25fév 15

Maintenant nous entrons dans une bataille de propagande contre la Grèce de Tsipras. Une troupe composite de droitiers écumant de rage, de gauchistes toujours prompts à excommunier qui ne se plie pas à leur mantras abstraites, et d’ancien gauchistes pour qui l’échec des autres doit justifier leur propre mutation libéralo-libertaire, se coalisent pour chanter sur tous les tons la « capitulation de Tsipras ». Que dis-je : « la première capitulation » comme titre « Médiapart ». Car bien-sûr, il y en aura d’autres ! C’est acquis d’avance ! Il est temps de se démoraliser promptement ! Il est juste de rentrer à la maison, de ranger les banderoles pour en faire des mouchoirs, d’éteindre les lampions et de se couvrir la tête de cendres froides. Jean Michel Aphatie a immédiatement posé le diagnostic : Tsipras a promis n’importe quoi, et maintenant, comme tous les autres, il doit « s’incliner devant les réalités ». Les réalités c’est la politique des intérêts allemands avec lesquels nous sommes appelés à collaborer dans notre propre intérêt ! Cette vision de la réalité n’est pas conforme aux faits. Elle est seulement une pièce dans le jeu de nos ennemis. Le but de notre lutte est la victoire. La partie se joue dans un délai qui n’est pas de huit jours. Deux rythmes sont à concilier. D’abord celui de l’opinion grecque parce qu’il engage la survie du gouvernement de Syriza. Ensuite celui des élections en Europe dans les pays où la brèche peut s’élargir : Espagne, Irlande et nous, aux régionales françaises de fin 2015. Imagine-t-on cette séquence ouverte par l'effondrement d’un pays qui est censé commencer notre cycle en Europe ?

L’Allemagne a joué un rôle hideux en créant une crise avec la Grèce. L’atrabilaire Schäuble a été si odieux avec les Grecs que le ministre Varafoukis a été mis dans l’impossibilité de traiter directement avec ce fanatique dominateur et insultant. La baudruche sociale-démocrate, Sigmar Gabriel, vice chancelier de Merkel, s’il vous plait, a confirmé que seule la capitulation serait acceptée par le gouvernement de droite et du PS d’Allemagne. Du coup « El País », le quotidien espagnol proche du PSOE titre fièrement « l’Allemagne impose sa loi ». Célébrer l’Allemagne avec ces mots, c'est politiquement correct ! Sans oublier la presse allemande qui adresse à la une des « danke ! Herr Schäuble », « merci, monsieur Schäuble » avec des trémolos dans la voix comme seuls les larbins « éthiques et indépendants » savent le faire quand il s’agit d’argent. Que tout cela soit la démonstration de ce que j’affirme sur l’arrogance du parti allemand en Europe est évidemment indifférent aux rédacteurs enthousiastes de ces coups de mentons. Le parti Merkel n’a pas besoin de se soucier des formes. Leurs petits amis français regardent ailleurs. Il veille, le parti bisounours pro-n’importe quoi du moment, que cela porte le tampon « Europe » et « économie de marché » ! Critiquer l’Allemagne est considéré ici comme du racisme selon Cohn-Bendit et ses répétiteurs de la meute des libéralo-libertaires. Qu’un Allemand défende l’Allemagne est toujours sympathique, n’est-ce pas, Jean-Patou ? Qu’un Français défende son pays et les peuples qui souffrent, à commencer par les douze millions d’Allemands pauvres c’est du chauvinisme, n’est-ce pas Marie-Syphilde ? On connaît. Parce qu’on a déjà connu.

Rassemblement de soutien au peuple grec devant l’ambassade d’Allemagne en France, le mercredi 25 février 2015
Rassemblement de soutien au peuple grec
devant l’ambassade d’Allemagne en France,
le mercredi 25 février 2015

