11juil 14

Au début de l’été

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Il y a un an, quand la CIA, qui l’avait pourtant espionné, l’a ordonné, Hollande a bloqué l’avion de Moralès. Merkel est d’un autre bois. Elle vient d’expulser le chef des espions américains en Allemagne ! Le tout sur la base du travail d’une commission parlementaire ! Bravo l’Allemagne ! Et François Hollande ? Qui ça ?

Le gouvernement d’Israël martyrise la population de Gaza sur le principe barbare de la responsabilité collective. En état de guerre, c’est évidemment un crime. Humilier une population sans défense est une chose à la portée de n’importe quelle brute. L’Histoire en regorge. Les Juifs l’ont su avant tous. Mais vaincre la haine qu’un tel comportement répand à foison et empêcher qu’elle ne submerge ensuite les bourreaux est tout simplement impossible. Les bombes du gouvernement d’Israël creusent sa propre tombe. Que dit la France à ses amis israéliens et palestiniens ? Que dit François Hollande ? François qui ? 

La deuxième session du parlement européen à Strasbourg commence le 14 juillet. Evidemment. Le Parlement européen se réunit aussi le 11 novembre de façon quasi systématique. Cette Europe-là est absolument imperméable aux symboles fondamentaux de la part culturelle commune des peuples qui la composent. En tous cas, ce nouveau Parlement a inauguré une nouvelle période de l’abaissement de la France en Europe. Son rôle institutionnel va régressant sans cesse. Mercredi dernier, nous auditionnions d’ailleurs le candidat que madame Merkel a fait préférer au Français Michel Barnier pour le poste de président de la Commission, Jean Claude Juncker. Un moment formel mais haut en couleur. J’en parle.

Ensuite, je viens sur le vote à l’Assemblée nationale et au Sénat sur le nouveau budget de l’Etat revu par Manuel Valls. Cette séquence, avec le budget de la Sécurité sociale et les quarante milliards de cadeaux au MEDEF qu’il contient, forme un tout. Manuel Valls a parfaitement contrôlé la situation dans les institutions. Le prix à payer sera terrible pour l’économie du pays et pour ce qu’il reste de gauche politique. Le pauvre couteau sans lame qui avait été agité avec des cris de guerre n’a tranché que ce qui était dans ses moyens : du vent ! Les « frondeurs », ont ainsi fonctionné comme un paravent utile au crime en donnant l’illusion d’une résistance qui s’est opportunément effacée au moment de passer à l’acte. L’effet démoralisant de cette pantalonnade se mesurera bientôt. A une gauche politique méthodiquement minée par les manœuvres d’appareil orchestrée par l’orfèvre élyséen, s’ajoute un champ syndical mis en miettes par les coups tordus. L’affaire du report de l’accord pénibilité ridiculise ceux qui en avaient fait un argument pour céder tout le reste. Là encore, les génies de la combine détruisent tout, divisent tout. Reste que Valls n’a pas seulement fait passer sans problème au Parlement le plan scélérat en faveur du MEDEF. Il a surtout assommé l’économie du pays. Le ralentissement de l’activité et le chômage vont exploser après cette nouvelle absurde saignée. D’autant qu’au niveau mondial et continental, les évaluations du FMI sur ce point sont aussi à la baisse. L’onde de choc dépressif de cette ponction de 50 milliards va se propager sur les deux années à venir au moins. Fin 2016, nous serons donc dans un champ de ruines sociales encore plus tendu qu’à présent. A ce moment-là, le chantage au vote utile commencera plein pot pour tenter de mettre au pas ce qui restera de l’espace politique de la gauche. Je pense que ce sera sans résultat électoral. Le dire, c’est aussi pointer l’ampleur du naufrage moral que les solfériniens ont déjà provoqué dans la profondeur du pays et qu’ils entretiennent. La haine que leur vouent d’amples secteurs venus de la gauche les indiffère. Aveugles, sûrs d’eux, persuadés qu’il n’y a aucune autre politique possible, ils ne bougeront pas d’un pouce de leur trajectoire. Ces gens si partisans de « flexibilité », si « modernes », et ainsi de suite, se comportent en réalité comme les pires des sectaires fanatisés. Cependant, on peut compter sur l‘addition des peurs et des lâchetés pour voir les appareils politiques petits et grands se contenter de ce viatique pour justifier d’émouvants et stérilisants « appels à l’unité ». L’élection sénatoriale qui vient en donne un avant-goût. Donc, le terrain politique va continuer à se décomposer. De ce contexte je dis aussi quelques mots. Je commence par l’Europe. Le reste à la suite.

La France flouée en Europe

Le souvenir de la grande tuerie qui nous fait le devoir de paix sur le vieux continent ne compte pour rien aux yeux des faiseurs de phrases néolibéraux qui gouvernent partout. Pas davantage la célébration de l’évènement révolutionnaire qui a « ouvert l’ère moderne » selon Goethe. Mais dans ce cas, il y plus. La détestation de tout ce qui est français par le monde politique européen voué aux valeurs anglo-saxonne est une réalité palpable de l’univers européiste. Je le ressens parce que je ne le supporte pas. Il s’enracine dans tout ce qui a résulté de l’avènement républicain et des principes politiques que celui-ci a introduit dans l’Histoire politique réelle. Ce mépris a son écho dans la conscience des Français eux-mêmes. Le mépris de soi et le déclinisme morbide des « élites » françaises et de leurs miroirs médiatiques fait le travail. A la faveur de cette mise à l’écart, les Allemands profitent de la stupidité euro bêlante des dirigeants français pour pousser leurs pions de tous côtés. La France, rappelons-le, est « contributrice nette » pour six milliards d’euros au budget de l’Europe. Cela veut dire que nous recevons de l’Europe six milliards de moins que nous lui donnons pour subir sa dictamolle. Pour autant, la France sous François Hollande est plus absente que jamais des postes clefs des institutions européennes. Soyons juste : l’abaissement a commencé avant l’actuel euro-ravi qui nous préside.

Avec le traité de Nice, Jacques Chirac avait déjà accepté d’entrer dans l’inacceptable. Depuis lors, en effet, la France sera moins représentée que l'Allemagne au Parlement européen. Or, il n’est d’Europe viable que sur la base d’une stricte égalité entre Français et Allemands, comme l’avaient déclaré conjointement De Gaulle et Adenauer. Et cela fut respecté quand il y avait deux Allemagnes sans que les Français, alors bien plus puissants, y dérogent jamais. Mais sitôt la réunification allemande faite, sans barguigner, la volonté de puissance fut de retour. L’argument était que le nouveau nombre des Allemands leur créerait des droits supplémentaires à être représentés plus nombreux au Parlement européen. Et les dirigeants français, gorgés d’illusions et de souvenirs dépassés, sans tenir compte des permanences de l’Histoire ni des changements de mentalités, cédèrent sans réfléchir plus avant. Munificents, ils allèrent même bien au-delà du raisonnable. En effet, l’écart entre le nombre de députés français et allemands au Parlement européen est supérieur à l’écart de population entre nos deux pays. Bien sûr, l’écart est en faveur de l’Allemagne. Le nombre de députés attribué à chaque pays est censé prendre en compte son poids démographique mais, avec ses 96 députés, l'Allemagne a 30% de députés de plus que nous pour une population seulement 25% plus nombreuse, provisoirement.

L’abaissement se traduit également dans les présidences de commissions parlementaires. La France, pays fondateur de l'Europe, avec ses 65 millions d'habitants, est singulièrement absente. Ainsi, les prestigieuses commissions Affaires étrangères, Emploi et Affaire sociales, Commerce international, Transport ou encore Contrôle budgétaire sont présidées par des Allemands. De même, les Polonais ou les Italiens dirigent quatre commissions quand seulement deux sont présidées par des Français. Du côté de la Commission européenne, ce n'est pas mieux. Les Français pressentis pour être commissaires, que ce soit Elisabeth Guigou, l’actuelle présidente de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale ou encore de Pierre Moscovici, ne sont attendus à aucun poste clef. En revanche, la Grande-Bretagne, après avoir pourtant menacé d'organiser un référendum sur la sortie de l’UE, a obtenu un poste de Secrétaire général à la Commission européenne. Poste certes peu connu. Il est néanmoins tout à fait stratégique. Car c’est là que se fait la veille de l'application des traités et législations européennes. Et le titulaire participe aux nominations de hauts fonctionnaires au sein de la Commission. Après quoi c’est encore un Allemand, Martin Selmayr, ancien directeur de campagne de Jean-Claude Juncker et ancien chef de cabinet de Viviane Reding, qui obtient la tête du cabinet d’intérim du futur président de la Commission européenne.

