19fév 14

Jour de dictamolle

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La dictamolle, ce n’est pas la dictature. La dictature est rustique. Elle surveille, réprime et nécessite une vigilance de chaque instant. En dictature, il y a des morts. La dictamolle est bien plus efficace. Sa formule générale d’action est « cause toujours tu m’intéresses ». Rien ne sert à rien, tout veut dire n’importe quoi et même son contraire. La dictamolle est une situation d’autoritarisme insaisissable. Tout simplement parce que le dictamou vit dans la demie-teinte, mi-chair mi-poisson. Tel le caméléon, il se confond avec le paysage qu’il occupe ; il tient tout le monde hors de portée sous un feuillage de mots truqués, d’humour de muscadin, de blagues et de jeux de communication. La dictamolle de Hollande est un exemple de ce que l’on peut faire dans ce registre extrêmement exigeant en matière de cynisme post-électoral et d’absence d’affect face aux souffrances qu’on déclenche. Mais cette semaine, le dictamou a commis une erreur. Il s’est laissé trop aller dans le paysage qu’il occupait. Et c’est ça qui le rendait trop visible. Bisouter des patrons très discutables, admirer bouche bée le président démocrate qui a espionné son pays : tsssss ! tsssss !

L‘insatiable Pierre Gattaz, celui que Hollande nous demande d’applaudir, veut réduire « le stress » des patrons. Quelle impudence que ces mots quand on sait ce qu’est devenue la vie pour les salariés dans tellement d’entreprises ! Et quand on sait quelle pluie de bienfaits Hollande a déjà fait couler sur la caste cupide et insatiable dont Pierre Gattaz est le pleurnicheur en chef. J’écris donc ici sur ce qu’est vraiment le MEDEF. Devant Danielle Simonnet qui le mouchait à Paris sur sa prétendue représentativité, il faisait moins le faraud que sur les épaules de François Hollande ! Il s’est sauvé par une porte dérobée. Le MEDEF est un groupuscule bien placé. Faire comme s’il représentait « le patronat » est un contre-sens. Faire comme s’il représentait « l’entreprise » est une imposture. Je le démontre. 

Tenir tête, haut et clair, comme l’a fait Danielle Simonnet à Paris : voilà le chemin à prendre. Trop c’est trop ! C’est le sens de la marche du « ras-le-bol de gauche » dont nous avons proposé le principe ensemble, NPA et PG, avec la proposition de la date du 12 avril prochain. Je ne parle pas ici seulement d’un état d’esprit à reconstruire. Je parle ici de l’entrée dans une nouvelle phase du quinquennat après les deux élections municipales et européennes. Car la déroute du gouvernement ne sera pas seulement un incident de parcours électoral. Le contexte n’est plus celui des alternances à la papa, connues dans le passé. L’ambiance aujourd’hui est d’abord celle d’une combinaison à haut risque. D’un côté, la panique des classes moyennes étranglées et déclassées sur fond de marée montante de la misère générale. De l’autre, la mobilisation exaltée d’une droite de la société unie autour de ses thèmes et objectifs les plus durs. Et, pour finir, l’effondrement de l’autorité du président en exercice. Deux pour cent de « très satisfaits », c’est du jamais vu. Un chiffre en deçà de la marge d’erreur. Les institutions ne sont plus une garantie suffisante face à une conjonction aussi détonante. Pas question de compter les points en attendant le désastre. Je reviens donc sur l’appel à la marche du « ras le bol de gauche ».

Danielle Simonnet a bien raison : le MEDEF est un groupuscule

Vendredi 14 février, lors d'une initiative organisée par l'association Emmaüs, Pierre Gattaz, le meilleur ami de François Hollande, s’est bien fait remettre à sa place par  ma camarade Danielle Simonnet, candidate du Front de Gauche à la mairie de Paris. Car l’incendiaire patronal était invité au bal des pompiers sociaux ! Plutôt que de participer à la congratulation générale, Danielle Simonnet a rappelé au président du MEDEF qu'il ne représentait que lui-même ou presque. Décontenancé et ne sachant que répondre, Pierre Gattaz a fui comme un petit garçon. Il a quitté la salle ! Ridicule ! Merci Danielle ! Pauvre homme ! Il venait de descendre de l’avion qui le ramenait de son triomphe aux Etats-Unis dans les bagages de François Hollande ! Mais il ne représente que 8 % des patrons de notre pays, et encore faut-il compter large pour arriver à ce résultat !

De fait Pierre Gattaz a le melon. Il se sent pousser des ailes. Depuis le début du quinquennat, François Hollande cède à tous ses caprices ! Il réalise point par point le programme du MEDEF : gel du SMIC, allongement de la durée de cotisations pour la retraites, facilitations des licenciements avec la loi ANI écrite dans le bureau du MEDEF, baisse des dépenses publiques, refus de l’amnistie sociale, et ainsi de suite. Bref, c’est le seul homme vis-à-vis duquel Hollande se sent engagé lorsque ce dernier souhaite quelque chose. Dès lors, Pierre Gattaz a même pu se permettre de tirer dans le dos des Français en lançant une polémique très marquée par les refrains aux Etats-Unis d’Amérique contre le président de la République. Du jamais vu lors d'un voyage à l'étranger. Mais, ensuite, Hollande l’a même fait applaudir !

Alors, le Medef se croit tout permis. Chaque jour, son président Pierre Gattaz peut multiplier les crises de nerfs provocantes. Gattaz se gorge de ce pouvoir d’injonction comminatoire qui lui a réussi si bien. Ce mardi, il a exigé un "moratoire" sur les projets de loi qui, selon lui, "stressent les patrons". Pauvres chéris ! En fin de semaine dernière, il réclamait la suppression pure et simple du régime des intermittents du spectacle, dont dépendent plus de 100 000 travailleurs de la culture. Avant cela, avec son équivalent allemand, il avait carrément lancé un "appel" au Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement européens pour renforcer encore la logique austéritaire de l'Union européenne avec "la création, au sein de la zone euro, d’un organe exécutif permanent ayant des compétences budgétaires et fiscales propres"

Pourtant, il n’y a aucune raison de reconnaître au MEDEF autant d’autorité. Mais, dira-t-on, il faut bien ménager ceux qui « donnent-de-l’emploi-et-produisent-les-richesses-gna-gna-gna ». Je ne le pense pas. Pour la raison essentielle que le MEDEF n’est rien de tout ça. Le rapport aux entreprises et aux patrons dans notre pays est faussé par toute une série de lieux communs répétés sans discernement. Les mots ici, comme souvent lorsqu’il s’agit de nommer les protagonistes des rapports sociaux, créent davantage de confusion que de clarté. Ce n’est pas neutre évidemment, comme toujours en pareil cas. Par exemple, on voit bien quelle objection non dite oppose le concept de « partenaires sociaux » à la compréhension du mécanisme de la lutte de classe. Ici encore, l’équation « MEDEF égale entreprise » est davantage un slogan qu’une désignation. Le MEDEF ne représente pas « les entreprises ». Son nom même éclaire ce point. Le MEDEF ne veut pas être d’abord un syndicat comme l’était le CNPF d’autrefois. Il veut être un « mouvement ». Il s’avoue donc lui-même porteur d’une idéologie. Pas seulement vis-à-vis des salariés, des pouvoirs publics et de la société en général. Mais aussi et peut-être surtout aux yeux de tous les patrons. Le MEDEF défend ce qui est utile aux très grandes entreprises multinationales françaises et à celles qui vivent de l’export pour l’essentiel. Il représente un secteur du capitalisme français inscrit dans le cadre de la mondialisation des échanges et de la finance. Tout le reste du patronat qui est, du fait des activités de leurs entreprises, intéressé à un marché intérieur actif et à la consommation populaire, n’a aucune voix au chapitre dans la stratégie du MEDEF. Pierre Gattaz lui-même est l’incarnation de cette petite fraction du patronat français, puisque sa propre entreprise fonctionne pour l’essentiel à l’export et, d’ailleurs, beaucoup avec les Etats-Unis, ce qui en fait un partisan inconditionnel du Grand Marché Transatlantique. Mais cette objection à la représentativité du MEDEF n’est pas la seule que je veux présenter. 

