23fév 11

Un extra terrestre nous a parlé, une interview coulée, le multiculturalisme

Le boulot du travail

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C05ette note devait être hors contexte. J’y évoquais ce qui m’a préoccupé au point de vouloir en parler même si cela n’entrait pas dans le fil de l’actualité. Il s’agit de mon passage au Forum du programme partagé à Marseille, sur le thème du travail. Je reviens de nouveau sur le « multiculturalisme » et la bataille que lancent les dirigeants européens de droite en perdition qui menacent d’allumer des brasiers inextinguibles.
J’en étais là et tout était dans la boite. Alors j’ai subi une des plus étranges interviews qu’il m’ait été donné de connaitre, avec Jean Michel Aphatie sur RTL. Du coup je n’ai pas pu finir ma journée parisienne sans y revenir. Au moins pour pouvoir dire ce que j’avais à dire du G20 et du plan média de Strauss-Kahn qui visait à sidérer tout le monde cette fin de semaine. Ca fait donc une note longue.

Merci à Stephan Bucher de Paris pour cette très belle série de photos N&B.

J’ai fait une navette entre Strasbourg et Marseille, mercredi dernier, pour participer au Forum du programme partagé sur « le travail » en compagnie de Pierre Laurent et de Christian Picquet. Avant d’aller sur le site du Forum, j’ai fait un crochet pour aller saluer et encourager les postiers en grève du secteur 2 de Marseille. En grève depuis quatre mois ! Quatre mois ! La direction, qui avait déjà attendu cent jours pour ouvrir des négociations, vient de les quitter ! Je dois avouer que j’ai autant été ému par la situation, et les gens que j’ai rencontrés, que par l’accueil si fraternel qui m’a été réservé. Je vais vous dire que j’ai l’expérience de la vie sociale et des luttes. Au coup d’œil celle-ci montre beaucoup d16e choses. Christophe Galéa, le secrétaire de la section syndicale, avait l’air épuisé et en même temps porté de l’intérieur par une force terrible qu’on voit dans ses yeux au premier regard qu’il porte sur vous au moment de vous serrer la main. Et donc cela me confirme qu’une bagarre comme celle-ci, sur 120 jours, n’est pas possible hors d’un contexte qui la porte et la nourrit d’énergie et de moyens. On ne tient pas si la solidarité, les réseaux, ne se mettent pas en mouvement et tout cela aussi n’existe qu’en fonction d’un environnement, un état d’esprit.  Et je fais donc un lien avec le fait qu’il y avait près de 500 personnes à notre forum du Front de Gauche. Plein de syndicalistes, plein de militants « qu’on ne voyait plus ».

Ce forum m’en apprit davantage que les précédents. Sans doute parce que le thème est moins souvent en débat. Pour moi c’est un retour très excitant sur mes réflexions et travaux théoriques de la période où j’étais ministre de2006-06-defile-fsm-bamako-av-independance-85 l’enseignement professionnel. Car, à l’époque, avec mon équipe de « militants-conseillers » nous avions mené un grand travail de lecture et de synthèses. Il s’était conclu par la rédaction d’un livre collectif « Le Manifeste pour une école globale » dont j’ai écrit au moins la bonne moitié, je le dis sans complexe, je suis fier de pouvoir le dire. Tout percutait. La salle comme la tribune. Parmi tout ce que j’ai entendu, l’une des choses qui m’a le plus marqué, c’est l’intervention d’un médecin du travail, Dominique Huez, qui a montré l’impact sur la vision que la personne au travail a d’elle-même dans les nouveaux rapports de production et de subordination très individualisés du management actuel. La souffrance au travail, dans ce cas, est alors une mise en cause de sa propre identité et pas seulement un traumatisme, comme on peut le dire d’un accident du travail, où le corps physique est percuté et déformé. Le médecin a évoqué le sentiment de honte du travailleur qui se rend responsable du vide de sens de sa tâche et de son impuissance à l’assumer en tant que moment de sa propre construction. C’est dans ce contexte que le suicide au travail prend sa place. Il note que les suicidés sont souvent des personnes qui sont engagées syndicalement ou politiquement. Donc des gens en demande plus exigeante d’une cohérence de vie. Il évoqua donc ce qu’impliquait pour un travailleur conscient le fait de devoir laisser faire, ou ne rien faire, en face d’actes, de commandements ou de situations dont l’inhumanité s’impose à lui.

Cette discussion peut paraitre abstraite. Mais je suis sûr que mes lecteurs en sentent toute la portée. J’en ai trouvé un écho terrible en lisant l’Humanité ce lundi 21 février. Sous le titre « L’ultime SOS d’un commandant de la marine », notre quotidien sous-titre : « Avant de se suicider lundi dernier un marin  a accusé sa direction de « traiter les gens comme du bétail » ; les syndicats sonnent l’alerte contre un management agressif. » Le commandant Philippe Deruy a envoyé un mail a deux de ses collègues avant de mourir et il écrit : « Je n’ai plus d’avenir et cela m’est insupportable… Alors je fais ce qu’ils espèrent tant… disparaître ». Je sais très bien que la décision de mort s’enracine dans des motivations très profondes et 2006-06-palais-de-la-culture-bamako-39sûrement peu univoques. Cependant il est tout autant impossible de ne pas considérer ce que l‘intéressé en dit lui-même ! Et du peu que nous voyons là, c’est une illustration terrible de ce qui se disait entre nous à l’ occasion de ce Forum.

Donc, à Marseille, on mit un peu à distance le seul regard revendicatif et la seule mise en cause de l’aliénation au travail. On envisageait la question de l’acte de travail dans sa fonction de construction de l’identité personnelle. Bref le travail dans sa dimension émancipatrice, comme point de départ d’une œuvre. Ce langage là n’a pas été seulement celui du médecin du travail. Ce fut aussi celui du secrétaire confédéral de la CGT qui avait accepté notre invitation. Cela m’a remis à l’esprit la discussion avec le camarade des Robins des bois d’EDF, Jean-Michel Mespoulède, il y a trois semaines, à Bordeaux. Si vous vous souvenez, je vous en avais parlé ici. Il m’avait dit aussi que la lutte avait « redonné du sens au métier ». Le « sens du métier » était revenu à partir du moment où il avait fallu que les travailleurs se mettent en mouvement sur des objectifs qui engageaient leur vision de ce que devait être le service public. Ils le firent au point de se mettre eux-mêmes socialement en danger en allant rétablir le courant chez des gens qui en étaient privés. Jean Michel m’avait bien alerté sur l’impact de cette question du « sens de la tâche » dans le bien être au travail. Voila une chose que les petits bourgeois ne voient jamais dans la classe ouvrière. Eux croient que leur propre métier est un « don » qu’ils auraient reçus au berceau, en quelque sorte. En tous cas au moins une vocation. Et cette sorte de certitude intérieure leur tient lieu de fil rouge dans la conduite de leur activité et face à ses aléas. Donc, le « sens du travail » et le bien être au travail sont des continents gris, des « terra incognita » du moment présent dans les représentations collectives. Ce n’est pas étonnant. La classe ouvrière elle-même est effacée du tableau des représentations culturelles et symboliques. 2% des personnes montrées à l’écran à la télévision. Alors que les ouvriers et les employés sont 14 millions, et qu’il n’y a pas de classe plus nombreuse dans la société !

Dans cette même veine venaient de nombreuses interventions qui montraient comment la condition sociale des sous-traitants et le précariat ne sont pas seulement des « empêchements de vivre » pour ceux qui le subissent. Ils sont une négation du collectif de production qui fait aussi le sens du travail pour tous ceux qui y participent. C’est pourquoi les intervenants que j’ai notés soulignaient l’importance du statut du salarié, qui ne peut se résumer à un contrat. Puis à la définition du collectif de travail comme « communauté de destin », par site et lieu de la production, selon l’expression de08 Jean Michel Michelucci, de l’union régionale chimie de la CGT qui est parti d’un cas concret, celui de son entreprise, Arkema, pour montrer comment l’expression collectif de travail, correspondait au quotidien vécu par les travailleurs. Tandis que leurs feuilles de paye et leurs contrats de travail le nient.

La question de la place des femmes est venue naturellement dans ce débat, pour la première fois depuis bien des débats auxquels je participe. Et elle a été portée aussi bien par des femmes que par des hommes. Mais surtout par des femmes représentatives. A côté de moi, à la tribune, Virginie Cava, syndicaliste à Carrefour, avait animé la grève sur les salaires et conditions de travail de trois semaines dans deux magasins de Marseille en septembre 2010. Elle venait de gagner définitivement le procès qui a opposé les employés à la direction du groupe pour obtenir la requalification de leur paye contre l’employeur qui les payait en dessous du tarif du SMIC. Sa description de l’évolution du métier dans la grande distribution mettait en scène des femmes maltraitées au travail. Elle a bien montré comment cette maltraitance était liée au genre des victimes et comment elle alimentait une longue chaine de conséquences nuisible pour tous. Elle montre comment l’arrivée des « caisses automatiques » et autres machines  sont par leur seule existence et l’annonce de leur arrivée une négation du sens de la tâche des gens aujourd’hui au travail. Et elle montre aussi comment ces machines seront aussi une façon de modifier toute la relation du groupe avec le client transformé en auxiliaire de travail. Et comment ce client sera alors l’agent d’un mode de consommation qui facilite la gestion à flux tendu et traçabilité qui aura un impact sur toutes les conditions de production en amont. Si j’évoque ce témoignage c’est parce qu’il montre des aspects de la maltraitance sexiste au travail qui sont à la racine de mécanismes d’exploitation plus larges qui lui donnent leur sens complet.

Pour me punir de n’avoir pas répondu comme il l’avait prévu à ses premières questions, Jean-Michel Aphatie a décidé de couler l’entretien qu’il avait avec moi sur RTL. Lui-même déclare à l’antenne que l’entretien est incohérent. Mais il se garde de dire que s’il en est ainsi, c’est de son fait. Une nouvelle fois me lever à six heures du matin pour me faire traiter de cette façon mérite réflexion. Me faire interroger deux minutes sur sept à propos de Cuba le lendemain d’un samedi dimanche de manifestations pour la liberté et la démocratie en Algérie, au Yémen, au Maroc et surtout en Libye est sans doute la chose la plus étrange qui soit  et la moins respectueuse pour moi autant que pour l’auditeur! Quant aux questions 02sur Strauss-Kahn, mon début à propos de l’Islande lui ayant déplu, Aphatie est passé à Cuba. Je vais donc dire ici tout ce que je voulais dire sur les sujets qu’il était convenu d’aborder. Inclus  Strauss-Kahn, bien sûr. J’ai espoir qu’un jour on reconnaisse avec le droit à la liberté des questions le droit à la liberté des réponses. Mais avant cela je prends juste le temps de me réjouir de voir que même avec ses confrères le considérable monsieur Aphatie se donne un rôle de censeur professionnel tout à fait impérieux. Je crois que c’est une première.
Qu’aurait dit monsieur Aphatie si c’était moi qui avais fait cette leçon de morale à l’un ou l’autre de ses confrères !

