Décontaminons L’Afghanistan à Sciences Po!
fév 10 01
Elections régionales en Languedoc Rousillon

La drôle d’affaire Frèche

J’ étais au meeting de Montpellier organisé par notre liste d’union de l’autre gauche! Grosse affaire ! La presse annonce 3000 participants, les organisateurs 3500. De toute façon c’est le plus grand meeting jamais réalisé pour une élection régionale dans ce quartier de France. 290120102689La veille et le jour même nous étions saturés d’informations à propos de la grande manœuvre de la rue de Solferino contre Frèche.  Il aura fallu passer la journée à répondre à une apparence de situation, « le PS sauve son âme plutôt qu’une région », alors même que nous en connaissions tous le dessous des cartes, lequel n’a rien à voir avec les versions officielles rabâchées jusqu'à la nausée comme d’habitude. Qu’il s’agisse des apparences, ou des coups tordus de cette partie, tout est absurde! Et cela suffit à signaler un grand non dit. Je vais donner mon avis. Pour le reste, ne   boudons pas notre satisfaction cependant. Cette histoire avec Frèche est pain béni (ça c’est catholique), pour notre liste d’union de toute l’autre gauche «à gauche maintenant», en Languedoc Roussillon et notre premier de cordée sur place René Revol. Car Il faut bien voir le tableau tel qu’il se présente, vu de notre balcon qui n’est pas celui de l’agitation autour du sempiternel thème des abus de langage du Néron de Septimanie. Pour nous cette région est l’épicentre de la recomposition de la gauche, notre laboratoire, notre matière première à penser.

 LE LABORATOIRE

Nous y travaillons, sur cette carte du Languedoc Roussillon, depuis des semaines, des mois, et de bien des façons depuis des années. Jusque là nous avions bien avancé et réuni deux conditions essentielles au succès de notre stratégie. Voyez plutôt ! Union de toute l’autre gauche, accord préalable avec les Verts pour le deuxième tour. La scission du parti socialiste autour d’Hélène Mandroux ajoute un ingrédient décisif qui fait du secteur un cas d’école quasi chimiquement pur. En Languedoc-Roussillon la lutte pour arracher l’hégémonie à gauche à l’organisation traditionnelle de la social démocratie décomposée est bien avancée ! En vain m’objecte-t-on que le cas serait spécial du fait des frasques de Georges Frèche ! Erreur. D’abord parce que Frèche est bien moins atypique qu’il y parait dans le petit monde des potentats socialistes. Ce qui lui est reproché est de la petite bière par rapport aux flots des horreurs qu’il dit à haute voix et que les autres pensent tout bas.  Mais ensuite il faut savoir utiliser un cas particulier au nom de principes généraux ! Pour moi, une action politique qui se propose de faire bouger les lignes se nourrit exclusivement de cas spéciaux. Nulle part et jamais, les évènements novateurs n’avancent en ligne droite et sur mer calme. La nouveauté se nourrit des incidents et failles qui lui permettent de se propager dans le champ politique. Pour ce que j’ai à faire avec mes amis, c’est l’occasion qui fait le larron, vingt quatre heures sur vingt quatre, sept jours sur sept. Le tableau du Languedoc Roussillon, à gauche,  cristallise tout ce dont nous avons besoin pour atteindre notre but. Je le sais depuis le début. A la direction du Parti de gauche nous savons qu’il y a deux failles visibles dans le tableau politique que domine le Parti Socialiste : le Languedoc Roussillon et l’Auvergne. Sous ces deux failles un abondant gisement d’énergie bouillonne. Des éruptions ont commencé aux deux endroits. En Languedoc, le forage est bien avancé. Les outils sont en place.

L’EPICENTRE DE LA RECOMPOSITION DE LA GAUCHE

Quels outils ? D’une part l’union de toute l’autre gauche qui permet de proposer un projet qui ne soit pas immédiatement discréditée par l’éparpillement des forces qui le portent.. Deuxièmement nous avons un accord «préalable» avec les Verts pour le deuxième tour. Quoiqu’il arrive nous fusionnerons nos listes. Celui des deux qui sera arrivé en tête du premier tour mènera la liste alors fusionnée. Dès lors, le tandem que nous formerons peut dominer le second tour de l’élection. Revol ou Roumégas, unis peuvent battre Frèche puisque les deux blocs sont a quasi égalité dans les sondages. La compétition pour le nouveau leadership face au PS est donc en place. La dessus arrive l’affaire Frèche –Mandroux. En Languedoc, la scission du PS est certes un fait local. Mais les condiments qui l’ont provoqué ne le sont pas et la dynamique interne de cette scission lui donne une pente sur la gauche qui est exactement celle que nos cherchons à obtenir pour disloquer la domination social libérale dans le PS. Au cas particulier, c’est la cerise sur le gâteau dans notre dispositif local. La sortie de Mandroux et de ceux qui la suivront va affaiblir le camp Frèche au point de le faire passer derrière le total du bloc Revol-Roumegas. Si elle présente une liste socialiste, au deuxième tour elle s’intégrera dans notre dispositif. Sa liste fusionnera avec les nôtres. Cela augmentera nos chances de battre à la fois Frèche et la droite. Et si tout cela se fait la contagion est garantie en vue des prochaines élections locales. Cela fait sans doute beaucoup de «si». C’est vrai. Mais un chemin existe. Un chemin de crête certes. Mais il est là. Il est possible de faire jouer l’autre gauche dans la cour des grands qui peut participer a la formation d’une nouvelle majorité électorale de gauche ! C’est pourquoi j’ai dit que cette région est dorénavant l’épicentre de la recomposition de la gauche.