Hollande ne dit rien, ne fait rien. Tout le fait rire sans doute, comme d’habitude. Et il fait rire tout le monde en Europe. Car la France de Hollande a capitulé d’entrée de jeu sous le nouveau quinquennat. Hollande l'avait annoncé en léchant les mains de la Commission qui frappaient notre pays : « la France est le bon élève de la classe Europe ». C'est fait : elle est la colonie la plus méprisée de la Commission européenne.

Juncker le rusé

Jean-Claude Juncker est le candidat à la présidence de la Commission soutenu par madame Merkel contre l’UMP Michel Barnier. Il se situe deux ou trois pointures au-dessus de Manuel Barroso en matière de finesse politique. Fini le régime des moulinets et des coups de menton sans contenu. Fini le temps de l’homme qui parlait huit langues pour ne rien dire. Juncker dit des choses. Il est donc possible qu’il se passe quelque chose avec lui. Au moins parce qu’il semble avoir conscience du danger qui pèse sur l’Europe actuelle du fait de la désaffection massive des peuples à son endroit. Qu’est ce qui me fait dire ça ? Sa décontraction au moment où il s’exprime là où Barroso aurait contourné volubilement et énergiquement le sujet. On comprend donc ma surprise. Pas ordinaire ici d’entendre quelque chose de clair et net. Ainsi quand il dit : « vous pouvez me traiter de libéral et tout ça, mais moi je n’aurais pas fait le Hartz IV de Schroeder ! En Europe le libéralisme c’est Blair et Schroeder qui l’ont amené ». Plus étonnant encore quand il me donne raison sur le fait que la Russie ne peut être traitée sur le mode du retour à la guerre froide ou quand il affirme qu’il ne participera pas au « Russia-bashing actuel ». Si l’on tient compte de l’ambiance asphyxiante sur le sujet, et du fait que cet homme est candidat au nom des va-t-en-guerre sociaux-démocrates et conservateurs, on doit comprendre que ce n’est donc pas rien d’entendre cela. Je donnerai d’autres exemple ensuite de ce « parler net » peu habituel dans le coton poudreux des arcanes européens

Pour le reste, il est évidemment totalement l’homme de son camp. Il s’en réclame avec habileté. Il le fait en récusant la séparation du monde entre les bons de gauche d’un côté et les méchants de droite de l’autre, suppôts du capitalisme. Rhétorique banale des conservateurs. Elle ne lui permet évidemment pas d’éviter de nous assener les simplismes ordinaires de la propagande de droite la plus éculée. Ainsi contre Pablo Iglésias (Podemos, Espagne) et ceux qui protestent contre le coût du remboursement de la dette, Juncker répond que la solution « ce ne peut être de nouvelles dettes »… Un simplisme que personne ne propose. J’ai noté aussi qu’il n’a rien répliqué à mon affirmation selon laquelle « personne ne paiera jamais la dette accumulée ». En tous cas, quels que soient les talents de séduction de l’homme venu dans une salle où il sait qu’il ne gagnera pas une voix, son identité politique lui colle à la peau. Qui me lit voudra peut-être rafraichir son savoir sur le sujet. M’y voici donc.

Jean-Claude Juncker a été Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013, soit dix-huit ans pendant lesquels son pays est devenu le paradis fiscal maintes fois dénoncé. L’homme est membre du Parti populaire chrétien social. En 1989, comme ministre des Finances et du Travail du Luxembourg, il a activement participé aux négociations du traité de Maastricht. Après quoi on le retrouve dans une brillante trajectoire au sommet de l’oligarchie mondiale pendant les années où le système financier actuel s’est accroche à la gorge du monde. Ainsi est-il, de 1989 à 1995, Gouverneur de la Banque Mondiale, puis de 1995 à 2013 Gouverneur du FMI, avant d’être le Premier ministre du Luxembourg avec le résultat que l’on sait. Il a toujours défendu le secret bancaire. Il faudra qu’il soit battu aux élections pour que le Luxembourg accepte enfin le nouveau système européen « d’échange automatique d’informations » fiscales sur les entreprises, le 20 mars 2014. Point culminant sur le gâteau des bons services à la finance mondiale. Mais ce n’est pas tout. De 2005 à 2013, Juncker a été le Président de « l'euro-groupe ». C’est cette instance, membre de la Troïka, qui a piloté la réponse austéritaire de la zone euro à la crise bancaire et à celle des dettes souveraines. Dans ces conditions, cela aura été un moment bien ébahissant de l’entendre dire que, pour sa part, il n’avait jamais été partisan de l’entrée du FMI dans la Troïka. Après quoi il ajoute qu’il faudrait penser à élargir la représentativité de ce groupe. Une formule sibylline qui annonce une initiative dont mieux vaut ne pas se réjouir d’avance. Car Jean-Claude Juncker a été l’un des artisans les plus actifs de l’Europe austéritaire en tant que président de l’euro-groupe jusqu’en 2013. Le « six-pack » et Traité budgétaire ont été adopté pendant son mandat et le « two pack » a été imaginé sous son autorité. C’est dans ces documents que sont concentrés les moyens d’asservissement financier des nations européennes. Tout cela fait un pedigree politique tout à fait clair. Un réactionnaire fin et compétent en quelque sorte. Dangereux à proportion de ses qualités.

De plus, comme c’est aussi le façonnier du Luxembourg actuel, on peut craindre sans procès d’intention qu’il ait de très mauvaises inclinations particulières. D’abord parce que le Luxembourg est un paradis fiscal selon ce qu’a dit l’OCDE en novembre 2013. Et ce n’est pas d’aujourd’hui. En 2008, l'OCDE avait déjà inscrit le Duché sur la liste « grise », celle des pays non-coopératifs, des paradis fiscaux. Il a été retiré de la liste en 2009 en échange de promesse de coopération. Cela n’a pas dû être convaincant car le Forum fiscal mondial, une instance adossée à l'OCDE, est en train de revoir ses données. Il est question de refaire une liste grise en 2014. Et on trouve déjà que quatre pays ont échoué à ce contrôle de conformité, dit "par les pairs" (les pays acceptant de se noter entre eux), sur la transparence et l'échange d'informations à des fins fiscales. Il s'agit du Luxembourg, de Chypre, des Iles vierges britanniques et des Seychelles. Un joyeux club ! Un autre classement confirme cette mauvaise réputation. C’est le classement des « meilleurs » paradis fiscaux par le magazine Forbes, en 2010. Il place en première position l’état nord-américain du Delaware et en seconde le Luxembourg, juste avant la Suisse, les Îles Caïman, la City de Londres, l’Irlande et les Bermudes… Fâcheuse compagnie confirmée par les mauvais résultats obtenus lors du rapport 2010 du GAFI, le Groupe d'Action Financière International. Il s’agit là d’une organisation multinationale créée en 1989, par le G7 soi-même. Il a pour mission de veiller au respect des normes internationales dans le domaine du blanchissement d’argent… tant de mauvaises indications forment un faisceau d’indications pas vraiment rassurantes. Souvenons-nous que l’encours bancaire des établissements financiers du Luxembourg représente 21 fois le PIB de ce confetti territorial. Par comparaison, celui de Chypre, qui connut la crise bancaire majeure dont on se souvient, n’était que de sept fois le PIB de l’île…

Achevons ce portrait croisé d’un homme et du pays qu’il a façonné. Sur le terrain, ça sent aussi une drôle d’odeur. Le Luxembourg est le siège européen de nombreuses multinationales. Vraiment beaucoup ! Et pour finir, cela fait sens. Ainsi sur 100 000 entreprises déclarées dans le Duché, 30 000 seulement relèveraient de l'économie réelle. Parmi ces grandes entreprises qui ont leur siège à Luxembourg il y a bien sur Arcelor Mittal et un bon paquet des géants de la net-économie, comme Skype et Apple. Pourquoi cet engouement ? Officiellement, l’impôt sur les sociétés est fixé à 29,22%, pas loin des 33% français. Mais le contournement fiscal est la vraie norme. Ainsi pour les « fonds d'investissement », l’impôt est doux comme une plume : 0,01% des actifs. Et pour les hedgefunds, la défiscalisation est presque totale. Pour le reste, le Luxembourg est une plaque tournante du dumping par la combine des travailleurs détachés. On y trouve un nombre record des agences d’intérim « boîte aux lettres » qui profitent du site alors qu’elles n’emploient personne ! Le pompon de l’art du tour de passe-passe le voici. Il concerne le succès de la marine luxembourgeoise. De 155 navires, l’effectif est passé à 254 sous pavillon luxembourgeois en 5 ans. Pourtant, le Luxembourg n’a toujours pas d’accès à la mer !