Voici ce que Jean-Michel Aphatie dit de cette interview de Strauss-Kahn et des fautes professionnelles de son confrère. "(…) cette interview mériterait d'être montrée dans des écoles de journalisme comme le piège dans lequel un professionnel ne doit pas tomber. Il ne revient jamais, en effet, à un intervieweur de prendre à son compte les problèmes de l'interviewé. Si ce dernier est embarrassé, tant pis pour lui. Le journaliste, lui, doit préserver sa liberté de jugement et de ton et repousser au plus loin ce qui appartient entièrement à son invité. Hier soir, c'est le contraire qui s'est produit. Au fil du dialogue, à force de répéter que l'exercice était délicat pour DSK, Laurent Delahousse a fini par ne plus poser ses questions franchement, au point d'apparaître de plus en plus, lui même, en charge de difficultés qui ne lui incombait pas. (…) les questions concernant la réflexion de l'homme politique à propos de la prochaine élection présidentielle ont été lointaines, contournées, hésitantes, et au final peu productives. Il n'est pas certain, au demeurant, que Dominique Strauss-Kahn ait été empêché par l'attitude du journaliste de faire passer les messages qu'il aurait pu être les siens. L'impression domine au contraire qu'il n'avait rien de spécial à dire, et qu'il tenait simplement à se montrer. Voilà bien la limite de l'exercice. N'avoir rien à dire n'est pas grave. Mais prendre du temps pour le signifier, c'est le faire perdre à ceux qui vous écoutent. Et cela, électoralement parlant, il n'est pas certain que ce soit très bien."  Et que faut-il penser d’un journaliste qui invite un responsable politique et décide de planter l’interview pour punir ce dernier de ne pas répondre comme il veut ? Faire perdre son temps à l’auditeur et à l’interviewé est-ce professionnel ? Je me demande ce que Laurent Delahousse va en dire !

A présent je parle de l’apparition de DSK en majesté cette fin de semaine. Premier constat on parle davantage2005-02-djenne-04 de lui que du G20. Et pourtant ! Une réunion de plus pour rien. Il n’y a accord sur aucun des sujets qui comptent. La volatilité des prix agricoles sources d’immenses bouleversements sociaux ? Un « rapport détaillé » est prévu. Le marché des produits dérivés qui menacent de faire exploser le système financier chaque jour ? Un rapport est prévu et des « recommandations sont demandées ». Les paradis fiscaux qui tuent toute politique de contrôle fiscal au niveau mondial ? Un rapport encore est prévu. « Un rapport », « des rapports », « des demandes de propositions de recommandations » et bla bla bla, voila ce que l’immense monsieur Trichet, ci-devant gouverneur de la Banque centrale européenne a qualifié de sommet « utile, sérieux et positif ». Côté géopolitique, l’événement c’est que la Chine a obtenu que dans l’absconse discussion sur les « indicateurs de déséquilibres macro-économiques » on retire celui qui aurait donné prise aux Américains et a quelques autres contre eux. Et ce n’est pas le moindre. C’est même le plus parlant. C’est celui du niveau des réserves de change qui matérialisent le déséquilibre des échanges commerciaux. Un rien ! Dès lors il faut voir dans ce résultat une victoire des Chinois qui en dit long sur ce qu’est dorénavant leur influence et sur le rapport de force qu’ils ont acquis.

Une première leçon de ce résultat chinois est d’observer la coalition que ceux-ci ont rassemblée autour d’eux : tous les autres « émergents ». J’adore cette expression qui euphémise si bien la déroute des premiers de la classe capitaliste mondiale. La seconde leçon est que le changement de la hiérarchie du monde est imminent et avec lui la grande bascule politique et financière qui va avec. Mais notre jubilation de voir les Etats-Unis d’Amérique s’approcher du jour où leur toute puissance parasitaire sur le monde va finir ne peut nous aveugler. Il ne faut pas perdre de vue que la victoire chinoise pérennise un ordre économique qui nous est profondément nuisible. C’est l’ordre du libre échange et de la délocalisation des productions. Le plus coûteux écologiquement et socialement. Accepter que2005-03-pays-dogon-35 l’accumulation de réserves de change qui matérialisent la toute puissance du commerce international n’est pas un indicateur du déséquilibre du monde revient à absoudre le libre échange et l’explosion injustifiée de ces échanges qui tuent la planète et la société humaine. C’est valider la compétition plutôt que la coopération.

Strauss-Kahn est resté muet sur cet aspect du G 20 comme sur les autres d’ailleurs. Il a pointé le risque de déclassement de l’Europe. Mais parmi tous les facteurs qui contribuent à ce risque il n’a pas évoqué une seule fois le statut de la BCE qui étrangle la zone Euro ni l’ouverture totale de ses frontières. Pendant qu’il parlait pour recommander sans originalité de suivre les recettes habituelles « d’austérité juste », cet oxymore de la droite des sociaux libéraux, je pensais à ce que serait la situation s’il recommandait à l’Europe d’imiter la formule qui produit tant de cette merveilleuse croissance à deux chiffres des Chinois ! Une monnaie unique au cours fixé souverainement, une planification des investissements structurants, des fonds souverains orientés par la puissance publique. Comparaison autrement plus significative que celle faite sempiternellement avec l’Allemagne. Car celle-ci, à l’inverse imprime un modèle d’ouverture et de déréglementation à tout le continent européen à la seule fin de protéger son modèle économique construit exclusivement sur le moteur de l’export planétaire. La Chine fait au monde ce que l’Allemagne fait à l’Europe ! Pour un Jean Michel Aphatie cette question sur l’état du monde se résume par la fine observation que la Chine se dit communiste et que Cuba est une dictature. Pauvre France avec de tels analystes !

Dans son apologie de la sainte œuvre du FMI de gauche au profit des pauvres et des plus vulnérables, Dominique Strauss Kahn s’est hasardé à citer l’exemple de l’Islande comme un modèle de ses réussites personnelles. Comme cette question de l’Islande a été citée ici souvent, j’y reviens pour démasquer l’imposture. L’Islande a été mise en faillite par les exploits de sa plus grande banque privée qui promettait monts et merveilles à qui achetait son papier. Pour faire face, le FMI a accordé en novembre 22007-03-barragedeselingue-04008 un prêt de 2,1 milliards de dollars à l’Islande. Suivant sa technique bien connue des versements par petits paquets conditionnés par des sacrifices toujours plus grands, le FMI a d'abord débloqué deux tranches pour un total de 1,1 milliard de dollars.  Puis un accord sur les conditions du versement d’une troisième tranche a été signé entre le gouvernement et le Fonds. Mais ce versement est resté bloqué. En effet le conseil d’administration du fond a dit non. En son sein siègent 24 représentants de pays ou groupes de pays, dont un Britannique et un Néerlandais, qui attendaient un remboursement de l’Islande après avoir dû avancer des fonds aux clients lésés par la faillite de sa banque. Monsieur l’ami des pauvres et des plus vulnérables est alors allé faire son travail. Il le résume dans le journal « Le Parisien ». « Quand un gouvernement a trop dépensé pendant des années plus que ce qu’il avait on est obligé de dire « les gars ce n’est plus possible ». Le fait qu’ils ont fait des bêtises vient d’eux ». Et voila. Comme la banque islandaise avait spéculé c’est évidemment la faute des Islandais qui ont trop dépensé !

Strauss Kahn est arrivé et leur a dit  « les gars ce n’est plus possible ». Dit en langage officiel cela a donné : « Il y a des obligations internationales à respecter pour le pays (…) L’Islande, comme certains autres pays, ne peut pas être immunisée contre ce qui a été fait par son secteur financier ». Le bienfaiteur des peuples a donc mijoté un accord aux37 petits oignons pour les islandais qui prévoit de mettre à charge de chacun d’entre eux 12 200 euros de dette par tête de pipe ! Sans compter les intérêts, bien sûr !

Mais, patatras, en dépit de la capitulation sans condition du gouvernement, le président de la République a utilisé son unique pouvoir constitutionnel d’intervention : soumettre l’accord avec le FMI à le référendum. Les Islandais ont dit « non ». Après de multiples tractations, Islande, Royaume-Uni et Pays-Bas ont fini par trouver un accord en décembre 2010 pour que l'Islande rembourse entre 2016 et 2046, à des taux de 3 et 3,3% les dettes de la banque aux riches anglais et néerlandais. Cet accord est bien meilleur que le précédent rejeté par referendum. On gagne toujours à résister! C'est ensuite seulement que le FMI a débloqué son prêt. Il a été adopté par le Parlement qui a refusé de convoquer un nouveau référendum. Mais là-dessus, de nouveau, patatras : le président a décidé un référendum de nouveau. A l’heure où Strauss-Kahn se vantait d’avoir « sauvé l’Islande », il savait tout cela. Il mentait donc tranquillement. Où avez-vous lu quoi que ce soit sur le sujet ou entendu quoique ce soit ? Nulle part. La question-était-est-ce-que-sera-le-candidat-sa-femme-a-dit-important-pour-lui ». Et quand j’ai abordé le sujet avec Aphatie, celui-ci s’est mis à parler de Cuba. A étudier dans les écoles de journalisme. Quand un journaliste ne sait rien sur un sujet comment en changer. De sujet.

Ce que cette seule question soulève c’est ce que serait l’ambiance de la gauche avec un tel candidat pour le PS. Sur le fond ce serait mille fois par jour ce genre de contradictions et de prises en défaut. Le combattre aujourd’hui n’est pas une cannes-17affaire de personne même si ses spadassins ont l’habitude eux de tirer à vue sur les personnes. C’est une affaire de ligne et d’orientation politique de la gauche. L’empêcher d’être candidat est une volonté légitime politiquement pour qui veut obtenir un grand recentrage politique de la gauche sur sa position historique anti capitaliste et de lutte contre l’ordre établi. Strauss Kahn c’est l’ordre établi. Et c’est son accompagnement dans la version social libérale la plus traditionnelle et la moins imaginative. C’est aussi un artefact de communicant. Pourquoi est-il là ? Comment est-il arrivé dans le paysage ? Sur la base d quelle proposition, quel programme, quelles idées ? Rien absolument rien. Même pas une déclaration de candidature ! Tout cela est monté de toutes pièces par une armée de communicants qui circulent entre les responsabilités au PS et les fonctions dans les agences de « comm ». Et tout leur beau plan va s’effondrer pour une raison simple : il y a trois autres candidats qui sont réputés battre Sarkozy d’après leur chères sacro saintes enquêtes d’opinion ! Et il y aura des primaires qui seront dévastatrices pour ce genre d’artefact.