Donc, pour l’essentiel il s’agit d’une bataille de communication et de propagande dont l’enjeu est la capacité de contagion de la rupture grecque ! Une bataille. Le but des eurocrates politiques et médiatiques, une fois passé le temps de la rage et de l’injure, passé leur déception de ne pas avoir vu l’extrême droite être au niveau qui permet le chantage au vote utile de tous les moutons affolés, c’est d’isoler la Grèce de Tsipras. L’isoler diplomatiquement et l’isoler dans le peuple en déconsidérant l’alternative Tsipras pour dissuader les autres pions du domino. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le numéro du gros quotidien espagnol « El País » qui encense la « victoire » de l’Allemagne sur la Grèce soit également largement consacré à une série de calomnies et d’insinuations fielleuses contre Podemos, sur la même une. Avec reprise sur deux pages entières à l’intérieur, dont un ténébreux titre sur « la face occulte de Pablo Iglésias ». Quoique beaucoup plus vendu que « Le Monde », qui se confidentialise, « el Pais » est bien son homologue en Espagne. Evidemment, Podemos étant un danger électoral plus élevé que nous et « El Pais » n’ayant pas d’extrême droite à valoriser comme son homologue français, le « bashing » de Podemos occupe une place beaucoup plus large que le dénigrement du Front de Gauche dans le journal de Plantu et des publi-reportages lepénistes.

Voyons plutôt à présent où nous en sommes réellement. Une assemblée d’organisateurs de la fraude fiscale en Europe, hier encore présidée par un homme qui en avait fait une spécialité dans son pays, Monsieur Junker, se réjouit du plan grec et se sent « notamment encouragée par l'engagement fort à combattre l'évasion fiscale et la corruption ». Ha ! Ha ! À ces mots, on devine la comédie qui se joue. Ce qu’ils ont dû céder, ils veulent donner l’impression de l’organiser. L’idée est d’humilier la Grèce et de présenter son gouvernement comme traître à son peuple. Que le traité d’armistice ne soit pas à notre goût, cela va de soi. Pour autant, faut-il aboyer avec la meute et nous transformer en procureurs ? Faut-il ne tenir pour rien qu’en pleine Europe de l’austérité et dans un pays martyr une liste de « réformes progressistes » soit maintenue ? Car outre la lutte contre l'évasion fiscale et contre la corruption, la liste de réformes comprend, selon un aperçu fourni par le gouvernement grec, une série de mesures en faveur des plus démunis, conformément au programme électoral de Syriza. Il s’agit notamment de la fourniture d'électricité gratuite à des familles dans le besoin, d'accès gratuit aux services de soins, de distribution de coupons d'aide alimentaire et de transport pour les plus dépouillés. Sans oublier les quatre mois de gagnés pour préparer le round suivant !

Aucun des aboyeurs contre Tsipras n’ayant dénoncé la manœuvre de la Banque centrale européenne pour étrangler la Grèce en la privant de liquidités, aucun ne pouvait donc rendre compte du fait que toute la négociation s’est faite sous la contrainte. Avec un délai. Le gouvernement grec ne pouvait « tenir » que jusqu’à ce mardi, compte tenu du niveau des retraits de fonds opérés par les Grecs à l’annonce de la manœuvre de la banque centrale pour les spolier de leurs avoirs. Mon précédent post explique comment fonctionne cette mécanique. Gagner du temps sans renoncer à rien, c’était l’objectif. Il a mobilisé tous les amis du gouvernement grec actuel par tous les moyens dont chacun disposait. C’était aussi le sens du rapport de force qu’essaient de construire nos manifestations de soutien dans les rues. Désigner le gouvernement allemand comme responsable de l’étranglement de la Grèce est non seulement conforme à la réalité mais nécessaire pour la préparation idéologique des étapes suivantes de notre lutte. Voyons lesquelles.

rassemblement ambassade allemagne 3
Rassemblement de soutien au peuple grec
devant l’ambassade d’Allemagne en France,
le mercredi 25 février 2015

Commençons par la Grèce. Tsipras ne doit pas perdre le soutien populaire. Il doit l’élargir. Syriza a gagné avec 36 % des voix. Une large majorité continue à croire aux « bienfaits de l’Europe » ou aux menaces de la propagande libérale sur le sujet. Il est impossible d’infliger un effondrement du système bancaire moins d’un mois après avoir gagné une élection. Nous, Français, nous le savons, qui avons subi quatre dévaluations, un contrôle des changes et un emprunt forcé dans les premiers mois du gouvernement du Programme Commun à partir de 1981. Il faut que le peuple grec comprenne dans sa profondeur la responsabilité de l’Allemagne, la responsabilité du gouvernement Merkel pour expulser la Grèce de la zone euro pour que, dans le cas ou tout ceci finirait par avoir lieu, l’actuelle majorité ne se voie pas imputer la responsabilité des aspects désagréables qui en résulteraient. Le bras de fer, les négociations à rebondissements, sont un élément de la pédagogie de masse d’un pouvoir populaire. Il doit devenir clair pour tous que le problème de l’Europe, c’est l’Allemagne qui le concentre. Evidemment, le jeu de l’adversaire est de proclamer une défaite quand les mesures de violences n’ont pas eu raison du courage des Grecs.