Le MEDEF ne représente même pas le patronat lui-même en tant que catégorie sociale. Je l'ai déjà pointé à l’occasion de la campagne présidentielle, dans mon discours à Vierzon. J’y suis revenu il y a plusieurs mois sur ce blog. Je vous ai parlé des 800 000 entreprises de l'économie sociale et solidaire dont les employeurs se sont regroupés dans une autre structure patronale, l'USGERES. Ils ont obtenu près de 20% des voix aux dernières élections prud'homales de 2008 ! A ces mêmes élections, le MEDEF a eu peur de se compter, préférant se présenter sur des listes communes avec deux autres organisations patronales, la CGPME et l'UPA. En fait, Danielle Simonnet avait raison quand elle a pointé le fait que le "le MEDEF ne représente que 8% du patronat". Elle s’appuyait sur une étude de la Fondation Concorde parue en 2011. Cette fondation défend des idées libérales. Elle est très proches des milieux patronaux. Et son rapport se donne pour ambition de "renforcer la voix du monde de l'entreprise". Il ne peut donc pas être suspecté de rouler pour le Front de Gauche. Or, cette étude affirme que "le taux moyen d'adhésion à une organisation syndicale" patronale ne dépasse pas 8% des patrons ! Danielle Simonnet a même été trop généreuse avec le MEDEF. Car, pour arriver à 8%, la Fondation Concorde additionne ceux qui adhèrent au MEDEF avec ceux qui adhèrent aux deux autres organisations représentatives, l'UPA et la CGPME. Le MEDEF tout seul représente donc moins de 8% du patronat !

Vérifions. Le MEDEF revendique "750 000 adhérents". Or, il y a en France plus de 3,5 millions d'entreprises selon l'INSEE. Selon les propres chiffres du MEDEF, celui-ci ne représente donc qu'au maximum 21% des entreprises du pays. Mais les chercheurs spécialistes du patronat s'accordent pour considérer que le nombre officiel d'adhérents revendiqué par le MEDEF est très largement surévalué. C'est ce qu'a démontré Michel Offerlé, politiste, professeur à l'Ecole Normale Supérieure. Il a croisé les annuaires du MEDEF et les données de l'INSEE pour essayer d'évaluer le nombre réel d'adhérents au MEDEF. Il abouti à des chiffres bien moins flatteurs que ceux mis en avant par le MEDEF. Son hypothèse la plus favorable au MEDEF donne à peine plus de 334 000 adhérents soit moins de 10% des entreprises du pays. Sa deuxième hypothèse aboutit à 111 463 adhérents au MEDEF. Soit 3% des entreprises du pays ! Le MEDEF est un nain. Et Gattaz ne représente que ce qu’on veut bien lui reconnaître d’importance.

Le MEDEF est une coquille vide. Ce n'est qu'une confédération à laquelle il est très rare que les patrons adhèrent directement. Ceux que l'on présente abusivement comme des adhérents au MEDEF sont en fait des adhérents à des syndicats spécialisés, eux-mêmes adhérents à une fédération patronale de branche. Et c'est la fédération de branche qui décide – ou non – d'adhérer au MEDEF. Le lien qui unit le patron adhérent au MEDEF est donc presque uniquement un lien administratif. Depuis les années 1970, le nombre de fédérations patronales adhérentes au CNPF puis au MEDEF est en nette diminution. Il est passé de plus de 100 à 75 environ. Plusieurs branches professionnelles ont choisi de rester en dehors du MEDEF. C'est le cas du Syndicat de l'Edition, de la Fédération Nationale des Transporteurs routiers, du Syndicat des Agences de Voyages  (Syndicat National des Espaces de Loisirs d'Attraction et Culturels), et ainsi de suite. L'usurpation du MEDEF, soit-disant représentant « des entreprises », a assez duré. A quoi bon lui donner cette importance et ce rôle surévalué ? La représentativité des organisations patronales doit être constatée par des élections démocratiques, comme c'est le cas pour les syndicats de salariés depuis la réforme de 2008. En 2008, l'UMP a protégé le MEDEF et refusé de soumettre sa représentativité à des élections. Ce privilège doit cesser. Il est absolument certain que si les Français comprenait et connaissaient la réalité de la situation que je viens de décrire, leur crainte et leurs préjugés sur la puissance de la caste dominante seraient beaucoup changés.

L'entreprise, ce n'est pas le MEDEF

Avaler tout rond que les entreprises sont représentées par le MEDEF fait perdre de vue l’essentiel. Les entreprises ne se limitent pas à leurs dirigeants et propriétaires. Une entreprise est d’abord un collectif de travail. Elle fédère en vue d’une production le travail des salariés, source de toute la richesse, et les moyens de cette production : les savoirs-faire, les machines, l’environnement local et ainsi de suite. Dans la liste raccourcie que je viens de noter, un facteur est essentiel à mes yeux. C’est la qualification des salariés. Car la qualification, c’est du savoir. Compte tenu de ce qu’est l’économie moderne, c’est du savoir de haut niveau dans de nombreux compartiments de l’activité. « L’entreprise », c’est donc d’abord ça : le lieu où la valeur d’usage des savoirs humains se transforme en valeur d’échange socialement utile. Toute la production en amont de cette qualification, puis sa reconnaissance sociale, sont ainsi des facteurs directement liés à la production. Ils sont même premiers. Une machine n’est rien sans celui qui sait l’utiliser. Elle-même n’existe pas sans l’action intellectuelle de ceux qui l’ont conçue. Et ainsi de suite. Le travail qualifié n’est pas seulement une nécessité de la production mais sa condition toute intellectuelle.

Par conséquent, résumer "les entreprises" aux revendications sociales de ses propriétaires n’est donc pas seulement un raccourci moralement inacceptable. Il l’est surtout politiquement. Et cela vaut pour nous peut-être davantage que pour d’autres. Si nous acceptons le cadre mental dominant, si nous voyons les entreprises seulement comme des machines à cracher du cash, nous nous mettons à côté de la plaque. Cela nous empêche de réfléchir et de travailler sur une idée essentielle : comment devrait fonctionner une entreprise pour être à la fois socialement utile par ses productions, efficace dans leur mise en œuvre, et socialement et écologiquement responsable ? On s’empêche ainsi de réfléchir à ce que devra être, du point de vue du travail à accomplir, la planification écologique. On s’empêcherait de réfléchir concrètement à des plans d’ensemble comme ceux que nécessite « l’entrée en mer » écologiquement réfléchie. Tout le cercle des décideurs politiques du pays et celui des nôtres aussi doit être décontaminé de la vision intellectuellement étroite et socialement ringarde que dessinent les discours et gesticulations de Hollande et Gattaz à propos de l’entreprise.