Nous pouvons avoir une idée des situations absurdes et de la confusion que la candidature de Strauss-Kahn peut créer pour la gauche. L’exemple de cette histoire de taxation des mouvements de capitaux en témoigne. Ce fut l’antienne du mouvement alter mondialiste pendant dix ans. A la gauche socialiste, nous étions à fond pour à tous les congrès et Conventions du PS. Ca s’appelait la taxe Tobin. Après d’innombrables résistances le PS s’y convertit. Il accepta que ses députés votent avec ceux du PCF et les Verts une proposition de loi qui fut majoritaire sur le thème et instaura une taxe à taux zéro en attendant que d’autres pays l’adoptent. Ce taux zéro fut un compromis. Car la bataille avait déjà été chaude lors du débat sur la loi de finances de 1999 avec un certain Dominique Strauss-Kahn, alors ministre des finances. Bernard Cassen, alors président d'ATTAC et directeur du Monde Diplomatique raconte que "dans un document accompagnant le projet de loi de finances 1999, le ministre avait fait tenir aux députés une longue charge, complètement hors sujet, contre la taxe Tobin. Avec ce résultat paradoxal que troisbresil-03-newton-s-plongee-moussa-03 amendements à ce projet de loi, réclamant précisément l’instauration de ladite taxe, avaient ensuite été déposés par des membres de sa majorité parlementaire ! Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1998, M. Strauss-Kahn, arraché à son sommeil par l’un de ses conseillers, avait dû revenir en catastrophe dans l’hémicycle pour empêcher qu’ils soient adoptés…" On voit donc que c’est une affaire de longue main.

On mesure mieux alors le mensonge du prétexte ressorti  dix ans après, en novembre 2009, selon lequel: « l’industrie financière a fait de telles innovations qu’il est probablement impossible de trouver une taxation sur les transactions qui ne serait pas contournée par les potentiels contributeurs ». Si bien que c’est dorénavant le monde à l’envers. Le monde tel que nous serions appelés à le vivre sur combien de sujets si ce  débat et d’autres arrivaient jusqu'à un deuxième tour ?  D’un côté Strauss Kahn déclare cette taxe "tout à fait simpliste" et "très difficile à mettre en œuvre" après le sommet du G20 à Pittsburg. De l’autre,  Sarkozy qui déclare le 24 janvier 2011 à la conférence de presse sur la présidence française du G20 : "La France considère que cette taxe est morale compte tenu de la crise financière que nous venons de traverser, utile pour dissuader la spéculation et efficace pour trouver de nouvelles ressources pour le développement." C’était aussi l’argumentaire alter mondialiste. "La France considère que la taxe sur les transactions financières est la meilleure. (…) Nous sommes prêts à discuter d'autres solutions même si cette taxe me semble être la meilleure des formules." "Je sais bien que cette taxe a de grands ennemis, de grands adversaires sur son chemin, nous essaierons de les convaincre. Tant qu'on ne nous aura pas démontré que la taxe sur les financements innovants est impossible, nous nous battrons pour cette taxe." Et Angela Merkel soutient aussi l'idée qu'elle qualifie de "sensée". Avec ce genre d’imbroglio, la droite, la gauche, ça voudra dire quoi pour le commun des mortels qui s’intéressent au contenu des propositions plutôt qu’à la mine des candidats ? Quel cerveau malade de communicant peut vouloir d’un deuxième tour où l’on voterait à gauche contre la taxe Tobin et a droite pour elle ? Je sais. Ceux qui ne veulent pas de la taxe Tobin à gauche !

J’ai abordé la question du multiculturalisme dans ma précédente note. A cette occasion j’ai évoqué ce qui se passait chez nos voisins allemands et anglais. J’ai dit que leur point de départ est une situation diamétralement inverse de bresil-07-samba-drome-ombre-02celle des français. Chez eux le multiculturalisme a un fondement légal. Certains droits sont niés et d’autres sont accordés sur la base de l’appartenance à une communauté religieuse ou ethnique. Leur mise à distance avec ce modèle ne signifie pas que les dirigeants de droite de ces pays fassent mouvement vers les positions universalistes du modèle français. Au contraire. Les uns et les autres prennent prétexte de l’échec du communautarisme pour proposer une politique extrêmement brutale « d’assimilation ». Et celle-ci se situe à l’extrême inverse de la loi laïque. En fait, Merkel et Cameron dorénavant prônent la domination d’une ethnie, principalement définie par sa religion, sur toutes les autres. Ainsi madame Merkel déclarait le 16 Octobre dernier devant les Jeunesses de la CDU/CSU, son parti : "Depuis des années, des décennies, l'approche était que l'intégration n'était pas quelque chose qu'il fallait promouvoir, que les gens vivraient les uns à côté des autres (…) Cela s'est avéré faux"(…) "Cette approche a échoué, totalement échoué" On le voit le point de départ c’est bien l’échec du communautarisme. Il sert de prétexte à une affirmation identitaire communautariste débridée.  "Nous nous sentons liés aux valeurs chrétiennes, ceux qui n’acceptent pas n’ont pas leur place chez nous" (…) conclut madame Merkel. Oui, on lit bien. Ce n’est pas "ceux qui n’acceptent pas la loi commune"  mais : ceux qui n’acceptent pas le christianisme. On mesure la portée de cette déclaration. Les sous titre ethnicistes ont été donnés par le chef de la CSU, allié bavarois de la CDU, Horst Seehofer : "Nous nous engageons pour la culture de référence allemande et contre le multiculturel".

L’anglais, David Cameron fait le même parcours du communautarisme vers l’ultra communautarisme. Le  6 février 2011, devant la conférence de Munich sur la sécurité qui rassemble les dirigeants et diplomates mondiaux pendant 3 jours afin de discuter des problèmes majeurs de sécurité, énonce son nouveau credo. "Le multiculturalisme, dit-il, a conduit à ce que des communautés vivent isolées les unes des autres. Ces sociétés parallèles ne se développent pas selon nos valeurs. Nous ne leur avons pas donné une vision de ce qu'est notre société". "Nous avons besoin de beaucoup moins de cette tolérance passive des dernières années et de beaucoup plus de libéralisme, actif et musclé". Cette dénonciation du multiculturalisme utilise l’islam comme un chiffon rouge prétexte à une normalisation qui en réalité vise toute la société.

Le français Nicolas Sarkozy est comme d’habitude plus provocateur. Ainsi n’hésite-t-il pas à déclarer: “Le multiculturalisme "c'est un échec. Dans toutes nos démocraties, on s'est trop préoccupé de l'identité de celui qui arrivait et pas assez de l'identité du pays qui accueillait". Tu parles qu’on s’est occupé de l’identité des gens qui arrivait! Où? Quand?jeuv-bercy-parc-04 Comment? Tout cela ce sont des mots destinés à préparer la violence des mesures envisagées comme un rééquilibrage. Sur le fond elle introduit une confusion destructrice.  En effet, la seule identité de la France c'est la République, et le contrat politique qu'elle implique : elle ne peut pas être « culturelle ». Dés lors, Sarkozy, dans un parallélisme parfait avec les discours de ses homologues, tel un copié collé, passe à la dénonciation du communautarisme pour fonder une nouvelle hégémonie communautaire exclusive. Le Président déclare : "Nous ne voulons pas d'une société dans laquelle les communautés coexistent les unes à côtés des autres. Si on vient en France, on accepte de se fondre dans une seule communauté, la communauté nationale. Si on n'accepte pas cela, on ne vient pas en France". L’apparente évidence du propos ne doit pas tromper. Cette définition est exclusive. Aucune différence culturelle n’a jamais fondé un droit particulier en France. De quoi parle Sarkozy, alors ? Non pas du passé ni même du présent mais du futur comme il compte le construire. Cette conception de la Nation est le point de départ de la dérive communautariste : elle définit la Nation autrement que par ses fondements politiques, à savoir les principes de la République. Elle instaure l'idée d'une "identité nationale", d'une "civilisation". La suite vient de soi. "La communauté nationale française ne veut pas changer son mode de vie, son style de vie, l'égalité entre les hommes et les femmes […] la liberté pour les petites filles d'aller à l'école". Où et quand une transformation de cette nature a-t-elle été proposée et par qui ? Quant à la situation actuelle, la scolarisation des enfants est une obligation légale et l’égalité homme femme une garantie constitutionnelle. Où est le problème ? Le problème c’est l’islam comme prétexte à la mise au pas de tous, au prix d’une monstruosité juridique : l’intervention de la loi dans la définition du contenu de la religion. "Nos compatriotes musulmans doivent pouvoir pratiquer leur religion comme n'importe lequel de nos compatriotes juif, protestant, catholique, mais il ne peut s'agir que d'un islam de France et non pas d'un islam en France". Cette idée « d'islam de France » est complètement contradictoire avec la laïcité. L'Etat n'a pas à intervenir dans la pratique religieuse à partir du moment où elle respecte la loi républicaine. Ce n’est pas ce que dit le président, au contraire. Il déclare : "C'était une bonne idée de parler du multiculturalisme. Il faut que l'UMP lance un débat sur l'islam. Moi, je veux aller plus loin : je ne veux pas de minarets, pas d'appels à la prière dans l'espace public, pas de prières dans la rue". Lui dirons-nous chiche : pas de processions, pas de sonneries de cloches, pas de cornettes de nones, ni de toques loubavitch dans les rues ? Absurde !


276 commentaires à “Le boulot du travail”

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  1. 101
    Michèle dit:

    "Est-il besoin de rappeler qu'un sondage est une manière de nier la parole de celui à qui l'on s'adresse en lui demandant de choisir des réponses qui viennent d'un autre à des questions qu'il ne se pose pas?" précise Roland Gori qui évoque une manière haineuse visant à tuer le débat démocratique.
    Ajoutons à cela le chant des sirènes pour un candidat "attendu" paré de silence et la presse qui est prise dans la sidération de la providence: nul besoin d'aller chercher des idées, un programme hypothétiques puisque c'est le messie qu'on annonce, celui de la sagesse et de la raison personnifiées. Voilà une illustration magistrale de cette haine de la parole et du débat autrement dit de la manipulation d'opinion.
    A Marseille le débat a prévalu, lors du forum du programme partagé et les mains se levaient de toutes parts pour demander la parole à tel point qu'à la 2ème table ronde les invités à la tribune ont renoncé à leur intervention pour laisser se poursuivre le débat inassouvi. Voilà d'un côté des gens muets voire hébétés face à l'homme politique providentiel et de l'autre, des hommes politiques à l'écoute, partie prenante du débat démocratique.
    Allez savoir pourquoi je pense aux enfants qui ont peur du père Noël...

