L'argument de la semaine

Aprés la Grèce et l'Irlande, l'UE et le FMI s'attaquent au Portugal

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La spéculation contre la dette portugaise s'amplifiant sur les marchés, le gouvernement portugais démissionnaire a décidé de recourir à l'"aide" européenne et du FMI, désormais appelée "mécanisme européen de stabilité". Une dénomination trompeuse puisque ce mécanisme n'a fait qu'aggraver l'instabilité en imposant une cure d'austérité à la Grèce et à l'Irlande. Le trio Commission européenne / BCE / FMI est pourtant déjà à l'œuvre pour imposer les mêmes recettes libérales au Portugal.

Des plans qui ne marchent pas

A l'annonce du plan de sauvetage de la Grèce (110 milliards d'euros), les dirigeants de l'UE avaient affirmé que la zone euro était sauvée et que ce plan envoyait un signal qui calmerait durablement les marchés. C'est tout l'inverse qui s'est produit. Sous couvert de sauvetage, le Plan d'austérité imposé à la Grèce a fait encore plus plongé son économie et a donc dégradé encore ses comptes publics. A tel point que la Grèce est plus prés de la banqueroute après avoir été "aidée" par l'UE et le FMI qu'avant ! Ses emprunts subissent des taux records de plus de 13 % à 10 ans et de prés de 18 % à 2 ans. Pourtant la BCE et l'UE sous influence allemande excluent toujours une restructuration de la dette grecque avec mise à contribution des créanciers, dont les banques,
Et les spéculateurs, banques et agences de notation en tête, ont continué à faire monter la pression sur les autres Etats européens en attaquant l'Irlande puis le Portugal.

Totalement aveuglée, l'Union européenne a décidé en décembre dernier de soumettre l'Irlande (plan de 85 milliards d'euros) aux mêmes recettes que la Grèce, un traitement de choc déjà décrypté et dénoncé ici . Logiquement la situation irlandaise a continué à se dégrader. Le nouveau gouvernement irlandais n'ayant pas remis en cause frontalement le plan négocié par ses prédécesseurs, l'Irlande continue d'être attaquée sur les marchés. Elle subit des taux de plus de 9 % pour emprunter à 10 ans.
Qu'à cela ne tienne, c'est maintenant au tour du Portugal, qui plus est en violation du vote de son Parlement.

Le Portugal livré à l'Europe autoritaire par les sociaux-démocrates

7 avril 2011 – Communiqué de Jean-Luc Mélenchon,
député européen, co-président du Parti de Gauche

"L’ancien premier ministre portugais vient de demander que son pays soit placé sous la coupe du régime d’urgence de l’Union Européenne et du FMI.
C’est un jour tragique dans l’histoire européenne. L’Union européenne gouverne désormais contre les peuples et la démocratie. C’est en effet un premier ministre démissionnaire, qui demande à la Commission et au FMI d’imposer à son peuple la cure d’austérité refusée par son Parlement.
C’est un jour de honte dans l’histoire de la sociale-démocratie européenne. Après la capitulation sans conditions de Papandreou,  un autre dirigeant de la sociale-démocratie européenne court au-devant des exigences des libéraux.

Il faut tirer les leçons de ce naufrage. Il est urgent d'en finir avec le carcan du traité de Lisbonne et de faire émerger une gauche qui défende le peuple contre l’oligarchie. C’est ce que propose le Front de Gauche."

Le Portugal déjà victime de plans d'austérité

Le Portugal a déjà adopté en vain 2 plans d'austérité en 2010 et un troisième a été rejeté par le Parlement en mars 2011. C'est ce plan illégitime que le gouvernement démissionnaire est en train de durcir sous la pression de l'UE et du FMI.

Le contenu du 1er plan d'austérité portugais de mars 2010

Le Parlement portugais a voté en mars 2010 le programme de stabilité économique et de croissance 2010-2013 proposé par le gouvernement. C’était un plan d’austérité en anticipation des « inquiétudes » des marchés financiers.
Le plan prévoyait une réduction du déficit budgétaire à 6,6% du PIB en 2011, à 4,7% en 2012, avant d'atteindre l'objectif de l'UE sous 3% en 2013. Il était de 8,3 % pour 2010. C’est donc une réduction de 5 points qui était envisagée. Avec une croissance qui  ne devrait pas dépasser 1,5 % d’ici 2013. 

La situation des finances publiques du Portugal n’est pas aussi critique que celle de la Grèce. C’est le niveau d'endettement des ménages et des entreprises qui est inquiétant : selon Eurostat, la dette des ménages représentait, en 2008, 105% du PIB, et celle des entreprises 134%. Ce fort endettement privé s’explique :

  • par l’absence d’augmentation des salaires, qui a poussé les ménages à s’endetter
  • l’endettement risqué des entreprises sur les marchés et dans le secteur immobilier

La responsabilité des entreprises est en cause dans les deux cas mais c’est l’État, et tous les citoyens qui payent.
Les marchés anticipent une reprise difficile et un faible niveau d’investissement et de consommation : le Portugal aurait des recettes minimales pendant plusieurs années et ne pourrait pas rembourser ces dettes. L’objectif est « que tous [agissent] de façon responsable pour que le Portugal puisse défendre la crédibilité et la confiance dans son économie » selon le premier ministre socialiste.

Une réduction des dépenses (50 % des mesures d’austérité)

  • Prestations sociales plus sélectives, création de plafonnements et de conditions de ressources
  • Gel des salaires des fonctionnaires (ils seront uniquement indexés sur l’inflation) jusqu’en 2013
  • Remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Fin 2009, le Portugal comptait environ 675.000 fonctionnaires, soit 73.000 de moins qu'en 2005. Sur les quatre prochaines années, le gouvernement prévoit de continuer à réduire les effectifs de la fonction publique entre 7,5 et 10%.
  • L'investissement public devrait passer de 4,9% du PIB en 2009 à 2,9% en 2013. Dans le secteur de la défense, il sera ainsi réduit de 40%.

Augmentation des recettes (15 % des mesures d’austérité)

  • Hausses d'impôts
  • Gain de 6 milliards d'euros grâce à la vente de participations de l'État dans des sociétés
  • Gain de 1,2 milliard d'euros pour l'année 2010 grâce à des privatisations

Le gel d'investissements publics

  • Report de la construction du nouvel aéroport de Lisbonne
  • Report de la liaison ferroviaire TGV Lisbonne-Madrid

Une autre politique est possible ! Comment gouverner face aux banques ?

A l'opposé des programmes d'austérité défendus partout par les sociaux-démocrates, le Parti de Gauche propose une stratégie pour gouverner face aux banques et ainsi rompre la spirale de la dette qui dépouille les Etats.

Lire les propositions du PG Gouverner face aux banques !
 



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