Trop c'est trop ! La marche du ras-le-bol de gauche

Elle vient de loin, la proposition d'organiser une marche du « ras-le-bol de gauche », sous l'antienne « trop c'est trop ». Pour ma part, j’avais évoqué l'idée dans mon post du 10 février en précisant le cahier des charges pour réussir ce que nous voulons faire. À vrai dire, j'exprimais des arguments déjà largement répandus dans nos rangs. Faisons un retour rapide sur l'enchaînement des événements. Après le succès de notre marche contre l'augmentation de la TVA, nous avons voulu, au Front de Gauche, constituer un collectif pour organiser une nouvelle mobilisation sur le thème. Des dirigeants comme Éric Coquerel se sont donné beaucoup de mal pour réunir un collectif crédible. Dans les discussions nombreuses qui ont eu lieu, le Parti de Gauche et le NPA se trouvaient être les seuls favorables à une nouvelle démonstration de force dans les rues. Une compréhension commune s’est forgée dans cette circonstance. Mais reconnaissons que les objections avaient leur poids d'arguments. Il y avait aussi une ambiance morose créée par l'absorption des militants politiques dans les élections municipales, d'une part, et, d'autre part, le scepticisme dans les organisations syndicales après les mobilisations maigrelettes contre la retraite à soixante-six ans imposée par François Hollande. Certes, notre marche du premier décembre a été un succès de terrain considérable. Personne, dans la gauche politique ou syndicale, n’a réuni autant de monde depuis… des mois. Mais les faits sont une chose et leur image une autre. Il faut admettre que la bataille médiatique orchestrée par le ministère de l'Intérieur pour minorer le nombre des manifestants et le sens de cette marche du 1er décembre a été gagnée par lui. On se souvient comment. La conjonction désormais traditionnelle d’attaques ciblées sur moi (cette fois ci c’était un sondage si vous vous souvenez), la hargne traditionnelle du duo « Libé »-« Le Monde » a été cette fois ci amplifiée par une opération de communication de haut niveau. Valls et Olivier Schramek, le président du prétendu CSA, ont joué main dans la main d’une façon efficace, appuyés par les « erreurs d’images » de Canal+ et i>Télé et les accusations de truquages contre TF1. Bref, d’astucieuses trouvailles créant une diversion magique. Je n'oublierai pas de mentionner la sottise de ceux de nos amis qui se sont sentis obligé d'étaler leurs passionnantes angoisses sur le fait de savoir si nous étions 100 000 ou bien 70 000 ou même 15 000. Aucun d'entre eux, bien sûr, n'était capable d'apporter la moindre preuve de leur ahurissante convergence chiffrée avec nos adversaires. L'essentiel était de me « casser ». En vain, pour ce qui me concerne. Mais il est vrai que tout cela a eu son efficacité pour refroidir la force qui aurait dû s'exalter à partir de la réussite de ce jour-là.

Nous pensions avoir tiré la leçon. Nous avons compris qu'il fallait d'abord se protéger des jalousies et coups de billard venant de notre propre camp. Pour cela, entendait-on dire, il fallait procéder de façon plus ample, plus lente, avec « davantage de concertation », en partant d'un collectif. Mais le résultat à la fin, lui aussi, nous a servi de leçon : un mois et demi de discussions pour décider de faire une pétition et d'aller l'apporter à l'Assemblée nationale ! Autant dire que tout cela était sans rapport avec les besoins du moment politique. Arrivent là-dessus les manifestations de l'extrême droite et de la droite ! Elles ont eu au moins un effet bénéfique : réveiller la compréhension de tous nos amis. Tout le monde a enfin convenu qu'il était nécessaire de tenir le haut du pavé par une démonstration de force. La prise de conscience a été générale. Et la conclusion identique : le rapport de force doit être reconstruit dans la rue. De toute façon, toutes les autres issues sont bouchées par la dictamolle de Hollande. Clémentine Autain, Pierre Laurent ont embrayé publiquement sur cette idée en mettant toute leur autorité dans la balance. De mon côté, sous le titre « Marchons, marchons », j'ai publié une synthèse des discussions et analyses qui avaient conduit notre équipe à vouloir aller de l'avant dans ce sens dès le mois de janvier. Le plus important, à mes yeux, est que tous nous allions dans le même sens en ce qui concerne non seulement le diagnostic mais la méthode. De son côté, le NPA, lui aussi, passait à l’initiative en adressant une lettre à tous les partenaires de l'autre gauche pour proposer une initiative. Nous avons aussitôt analysé l'initiative du NPA comme un moyen de déclenchement. À nos yeux, il ne fallait ni se laisser enfermer dans les intrigues des municipales, ni laisser le NPA sans réponse au moment où il faisait un geste unitaire. L'analyse attentive, ligne à ligne, de ce qu'écrivait le NPA montrait une vraie convergence de méthodes, d'état d'esprit, de perspectives. Lundi dernier a donc été la journée décisive.

Lundi matin, la coordination nationale du Front de Gauche s’est accordée sur le thème « trop c'est trop » et sur la décision de travailler un appel large pour aller dans la rue. Ici, ce qui est fondamental, c'est que la méthode lie l'objectif de reprendre le terrain avec la condition incontournable : se situer dans une claire logique d'opposition de gauche à la politique du gouvernement. Autrement dit, personne parmi nous n'est dupe des gesticulations des solfériniens sur le thème du « 6 février 1934 » qui pointerait à l'horizon. Tout le monde est bien conscient du fait que le gouvernement et son parti voudraient provoquer, sous prétexte de contrer l'extrême droite, une mobilisation-amnistie à son profit pour masquer l'ampleur du désaveu qui le frappe. Dans ce cas précis, une nouvelle fois, nous retrouvons une démonstration de ce qu'il lie ensemble la capacité de mobilisation et la rupture avec le PS et son gouvernement. La rupture est la condition de la crédibilité. La crédibilité est la condition de la mobilisation. Tel est l'énoncé de l'équation dont nous devons fournir le contenu concret. Une fois le Front de Gauche mis d'accord, la rencontre que nous avions l'après-midi avec une délégation du NPA, conduite par Olivier Besancenot lui-même, à notre siège national, a été simple pour nous. L'accord de tous étant dorénavant possible, il fallait avancer, déclencher, mettre sur la voie concrètement ce qui jusque-là n'étaient qu'une analyse abstraite. D'où la prise de position commune et la conférence de presse tenue séance tenante avec Olivier Besancenot, Martine Billard et les camarades de nos deux délégations dont l'un des artisans essentiels de cette percée : Éric Coquerel. Le soir même Pierre Laurent, au nom du Parti communiste, donnait son approbation. La machine est donc lancée.

Je crois que la date que nous avons proposée sera retenue car elle tient compte des réalités du calendrier prévisionnel. En effet, d'ici au premier tour des élections municipales, nos organisations appellent aussi à soutenir le mouvement intersyndical du 18 mars. Puis ont lieu les deux tours des élections municipales. Et le week-end suivant est celui de la mise en place des conseils municipaux et de leurs exécutifs. C'est pourquoi un délai de quinze jours après le deuxième tour de l'élection municipale nous a paru être efficace. À partir d'aujourd'hui, cela nous laisse deux mois. Nous n'avons eu que trois semaines pour préparer la manifestation du 1er décembre. C'est dire que nous sommes certains de pouvoir faire mieux.

Entre ce récit que je viens de faire, et le retour sur ma note où je traite de la méthode, c'est déjà bien de la lecture. Je voudrais cependant insister sur le sens de ce que nous venons de décider d’entreprendre. Et davantage encore plaider pour une prise de conscience à propos du moment que nous allons vivre. À sa façon, la marche du 12 avril ouvrira, de notre côté de la barrière, le processus que nous devons construire en réplique aux résultats des deux élections. La droite et l'extrême droite ne s'y sont pas trompées non plus puisqu'elles convoquent, pour le week-end précédant le nôtre, une nouvelle « journée de la colère » sur le mode de celle où l'on avait vu les exactions et les slogans d'extrême droite dont chacun se souvient. Pas question de les laisser formater politiquement l'espace béant que la déroute du pouvoir en place va ouvrir. Je sais très bien, pour avoir en main d'ores et déjà les documents que Valls a préparés pour présenter les résultats (et minorer aussi notre existence), que tout sera fait pour masquer le sens de ce qui va se passer réellement dans les urnes. On peut compter sur un système médiatique paresseux et docile pour recommencer le numéro d’escamotage et de confusion bavarde que l'on a toujours connu jusqu'à présent. Qui pourrait oublier la soirée électorale présidentielle où les perroquets ont annoncé et laissé Marine Le Pen s'attribuer 20 % des suffrages toute la soirée et la nuit, là où elle n'en faisait pas dix-huit ? Mais cette fois-ci, tout ce qui sera fait pour regrouper, par la peur du loup, autour du pouvoir et de son compère de l'UMP, nous servira en dépit des apparences. Car cela ne fera qu'aggraver la détermination de tout ceux qui sauront, du fait de leurs résultats locaux, ce qu'il en est réellement.