 UN ATOUT ESSENTIEL

J’entre dans le détail. D’abord l’union de toute l’autre gauche. L’épisode de l’absence personnelle d’Olivier Besancenot au meeting de Montpellier n’a rien changé à cette donne. Sur place la jonction est faite et rien ne l’ébranle désormais car elle a été préparée avec soin et formée sur des bases claires. L’oratrice qui a tenu le rôle d’Olivier Besancenot, Myriam Martin est une dirigeante du NPA qui n’a pas la réputation d’être une tendre à l’égard de l’union avec le Front de Gauche. Mais son discours fut parfaitement solidaire et de surcroit très efficace en argumentation sur le fond des programmes. Cette union de toute l’autre gauche c’était l’objectif général. Certes nous n’y sommes pas parvenus nationalement. Mais dans le Languedoc-Roussillon c’est dorénavant la réalité. Sa force propulsive lui vient également de la longue histoire qui, depuis le référendum de 2005, va de réunions monstres en meetings de masse ! Celui de Montpellier, ce 29 janvier n’a pas démenti la tradition. 3500 personnes ! C’est le plus important meeting jamais réuni pour une élection régionale ! Cette alliance est ancrée dans le paysage mieux que bien des coalitions électorales ordinaires dans la mesure où s’y impliquent des centaines de syndicalistes et associatifs de toutes sortes, en plus d’un grand nombre d’élus locaux.  Je le mentionne pour faire comprendre ce qu’est une force électorale de ce style qui va sa vie avec une légitimité qui est un trait mal connu des zones où nous sommes peu nombreux. Cette méconnaissance je la vois aussi là où « la société civile », comme en région parisienne, est extrêmement diluée et où l’action politique est assez largement déconnectée de ses assises sociales du fait de l’organisation du territoire, de l’éclatement des lieux de vie et de travail.

L’accord préalable avec les Verts

Comme on s’est gaussé de moi! Vous vous souvenez? Quand je me suis adressé aux Verts dans le débat avec Cohn Bendit, en parlant  sur ce thème à France Inter? Ma thèse de « l’accord préalable avec les Verts" avant le deuxième tour aurait même brouillé l’image du PG selon un gros titre psalmodiant  de l’«Huma dimanche » qui illustrait cette fine appréciation d’une photo de votre serviteur avec l’air piteux du gosse pris en faute ! Quelle intelligence des situations ! Je n’y reviens pas. Ce qui se passe en Languedoc est la démonstration concrète de ce que je veux dire et faire. Des intégristes, pourtant souvent fins observateurs, m’ont fait le reproche de préparer de cette façon une nouvelle centralité politique, celle des Verts, remplaçant celle du PS. La centralité des écologistes ? Nous en serions l’appoint ? Et de souligner que les Verts sont dans Europe Ecologie, Europe Ecologie est lié au centre et donc…. suivez mon regard ! Ha ! Ha ! Jamais un socialiste ne peut être guéri de sa pente vers la trahison ! Cette façon de voir méconnait absolument l’effet du mouvement dans la sphère politique. Supposons que cela se fasse comme on le raconte à cet instant. Qui ne voit pas ce que signifierait la fin du «vote utile», qui est aujourd’hui garanti au PS par le fait que tout le monde se dit qu’il est le parti qui sera présent au deuxième tour ? Ce serait un tremblement de terre à gauche. Le parti socialiste serait obligé de revoir de fond en comble son dispositif et surtout sa doctrine et son programme pour reconquérir sa place ! Je doute que cette révision le mène vers le centre et la droite ! Ce sera plutôt tout le contraire ! Premier avantage ! Deuxième avantage : il n’est pas vrai que l’arrivée des Verts en première ligne doit être marquée d’un signe égal avec celle du PS. Sur le plan des thèmes à l’ordre du jour et de la prise en compte de la crise écologique ce n’est pas vrai du tout ! On peut au contraire parler d’une bifurcation de l’espace idéologique de la gauche.  Nous l’avons engagé pour notre part. Non par calcul électoral mais parce qu’il est évident que le socialisme du nouveau siècle doit s’ancrer dans l’intérêt général humain tel que l’écologie politique le montre. Pour ma part j’estime que la bonne synthèse idéologique entre les traditions et les approches qui composent l’idéal de gauche  est celle que veut porter le Parti de Gauche avec son tryptique « Ecologie, Socialisme, République ». Je crois que nous serions mieux placés avec le Font de gauche pour porter la réorientation de la gauche. Et d’ailleurs nous y travaillons. Notre candidature à ce rôle est active. Pour autant nous ne sommes pas une secte avant gardiste. Nous nous appuyons sur toutes les situations et toutes les forces qui font avancer les idées et le mouvement du côté du but. Nous ne tirerons donc pas dans le dos des Verts parce que nous ne sommes pas d’accord sur un certains nombre affligeants de leurs choix. Au contraire en se montrant partenaires loyaux quoique intransigeant sur le fond des programmes nous gagnerons ces galons d’estime et de respect qui nous permettront de passer en tête des l’attelage dans l’esprit des électeurs de gauche.