Voyons la ligne de brèche en Europe. Imagine-t-on ce que seraient des élections en Espagne, Irlande, chez nous et ailleurs si le bilan du changement en Grèce était l’effondrement en un mois ! Je n’en dis pas davantage. Mon intention est seulement de faire comprendre qu’une partie comme celle-là ne se joue pas sur le mode gentillet d’une alternance à la papa. Le continent européen entre en ébullition ! La guerre gronde à la frontière de l’est en Ukraine, dans les mains d’irresponsables provocateurs néo-nazis et d’agents Nord-Américains. Les pays récemment annexés par l’union européenne ou ceux qui entrent dans la catégorie des candidats à l’entrée dans l’Union connaissent tous de violentes secousses sociales qui remettent en cause tous les équilibres et petits calculs. Plus de 50 000 personnes du micro prétendu État croupion du Kosovo quittent leur pays pour aller essayer de travailler en Allemagne, sur la base d’une simple rumeur de visa facile. On voit que rien ne tient par soi-même des constructions absurdes de cette « Europe » qui protège. Quand plus de la moitié des immigrations en Europe viennent des pays européens eux-mêmes, le chaos s’avance. Quand, dans une vision étroitement marchande de type post-colonial, le gouvernement allemand pense compenser le vieillissement accéléré de la population par des vagues géantes de migration, il joue avec le feu qui est déjà allumé dans un pays dont les remugles ethnicistes sont en pleine résurrection.  

Dans ce contexte européen, le gouvernement de Tsipras obtient une victoire. Cela parce que le rapport de force lui était totalement défavorable. Alexis Tsipras est Premier ministre depuis moins d’un mois. Il a dû mener cette négociation en même temps que l’installation de son nouveau gouvernement et avec un pays au bord de l’asphyxie financière. Il était seul à la table de négociations, sans alliés, avec seulement quelques États jouant un rôle de médiateurs. Il dirige un pays d’à peine 11 millions d’habitants sur les 334 millions d’habitants de la zone euro. La Grèce représente à peine 2% de la production annuelle européenne. Que tous les docteurs en sciences révolutionnaires méditent ce que veut dire un rapport de force national !

Le gouvernement grec a négocié avec le pistolet sur la tempe. L’accord est intervenu 8 jours avant la fin du plan de « sauvetage » actuel, alors que l’Union européenne et le FMI doivent verser 7,2 milliards d’euros. Surtout, la Grèce avait sous la gorge le couteau de la BCE. On sait que depuis le 4 février, la BCE a coupé le canal essentiel de refinancement des banques grecques. Elle ne renouvelle l’autre canal de refinancement que par périodes de 15 jours selon la méthode d’un chantage permanent. Dans ce contexte, les retraits aux guichets des banques grecques s’envolaient ces derniers jours. Certaines sources indiquent que le gouvernement grec aurait été obligé de limiter les montants retirés dès ce mardi, voire que certaines banques n’auraient pas pu ouvrir. Dans ce contexte, combien de gouvernements auraient passés par-dessus bord tous leurs engagements ? Pas Tsipras.

rassemblement ambassade allemagne 2
Rassemblement de soutien au peuple grec
devant l’ambassade d’Allemagne en France,
le mercredi 25 février 2015

L’accord prévoit le prolongement du financement européen pour 4 mois, jusqu’à fin juin. Cela inclut le versement de 7,2 milliards d’euros : 1,6 milliard d’euros de la part du Fonds européen de stabilité financière, 1,6 milliards d’euros de la BCE qui reversera les intérêts perçus sur la dette grecque, et 3,6 milliards d’euros du FMI. Le gouvernement grec a aussi obtenu une prolongation du fonds destinés à la stabilisation du système bancaire. Certes, il n’a pas obtenu de pouvoir récupérer les 11 milliards d’euros concernés pour le budget grec. Mais l’Allemand Schäuble n’a pas obtenu non plus que ce fonds soit dissout et que les 18 autres pays récupèrent cet argent comme il le réclamait.

