16avr 14

Après la marche, la démarche

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Une marche est, comme une manifestation, une sorte de livre où l’on apprend beaucoup en observant. De tout ce dont je suis privé du fait des bousculades que crée ma présence, la privation de lecture des manifestations est ce qui m’est le plus insupportable. C’est pourquoi je reçois si bien l’idée d’avoir installé une petite estrade sur le parcours. J’y grimpe après avoir atteint le point d’arrivée du cortège. Bien sûr, elle permet surtout qu’on me voie aux côtés des autres responsables du Front de Gauche qui veulent bien s’y montrer. Mais elle me permet surtout d’observer, d’apprécier ce qui se passe. Ce jour-là il y avait beaucoup à voir. J’en parle. Puis je viens sur la fin des discussions pour constituer nos listes aux élections européennes. Et je fini avec un mot sur ce qui se passe entre l’Union européenne et la Tunisie. J’ai pris le parti de laisser de côté tout ce que j’ai l’occasion d’avoir dit déjà à la télévision ou à la radio, notamment à l’émission du dimanche 13 avril sur France 5 avec Caroline Roux. Notez que j’ai repris le thème de l’Ukraine sur I-télé lundi soir et que je ne crois pas être démenti de sitôt sur la nature des évènements et surtout sur les risques de guerre civile au milieu de centrales nucléaires vétustes. J’ai aussi hésité à reprendre le contenu de la longue interview que j’ai donné à « Marianne » qui va paraître cette semaine. Si bien que mon travail d’écriture a souffert du temps passé à faire tant de choses en même temps, notamment une session assommante du parlement européen avec 140 textes à passer au vote. Un vote toute les trois secondes cet après-midi…

Marcheurs contre l'austérité

Le carré de tête de la marche était comme d’habitude précédé d’une masse de plusieurs milliers de personnes qui n’attendent pas le signal du départ. Souvent, elles n’ont pas conscience d’être en avant de la tête du cortège parce qu’elles n’ont pas repéré sa position du fait de la masse de photographes et de caméramen qui se bousculent, se piétinent les uns les autres. Cette masse empêche le cortège d’avancer aussi Marche du 12 avril 2014longtemps que le service d’ordre ne commence pas à pousser en sens inverse. Parmi ces professionnels, parfois, il y a aussi des provocateurs. Ceux-là poussent à la bagarre comme ce fut le cas le 5 mai où l’un d’entre eux appelait bruyamment les autres à tout bloquer « pour faire chier » flanqué d’un caméraman censé filmer l’incident qui aurait lieu. Nous sommes donc devenus super prudents. On a même retiré la corde de séparation pour éviter une chute où je ne sais quoi qui puisse être exploité contre nous par la nuée de malveillants à l’affut d’un incident. Le service d’ordre qui se trouve là souffre terriblement. Pourtant, filles et garçons bénévoles qui le composent tiennent remarquablement la position. En dépit des coups qu’ils reçoivent, de la bousculade qu’ils subissent, ils ne bronchent pas et, vaille que vaille, la mise en route finit par se faire. Mais le résultat c’est quand même qu’on fait du surplace très longtemps. Derrière, tout le monde piétine et s’exaspère aussi parfois. Si bien que la sortie des cortèges depuis le point de départ est souvent elle aussi assez tendue. La manœuvre de mise en place dans le boulevard, avec les camions et les banderoles retarde alors encore le démarrage. Cette fois-ci, ce fut un record. Un véritable trou s’observait entre les premiers milliers de marcheurs et le cortège par lui-même. Je suis donc arrivé largement à temps sur l’estrade pour voir passer le gros du cortège global. Le coup d’œil fut saisissant quand j’aperçus les bannières associatives et syndicales. Non seulement celle de la CGT, très structurée, mais aussi le cortège de Solidaire, extrêmement dense. Le DAL aussi avait ce qu’il fallait, comme les intermittents du spectacle. Ce n’était donc pas un vain Marche du 12 avril 2014mot que la signature des deux cent associations qui avaient appelé à cette marche. C’est pourquoi je déplore la vision simpliste qui en a été donnée dans tant de médias comme « manifestation de l’extrême gauche » ou de « la gauche radicale » ou plus maigrement encore « Mélenchon et Besancenot marchent ensemble » et plus brutal, si c’est possible, comme ce « Mélenchon marche contre Hollande ».

Ce qui se construit d’une marche à l’autre, c’est un élargissement de ceux qui se sentent unis par une cause commune d’opposition à la politique d’austérité qui détruit notre société. Dans ce cas, la frontière traditionnelle entre syndicats, associations et partis s’efface au profit d’une forme d’unité d’action qui, sans se nommer, se déploie avec d’autant plus de naturel qu’elle est marquée par un  respect des identités respectives. C’est ce que nous avons nommé « le Front du peuple ». Sa construction se fait sans qu’il y ait un plan d’architecte au préalable. Les circonstances donnent un contenu concret à un raisonnement d’abord abstrait. C’est aussi un symbole parlant que cette marche ait eu lieu en même temps qu’il y en avait d’autres du même type dans d’autres capitales de l’Europe ! La présence d’Alexis Tsipras sur la première ligne du cortège était au diapason. Je crois que l’évènement était décidément plus grand que nous.

Après le bouclage des listes

De façon assez spontanée, les commentateurs ont lié le succès de la marche et les prochaines élections européennes. J’en suis d’accord. Mais je ne fais pas le lien sur un plan purement politicien. Je crois que c’est l’objet même de la marche qui se trouve impliqué dans le vote du 25 mai. Car l’austérité contre laquelle s’expriment les marcheurs est d’abord un produit d’exportation forcée de la Commission européenne. L’autre entrée de la question austéritaire sur ces élections, c’est que le gouvernement engage dans cette circonstance un vote de confiance devant le peuple. La réponse négative atteindrait de plein fouet sa politique. Et donc son existence même peut-être dans la mesure où ce désaveu succéderait à la dure déroute des élections municipales. Il est donc très décisif pour nous d’atteindre un point d’étiage qui place le total des voix de la gauche non gouvernementale loin devant le PS. Jusqu’au point où Marche du 12 avril 2014ce dernier serait le complément et non l’essentiel. Du coup l’Histoire s’accélèrerait en France et en Europe. C’est avec cet état d’esprit de responsabilités à prendre devant le pays que nous avons abordé la dernière phase des discussions pour constituer nos listes aux élections européennes.

Nous avons bouclé positivement la discussion. Nos listes sont faites. Comme toujours, il y a de la tôle froissée sur toutes les ailes après une discussion de cette sorte. Surtout après l’avoir fait durer treize séances sur près de neuf mois ! Brèves ou courtes, ce genre de négociations font toujours davantage de bruit chez les mécontents que chez les satisfaits. Je parle des mécontents du dosage entre partis, des ambitions personnelles meurtries, des coups de billards à trois bandes dans certaines organisations partie prenantes en vue de contester leur direction et ainsi de suite. C’est banal. Rien de tout cela n’est indigne. Mais c’est de plus haut qu’il faut toujours regarder une scène qui devient aussi dangereuse si on s’abandonne à des logiques étroites. De toute façon, le résultat est là. Les listes sont bouclées. La machine Marche du 12 avril 2014de combat qu’est le Front de Gauche quand il est uni peut se mettre en mouvement. Il y aura bien quelques tireurs dans le dos ici ou là mais leur influence est rendue nulle par le caractère pavlovien de leur opposition dès que les choses vont mieux.