  2. 102
    Gilbert Delbrayelle dit:

    helene dit:
    Cher Administrateur, je vous remercie pour votre réponse. Je visite souvent le blog de M.Mélenchon, mais je suis passée à coté de la publication du 26 Janvier. Ne prenez pas mal ma question. Ce n'était pas une appostrophe,

    Ne vous excusez pas... Vous apprendrez à connaître le webmaster.. Il réagit au quart de tour à tel point qu'on se demande si le webmaster n'est pas Jean-Luc Mélenchon lui-même (Je boutade naturellement) ;-))

  3. 103
    Descartes dit:

    @Michele (#102)

    A Marseille le débat a prévalu, lors du forum du programme partagé et les mains se levaient de toutes parts pour demander la parole à tel point qu'à la 2ème table ronde les invités à la tribune ont renoncé à leur intervention pour laisser se poursuivre le débat inassouvi.

    Et il en est sorti quoi ?

    Faudrait pas confondre une suite d'interventions où chacun se fait plaisir en racontant sa vie avec un "débat". Le débat suppose argument et contre-argument. Il implique des gens qui exposent un raisonnement et d'autres qui cherchent à le réfuter. Et si j'en crois les comptes rendus - et mon expérience de ce type de "forum" - il y eut fort peu d'arguments échangés à Marseille. Ce genre de réunion tient en fait de la thérapie de groupe. Ce qui ne veut pas dire qu'elle soient inutiles. Mais elles ne constituent pas un "débat", et n'apportent pas grande chose à l'élaboration d'un "programme partagé".

  4. 104
    Meligh dit:

    24 février 2011 à 23h15 Bélatar dit:

    Il me semble qu'il y a erreur sur la réalité sociale actuelle des "petits bourgeois" qui sont tout aussi touchés par les évolutions des organisations du travail qui sont la négation même du sens de l'engagement dans l'activité car telle est la logique de ces conceptions du travail. De plus, les petits bourgeois ne sont plus ce qu'ils étaient et nombre d'entre eux sont des diplômés précarisés.

    Je suis tout à fait d'accord avec ça. Qui sont les petits bourgeois aujourd'hui ?
    Pas la plupart des ingénieurs d'hier qui connaissent, surtout lorsqu'ils sont jeunes, la précarité. Et cela partout. Certes on arrive à les anesthésié avec du fric et une course effrénée contre ses collègues, d'autres services, pour la prime. Du coup il oublie ses revendications, en espérant sortir son épingle du jeu (quitte à sacrifier sa jeunesse, si ça peut lui rapporter plus tard, ou tout du moins à la fin de l'année).
    Je pense que pour détruire ce cercle infernal de la course à la prime, destructrice du tissu social de l'entreprise en partie, il faut tout bonnement limiter la partie variable des salaires. Ou alors que la répartition soit égalitaire (tout le monde partage le gâteau). Cela permettra aux employés, ouvriers, ingénieurs, de travailler à nouveau ensemble et pas en compétition.
    Les petits bourgeois d'aujourd'hui sont ces personnes, installées ici et là, immuables, inévitables, mais pourtant inutiles ou tout du moins remplaçables, qui s'accaparent une partie du gâteau sans trop souffrir, ceux qui bénéficient des faits du prince, les lécheurs de bottes à la veste usée à force de la retourner. Ceux là qui vont étouffent avec des leçons de morale complétement irréalistes et à des kilomètres de la réalité, ceux là qui se vont le vecteur d'une idéologie pourrie et régressive.

  5. 105
    Paul dit:

    Vous ne trouvez pas que le soutien affiché de Chavez à Kadafi en dit long sur la révolution citoyenne au Venezuela?

  6. 106
    yanhel dit:

    @106 Paul
    Il faut écouter JL Mélenchon quand il dit qu'il faut se prémunir de la presse, vous en êtes par votre post la victime inconsciente...
    Significatif de quoi? Je connais très très bien le Venezuela (par mon mari qui est citoyen bolivarien) et je peux vous dire qu'il ne faut pas croire ce que Libé et Le monde écrivent sur Chavez. Ils font une énorme campagne de déstabilisation et de propagande "escualida". D'ailleurs Jean Pierre Langellier qui s'est ilustré dans le Monde en essayant de mettre le feu aux poudres au Venezuela en comparant avec la Tunisie, est en fait le compagnon d'une Venezuelienne de la bourgeoise anti-chaviste active et un peu "derapada" avec la quelle j'ai dîné un soir... Alors très très difficile de lire et de croire la presse sur le Venezuela. Ensuite, Chavez avait d'excellents rapports avec Khadafi à cause de l'OPEP, en tant que puissances pétrolières.
    Puis je peux vous assurer que si nous avions, nous, le dixième de l'espoir que Chavez a allumé dans les vies des plus démunis, dans la récupération économique du pays, dans l'instauration du paiement de l'impôt, dans la protection des côtes de la pêche industrielle, dans l'interdiction des OGM... la liste serait très longue. Alors il vaut mieux balayer devant sa porte qu'aller donner des leçons et des bons points en tant que français aux pays du sud.

  7. 107
    Descartes dit:

    @yanhel (#107)

    Ensuite, Chavez avait d'excellents rapports avec Khadafi à cause de l'OPEP, en tant que puissances prétrolières

    Je vois mal le rapport. J'ignorais que Chavez avait d'excellents rapports avec le roi d'Arabie Saudite ou bien l'émir du Kowait. Mais peut-être ne sont-ils pas membres de l'OPEP ? Allons, soyons sérieux: ce n'est pas "en tant que puissance pétrolière" que Chavez déclare le 27 septembre 2009: « Simon Bolivar est au peuple vénézuélien ce que Kadhafi est au peuple libyen ». Comme disait mon grand-père, "qui se couche avec le chien se réveille avec les puces". A force de clamer son admiration pour des personnages comme Chavez qui ont une certaine tendance à dire n'importe quoi, on risque des accidents. En tout cas, je vois mal la cohérence de ceux qui reprochent à la diplomatie française sa mansuétude envers le Colonel K et qui pardonnent le même pêché à Chavez. Si la pauvre MAM avait déclaré que Khadafi était aux libyens ce que De Gaulle était aux français, j'entends d'ici les hurlements...

    Puis je peux vous assurer que si nous avions, nous, le dixième de l'espoir que Chavez a allumé dans les vies des plus démunis... dans la récupération économique du pays, dans l'instauration du paiement de l'impôt, dans la protection des côtes de la pêche industrielle, dans l'interdiction des OGM..... la liste serait très longue...

    Oui. Elle inclurait certainement la lutte contre l'insécurité, l'inflation, la corruption et le népotisme... et comme l'espoir fait vivre...

  8. 108
    Jake dit:

    @ Meligh et Bélatar:

    n'opposons pas les ouvriers aux bourgeois, les riches aux pauvres, les intellectuels aux manuels, voire même les NPA au FdG. tout cela est dépassé depuis belle lurette. Il y a les gens intelligents et conscients d'un côté, et de l'autre ceux qui ne pensent qu'à leur gueule.
    Ce n'est pas uniquement une question d'argent ou d'éducation. En jouant sur cette corde, de scinder, de sérier, de cataloguer, on va finir à 2 sur ce blog, et moi je n'y serais plus.
    Je ne suis pas ouvrier, je peux même être qualifié de bourgeois, je gagne 6 fois qu'un OS chez Renault, et cela ne m'empêche pas de soutenir la vraie gauche. Je ne rêve que d'un vaste rassemblement de cette vraie gauche et j'en ai marre des chicaneries stériles qui ne démontrent qu'une seule chose: On n'est pas sur la bonne voie!
    Merci

  9. 109
    Rachel dit:

    @Paul : Chavez s'est exprimé sur la révolution en Libye ou vous parlez de déclarations plus anciennes ?

  10. 110
    jean ai marre dit:

    @ 107 Yanhel,

    Il y a Chavez et il y a le peuple. Une partie de la population soutien Chavez mais une autre partie est très critique, pas tant sur lui que sur son entourage. Tous des corrompus.
    Faut voir le niveau de vie. Il est vrai que lorsque l'on part de rien, tout est positif et prend des proportions énormes.En 2000 en Egypte, j'ai travaillé avec des ingénieurs Vénézuéliens, ils gagnaient 1500 dollars US / mois ce qui représentait 4 fois le salaire dans leur pays, avec une inflation à 300 %.
    Cette année, au Venezuela, pour 40 litres d'essence j'ai payé 1, 5 €.est ce que ça donne le droit de polluer ?
    Comment les sensibiliser à la protection de l'environnement ?
    Comment peuvent ils intégrer les notions d'économie industrielle, les coûts de production ?

  11. 111
    Meligh dit:

    @Jake

    n'opposons pas les ouvriers aux bourgeois, les riches aux pauvres, les intellectuels aux manuels, voire même les NPA au FdG
    j'ai dit ça moi ? Pas que je sache. Même le contraire.
    Je suis tout à fait d'accord avec toi quand tu dis Il y a les gens intelligents et conscients d'un côté, et de l'autre ceux qui ne pensent qu'à leur gueule. C'est je que je remarque chaque jour et c'est pour ça que bien souvent des gens qui je pourrais estimer pour ce qu'ils ont fait, ce qu'ils ont réussi me décoivent et depuis toujours je n'ai jamais jugé quelqu'un pour ce qu'il a fait ou ce qu'il a réussi, son métier, son portefeuille, son talent, ou quoi que ce soit d'autre que sa réflexion et la justesse (à mon sens, donc justesse relative) de sa pensée, sa capacité à être un être humain social et pas un individu qui se gargarise de sa différence, de son talent, de sa verve, de son argent, de sa capacité à tricher ou encore de sa réussite. Et ce sont eux les petits bourgeois.

  12. 112
    komorowski dit:

    Trop c'est trop ! Je viens de découvrir que les journalistes au service maintenant de DSK ont décidé de faire un exemple en s'acharnant sur Jean-Luc Mélenchon dans le but de le ridiculiser voire de le détruire. En effet il est devenu désormais et en plus stalinien, et ennemi des vaches qui veulent l'encorner (on voit le sens du symbole). Tout cela est aussi un message en direction des amis socialistes qui ne se rallieraient pas au FMI et à l'Europe qui protège. Pauvre Sarko il est à présent abandonné et condamné par les représentants du capitalisme moderne qui ont besoin d'un nouveau capitaine politique pour anesthésier les masses populaires. Ils ont choisi le pape du FMI et du libéralisme dit social : DSK. Finalement Jean-Luc Mélenchon est reconnu comme l'ennemi principal du bien vivre ensemble (vraie droite et fausse gauche) du capitalisme libéral représenté par DSK. Désormais les chantres journaleux embrassent les mains de leur futur nouveau maitre. Je me rappelle une réunion à Viry-Chatillon où tu m'avais en quelque sorte traité de populiste car je pensais que la raison ne l'emportait pas toujours sur le sentiment. Aujourd'hui tu en fais les frais, je ne m'en réjouis pas car c'est dégueulasse comme on disait dans ma banlieue ex rouge.