Le gouvernement grec a obtenu plusieurs choses. Tout d’abord, donc, un financement pour 4 mois qui lui permettra de rembourser 1,4 milliards d’euros au FMI en mars et de faire face aux rentrées fiscales jusqu’ici moins importantes que prévues par le précédent gouvernement. Ce versement ainsi que le temps gagné vont permettre au gouvernement de commencer à appliquer son programme. Ce prolongement n’est pas une fin en soi comme l’exigeait l’Allemagne puisque le communiqué de l’Eurogroupe indique clairement que « cette extension comblera également le temps nécessaire pour les discussions sur un éventuel accord de suivi entre l'Eurogroupe, les institutions et la Grèce ». À mes yeux, la perspective d’une période de transition est une nette victoire des Grecs.

Tsipras a obtenu plus que cela. Il a obtenu de ne pas augmenter la TVA, ni durcir les conditions de départ à la retraite, ni baisser les pensions de retraites comme l’exigeait la Troïka et comme le prévoyait l’ancien gouvernement de droite. Il a également obtenu une levée partielle de la tutelle sur son pays. L’accord prévoit en effet que c’est le gouvernement grec qui proposera désormais des réformes et que « les institutions », c’est-à-dire la BCE, le FMI, la Commission européenne et les autres États de la zone euro devront les accepter, en partie dès ce mardi 24 février, en partie d’ici fin avril. Comme l’a dit le ministre Varoufakis, la Grèce cesse d’être un élève soumis à la Troïka pour proposer « son propre script ». C’est ainsi que le gouvernement grec a fait savoir que les réformes du droit du travail relevaient de la « souveraineté nationale ». Il a donc maintenu sa promesse de rétablir les conventions collectives protégeant les salariés.

Le gouvernement grec s’engage en contrepartie à payer ses créanciers ? Rien d’autre que ce que Tsipras avait dit dans sa campagne électorale. Le gouvernement grec s’est aussi engagé à ne pas prendre de mesures unilatérales ayant « un impact négatif sur les objectifs budgétaires, la reprise économique, la stabilité financière ». Le gouvernement Tsipras a toujours dit qu’il ne souhaitait pas remettre en cause l’équilibre budgétaire ni procéder par des annonces unilatérales. Il est décisif pour lui de montrer que s’il a été contraint à des annonces unilatérales ces derniers jours, c’est en réponse à l’agression unilatérale de la Banque centrale européenne le 4 février et à l’arrogance du ministre allemand tout au long de la négociation. La liste des « réformes » qu’a proposée le gouvernement grec a été adoptée. Si elle avait été rejetée, le ministre Varoufakis a déjà fait savoir qu’il considérerait l’accord de vendredi comme « nul et non avenu ». Cette liste de réformes que propose le gouvernement prouve sa détermination. Il entend utiliser les quatre mois qui viennent pour commencer à appliquer son programme. L’essentiel, on l’a dit, a habilement porté sur la lutte contre la corruption et la fraude fiscale. Que pouvaient objecter les eurocrates qui sont ici sur leur point faible ! Et il y a aussi une réforme fiscale pour « que les impôts soient réparties de manière plus juste socialement ». On voit bien ici que le simple mot de « réforme » ne veut rien dire. Qu’y a-t-il de commun entre exiger une hausse de la TVA, impôt injuste, et lutter contre la fraude fiscale des oligarques grecs ? Rien sinon le mot « réforme » et, éventuellement, la recette fiscale qu’on peut en attendre. Il est d’ailleurs stupéfiant de voir que le communiqué de l’Eurogroupe reconnaît qu’en la matière, « les priorités politiques grecques peuvent contribuer à un renforcement et une meilleure mise en œuvre de l'arrangement actuel ». La zone euro découvre ainsi que Syriza est mieux armé pour lutter contre la corruption que les partis corrompus qui dirigeaient la Grèce jusqu’ici ! C’est sans doute l’hommage du vice à la vertu.