Solferino se réveille

L’indignation de Solferino sent le prétexte. La phrase de Frèche date de décembre. Elle a été publiée à l’époque dans le « Midi Libre ». Pas de réaction du PS ni local ni national. Notre tête de liste René Revol a protesté à l’époque contre la phrase sur les ondes de « Radio France bleue». Pas de réaction du PS local ou national. Et le 23 janvier, à la suite d’un article dans «l’Express» : branle bas de combat des indignés de commande. Et toute la meute emboite le pas, sans réfléchir. Tant mieux pour nous ! Mais avant de donner le décryptage de cette magnifique indignation spontanée, commençons par dire tout ce qui devrait mettre la puce à l’oreille des observateurs un tant soit peu sérieux ! Quoi ! Quand ce sont les noirs de l’équipe de France, les arabes harkis, la dignité des élus insultés, un pasteur protestant comparé à un nazi que fait le PS ? Contraint et forcé il finit au bout de mois de parlotes par exclure le grand délirant.  Au bout de mois et de mois de lutte interne, sous forme de pétitions et motions proposée par mes amis de l’époque, car c’étaient les miens et aucuns autres des grands indignés du jour, Frèche est exclut. Le président de la commission des conflits qui l’annonce au premier secrétaire fédéral est aussi un de mes très proches amis, mon ancien conseiller spécial de la période où j’étais ministre, Bernard Pignerol. Il s’entend répliquer par le petit parrain local, le sieur Robert Navarro sénateur du département, « si tu remets les pieds chez nous on te casse les deux rotules ! » Que dit-on à ce ramassis de maffieux répugnant? Que leur dit-on, quand après avoir une fois de plus bourré les urnes ils mettent Georges Frèche à la tête de leur liste régionale ? Solferino « prend acte » ! Après que Frèche ai trouvé a son gout la réforme territoriale de Sarkozy ? Après qu’il ai approuvé la retraite à soixante deux ans ? Après qu’il ai dit qu’il y avait mille employés communaux de trop à la ville de Montpellier ? La Convention Nationale toute entière prend acte ! Mais quand il s’agit d’une attaque contre un dirigeant du PS, tout change ! C’est intolérable ! L’argument de l’antisémitisme, tirés par les cheveux dans ce cas précis, est censé faire taire tout le monde ! Ce qui a coincé la belle mécanique du renoncement c’est Hélène Mandroux. Rien d’autre.

