle à sa logique de vampire se débarrassant de ses victimes au bout de 5 ans, Butler a commencé en 2012 à liquider discrètement l’enseigne en fermant des magasins de manière isolée. Il a ainsi commencé par fermer les magasins de Metz et de Toulouse. Il a alors été pris la main dans le sac par la justice, qui a contesté le motif économique de ces fermetures isolées. Les juges ont exigé que Butler assume un plan social au niveau de l’ensemble de Virgin et que la situation économique de l’enseigne soit appréciée par rapport à la santé financière du groupe Butler. Cette première condamnation n’a pas empêché Butler de continuer son plan pour se débarrasser des magasins à moindres frais. Ces fermetures par étape lui ont notamment permis d’afficher une baisse, logique, de chiffre d’affaires lui permettant de justifier fictivement des difficultés économiques. Avançant toujours masqué mais bien décidé à en finir, Butler a ensuite organisé et médiatisé la cessation de paiement de Virgin à la fin de l’année 2012. Là aussi les apparentes difficultés comptables servent à masquer le désengagement programmé de l’investisseur. L’étape suivante fut l’annonce du dépôt de bilan. Avec une caractéristique habituelle chez Butler : le refus de prendre en charge financièrement l’accompagnement social des salariés licenciés. Officiellement parce que l’enseigne n’a plus d’argent ! Alors que les caisses de Butler sont pleines après avoir vidé celles de Virgin.

Ce scénario de pillage financier va se reproduire de plus en plus souvent si la loi n’intervient pas. Des solutions concrètes existent pour empêcher de tels pillages. J’ai notamment proposé pendant la campagne présidentielle de moduler les pouvoirs de vote, et donc de décision, des actionnaires en fonction de la durée de leur investissement. Ainsi un actionnaire qui n’est là que depuis 5 ans ne pourrait plus décider seul de fermer l’entreprise. Autre piste pour prévenir de tels saccages : donner aux représentants des salariés un droit de véto sur les décisions stratégiques de l’entreprise. C’est certes une limitation du pouvoir que l’actionnaire tire du droit de propriété sur l’entreprise. Mais comment justifier que le droit de propriété donne aux actionnaires un pouvoir de vie et de mort sur le tissu économique du pays et des travailleurs eux-mêmes. Le droit de propriété est par définition relatif. Il doit être compatible avec les droits des travailleurs à vivre dignement de leur travail. Et avec les intérêts économiques fondamentaux de la Nation.

Pour en terminer avec le débat face à Jérôme Cahuzac

Je ne veux rien perdre de l’émotion et du fait politique qui résulte du débat avec Jérôme Cahuzac. Bien sûr, sa perception est encombrée des commentaires qui se font dans la bonne presse à son sujet. Le premier inconvénient de cette présence partisane est qu’elle fausse la compréhension de départ de la scène. Non un débat n’est pas un match ! C’est un donné à voir d’idées. Par conséquent Cahuzac n’a pas « perdu le match » quand bien même a-t-il fini en débandade psychologique comme le montrent ses innombrables erreurs et le fait que dans la déroute nerveuse, il se soit mis à compter en francs. Laisser réduire un débat à un match ne peut avoir qu’un résultat : désigner un vainqueur et un vaincu. Mais qui les désigne alors ?

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L’arbitre ce serait alors bien sur la meute des esprits « indépendants, éthiques et bla, bla » qui a déferlé contre moi en tweets qui défilaient sur l’écran pendant le débat sans mention de leur qualité de journaliste. A la fin c’est se mettre dans la main de gens aveuglés de préjugés hostiles et même parfois haineux. Quand on lit dans « Le Figaro » que j’ai été « malmené sur le fond et sur la forme » dans ce débat, on comprend que le journalisme n’est plus dans ce cas qu’un prétexte pour la haine de classe et de caste. Pourquoi donner à cette sorte de gens le pouvoir d’être des arbitres quand ils ne se cachent même pas d’être des tireurs dans le dos ? Qu’aurait-on écrit si je m’étais mis à parler en francs dans le débat après avoir été président de la commission des finances six ans et ministre en exercice du budget ! Et si je m’étais trompé sur la date de création de la CSG en zappant François Mitterrand ? Et si j’avais confondu les ressources de la mer avec le commerce maritime ! Et si j’avais additionné des taux de barèmes d’impôts avec des taux de CSG et ainsi de suite. Avec de tels préjugés, je ne peux « gagner le match » que si mon vis-à-vis ressort avec le nez en sang. Et encore ! Ma violence serait stigmatisée. Je le vois bien puisque les injures de Cahuzac me traitant de « clown » sont complaisamment mises sur le même plan que « Hollandréou » et « Cahusacandréou » dont tout le monde comprend pourtant qu’il s’agit d’une caractérisation politique. L’après débat est devenu un enjeu politique de réseaux d’influence. Elle ne concerne que peu de monde mais aucun enjeu ne doit être négligé par notre mouvement.

Cette leçon ne doit jamais être perdue de vue. Car c’est un effet constant. Vous souvenez vous de mon premier débat avec Marine Le Pen en février 2011 ? Elle venait d’être élue présidente du FN. Nous étions alors en pleine période de dédiabolisation de l’extrême-droite, opération qui a pour corollaire ma propre diabolisation. Le journal « Libération » s’était déjà illustré. On se souvient qu’il titrait récemment sur « Le Pen que tout le monde voudrait comme grand-père » pour aider la campagne que préparait Marine Le Pen à Hénin-Beaumont en cas d’annulation de l’élection. A l’époque, en 2011, il avait déjà titré à mon sujet, peu avant ce débat avec Marine Le Pen, avec l’habituelle photo répulsive de moi : « L’homme qui veut faire perdre Strauss-Kahn ». On voit le cheminement qui sert à mettre en scène la thèse du vote utile en toute circonstance. Là, après le débat, le titre de « Libération » fut « match nul ». Terrible jeu de mots. Mais il remplissait sa fonction politique. Ce retour sur le passé ne me sert qu’à bien illustrer ce que charrient et impliquent des mots apparemment innocents comme « match » à propos d’un débat d’idées. Cela souligne une fois de plus que le système médiatique en tant que système est la deuxième peau du système politique dominant. C’est une arène et non un miroir. Plus d’une fois le système médiatique est le seul en lice face à nous et d’une façon générale comme protagoniste de la situation politique. Voyez aujourd’hui. Est-ce l’activité politique des socialistes ou de l’UMP qui fait la réalité ? Non, bien sûr, il n’y en a pas. Aucun thème de débat ne vient d’eux. D’eux ne sortent que des histoires qui ne concernent que leur fonctionnement. Pas leur idée. Cahuzac fait exception dans ce paysage vide. Voila pourquoi il fait relief.