Voyons le dosage partisan : les trois composantes les plus nombreuses du Front de Gauche figurent en tête de liste. Pour cela le Parti de Gauche a cédé la tête de liste de l’Ouest, devenue favorable, à « Ensemble » et accepté celle du Centre, toujours aussi défavorable, plutôt que celle du Sud-Est qu’il demandait. Puis chaque parti a choisi ses candidats librement. En Métropole, trois têtes de liste choisies par le PC, trois par le PG, une par « Ensemble ». La tête de liste outre-mer est soutenue en commun en la personne de Younous Omarjee. Au final, toutes les autres composantes du Front de Gauche sont aussi représentées sur les listes, quelle que soit l’étendue de leur implantation. C’est la reconduction du dosage adopté pour la précédente élection européenne à l’exception de l’outre-mer qui n’est plus une candidature du seul Parti Communiste Réunionnais. Puis quatre positions numéros deux sont proposées par le PC, deux par le PG, une par la Gauche unitaire.

Je suis entré dans ces détails pour ne pas donner le sentiment de me tenir à distance de l’accord au motif que mon parti n’y aurait pas trouvé son compte. Je défends cet accord non pas du point de vue partisan, ni des « intérêts » légitimes qui s’y attachent, mais du point de vue de l’ambition de ce que nous construisons. Je ne vise pas seulement le Front de Gauche qui reste le seul point d’appui de notre gauche et son plus formidable instrument. Je pense exclusivement à notreMarche du 12 avril 2014 objectif affiché d’élargir la coalition de la gauche que nous voulons conduire jusqu’au point d’être une majorité alternative. Notre but est de faire des additions, pas des soustractions. Toute notre énergie intellectuelle et stratégique doit s’y attacher. L’unité d’action de la gauche hors du gouvernement est un impératif permanent dont il faut dégager le chemin à chaque étape. Les calculs rabougris de l’intérêt partisan sont des variantes d’une même inconscience des dangers et des opportunités de ce moment de l’Histoire.

C’est bien pourquoi je regrette tant la série de malentendus qui a conduit à ce que l’offre de participation à des listes communes que nous a présentée le NPA soit venue si tard dans le calendrier. Nous, au PG, certains de l’appui du PCF sur ce thème, nous avions pris l’initiative de le proposer à nos partenaires du NPA lors de la rencontre que nous avons eu à notre siège. On se souvient que cette rencontre avait permis de donner l’impulsion nécessaire à l’idée d’une marche qui était dans l’air. Nous avions fait la proposition oralement car l’idée n’était pas de mettre au pied du mur le NPA. Il s’agissait d’ouvrir la possibilité tranquille d’un rapprochement ou d’en rester au statut quo, le tout sans publicité inutile qui tende le dialogue espéré. L’offre du NPA, avait été beaucoup réfléchie dans ses rangs puisqu’on me dit qu’elle fut décidée à une voix de majorité. Elle est donc d’une grande portée. Le dommage de l’affaire est qu’elle soit intervenue alors que la discussion pour la formation de nos listes venait de s’achever au Front de gauche. Disons, pour résumer, que se mettre à négocier cinq semaines avant une élection sur le classement de cent personnes sur sept listes n’est Marche du 12 avril 2014possible que si une bonne cohésion préexiste. On connait le temps que nous y avons passé. Ici tout était à construire entièrement. En cas d’échec ou de difficulté qu’aurions-nous pu faire ? Comment aurions nous fait campagne tout en discutant la composition des listes ? Le résultat risquait d’être pire qu’un sage report à des circonstances plus favorables pour la discussion.

Il n’y a donc pas eu une « fin de non-recevoir » du PCF à l’égard du NPA, comme cela a été écrit. Ce ne serait ni juste ni productif pour l’avenir de l’interpréter de cette façon. Bien au contraire, c’est plutôt un rendez-vous qui est fixé sur l’horizon des prochaines élections proportionnelles, c’est à dire les élections régionales. Mieux vaudrait cette fois-là ne pas trop attendre pour dialoguer. Le tout est d’avoir envie d’aboutir. Et pour cela il faut prendre en compte chacun non comme on voudrait qu’il soit, mais comme il est. Ajoutons que le centre de la prochaine période n’est pas la coalition avec le NPA. C’est bien plus audacieusement la coalition qu’il faut construire à la fois avec lui et le Front de Gauche mais aussi avec les Verts qui le voudront et les socialistes qui l’oseront. Et tout ça en trouvant le moyen de dépasser la forme « cartel » de cet attelage. Rude tâche. Et, comme on le sait, pour y arriver, il faut aussi que chacun se porte assez bien pour avoir confiance avec les autres. Pour nous, cela veut dire que tout commence par avoir un bon résultat aux élections européennes.    

En Tunisie, l'Europe organise la catastrophe

Le vote du projet « d’assistance macro financière » de l’Union Européenne au bénéfice supposé de la Tunisie a eu lieu au Parlement Européen. Un texte odieux. En échange d’un prêt de 300 millions de dollars, l’UE exige que le gouvernement tunisien applique les habituelles préconisations cruelles du FMI. Celui-ci ordonne notamment la fin des subventions aux produits de base dont vit la population la plus humble, la libéralisation des secteurs bancaires et de l’énergie. Et, bien sûr, une baisse de l’impôt sur les sociétés. Il s’agit des mêmes réformes libérales qui ont conduit, partout où elles ont été menées, à une explosion de la misère et des inégalités, sans pour autant jamais rétablir l’équilibre budgétaire qu’elles prétendaient viser. Evidemment, le résultat est toujours le même : des troubles sociaux qui donnent la main aux violents. Sur le plan comptable, ce genre de programme ne peut aboutir qu’à une explosion de la dette et à une plus grande dépendance de la Tunisie vis-à-vis de ses créanciers. On connaît. Eux aussi. J’en déduis qu’ils agissent en Marche du 12 avril 2014connaissance de cause ! Ils provoquent délibérément ce genre de situation. Les vautours de l’UE et du FMI espèrent tirer profit de la fragilité politique de la Tunisie, un point c’est tout. Ils n’ont aucun souci du lendemain ni même de leur propre futur dans l’ambiance de violence qu’ils vont créer.

En tous cas, le résultat prévisible est la mise en mouvement du peuple tunisien. Dans quels sens ? Toute la question est là. Côté PS et droite, unis dans le soutien aux islamistes à travers l’alliance gouvernementale qu’ils soutiennent, le problème se résume au maintien de l’ordre mental et social par l’action émolliente des religieux et des gros bras miliciens. De notre côté, autour du Front populaire, la résistance s’organise dans la rue et sur les lieux de travail. C’est un travail long et patient. Mais il avance d’autant plus vite que le peuple tunisien a formidablement muri politiquement depuis le début du printemps qui fit choir Ben Ali. J’ai pu constater qu’Hamma Hammami et notre Front Populaire ont toujours joué la carte du débat et de la conviction démocratique sans jamais refuser la confrontation pour autant. C’est de cette façon qu’a été surmonté le blocage des religieux à l’Assemblée Constituante. En les regardant agir, nous apprenons à toujours être au diapason des étapes que la conscience collective populaire franchit. Aujourd’hui, il s’agit de prouver qu’on peut faire autrement, au moment même où chacun sent bien quelle erreur se serait de faire comme le recommandent les bandits européens. Comment contrer la propagande des médias oligarchiques proclamant qu’il n’y a pas d’alternative ? Car, en Tunisie comme partout Marche du 12 avril 2014ailleurs, les médias sont les perroquets des puissants et de la « seule solution possible ». Nos camarades du Front Populaire ont donc proposé un budget alternatif, applicable dès maintenant.