  13. 113
    guillot dit:

    HYBRIS @97

    "Rappelons que OB, en 2002 comme en 2007- et donc en l’absence du Front de Gauche - n’a jamais passé la barre des 5 %, et là étonnamment il ferait 7 % ? Disons-le, ces chiffres venaient à point nommé, juste avant le congrès du NPA, pour persuader ses militants que l’option opposée à l’unité avec le FG était électoralement porteuse"

    Rappelons aussi qu'aucun sondage précèdant l'élection présidentielle en 2007 ne lui accordait plus de 5 % (en 2 et 5), que la moitié de ses 1,5 millions voix votaient pour la première fois pour lui. Quant à l l'influence des sondages sur le vote des délégués au congrés du NPA, c'est le confondre avec les partis d'élus que sont le PS et le PC.

    Je suis plutôt d'accord avec ceux qui constatent que les électorats respectifs de Besancenot et de Mélenchon ne se recoupent que partiellement et sont plutôt complémentaires. Pourquoi la diversité de la gauche de la gauche n'aurait-elle pas aussi une réalité électorale ?

    Beaucoup admettent ici une gauche de la gauche autour de 15 % dans les intentions de vote aujourd'hui. Mais par contre, ce n'est plus le cas pour leur "ventilation" entre OB et Jean-Luc Mélenchon, l'un serait surestimé à escient et l'autre de même. Mais personne n'aborde l'hypothèse de savoir qui éventuellement des deux resisterait le mieux au "vote utile" en faveur du candidat du PS en 2012. En 2007, OB, lui, s'en était le mieux sorti il me semble.
    En attendant 2012, il y a les révolutions dans le monde arabe et espèrons qu'elles bousculent beaucoup de certitudes et ouvrent de nouvelles perspectives pour tous les peuples. Notamment que les urnes ne changent pas le monde, seules les révolutions peuvent le faire.

  14. 114
    Jérôme dit:

    @ Meligh et Bélatar (105)

    Il me semble qu'il y a erreur sur la réalité sociale actuelle des "petits bourgeois" qui sont tout aussi touchés par les évolutions des organisations du travail [...] De plus, les petits bourgeois ne sont plus ce qu'ils étaient et nombre d'entre eux sont des diplômés précarisés.

    Je peux témoigner qu'en effet, les des "perdants" de cette société gonflent chaque jour. Moi-même issu d'un milieu ouvrier, j'ai été capable de me hisser grace aux études à un métier couru qui gagne beaucoup d'argent. Néanmoins je reste un employé d'une compagnie privée dont les marges ne cessent de se rétrécir. Quoi qu'en dise la presse, les salaires stagnent, les bonus diminuent. Je ne me plains pas, loin s'en faut, car je sais la chance que j'ai en comparaison de la population moyenne. Le constat est sans appel: la nasse est en train de se refermer à peu sur l'ensemble de la population.
    Et c'est ça le plus étonnant. L'objectif de mon témoignage est de montrer que cette nasse n'est pas seulement en train d'étouffer les plus pauvres. Vous discutez des "petits bourgeois". Vous pouvez en discuter autant que vous voulez. Vous pouvez même discuter des "gros bourgeois" ou des "petits gros bougeois". Notre ennemi n'est pas défini. Il est invisible et il menace TOUT ce qui existe, les ouvriers comme les traders, les pauvres comme les riches, les possédants comme les opprimés, les entreprises comme les instances de régulation. Je suis trader et pourtant je me retrouve dans le même camps que mes parents ouvriers.
    Tel est l'état du capitalisme aujourd'hui. La solution ne se trouve pas dans une lutte interne de classes. La situation catastophique dans laquelle nous sommes devient chaque jour de plus en plus inaccessible aux opinions politiques et donc à la volonté humaine. Observez bien les changements récent partout à travers le monde, leur "extrémitude" croissante est l'expression de ce phénomène.

  15. 115
    Jeanmi dit:

    Bonjour
    Nous sommes quelques uns à être inquiets des récupérations racistes de la Laïcité. Nous ne ne sommes pas dupes en année électorale de l'enjeu. Tous ces faux-nez de la xénophobie ne cherchent qu'à se dissimuler derrière cette magnifique invention qu'est la Laïcité.
    Nous pensons que tu es la voix la plus pertinante et indépendante des extrêmes pour porte les valeurs républicaines dont la Laïcité est le fleuron !

  16. 116
    jean ai marre dit:

    @ 100 Bélatar, @ 105 Meligh, @ 116 Jérome,
    Je ne partage pas votre anallyse globale. Comme dit l'autre ne nous trompons pas d'adversaire.
    Amon avis il faut séparer les Bourgeois (petits ou grands) et les classes moyennes. La lutte sociale y gagnera en clarté et la classe ouvrière pourra mieux se définir. Ce n'est pas parce que l'on possède son appart, son pavillon dans une résidence fortifiée que l'on doit être catalogué : Bourgeois !
    Les couches moyennes sont touchées par le système, les ingénieurs et professions libérales se replient sur eux même. Ils veulent se protéger du déclassement, le logement est le signe de réussite et le perdre leur fait prendre des attitudes ou des actions qui dérangent parce qu'incomprises par les ouvriers
    Pour les études de leurs enfants, ils veulent de la sécurité. Ils ne recherchent pas le diplôme mais le statut social.
    Aller dans une école privée, sortir d'un établissement renommé est fait dans un souci de protéger leur progéniture.
    Ils ne sont pas en opposition avec la classe politique de gauche.
    Les sondage CSA du débat JL Mélenchon / m. L Pen en témoigne:
    61 % de cadres et p. libérales pensent que Jean-Luc Mélenchon défend mieux la laïcité contre 21 % à l'autre.
    63 % "" " " " " " " le modèle social français contre 5 % à l'autre
    52 % " " ' " " " Jean-Luc Mélenchon est plus proche des gens contre 5 % à l'autre.

    Soyez gentils, ne stigmatisez pas les classes moyennes et surtout ne les assimilons pas à des Bourgeois.

  17. 117
    Meligh dit:

    @ jean ai marre
    Soyez gentils, ne stigmatisez pas les classes moyennes et surtout ne les assimilons pas à des Bourgeois.
    Je n'aime pas trop me flageller (pour autant que je puisse m'assimiler à une classe).
    Par contre on peut comprendre que face à ce replis sur soi même de la classe moyenne (bien exprimé), la classe ouvrière ait tendance à s'y opposer parce que son action et son existence est visible. Mais ceux deux ne sont pas opposées puisqu'elle ont le même objectif.

    Non le bourgeois d'hier c'est l'oligarque d'aujourd'hui.

  18. 118
    Jake dit:

    @ Meligh

    Désolé, je t'ai cité uniquement pour faire le lien à propos de ta discussion avec Bélatar

  19. 119
    didier dit:

    A.Chassaigne : « J'espère que le PS fera le choix, pour que ce soit toute la gauche qui l'emporte, d'un candidat très nettement attaché à la transformation sociale et pas à l'accompagnement du libéralisme. La victoire de la gauche dépendra surtout du contenu qui sera mis en avant. »
    JLM : « L’empêcher d’être candidat (DSK) est une volonté légitime politiquement pour qui veut obtenir un grand recentrage politique de la gauche sur sa position historique anti capitaliste et de lutte contre l’ordre établi »
    Le Front de gauche n'échappera pas à une (re)définition de l'objectif et du niveau d'ambition
    1 Proposer une solution crédible pour modifier la politique en profondeur : la révolution citoyenne
    2 Ou peser sur les choix internes de « l'astre mort » (un des_astres !). Le PS ne faisant pas partie du front de gauche.
    L'électeur, élément de base mais décideur au final, a besoin de savoir si le FdG se positionne comme un parti présidentiable.

  20. 120
    lambda dit:

    Chavez vient de soutenir Khadafi...cela va commencer à être difficile de défendre l'indéfendable !

    Le président du Venezuela Hugo Chavez, principal allié latino-américain de Tripoli, est sorti du silence qu'il observait depuis le début des manifestations en Libye pour apporter son soutien au colonel Kadhafi, confronté selon lui à "une guerre civile".

    "Vive la Libye et son indépendance! Kadhafi est confronté à une guerre civile", a déclaré jeudi soir Chavez sur son compte twitter.

    Le Venezuela et la Libye se sont fortement rapprochés ces dernières années, au point que Chavez avait déclaré lors d'une visite de Kadhafi dans son pays en 2009, qu'ils étaient "unis dans un même destin, dans la même bataille contre un ennemi commun", l'impérialisme américain.

  21. 121
    Descartes dit:

    @jean ai marre (#117)

    Les couches moyennes sont touchées par le système, les ingénieurs et professions libérales se replient sur eux même. Ils veulent se protéger du déclassement, le logement est le signe de réussite et le perdre leur fait prendre des attitudes ou des actions qui dérangent parce qu'incomprises par les ouvriers

    Pauvres petites classes moyennes... quand on voit tous ces ingénieurs, avocats, médecins "touchés par le système", on a envie de pleurer. Et en plus, ces salauds d'ouvriers qui ne veulent pas comprendre combien il est douloureux pour les classes moyennes de perdre les avantages dont eux mêmes ne bénéficient pas...

    Pour les études de leurs enfants, ils veulent de la sécurité. Ils ne recherchent pas le diplôme mais le statut social. Aller dans une école privée, sortir d'un établissement renommé est fait dans un souci de protéger leur progéniture.

    Ah... mais "protéger leur progéniture" de quoi, exactement ? Qui pourrait concurrencer leur "progéniture" à l'heure d'accéder aux postes qu'ils convoitent ? Les riches ? Non, bien sur, eux ils sont déjà bien au dessus de ça. Non, la concurrence que la "progéniture" des classes moyennes redoute... est celle des rejetons des couches populaires. Et c'est pourquoi, après avoir fait ce qu'il fallait pour détruire l'école publique, les classes moyennes bouclent la boucle en envoyant leurs enfants à l'école privée.

    Ils [les classes moyennes] ne sont pas en opposition avec la classe politique de gauche.

    Bien sur que non. Comment les classes moyennes pourraient elles être "en opposition avec la classe politique de gauche", puisque cette "classe politique" est elle même issue des classes moyennes ? C'est justement là que se trouve le problème: la "classe politique de gauche" est si amie avec les classes moyennes qu'elle ne fait que défendre leurs intérêts. Pas étonnant que l'électorat populaire aille voir ailleurs...

  22. 122
    caprimouss82 dit:

    @guillot 114
    "les urnes ne changent pas le monde, seules les révolutions peuvent le faire."

    Cette réflexion npatiste me consterne, en effet, si il faut attendre que la rue Française renverse l’establishment cela veut dire que l'on doit ce taper encore moultes années de destruction de notre république jusqu'à que nos concitoyens crèvent la dalle et perdent tout espoir de changement.
    J'ai 5 filles et je suis révolté de lire ton attentisme.
    Cordialement.
    Pascal

  23. 123
    Jéjé dit:

    @ Descartes (123)

    Pauvres petites classes moyennes... quand on voit tous ces ingénieurs, avocats, médecins "touchés par le système", on a envie de pleurer. Et en plus, ces salauds d'ouvriers qui ne veulent pas comprendre combien il est douloureux pour les classes moyennes de perdre les avantages dont eux mêmes ne bénéficient pas...