Le nouvel âge des luttes

Chaque jour, je reçois des nouvelles des luttes qui ont cours, soit qu’on veuille m’informer, soit qu’on me sollicite, soit que le parti décide de s’exprimer et que je sois appelé comme les autres dirigeants à donner mon avis sur un communiqué. SNCM, Hôpital de Garches, intermittents, ferme des mille vaches, Notre-Dame-des-Landes, Lyon-Turin, et ainsi de suite, la liste n’est pas aussi courte que certain se le disent. Je ne m’exagère pas la force de contagion de ces actions. Je vois bien l’émiettement du tableau. Cela n’enlève rien à chacune d’elle. Aussi bien, dans tous les cas, chacune a sa propre dynamique et son propre rythme. Mais toutes attestent une forme de combativité dont certains aspects ont directement à voir avec la sphère politique. Dans chaque cas, quel que soit le sujet, vient le moment où le choc implique le gouvernement et le PS. Dès lors, chaque combat porte comme leçon cette confrontation, souvent odieuse. C’est ici ce qu’on doit appeler une machine à détricoter. Car avant l’ère solférinienne, chaque lutte apportait sa quantité de liens créés ou renforcés avec ce qui était alors la gauche politique. Ici ce n’est plus le cas. Pas seulement parce que la lucidité des combattants leurs apprend que le PS est leur adversaire. Mais parce que, en conséquence de cela, viennent alors toutes les questions que cette prise de conscience créé. « La gauche et la droite c’est pareil ! », « Pourquoi êtes-vous alliés avec eux dans les élections ? », « Ils sont pires que les autres parce qu’ils font semblant, pourquoi ne les dénoncez-vous pas ? ». Comme on le sait, il y a bien des réponses possibles à ces questions. Elles ne sont pas convergentes, loin de là. A la fin, reste donc un goût d’inachevé et de leçon de choses incomplète. Les luttes ne produisent plus une conscience politique claire en ce qui concerne leur lien avec le champ des partis et des stratégies. On ne se rassurera pas en se disant que cela peut apporter de l’eau à notre moulin. Bien sûr, cela en apporte. Les adhésions sont là, n’en déplaisent à ceux qui se délectent des démissions. Surtout des adhésions de syndicalistes ou de citoyens très engagés dans un combat. Ceux qui entrent et ceux qui sortent ne sont pas du même bois.

Mais le fond de l’affaire est ailleurs. Pour le très grand nombre, la gauche, c’est le PS, ses alliés réels ou supposés et le gouvernement. Par conséquent, à échelle de masse, la perte est permanente, comme une hémorragie sans fin. Toute la sphère de gauche entre alors en dépression comme le montrent les dernières élections. Mais ce processus émollient fonctionne également dans une toute autre direction. Car ce qui progresse aussi à grands pas, c’est le rejet du système en général. Le système économique et le système politique. Ce rejet est un programme commun implicite. Un programme qui se croit sans parti ni état-major puisque aucun signal clair lui est envoyé qui le démentirait. Sauf, pour certains, le signal du Front National. De son côté, le Front de Gauche est inaudible, non parce qu’il manque de comités de base ni d’adhésion directe mais parce qu’il a été instrumentalisé pour des alliances et accords qui le situent dans le camp du système. Les sénatoriales n’arrangent rien, bien au contraire ! Suivez mon regard. De son côté, l’extrême-gauche incarne le sectarisme et donc l’impuissance. Une fois posée cette observation du terrain, il faut en tirer des leçons et des programmes d’action. Ce n’est pas mon sujet ici d’y entrer alors même que mes amis sont en pleines réflexion sur le sujet. Mais on sait quelle leçon essentielle nous en avons tirée : une mise à distance concrète et sans concession avec le système ! C’est-à-dire avec le gouvernement et ceux qui le soutiennent. Cela conduit à une ligne stratégique : « le système n’a pas peur de la gauche il a peur du peuple ». Ce qui est bien davantage qu’un slogan simple à manier !

La « fronde » est une fièvre bénigne du système

C’est dans ce contexte qu’a pris place l’épisode du vote dans les assemblées du nouveau budget de l’Etat et de la Sécurité sociale. Il s’agissait pour Valls d’inscrire dans la loi le cadeau de 50 milliards au MEDEF promis par Hollande. C’est donc l’acte fondateur de son mandat de Premier ministre et le vote phare sur le tournant libéral assumé du quinquennat. Le débat et le vote prennent donc deux sens. L’un concerne le symbole politique en cause pour un parlementaire de gauche. Le second implique le diagnostic économique que l’on engage. Pour résumer sur ce dernier point, il s’agit de savoir si le problème c’est le coût du travail ou celui du capital. Si ce sont les cotisations sociales ou le carnet de commande qui est l’urgence. La montée en puissance médiatique des frondeurs avait fait penser que l’importance du sujet déclenchait la prise de conscience et le sursaut parmi les parlementaires PS et Verts qui auraient ouvert une nouvelle phase politique dans laquelle une majorité alternative de gauche pouvait se constituer au Parlement et sinon dans le pays. On connaît le résultat. Rien sur le budget de l’État, sinon de maigres abstentions éparpillées à l’Assemblée nationale. Au Sénat ce fut pire. Tous les socialistes ont fait bloc en votant pour Valls. Ainsi a voté Marie-Noëlle Lienemann, qui par ailleurs fait des propositions de « plateformes alternatives à gauche » entre bons amis de la gauche plurielle ! Arrivé au vote sur le budget de la sécurité sociale où se nichait l’essentiel du cadeau au MEDEF, le dépit est double. Non seulement les effectifs de frondeurs ont fondu au PS, mais ce qui en est resté s’est aligné sur le moins disant.

Ce fut l’abstention. Un vote absurde, je n’hésite pas à le dire. Que signifie-t-il ? Que les frondeurs s’en remettaient au vote des autres composantes de l’Assemblée pour prendre la décision. De qui peut-il s’agir ? Pas de nous, les députés du Front de Gauche sont trop peu nombreux. C’est donc de la droite que devrait venir l’échec du plan Valls ? Imagine-t-on le contresens si une telle mésaventure s’était produite ?  Bien sûr ce n’est pas ce que voulaient les abstentionnistes. Mais cela montre bien la limite d’une attitude où l’on refuse d’assumer ses responsabilités jusqu’au bout. Car dans un sujet aussi grave et central que les budgets de l’Etat et de la sécurité sociale, l’exigence morale est qu’il faut trancher et prendre ses responsabilités. Ceux qui votent contre doivent se considérer comme investis du devoir de proposer une autre politique, un autre gouvernement. On ne gouverne pas un pays par abstention ! Le vote des budgets est fondateur de la majorité et des oppositions. L’abstention signifie que les frondeurs ne sont pas dans l’opposition de gauche comme nous-mêmes. Soit. Quel est alors le sens de leur fronde ? Il s’agit d’un acte interne au PS de désaccord sur la ligne, je l’entends bien. Mais l’Assemblée nationale n’est pas un congrès du PS ni son conseil national ! C’est le lieu d’où l’on est censé gouverner le pays. Du coup, le feuilleton de la « fronde » qui fait pschitt a masqué l’essentiel : le contenu du plan et les 50 milliards offerts au MEDEF. Double victoire pour Valls qui a remarquablement manœuvré dans cette affaire. D’une part son plan a été adopté. D’autre part « l’alternative à gauche » parait plus lointaine que jamais. En tous cas plus politicienne que jamais. Des gesticulations périphériques y ajoutent encore une touche de combines supplémentaires.