Car Jérôme Cahuzac a marqué le point qu’il voulait atteindre en préemptant le terrain qu’il voulait s’approprier, contre vents et marées, quand bien même devait-il pour cela me céder en route des marqueurs de légitimité à gauche qu’aucun autre solférinien n’aurait lâché si peu que ce soit. Il s’est positionné comme la figure du social-libéralisme assumé et cela modifie le paysage des forces socialistes. C’est pour cela que j’ai comparé ce débat au débat entre les deux gauches, entre Mitterrand et Rocard. Si Jérôme Cahuzac ressort blanchi de l’enquête préliminaire, il aura fait la démonstration dans son milieu qu’il fonctionne politiquement face à l’antipode que je suis et qui annonce la concurrence à la domination social-libérale. Il assume cette concurrence. Et surtout il montre qu’il vaut mieux que la plupart des autres prétendants au rôle, les Moscovici, Sapin, et ainsi de suite qui se sont tous défilés face à moi en décembre. En ce sens, l’émission a permis que l’on découvre un « nouveau Cahuzac », candidat à être chef de file au PS. Ça c’est bon. Il était inéluctable, et sain à mes yeux, que soit assumée l’orientation qui dans les faits structure l’ère Hollande. Car c’est ce qui rend possible le débat. Nous y avons intérêt car c’est ce qui permet la compréhension de ce que nous sommes nous de notre côté. Sans cette mise en place du paysage, le choix à gauche est indiscernable. Sans repères stables et nets, impossible de s’orienter.

Sinon nous restons enfermés dans le jeu de rôle et la langue de bois des solfériniens. Ceux-là essaient de scotcher toute la gauche dans le paysage préfabriqué et stérile d’une alternative infernale : ou bien « nous », quoi que « nous » fassions, ou ne fassions pas, soit la droite et l’extrême-droite. Dans ce monde-là il ne saurait y avoir jamais d’alternative à gauche. Par conséquent, pour eux, le Front de Gauche n’existe pas, du fait de l’insupportable Mélenchon et de son PG. Comme l’a dit Harlem Désir à propos de la composition de son comité de liaison des commensaux du gouvernement : « En ce qui concerne le PC, la porte est ouverte ». Toute cette rhétorique repose sur un chantage qui tourne en rond sur des appels à l’unité qui sont en fait une injonction au silence dans les rangs et à la division du Front de Gauche. Sa force d’impact est évidente et d’ailleurs les solfériniens ne se privent pas de rappeler leur principal argument idéologique : les listes aux municipales et ce qui va avec. La schlague et les punitions à vocation éducative n’ont pas manqué ces temps derniers. Ainsi quand Pierre Cohen, maire de Toulouse, président de l’association des élus socialistes décide de retirer sa délégation à notre camarade Jean-Christophe Sellin pour s’être abstenu sur les recettes du budget de la ville. Cette façon de faire revenir plus vite à la niche tous ceux que l’air du large asphyxie a son impact. Ainsi quand le secrétaire aux relations extérieures de la rue de Solférino compare le PCF au Front National à propos de sa vidéo de vœux. Bref on trouve toujours des faibles ou des malins pour gémir, à chaque coup de fouet, et couiner leur refus de « faire le pari de l’échec », d’avoir « la posture du recours » et ainsi de suite dans l’art de payer sa cotisation d’entrée au club des gens dignes de la répartition des faveurs du maître. En vain. Le cœur du dispositif du Front de Gauche a tenu dans les épreuves les plus compliquées et il tiendra encore. Qui en sort est mort. Les divergences ne font sortir personne du cadre du Front de Gauche quand bien même les mouvements d’adhésion d’un parti vers l’autre se font en cas de divergences ou de convergences. Et ces mouvements sont utiles et féconds car ils facilitent une clarification de chaque composante, donc une meilleure cohésion du tout, comme on le dirait de pièces dont les formes en se précisant permettent l’effet tenon-mortaise.

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290 commentaires à “Donne-moi ta montre, je te donnerai l’heure”
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  1. Jay dit :

    Je ne reviendrai pas sur ce qu'écrit Jean-Luc, c'est chaque fois une leçon de vrai socialisme. Et je viens de recevoir "La règle verte", que je vais lire attentivement. Un petit mot sur l'inauguration, hier soir, du local du PG à Grenoble. Nous nous sommes retrouvés pas loin d'une centaine, malgré un temps épouvantable, à lever le verre de la fraternité retrouvée, des plus jeunes aux plus anciens. Et je ne formule qu'un voeu allant plus loin qu'Alain et Elisa, que nous allions vers le demi-millier d'adhérents au PG dans le département. Et vive l'éco-socialisme.