    Où va ce raisonnement? Faut-il comprendre que les érudits et les gens qui ont réussi dans la vie, légalement et souvent grâce aux études, ne doivent pas être défendus? Cela signifit-il qu'un "bon" programme est celui qui défend une seule "classe politique", cette de ses électeurs? Ainsi, il n'y aurait plus vraiment de république mais une concurrence à l'intérieur même de la nation entre les différentes classes. Le "bon" programme serait alors celui qui permettrait à une classe de surpasser les autres... Une telle position est-elle vraiment tenable?

  24. 124
    L'Argentin dit:

    En effet, j'ai beau soutenir le Front de gauche, si d'aventure Jean-Luc Mélenchon ne condamnait pas sans ambiguïtés la position de Chavez au regard de la révolution libyenne, ma partie de pèche commencerait dès le dimanche du premier tour… Et je gage qu'un journaliste interviewer se fera un plaisir de lui poser la question à la première occasion !

  25. 125
    Obelix dit:

    @ descartes 122
    Votre dernier paragraphe met le doigt en plein sur "le" problème. Encore un petit effort et on y est ! c'est en tout cas ce que je pense.
    cordialement...

  26. 126
    eric dit:

    @ meligh 105
    Qu'est-ce qu'un bourgeois en 2011? Le même qu'au 19°siècle non !
    Ben oui! Le gars nait dans une famille, y a d'la tune,on sait pas comment...bon bref y en a tellement du blé que le gars peut être nul et complètement crétin dans ses études, ne réussir à rien et pourtant n'être jamais dans la précarité; voilà ce qu'est pour moi la définition du bourgeois.
    Après la-dedans (je veut dire dans notre société) s'ajoutent les parvenus, les débrouillards, ceux que l'on appellent les nouveau riches (enfin à une époque) je les considéreraient comme petit bourgeois (ceux là sont dangereux!)
    Et viennent la classe moyenne dont la majorité est issu du monde ouvrier et n'en déplaise au coupeur de cheveux en quatre, c'est grâce à notre république que les gens ont pu se hisser à une connaissance et des acquis de mise en oeuvre, reconnaissable par un salaire à bonne valeur ajoutée.
    Le fait est que cette génération de ce que j'appelle classe moyenne est formatée par le système de la méritocratie, alors cela peut être reconnaissable car je ne supporte pas que l'on dise que ce que vous appelez classe ouvrière qu'il était fatal que tu finisses à l'usine parce que ton père...Bla...Bla...Bla. Je ne nie pas les contextes défavorables mais franchement on pouvait s'en sortir.

  27. 127
    argeles39 dit:

    @ Descartes (#123)
    Et c'est pourquoi, après avoir fait ce qu'il fallait pour détruire l'école publique, les classes moyennes bouclent la boucle en envoyant leurs enfants à l'école privée.

    C'est un instinct grégaire car pour la classe moyenne (1) l'école, les réseaux sociaux et professionnels, sont les seuls moyens pour que "les enfants ne soient pas déclassés"; contrairement à la bourgeoisie dont la descendance aura à priori des revenus confortables et pérennes, quoi qu'il arrive.
    Cette classe moyenne (parfois "moyenne en tout"), est majoritaire au sens de la définition du CREDOC, c'est à mon sens une vraie difficulté pour la gauche radicale car cette classe moyenne n'est à priori pas attirée par un modèle de société tel que celui prôné par la gauche radicale, justement par peur du "déclassement" si on change les règles du jeu (ils aiment DSK ou Cohen Bendit, ils ne veulent pas le changement), et d'un autre côté en essayant de séduire ces classes moyennes la gauche radicale risquerait de "s’écarter" des classes populaires, au risque d'incrémenter d'avantage les scores du FN.
    Si je peux me permettre un humble avis, c’est probablement une des difficultés de synthèse qu’il faudra surmonter au moment de rédiger le programme officiel du FdG.

    (1) Tu nous avais donné en son temps ta définition des classes moyennes, de mémoire tu ne faisais pas référence à un niveau de revenus, mais plutôt à un niveau socioculturel. L'étude du CREDOC quant à elle introduit cette notion de revenus et fait un distinguo au sein de la classe moyenne (supérieure et inférieure), ça me parait pertinent comme approche.
    http://www.insee.fr/fr/insee-statistique-publique/.../pdf/bigot_presentation.ppt

  28. 128
    Rachel dit:

    @lambda : je suis allée sur le compte twitter de Chavez, et je n'ai pas vu ce message. Par ailleurs, en quoi ces phrases correspondent-elles à un soutien de Kadhafi ? Comme par hasard, cette "information" arrive, comme par hasard, quelques jours après la rumeur absurde selon laquelle Kadhafi aurait fui au Vénézuela... Bref, je me méfie.

  29. 129
    Hold-up dit:

    106 -Paul dit:

    "Vous ne trouvez pas que le soutien affiché de Chavez à Kadhafi en dit long sur la révolution citoyenne au Venezuela?"

    D'abord pour commencer il faut rappeler que c'est Nicolas Sarkozy, l'UMP qui ont soutenu le dictateur Kadhafi et aussi les gouvernements européens dans leur grande majorité. Après méfions-nous de la propagande qui s'en donne à cœur joie. Je ne sais donc pas si c'est vrai et si cela l'était, H.Chavez ferait alors une mauvaise analyse politique. Confondre la libération des peuples sous le joug des gardes-chiourmes de l'Europe et de " Frontex ", corrompus jusqu'à l'os, c'est se planter complètement. Il serait étonnant qu'autour de H.Chavez, personne n'ait une autre grille de lecture parallèle à celle de "l'Impérialisme US". Même si celle-ci est juste et vraie, elle ne doit pas être la seule. Ne confondons pas un président 15 fois élu et réélu par le peuple Vénézuélien avec le satrape de la Libye allié de l'Occident dans le parcage humain. C'est l'Europe, Sarkozy et consort qui ont soutenu à bout de bras Kadhafi, et c'est trop facile d'accabler maintenant H.Chavez. Si c'est vrai, la peur doit égarer ce dernier. Il doit craindre que son pays riche en pétrole soit envahi par les USA. Au delà, cela ne jette en rien le discrédit sur le mouvement citoyen au Venezuela qui vient des profondeurs du pays. Résumer la révolution bolivarienne à H.Chavez ce serait tout autant se tromper. Il est pratique pour ceux en Europe qui ont soutenu le dictateur Libyen de se décharger sur H.Chavez. Encore un « diable de confort » pour l'élite qui nie sa responsabilité dans les massacres à Tripoli et ailleurs. C'est Sarkozy et le gouvernement Fillon qui ont vendu à Kadhafi les armes du crime de masse. Personne d'autre.

  30. 130
    jean ai marre dit:

    @ 122 Descartes fait du Descartes.
    Quelles inepties ! Dire que les classes moyennes sont touchées par le système, n'enlève en rien aux attaques que subissent tous les citoyens de ce pays.
    C'est quoi cette façon d'opposer les classes sociaux-professionnelles entre elles ? C'est faire le jeu de qui ? Pourquoi ?
    C'est en ne voulant pas voir la réalité que l'on endort les gens.
    Le sondage CSA du débat JL Mélenchon / M. L Pen est la photographie de la société française actuelle.
    L'électorat populaire (ouvriers) fait confiance à JLMélenchon à 34 % contre 18 % à l'autre pour défendre la laïcité.
    à 38 % contre 20 % pour être plus proche des gens,
    à 24 % contre 26 % sur les propositions contre l'insécurité.
    Dire que l'électorat populaire sur ces sujets va voir ailleurs est faux. C'est le colportage des Descartes qui fait voir ailleurs. Tendancieux, pour le profit de qui ?
    Dire que l'école publique a été détruite par les classes moyennes, c'est se mettre le bonnet d'âne sur la tête.
    C'est la Bourgeoisie qui a détruit l'école, et continue le travail de massacre en supprimant les moyens,en baissant les salaires, en surchargeant les classes, en étant laxiste sur la sécurité de nos enfants.
    Ca notre philousophe l'a zappé.
    Quel gâchis ce Descartes, même pas capable de voir d'où viennent les révoltes Egyptiennes, Tunisiennes, Libyennes, et demain du Yémen.

  31. 131
    Descartes dit:

    @Jéjé (#124)

    Faut-il comprendre que les érudits et les gens qui ont réussi dans la vie, légalement et souvent grâce aux études, ne doivent pas être défendus ?

    Bien sur que non: ceux qui ont réussi grâce à leurs mérites et leurs efforts méritent d'être défendus. Mais lorsque ceux-ci prétendent transmettre à leurs enfants - même lorsqu'ils n'ont aucun "mérite" particulier - leur position sociale à grands coups d'écoles privés, là je suis moins enthousiaste. Et c'est précisement à cela que faisait référence Jean-ai-Marre dans le commentaire auquel je répondais.

    Il n'y a rien à faire: dans une économie à forte croissance (comme celle des "trente glorieuses") on peut avoir de la promotion sociale pour tous. Mais dans une économie à la croissance normale (et ce sera pire avec la décroissance...) pour que les fils d'ouvrier puissent devenir médecin ou ingénieur, il faut bien que les ingénieurs et les médecins acceptent la possibilité que leur fils puisse devenir ouvrier. Un ascenseur qui ne fait que monter se trouve vite bloqué.

    Cela signifit-il qu'un "bon" programme est celui qui défend une seule "classe politique", cette de ses électeurs ?

    Pas forcément. Mais il est difficile de monter un "bon" programme lorsqu'on défend deux classes dont les intérêts sont contradictoires.

    @argeles39 (#127)

    Tu nous avais donné en son temps ta définition des classes moyennes, de mémoire tu ne faisais pas référence à un niveau de revenus, mais plutôt à un niveau socioculturel

    Ni l'un, ni l'autre. Ma définition était plutôt fondée sur leur position dans le mode de production: ce sont les couches dont le capital (matériel et immatériel) est suffisant pour leur éviter d'être exploités, mais insuffisant pour exploiter directement les autres.

  32. 132
    HYBRYS dit:

    Guillot 114
    « Quant à l'l'influence des sondages sur le vote des délégués au congrés du NPA, c'est le confondre avec les partis d'élus que sont le PS et le PC. »

    C’est l’intention des sondeurs et du journal que je vise ici. Pour autant les militants NPA ne sont pas de purs esprits. Leur indiquer qu’une ligne politique rencontre potentiellement un certain consensus électoral et donc un écho populaire, peut motiver disons « les moins raides d’entre eux » pour ne froisser personne.

