Arguments

Diabolisation de Jean-Luc Mélenchon dans les médias

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Dix-sept fois ! Dix-sept fois en quatre mois une même photo de Jean-Luc Mélenchon, peu valorisante, a été utilisée dans les éditions numériques de différents journaux, pour illustrer des thèmes tout aussi différents que le budget 2014, la réforme des retraites, l’affaire Méric, les élections municipales et l’affaire Kerviel. On jugera, à l’aune de cette « galerie des monstres », de l’objectivité des journalistes et de l’angle de lecture qu’indique une illustration « neutre ». La palme revient à Libération qui a illustré pas moins de quatre articles différents avec cette même photo !

En quatre mois, le journal "Libération" a utilisé la même photographie pour illustrer quatre sujets différents, à savoir : la réforme du régime des retraites, l'affaire Kerviel, le budget 2014 et une déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur l'Allemagne.

Les journaux Le Point, Le Parisien et Le Nouvel Observateur ont quant à eux utilisé au moins deux fois chacun cette image, là encore pour illustrer des articles aux thèmes très différents… Pour le seul mois de juin, ces trois journaux ont en tout utilisé quatre fois cette illustration.

Les journaux "Le Point", "Le Parisien" et "Le Nouvel Observateur" ont chacun utilisé cette photographie au moins deux fois pour illustrer des sujets différents. Pour le seul mois de juin, ces trois journaux ont en tout utilisé quatre fois cette illustration.

D'autres médias ont utilisé cette photographie au moins une fois. Vous trouverez ci-dessous un florilège d'articles de France 3, L'Express, Direct Matin, Le Monde, 20 Minutes, La Montagne et La Tribune de Genève.

Montage effectué à partir d'articles de France 3, L'Express, Direct Matin, Le Monde, 20 Minutes, La Montagne et La Tribune de Genève.

Comme l'a relevé l'OPIAM (Observatoire de la propagande et des inepties anti-Mélenchon), cette photographie présente des traits communs avec une caricature d'Isaac Cruikshank représentant l'assassinat de Marat par Charlotte Corday (voir la reproduction ci-dessous). Barbara Stenz, docteur en histoire de l'art, écrit à propos de cette caricature les mots suivants, relevés par l'OPIAM :

« [...] Marat est changé en personnage grotesque et fortement enlaidi. Ce défoulement sur le corps du député montagnard reflète la répulsion de Cruikshank à son égard et, par extension, celle de l’opinion anglaise à l’encontre du radicalisme révolutionnaire français. La laideur physique signifie la laideur morale et les déformations corporelles signalent la dangerosité.
[...] Si l’image de la bouche béante a une portée symbolique déjà ancienne, la caricature politique de l’extrême fin du 18e siècle a su réemployer ce motif expressif à des fins de propagande, contribuant à établir des types physiques de l’ennemi en correspondance à sa laideur morale et à sa bestialité, dans tous les sens du terme. [...] Ce qui ressort de ces quelques exemples de bouches criantes est à mettre en relation avec toutes les théories qui visent à décoder et interpréter les signes des débordements du corps, ceux de la mimique en particulier, censés permettre de démasquer et de dénoncer l’ennemi [...].
»

"A Second Jeanne d'Arc or the Assassination of Marat by Charlotte Corday", carricature d'Isaac Cruikshank

L'illustration d'un article de presse n'est pas neutre. Au mieux, elle trahit la pensée de celle ou celui qui a voulu utiliser telle ou telle photographie ou tel ou tel dessin ; au pire, elle donne au lecteur un angle d'attaque qui peut complètement fausser son appréciation de l'article. Nous avons fait l'essai avec un article de Libération daté du 24 septembre 2013. Le résultat est flagrant.

L'illustration d'un article de presse n'est pas neutre : elle donne un angle d'attaque au lecteur qui peut complètement changer sa perception de l'article.



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