Voila où nous en sommes. Si Schäuble refuse les réformes grecques, il portera la responsabilité de la rupture. Il en va de même pour le Bundestag, le Parlement allemand, qui doit se prononcer sur l’accord, comme les Parlements néerlandais, estonien et finlandais. Si tout se passe sans encombre, la bataille va se poursuivre. Celle visant bien sûr à « préciser et valider » la liste des réformes pour valider les versements d’ici fin avril. Mais surtout, la discussion de fond d’ici fin juin sur la renégociation de la dette grecque. Comme l’a dit Tsipras, la Grèce tourne le dos à l’austérité mais des difficultés restent à venir. La bataille se poursuit. Elle sera rude. Les menaces et le chantage risquent de reprendre au fur et à mesure qu’on se rapprochera de la fin juin. Tsipras a donc 4 mois pour faire grandir la capacité du peuple grec à tenir le choc et pour trouver des alliés, y compris hors de l’Union européenne. Pour notre part, nous avons 4 mois pour faire grandir la solidarité avec le peuple et le gouvernement grecs.

Je conclus ce chapitre par un extrait du discours de Tsipras du samedi 21 février. J’estime que sa parole a davantage d’importance et de crédibilité que celle d’une poignée de commentateurs intéressés à sa défaite. Le gouvernement grec n’a pas l’intention de céder. Le discours d’Alexis Tsipras, samedi 21, le dit clairement. Je vous en livre quelques extraits pour que vous notiez la tonalité combative et la place de la bataille pour la souveraineté dans son combat. « Nous avons franchi une étape décisive, laissant l’austérité, le mémorandum et la Troïka derrière nous. Une étape décisive qui autorisera le changement dans la zone euro. [Vendredi] n’était pas la fin des négociations. Nous allons entrer dans une nouvelle étape, plus substantielle, dans nos négociations jusqu’à atteindre un accord final pour la transition des politiques catastrophiques du mémorandum vers des politiques centrées sur le développement, l’emploi et la cohésion sociale. Certes, nous allons faire face à des défis. Mais le gouvernement grec s’est engagé à aborder les négociations qui auront lieu entre maintenant et juin avec encore plus de détermination. Nous nous engageons à la restauration de notre souveraineté nationale et populaire. Ensemble, avec le soutien du peuple grec, qui sera le juge ultime de nos actions. Comme partisan et participant actif, le peuple grec nous aidera dans nos efforts pour parvenir à un changement politique. Notre lutte commune continue. »

Merci Alexis !


169 commentaires à “Le problème en Europe, c’est l’Allemagne de Merkel”

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  1. 151
    naif dit:

    Alexis Tsipras a accusé, ce samedi devant les membres du comité central de Syriza, le gouvernement de droite espagnol et le gouvernement portugais d'avoir essayé de torpiller les récentes négociations de la Grèce avec l'Union Européenne au sujet de la reconduction de la dette. Alexis Tsipras a notamment déclaré "On était sur un terrain miné, les forces conservatrices (en Europe) ont tenté de nous piéger pour nous conduire à une asphyxie financière. Ces puissances ne souhaitaient pas que l'exemple grec ait une influence sur d'autres pays, surtout dans la perspective d'élections en Espagne". Eh oui, tout est dit dans ces deux phrases. L'émergence de Podemos en Espagne fait craindre à l'exécutif du pays une bérézina électorale, la perte de la majorité absolue. (source)

  2. 152
    LCParis dit:

    "La guerre gronde à la frontière de l’est en Ukraine, dans les mains d’irresponsables provocateurs néo-nazis et d’agents Nord-Américains."
    Lire une telle phrase sous la plume d'un responsable politique de gauche, démocrate et républicain, c'est effarant. Avez-vous vu le résultat des dernières élections en Ukraine ? Comparez avec les partis ayant une idéologie nationaliste en Russie, vous verrez la différence. L'axe Le Pen-Orban-Poutine devrait pourtant vous ouvrir les yeux. Le fait que les pays d'Europe centrale et orientale aient choisi d'adhérer à l'OTAN, même si on peut le déplorer, n'en fait pas des pantins de l'oncle Sam. Et ça n'a rien à voir avec le dénigrement du rôle de l'Armée rouge pendant la Seconde guerre mondiale, qui en effet est à mettre en valeur plus que jamais (mais sans masquer pour autant les zones d'ombres et les erreurs parfois criminelles de Staline pendant cette guerre).