La tambouille de « l'alternative à gauche »

Dans le registre des couteaux sans lame, on sent bien que la gamme va s’élargir bientôt fort vite. Après avoir voté le budget Valls, Marie-Noëlle Lienemann tenait une conférence de presse avec l’ancien ministre Paul Quilès, flanqués de Pierre Laurent du PCF et Emmanuelle Cosse d’EELV. Il s’agissait de faire connaitre un document « base de travail » pour « une stratégie alternative » à gauche. On a compris qu’il s’agissait d’un travail confidentiel mené de longue main. Pourtant, il y a une semaine, nous rencontrions, avec le même Pierre Laurent et tout le Front de Gauche, Emmanuelle Cosse et l’état-major des Verts. Ni Pierre Laurent ni Emmanuelle Cosse n’évoquèrent la prochaine parution de cette plateforme. Mais il est exact qu’Emmanuelle Cosse répondant à Clémentine Autain récusa sans ambiguïté que son projet soit de « créer une plateforme alternative ». Puis, répondant à Martine Billard, elle confirma que son intention était bien d’organiser un dialogue avec le PS lui-même. Son objectif assumé est de former « la passerelle entre l’autre gauche et le PS ». L’initiative Lienemann/Quilès a le même projet de façon concurrente.

On sait où ça coince. Détail révélateur, Lienemann se donne la peine d’informer que sa « porte n’est pas fermée » au Parti de Gauche, dont elle affirme qu’il « n’a pas souhaité s’associer aux travaux » de bricolage qu’elle conduit. Air connu. Cambadélis parle la même langue. L’objectif est le même : briser le Front de Gauche en isolant les irréductibles opposants à l’alliance avec le PS. Cela ne peut aboutir d’aucune manière. Le Front de Gauche n’est pas une étiquette, c’est une stratégie. Il est tout à fait possible de débaucher des composantes du cartel comme les élections municipales l’ont montré. La stratégie ne sera pas abandonnée pour autant, comme l’ont également montré les élections municipales. Evidemment, comme dit le proverbe berbère : « la seconde fois que tu te fais avoir, c’est de ta faute ». Nous sommes prévenus. La samba des sénatoriales menées de nouveau sans vergogne au nom du Front de Gauche montre que l’addiction au PS est parfois irrémédiable. Elle recommencera avec les cantonales et les régionales, et ainsi de suite. Nos devoirs pour la rentrée comportent donc une question qu’il faudra maintenant trancher une bonne fois pour que le peuple à son tour puisse trancher par ses bulletins de vote, le moment venu. 


268 commentaires à “Au début de l’été”
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  1. tchoo dit :

    Cette fois-ci on a compris. Il faut en tirer des leçons et une attitude claire. Le FdG avec l'appareil communiste est mort, reste les militants qui le veulent, mais il faut rompre les liens.

  2. Le Dule 39 dit :

    Une note discordante dans ce concert de louanges
    "...la haine que vouent d'amples secteurs de la gauche aux solférinniens les indiffèrent..."
    Je ne suis pas d'accord que l'on attise la haine ni même seulement qu'on la nomme. Doit-on parler de haine quand il ne s'agit que de divergences politiques ? De plus, cette phrase laisse supposer que tout le parti de gauche a la haine. Ce genre d'expression, et quelques autres, rabaisse la hauteur que doit se donner notre parti et dévalorise le fond sur lequel tout le monde semble d'accord. C'est dommage.

  3. Rodfab dit :

    Oui il faut trancher. Le front de Gauche est dévalué par les alliances de certains chefs de partis avec le PS. Il faut créer un "Front du Ras le bol" avec une règle de base signée par tous où il est écrit qu'un parti qui s'allie avec des austéritaires et/ou des néolibéraux sont de facto exclu du "Front du ras le bol". Dans ce cas, ce parti ne pourra alors plus se revendiquer, ni utiliser le logo du front. Je pense qu'il faut une ligne claire, tant pis pour le rassemblement des instances de partis proche, il faut rassembler à la base, sur le terrain, les gens, les militants. Toutes ces tambouilles électorales font beaucoup de mal au PG et au FdG. Il faut passer à autre chose.

  4. fed.xuonrev dit :

    Heureux de lire de ce billet. Il n'y arien a attendre des sociaux-traitres. Donc en avant !

  5. Martine Tom dit :

    "...une question qu’il faudra maintenant trancher une bonne fois pour que le peuple à son tour puisse trancher par ses bulletins de vote, le moment venu."

    Pour ma part, c'est tranché ! Je n'ai pas encore ma carte au Parti de Gauche, meZimpayés m'en empêchent... mais je ne désespère pas ! Bien à vous Monsieur Mélenchon, merci pour vos analyses, pour votre esprit, l'espoir que vous générez et ce même si l'avenir ne se conçoit plus avec optimisme. Pas de quartier. Mieux vaut être seuls que mal accompagnés.

  6. gege dit :

    Il était clair que l'opération élections municipales allait se renouveler pour les sénatoriales et bien sûr pour les conseils généraux. Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin puisque l'habitude est prise. Si nous voulons survivre il n'y a qu'une solution. La clarté et l'honnêteté vis à vis de nos électeurs. Claquer la porte de l'austérité à tous ces carriéristes qui sont prêts à virevolter pour remplir leur gamelle. Stop ça suffit ! Que tous les militants sincères qui nous côtoient choisissent leur camp, nos camarades communistes qui participent au combat auront aussi leur mot à dire car les tromperies ne peuvent pas durer éternellement. L'heure de vérité est-elle arrivée ?

  7. jeannine dit :

    Le Front de Gauche n'est pas une étiquette, c'est une stratégie

    Voila Monsieur,vous l'avez clairement exprimé et qu'on se le dise ! C'est pourtant élémentaire. Je me souviens (et c'est loin) pendant ma scolarité, mon père me disait "pour tes textes a apprendre, du par coeur ma fille, du par coeur". Eh bien voila, il faut que tous ceux qui hésitent sur leurs positions l'apprennent de cette manière pour que cela reste dans le crâne ou qu'ils laissent tomber.
    Comme le dit le proverbe berbère, "la seconde fois que tu te fais avoir, c'est de ta faute". C'est clair ? A réfléchir de part et d'autre.

  8. NICO 75 dit :

    Mille fois d'accord avec Jean Luc, il faut trancher. Il faut une rupture net avec le PS. (Moi je ne voterai plus jamais PS mais je veux pouvoir voter à gauche). Alors je ne sais pas si le front de gauche en sera le moteur, en tous les cas il faut aller vite. Que les militants de chaque composante du FdG se positionnent. Il nous faut une stratégie claire pour le mois de septembre pour préparer les élections qui arrivent. Le PG doit proposer cette stratégie des la rentrée. Si elle est acceptée tant mieux, si des composantes du FdG ne le souhaite pas alors il faudra trancher et quitter le FdG pour créer un autre mouvement. Il n'y a plus de temps à perdre.

  9. françois 70 dit :

    Oui, "l'addiction au PS" des Laurent et consorts est irrémédiable. En réalité, ce constat pouvait être fait le jour même de l'annonce de l'accord PS-PCF à Paris pour les municipales. Le Front de Gauche a été tué ce jour-là, sciemment, par la nomenklatura du PCF qui a choisi son camp, celui de la 5ème République oligarchique qui, via l'alliance avec les solfériniens, lui offre les strapontins au fond de la salle et les restes en bout de table. Aux européennes, dans leur majorité, nos électeurs de 2012 nous ont dit qu'ils ne mangeaient pas de ce pain-là. A nous de les reconquérir en leur proposant une offre politique qui passe par un rassemblement de forces dont aucune ne pactise avec l'ennemi.

  10. Jakorouge dit :

    Ne vous bercez pas d’illusions sur la CGT. Alors que ce n’est plus un blog monolithique depuis longtemps, la direction actuelle de la confédération met en œuvre une vaste opération de mise au pas des fédérations, unions, syndicats et sections qui ne sont pas dans la norme et persistent à croire à un syndicalisme de lutte. L’exemple du torpillage de la récente grève des cheminots est parlant. En fait l’appareil cégétiste est en bonne voie de « cfdétisation » et le cinéma des portes qui claquent à la conférence sociale ne doit pas faire illusion. Entre la base et Montreuil, que reste t’il encore en commun à part un logo ?