Ce budget alternatif propose notamment de suspendre pendant 3 ans le paiement de la dette, le temps d’effectuer un audit de celle-ci. Il prévoit également de taxer les bénéfices des entreprises pétrolières, et d’employer les marges ainsi dégagées à la création de 60.000 emplois dans des projets à visée écologique et sociale (raffineries, unités de recyclages,…). Ce projet veut garantir à la fois l’intérêt général et l’indépendance nationale du pays. Il pourrait convaincre la classe moyenne du sérieux de notre capacité de gestion de l’Etat, et donc attirer l’adhésion massive du peuple tunisien. Evidemment, ce serait une puissante source d’inspiration pour tous les peuples de la région, des deux côtés de la Méditerranée, victimes de l’austérité. On devine donc que l’oligarchie européenne et ses médias ne laisseront pas faire. C’est évidemment dommage, car cela ne peut qu’aggraver les conditions du sauvetage des peuples. L’avantage est aussi que cela durci la compréhension de chacun. Cette pédagogie est aussi de la conscience et de la détestation gagnée pour frapper les grands intérêts, le moment venu.  Puisse-t-il venir vite ! De la sorte, plus que jamais, le combat des Tunisiens est notre combat !

« Le Monde » nous rappelle au mépris qui lui est dû

Voici pour une fois dans ce blog, une rubrique « people » et « happy few ». Madame Maligorne de l’AFP m’avait invité à son pot de départ de son poste à l’AFP. J’ignorais qu’il s’agissait d’une soirée mondaine. Je n’en fréquente aucune. Je ne vais d’ailleurs jamais à aucune soirée de quelque sorte que ce soit pour la raison que je n’ai jamais le temps de quoi que ce soit. C’était une exception accordée à la descente d’un train depuis le Parlement européen pour quelqu’un que j’estime. Je ne savais pas que le Président et le Premier ministre viendraient. Les deux sont venus. Les deux se sont avancés à ma rencontre alors que je me tenais à distance, non par crainte ni embarras mais pour ne pas donner prise à ce que je redoutais alors, connaissant le degré de perversité de ceux qui se trouvaient dans cette pièce. Je les pensais bien capables à la fois de vous inviter de façon pressante puis de vous reprocher d’être venu. On m’avait pourtant juré que ce ne serait pas un traquenard. Cela en fut un. « Le Monde », journal de l’entre-soi, par excellence, consacre au dénigrement de ce pot de départ une page entière. J’y figure en bonne place. Je suis censé avoir « gazouillé » avec François Hollande et même lui avoir « tapoté la joue », invention pure et simple. Mais on voit que « Le Monde » est capable d’écrire à la fois que je « n’aime guère les journalistes » et de me reprocher d’aller au pot de départ de l’un d’entre eux.

Evidemment ici « Le Monde » et sa « journaliste » relaient la campagne du FN après cette soirée dans laquelle Marine Le Pen a vu une image de la connivence des médias avec « les politiques ». « Le Monde » a aussitôt obtempéré. En fait, la connivence que « le Monde » reproche ici aux journalistes de l’AFP est d’abord celle qu’il pratique lui-même, non pas aux pots de départ de ses employés, mais toute l’année et de toutes les façons possibles avec les partis politiques et quelques ambassades bien connues où il a son rond de serviette. Qui a vu, comme moi, la même journaliste du « Monde » qui dénigre madame Malicorne de l’AFP blatérer et minauder dans le bar des députés européens à propos des adieux de Cohn-Bendit peut dire qu’une telle connivence est très facile à observer.

La perversité de ce « journal » est autant dans ce procédé de dénonciation que dans ses accompagnements. Ce jour-là, à Strasbourg nous sommes la veille de la parution de ce pamphlet et juste au moment où une équipe de prétendus « décodeurs » met en ligne un répugnant numéro de diffamation de mon travail de parlementaire. La « journaliste » du Monde traine dans le bar des députés, à tu et à toi avec tout le gratin du Parlement européen, en désobéissance avec le règlement qui interdit ce type d’importunités. Elle n’hésite pas à venir tenter de me racoler pour contribuer à son papier sur les adieux de Cohn-Bendit. Le but c’est évidemment, en notant ma réponse, de montrer que le « journal » est impartial, parle avec tout un chacun, et que chacun le reconnaît… Tels sont ces pervers. Telles sont les méthodes de « l’éthique » et de l’indépendance blabla. On connait le catéchisme. A la fin, ces gens-là sont candidats à Béziers pour le Front national.

Le traitement que je subis dans les médias suffit à dire ce que vaut la tentative perverse de cette commensale des buffets mondains. De cet épisode, tirons des leçons. Ne jamais rendre hommage au travail d’un journaliste, ne jamais manifester de sentiments humains à l’égard de quelqu’un de cette profession même si c’est lui qui le propose. Ne jamais accepter une de leurs invitations personnelles même s’ils insistent. Et ne jamais oublier la leçon.

Je prie mes lecteurs de croire que je suis sincèrement désolé d’avoir baissé la garde ce soir-là. J’avais oublié qui sont ces gens. J’ai cru naïvement qu’on pouvait faire des exceptions. Quant au « Monde », il nous rappelle dans cette circonstance au mépris qui lui est dû pour être capable de ce genre d’infamie après tant d’autres. Comme je suis persuadé que personne à l’AFP ne voulait faire de cette soirée le traquenard qu’elle est devenue du fait du « Monde », on aurait dû s’attendre à un retour de bâton de l’une de ces « société des journalistes » qui, pour dix fois moins que les accusations de ce papier, m’ont traîné dans la boue à chaque occasion. Mais si le « Le Monde » est heureusement une vieille gloire finissante dans l’univers médiatique actuel, ce n’est pas le cas dans la profession où continue de régner une dévote soumission intimidée. L’AFP lèchera la main qui la bat. D’autant que le papier du « Monde » tombe dans un moment où l’existence même de l’agence est menacée. Le quotidien joue aussi son rôle pour contribuer à l’abattre. D’après moi, c’est sans doute là la fonction première de cette page pour le reste totalement sans précédent. 

Mais nous, que pouvons-nous faire pour répliquer, pour ne pas nous laisser humilier sans combattre ? La seule réponse à faire est la suivante : ne pas acheter « Le Monde ». C’est malheureusement tout ce que nous pouvons faire. Mais ce n’est pas sans efficacité. Pour cela, il faut combattre politiquement « le Monde » en tant qu’organe politique. Dénoncer la ligne éditoriale du journal, se moquer de ceux qui l’achètent pour se faire dire ce qu’il faut penser, rappeler le rôle de l’infect Plantu dans le dénigrement des syndicats et la somme reçue par lui du Qatar, rappeler la contribution quotidienne à la montée de l’extrême droite dans les beaux quartiers grâce aux publi-reportages sur Le Pen, tout cela finira par être utile. Sur les réseaux sociaux, vous pouvez beaucoup agir, noter les bobards, les angles pourris, dénoncer les dessins de Plantu et ainsi de suite. Le journal a déjà une diffusion en déclin permanent. On peut rendre son achat aussi ridicule et stigmatisant que l’était il y a vingt ans l’achat du « Figaro » par un lecteur de gauche. Aujourd’hui mieux vaut acheter celui-ci que celui-là si on veut un journal de droite utile.