  3. 153
    isabel .t dit:

    Merci Jean-Luc pour ces précisions car vous êtes le seul à faire éclater toujours la vérité. La Grèce nous ouvre des portes et nous devons continuer le combat. Il faut faire barrage au FN qui se réjouit de la politique lamentable de Hollande. Vivement la 6e république !

  4. 154
    Sylvain dit:

    @LCParis
    Vous évoquez les résultats des dernières élections en Ukraine mais vous ne parlez pas des tractations secrètes qu'ont opéré les USA pour influencer très profondément le paysage politique ukrainien et ce, dès 2002, quand Mark Taplin, diplomate américain, est devenu directeur du bureau des affaires de l’Ukraine afin de développer la politique des États-Unis vers ce pays en vue de l’élection présidentielle ukrainienne de 2004. C'est certainement un hasard si au moment de son départ a éclaté la "révolution orange". Nous ne tiendrons pas compte des manipulations, toujours américaines, qui ont précédé les élections que vous évoquez tout comme nous laisserons de côté la déclaration du 13 décembre 2013, du vice-président de Monsanto, Jesus Madrazo, qui a déclaré que sa compagnie voyait "l’importance de la création d’un environnement favorable en Ukraine, qui encourage l’innovation et émule le développement continu de l’agriculture". Loin de moi l'idée de penser que les Ukrainiens ne tarderont pas à se goinfrer d'OGM. Vous me faites penser à ce fier démocrate français, Lellouche Pierre, de Paris aussi, qui insulte Jean-Luc partout où il peut avec toujours les mêmes...

  5. 155
    LCParis dit:

    @Sylvain
    Que les Américains aient joué un rôle de soutien à la révolution orange de 2004, c'est certain, et ce fut le cas aussi en Serbie. Mais ça ne fait pas des manifestants qui ont eu des motivations légitimes des marionnettes des USA ! Et pour Maïdan c'est loin d'être évident du reste. Les élections ukrainiennes ont donné environ 15% des voix pour des partis nationalistes, et la majorité au pouvoir est composite. Secteur Droit a fait moins de 2% et n'est pas dans la coalition. Dire que les néo-nazis sont au pouvoir à Kiev est donc une erreur (même si le premier ministre ukrainien a commis une faute avec ses déclarations sur la Seconde guerre mondiale, corrigée par Merkel). En Russie le LDPR allié historique du FN a fait 12% des voix en 2011, et aujourd'hui son leader Jirinovski défend largement la politique du Kremlin, dont le parti "Russie Unie" a fait 49% des voix en 2011. Je vous laisse calculer où les nationalistes sont au pouvoir. Je ne pratique pas l'insulte ni l'amalgame et j'ose espérer que les militants du PG non plus (j'en connais quelques uns, dont Jean-Charles Lallemand qui connaît bien la Russie d'aujourd'hui, qui sont bien plus critiques à cet...

  6. 156
    Sylvain dit:

    @LCParis
    Le marionnettiste semble magicien et la légitimité des gens manipulés peut toujours porter à interprétation. Tout dépend du nombre de lapins sortis du chapeau ! En tout cas, me voilà fort rassuré de savoir que les responsables ukrainiens sont de parfaits démocrates. Je suis content de l'apprendre et je vous en remercie avec énormément de courtoisie. Encore merci pour vos précieuses lumières !

    [Edit webmestre : Cet échange n'a pas sa place ici. Il s'est tenu, tant pis. Mais il est terminé.]

  7. 157
    Franck dit:

    Tsipras a raison de mettre chacun devant ses responsabilités, notamment en les dénonçant ouvertement, tels que Rajoy (Espagne) et d'autres. Il faudrait en même temps, que Syriza ou Tsipras lui-même en appelle tout aussi ouvertement aux peuples d'Europe, de soutenir activement leur démarche qui nous concerne à tous. Un tel appel toucherait beaucoup de monde, l'image de Tsipras n'a pas encore eu le temps d'être entièrement détruite par les chiens de garde nationaux.