  11. stéphane dit :

    Jean Luc a raison, il faut trancher, que de temps perdu a vouloir caresser un Pierre Laurent inaudible, ayant abandonné ses attributs révolutionnaires, se compromettant a la première occasion avec un PS ultralibéral, moi qui ai toujours voté parti communiste, pour son histoire, ses idées de changement ,de partage, d'égalité, de rupture avec le capitalisme, je suis atterré par la ligne suivie aujourd'hui se rapprochant à grands pas de la social-démocratie et dans les mots et dans les gestes. Il faut clarifier cette situation des députés front de gauche votant contre a l'assemblée nationale pendant que la direction communiste s'amourache aux premières élections venues avec un PS destructeur de la gauche, c'est d'une incohérence totale, destructrice du front de gauche.

  12. llavador dit :

    A quoi pensent les gens quand ils entendent communiste? Au goulag. A quoi pensent les gens quand ils entendent Front ? Au front national. Des mots repoussoirs.
    A quoi pensent les gens quand ils entendent parler d'Europe, l'actuelle ou l'actuelle à changer, ou celle idéalisée de gens qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, mais qui pourraient (dans deux cents ans) prendre conscience d'un sort commun ? A l'Euro et à la baguette de pain qui coûtait nettement moins cher en francs. De Saint Juste et de Robespierre les jeunes s'en foutent. Bien sûr, l'éducation... mais ça prend du temps, et du temps il ne nous en reste pas beaucoup.
    Monsieur le député j'ai voté pour vous et recommencerai, avec respect et reconnaissance.

  13. Nomis dit :

    Initialement, le PCF amène les militants, et le PG les idées et les électeurs. Le PG est en train de perdre les électeurs et il est possible qu'un nombre important de militants PCF refuse de se faire satelliser pour préserver la petite bureaucratie moisie et détestable de Colonel Fabien. On voit ce qu'il reste à faire. J'ajouterai qu'il serait une erreur tout aussi énorme pour le PG de se tourner vers l'extrême gauche qui est non seulement sectaire mais aussi un repoussoir pour n'avoir jamais fait d'aggiornamento sur le marxisme-léninisme révolutionnaire et parce qu'elle déteste la patrie républicaine. En revanche, il faut se tourner vers les rares écologistes patriotes et républicains ainsi que vers Dupont Aignan et DLR, sans quoi le FdG restera bloqué, comme Die Linke, à 8-10% aux élections.

  14. grya2607 dit :

    Merci pour ce papier fort bien tourné ma foi. Je souscris évidemment à la totalité du propos, je dirai même mieux, je l'accueille avec un certain soulagement. Pour cause le positionnement ferme et claire sur le devenir du front de gauche dans son essence même. Bien sûr, c'est un peu contraint et forcé par les événements que tu prends ton parti de ce que nous étions nombreux à souhaiter, mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais.

  15. Le Dule 39 dit :

    Complètement d'accord avec @62Ilavador, rassemblons-nous sous un titre qui n'inclue ni le mot "front" ni le mot "communiste".

  16. Lola dit :

    Tranchons donc ! Et créons un Front du Peuple à la "Podemos" (ou une autre appellation, Mouvement du Peuple ou que sais-je) ouvert à des individus : politiques, syndicalistes, associatifs, citoyens qui adhèrent au manifeste de l'Ecosocialisme sans pour autant adhérer au PG. Un cartel avec des "orgas" non loyales qui défendent avant tout leur propre boutique ne fonctionne pas. Clarifions donc !

  17. Hélène Lacheret dit :

    @Le Dule 39
    Peut-être le mot "colère" serait-il plus juste que "haine" ? Nous n'avons pas assez analysé ce qui s'est passé à l'époque des CUALS. Mais je ne mets pas tous les communistes sur le même plan, il y en a qui veulent vraiment le FdG et le fait de nous côtoyer se manifeste par une évolution par rapport à certains de leurs crédos. Témoin, la motion portée par les communistes de Die concernant le nucléaire à leur dernier congrès. Ceci dit, si je partage l'opinion exprimée dans la majorité des commentaires sur l'absolue nécessité de la radicalité et donc de la clarté vis à vis des choix des communistes, je m'étonne de ne pas avoir vu évoqué une seule fois l'autre composante du FdG, à savoir Ensemble. Que pensent-ils de tout cela ? Il me semble aussi que nous avons besoin de nous recentrer sur nos fondamentaux et notre stratégie avant de rencontrer nos partenaires en septembre. Le remue-méninges en août en sera certainement l'occasion.

  18. LESAFFRE Robert dit :

    Oui, nous avons d’importantes questions pour nos devoirs de vacances… pour la rentrée et pour les trimestres à venir ! Postier à la retraite (et membre du PG), je me demande ce que pensent mes camarades postiers et des télécom communistes de voir Paul Quilès animer un club qui cherche « la construction d’un nouveau pacte majoritaire à gauche autour de quelques mesures fortes. » en compagnie de Pierre Laurent ! En effet, Quilès, Ministre des PTT est un des tout premiers, sous Michel Rocard, à s’être attaqué aux structures du service public et au statut des personnels dès 1990.
    Le débat doit être clair et franc mais les mots doivent surtout servir, à témoigner certes, mais à convaincre. Pas besoin d’en rajouter même si dans le PC un certain nombre ont des mots très durs vis-à-vis de Jean-Luc. On ne peut pas rassembler en commençant à exclure. Ce sont des personnes qui, pour une raison ou une autre, s’excluront elles-mêmes. Arrêtez de dénigrer les appareils et donc le nôtre, arrêtez de dévaloriser ce qui a été fait de bon. Il n’y a pas à réinventer des propositions crédibles, il n’y a pas à se torturer les méninges pour que ces propositions deviennent subitement «...

  19. L'écossais dit :

    Bonsoir à tous. Merci Jean-Luc pour toutes les infos, comme d'habitude. Mais cette fois ça sent le virage. Pourtant ce sont les autres qui tortillent du cul pour faire semblant d'aller droit. Oui je pense que Jean-Luc tient un bout que nous ne "voyons pas encore". Faut-il laisser la France s'enfoncer assez pour que les Français se réveillent ? Le déraillement de Brétigny-sur-Orge n'a donc pas frappé les esprits ? Fukushima non plus ? Et la Caisse des Dépôts et Consignations qui privatise les bénéfices au détriment du peuple ? Ne plus avoir de boulot correctement payé à cause de la crise organisée par le MEDEF ? Les écolos qui disent et ne font rien. Tout ça fait déjà beaucoup. Trop. Alors Laurent et compagnie...

  20. magda corelli dit :

    Tout d'abord merci de nous informer sur l'Europe, ses intrigues et sur la personnalité de ce Juncker. Nous donnons plus à l'Europe qu'elle ne nous donne, ça c'est la cerise sur le gâteau ! 6 milliards d'euros ce n'est pas rien. Il est temps soit de quitter cette Europe soit de la réformer, c'est urgent.
    Quant Hollande dit quelque chose c'est très moche. Il soutient le Gouvernement Israélien et ses bombardements sur Gaza. Il vaut sans doute mieux qu'il se taise.
    D'accord avec tous les commentaires qui disent basta avec le Front de gauche. La direction du PC et ses suiveurs me font rougir de honte avec leurs magouilles. Les verts, les prétendus PS de gauche, je ne veux plus en entendre parler. Oui autonomie du parti de gauche et ouverture à tous ceux qui luttent non pas pour des places mais pour vivre dans la dignité. Fière d'avoir adressé ma petite contribution au Parti de gauche.

  21. michèle dit :

    Pendant les municipales, certains m'ont dit quand ils ont vu que le PCF partait avec le PS pfuu! je savais bien que ça marcherait pas votre truc de Front de gauche ! Et ça continue. Elections de président de parc régional PS, sénateur, cumulard de première. Hop, les voix des conseillers régionaux PCF du Front de gauche lui sont allées, sûrement en échange de retour d'ascenseur pour les élections régionales.
    Qu'on ne s'étonne pas qu'on soit dégoutés de ces combines électorales. Le système électoral est complètement biaisé, les gens en ont marre de ces ententes dans leurs dos, en ont marre que leurs voix soient kidnappées et ne sont pas dupes, il faut enfin réaliser ça.