L’astuce du « Monde » pour me diffamer

Je crois que jamais personne n’a fait l’objet d’un tel acharnement dans le dénigrement que le fait « Le Monde » contre moi. La publication des « décodeurs » au sujet de mon prétendu absentéisme au Parlement européen est consternante si on y pense du point de vue d’un journal d’information. Le titre à lui seul est un symbole. D’où ce journal tient-t-il que je me sentirai obligé de me justifier de ma façon d’être député ? Pourquoi aurais-je besoin de vouloir « faire croire » quelque chose ? A qui ? « Le Monde » a-t-il la vanité de penser que son point de vue m’importe ? En quoi le fait de publier des explications de votes est-il une « astuce » alors que c’est selon moi un devoir ? Comment les citoyens peuvent-ils savoir sinon quelle est la motivation du vote de leur député ? J’assume toute mon action parlementaire et ma façon de la conduire. J’en suis fier autant que de tout le reste dans lequel elle prend place. J’en connais le résultat dans ma vie : je ne cesse de travailler. La volonté du « Monde » est de me dénigrer pour tâcher de me détruire. Photos truquées ou infamantes, ostracisation totale, dénigrement permanent, tout a été bon contre moi comme contre tous mes amis et camarades ici et dans le monde. « Le Monde » est le soutien implacable de toutes les causes des Etats-Unis, le soutien de l’extrême droite vénézuélienne, argentine, ukrainienne, israélienne et des néo-conservateurs nord-américains, et ainsi de suite. Ce « journal indépendant » est un pion dans un échiquier mondial où il joue son rôle. Par exemple, pour étouffer les révélations d’Assange et celle de Snowden en faisant semblant de les traiter. De me diaboliser comme suite de sa dédiabolisation de l’extrême droite lepeniste. C’est tout. Je le comprends. Ce journal est l’organe central de tout ce que je combats. Je ne discute pas son droit à m’accabler mais sa prétention à le faire d’un point de vue neutre et indépendant. C’est pourquoi j’y réplique. Si le titre était, plus honnêtement, « Minute », je ne protesterai pas. Mais « Le Monde » est un journal qui dissimule ce qu’il est en réalité.

Ici, mon dégoût est d’autant plus vif que ce journal est mal placé pour faire des remarques sur le travail européen. Il ne rend compte d’aucune session parlementaire, n’organise aucun débat au fil de l’année sur les thèmes européens. Il a manqué gravement à son devoir d’information à de nombreuses reprises pour des raisons purement idéologiques. Ainsi quand il a préféré participer au « débat » sur la viande hallal en pleine campagne présidentielle au moment où se discutait le mécanisme européen de stabilité financière. Sur les vingt minutes de mon discours de Montpellier sur ce thème en campagne présidentielle, pour ne citer que cela, « Le Monde » n’a pas relevé une ligne ni même mentionné que j’en ai parlé. Du jour où j’ai lancé la dénonciation du Grand Marché Transatlantique en 2009 jusqu’à la réunion que j’ai tenue sur le thème il y a quinze jours au Parlement de Bruxelles, « le Monde »  n’a dit un mot ! La honte est qu’il ait attendu cette semaine pour parler de ce sujet pour la première fois, piqué aux fesses par le dossier publié par « Marianne ». Et comment oublier que ce juge des vertus européennes ait consacré sa rentrée 2012 à une première série de publi-reportages sur les municipales et madame Le Pen comme diversion au vote sur le Traité budgétaire européen. Il est vrai que l’organe central du « oui » mourrait de peur de voir le « non » retrouver sa place. Nous étions bien seuls, alors, à crier alerte. L’Europe n’intéresse pas « Le Monde ». Sauf pour en faire un prétexte.

Le papier des « décodeurs-enfumeurs » montre quelle indifférence au travail politique de terrain est le modèle de ces journalistes de bureau. De toute mon action éditoriale, de réunions et meetings, de mes déplacements incessants, il ne reste rien. Juste une misérable comptabilité au demeurant faussée par sa source que « le Monde » se garde bien de recouper. D’ailleurs, les décodeurs étalent surtout leur méconnaissance crasse de la vie du Parlement européen lui-même. Le temps de parole n’y est pas libre. L’attribution de rapports n’est pas à la demande. Et ainsi de suite. Le plus spectaculaire est que le journal se garde bien de recouper ses sources et davantage encore de les soumettre à examen avant d’en recopier la méthode. « VoteWatch », qu’il prend comme juge suprême, est juste un peu politiquement suspect. « Le Monde » ne le dira pas. En fait, le ciblage sur moi permet d’autres évacuations de problèmes. Par exemple : que font les autres ? Et surtout les bons amis du « Monde ». Motus. On devine pourquoi.

Si l’on regarde du point de vue de l’intérêt européen, l’acharnement du « Monde » fait leçon. Cela ne servirait à rien de faire vivre le débat sur l’Europe, de s’impliquer, d’écrire et de parler sur le sujet. Mieux vaudrait être sagement assis à son banc plutôt qu’avec les siens dans une manifestation où dans une campagne présidentielle. Mieux vaudrait se contenter d’appuyer sur les boutons de vote en suivant sans réfléchir sa feuille de vote plutôt que de se poser la question texte par texte de ce que l’on doit voter. Le rêve d’un fainéant de décodeur : commenter le travail des autres ! Naturellement, ce serait la mort de la politique et même de la démocratie. Pour ma part je crois que c’est ce que contiennent les méthodes du « Monde », son pilori et sa perversité.

Je crois cependant qu’il faut rendre hommage à l’efficacité partisane du « Monde ». Je pense que le PS et madame Le Pen peuvent lui dire merci. De cette façon, il créé un environnement contre moi parmi les moutons de Panurge de la presse qui vont répétant jusqu’à la nausée les bobards de cette propagande. Chacun rajoutant sa propre avanie. Ainsi quand Jean Michel Thénard, un ancien du glorieux « Libération » désormais « JM. Th » au « Canard Enchainé » note que si je ne suis pas dans l’hémicycle c’est que je suis à la buvette. Rien ne m’aura été épargné.

En attendant, il faudra supporter en serrant les dents. Je ne félicite pas les membres de la rédaction ou du reste de la chaîne de travail au « Monde » qui laissent passer tout ça sans rien dire. Vous êtes de vrais lâches. Inutile de venir me faire des sourires et clins d’œil complices. Vous vous sentez bien dans cette basse besogne ? Ca vous va de publier des photos truquées et des papiers à charge toute l’année et de lêcher les bottes de Marine Le Pen ? C’est du journalisme ça ? C’est le « devoir d’obéissance » sans doute. Vous savez où ça conduit ?

Ceux que ça intéresse trouveront mes motifs d’absences (qui d’autre que moi l’aura fait ?) mes votes et explications de vote, ainsi que l’analyse d’un très grand nombre de dossiers soumis aux votes sur mon blog européen (combien d’autres blogs de cette sorte ?). Mon blog européen est une merveille. Cette semaine, je vais éditer un document récapitulatif de réponse qui permettra à mes lecteurs, s’ils souhaitent me venir en aide contre les diffamateurs du « Monde », de diffuser mes arguments. Et retenez la consigne : rendez les coups pour moi qui ne puis faire davantage. N’achetez pas et ne faites pas acheter « Le Monde ». Même un de moins, c’est toujours ça de pris !


178 commentaires à “Après la marche, la démarche”

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  1. 101
    Degorde dit:

    Vu votre article sur le journal le Monde. Là on vous sent vraiment atteint et j'en suis nâvré. mais je comprends qu'à force ça doit user. Quand on s'est vu une fois vous aviez eu cette belle expression qui dit tout "se faire gratter". Là on sent que ça va pas. Bon. Pas se laisser abattre et merci pour vos arguments. On va s'en servir pour leur rentrer dedans une bonne fois pour toutes. Utilisons chaque bout de la "toile" pour étaler leur bassesse et leur imposture. Tous les jours... Courage et amitiés

  2. 102
    bienlu dit:

    « 140 textes à passer au vote. Un vote toutes les trois secondes… »

    Bientôt le parlement européen organisera les VHF (Votes à Haute Fréquence) à l'instar des THF transactions à haute fréquence pour la finance dont on connait les redoutables conséquences pour le vulgum pecus !

  3. 103
    Jonathan L. dit:

    Bien répondu ! Il ne faut pas se laisser faire. Combien de fois ces dernières semaines ai-je ressenti le danger de "l'effet-cocktail médiatique" de toutes ces diffamations, ces putsch matraquant de la novlangue, et autres ententes partiales des ménages de ceux qui usurpent le rôle des journalistes... trop, et beaucoup plus que ces derniers mois. Ce sont des idées qu'ils attaquent, et pourtant bien vous qui recevez les coups. Continuez, cela veut dire que nous somme sur la bonne voie.