  2. breteau jean claude dit :

    Revient régulièrement ici la rancœur que provoque la politique menée par ce pouvoir et son corollaire "je ne voterait plus jamais PS". La question posée comme cela,n'est elle pas dangereuse, car elle suppose notre incapacité à se substituer à la place qu'occupe ce parti. Pour cela, il faut bien faire comprendre le rôle du premier tour des élections peu démocratiques à deux tours, ou tout l'avenir politique se joue, en mesurant le poids de chaque parti. Oui, le vote utile au premier tour est déterminant, il mesure, même où notre candidat n'a aucune chance d'être élu, notre influence nationale. Les 2 millions de voix perdues aux l"gislatives sont terribles de conséquences. L'expliquer tranquillement, hors période électorale sera plus utile et mobilisateur que la réaction instinctive. Il faut transformer l'échec prévisible (sur le plan électoral*) du PS, en capacité de changement portée par le FdG.
    *Sur le plan politique les objectifs assignés par le Médef seront atteints et donc un succès (chômage en hausse précarité accrue, baisse des revenus,casse des services publics et le reste, mais crise prétexte aggravée et profits au mieux), une réussite totale pour la bourgeoisie.

  3. Jean-Jo dit :

    Bonjour
    Sur la "théorie du genre" qui semble en défriser quelques-uns : si nous naissons indéniablement avec un sexe biologique déterminé, homme ou femme, on ne peut nier que la façon dont on va se construire et habiter ce sexe biologique dépend de beaucoup de choses, et notamment des interactions avec les autres que nous vivons dès notre enfance.
    Ce qui est appelé théorie du genre par les réactionnaires de droite qui refuse qu'elle soit enseignée dans les écoles (au même titre que certains refusent l'enseignement de la théorie de Darwin...) mélange des théories sociologiques sérieuses et scientifiques, fruits de l'observation et de l'étude des comportements sociaux, humains... et un fantasme sur le "choix" de son sexe allant probablement de pair avec une peur de l'autre, de ce qui est différent, "hors-norme" pour faire référence à un concept (la norme) un peu fumeux.
    Pour simplifier, la sociologie nous apprend que l'identité personnelle n'est pas innée et figée une fois pour toutes, mais que si des déterminants (biologiques ou sociaux) peuvent exister, de nombreux points dépendent de notre construction continue, notamment en fonction de nos rencontres, et des relations (interactions) que nous avons les uns avec les autres.
    Si je prends un exemple pour illustrer, on peut avoir des déterminants nous poussant à être de droite (milieu familial, réussite sociale, milieu de travail, fortune... ou autre) et pourtant se revendiquer de gauche, adhérer et militer à un parti comme le PCF ou le PG, pour des raisons qui ne sont pas identiques pour chacun. Une rencontre, une réflexion, un évènement nous touchant... peuvent, dans ce cas comme dans d'autres, changer notre perception ou influer sur notre perception et nous faire épouser une posture qui n'est pas attendue naturellement vu notre situation.
    Donc pour revenir à mon propos, c'est ce qui permet de dire que un enfant qui aurait certes un père et une mère biologique, mais dont le père biologique ne s'est jamais occupé, peut se sentir plus proche du compagnon de sa mère, même s'il sait pertinemment que ce n'est pas son père, parce que dernier va s'occuper de lui, le soigner, jouer avec lui, bref, partager sa vie. C'est ce qu'on appelle le père social. C'est ce qui fonctionne dans le cas de l'enfant dont le père biologique même connu ne s'occupe pas. C'est ce qui se passe pour des enfants adoptés, que les parents biologiques aient été connus ou complètement inconnus.

  4. Sinorodon dit :

    "Mali : ils le savaient avant"
    Peut-être ! Mais la vidéo proposée ne permet pas de soutenir cette thèse, étant donné qu'elle se borne à réitérer encore et encore "En aucun cas…". Ou alors c'est subliminal. Mais je suis tout à fait d'accord quant au fond. Il ne s'est guère trouvé que Chevènement pour argüer de l'état de l'urgence, un comble pour un ex-ministre de la Guerre, bien connu pour ses dérobades réitérées. "En aucun cas", cochon qui s'en dédit!

  5. Citoyen93 dit :

    Quand je lis que la "manif pour tous" de dimanche dernier se réclame du précédent historique de 1984 pour l'école catholique, ça me motive d'autant plus pour participer à la riposte dimanche 27. Tout ce monde qui paraît si soucieux pour l'équilibre et les repères dans l'éducation des enfants, ont-ils une idée de la misère intellectuelle de cette vieillerie féodale ? J'en ai moi-même fait les frais petit, dans un bahut appelé "Saint-Louis", excusez du peu. A ce prix là, pourquoi pas des écoles consacrées "au Grand Staline" ? La comparaison est tout à fait permise, mais pas pour ces enfants qu'on cherche à lobotomiser sur le plan de la conscience historique, et à dresser au plus tôt selon les hiérarchies sociales. La guerre dans le monde ? La destruction de l'environnement ? Oui parlons-en les enfants, on va rajouter ça à la prière qu'on chante tous les matins au bon dieu et ça va aller mieux, vous verrez. Et l'anecdote qui tue, j'ai appris par hasard que ce bahut avait été reconstruit, nouvelle cantoche, gymnase et tout, entièrement sur des fonds publics, elle est pas belle la vie ? Bref, vous me comprenez, alors oui un jour il va falloir supprimer cette tâche d'obscurantisme dans notre République, un jour il faudra qu'on défile pour être plus nombreux qu'eux, que toutes leurs "évidences", le poids des siècles de préhistoire. Plus nombreux qu'eux en 1984!

  6. Michel Berdagué dit :

    Sur cette vidéo de la télé de Gauche, bien sûr qu'ils le savaient avant,. La guerre psychologique et propagandes et les mises en condition pour la faire accepter cette intervention aérienne puis maintenant terrestre, alors que seulement une quarantaine de soldats arrivaient hier ce qui confirme la nullité de la mise en place d'une force militaire continentale contre ces islamistes fanatiques qui essaiment partout. La responsabilité des services des pays capitalistes est immense car après avoir aidés les pires religieux, c'est comme si nous formions nos pires intégristes religieux du vatican et nous leur donnions des armes sophistiquées pour combattre le satan, le mal absolu : les Rouges. Là en effet pour les communistes ça leur fait tout drôle de les voir combattre leurs copains coquins amis criminels de longue date; Cf première guerre d'Afghanistan, la Bosnie, la Croatie, le Kosovo, la Tchéchénie, la Lybie, tiens que devient chemise blanche devant cette expansion des armes sophistiquées aux mains des pires religieux de charia, fascistes voire pire.