  22. Titoune dit :

    Qui représente la gauche à présent ? Vous bien sur. C'est dommage de ne pouvoir adhérer directement au front de gauche, cela serait plus simple tous ensemble pour un but commun. J'ai d'abord adhérer au PG, je l'ai quitté à cause de l'anti communiste des militants PG, en réaction j'ai repris ma carte au PCF. Je suis rentrée à la maison après de longues années d'absence, contente de ce que je partage avec mes camarades mais en total désaccord avec la direction de mon parti ouille, pas facile comme situation, j'aimerai que la base puisse avoir la possibilité de s'exprimer, après tout place au peuple ça veut dire la parole au peuple non ? Une idée a creuser rapidement, quoi qu'il en soit il faut absolument nous démarquer du PS. Nous ne nous battons pas pour des places ni pour être sur la photo mais pour voir nos propositions gagner du terrain, c'est comme ça que je comprend le militantisme, rien à perdre donc tout a gagner sans aucune compromission. Merci à vous.

  23. DELFAUD dit :

    C'est une très bonne analyse de la situation. Ce n'est pas d'aujourd'hui que les responsables socialistes trahissent le peuple. Ceux sont des bourgeois qui ont toujours possédé le double langage. Ils font des annonces pour tromper le peuple car ils font en actes, exactement le contraire et on en a plus que mare. Quand le peuple comprendra-t-il qu'il doit se rassembler dans l'unité pour faire barrage à tous ces hypocrites de la politique ? On croirait revivre sous le règne de Louis XV où les gens crevant de faim, mangeaient de l'herbe au bord des routes. On travaille et on couche avec des enfants dans des voitures faute de pouvoir se payer un loyer pour un logement. C'est une honte de la part de ces socialistes qui acceptent ça !

  24. Anonyme dit :

    Ca va pas etre simple et pourtant il va bien falloir essayer d'en finir avec cette situation, au PCF principalement, mais pas que, les C.Piquet etc. aussi qui nous met en péril et finirait par moi aussi me pousser a l'abstention n'ayant de fait rien de valable a soutenir et en qui croire. Car comme dit ailleurs, une pommes pourris suffit a tout foutre en l'air. Soit le débat interne au PCF est assez puissant pour réelement changer la ligne de celui ci et dans ce cas ils ont tout mon soutient et qu'ils se montrent et fassent du bruit, soit pas et dans ce cas on va pas attendre les ruines pour constater ce qu'on voit déjà tous. Alors une rupture avec le PCF Paris et les sections du même acabit avec comme suite la création de groupe PC unitaires par exemple qui resteraient inflexibles et fidèles a l'objectif et la stratégie du FdG. Alors on pourrait a nouveau re prendre l’initiative et l'offensive et bien en appuis sur nos bases, faire du bruit, autant que possible, se faire connaître de tous pour qu'ils voient qu'il y a une organisation de personnes honnêtes, unis, solides, incorruptibles auprès desquelles on peut s'engager et a minima accorder de la confiance.

  25. Anjou dit :

    Quand il n'y aura plus qu'un maire et qu'un député PC, la collaboration avec le PS sera-t-elle toujours là ? Le FdG avait redonné du sang au PC et il s'est ouvert les veines en recopinant avec le PS. Il a perdu l'occasion de se remettre debout. Il est dommage que les militants qui quittent le PC ne rejoignent pas la GU ou le PG ou même le NPA ou LO.

  26. ACOUNIS dit :

    Avant de dénoncer la paille dans l'oeil de notre "allié" regardons la poutre dans le notre après notre double défaite nous avons au PG a analyser, clarifier nos propositions et notre langage. Nous ce sont tous les adhérents. Ensuite il nous faut clairement poser la question de confiance au PC en allant jusqu'à la rupture s'il le faut en rappelant les scores respectifs de Buffet et de Jean-Luc Mélenchon. J'ai été depuis mon entrée en politique (1974) un fervent partisan de l'alliance avec le PC mais ce n'est plus possible de continuer comme cela, c'est devenu un boulet qui nous entraîne au fond, il nous faut mettre les militants PC sincères face à leurs responsabilités c'est à eux à faire le ménage dans leur parti. Quand aux "frondeurs" du PS qui a cru qu'ils sauteraient la pas ? J'ai bien vu ce qui s'est passé à Toulouse lorsque s'est créé le PG. Ce sont des professionnels de la politique et qui, comme n'importe quel travailleur, défendent leur emploi. Il nous faut nous dégager de toutes ces recherches de majorité qui n'aboutissent à rien si ce n'est à nous faire tomber aux yeux des électeurs à la gauche c'est à dire le PS. Il faut à tout prix que l'adhésion au FdG...

  27. richard30 dit :

    La question fondamentale est comment réhabiliter la souveraineté citoyenne ? Les électeurs français ont conscience de ne posséder aucun pouvoir et sont prêts à confier leurs voix à ceux qui leur parlent de cette souveraineté accaparée par les ploutocrates et qu'ils ne parviennent pas à se réapproprier. Est-il possible de faire un procès à nos mandataires pour abus de pouvoir en le finançant à l'aide d'une manifestation nationale avec collecte ? Est-il possible et démocratique de réécrire notre Constitution si une infime partie seulement des citoyens y participent ? Est-il possible d'organiser une votation citoyenne ayant pour objet la convocation d'une constituante, un audit de la dette de notre pays, un débat sur le TAFTA, etc.? Est-il possible de faire comprendre aux citoyens mandants, les électeurs, que leurs mandataires, ne les servent pas ni ne les serviront jamais car ce n'est pas leur intérêt et que rien n'est fait pour qu'ils soient contrôlés ? Est-il possible enfin, de trouver des postulants aux fonctions de mandataire qui acceptent de s'engager sur un contrat dûment approuvé et signé ? Est-il possible de faire comprendre aux citoyens que c'est à eux de...

  28. garcia benjamin dit :

    Tout à fait d'accord avec l'ensemble des intervenants. La scission aurait du intervenir avant les municipales, mais on ne peut pas refaire l'histoire. Toutefois il semble que les militants PC ne méritent pas de critiques, ils devront choisir. En revanche les élus et les états majors doivent seuls être tenus pour responsables.Tout mon soutien à l'Humain d'Abord.

  29. tchoo dit :

    Le résultat du FdG au présidentielle était pourtant clair. Rupture totale avec le PS, aucune alliance de quelque sorte. Depuis tout se dilue, se diffuse dans des arrangements politiciens où la lutte des places fait rage. Les électeurs ont pourtant envoyé un carton rouge à tous aux municipales puis aux européennes, mais rien n’y fait. Les politiques sont ainsi, incapables de sortir des leurs schémas bien construit, et de leurs petits arrangements entre amis, pendant que tout se délite. De plus en plus, ce sera sans nous, et advienne que pourra.

  30. Joudelat Marc dit :

    L'alternative de gauche nous l'avions. Les agissements des directions du PCF puis ensuite du PG ont enrayé la belle machine qu'est le Front de gauche. Je ne reviendrais pas sur les épisodes des municipales et des européennes. Que vos deux organisations arrêtent de vouloir tirer la couverture à elles dans une démarche de rassemblement unitaire. L'appel à un rassemblement avec les frondeurs et Eelv de certains responsables du Front de Gauche, bien qu'il ne faille pas négliger ce qui se passe en ce moment dans les deux organisations PS et Eelv, (je parle plus des militants que des dirigeants) était une erreur et était voué à l’échec à moins d'adopter les thèses libérales. A moins que certains aient en tête la mort du Front de Gauche, cet appel a amené le trouble et peut amener encore un peu plus de division. Alors oui dès la rentrée, il va falloir éclaircir non pas la question de l'addiction à... mais si la base de notre rassemblement est ou non sur la base d'une alternative aux politiques libérales et si le mouvement s'inscrit dans la durée sans mise entre parenthèses lors d'élections en fonction des intérêts de l'un ou de l'autre.

  31. sonagiri dit :

    Bonjour Jean-Luc et vous tous amis,
    Tout a fait d'accord avec toi. Je pense que ce qui est le plus important si l'on est sincère c'est la cohérence et l'intégrité jusqu'au bout, tout le reste n'est que cogitation à la manière des frondeurs ou des dirigeants du PC. Rester nous-mêmes dans l'Humain d'Abord et l'écosocialisme, en refondant un Front du peuple. Que les arrivistes restent chez eux, ils n'ont aucun intérêt pour le peuple. De tout coeur avec toi, Martine et vous tous au PG.