La composante médiatique du système de maintien de l'ordre ne doit certainement pas être sous-évaluée. Mais il ne faut pas lui supposer la toute-puissance que nombre de nos amis lui attribue souvent. La machine à abrutir peut enfumer et retarder. Mais elle ne peut pas arrêter. Nous devons savoir la manipuler pour l'amener agir jusqu’au bout de ce que sa propre sottise et paresse lui suggèrent de faire. À la fin, le bouchon du cratère explose tout entier.

Que cela ne vous empêche pas, d’ici-là, de continuer à rester critique et d’observer attentivement comment est menée l’opération « Whisky de Périgueux » pour nous nuire. Surtout, montrez si vous le pouvez les séquences où cette « affaire » est « traitée ». Apprendre les techniques du traquenard médiatique est une composante essentielle de l’éducation militante de notre temps. Et n’ayez aucun scrupule à dire très haut ce que vous pensez de cette caste partout où vous le pouvez, de manière à créer une ambiance qui leur soit partout contraire et méprisante. Et consolez-vous : ils ne valent pas plus cher. Sachez qu’aucun d’entre eux n’a été vérifier quoique ce soit ni sur l’identité des « démissionnaire du Whisky » ni sur la réalité de leur démission pour ceux qui étaient en état de le faire. Les « journalistes » ont juste sauté sur une occasion de nous nuire et de nous insulter. C’est tout. Une partie des personnes « signataires » ne l’étaient pas et ont demandé à retirer leur nom noté contre leur gré. Nombre d’autres ne pouvaient pas démissionner pour la raison que c’était déjà fait depuis plusieurs mois, une autre au moins pour la raison qu’elle avait déjà adhéré au NPA depuis deux mois. Et ainsi de suite. Journalisme ? Rien n’est vérifié, rien n’est recoupé. Journalisme ? Où ça ?


251 commentaires à “Jour de dictamolle”

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  1. 201
    vm dit:

    Bonjour à tous. Voir une archi-très-longue, mais très précise et instructive description et analyse de la dictamolle et du très grave danger qu'elle représente pour notre liberté de citoyen. La solution de l'auteur (boycott républicain de tout vote PS y compris au second tour) est parfaitement argumentée. Peut-on cependant prôner une seule et même solution partout ? Les lecteurs (patients et assidus) jugeront... et les électeurs trancherons.

  2. 202
    liucci dit:

    Assouline n'a jamais brillé par l’intelligence, heureusement que le ridicule ne tue pas. Je me suis amusé avec la journaliste qui n'a fait que confirmer ce que Pierre Bourdieu en pensait à savoir que "les journalistes sont les spécialistes de la pensée jetable". J'ai beaucoup apprécié votre attitude.
    Salutations

  3. 203
    Medianaranja dit:

    Merci Jean-Luc Mélenchon, merci d'avoir pris cette décision de "marcher" tous ensembles. Cela nous redonne espoir ! Nous avons besoin de nous retrouver nous, ceux d'en bas, dans un même élan, sans calcul, seulement pour défendre nos idées notre facon de voir le monde. Nous avons besoin de "pureté". C'est nous qui décidons ! Merci de continuer ce combat avec ces medias malhonnêtes, ces journalistes haineux, qui nous voyaient déjà morts et enterrés.
    A bientôt donc.

  4. 204
    dums dit:

    Bonsoir,
    J'ai toujours beaucoup de plaisir à lire ou écouter J.L.Mélencon mais il faudrait mettre en perspective la représentativité du Medef avec celle des syndicats ouvriers. Ces syndicats sont discrédités car ils ne savent pas répondre aux défis posés par les nouvelles formes d'organisations économiques et sociales. Comme le Medef, ils prétendent défendre l'intérêt général alors qu'ils se contentent (souvent) de rester arc-boutés sur des revendications catégorielles. Ils sont sur des logiques hérités des trente glorieuses devenues inopérantes, ils se fossilisent et meurent, entraînant la mort de la démocratie sociale.
    Le nouveau pacte social qui pourrait refonder notre république, mais aussi l'Europe sociale et politique est à construire sur des bases nouvelles qui tournent le dos (en grande partie) au modèle productiviste et infantilisant du siècle passé (consomme, vote et tais-toi !).

  5. 205
    Bob.pollet dit:

    A l’heure actuelle, j’ai l’impression d’entendre les socialistes nous dirent en douce "faut voter pour nous si vous voulez vous éviter 100 coups de bâton"... et moi tout content, je me demande si je vais voter pour eux, sans tendre l’oreille pour bien écouter la fin de leur phrase... "avec nous, en ces temps de crise, ce ne sera que 50 coups !" Comment peut on appeler les électrices et les électeurs à se contenter de subir 50 coups au lieu de 100 ?

  6. 206
    kontarkhosz dit:

    Bon pour moi c'est réglé. Dans ma ville liste commune PS/PC/EELV, pas de liste du PG, consigne ou pas, je n'irais pas voter au premier tour. Radicalisation ? Oui et je la revendique. Je ne mettrais plus un bulletin PS/PC pour m'accommoder du moindre mal.
    A bientôt les camarades du 12 avril

  7. 207
    pascal des landes dit:

    bonsoir camarades,
    Merci pour l'article de largoen sur le nécessaire sevrage du vote PS. La marche du 12/04 doit être un temps fort non pas pour témoigner mais pour construire et lancer un vrai débat populaire à partir d'une plate forme claire. La dictamolle de la troika et de ses relais gouvernementaux a détourné nombre de citoyens d'une pensée affranchis des poncifs libéraux. Nous avons donc à éclaircir notre vision de la société que nous voulons bâtir. Une plate forme est nécessaire pour rallier les gens, mais aussi pour les mettre en débat, et produire un projet de société pour le pays et pour l'Europe. C'est partout sur le territoire que la marche doit se développer, afin que chaque membre ou sympathisant puisse travailler à l'élaboration d'un projet commun d'affranchissement au libéralisme. Si nous souhaitons aller vers une constituante, sera-ce avec de nouveaux cadres issu de cette réflexion en mouvement, ou avec les anciens reconvertis? Si les bolivariens tiennent face aux coups des USA, c'est parce que chaque quartier populaire est mobilisé. Mobiliser le peuple, c'est le rendre conscient, et porteur du projet. Nous pourrions désobéir à l'UE? Prouvons le.

  8. 208
    françois 70 dit:

    Il faut cesser de semer des illusions sur l'existence d'une prétendue gauche du PS ! Comment, du reste, un parti néolibéral pourrait-il avoir une gauche ? Ceux qui, au sein de l'appareil, restent dans ce parti après deux années d'une politique de régression sociale au service de l'oligarchie, sont des carriéristes conscients de ce qu'ils font et de ce qu'ils sont. Pire: ils sont des cartes maîtresses dans le jeu de Sarkollande pour maintenir le cœur de l'électorat socialiste dans le giron solférinien !

  9. 209
    Anny Paule dit:

    @kontarkhosz 207
    Ne pas aller voter, c'est se désintéresser. Mieux vaut mettre une enveloppe vide ou un bulletin blanc, cela montre que l'on existe mais que l'on n'est pas dupe et que ceux qui cautionnent n'ont pas notre approbation. Je sais, certains diront que ce n'est pas pris en compte, mais un jour viendra où il faudra comptabiliser ce refus. Imaginez que dans votre ville, il y ait plus de votes blancs ou nuls que de suffrages exprimés pour la liste présentée. Cela créera peut-être un précédent et délégitimera les soi-disant élus.
    Dans ma petite commune où une seule liste de droite est en lice, je voterai blanc. Je pense que je ne serai pas la seule. Ce sera symbolique, mais le symbolique a de l'importance.