  7. jacques chanéac dit :

    En plein accord avec le constat - analyse de Tdmpatou (251, 9h30)

  8. jorie dit :

    "L'accord historique" dont le PS nous rebat les oreilles, c'est la débâcle de Waterloo. Une fantastique régression sociale. La taxation des contrats courts avec multiples dérogations permettra aux employeurs d'utiliser un max de portes de sortie, notamment l'intérim qui n'est pas concerné. La non-judiciarisation des licenciements protège moins les recours des salariés. Bref, l'accord permet au patronat de flexibiliser un maximum, donc de précariser davantage. L'accord entreprise sera supérieur au contrat de travail lui même qui ne protègera plus du tout le salarié qui pourra être viré d'office et sans indemnité s'il refuse l'accord violant son contrat de travail. La mobilité forcée (100km) sera 1 motif de licenciement sec (calculez le cout carburant pour 1 smicard). Je vous annonce que Cahuzac et le Medef sont en train de prévoir la réduction des retraites complémentaires. Déjà balladur en 93 avait transformé les règles de l'indexation sur salaires. Les retraites sont donc indexées sur l'inflation. Grâce à Cahuzac, elles seront toujours indexées sur l'inflation mais avec 1,5 points en moins jusqu'en 2014, et ensuite avec 1 point de moins ce qui revient à réduire les retraites de 5 à 6%, sachant que l'inflation reconnue ne correspond pas à l'inflation réelle (au moins le double). L'austérité avance. Comme un garrot d'étranglement progressif. Au nom de la "justice", les choses se font en douce, très progressivement mais inéluctablement. Mme Parisot casse les retraites complémentaires. Les retraités de ce blog savent que ces complémentaires représentent 50% de leur retraite effective vu le bas niveau de la retraite générale. Le PS et le Medef sont en train de paupériser la population à tous les niveaux. Jamais il ne s'attaquera à l'oligarchie des retraités (certains touchent 6000 €/mois). Imaginez ce que ça représente pour les petits retraités une telle ponction ds leur pouvoir d'achat. Seul Médiapart en parle.

  9. pascal dit :

    Étrangement respectueux des lois algériennes, notre chef de guerre non ? 23 jours entre le 21/12 et le 11/01. Hasards, coïncidences, urgence ou planification de longue date ?

  10. Citoyen93 dit :

    @tdmpatou
    Je suis d'accord avec tout ce que tu dis, mais pourquoi ce besoin naïf de placer un petit coup de pied de l'âne à la fin : "défendre la survie de notre code du travail, des retraites, du service public (...) plutôt que le droit au mariage pour tous."
    Code du travail : si je viens d'avoir un enfant, j'ai droit à mon congé parental ?
    Retraites : si j'ai élevé mon enfant pendant une période salariée, j'ai droit à mon année de majoration d'assurance-vieillesse ?
    Service public : si j'ai besoin d'une assistance médicale pour avoir un enfant, j'ai droit à une couverture sociale ?

  11. Christian B dit :

    @Jean-Jo
    Vous discours n'est pas très clair, vous mélangez plusieurs sujets.
    Concernant la théorie du genre, il n'y a rien de scientifique là dedans (d’où le nom Théorie), et votre comparaison vaseuse avec Darwin, n'est absolument pas crédible.
    La théorie du genre de gens qui "s'autorisent à penser", va même jusqu'à dire que l'on choisirait son propre sexe, comme si nous étions maitres de choisir d’être hétéro ou homo ou asexué, ce qui est un non sens profond, et démontre surtout une certaine perversité de la non pensée des auteurs. Ce genre d'usurpateur n'est pas une nouveauté, mais plus c'est gros, plus c'est débile, plus on en parle, alors qu'il n'y a rien à en dire, sauf que comme Mengele ou autre pervers, leur idées schizoïdes prises au sérieux sont extrêmement dangereuses, pour peu qu'on les mettent en application. Pour rappel, les dites sciences sociales, c'est comme l'économie, c'est tout sauf une science.
    CQFD

  12. naif dit :

    Jean-Jo dit à 10h45
    "...si nous naissons indéniablement avec un sexe biologique déterminé, homme ou femme, on ne peut nier que la façon dont on va se construire et habiter ce sexe biologique dépend de beaucoup de choses, et notamment des interactions avec les autres que nous vivons dès notre enfance."

    D'accord avec vous. Demandez aux anciens joueurs de Rugby et de Foot si les contacts physiques et les jeux aquatiques post-matchs ne les ont pas influencé dans leurs orientations sexuelles ! Combien sont-ils à avoir refoulé leurs pulsions et sont aujourd'hui encore marqués par cette période ? Beaucoup de tabous sont très prégnants dans ce domaine. Si la population homosexuelle est ultra minoritaire c'est parce qu'elle n'est pas encore épanouie dans la société. Beaucoup de chemin reste à faire. Ce commentaire ne devrait pas rester sur ce blog plus de 2 minutes.