  32. Ardéchoise dit :

    Si le FG se démarque par le fond (l'humain d'abord), il ne se démarque pas des autres partis politiques par la forme. Or, si l'on veut une sixième république qui donne plus de pouvoir aux citoyens, il faut commencer par donner l'exemple au niveau de l'organisation du parti. J'ai assisté, en 2012, à une "assemblée citoyenne" qui n'était rien d'autre qu'une réunion électorale. Beaucoup de Français (surtout les abstentionnistes), à mon avis, ne veulent plus des partis politiques traditionnels où la bonne parole vient d'en haut. Ils veulent une démocratie participative et non plus représentative. Ils le montrent dans toutes les initiatives locales qui favorisent le partage, la solidarité et le vivre ensemble. Il y a là un vivier de gens conscientisés politiquement qui mettent en pratique "l'humain d'abord". C'est en s'inspirant de cette pratique-là qu'il faut construire une structure politique véritablement démocratique.

  33. Jabin dit :

    Ouf ! Enfin ! Depuis le temps que sur le terrain, on se désespérerait d'être entraînés vers le fond par le boulet des directions locales du PCF ! Après nombre de lettres ouvertes pour une refondation du FdG dans sa forme, sa stratégie, ses modalités démocratiques et son contenu politique… Vite un Congrès de la Gauche pour une transition sociale, démocratique et écologique !

  34. Lilly54 dit :

    Bonjour Jean-Luc, bonjour Amis.
    Quand Laurent a défendu Valls contre Mélenchon, quand dans le même temps, Chassaigne égratignait Jean-Luc à chaque intervention médiatique, quand mon parti à Paris et ailleurs s'est allié aux SocLib contre le FdG, j'ai quitté le parti dont j'étais membre depuis 40 ans. Les camarades penseront sans doute "quitter le PCF pour si peu, elle ne devait pas être très engagée". Ils se tromperaient. Communiste, déléguée CGT dans l'Education Nationale, j'ai milité toute ma vie. Mais cette trahison au sommet, je ne la supporte plus. Les communistes sur le terrain sont toujours présents il ne faut pas l'oublier. Mais Laurent et Chassaigne ne sont pas fidèles, prompts à courir derrière les SocLib pour conserver leurs mandats. Je pense en cet instant à MG Buffet. J'aimerai connaître son opinion profonde. Je ne sais pas où l'on va. Mais je sais où va la France. La mobilisation viendra de la rue quand la catastrophe sautera enfin aux yeux du peuple. La tâche est rude. Toute ma confiance va à Jean-Luc, bien qu'il doit être comme nous, si peiné. Que le temps est long !

  35. Sylvain dit :

    Je crois que nous vivons un malentendu. Nous sommes, en tant que citoyens, décidés à demander des compte à Hollande sur son échec patent à la tête du pays. Alors nous y allons de nos appels à la mobilisation, d'échéance (déchéance?) électorale en échéance électorale, pour nous retrouver systématiquement le bec dans l'eau avec une sérieuse gueule de bois, le lendemain de chaque élection. Le constat est simple, François Hollande n'échoue pas du tout, il réussit bien au contraire la mission que ces maîtres lui ont confié en niant, avec une ruse et une félonie abjectes et écœurantes, tout principe de souveraineté nationale. Tout est complètement cadenassé avec un barnum médiatique au service, une entreprise judiciaire domestiquée qui arrange ses affaires en effaçant l'UMP et des alliances ou les partenaires corvéables de la veille se retrouvent défroqués le lendemain (n'est-ce pas Pierre Laurent?). Tout ça est mis au service unique du capital avec quelques soubresauts émotionnels d'adolescents attardés dés qu'on ose parler de traîtrise à la Patrie. Enfin, pas pour tout le monde puisque c'est le fond de commerce de la mère Le Pen qui elle, a le droit! Pourquoi?

  36. Daniel Georges dit :

    J'ai quitté le PC quand R. Hue a été élu à sa tête. Aujourd'hui, avec P. Laurent, j'en partirai en courant. Lecteur quotidien de l'Huma, j'ai pris connaissance du compte-rendu de cette réunion bidon. Je suis catastrophé par les déclarations de P. Laurent qui a déclaré sans gêne "On est au début d'autre chose". Je crois sincèrement qu'il faut se dégager de ce boulet PC dont les dirigeants n'ont aucune perspectives d'avenir et ne pensent qu'à aller à la soupe.

  37. françoise naucodie dit :

    "La deuxième fois que tu te fais avoir c'est de ta faute !"

    Oui c'est vraiment de notre faute car ce n'est pas la seconde fois c'est la Xe ! La spécialité du PC depuis des décennies c'est de prendre le train en marche et de le faire dévier de son but, ralentir, aller dans le mur. Cher monsieur Mélenchon, vous auriez pu le savoir plus tôt ! Vous auriez dû arrêter d'espérer plus tôt les convaincre et pour ce qui concerne le PS toute son histoire aboutit finalement au fascisme. La grande dépression n'est pas seulement économique elle est dans nos coeurs et cela c'est irrémédiable ! Que vive désormais la révolution permanente et le refus permanent de toute compromission

  38. jean ai marre dit :

    " Nos devoirs pour la rentrée comportent donc une question qu’il faudra maintenant trancher une bonne fois pour que le peuple à son tour puisse trancher par ses bulletins de vote, le moment venu."

    C'est quoi la question ? Quelle va être la stratégie ? En parlant avec les camarades d'ensemble, pour eux pas de doute, le Front de Gauche est moribond. Pour les camarades du PC qui ouvrent leur local à la discussion sous le thème Front de Gauche, la dynamique est vivante. Aucun ne supporte le PS. Mais aucun commentaire de leur part sur l'attitude de Laurent. Je pense que nous adhérents au Front de Gauche, nous devons continuer à créer les assemblées Front de Gauche avec toutes les composantes, et ainsi demander à nos camarades communistes de faire remonter et de nous donner les réponses de leur hiérarchie. Les militants Front de Gauche, encartés ou citoyens non encartés pourront ils se priver des structures bien huilées qu'offre le PC ? Auront ils les ressources pour faire autrement ? C'est une question vitale pour la survie du Front de Gauche.

  39. michel Desrues dit :

    Le problème se trouve à la direction du parti communiste et chez certains élus du PC qui tiennent à leurs places comme à la prunelle de leurs yeux. Il va bien falloir tenir un langage clair et ferme à leur égard. Sinon, on apparaît à leur remorque et rien n'avance.

  40. Fabrice G dit :

    Juncker n'est pas aussi restrictif sur les origines neolibérales, il n'y a pas que Blair et Schroeder. Avant il y a Mitterrand, Delors et Beregovoy, la libéralisation financière est partie de la, et Mitterrand s'est fait balader par Kohl. Jean-Luc Mélenchon aime régulièrement nous parler de l'Amérique du sud et là pas un mot pourtant Morales a fait voter une loi pour faire travailler les enfants à partir de 10 ans, il me semble que dans des billets précédents il était cité en exemple. Il est temps définir une politique pour le Front de Gauche sans tabous à gauche si on veut monter dans les résultats électoraux.

  41. klavertrio dit :

    Si jamais rupture il y a, je me dis qu’il faut éviter les mots "front" et "gauche" (vu que le PCF va sûrement continuer avec "Front de gauche" dans ce cas). Syriza s’appelle "coalition de la gauche radicale". "Coalition pour l’humain d’abord" (CHD) peut-être ?

  42. Francis dit :

    En fait la question de l'avenir du Front de Gauche est davantage posée aux militants du PCF qu'aux autres. Veulent-ils oui ou non en finir avec les combinaisons de sommet avec le PS ? Peuvent-ils et veulent-ils agir pour obtenir un congrès qui tranchera cette question et se dotera d'une direction révolutionnaire qui mettra en œuvre une véritable stratégie de reconquête populaire ? Il y a également au PG des appréciations différentes qui s'expriment. Comment mettre tout le monde au même tempo. Concernant Ensemble qui s'est constitué dans une logique de rapport des forces internes au Front de Gauche les choses sont également loin d'être simples. Partant de ce constat ne faut-il pas totalement changer de mode de fonctionnement en abandonnant la structure actuelle du Front de Gauche pour créer un mouvement dans lequel chacun adhérera individuellement, puis convoquer des assises pour élire (ou tirer au sort) des délégations locales, régionales et nationales constituantes d'un mouvement indépendant des partis politiques actuels ? Je m'interroge sans avoir réellement de réponse définitive. Tout ce que je ressent c'est qu'il est impossible de poursuivre ce gâchis.