  4. 104
    Courrierlecteur dit:

    "[...]sincèrement désolé d’avoir baissé la garde ce soir-là"

    Non, très sincèrement, il n'y a pas de regrets à exprimer de bien faire son travail de porte parole en répondant favorablement à une invitation, à des civilités, de l'AFP. De plus, "ce soir là", même si ce n'était pas l'objet de cette rencontre avec des journalistes, était le soir d'une belle victoire, judiciaire, condamnant la responsable d'un parti fasciste pour fraude électorale. Dans une démocratie "normale", cet événement aurait pu être salué, honoré, aussi bien par des journalistes que par des adversaires politiques respectueux de la République. Au lieu de cela, des bigots à la vue étriquée n'ont vu, dans le pot de départ d'une journaliste, que compromission, perfidies et autres bassesses orientées, exclusivement, sur notre porte parole. Parmi ces journalistes, ces donneurs de leçons de bonne conduite républicaine, combien ont-ils commenté la condamnation de MLP ? Aucun ! Ils ne se sont intéressé qu'à un non événement, ce soir là, futile, pour produire des ragots, et non de l'information, comme pour mieux étouffer ce scandale de fraude électorale condamné par la justice. Honte à eux !

  5. 105
    Philippe93 dit:

    Très Belle marche, bravo camarade......

  6. 106
    JeanLouis dit:

    Moi depuis 2005 et les jugements infamants contre ceux qui avaient osé voté non au projet de traité constitutionnel, je n'achète plus ni le Monde, ni Libé, ni le Nouvel Obs... et je le fais savoir partout où je peux.

  7. 107
    marj dit:

    D'accord avec Sergio (53) sur la nécessité de mettre en avant des mesures sociales fortes et d'expliquer plus longuement le passage à la sixième république.
    Ensuite, je pense que le mécontentement envers le gouvernement est entrain de monter monter, y compris dans l'électorat de base du PS c'est à dire les classes moyennes qui morflent. Je l'entends de plus en plus autour de moi. Après une longue phase d'attente, ou ces gens ont cru naïvement qu'il fallait laisser le temps au temps, ils se heurtent à la réalité crue: les injustices de plans sociaux sans fondements économiques (voir Astrium à Toulouse après Sanofi et les autres), les salaires qui régressent et les impôts et taxes qui flambent,les services publics exsangues et de moins en moins présents dans les territoires ruraux. Le constat d'une régression généralisée est implacable tandis que les paradis fiscaux se portent bien et que l'avenir proposé n'est qu'une austérité sans fin. Il reste à convaincre cet électorat devenir vers nous. Et là, bien entendu, nous ne sommes pas aidés par les perroquets médiatiques mais ça commence à craquer, à ce sujet hier, intéressant débat dans "Ce soir ou jamais" de...

  8. 108
    Ourak dit:

    Merci, Mr. Mélenchon, pour cette courageuse et violente dénonciation de ce qu'est devenu ce pitoyable journal "Le Monde". La lecture en paraît peut-être trop violente au premier abord; mais, non. Elle est juste à la mesure de la violence et de la malhonnêteté de ce journal. J'ai été longtemps abonné. Chaque soir, en rentrant chez moi, j'en étais arrivé à redouter l'ouverture de ma boite au lettre et la découverte des titres. La prise de conscience à eu lieu en pleine campagne électorale, en 2012, d'une part par le nombre de "unes" consacrées à Mme Le Pen, d'autre part suite aux 5 "unes" en Avril 2012, au lendemain du grand meeting de la Bastille, consacrées à l'affaire Merah, traitée comme une affaire d'état, alors qu'il s'agissait d'un gros fait divers concernant un pauvre dingue antisémite. Cela a permis au journal d'esquiver l'évènement de la Bastille, n'y consacrant qu'un tiers de page intérieure. J'ai supporté ensuite beaucoup de titres et d'articles bienveillants envers le FN et Mme Le Pen. Je n'ai "craqué" que lors de la publication infame des fameuses photos truquées, "nazifiant" JL Mélenchon. Un vrai choc, bouleversant et horrifiant. Je me...

  9. 109
    marj dit:

    Pour convaincre un électorat déboussolé, il me semble qu'il faut appuyer sur plusieurs points, d'abord sur l'origine de la crise économique et sociale et montrant qu'elle est européenne et même mondiale. Les médias jouent la carte du renoncement populaire en parlant de la crise comme une fatalité,un phénomène naturel. Certains veulent isoler la France en entretenant l'illusion qu'ailleurs c'est mieux, pour matraquer ce qui subsiste de notre système social. Ensuite, démonter l'idée entretenue que le pouvoir politique ne peut rien et n'est responsable de rien alors que ce sont les états, les organisations internationales, UE, FMI, Banque mondiale, OMC,dirigées par des êtres humains qui votent des lois de libéralisation des capitaux, de dérèglementation, de mise en concurence des peuples.Enfin, aider les entreprises pour créer de l'emploi et investir oui, mais cela suppose un contrôle de l'état, une modulation des cotisations et des prêts en fonction de la politique des entreprises.Aujourd'hui, les multinationales profitent des largesses du gouvernement Hollande au même titre que les PME et placent leurs colossaux profits dans les paradis fiscaux.

  10. 110
    Ourak dit:

    Le mot "pervers" employé par JL Mélenchon est parfaitement adapté, au sens médical du terme. Le pervers se choisit une victime, prend du plaisir et se nourrit de la souffrance qu'il lui inflige. Pour la victime, malgré la conscience et la lucidité de la malveillance, les flèches reçues sont blessantes. Le pervers sait parfois se rapprocher de sa victime, pour mieux l'abattre ensuite. Enfin le pervers, malgré son caractère odieux, violent et destructeur, va mal, souffre lui-même. "Le Monde" va mal, c'est évident, et ira de plus en plus mal.

  11. 111
    JLB dit:

    Bonjour Jean-Luc,
    Merci pour tout ce que tu fais pour nous. Grâce à toi, nous apprenons comment combattre cette seconde peau du système, le mur médiatique. Cette discipline, nous le savons tous, est une étape fondamentale de déconstruction de l'oligarchie.

  12. 112
    Nicolas B dit:

    On voit bien l'angle d'attaque généralisé pour les européennes, omerta sur l'élection elle même, peut être les sondages leur ont dit que cela n'intéressait pas les Français ? vos absences au parlement Européen de tel jours à telle heure, l'amalgame avec la délinquante d’extrême droite pour le soit disant classement des bons et mauvais élèves...Les sondages pour justifier les saignées du bon docteur valls, il y en a même pour affirmer qu'en 2017 la délinquante serait au deuxième tour. Ce n'est plus du journalisme, faudrait appeler cela autrement, l'horoscope c'est déjà pris, peut être l'Euroscope, ça serait pas mal. Bon courage M Mélenchon vous n'êtes pas seul, et ils le savent très bien.

  13. 113
    VESCOVO_ dit:

    Courage Jean-Luc ne te laisse pas abattre par ces pseudo-journalistes à la botte de la pensée unique néo libérale. Jamais nous te laisserons tomber face à ce travail de sape.

  14. 114
    coste dit:

    Et en prime, hier matin sur France Inter, Pascale Clark rend un vibrant hommage à l'immense (immonde!) Cohn-Bendit pour son engagement européen afin de conclure que lui, à la différence de Mélenchon est très assidu au parlement européen. Cette grande journaliste n'a pas pu s’empêcher de conseiller aux auditeurs d'acheter le "Monde" pour bien décrypter les tricheries de Mélenchon. Je pense qu'il vaut mieux, même si cela coute, garder son calme et expliquer calmement. Facile à dire.