    Je partage également l’idée du recoupement imparfait des deux électorats. A contrario, une partie est commune. Ce que je conteste par contre c’est l’idée sous-jacente qui consisterait à dire qu’il vaut mieux présenter deux candidats pour faire le plein des voix. Au contraire l’unité créerait une dynamique qui bonifierait le score d’ensemble et qui surtout permettrait de peser sur les choix politiques des autres camps.

    Dans le processus de désunion de 2007, la LCR qui y avait pris toute sa part, avait nettement mieux géré son image que le PC par exemple qui par ailleurs n’était pas non plus exempt de tout reproche pour employer une litote. OB, son porte-parole charismatique, bon orateur, surclassait médiatiquement les autres candidats du champ de la radicalité. Mais au bout du compte, la division ne profite à personne et son score pour être meilleur que celui des autres n’a pas été non plus été extraordinaire.

    Quant au « vote utile », en faveur du PS, je n’en ferais pas pour ma part le critère de sélection d’un très virtuel candidat commun. La souffrance sociale s’est approfondie. L’unité de candidature sur un programme de profondes et concrètes transformations sociales et économiques, transcenderait tout ça.

    Dans la France de 2011,si par révolution on entend la mise en oeuvre des profondes transformations que je viens d'évoquer; je ne conçois même pas que les urnes puissent y être étrangères.

  33. 133
    yanhel dit:

    @125 L'Argentin, ça s'arrête donc-là votre engagement pour nous rassembler et sortir de l'impasse libérale? "Hombre de poca fé !"

  34. 134
    Née un 19-Août dit:

    Mais de quels bourgeois on parle ? Pour moi, c'est une classification obsolète. Je propose plutôt ce que l'écrivain Majid Rahnema a décrit : les pauvres sont ceux qui n'ont que leur travail comme source de revenus. Les autres sont les riches : des rentiers dont les revenus sont issus du travail des autres ou d'un patrimoine pour lequel ils n'ont pas eu besoin de travailler.
    Cette perspective donne un éclairage différent sur la situation actuelle de la société. Bcp de gens diplômés (suite à leurs efforts d'étudiants et/ou de formation professionnelle) - et j'en suis - sont précarisés, au chômage. Mes parents ouvriers m'ont poussée à faire des études car tout valait mieux que l'usine. Il est vrai que maintenant je ne pourrais pas tenir à mes enfants le même discours que mes parents.
    Combien d'employés de bureau, de professeurs, d'infirmières, d'OS, d'ingénieurs, de techniciens, de pilotes de ligne (pour ne citer que des professions salariés et diplomés, mais ça s'applique aux autres aussi) n'ont jamais connu le chomage, la précarité, les difficultés financières ? Ceux qui sont proprio de leur logement habitent souvent encore chez le banquier (= ils remboursent), on ne leur fait pas cadeau de leur logement.
    Je suis du côté des pauvres, car je suis pauvre, je n'ai que mon travail pour vivre. Ce que j'ai, c'est grâce à mon travail, mes efforts, mes compétences, que je le dois. A rien d'autre. Ne vous trompez pas de cible : le vrai ennemi, c'est le grand capital et la finance internationale, l'oligarchie au pouvoir, qui veulent laminer les classes moyennes car elle sait que c'est dans ce vivier que se trouvent ceux (entre autres) qui pourraient les renverser et les remplacer. Dresser les classes moyennes et populaires les unes contre les autres, c'est une tactique du capitalisme pour étouffer l'élan démocratique. N'oublions pas que les pauvres sont infiniment plus nombreux que les riches. Restons tous unis et on pourra les virer !

  35. 135
    Jérôme dit:

    @ Née un 19 août (135)

    Ne vous trompez pas de cible : le vrai ennemi, c'est le grand capital et la finance internationale, l'oligarchie au pouvoir, qui veulent laminer les classes moyennes car elle sait que c'est dans ce vivier que se trouvent ceux (entre autres) qui pourraient les renverser et les remplacer.

    Jusqu'à cette phrase j'était complètement d'accord. Moi même, je suis issu des classes populaires (2 parents ouvriers) et je suis parvenu à me hisser à un niveau de compétence qui me permet de gagner de l'argent. Je travaille pour ce que tu nommes le "grand capital", puisque je suis trader dans une très grande banque à Londres. Mais vois-tu, je ne suis l'ennemi de personne ici, puisque je suis communiste et vais voter Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que cela commence à brouiller tes pistes?
    J'ai une deuxième question. Il faudrait, si tu ne l'as pas encore fait, lire le rapport publié par Citi en 2005, dont Micheal Moore parle dans son film "Capitalism, a love story". Ce rapport extrêmement instructif portait sur les "plutonomies" ces économies occidentales pour la plupart, d'où la classe moyenne avait disparu et dont les revenus étaient largement captés par une minorité d'oligarches (typiquement 0,01% de la population). On s'imagine de quel pays il s'agit: les USA, la Grande Bretagne mais aussi l'Irlande, l'Islande, un peu la France et d'autres pays. Or le rapport démontrait comment le capitalisme contemporain n'était plus un capitalisme de rentiers, mais un capitalisme de travailleurs riches. C'est-à-dire que l'oligarchie de ces pays puise non plus ses revenus dans la rente (actions, bourse, investissements etc.) mais bien dans le travail salarié. C'est une grande différence avec le capitalisme du 19ème siècle. Comment, avec ta définition des riches et pauvres, vas-tu venir à bout de ce paradoxe?

  36. 136
    Hold-up dit:

    136 - Jérôme

    Un trader communiste ? Pourquoi pas. Il y a bien eu un milliardaire "rouge". Bon, mais ceci dit, nous sommes ici sur le blog de J.Mélenchon du Parti de Gauche et pas sur celui du PCF. Chacun son aire de combat. Si nous pouvions nous rassembler sur la base idéologique du " Socialisme Démocratique " on accélèrerait considérablement l'Histoire. J.L Mélenchon a proposé de redéfinir les choses entre (Grand) Précariat d'un côté et oligarchie (Off shore) de l'autre. Il est clair que la tendance de fond, aux USA en premier lieu, mais aussi ailleurs en Europe, puisque c'est la substance même du néolibéralisme, c'est la destruction de la classe moyenne et la tiers-mondialisation des populations. Il n'y a cas lire pour donner encore plus de consistance à l'hypothèse cet article paru sur " médiapart " : " Comment une automatisation inexorable tuera l'emploi. Que devraient faire les Etats?", qui montre bien que l'automatisation de la société broie impitoyablement ses cadres et la classe intermédiaire. http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-paul-baquiast/060211/comment-une-automatisation-inexorable-tuera-lemploi-que-devraien

  37. 137
    Jean-François dit:

    De la Bolivie à la Chine en passant par l'ex-Yougoslavie et bien d'autres pays, les exemples abondent de tentatives occidentales pour aider ou provoquer des sécessions, surtout si une zone est riche en pétrole, en gaz ou en autres minerais. Les préparatifs de l'OTAN en ce sens ne peuvent pas être ignorés.
    Que Chavez ou Castro ou d'autres politiciens latino-américains en soient plus rapidement conscients que l'Européen moyen ne peut surprendre.
    Cela n'a rien à voir avec un soutien total à Kadhafi, contriarement à ce que notre "bonne presse" voudrait nous faire croire.

  38. 138
    Descartes dit:

    @jean ai marre (#131)

    C'est en ne voulant pas voir la réalité que l'on endort les gens.

    C'est tout à fait vrai... et tu nous fait la démonstration:

    Le sondage CSA du débat JL Mélenchon / M. L Pen est la photographie de la société française actuelle.

    Ah bon ? Si je comprends bien, quand le sondages nous déplaisent ce sont des manipulations éhontés, et quand leurs conclusions nous arrangent ils sont "la photographie de la société française actuelle" ? Mais bon, admettons que ce sondage soit significatif. Cela vaut la peine de le regarder avec attention (ici). Pour chaque question, c'est chez les ouvriers qu'on trouve les plus forts scores pour MLP, et c'est chez les "cadres et professions libérales" qu'on trouve le plus fort score pour Jean-Luc Mélenchon. C'est presque caricatural pour la question "défend le mieux le modèle social français": chez les ouvriers, c'est 33% pour Jean-Luc Mélenchon contre 20% pour MLP, alors que chez les cadres et professions libérales c'est 63% contre 5%. En d'autres termes, des différentes catégories évoquées ce sont les ouvriers que semblent les plus méfiants envers Jean-Luc Mélenchon alors que ce sont les cadres et professions libérales qui lui sont les plus favorables. A minima, cela devrait t'interpeller. Mais bon, quand on ne veut pas voir les problèmes...

    Dire que l'école publique a été détruite par les classes moyennes, c'est se mettre le bonnet d'âne sur la tête.

    Oui, t'as raison. Mai 1968 n'a jamais eu lieu. L'école dénoncée comme "structure répressive de l'Etat", ça n'a jamais existé. Ivan Illitch connais pas.

  39. 139
    Née un 19-Août dit:

    @ Jerome #136 :
    < em>"Je travaille pour ce que tu nommes le "grand capital", puisque je suis trader dans une très grande banque à Londres. (...) je ne suis l'ennemi de personne ici, puisque je suis communiste et vais voter Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que cela commence à brouiller tes pistes?"

    -Non, mes pistes ne sont pas brouillées. Chacun voit midi à sa porte dans son choix de carrière et d'opinion politique, je n'ai pas à interférer.
    Quand je dis qu'il ne faut pas se tromper d'ennemis, je parle au niveau collectif, en tant que groupe envers un autre. On appelle ça aussi la lutte des classes. Quand j'affirme que l'ennemi du travailleur, i.e. le grand capital/l'oligarchie/la finance internationale, représenté par l'actionnairiat, c'est que l'actionnariat capte environ 10% de la richesse produite par le salariat (dont tu fais partie) et qui donc échappe au salarié qui produit. Cette part disparaît le plus souvent via des paradis fiscaux et donc échappe aux finances publiques, d'où un manque de recettes qui entraîne fatalement des dettes pour les Etats... lesquels sont obligés, par un system mis en place par cette même finance internationale, d'emprunter sur les marchés de capitaux. La boucle est bouclée, le system financier s'auto-alimente - sur notre travail et notre dos.
    Warren Buffett disait lui-même que la lutte des classes existait bel et bien, et que c'était sa classe qui l'emportait... Désolée, mais les actionnaires ne sont pas des travailleurs riches. Ce sont des rentiers et seulement ça. Lesquels puisent non pas dans le travail salarié en tant que tel mais ce que ce travail produit. Grosse différence.
    Oui, j'ai vu le film de Michael Moore que tu cites. Il me renforce dans le fait que notre ennemi de classe reste bien la finance internationale. La contrainte actionnariale en est un bon exemple.
    Un rapport de CITI, un organisme financier ? Je suis méfiante. Ce serait comme demander à Aréva un rapport sur l'innocuité du nucléaire...