  43. Véga dit :

    À mon avis il manque une plate forme politique précise annonçant clairement au départ notre rejet du système néolibéral et tout ce que cela implique pour nos positions et actions politiques futures. La préoccupation des alliances ne vient pas en premier.

  44. OPTIMIST dit :

    La meilleure défense, c'est l'attaque. Loin de moi d'en rajouter, en plein accord avec les commentaires et la position de Jean-Luc sur l'attitude actuelle et à venir (avenir) du PCF.
    Que les militants du PC imposent un Congrès et qu'à titre individuel, ils prennent, par conscience politique, leurs responsabilités. Oui, au PG, nous avons aussi besoin de redéfinir notre stratégie, de mettre de la fluidité dans notre militantisme et surtout plus de convivialité. J'ai toujours le sentiment (local) que nous ne soyons pas capable de faire un pas sans savoir ce que notre "grand frère" en pense. Il nous manque cette capacité de prise d'initiative et cette autonomie indispensable. Pour l'exemple, tout baigne dans l'expérience des municipales à Nîmes avec un PS véreux qui nous a fait un enfant dans le dos et oh surprise pour la fête départementale de Lézan du PCF, nos chers camarades ont rien fait d'autres que d'inviter le député PS du coin, seul capable de nous donner des leçons d'austérité avec la bénédiction de nos camarades. La honte, avec de tels partenaires. Oui, notre Congrès est aussi nécessaire, il est temps que le peuple s'en mêle.

  45. Curtillat dit :

    Je me disais, pour une fois que Jean-Luc parle enfin de la Palestine, et c'est une première sur son blog si je ne me trompe pas, moi qui l'ai longtemps au début du blog houspillé sur le sujet, je pensais que nombre d'intervenants parleraient de la Palestine et de Gaza sous les bombes avec plus de 100 morts à cette heure. Rien ! Faudra t'il qu'il y ait comme lors de la dernière intervention sur Gaza plus de 1400 morts dont des centaines d'enfants pour qu'on accorde dans notre parti plus que 10 lignes à ce peuple ? Vraiment sur ce sujet je nous trouve franchement mauvais malgré la présence d'un groupe Palestine au sein du PG qui fait un solide travail bien peu relayé par nos instances dirigeantes. La Palestine, angle mort du PG ? Dans notre propre électorat et chez nos militants c'est hélas une idée qui fait son chemin.

  46. jean ai marre dit :

    En fait, l'ambiguïté est de taille. Nos camarades communistes sont opposés au gouvernement socialiste. Ils le critiquent et ne partagent aucune de leurs décision. Il y a sur ce plan une convergence entre militants de base et hiérarchie. Les relations avec les militants PS sont d'une autre nature. Quelquefois cordiales, quelquefois en rupture, tout dépend des personnages. Pour la hiérarchie, c'est pareil. La difficultés vient des adhérents PS qui sont en accord avec leur parti et quelquefois soutiennent ou désapprouvent le Gouvernement. Pour la hiérarchie du PC, il en est de même, ils veulent entretenir de bons rapports avec des socialistes et désapprouvent le Gouvernement. La question est : peut on être en rupture avec un gouvernement social-démocrate et en accord avec un parti qui le soutient ? A mon avis, c'est cette question qu'il faut porter dans les assemblées avec les militants communistes. Le Front de Gauche est possible que si ces militants, lors d'un congrès ou autrement, obligent leur hiérarchie à dire clairement qu'ils sont en rupture et en opposition avec le parti qui soutient ce gouvernement et que aucune alliance ne peut se faire.

  47. marco polo dit :

    Je suis d'accord avec vous. Ceci veut dire que le Front de Gauche a du plomb dans l'aile. Nous parlons du PCF mais qu'en est-il de Gauche unitaire, du mouvement Ensemble, même si (numériquement) ce sont de plus petits mouvements? Mon interrogation est la suivante, à savoir de quelle façon peut-on sortir victorieux et même renforcés de cette situation qui paraît d'autant plus inextricable, que pratiquement aucun discours n'est au diapason ? Quelles possibilités le PG a-t-il de faire bouger le curseur ? Lorsque je lis certaines interventions comme Regards qui se livre à une mise au pilori du PG, et puis la tendance communiste Révolution, ce dernier, si sa critique est un plus "objective" et étayée, il n'en reste pas moins que c'est une fraction qui semble très minoritaire), je pense que la solution est effectivement de créer un "Mouvement du peuple" regroupant les partis, mouvements, assos, particuliers sur la base d'un programme style "l'humain d'abord", intégrant l'écosocialisme. Mouvement de masse...

  48. Sortons-nous les doigts dit :

    La réponse à la question de trancher est en fait inscrite dans l'intitulé-même de notre mouvement. Nous sommes un front. De gauche. La limite politique à partir de laquelle nous devons faire front en tant que personnes de gauche a été franchie depuis bien longtemps par le PS en général, et par ce gouvernement en particulier. Cette analyse est, il me semble, partagée par bon nombre de militants communistes.
    Maintenant sur la question de ce que nous devons faire de cette alliance à géométrie variable qui nous unit, je pense qu'elle peut se résumer à: A-t-on seulement besoin du PCF en tant qu'organisation ? Voire, le PCF a-t-il une existence possible hors du FdG ? La stratégie qui est celle du PCF, qu'elle soit celle d'un opportunisme d'élus ou mieux maquillée sous le thème d'un besoin de sièges pour influencer réellement la politique ne s'inscrit de toutes façons pas dans la logique de rupture, de révolution citoyenne telle qu'elle est énoncée par le FdG. Elle est par ailleurs inutile, eut égard à la discipline de parti du PS qui fait que toute alliance sera absorbée par l'adhésion in fine à la politique gouvernementale, comme l'a démontré le pitoyable épisode des frondeurs.
    La révolution citoyenne part du constat clair que les institutions sont inadaptées et que nous n'obtiendrons pas de résultats en les utilisant. Si révolution citoyenne il doit y avoir, celle-ci ne pourra passer que par les urnes, lors des scrutins majeurs de cette république. Or, sur le plan national, la visibilité du FdG et de ses idées est entièrement assurée par le PG et Jean-Luc Mélenchon. Les électeurs que nous essayons de motiver à aller voter ne connaissent pas le nom de Pierre Laurent. Quel score réaliserait le PCF s'il n'était pas affilié au FdG? 1% ? 1,5 ? Il retomberait dans les arcanes d'où le PG l'a sorti lors de la création du FdG en 2008. Si la direction du PCF aime à élaborer ses plans politiciens dans son coin, je pense qu'il leur serait fatal d'être exclus du FdG, précisément car il ne leur reste que leur réseau d'élus sans pouvoir réel, qui, nous le voyons à chaque élection, n'assure pas la légitimité devant le peuple. Le PCF n'existe plus qu'à travers les fossiles dont il dispose dans les institutions que nous voulons révolutionner. Il est temps de s'en affranchir. Les urnes nous le rendront, et les militants communistes afflueront par...

  49. Zegaja dit :

    Je n'ai jamais adhéré à aucun parti. Je m'intéresse à la politique depuis que je lis le blog de JL Mélenchon. Si un nouveau "parti citoyen" naît des cendres du Front de gauche (auquel je ne crois plus) je prendrai une carte pour la première fois !

  50. Lionel Dupuet dit :

    Pour moi, le Front de Gauche est mort depuis que le PCF a décidé de s'allier au PS pour les municipales. Notre stratégie, au Front de Gauche, est d'être autonome du PS, alors il ne faut pas s'étonner d'être inaudible lorsqu'une des composantes court après le PS. Si le PCF ne veut pas sortir du Front de Gauche (à mon avis, il va tout faire pour y rester), le PG doit en sortir et travailler à reconstruire une autre alternative avec des composantes qui veulent l'autonomie par rapport au PS. Nous devons être respectueux et honnêtes devant le peuple, il y en a marre de toutes ces magouilles et promesses qui ne sont jamais tenues.
    Je compte sur toi, Jean-Luc, afin qu'une organisation, véritablement de gauche, se mette en place. Merci.


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