  10. 210
    Sorel dit:

    Le PS c'est la trahison, vouloir nous laisser croire en cette période pré-électorale que la gauche du PS est contre la politique du gouvernement relève de naïveté politique. Chacun sait que ces 28 élus socialistes de "gôche" voteront pour la politique menée par FH, voteront la confiance à ce gouvernement. Ces sociaux traîtres disent que "le rassemblement de la gauche est une ardente obligation" et là il faut encore oser ! Qu'ils quittent ce parti de deuxième droite et ils deviendront crédible.
    Pas de listes communes avec ces sociaux traites, pas une voix de gauche pour ces listes de compromission avec le PS. Et ce n'est pas qu'une rivalité d'appareil. Mais une exigence politique envers les 4 millions d'électeurs du Front de Gauche. Le front de gauche n'est pas une auberge espagnole où un parti peut venir se servir des acquis communs, pour le seul profit du PS.
    Oui pour un rassemblement autour d'un front de gauche portant une véritable opposition de gauche. Oui à une marche pour exprimer notre raz le bol de gauche. En famille, entre amis nous serons présents avec les couleurs du parti de gauche.

  11. 211
    tchoo dit:

    @ Suzanne Haim
    Il me semble que des discussions étaient prévues entre PG et ND si j'en crois Eric Coquerel au cours de l'émission Arret sur Image de décembre dernier. Mais lors de cette émission, alors que Coquerel soulignait que le PG pouvait avoir de nombreux points de convergence avec ND, P Larrouturou s'évertuait à souligner que il y avait de nombreuses différences avec le PG, comme si il était gêné aux entournures de montrer qu'il pouvait se rapprocher des idées du PG. Si il a peur de son ombre, les discussions risquent d'être difficile voire inexistante. Nous ne savons aujourd'hui où tout cela en est.

  12. 212
    Elisa dit:

    @Anny Paule
    Le vote nul est plus que symbolique. Le vote nul est arrivé en tête au 1er tour, nous avons obtenu de nouvelles élections en janvier 2011.

  13. 213
    Florent dit:

    Oui l'idée de cette journée de mobilisation fait du bien et doit être comme un réveil de la gauche. Cela étant si l'objectif c'est d'être le pendant de gauche à la colère qui monte, si c'est pour répondre aux manifs de droite et extrême droite très bien. Mais pour moi ce n'est pas à la hauteur de la gravité de la situation. J'ai autant d'aversion pour l'équipe qui est au pouvoir que j'ai pourtant contribuer à mettre en place, que pour l'équipe de sarko. Quelle différence entre Moscovici et Woerth, Sapin et Horteufeux ou entre Valls et Guéant? Nous ne pouvons rien attendre de ces gens ils ont des intérêts à défendre qui ne sont pas les nôtres. Je crois qu'il est tant de dire "Hollande dégage et vive la 6e république". Pour moi le seul objectif qui à du sens et qui peut mobiliser c'est de renversé le pouvoir en place et de mettre une nouvelle république en route de réanimer l'idéal de la république universelle. Cet objectif est le plus compréhensible et selon moi le plus capable de réunir les colères.

  14. 214
    orchidee dit:

    @bernard hugo 50
    C'est un peu ce que je voulais dire. Je partage ton opinion comme beaucoup surement. Je voulais vous dire, Monsieur Mélenchon, que citer Pierre Laurent comme une référence pour écouter son avis sur la date de la prochaine manifestation unitaire de l'opposition de gauche au gouvernement après les municipales, est une erreur. Elle se veut être une carresse à ceux qui nous ont trahi et un mépris pour les communistes qui ne l'ont pas fait. C'est une mauvaise stratégie de croire que vos militants, ceux qui croient en vous, accepteront ces appels du pied, auprès de ce tricheur, ce vendu qu'est pierre laurent. Ce n'est pas faire de l'anti communisme primaire que de le dire, c'est mettre les points sur les i et les barres sur les T. Autant vous avez souligné que le groupe siriza après sa scission avec ses traitres à lui, a décolé dans les sondages, autant en cherchant à carresser le tricheur, vous aidez à discréditer hélas, le front de gauche. La seule solution pour moi, serait d'organiser un vote de tous les amis du front de gauche, adhérent à l'association pour faire virer du front de gauche tous les traitres alliés aux solfériniens que nous...

  15. 215
    Ouilya dit:

    Pardon d'avance aux camarades communistes mais Pierre Laurent et son engagement avec le PS, ne nous concernent plus. Jusqu'à ce que PL affiche et signe cette trahison, j'étais communiste depuis toujours, afin d'être le plus à gauche possible et quand j'ai vu que les camarades ne faisaient rien pour jeter leur leader qui nous mettait tous dans la panade, j'ai rendu ma carte pour prendre celle du PG qui me convient à 100%. De plus Jean-Luc Mélenchon pense et réagit comme je l'ai toujours fait et ça ce fut une merveilleuse révélation. Le proverbe dit : "qui se ressemble, s'assemble". Les communistes ne peuvent continuer de tergiverser. Ou ils renient Laurent ouvertement, ou ils rendent leur carte. Ca, c'est clair et net. Le PS au pouvoir a prouvé qu'il pratiquait une politique de droite dure, à eux d'en tirer les conséquences ! Bon Dimanche.

  16. 216
    Franck dit:

    Je rejoints l'analyse de @orchidee, les courageux communistes qui n'ont pas choisi de suivre leur direction nationale, ne comprendraient pas cette attention faussement bienveillante à l'égard de P. Laurent et ses lieutenants, ils considèreraient (à juste titre) que nous jouerions leur jeux de bas calculs politiques qui n'est pas le nôtre. Personnellement, je respecte au plus haut point les communistes, mais je n'ai plus confiance en P. Laurent. Faire comme si de rien n'était avec lui (et son équipe de carriéristes) remettrait en cause ce qui fut mon premier engagement dans un parti politique (PG).

  17. 217
    Sylvain COSTET dit:

    Eh oui, c'est un travers majeur (du PG comme des autres) et un frein important à l'émergence décisive du Front de gauche. On s'y gargarise du concept de Révolution Citoyenne, mais on pense en terme d'appareil. Ce qui fait qu'au lieu d'encourager les militants de base à se prendre en main et imposer leur volonté, on les court-circuite en traitant de direction de parti à direction de parti, incapables de sortir dans les actes de la vision pyramidale selon laquelle les accords se feraient "en haut" avant de ruisseler jusqu'à la base.

  18. 218
    jnsp dit:

    Je viens de voir la video de Jean-Luc Mélenchon, comme d'habitude il est très clair, mais là il y a un ennui. Après la trahison de Pierre Laurent pour conserver des sièges viendra la trahison de Besancennot pour hérésie si le PG s'écarte d'un poil des positions qui ont maintenu le NPA au niveau où il se trouve actuellement (Mis à part 2002 où c'était un moyen d'éliminer Jospin dès le premier tour).

  19. 219
    le revolté dit:

    Jean-Luc Mélenchon doit prendre ses distances avec Pierre Laurent, pas de compromission avec ce genre de personnage, je me suis senti trahi apres son alliance avec le PS a Paris, ceci après le fol espoir qu'avait suscité en moi les 11% du FdG a la présidentielle.

  20. 220
    vm dit:

    Oui à l'union à la base ! Qu'est-ce qui, dans l'immédiat de ces élections, l'a paralysée, opposant souvent PG, PCF et NPA, sans même parler des autres ? Ces deux derniers partis ont voulu à toute force verrouiller d'avance le second tour (se rallier au PS s'il était majoritaire, ou au contraire refuser absolument toute "collaboration"). Cette attitude est en fait un déni de démocratie. La seule démarche honnête et efficace (électoralement parlant) est de faire une campagne commune dynamique sur la base d'un programme, et d'attendre le résultat du premier tour. Au vu du résultat national (on ne sait jamais) et du résultat local (rapport des forces, examen de la gestion précédente, territoire et personnes en jeu), on décide alors en commun du choix qui favorise le mieux l'émancipation des citoyens et les intérêts de la population.
    Il est urgent que les élections cessent d'être le "piège à cons" dont on ne peut même plus se tirer en votant nul. Qu'elles deviennent un grand moment de la vie démocratique et révolutionnaire, que le possible puisse s'y manifester au premier tour dans toute sa force novatrice. Vivement une Constituante !