  8. 158
    educpop dit:

    Militant et candidat dans un canton rural, je suis inquiet quand j'entends des camarades dire que nous devons faire obstacle au FN, comme si des rebondissements étaient toujours possible dans une situation confuse. Pour la masse des gens, ce qu'ils croient être la gauche a entretenu la confusion trop longtemps et maintenant cette majorité silencieuse pense qu'elle y voit clair, et elle veut sortir du silence. Personne ne sait ce qu'est l'alliance du FMI, de la commission européenne et de l'eurogroupe, ils voient un patron lointain qui peut bien négocier des GMT, pourvu qu'il rétablisse l'ordre en n'accordant plus rien comme assistance sociale à une masse de "racailles". Le FN représente la possibilité de se faire croire qu'on peut prendre des mesures contre l'ennemi de l'intérieur, et supprime l'attention qui pourrait être accordée aux ennemis de l'extérieur, c'est à dire la dictature de la finance. Jean-Luc Mélenchon dit qu'il n'y aura pas de guerre civile, j'aimerais bien en être aussi sûr que lui.

  9. 159
    Jonathan L. dit:

    Salutation! Et d'abord merci pour ces explications toujours précises et justes. J'avais déjà lu ce billet depuis quelques jours, et je souhaite partager ici une pensée militante. Le m6r va déjà dans son sens, mais j'aimerai l'appuyer. Donnons l'occasion à chacun de participer, à l'échelle de ses hautes espérances en un avenir d'avantage démocratique, en leur proposant des rôles et des actions tout aussi hautement importants. Je pense que cet axe est primordial
    à bientôt!

  10. 160
    LCParis dit:

    A signaler l'édito de Guillaume Duval publié ici et repris notamment par Pascal Riché . Vous n'êtes pas seul dans votre analyse Jean-Luc !
    Quant à la situation en Ukraine-Russie, j'espère que vous aurez bientôt au sein du PG un débat argumenté à ce sujet.

  11. 161
    Tobias dit:

    Excellent article Mr Mélenchon, comme d'habitude. L'Allemagne de Merkel et le l'UE nous entraînent dans un gouffre sans fond avec le délire ultra libéral.

  12. 162
    carlo dit:

    Il ne faut pas s'imaginer que les traités ne sont qu'un cadre théorique. Ils s'imposent à nous. Nous les avons signés et nos partenaires sont en droit d'en exiger le respect. Mais, pour cette même raison, les traités nous protègent. En effet, l'évolution des rapports de force en Europe ne saurait suffire à nous obliger à conduire une politique contraire aux traités que nous avons signés. C'est heureux, et les Allemands ont donc tout à fait raison de s'assurer que la politique de l'UE est compatible avec les traités.
    Imaginons que les partis d'extrême droite remportent les élections dans une majorité de pays européens, ils ne pourraient pas arguer de leur victoire pour imposer à l'Europe tout entière une politique hostile aux étrangers contraire aux traités. Voilà à quoi servent les traités et nous aurions bien tort de les mépriser.
    Mais si les traités européens ne nous conviennent pas, et ils ne nous conviennent pas, il faut les modifier. Et si ce n'est pas possible, et ce n'est pas possible étant donné que l'accord de tous les autres pays est requis, il faut les dénoncer.

  13. 163
    richard30 dit:

    @ carlo.
    Votre synthèse est claire : il faut dénoncer les traités signés par des mandataires qui n'ont pas demandé leur avis à ceux qui leur ont confié, par obligation de la loi, le mandat de représentation. De plus,, s'agissant de l'Union Européenne qui regroupe 500 millions de citoyens, ce ne sont pas des traités qui doivent valider les principes de fonctionnement de ses institutions mais une Constitution Européenne. Il est donc impératif, à présent, d'établir une liste d'arguments permettant de dénoncer ces traités abusifs, tout comme ceux qui se négocient à "huis clos" au sein de la Commission européenne. L'Union Européenne est-elle conçue pour servir les intérêts des 500 millions de citoyens qui la constituent ou pour servir ceux d'une poignée de privilégiés qui en ont pris abusivement le contrôle?