  13. OPTIMIST dit :

    Après le constat de l’état de dégradation de notre Société, touchés de plein fouet par l’énormité de la crise orchestrée, de 1000 chômeurs de plus chaque jour et après les accords véreux du grand patronat et certains syndicats, nous devons mener une grande bataille d'explication et d’être cette force de propositions vers nos proches pour une défense farouche du pouvoir d'achat, l'emploi, la protection et le développement de notre économie. Oui, Jean-Luc, je reconnais que la défense des droits au mariage pour tous est importante mais admettons ensemble que ce ne soit pas le facteur principal de mobilisation, la préoccupation majeure des gens qui soufrent aujourd'hui de leur perte d'emploi, de leur mal-vie.
    Nous avons besoin de solidarité sur ces sujets. La vérité n’est bonne à dire que si les personnes sont prêtes à l’écouter. Que vaut le mariage pour tous dans l’ordre des priorités dans ce contexte généralisé de mal-être plus personnel, plus « intime ». Rappelle-toi les «masses populaires » de Georges Marchais, dis-moi à qui il s’adressait ? Es-tu une masse populaire ?
    Avec cette stratégie gouvernementale d'aujourd'hui, à tous les jours qui passent, un évènement politique différent nous oblige à "courir" sous tous les fronts, à bâcler notre discours et nos propositions y compris budgétaires, au point de ne pas avoir suffisamment de recul et d'être ainsi inaudibles. En face, c’est ce qu’ils veulent et d’une certaine façon, ils réussissent. Obligés de surfer sur cette actualité envahissante, multi-thèmes, même pour toi, les journées de 24 h n’y suffiront pas. Donc, il y a urgence à se mobiliser sur les priorités. Elles ne sont que celles que la vie et les citoyens nous dictent. Nous devons répondre à l'attente de ceux qui nous appellent sur leurs sujets de préoccupation, d'abord au quotidien. N'est-pas cela "l'humain d'abord et toujours".

  14. j-jour dit :

    @Chacmol "Toutes mes félicitations à l'homme politique de l'année, ici. L'année commence bien pour le Front de Gauche et le PG."

    En revanche, je trouve la justification de leur choix elliptique voire saugrenue relativement à toutes les raisons possibles! "Côté politique, c’est Jean-Luc Mélenchon qui remporte la palme pour avoir atteint le quatrième meilleur score lors de l’élection présidentielle."

  15. Françoise LEIBOVICI dit :

    Oui, Optimist, je vous rejoins tout à fait sur les priorités : mobilisons nous sur les atteintes de nos acquis sociaux, tentons d'empècher ce gouvernement de droite (et oui) de détruire la vie des actuels et futurs chômeurs, préservons les retraites qui sont déjà en ligne de mire du gouvernement. Ne nous trompons pas de cibles dans nos résistances.

  16. mad dit :

    Quelle connerie la guerre ! Qui fabriques les armes ? A qui sont-elles vendues ? Utopiste ? Oui, si ne pas aimer la guerre est être utopiste, je le suis. Il n'y a pas de "logique de guerre". A quand la logique de paix. Derrière tout ça, les religions ne sont qu'alibi. Qui osera dire comme moi que cette guerre-là est encore une de trop.

  17. maris dit :

    Je me permets de constater que les derniers posts reviennent majoritairement sur des sujets plus politiques, les accords pourris avec le MEDEF et la guerre au Mali.
    Pour les premiers il est important de savoir que, outre le fait que les accords doivent être "validés" à l'Assemblée (et c'est là qu'il faut attendre nos ex-camarades socialistes au tournant), le contenu conduit à plus de flexibilité, contre des avancées bien maigres. Comment peut-on être du combat syndical et plier devant le Medef ? Ne nous laissons pas embrigader dans un tel processus, car, et répétons-le systématiquement, que chacun en soit convaincu, la flexibilité ça ne marche pas. Certaines PME peuvent y trouver passagèrement un intérêt mais ça ne marche pas. Donc il faut refuser d'entrer dans le processus à la manière de certains syndicats, car, ou ils savaient, et ce sont des traîtres, ou ils ne savaient pas et ce sont des imbéciles. Donc aucune raison pour que nous les suivions. Donc attaquons-nous à notre député le plus proche et harcelons-le pour qu'il ne ratifie-pas les accords de Wagram. Toutes les expériences menées dans le sens de la flexibilité ont abouti quel que soit le pays à une augmentation du chômage, et ce ne sont pas des "gauchos" mais des économistes qui le disent, en particulier, B. Lietaer, président de la Banque Nationale de Belgique (Equivalent de la Banque de France), excusez du peu. D'accord il n'est pas en phase avec le paradigme officiel, mais ce n'est pas une bille, et il n'est pas seul.
    Quant à la guerre au Mali, les propos de F Holande, parlant de guerre contre le terrorisme / fanatisme religieux, c'est du pipeau. Il ne faut pas oublier que dans cette bataille, le gouvernement Malien a été particulièrement affaibli ces derniers temps, et que le Mali est menacé de partition entre le Nord(revendiqué par les touaregs de longue date) et le Sud, siège du gouvernement, avec Bamako. Mais, là encore, on ne fait pas la guerre avec les moyens qui on été engagés avec une nébuleuse fanatisée. Les exemples de l'Irak et de l'Afghanistan devraient pourtant avoir été analysés ! L'occident rentre toujours la queue entre les jambes, passez-moi l'expression. Pour moi c'est une faute politique, une de plus, de notre actuel président. Non, il ne fallait pas y aller. C'était la guerre de la misère contre la misère, et c'est comme ça que les crises du capitalisme se terminent quand les états ne peuvent plus renflouer les banques.

  18. interlibre dit :

    On m'explique comment des syndicats minoritaires ont pu signer de tels "accords" ?
    On m'explique aussi pourquoi les autres syndicats ne réagissent pas plus que ça ?