  21. 221
    sheep dit:

    Ami(e)s et camarades
    Juste une idée. Et si le 12 avril au soir nous ne rentions pas dans nos foyers. Si les places et les rues ne se vider pas. Bien sûr on va faire du bruit pour nous exprimer, qu'avons nous d'autre aujourd'hui. La mediacratie saura nous compter sous la bienveillance de l'oligarchie. "il y avait 20 000 personnes blablabla". Dix fois moins que la réalité comme d'habitude. Et a 20 heures tout rentre dans l'ordre et tout le monde oublie très vite puisque plus un pseudo journaleux n'en parle. Et si disais-je le peuple en colère restait dans la rue, juste pour dire "alors maintenant vous la voyez la colère, vous la sentez sous vos fenêtre ? Vous compter faire quoi mes seigneurs ?". ET on attend la réponse. Je sais que c'est pas facile a faire. À chaque fois, je suis venu crier mais ils n'entendent pas. Je ne suis pas loin de penser qu'ils s'en foutent puisque ça bloque deux ou trois rues une demi journée et le lundi on retourne au taf sans plus de résultat. Heureusement que Mr Mélenchon est la pour en parler après. Je ne suis pas defaitiste, je constate juste qu'ailleurs, parfois le peuple ne consent plus a se taire.

  22. 222
    daniel dit:

    Je pense que dans cette période, avec l'échéance électorale européenne qui arrive, nous devons avoir une position claire. Pensons nous réellement qu'il soit possible de proposer une alternative crédible dans le cadre de cette Europe. Avec cet Euro, cette BCE, ce parlement qui n'a aucun pouvoir réel, qui n'est qu'un alibi. Cette Europe ou il a été possible de voler le vote du peuple Français. Que voulons nous, mener une campagne électorale pour au mieux quelques députés de plus ? Je ne comprends pas les raisons qui nous empêchent de mener ce débat. Ce n'est pas en masquant les différences que nous les supprimerons, il faut débattre, l’ambiguïté n'est plus acceptable.

  23. 223
    pmjtoca dit:

    Si le 12 avril est aussi la manif. de Pierre Laurent et de ses complices, je n'y viendrai pas. Pourquoi pas le PS et son gouvernement aussi. Qu'est ce donc que cette façon de mélanger les corrompus et les gens qui veulent une VIeme République, plus de cette horrifiante Ripoublique. Une fois pour toute, la clarté est plus que nécessaire aujourd'hui. Clarté, loyauté et éthique, en plus de l'éco-socialisme etc. seront plus importantes que tous ces enfumages que nous ingurgitons sans discontinuer depuis toutes ces années. Résistance, soit, rupture aussi. Il faut rompre avec tous ces corrompus.

  24. 224
    Libellule dit:

    Pour ma part, je suis estomaqué par la trahison de Pierre Laurent aux valeurs du Front de Gauche. Je n'arrive plus à lire le journal L'Humanité que je considère désormais comme un organe de propagande des traitres au service des sociales traitres solfériniens. Oui, il est temps de prendre nos distances définitivement avec ce parti qui nous a trahi. C'est l'ensemble des militants qui te le demandent, Jean Luc, nous te supplions de ne pas nous méller avec ces gens qui nous ont trahis. Et nous ouvrons bien évidement, au PG les portes pour accueillir les camarades décus de la trahison de Pierre Laurent et qui ne peuvent plus rester dans ce climat de collaboration avec le solférinisme.

  25. 225
    Courrierlecteur dit:

    Salades municipales. A Tours le PS en perdition, dans ses embrouilles d'alliances (PC, EEVL, Modem, UMP!) pour la lutte des places, redessine clairement, malgré lui, une nouvelle ligne de front. Voir l'article de blog: "Une expérience tourangelle qui semble donner raison à Mélenchon" sur le lien. Si les partis commencent à se disloquer, à se compromettre dans des alliances plus que "bizarres", n'est-ce pas un signe de la montée en puissance de notre force d'opposition au gouvernement ? Bravo, et bon courage à la liste :"C'est au Tour(s) du Peuple"!

  26. 226
    Franck dit:

    Très bonne prestation sur France Info ce matin. Continuons. Bravo !

  27. 227
    Francis dit:

    @224 Libellule
    Je crois au contraire qu'il faut continuer à discuter avec les dirigeants du PCF qui se sont fourvoyés dans des alliances problématiques. Ce parti n'est pas homogène et de nombreux militants qui sont farouchement attachés à leur parti ne partagent pas les analyses et les pratiques de certains dirigeants. Ils ne faut pas les repousser dans une attitude de défense de la citadelle assiégée par des outrances du style "la trahison". Il faut faire de la politique, il faut convaincre, il faut faire basculer le rapport des forces en soutenant partout ou c'est possible les listes du Front de gauche. La direction du PCF suivra sa base si sa base est suffisamment puissante sur la stratégie du Front de gauche.

  28. 228
    turmel jm dit:

    Francis@227
    Je suis en totale opposition avec les dirigeants, élus ça et là de mon parti, le PCF. Nous sommes nombreux à avoir imposés, je dis bien imposés par le débat et la démocratie la stratégie FdG. Mais lorsque je lis certaines interventions sur ce blog, il est exact que j'ai envie de défendre mon parti. Les anathèmes, les leçons, par des gens qui n'ont peut être jamais eu à s'affronter les "darons", ou qui n'ont jamais eu un mois de grève avec CRS en face, et des jours à coller les affiches, y compris pour le PG car dans mon coin ce parti n'a pas nos forces, alors oui je pousse un grand coup de gueule. Je dis que certains qui furent membres peut être du PS et s'aperçoivent aujourd'hui qu'il ne faut plus voter pour lui, alors que de nombreux militants communistes ont compris cela depuis des années, et celles et ceux qui appellent à rompre avec nous portent également une part de responsabilité dans la période difficile que le FdG traverse. Pensons avant tout à nous battre pour qu'après les municipales le FdG soit une force incontournable et que la préparation des Européennes se prépare dans une bonne dynamique, alors ensuite nous réglerons nos problèmes d'une manière...

  29. 229
    Michel Matain dit:

    @ 224 Libellule
    Je n'arrive plus à lire le journal L'Humanité

    Que tu ne sois pas d'accord avec la position des communistes parisiens d'alliance avec la PS, ça se comprend et ca se partage, mais concernant l'Huma, je ne comprends pas ta position : la quasi totalité des articles consacrées aux municipales soutiennent sans faille les listes Front de Gauche là où elles se présentent et soulignent l'aspect national des élections, il n'y a pas un édito qui ne soit une attaque contre le gouvernement et le PS, etc. Je crois qu'il ne faut pas tout mélanger. Comme dit Francis 227, il faut faire de la politique (et pas seulement de l'émotionnel) et éviter d'utiliser en permanence des termes comme trahison, traite, vendu... Ce ne sont pas les militants du PG qui ont élu Pierre Laurent à la tête du PCF et ce ne sont pas les militants communistes qui ont mis Jean-Luc Mélenchon à la tête du PG. Il faut accepter les choix de chacun et surtout il faut accepter l'idée qu'un Front ce n'est pas un seul parti régi par le centralisme démocratique. Il y aura à toutes les étapes de notre parcours commun des différences de vue et il faudra faire avec.

  30. 230
    Bob.pollet dit:

    @libellule 224
    "Et nous ouvrons bien évidement, au PG les portes pour accueillir les camarades décus de la trahison de Pierre Laurent et qui ne peuvent plus rester dans ce climat de collaboration avec le solférinisme."

    Désolé, mais c'est l'attitude typique (même si elle est sympa d'accueillir) du militant partidaire qui pense surtout à renforcer son parti... avec des déçus. Je crois que toute tentative d'un partenaire du FdG visant à siphonner un autre partenaire, signe la mort du FdG. Il ne s'agit plus d'attendre que les autres adhérents viennent dans notre "boutique-verticale", mais bien d'aller vers eux, à la rencontre des citoyens pour faire, pour avancer avec eux !