  14. 164
    JeanLouis dit:

    Cher Mr Mélenchon quand saisirez vous la chance historique d'être le premier à gauche (la vraie) de se lever et de dire enfin clairement que cette Europe nous n'en voulons plus, qu'elle était sensée nous protéger des guerres mais maintenant c'est la guerre aux peuples qu'elle conduit pour le profit de quelques uns ? C'était un beau projet, en fait une utopie et il faut tout reconstruire. La vraie gauche ne peut plus aujourd'hui je pense militer que pour ça et construire son projet là dessus avec force, sinon porte ouverte au FN.

  15. 165
    educpop dit:

    En même temps que les Grecs font un effort démesuré pour restaurer leur souveraineté nationale, on voit les portraits des dirigeants de la droite et de l'extrême droite partout, il y a comme une ambiance de tragédie dans cette compétition pour obtenir la faveur des dieux de l'argent. Ce jeu symbolique prend la tournure d'une odyssée, que faudra-t-il payer pour rejoindre le port ? Le peuple souverain en France a une idée approximative de sa souveraineté, il vénère des idoles issues du monde de la comptabilité sans savoir qu'ils font dire aux chiffres ce qu'ils veulent. C'est une image figée et ricanante du destin

  16. 166
    archerducher dit:

    Est-ce que ce focaliser sur le FN c'est faire le jeu du PS, qui lui pense déja au report des voix, mais cela est une autre histoire.
    En tout cas votre passage "au divan" nous a permis de découvrir un autre Jean-Luc Mélenchon devant les caméras,autres que médiatriques, sensible, humble et humain.

  17. 167
    Syl91 dit:

    Assez d'accord avec les propos plus réalistes de @LCParis. Ce qui me gêne encore (et de plus en plus) dans vos communications c'est que la manipulation vient toujours des autres. Il serait dit que tous les camps manipulent je ne pourrais qu'être d'accord par principe. Mais dire que la Russie est toujours blanche comme neige et les USA toujours coupables me semble très simpliste donc fortement suspect. Vous vous plaignez de la façon dont les journaux vous traitent (vous et le parti de gauche) mais en fin de compte, vous utilisez les mêmes armes, approximations, affirmations sans preuves, généralisation, aveuglement sélectif. Je trouve dommage que tant de bonnes idées soient gâchées par un discours orienté. C'est à désespérer d'un réel changement dans la façon de faire de la politique.

  18. 168
    Thierry_M dit:

    Même si le sujet de la Grèce n’est pas abordé dans ce billet, il l’a été longuement dans celui du 25 février. Aussi je me permets de porter à la connaissance de tous le discours d’A. Tsipras au Comité Central de Syriza paru dans LGS le 4 mars. Il donne des réponses aux questions qui étaient posées dans le précédent billet. J’ai choisi deux citations de Tsipras. Ici même JL Mélenchon nous a tenu des propos similaires.
    « A partir de maintenant, nous ne traiterons plus nos affaires avec des employés, mais avec la Commission et les institutions qui par leur caractère proprement politique sont obligées dans le cadre de leurs fonctions et de leurs entretiens d’adopter des critères qui ne sont pas exclusivement technocratiques mais aussi politiques. »
    « Si le peuple nous a accordé sa confiance, c’est parce que pour nous, les employés, le développement productif progressif, l’environnement et l’intérêt public, sont au­-dessus des intérêts commerciaux, aussi grands qu’ils soient et aussi importants qu’ils soient leurs réseaux d’influence. »

  19. 169
    Doudou dit:

    La vision de ce super ministre de l'économie, Yanis Varoufakis, seul contre tous, alors que c'est lui qui a évidemment raison, m'a profondément choquée. Je pense à Allende. Les grecs n'ont pas de pétrole à nationaliser, il faudrait les aider, et au contraire on essaie de tuer le nouveau gouvernement dans l'oeuf. Je suis encore plus furieuse contre Hollande et le gouvernement français, qui ont lâché sauvagement les Grecs et tournent délibérément le dos à la démocratie. Après ils viendront nous dire que nous sommes responsables si le fascisme prend le pouvoir ? A d'autres.
    En effet, il faut voir le documentaire signalé par @gp91 sur la troïka, passé par ARTE.

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