  40. 140
    Jean Louis CHARPAL dit:

    Personnellement je ne considère pas le métier de trader comme un métier digne de ce nom. Faire de l'argent avec de l'argent, spéculer y compris sur des matières premières, n'est pas acceptable. Je connais bien des gens autour de moi qui ont fait des études supérieurs pointues et qui mettent un point d'honneur à travailler dans le monde de l'entreprise, dans l'économie réelle et non virtuelle. Je suis partisan de la suppression pure et simple des marchés dérivés.
    Il est faux de prétendre qu'on ne peut rien faire contre ce système comme s'il était tombé du ciel et s'imposait à nous.Il a été fait par des hommes depuis 35 ans. Ce que des hommes ont fait d'autres peuvent le défaire.
    De nombreux économistes ont à la disposition des citoyens, à qui il incombe et à eux seuls de dire dans quel monde ils veulent vivre, toutes sortes de solutions pour sortir de la dictature des marchés.
    C'est une question de temps et de volonté politique, mais un système aussi totalitaire, injuste et absurde ne peut que mordre un jour la poussière car il porte en lui les germes de sa propre décadence.

  41. 141
    citoyenne21 dit:

    Qui a promu Sarko président de la République ? davantage la classe dite moyenne (médecin, avocat...) ou les ouvriers ? et d'ailleurs les avocats et médecins, c'est plutôt la classe des nantis, non ! après il faut faire la différence entre le petit médecin de campagne complètement investi dans son rôle de bienfaiteur de l'humanité et l'autre, celui qui ne pense qu'à faire fructifier son chiffre d'affaire...
    La plupart des médecins ont voté Sarko, mon propre médecin le reconnait mais comme il est déçu, à mon avis en 2012, il votera DSK (ou son équivalent) car dès que je lui parle de l'alternative Mélenchon, il fait la moue ! Jean-Luc hélas pour ces gens-là représentent un danger, ils ont peur qu'il leur prenne leurs économies !
    Les gens qui ont du fric de côté et une bonne situation sociale revoteront Sarko ou DSK, voilà la réalité ! franchement quel intérêt auraient ces gens à vouloir que les fils d'ouvriers aient les mêmes chances de réussite sociale que leurs enfants ? il a raison Descartes ! moi ce qui m'horripile c'est le jugement négatif porté par la classe moyenne sur la classe ouvrière, le mépris et le raccourci "t'es ouvrier donc t'es un con" alors que c'est faux ! Beaucoup d'ouvriers si ils avaient la chance d'accéder aux études prouveraient que naître pauvre ce n'est pas naitre avec un cerveau plus petits que ceux des bourgeois !
    De toute façon l'être humain est ainsi fait que dès qu'il réussit un peu trop, il change ! Mon médecin dit qu'il a réussit à s'élever tout seul, issu d'une famille modeste, certes mais maintenant qu'il est passé de l'autre côté, il vote Sarko ! Les nouveaux riches sont encore pire ! car ils renient leurs origines après coup ! Ils ont honte d'où ils viennent vu que leur statut social nouveau leur fait fréquenter des gens de leur niveau et donc attendre de la solidarité de la classe moyenne est illusoire !

  42. 142
    jay dit:

    Face à la déferlante des commentaires, il est très difficile pour le citoyen ordinaire, bien qu'engagé sous la bannière du Fdg, (et du PG) de publier ici une opinion claire. J'ai noté dans l'intervention de Jean-Luc Mélenchon 2 ou 3 points très intéressants :
    - l'irruption de la Chine : "le changement de la hiérarchie du monde est imminent" et ce qui va en résulter. Comment libérer l'Europe de la B.C.E ?
    - "DSK", c'est l'ordre établi. Et s'il est candidat et s'il passe le premier tour, je propose que le candidat de l'autre gauche, laisse aux électeurs le choix de voter, de s'abstenir ou de voter blanc (malgré toute l'hostilité que j'éprouve personnellement pour un nouveau mandat de Sarko).
    - Sur la prestation d'Aphatie, C'est la négation même du journaliste esclave d'un pouvoir économique. Il devrait se présenter à la présidentielle, ce serait plus clair.

  43. 143
    Michèle dit:

    @Descartes
    Le dispositif Forum offre l'ouverture au débat et à Marseille ce sont les témoignages qui ont pris le pas en tant qu'étape vers le débat sans doute par besoin de dire la souffrance au travail et la lutte, sans doute par besoin de s'identifier d'abord pour prétendre s'entendre et donc s'écouter quelle que soit l'appartenance partisane dans la perspective du programme partagé. La disqualification en termes de "je raconte ma vie" est injuste. La mise en commun qui donne lieu à la confrontation est conditionnée par la capacité et la possibilité de subjectiver quelle que soit la forme que cela prend. Ce n'est pas de la thérapie mais plutôt une prise de parole inaugurale, état des lieux, passage obligé pour être sujet d'un œuvre commune.

  44. 144
    renault sophie dit:

    En sarcosie le travail=torture a pris un nouvel essor et le travail-tout-court est has been !
    Nous avons à programmer politiquement le concept de : activités-tout-au-long-de-la-vie comme la formation...

  45. 145
    marj dit:

    @Jean François

    Surtout que Chavez a bien conscience que certains lorgnent activement sur le Vénézuela et son pétrole !
    Les grenouillages de la CIA, les tentatives de coup d'état et de manipulations des masses, les pays d'Amérique Latine connaissent ça trés bien. Sans compter les attentats et tentatives d'assassinat dont Castro par ex a été la cible.
    Quant aux pays du proche et moyen-Orient, du Maghreb et d'Afrique, ils ne sont pas en reste :
    http://www.horizons-et-debats.ch/0701/20070112_12.htm

  46. 146
    Nicolas 70 dit:

    @ 144 Michèle : vous êtes bien naïve Michèle. N'importe qui qui a un peu d'expérience politique et syndicale sait que les forums, congrès et autres n'ont que peu d'influence sur le programme porté par une organisation. Ces temps servent à ce que certains soulagent leur égo et à d'autres d'exprimer leur ressenti, ce qui est très important vu nos conditions de travail actuelles.

    Pour ma part, lorsque je veux faire passer une idée ou que je suis en désaccord avec une orientation, c'est entre quatre yeux. Je ne me fais pas passer pour un rebel, mais pour un militant responsable.

  47. 147
    THEDON Yolande dit:

    Bonjour,
    je viens de prendre connaissance de situations catastrophiques qui ont semblé t'émouvoir, beaucoup, moi aussi.
    Pour autant, cela fait des mois et des mois que j'attire ton attention, en vain, sur le sort d'un fonctionnaire territorial titulaire dans la tourmente depuis plus de 5 ans, sans salaire depuis août 2008, assujetti au RMI/RSA, évincé de tout poste de travail de par la volonté féroce du Centre de Gestion avec la complicité d'un maire "tyran" et dictateur, quasi analphabète membre du P.S. local. Les agissements malveillants de la secrétaire de mairie qui a rendu des services sont terribles à son encontre !
    J'ai attiré ton attention car il suffit d'aller sur des forums d'agent territoriaux catégorie C en déserrance et sans espoir pour voir à quel point cette catégorie de personnel souvent sans aucune qualification est malmenée ! Le licenciement n'existe pratiquement pas dans la F.P.T. alors ils sont humiliés et jetés dans une mesure "inique" "La mise en disponibilité d'office pour maladie". Mesure légale mais dont l'objet et allègrement et majoritairement détourné au profit d'intérêts partisans et immoraux !
    Combien de temps encore cela va-t-il durer ?
    Tout le temps que tu ne viendras pas sur place dans ta circonscription européenne voir ! Pourquoi toujours aller chercher très loin trop ce que l'on pourrait avoir sous les yeux. Ces petits fonctionnaires sont autant d'électeurs potentiels il suffirait d'aller vers eux dans le monde rural !
    Merci

  48. 148
    Valès Maurice dit:

    Il y en a sur ce blog qui comparent Chavez (dans leur raisonnement) au dictateur Khadafi et se promettent un 2ème tour d'élection en 2012 à la pêche à cause de cela. Si Monsieur Mélenchon Jean-Luc a un argument pour répondre à cela je me fais l'intermédiaire ! Moi, je n'en ai pas car je sais déjà que l'Amérique et l'Afrique ont des histoires différentes et qu'on a vite mis dans le même sac 2 (sois-disant chef d'état, dont l'un ne convient pas à ce statut de dictateur, car il est sois-disant de gauche) l'autre Khadafi, je ne pense pas qu'il soit de gauche "car il n'agit pas comme tel".). Comparons ce qui n'est pas comparable !

  49. 149
    yanhel dit:

    Chavez: il ne faut pas lire ce que l'on en dit (souvent archi faux, à propos de Chavez et du Vénezuela le mensonge et la désinformation sont aussi grands que sous Allende ou la république espagnole). Il faut vraiment l'écouter.
    voici quelques vidéos sous titrées en français qui vont vous permettre de capter l'homme et sa pensée, indépendamment de l'image phantasmée que l'on fabrique dans les laboratoires de la propagande mondialisée.

  50. 150
    Descartes dit:

    @Michèle (#144)

    Ce n'est pas de la thérapie mais plutôt une prise de parole inaugurale

    Michèle, Michèle... relis toi, s'il te plait. C'est toi même qui parle du "besoin de dire la souffrance", du "besoin de s'identifier", de la "possibilité de subjectiver"... à ton avis, ces expressions relèvent de quel registre, de celui de la psychologie clinique, ou de celui des sciences politiques ?

    La pratique montre qu'on ne pense pas à 500, et qu'on ne pense pas sans texte. Aucune réflexion sérieuse ne peut sortir d'une succession de prises de parole sans ordre et sans hiérarchie. Ce genre de "forum" n'est que le cache-sexe d'un processus souterrain qui, dans un avenir pas très lointain, nous sortira un "programme partagé" tout rédigé du chapeau. Et où les rédacteurs soutiendront sans vergogne que le programme en question a été "élaboré avec le peuple" puisque le peuple a pu en discuter dans le "forum". Ce coup, on nous l'a fait tellement souvent, qu'il est étonnant qu'il y ait encore des gens pour y croire...

    Je dois ici admettre qu'en proposant plus d'une centaine de fiches au débat, le PG avait fait un louable effort pour fournir du "texte". Le problème, c'est que ce texte n'est pas assez organisé (c'est à dire hiérarchisé) et ne contient aucun élément de faisabilité, ce qui rend difficile un véritable débat et limite les échanges à un ajout de mesures aux mesures sans aucune réflexion sur la faisabilité, ce qui conduit tout droit à un "programme" qui ne serait qu'un catalogue. D'ailleurs, cette volonté "textuelle" n'a pas duré: les "forums" ne reprennent guère la structure de la proposition et les participants l'évoquent à peine... quant au PCF, il est revenu depuis bien longtemps à une culture orale.

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