  31. 231
    marianne31 dit:

    le FdG avance dans le bon sens. "Les gens finiront par comprendre la strategie de JL Mélenchon".
    Excellent aussi a France INFO ce matin. L'intelligence et l’honnêteté, ça finit par payer. Merci à monsieur Mélenchon. L'opposition de gauche est promise a un grand avenir, celui de reconstruire une vraie gauche.

  32. 232
    marie dit:

    Je suis tout à fait d'accord avec les propos de 229 et 227. Il ne faut pas tout mélanger, il faut faire de la politique et ne pas réagir avec impulsion et dans l'émotion. Je suis communiste et ça me fait mal d'être vue comme "un traitre" ou un vendu. Les accords entrepris entre élus PS et PC sont à considérer aux cas par cas dans chacune des villes où ça s'est fait, et n'a rien à voir avec la politique nationale menée par ce gouvernement auquel nous sommes farouchement opposés ! Vos propos exagérés vont simplement affaiblir et diviser un FdG auquel nous tenons beaucoup !

  33. 233
    Poncet dit:

    Tout à fait d'accord avec Marie. Souhaitez vous marcher le 12 avril avec les communistes ? Dans ce cas, il vous faudra accepter aussi leurs chefs car, même si Laurent, Zamichiei etc. n'ont toujours pas compris qu'ils couleront avec le PS, les communistes ne sont pas encore prêts à désigner d'autres chefs. Et ne feignez pas de croire que ce soit simple. Même si le droit de tendance a été formellement introduit dans les statuts du parti (du temps de Robert Hue) il n'a jamais produit que des tendances gauchistes et groupusculaires. A ce jour, aucune direction alternative crédible ne peut surgir sans être elle même désignée par la direction sortante. Donc, il nous faut faire avec.

  34. 234
    PIETRON dit:

    Tant que ne reviendra pas au gout du jour le "combat de classe", le risque est grand de rester scotchés dans une vulgate politique axée uniquement sur la transformation institutionnelle (la révolution institutionnelle pourtant indispensable). C'est finalement ce que recherchait depuis une quarantaine d'années la bourgeoisie dominante et ses inféodés gouvernementaux (faire croire au salariat que "naturellement" le patronat distribue les cartes au salariat, au delà de toute considération d’intérêts). Peu de structures dites révolutionnaires osent (ou veulent) aujourd'hui appeler un chat, un chat.
    Mais ce n'est pas que le concept de lutte des classes qui aujourd’hui est passé sous silence pour toutes celles et tout ceux qui ont intérêt à son développement, c'est également sa déclinaison au sein des entreprises et des services publics qui souffre du silence des confédérations syndicales quand il s'agit de dépasser les habituelles revendications (certes importantes) salariales, ou journées d'action souvent sans lendemain, etc. Pour s'emparer aussitôt de l'illusion du dialogue social incarnation de l'alliance capital/travail.

  35. 235
    Ouilya dit:

    @ Poncet
    "Donc il faut faire avec."

    Ou pas. Soit la base du Parti Communiste Français subit en silence et en souffrance les actes de sa direction, soit elle s'en désolidarise. Ce serait un acte de résistance mais le communiste est un résistant. Sans sa base pour la suivre tantôt à gauche, tantôt avec le PS, le PCF n'est plus rien, pour la plus grande joie des solfériniens. Ce ne sont pas les adhérents communistes, qui ont réussi à tenir vivant l'idéal communiste, qui sont remis en cause, mais uniquement sa direction et plus particulièrement Pierre Laurent. Marcher et continuer avec les communistes, oui, sans problème et avec joie, mais j'ose le dire, sans Pierre Laurent qui, de par sa seule présence, discrédite toute l'action commune de gauche qui se doit, pas conséquent, d'être radicale si elle veut être clairement lisible donc visible et crédible.
    Non Marie, je ne vous considère pas comme un traître car c'est vous, c'est nous qui sommes trahis, ensemble. Mais pour pouvoir vivre et continuer, il faut parfois savoir se séparer d'un membre malade. C'est un traitement "radical" mais efficace !
    Fraternellement.

  36. 236
    Michel Matain dit:

    @ 235 Ouilya
    Mais pour pouvoir vivre et continuer, il faut parfois savoir se séparer d'un membre malade.

    Ca me rappelle la fameuse citation très utilisée à une certaine période : "le Parti se renforce en s'épurant" (Staline). Finalement je préfère tenter de soigner (et convaincre) un membre malade -même sans garantie du résultat- que me séparer et exclure (et dans les mauvaises périodes fusiller).

  37. 237
    Daniel Mérino dit:

    @Michel Matain
    "maintenant l'Ukraine où il semblerait que les partis de la droite fasciste aient réussi leur coup d'état civil"

    Le ministre Laurent Fabius a dit qu'il fallait que le pouvoir à Kiev entende le peuple ukrainien. Mais de quel peuple parle-t-on lorsque tous ceux qui ont souffert de la spoliation des oligarques sont manipulés par des groupes néo-nazis ayant programmé depuis 1993 la prise du pouvoir exactement de la façon dont ils ont opéré, c'est-à-dire armés de cocktails-molotovs, de barres de fer, épaulés par des snipers tirant d'un côté sur des policiers (en majorité russophones) ayant reçu l'ordre de ne pas utiliser les armes à feu, et de l'autre sur des manifestants de la place de l'Indépendance ? Entendu voilà trois jours à Moscou : Quel est le pays où il ne peut y avoir de révolution ? Réponse : les USA. Pourquoi ? Réponse : parce qu'il n'y a pas là-bas d'ambassade des USA. L'Europe serait-elle devenue l'ambassade des USA ? Les élections européennes doivent nous permettre d'affirmer que nous sommes pour un monde multipolaire et que l'amitié entre les peuples n'est pas un marché qui se gagne à coups de dollars/euros ou par des balles dans le dos.

  38. 238
    Nicks dit:

    Je suis toujours sidéré de voir les militants penser avant tout à une sorte de perpétuation de l'appareil quitte à tuer leur parti par ailleurs. Car il ne faut pas se leurrer, l'attitude de la direction du Pc obéit à un conservatisme de la peur qui n'aboutira qu'à l'atrophie, celle-là même qui était la réalité du Pc avant 2008. S'abriter derrière les faits d'armes plus ou moins lointains aussi glorieux soient-ils, c'est mettre la tête sous le sable ou pire, essayer de noyer le poisson. Si les militants Pc veulent avancer, il faudra qu'ils se prononcent sur le choix très contesté de Pierre Laurent. Il semble tout de même que nombreux sont ceux que cette situation navrent au plus haut point. Il faut qu'ils prennent leurs responsabilités. Sinon, nous devrons faire sans eux. On ne peut pas pas indéfiniment faire équipe avec quelqu'un dont on ne sait pas quelle sera son attitude dans l'adversité...

  39. 239
    jeannine dit:

    Tous ces mots, "traitre, vendu, pourri" etc. ne sont pas dignes, a mon avis, de figurer dans notre vocabulaire. Pour ma part ils me laissent un gout bizarre dans la bouche, fait de souvenir de règlements de compte au fil des périodes troubles et encore et toujours sur cette planète, indignes de l'humain d'abord que nous défendons. Je préfère parler d'erreur humaine ce qui n'empêche pas d'être fermes, très fermes et je comprends l'agacement de nos camarades communistes, partagés entre leurs idées et la position désagréable ou quelques responsables les ont mis. Pour ma part, je comprends aussi, que s'il était si simple de se défaire des mauvaises branches, outre ceux qui nous gouvernent actuellement, mais ceux que nous avons supportés pendant des années et des années, seraient déjà sur le radeau du départ. Restons fermes sur nos positions, mais employons un langage digne des idées que nous défendons.

