jan 09 03
L’heure étant propice aux bilans de l’année écoulée, je profite des derniers jours de pause de fin d’année pour vous proposer de lire un article dans lequel j’ai essayé de récapituler mes analyses sur la crise financière qui n’a cessé de s’amplifier tout au long de l’année 2008. Cet article est à paraître dans la revue italienne "Alternative per el socialismo", dont le directeur Fausto Bertinotti m’a demandé une contribution sur la crise, aux cotés d’autres responsables de gauche européens. Voici donc cet article.
La crise : une bifurcation de l’histoire humaine
Article à paraître fin janvier 2009 dans "Alternative per el socialismo"
La crise de la finance ne peut pas être séparée du corps qui la porte, c’est-à-dire l’économie capitaliste. Ce système n’a jamais été stable. Pour fonctionner il doit sans cesse étendre le domaine du marché et de l’accumulation. Mais il produit ses freins en même temps que son moteur. L’instabilité est une propriété de ce système et non une exception ou un dérèglement de sa mécanique. De 1816 à 1929 le capitalisme a connu 14 crises. Les deux suivantes ont donné deux guerres mondiales. On peut dire que la seconde est une reprise des problèmes laissés par la première. On ne doit pas manquer de se souvenir que les deux guerres ont réduit l’aire du marché avec l’émergence d’un « camp socialiste » retirant un tiers de l’humanité du mécanisme de l’accumulation capitaliste. Dans le modèle capitaliste, la crise aggrave la crise en quelque sorte. Lire la suite »

nov 08 29
Il fallait faire une démonstration. En effet, il fallait prouver que Marc Dolez et moi-même, ainsi que le millier de militants socialistes qui nous a accompagnés, étions non pas les propriétaires d’une idée nouvelle, mais ses déclencheurs. Il fallait prouver que ce que nous entreprenons correspondait à une nécessité appelée et voulue par la patrie républicaine des Français, c’est-à-dire par les milliers de milliers de salariés qui la composent.
Et, vous êtes là ! La démonstration est faite devant tous les malins qui ricanaient, les professeurs je-sais-tout qui m’ont expliqué, sur tous les tons, que nous n’étions que deux et que nous étions condamnés à n’être pour toujours que deux. La France des rébellions et des révolutions a de nouveau une volonté, un drapeau et un parti. (Applaudissements.) Mais, comme nous ne voulons vexer personne, nous dirons que nous n’étions que deux ! (Rires.) Certains commentateurs sont comme le poète, ils ont repris le vers de Jacques Brel en disant « ils sont plus de deux mille et [l’on] ne voit qu’eux deux ». (Rires.) Lire la suite »

sept 08 12
Tribune de Jean-Luc Mélenchon publiée dans Le Monde le 12 septembre 2008
La visite de Benoît XVI nous faire vivre un mélange des genres entre religion et politique très significatif. La débauche ostentatoire des moyens officiels mis à disposition, l’occupation agressive de l’espace public, le harcèlement médiatique télévisuel, tout fait sens. Ici le moyen c’est le but. Le pape et le président ont en commun une stratégie de reconfessionalisation institutionnelle de la société française. Les deux hommes s’inscrivent dans la théorie du choc des civilisations de Samuel Huntington, bréviaire de la diplomatie étatsunienne. Ils tirent de la religion la légitimité à agir pour la domination d’un prétendu « Occident ». Dans cette perspective la République laïque fait obstacle. Un changement de cap est nécessaire. Le discours de Latran de Nicolas Sarkozy l’a proclamé sous le nom d’une « laïcité positive ». Cela devrait se traduire par une pseudo « modernisation » de la loi de 1905. Des lors, juste avant la visite du pape, son premier ministre, le cardinal Bertone, s’est réjoui: «certains éléments font espérer une évolution de cette laïcité rigide qui fit de la France de la 3e République un modèle de comportements antireligieux ». Lire la suite »