  19. Doukkali dit :

    Le 3 octobre 2012, la Commission Afrique du Secteur International du Parti de Gauche condamnait la menace d'une intervention militaire de « l’impérialisme français » au Mali. Depuis que cette menace s'est transformé en réalité, l'opposition du PG à l'intervention militaire a radicalement changé. Étonnante intervention de J-L Mélenchon dans la matinale de France Info qui n'exige pas le retrait des troupes « impérialistes » mais reconnaît « de fait » la guerre au Mali. Étonnante sa demande de voir s'impliquer militairement l'Algérie, ce qui aurait pour conséquence la déstabilisation sans fin de la zone sahélienne ainsi que le redoutait la Commission Afrique du Secteur International du Parti de Gauche. Étonnante position du PG qui « prend acte de la décision du Président de la République d’engager militairement des troupes françaises au Mali. » Sidérante position d'André Chassaigne qui engage le Front de Gauche au nom des députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, jugeant « cette opération militaire, nécessaire ». Sidérante la position des sénateurs communistes qui approuvent l'intervention militaire en demandant « aussi que la présente intervention soit prise en charge par un nombre croissant de pays »
    On ne combat pas une guerre « impérialiste » en acceptant « de fait » une guerre impérialiste avec des arguments anti-impérialistes.
    La Commission Afrique du Secteur International du Parti de Gauche posait cette question : «  Serez-vous le Bush français ou souhaitez vous reprendre la posture guerrière en Libye de votre prédécesseur, posture dont on voit aujourd’hui les conséquences en termes de déstabilisation de la zone sahélienne ? » L'intervention militaire française vient d'y répondre en déclenchant la tentative de déstabilisation de l'Algérie et de la région que constituent les événements du site gazier d'In Aménas.

  20. wackes dit :

    Ayrault le dit. Circulez,il n'y a rien à espérer.
    Les accords de Wagram entre le MEDEF et 3 syndicats non majoritaires seront transcrits fidèlement en un projet de loi qui sera présentée courant avril au vote des 2 assemblées dans le cadre de la procédure d'urgence. En clair le texte de loi ne sera pas modifiable par les élus et il faudrait que la droite vote contre pour qu'il ait une chance d’être rejeté. Pour les socio-traitres, les jeux sont faits. Il nous reste la colère et la révolte.

  21. Denis F dit :

    En triant dans le paquet de m*****rs que F. Hollande a balancé sur la France (Mariage pour tous, accords MEDEF syndicats sur le droit du travail,guerre au MALI, etc.), et pour faire un peu différents des camarades commentateurs, voilà une série de constats et de questions y afférant, si ça peut réorienter un peu le débat sociétal.
    Les occidentaux et plus particulièrement les français récoltent ce qu'ils ont semé pendant des dizaines d'années de colonialisme et maintenant de piratages des richesses du continent africain, les haines et revendications exprimées sont elles si étrange que cela, de mon point de vue certainement pas.
    Le plus gros problème et l'évolution radicale de l'islamisme intégriste qui se répand comme une traînée de poudre, et la seule méthode de le stopper et de tarir son financement, financement de déstabilisation comme l'a pratiqué la CIA durant de nombreuses années, et financement d'entretien comme le faisait Ben Ladin, qui en réalité n'était qu'une courroie de transmission, les vrais financeurs de tous ces fanatiques islamistes se trouvent dans le triangle du golfe arabo-persique et aux USA, tous le monde les connaît, surtout les diplomates européens, alors à quoi joue-t-on ?
    Un autre problème et le sous équipement chronique au niveau militaire dont souffre l'ensemble des pays africains, tant au niveau de la formation et de l'encadrement des militaires que de leurs équipements, ce sous équipement a été volontairement maintenu par la France qui protège son pré-carré africain en signant des accords de défense, les "Rois nègres" n'ayant pas ce budget a dépenser s'enrichissent d'autant plus.
    Et pourquoi tant d'européens et maintenant chinois pour encadrer et faire fonctionner les installations minières, industrielles ou commerciales en Afrique ? L'élite africaine seraient-elle aussi nulle que cela, nous formons pourtant énormément de techniciens et ingénieurs d'origine africaine en France, que deviennent-ils une fois les diplômes obtenus ? Et pourquoi si peu de société de droit africain sur leur territoire ? Pourquoi les africains vendent-ils des concessions aux européens et américains et maintenant chinois au lieu de créer leur propres entreprises ?
    Une fois que l'on aura répondu correctement à toutes ces questions fondamentales l'Afrique aura fait un énorme pas en avant, je vous le garantis !

  22. Michel Berdagué dit :

    @ Denis F à 20 h 26
    Enfin, une analyse qui défouraille, en plus des militaires Africains sont formés dans nos écoles militaires depuis des lustres et du fait de leur captation des richeses immenses de l'Afrique ce n'est pas de la coopération entre pays mais des pouvoirs et assistances militaires contre royalties des multinationales, une république laïque avec tous les droits de l'Homme et de la Femme et de la reconnaissance de la citoyenneté serait à construire dans chaque pays du continent, écoles, santé, planning familial. Oui mais voilà les pays capitalistes préféraient lutter contre des Lumumba, Ben Barka et beaucoup d'autres, cela dure depuis des dizaines d'années alors qu'une planification de production et de transformation et écologique ferait de ce continent le plus riche du monde pour toutes et tous. Le grand problème est l'eau et là ?

  23. Pingouin094 dit :

    Ces accords sont minoritaires. Les syndicats qui le soutiennent pèsent 45% aux élections prud'hommales (qui font référence jusqu'au 21 aout 2013) et les syndicats qui le refusent pèsent 53%. Mais au nom de règles subtiles et qui ne sont valables plus que pour quelques mois, il est légal ! Il y'avait effectivement urgence pour le PS à faire signer cet accord. Dans quelques mois, les syndicats réformistes n'auraient pas été en mesure de l'approuver. (Liresur mon blog pour les détails). Une fois de plus, le gouvernement socialiste cède aux idées de la droite.
    A M. Mélenchon, pourquoi avez vous reconnu à M. Cahuzac la qualité "d'homme de gauche" lors de votre débat ? Vous êtes pourtant celui qui m'a convaincu du contraire dans votre excellent livre "En Quête de Gauche". Et pourtant c'était bien avant que tout cela ne devienne une triste réalité avec la mise en oeuvre du gouvernement Hollande. Il faut dire que ce gouvernement n'est pas de gauche et qu'il doit être combattu comme tel par une opposition de gauche !