  40. 240
    CEVENNES 30 dit:

    Bonjour à tous,
    Si le 12 avril, il nous faut marcher derrière Pierre Laurent (PCF, Ian Brossat (PCF) ou Christian Picquet (GU) qui ont fait alliance avec la Solferienne Hidalgo contre notre candidate Danielle SImonnet, se sera sans moi. Oui c'est le problème de nos camarades communistes, j'en convient mais il doit être régler rapidement, dans mon cas j'ai perdu toute confiance dans la direction du PCF, qu'ils assument la responsabilité de leurs actes.

  41. 241
    jean ai marre dit:

    @ 232 marie
    "Je suis communiste et ça me fait mal d'être vue comme "un traitre" ou un vendu."

    Combien tu as raison. Je ne comprends pas que les PG de base se laissent aller à écrire certains mots. L'attitude de Laurent si elle permet des critiques acerbes de notre part, n'est en rien dirigé vers nos camarades communistes. Pour ma part, je laisse le soin aux militants communistes d'intervenir auprès de leur instance, ce sont eux et eux seuls qui en ont le devoir et le pouvoir. Sinon, c'est de l'ingérence. Ne nous trompons pas de colère. Restons unis.

  42. 242
    Denis F dit:

    Où que vous regardiez, dés qu'il y a pouvoir il y a corruption, cela est vrai en Ukraine, comme dans tous les pays du monde et sous quelque couleur politique que ce soit. Tant que l'argent sera de la seule responsabilité des banquiers, il y aura corruption, enrichissement et pauvreté.
    Vous voulez changer ce qui va mal dans ce monde, une idée simple - supprimons l'argent scriptural - l'argent que les banquiers gèrent sans le posséder, son équivalent en monnaie fiduciaire n'existant pas, ce n'est que de l'argent virtuel. Aujourd'hui, tous vos avoirs n'ont pas leurs vraies valeurs, car la somme des avoirs détenus dans le monde n'est pas compensée par leurs équivalents en or ou en argent. Redonnons aux états la maîtrise de l'argent fiduciaire la valeur faciale étant compensé par des réserves équivalentes en or ou en argent, ou par la vraie richesse la valeur travail/homme. Supprimons le carnet de chèques (papier), mettons définitivement tous les paiements sous forme électronique / informatique, ces paiements étant immédiatement transformables en monnaie fiduciaire à la demande. Ainsi, nous avons mis fin à l'oligarchie financière et au capitalisme.

  43. 243
    Alain Doumenjou dit:

    Dés qu'on entre sérieusement dans les questions de fond dont dépend la possibilité de mettre en application notre programme "L'Humain d'abord", on bute inévitablement sur la question du maintien de la France dans la zone Euro et des traités qui vont avec. Sur ce point Jean-Luc avance à pas prudents en prônant d'abord la désobéissance aux traités, puis, selon le rapport de force ainsi mis en place, n'exclut pas d'en arriver si nécessaire à une sortie de l'Euro. C'est une stratégie que je comprends parfaitement, inspirée par le souci de ne pas brûler les étapes et de tenir compte pour les franchir d'un facteur important en politique : agir au moment opportun. Il semble cependant que le temps soit en train de s'accélérer et qu'il ne soit plus possible très longtemps d'éviter un débat qui aille plus loin. Sur ce point Jacques Généreux a franchi un pas que Jean-Luc retient encore en expliquant que leurs rôles ne sont pas les mêmes, ce qui est exact. Aussi, au delà des compromissions électorales des municipales, me préoccupe bien davantage le fait de savoir où en est exactement la direction du PCF sur ces questions de fond déterminantes pour l'avenir.

  44. 244
    educpop dit:

    Nous sommes une famille de pensées, mais des frères ne pensent pas tous la même chose à propos de choses qui semblent pourtant constituer une base de la fraternité. Cependant renier cette fraternité ne la fera pas revenir, et sans elle nous nous sentirons démunis. Ceux qui parlent de traîtrise et de reniement n'ont guère le sens de la mesure, on peut crier sa colère à ceux dont on pense qu'ils compromettent la confiance nécessaire à la lutte, mais on ne peut pas les insulter. Sinon la confiance ne pourra pas s'établir à nouveau quand on en aura vraiment besoin, et mettre nos partenaires dans le même sac que l'ennemi constitue l'erreur que celui-ci espère. L'appareil du PC ne peut pas se mettre en marge de ses comportements habituels, c'est dommage, c'est grave, mais aucune révolution n'est possible sans ses militants et il leur appartient de faire le point et le bilan. Quand cela sera fait la marche reprendra, plus forte. l'histoire n'est pas faite de grands bonds par dessus la réalité mais de courage pour en affronter les épreuves.

  45. 245
    antonio G dit:

    @Alain Doumenjou 246
    Pour savoir ce que pensent les communistes sur l'Europe, il suffit d'aller sur le site du PCF et on y trouve un texte intitulé "Refonder l'Europe". Ce texte formule un ensemble de propositions dans la perspective des élections européennes. Il n'est pas à prendre ou à laisser. D'ailleurs en ce moment même un groupe de travail existe au plan national, il élabore un projet avec la participation de toutes les composantes du Front de Gauche. Les choses avancent donc et c'est tant mieux.

  46. 246
    Denis F dit:

    Je vais faire une chose que je ne fais jamais, mais jamais étant une très mauvaise idée, je passe outre. Voici la fin d'un très bon article d'un vrai journaliste, Antoine Perraud, fait de nos jours tellement rare qu'il mérite cette citation : « L’État est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : “Moi l’État, je suis le peuple.” » ?

  47. 247
    marj dit:

    Je tiens à saluer l'intervention de Jean-Luc Mélenchon sur France Info ce matin, le ton était calme même si le fond reste sans concession et surtout les propos étaient rassembleurs et constructifs. La politique c'est aussi cela, avancer sur des propositions rassembleuses en vue de construire une majorité, dans le respect si possible. Ceux qui proclament une "épuration" se font puérilement plaisir mais compromettent l'avenir, la gauche a toujours été diverse, en France, et il faut l'accepter. D'ailleurs on ne convainc pas par l'insulte.

  48. 248
    françois 70 dit:

    @marj 251
    Oui la gauche a toujours été diverse. Elle le restera et c'est très bien ainsi. Encore faut-il préciser que le PS, devenu l'instrument de l'oligarchie néolibérale, n'en fait plus partie !

  49. 249
    SOLER dit:

    J'espère que les syndicats, salariés, chômeurs ou futurs chômeurs, retraités, petits patrons et agriculteurs, commerçants, artisans, intermittents, associations et même cette classe moyenne qui subit une réforme fiscale injuste bref tous ceux qui trinquent, qui triment, qui souffrent et ils sont de plus en plus nombreux pendant qu'une infime minorité "Medef" et monde de la finance détient et détourne par milliards d'euros toute la richesse de leur pays, de notre pays et ose pleurer encore sur le coût du travail quand c'est le coût du capital qui asphyxie la France et l'Europe à la Merk.

  50. 250
    Régine K. dit:

    Toujours aussi excellent et clairement exprimé. Félicitations Jean Luc, voilà pourquoi vous êtes peu invité dans les médias. J'apprécie votre personnalité et vos qualités, votre intelligence et cet esprit vif. Quelle chance de vous avoir ! Face à ce gouvernement, l faudrait plus de Jean-Luc sur le territoire.
    Maintenant notre Gouvernement soutient les fascistes de Kiev. De mieux en mieux ! Un soutien aux putschistes car c'est bien de cela qu'il s'agit. Ils n'ont pas fait une "révolution" comme ose dire les médias mais bien un coup d'Etat car le Président de l'Ukraine a été élu alors pourquoi ne pas utiliser les mots adaptés à la situation réelle? Il n'est pas pro européen ! Voilà donc pourquoi ce surprenant soutien aux opposants. On camoufle, étouffe aujourd'hui les méthodes, les violences de ces individus, on manipule l'information. Ah ! le pouvoir des mots. J'espère Jean-Luc que vous vous amuserez dans une analyse encore pertinente comme vous savez le faire et démontrerez comment les Français sont trompés. Bon courage et prenez soin de vous.

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