  15. 115
    richunter dit:

    A chaque fois que cela est possible, lors de vos passages télés présentez vos tableaux qui montrent d'autres résultats concernant votre travail au sein du parlement européen et profitez-en pour leur rappeler qu'un journaliste honnête et consciencieux se doit de présenter les informations en toute impartialité.

  16. 116
    naif dit:

    @coste
    Il n'y a pas que FI, Libération joue la même partition avec Cohn Bendit. Attendez que le site de France inter soit réparé. Et oui il est en maintenance depuis hier. Dés que ce sera fait, n'oublions pas de revenir sur cette émission pour que nous puissions exprimer soit au médiateur ou à l'animatrice notre désapprobation. On étouffe dans cette dictamolle. Plus on a de chaines télé, de radio, de journaux et moins il n'y a de différence. On a critiqué en son temps l'ORTF et la Pravda mais aujourd'hui c'est la censure validée par la quantité. C'est pire, car les citoyens croient avoir le choix alors qu'ils n'ont que la voix du capital.

  17. 117
    RV dit:

    @Denis F
    N'attendez pas la consigne, une révolution citoyenne ne se décrète pas du haut d'une estrade.

  18. 118
    jeannine dit:

    @RV
    Bien sur, mais comment ? D'accord avec le commentaire de Denis F, les marches c'est enthousiasmant ok, et après ? On discute sur qui y va, qui n'y va pas a ces Européennes, mais il faudrait pas perdre de vu l'objectif, et ce que le peuple attends de nous, surtout après la nouvelle belle histoire des chaussures bien cirées et des bonnes bouteilles bien sirotées.

  19. 119
    Boudine dit:

    Qui songe encore à lire "Le Monde" ? C'est cher, ça salit les mains et la tête. Pour 9 euros par mois, je suis abonné à Médiapart, depuis son lacement, qui publie trois éditions par jours et est beaucoup plus intéressant. La soirée Médiapart le dimanche du second tour est bien le seul endroit où l'on a entendu parler du FdG et du Parti de Gauche. Et puis Médiapart, ça pulse… en 24h, le conseiller du président a été atomisé. Le Monde, ça tombe, Médiapart, ça monte.

  20. 120
    naif dit:

    @Boudine
    "Qui songe encore à lire "Le Monde" ?... Je suis abonné à Médiapart"

    Dommage que Médiapart ne mette son talent de journalisme d'investigation au service des citoyens que nous sommes. A part les enquêtes sur les affaires, qui ne sont que des histoires mégalomaniaques, d'abus de pouvoir ou de corruption d'hommes/de femmes (qui relève de la nature humaine et qui sont d'ailleurs de toute obédience), il est trés rare que ce journal investigue sur les vraies motivations des politiques libérales et atlantistes menées par notre gouvernement ni sur les moments historiques (11 sept par exemple, putsh en amérique du sud, ex Yougoslavie et Ukraine) que l'histoire mondiale a connu depuis une ou deux décénnie. Sous couvert de révélateurs d'affaires il diffuse lui aussi la doxa libérale. Ce qui lui donne un petit plus en terme de crédit de confiance. Un peu comme le Canard Enchaîné et Marianne il y a quelques années.

  21. 121
    drouot52 dit:

    Dans les journaux infamants comme Le Monde, Libé, Nouvel Obs, il ne faut pas oublier le Canard Enchainé pour faire des tartines de m.... sur Jean-Luc Mélenchon, surtout ne rien lacher et en route pour les européennes.

  22. 122
    Ouilya dit:

    Bonjour chers camarades, bonjour cher Jean-Luc,
    Vous n'avez pas à vous justifier, Jean-Luc, il n'y a que les coupables qui se justifient, renvoyez-les tous à votre blog où tout est clairement notifié et passez à autre chose, ça commence à bien faire leurs sempiternelles reproches, qu'ils se documentent donc un peu car là c'est eux qui ne font pas leur boulot ! Comme disait ma mère, "il faut prendre les choses de la part d'où ça vient" et croyez-moi, c'est péjoratif mais ça remet les choses au point. Ne permettez à personne de vous blesser, de vous rabaisser surtout venant "d'eux" qui sont à plat ventre, ce ne sont que des serpillères qui ne méritent que notre et votre mépris !

  23. 123
    jeannine dit:

    Oui bien sur, c'est très important d'être bien informés sur la politique libérale du gouvernement actuel et les grands problèmes internationaux, mais c'est aussi très important de dénicher cette fausse gauche et la perversité du système de la ve République avec ces marquis au pouvoir, dignes descendants de la royauté. Quelle honte au delà de la légitime colère !

  24. 124
    Denis F dit:

    @ 116 RV
    Entièrement d'accord, cela se décrète du fond d'un bistrot ouvrier empli de fumée et sentant la vinasse et la bière tiède. Mais cela c'était au siècle dernier, aujourd'hui les révolutionnaires ne fréquentent plus vraiment les bistrots noircis par la fumée, pour la simple raison qu'on a plus le droit de fumer dans les bistrots, d'ailleurs qu'est-ce qu'on encore le droit de faire, aujourd'hui ? Et plus prosaïquement, existe t-il encore des révolutionnaires hormis sur les claviers ? Les derniers dont j'ai croisé le chemin Joëlle Aubron, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan ont déposé les armes depuis bientôt 30 ans...

  25. 125
    Antoine Berrit dit:

    Bonjour M. Mélenchon,
    France Inter aujourd'hui 14H, CO2 mon amour consacre 20 mn aux inquiétudes que soulèvent le projet du Grand Marché Transatlantique pour l'environnement, le pouvoir des multinationales contre les états etc. Et déplore que personne en France ne semble s'interésser au problème, à part quelques personnalités comme José Bové ou Jadot. Sans même que vous soyez cité. Alors le complot s'étendrait au moindre petit chroniqueur des médias ? Non bien sûr. Mais cela signifie que votre travail d'explications et de pédagogie n'a aucun écho ailleurs que dans nos chapelles. Pourquoi? Je n'en sais rien mais je dois vous avouer que les promenades festives du printemps qui voient nos petites nymphettes se trémousser sur l'internationale joliment arrangée ne me paraissent pas de nature à intéresser les vraies victimes du productivisme implacable à l'oeuvre, qui elles n'ont ni le temps ni l'envie de rigoler ou de danser la Carmagnole, fut ce par un beau jour de Printemps.

  26. 126
    Tazibus dit:

    Sortir de l'Euro, de l'Otan, c'est un bon début pour rogner les ailes de ce capitalisme débridé et mortifère, mon vote est donc acquis à la liste de gauche qui le propose.
    Ah... on me dit qu'aucune liste de gauche ne propose ce programme ? C'est très ennuyeux.

  27. 127
    archerducher dit:

    @123 et @116
    Pendant l'occupation allemande dans les 1er temps on voit sur les film d'époque que les parisiens s'accomodaient très bien avec l'occupant. La resistance pour réveiller cette population a abattu un officier Allemand dans le metro, ce qui a révélé ensuite la cruauté et l'objectif de l'Allemagne et de ses nazis, envers les juifs, communistes, gaullistes et autres opposants. Certes beaucoup sont sur les claviers, comme moi-même, à faire leurs blabla ou exprimés leurs idées, mais pensez-vous qu'il faille reveiller la populace comme en 41 ou je ne vous ai pas compris ?

  28. 128
    naif dit:

    @Antoine Berrit
    "...cela signifie que votre travail d'explications et de pédagogie n'a aucun écho ailleurs que dans nos chapelles."