  24. danj24 dit :

    Merci à JMC31 pour le lien sur la "Servitude moderne". A voir et à faire voir.

  25. denispg26 dit :

    @Pingouin094
    Bonsoir,
    Tout à fait d'accord pour la première partie, mais malheureusement pour nous les sociaux-libéraux ex socialistes ont pour le moment encore le droit de se présenter comme de "goche". Et Jean-Luc a pour ma part très justement laissé le temps au débat pour que la ligne politique du gouvernement en la personne de JC se montre dans toutes ses contradictions, et je doit reconnaître que JC a admirablement servi notre gauche.
    Reconnaître dans un premier temps son libéralisme et le "jamais" répété grâce à Jean-Luc, fait tomber comme une m...e la réplique soscialiste du "quand ont est de goche..." A ce moment la Jean-Luc peut enfin dire "on ne se dit pas de gauche, monsieur quand on ne sait pas qu'il y a des gens qui luttent."
    Cette dernière réplique de Jean-Luc devrait répondre à tes doutes, non?

  26. maris dit :

    @Pingouin097 274
    Pour la seconde partie du post. Personnelement je pense que Jean-Luc Mélenchon n'a pas voulu bloquer Cahuzac sur sa "non gauchitude" d'emblée pour qu'il puisse aller jusqu'au bout de sa pensée. Maintenant un autre point plus subtile : nombreux sont ceux qui n'ayant pas encore une conscience politique aigüe et se réclament du socialisme et croient encore(pour plus trop longtemps espérons-le) que l'actuel parti socialisme est le même que celui de Jean Jaurès....Si nous voulons les convaincre, mieux vaut ne pas les braquer d'emblée... Cahuzac est LEUR ministre, peut être pas pour longtemps mais il faut que la réalité imprègne leur compréhension. Par contre, maintenant que Cahuzac a nettement défini le contour de sa pensée, on peut taper, le plus fort possible.

    @Doukkali 270
    Tout à fait d'accord avec cette position. Nous ne devons pas nous laisser entraîner - voir en 268 - car cette guerre n'a aucun sens surtout qund on entend les propos du président. On ne nous a pas demandé notre avis et nous sommes au pied du mur. Mais nous ne devons pas entrer dans les arguments Hollande. Cette guerre n'est pas la nôtre. D'un autre côté nous ne saurions épouser la présentation "islamiques" des activistes d'AQMI qui ne respectent rien à part peut-être les éructations de quelque immam illuminé. Ces gens là ont une façade qui n'a rien à voir avec l'Islam mais ils surfent sur une vague à 3 faces, au moins : 1° leur islam radical affiché 2° leur financement fait de trafics divers : drogue, armes,et j'en passe. 3° Un subventionnement venant de quelque part du golfe persique (Qatar, Arabie), ce n'est pas net. Mais la réalité de fond c'est qu'ils sont des exploités, des manipulés par les puissances de l'argent, issus très souvent d'une misère profonde, qui les rend féroces et jouant leur va-tout en permanence. Que ce soit la situation crée par la destabilisation du nord Mali, la prise d'otages en Algérie, ces gens-là n'ont rien à perdre : cela fait partie des déséquilibres liés à la crise du capitalisme. Les banquiers ne vont pas nous faire le coup d'Hitler tous les 60 ans... Mettre le doigt là-dedans est une erreur fondamentale, sauf si Holande poursuit le même but, défendre le grand Capital ? Nous ne devons pas entrer là-dedans et il est important que nous tirions des sonettes : la direction du PG vera bien que des militants et des sympathisants se posent des questions.

  27. eric dit :

    Ne serait-il pas plus sage de tempérer les ardeurs du Front de Gauche sur le mariage pour tous ? Nombre de soutiens de la vraie gauche sont contre ce texte, et lier cette réforme à la lutte des classes me paraît pour le moins casuistique.

  28. molly dit :

    Extrêmement déçue par le comportement de F Hollande, suis à la limite de voter FN en 2017. De Sarkozy à Hollande, aucune différence ! j'en rage et quelle erreur d'avoir voté pour lui. Disons que j'ai voté pour lui afin de me débarrasser du premier, logique en théorie, mais en pratique, c'est du pareil au même ?

  29. thersite69 dit :

    @propos de 256-262-263
    Si vous n'êtes pas abonnés à l'Humanité, essayez de trouver le numéro d'aujourd'hui 18 janvier. Deux articles de Françoise Héritier et Richard Sanchez montrent (et nous en avons malheureusement bien besoin) que sous le slogan "mariage pour tous", très réducteur comme tous les slogans, il y a un symbolisme décisif pour modifier les préjugés socio-culturels qui oblitèrent la nature biologique du sexe et situer comme culturels les liens de parenté. Symbolique nouvelle qui va contribuer ainsi essentiellement à l'émancipation des femmes. Accessible à un couple de femmes la procréation médicalement assistée (PMA) est symboliquement délivrée des contraintes du patriarcat (ce qui n'était pas le cas jusqu'ici). L'interdit est désormais posé sur la gestion pour autrui (GPA). Il est interdit pour la biotechnologie de considérer une femme comme un simple utérus à disposition du mâle (ce qui traditionnellement fut souvent le cas dans l'histoire). Cela doit devenir un nouveau tabou!
    Contrairement aux théories d'origine anglo-saxones du "genre", dangereuses berlues en effet, la législation fondée sur la science peut aujourd'hui redonner du sens à l'égalité en droit de chaque sexe dans leur complémentarité. Au même titre que chez les oiseaux ou les mammifères. Tout n'est pas culturel. C'est la leçon aussi de l'écologie. Une claire compréhension des enjeux permet d'envisager avec confiance que cesser de stigmatiser une minorité transgressive profitera à l'ensemble du collectif social, et sans risque de faire progresser l'homosexualité. On peut seulement regretter que le seul journal de gauche existant ait attendu si longtemps pour publier ces articles.