    Vous n'y êtes pas du tout. Les journalistes savent parfaitement que c'est un des chevaux de bataille de JL Mélenchon. C'est bien la ligne éditoriale de France Inter et de toute la presse généraliste. Pour la campagne Européennes ce sont EELV qui seront mis en avant. Le FN ne sert pas le bipartisme pour ce type d'élection. Donc à fond EELV pour récupérer les mécontents du PS ou les égarés du moment. Vous verrez que plus la date de l'élection approche et plus les sujets sur l'environnement vont aller crescendo. Les problèmes écologiques, incidents et autres catastrophes vont prendre le dessus sur les faits divers crapuleux et autres cambriolages. ils nous ont fait le coup en 2008.

  29. 129
    JeanLouis dit:

    Un "sondage" qui peut laisser pantois et explique la difficulté à faire passer nos messages "Après le grand oral de Manuel Valls devant les députés, les Français semblent conquis par les grandes lignes de la politique proposée par le nouveau Premier ministre. A en croire un sondage réalisé par BVA pour i-Télé et Le Parisien, plus de la moitié des Français dit avoir été convaincue par les déclarations du nouveau Chef du Gouvernement lors de son passage au JT de 20h de France 2." Un tel niveau de méconnaissance des mécanismes économiques ou simplement de conscience de la majorité de nos compatriotes est effarant. Que voulez vous faire, parfois les bras retombent !

  30. 130
    jeannine dit:

    @127
    Pas complètement compris, en effet je tentais de justifier la nécessité de faire aussi comme Médiapart un travail d'investigation sur nos dirigeants et leurs "petites" cachotteries suite a une réflexion d'un intervenant. Rassurez vous je n'ai pas d'intentions belliqueuses privant qui que ce soit de la vie. il suffirait il me semble que tous les responsables de notre gauche cessent de se chicaner pour aller a l'essentiel, c'est a dire l'union, sans arrière pensées ni calculs ridicules. C'est curieux que certains a ce niveau ne voit pas l'urgence. Vous aurez compris que je suis adepte de la Révolution citoyenne!

  31. 131
    Autrement dit:

    Puisqu'on parle (avec raison et dégoût) du terrible rouleau compresseur que représente la grande presse et les media ordinaires sur les esprits des gens, je recommanderais pour s'informer l'abonnement papier/net à l'hebdomadaire Politis. Pour ceux qui peuvent, il y a aussi le Monde diplo, Regards, et comme autre site internet, celui du Grand Soir. Sur ce dernier, on peut contribuer aussi (ce serait même bienvenu), mais tout est en accès libre, notamment de nombreuses contributions traduites en provenance d'autres pays, et des références et résumés biblio très intéressants. Dernièrement y a été présenté un petit livre percutant de Maxime et Frédéric Vivas "Marine Le Pen amène le pire", avec toute l'argumentation et les documents nécessaires pour expliquer aux gens que sa pseudo-position sur l'Europe et son pseudo-programme n'ont rien à voir avec les vrais intérêts des citoyens !

  32. 132
    gege dit:

    Bien sûr que si qu'il y a un "Monde" fréquentable, fort instructif et recommandé car lui est "diplomatique" et a une autre envergure que ce Monde là dont vous parlez ! Pensez-y.

  33. 133
    marj dit:

    @129 Jean Louis
    En tout cas, autour de moi, j'en ai pas rencontré beaucoup de français convaincus, plutôt des français en colère. Après il est bien connu qu'un certain nombre de personnes veulent bien que les autres se serrent la ceinture, attends donc qu'ils se rendent compte qu'eux même seront touchés, et rapidement Valls rejoindra Hollande dans les profondeurs sondagières !

  34. 134
    naif dit:

    @JeanLouis
    Tout n'est qu'image ! Tout n'est que communication et feeling. La politique n'est pas un métier dit-on. Alors chacun y va de son intuition sans essayer de comprendre l'histoire des hommes ses mécanismes organisationnels, son niveau de connaissance, l'influence des institutions sur nos comportements individuels etc. bref sa complexité. Une image en boucle, Une cravate, un sourire, une grimace, un mot doux ou une colère sont résumés dans une intuition trés furtive. Intuition qui pousse le bulletin dans l'urne. Comme il y a 60 millions d'entraineur et de sélectionneurs au foot il existe aussi 60 millions de présidents de la république, de 1er ministre. Sauf que le foot n'impacte que les émotions lié au jeu quand la politique organise les relations et ses conséquences que nous vivons tous.

  35. 135
    Caouec dit:

    Le journaliste Maurice Lemoine étrille le Monde sur la façon qu'ont ses "envoyés spéciaux" de traiter les problématiques véénzuéliennes ou colombiennes... C'est bien envoyé, et c'est à lire ici...

  36. 136
    CarolineOttawa dit:

    Bravo Mr Mélenchon! Je vous suis du Canada et vous êtes un exemple de lutte contre l'austérité que nous imposent les gouvernements partout sur la planète.
    Ici aussi, nous avons beaucoup de coupes budgétaires, de baisses des dépenses publiques etc...Cela n’amène rien de positif donc j'espère qu'une opposition comme la vôtre va émerger pour nous aussi. Ne lâchez rien et merci pour vos analyses et idées qui pourront nous éviter le pire.

  37. 137
    Espéranza dit:

    Mr Mélenchon je comprends que vous n'acceptiez pas les coups bas du Monde. Mais c'est le signe que nos idées font mouche et vous en êtes le symbole. La charge était tout aussi violente quand vous montiez dans les sondages lors de la campagne aux présidentielles. Les journalistes s'il sont des professionnels, il défendent une ligne politique qu'ils leurs faut assumer. Tous les éditorialistes qui sévissent dans les principaux média sont de la même couvée. Surtout les iditorialistes économiques, ils ont micro ouvert chaque jour et sur pratiquement dans tous les médias. Chacun fait son analyse comme si c'était la vérité révélée. On voit ou cette logique nous a conduit. Construisons le rapport de force en organisant dans chaque localité une réplique de ce qui c'est passé à Paris le 11 avril.

  38. 138
    stéphane dit:

    @caouec 135
    Très intéressant. Finalement on peut en conclure que le Monde est partout dans le monde l'un des meilleurs soutiens de l'extrême droite.

  39. 139
    Jean Jolly dit:

    @ Tazibus.
    En ce qui concerne la sortie de l'OTAN celle-ci est prévue dans le programme L'Humain d'abord. La sortie de l'euro, quant à elle, n'est pas inscrite dans le programme mais c'est une solution envisageable au Parti de Gauche. Voici un excellent article de Guillaume Etievant qui explique la position du PG à ce sujet qui n'est donc pas tabou.
    Bienvenue à Gauche.

  40. 140
    gautier dit:

    Aux actes citoyen !
    Maintenant que le Front de gauche a lancé la campagne des européennes, à nous gens du bas de convaincre qui son voisin, qui un parent, qui un collègue de travail de voter Front de gauche. Si nous parvenions chacun à convaincre une personne ce serait une belle pierre à l'édifice. Parfois une bonne caricature valant mieux qu'un long discours serait-il possible aux états majors de proposer ou de compiler des dessins reprenant les propositions de l'humain d'abord ou montrant les conséquences des plans prévus d'austérité que je puisse les partager avec les copains.
    Merci

  41. 141
    Denis F dit:

    @139 Jean Jolly
    Quand allons-nous cesser de spéculer sur des textes qui ne sont écrits qu'avec des "si" ? Ne pourrait-on pas considérer que nous n'en sommes pas aux prises de décision, car nous ne sommes pas en responsabilté gouvernementale, et ne sommes pas prés d'avoir ces responsabilités. Quand aura-t-on, enfin, le courage de dire la réalité ? À savoir que nous sommes dans une situation catastrophique que nos gouvernants actuels entretiennent et multiplient les effets dévastateurs. Quand aura-t-on le courage de les accuser sans cesse et sans fin.
    Contrairement à ce que dit Guillaume Étievant, nous n'avons ni le loisir ni le temps de passer par une réforme de la BCE, aucun des pays européens faisant partie de l'euro-zone n'en acceptera les modalités, en premier lieu l'Allemagne, ce n'est que pure illusion que même d'y penser, c'est la rupture immédiate avec l'euro et la reprise de notre souveraineté monétaire qui pourra sauver la France. Il me semble que F. Lordon ou J. Sapir sont plus efficients sur le sujet. Une fois remise sur pied, la France pourra penser à devenir internationaliste ou mieux encore universaliste.