  30. bastille dit :

    Mon message ne passera sans doute pas mais je pense que nombre de salariés n’ont rien à faire des théories du genre mais vont souffrir du dernier accord entre CFDT et comparses, puis avec les mêmes, du rendez-vous 2013 du COR.

  31. electeur exigeant dit :

    Entièrement d'accord avec l'analyse de post 251 tdmpatou :
    "une politique... sans cuisine électorale"

  32. Antoine Berrit dit :

    @thersite69 280
    "...la législation fondée sur la science peut aujourd'hui redonner du sens à l'égalité en droit de chaque sexe dans leur complémentarité."

    Bonjour,
    Eh bien oui, ce qui me chiffonne c'est qu'en poussant la logique du progrès émancipateur par la science, permettant aux femmes de se "libérer" des hommes et de l'enfantement et aux hommes de se passer des femmes pour la location d'un utérus, on voit bien que la solution parfaite pour assurer l'égalité des uns vis à vis des autres,
    c'est le clônage et l'utérus en éprouvette...
    Bon, au fond, ce n'est peut-être pas si effrayant, il nous faut juste essayer de repousser nos barrières mentales étriquées...

  33. christian de B dit :

    Est-il souhaitable que tes analyses auxquelles j'adhère, tes commentaires, toute ta culture politique, que j'apprécie bien, soient de plus en plus personnalisés. L'écrit reste, tes paroles mobilisent toutes et tous nos camarades! Deux véhicules de tes pensées à différencier.
    L'égo ne devrait pas dépasser le politique, sinon il finira à ne plus être que l'expression d'une personne d'une gauche socialiste. Fraternité.

  34. Denis F dit :

    @ 283 Antoine Berrit
    "Bon, au fond, ce n'est peut-être pas si effrayant, il nous faut juste essayer de repousser nos barrières mentales étriquées..."

    Bien sûr, bien sûr !… Et une petite branlette tous les samedi matin sous la douche est bien suffisant pour faire exulter le corps n'est-ce pas ?
    "Nous vivons une époque moderne ou le progrès fait rage" comme disait Philippe Meyer.
    Comme il avait raison !… Mais que de ravage cela fait !…

  35. bernadette fourré-jousselin dit :

    Moi je t'ai trouvé très bon, tu rongeais ton frein (parfait), il a ouvert le bal en te traitant de clown, et je pensais que tu n'en resterais pas là, mais tu as réussi à te contenir (encore parfait) nous te faisons tous confiance, plus qu'à lui et attendons avec impatience - il n'avait pas l'air très heureux et je crois de moins en moins. Pourvu que la vérité éclate, même si c'est encore une salissure, une de plus. Accroches-toi, tu as toute notre confiance.

  36. Lephilrouge dit :

    Concernant le débat avec Cahuzac. Il y a une passe d'arme en escrime, une technique espagnol où donne l'impression à l'autre d'avoir l'avantage afin de le mettre à découvert en se reculant soit même. Dans un même mouvement alors que l'adversaire peut nous blesser on le pourfend droit au cœur. À nous l'hémorragie du PS, c'est le rouge qui nous fait.

  37. Vinnie Reb dit :

    Très bon billet, comme d'habitude, une vraie joie à lire pour comprendre. Merci Jean-Luc !

    Virgin est en effet le cas d'école. Il sera présenté dans 50 ans (j'espère avant !) quand on se sera débarrassé du capitalisme financier et ultra-libéral, pour illustrer les méfaits dudit capitalisme. Butler Capital est semblable à ces nuées de sauterelles qui dévastent un pays entier à leur passage. Vous parlez de "vampire", je l'appelle le "capitalisme-sauterelle". Pas cool pour les sauterelles ni pour les vampires ! Mais plus sérieusement, c'est aussi l'illustration d'une certaine forme, à l'échelle d'une entreprise, d'une certaine "stratégie du choc".

    Quant à Cahuzac, tout à fait d'accord : sa prise de position, notamment sur la lutte des classes, met bien au clair le positionnement général du PS. Depuis des années que je dis que ce n'est plus un parti de gauche, je suis enfin contente que cette clarification soit venue, en plus d'un des leurs (et pas n'importe qui) ! Cette clarification va aussi clarifier la position du FdG en contre-point, ce qui ne peut que nous être bénéfique. On voit bien qui sont les vrais traitres à leur patrie, les vrais traitres-à-leur-sang - côté de la gauche. Merci JéJé !

  38. jaillet dit :

    Selon le dictionnaire, le socialisme c'est la propriété des grands moyens de production qui appartient au peuple, en particulier le secteur de l'énergie, l'eau, les aciéries, etc. Il ne faut pas oublier de le dire dans les médias car le socialisme, pour de nombreux français c'est l'URSS, le goulag ! Le PS n a rien de socialiste, c'est une tromperie qui dure depuis trop longtemps.

  39. La Tâche dit :

    Un enfumage magnifique de la part du PS reprenant mot pour mot la proposition de Janvier 2012 de N. Sarkozy. Politique de droite? Clairement.
    Le PS n’est pas de gauche (ou alors de la gauche à géométrie très variable prônant une politique socio-économique de droite) et force est constater que la rupture idéologique a eu lieu il y a déjà moult. Après tout, Mitterrand avait commencé à préparer le terrain. Tout se transforme mais rien ne change.

  40. titou 31 dit :

    @ jorie
    D'accord sur ton analyse, j'ai noté aussi un décalage entre les déclarations de Jean-Luc et la compréhension de sa ligne politique, en tout cas pour les commentateurs de ce blog. Mais la communication est quelque chose de complexe surtout par les temps qui courent.
    Amitiés a tous.


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