  42. 142
    Bob.pollet dit:

    @jean louis 129
    "...Plus de la moitié des Français dit avoir été convaincue par les déclarations du nouveau Chef du Gouvernement lors de son passage au JT de 20h de France 2."

    Qui nous dit que la moitié des Français , sinon des sondeurs (payés pour enfumer l'opinion) ? Si tu remplaces systématiquement dans tous les sondages la moitie ou 7% ou 45% des Français par la moitie ou 7% ou 45% des sondés, tu vas voir que tes bras ne retombent plus du tout !

  43. 143
    AlainV dit:

    @Denis F
    Pour la sortie de l'euro, je conviens que Lordon et Sapir sont très convaincants. Mais lorsqu'on vise à convaincre le grand nombre de nous suivre, le rejet de l'euro peut créer un sentiment d'insécurité, et faire peur. Dans cet esprit, on peut donc rallier la position de la direction collective du PG et proposer de rechercher d'abord l'accord des autres peuples européens (au-delà de leurs gouvernements). Si nous avançons sur la démarche progressive d'une Europe sociale, en modifiant ou supprimant certains traités, nous n'aurons peut-être plus d'autre solution que de créer une monnaie commune (l'euro, peut-être) et des monnaies nationales. Donc de quitter la monnaie unique qui nous mène dans le mur. Notez que sur la façon de parvenir à cette monnaie commune et aux monnaies nationales, Sapir et Lordon ont quelques idées, mais ne font pas de propositions très concrètes : c'est en avançant qu'on créera le chemin, par le débat et la négociation.
    Alors dire comme le FN, il faut quitter l'Euro, c'est contreproductif. Expliquer comment nous voulons créer une Europe sociale, c'est clair, efficace, convaincant. La monnaie unique empêche de construire l'Europe.

  44. 144
    roland011 dit:

    @143 AlainV
    ...Lordon ont quelques idées, mais ne font pas de propositions très concrètes
    Alors la, elle est bien bonne. Son bouquin comprend de longues explications sur "la technique". Manifestement ou tu n'as pas lu, ou très mal.

    Alors dire comme le FN, il faut quitter l'Euro,
    Idem pour celle la, faudra surement changer de lunette
    Amicalement tout de même

  45. 145
    AlainV dit:

    @Roland011
    Vous n'avez pas bien saisi le point de vue que j'adoptais, celui de l'acceptance par la population. Lordon et Sapir sont des techniciens, et je leur donne raison, mais nous sommes un parti politique et, dans le domaine politique, Lordon et Sapir ne font pas de propositions très concrètes. Il s'agit de faire comprendre au grand nombre (ce que la droite appelle "la pédagogie") le sens de la démarche que nous entreprenons et qui aboutira, presque certainement, à la disparition de la monnaie unique.

  46. 146
    Alain44 dit:

    FN ou pas, le problème c'est l'Euro, c'est la tenaille des traités budgétaires qui ne réservent plus aucune place à la démocratie. Alors reprenons nos billes et reprenons à zéro c'est la seule solution raisonnable et le ciel ne nous tombera pas sur la tête, un peu de courage que diable.

  47. 147
    antonio G dit:

    Non, le problème central, ce n'est pas l'euro ! Il serait judicieux que chacun prenne le temps de lire attentivement le texte politique qui est notre projet (celui du FdG) pour les élections européennes "Rompre et refonder l'Europe,le Front de gauche en campagne". Ce texte montre bien que c'est d'abord l'ensemble des traités qui en organisant la compétition économique entre les 28 membres de l'UE sur la base de la "concurrence libre et non faussée" qui pose problème. Les vecteurs essentiels sont la politique monétaire et de crédit, le dumping social et fiscal. L'euro est uniquement l'outil de cette politique monétaire et on peut changer cette politique sans quitter l'euro. Le texte précité cite d'ailleurs l'article 123-2 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne sur lequel on pourrait s'appuyer pour mener une autre politique monétaire sans attendre les autres pays ou une modification du traité budgétaire. Enfin quitter l'euro pour revenir à un franc dévalué, c'est s'inscrire dans la logique d'une dévaluation compétitive, une politique non coopérative cherchant à gagner des parts de marché contre les autres pays, à l'inverse de notre démarche.

  48. 148
    Invisible dit:

    Dans le secteur agricole, la politique des subventions favorise les grosses structures, l'industrialisation de l'agriculture que ce soit en Europe mais aussi jusqu'au Cambodge où les paysans sont carrément mis dehors de leurs terres pour que des entreprises viennent exploiter du sucre avec des aides européennes ! Ils sont réduits à la misère. Chez nous, un petit gars qui voudrait se contenter de 5 vaches pour vivre en commerce local ne percevra plus aucune aide car il faut un minimum de 10 vaches. Évidemment : pour acheter des machines énormes et des produits chimiques qui font tourner la croissance, sainte et divine croissance.C'est pas une question de monnaie mais de choix politique. Résultat 1exploitant, sur 100 ha, remplace 5 paysans sur 20 h, qui doivent disparaître et aller où ? C'est pas indiqué sur la notice. Les agriculteurs apparaissent trop peu sur ce blog.

  49. 149
    Michel Matain dit:

    @ 148 antonio G
    (sortir de l'euro) c'est s'inscrire dans la logique d'une dévaluation compétitive, une politique non coopérative cherchant à gagner des parts de marché contre les autres pays

    C'est vrai mais une démarche coopérative réclame que d'autres pays partagent notre démarche coopérative. Sinon c'est ça revient à aller à l'abattoir de plein gré. Le partage d'une telle démarche ne viendra pas de l'Allemagne de Merckel, de la Grande-Bretagne et de quelques autres... Sortir de l'euro reviendra à créer deux euros : un euro fort autour de l'Allemagne et un euro faible autour de la France. On reviendra au schéma des années 60/70/80 : un mark fort et un franc faible. Sortir de l'euro et dévaluer ne pourra se faire sans un audit et un moratoire de la dette : celle-ci étant en euro, une sortie de l'euro reviendrait à exploser cette dette. Pour mener une telle politique, il faudra un gouvernement très fort et assuré d'un soutien populaire sans faille.

  50. 150
    Paul Volfoni dit:

    Vouloir changer l’Europe de l'intérieur c'est comme vouloir changer le PS de l'intérieur. Cela s'avère impossible et contre-productif. Cette non décision, quant à vouloir sortir de cette Europe qui malmène et prône l'austérité, amène le doute quant à la volonté réelle de la gauche plus radicale que le PS, de faire bouger les choses. En n'affichant pas cette solution, vous laissez prospérer ce flou, ce faux espoir alors que les gens voient bien au quotidien que pour eux c'est de plus en plus difficile. Il ne faut pas oublier 2005. D'un point de vue simplement chronologique, seul un référendum pouvait annuler un référendum. Ce faisant, un autre parti que je ne veux pas nommer est en train de tirer les marrons du feu. Il faut ouvrir ce verrou et s'attaquer ouvertement à la finance sinon on ne décollera pas. Vous rajoutez à cela l'incohérence des différentes composantes lors des municipales et vous avez tous les ingrédients d'un futur échec programmé. Bruxelles, c'est trop loin, trop abstrait. Oui à la coopération, non à cette Europe qui déshumanise tout.

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