 Un SURSAUT DE DIGNITE

Sur place, Frèche l’a condamnée à la mort politique elle et tous ceux qui l’approche. Elle est si grossièrement et si violemment mise en cause à toute occasion qu’elle n’accepte plus ! Elle est décidée à soutenir une ou plusieurs autres listes que celle dont la direction nationale « a pris acte ». C’est elle qui déclenche le tsunami par sa réaction de dignité personnelle, paramètre que personne ne croyait possible dans cette zone ! Pensez, même la presse locale, selon l’enquête de « l’express », est achetée ! Alors cette femme toute seule ! Elle se décide à franchir le pas et préviens Solferino. Là se trouve le grand organisateur des épisodes gouteux, Claude Bartelone. Depuis novembre, par un biez ou un autre, tout le monde a été approché pour savoir qui serait prêt à partir derrière un « socialiste normal » en Languedoc Roussillon. Sur le plan local il en va de même.  Ce n’est pas toujours très délicat. Ainsi les grands malins de Solférino, quand ils apprennent que la liste d’union de l’autre gauche sera conduite par un membre du PG se précipitent sur les communistes en espérant les voir prêts à craquer et à entrer dans leur jeu ! Peine perdue. Toutes  leurs offres buttent sur l’exaspération de tous devant ces manœuvres à dix bandes. Tout ceci s’est déroulé en décembre et début janvier alors même que la convention  des socialistes avait déjà avalisé la liste Frèche ! Comment pouvoir avoir confiance dans des interlocuteurs qui d’une main votent Frèche et de l’autre téléphonent pour fabriquer une coalition contre lui ? En fait, la publication dans « l’express » tombe au moment ou Mandroux est décidée à agir, sans s’occuper de l’avis de personne. Bartolone et les autres sautent sur l’occasion que donne le papier de « l’Express ». Ils vont essayer de se donner la main et de la garder pour éviter la débandade sur place. C’est de cette façon que Mandroux se trouve investie d’une mission de « rassemblement de la gauche » à laquelle personne n’avait songé jusque là, pas même elle. Le plan média est bien monté. Au passage Fabius est repeint en juif. Cela ne trouble personne alors même qu’il ne l’est pas. Ses parents l’étaient. Pas lui. Alors que signifie ce fait de lui attribuer la religion de ses parents ? Les accusateurs de Frèche me semblent aussi ethnicistes que lui dans cette circonstance ! En tous cas Frèche peut s’offrir une deuxième occasion de se moquer de tout ce petit monde en écrivant une lettre à Fabius ou il affirme que sa phrase n’a pas de signification religieuse alors même qu’en toute hypothèse Laurent Fabius, dirigeant socialiste athée n’est concerné par aucune religion dans cette histoire ! Frèche continue les provocations dans le « midi libre » quand il explique qu’il n’est pas antisémite parce que lui est le meilleur ami d’Israël au PS. Ainsi donc le refus de l’antisémitisme se prouve par l’amitié pour Israël ! Voila une définition qui serait catastrophique si elle était confirmée ! Et son renversement logique est tout aussi désastreux et inacceptable ! Le dégât ne s’arrête pas là

GROS MUSCLES ?

La décision de Solferino est une pure galéjade. Tout simplement parce qu’elle est inapplicable ! Si Hélène Mandroux est à la tête d’une liste elle ne peut l’être que par un organe compétent du PS. Le prochain bureau national du PS a-t-il mandat de la Convention pour le faire ? Comptez sur les membres du bureau national issu du Languedoc pour le rappeler ! S’il le fait, s’il investit Hélène Mandroux,  appliquera –t-il le reste du règlement en la matière ? Tout socialiste qui soutient une autre liste que celle autorisée par le Parti est exclu. Je ne le sais que trop ! Le PS va-t-il exclure les cinq fédérations et tous les élus qui soutiennent la liste de Frèche ? Non bien sur. Alors qu’est-ce que cette liste de « rassemblement de la gauche » que veut faire Martine Aubry sous la direction que n’a jamais demandé jusque là Hélène Mandroux ? Celle-ci avait prévu de donner son soutien à toutes les listes de gauche indépendante. Elle s’était exprimée à ce sujet dans la presse locale.  Elle aurait changé d’avis ? Pourquoi ? Nous avons réservé six places sur nos listes dans cette hypothèse. Pourquoi n’en est-il plus question nulle part ? Les écolos en ont fait autant en proposant deux places éligibles. Tout cela est bien connu des coulisses depuis des semaines. Le coup d’opportunité médiatique a paru balayer tout cela. Mais sur place personne n’a bronché. On a attendu que la vague passe. Mais il faudra bien revenir au sérieux. En Languedoc Roussillon les citoyens ont droit à une élection sérieuse, débarrassée des coups fumants et des coups tordus. Une élection où l’on puisse au moins de temps en temps confronter des programmes et des idées. Aussi longtemps que d’une façon ou d’une autre Frèche est personnellement visé ou mis en centralité, c’est sa victoire idéologique qui est consommée. Car ce n’est plus une élection mais un plébiscite.

160 commentaires à “La drôle d’affaire Frèche”

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  1. 1
    Mathieu, 64 dit:

    Faut-il en arriver à souhaiter des clones de Frèche dans toutes les régions pour que l’unité puisse se faire? Combien de crises, quelle quantité de souffrance, de misère, de mépris, de désaffection de la chose politique, faudra-t-il pour que les appareils regardent enfin par le bon bout de la lorgnette? L’unité est la seule issue.

  2. 2
    lemexicain dit:

    Merci pour cette mise au point ! Je me disais aussi que ça ne servait à rien de se focaliser sur l’absence de Besancenot, dont les médias se sont tant régalés avant le meeting : ça n’a pas empêché les gens de venir soutenir en masse la liste unitaire, et il semblerait que l’ampleur de ce succès ait fait oublier aux gratte-papiers l’info people qui avait retenu leur attention jusque là. Le plus « drôle », à supposer qu’il soit possible d’en rire, c’est cette mise en scène concernant la seconde info people du moment, celle qui fait les gros titres de la presse à scandale. Je ne sais pas si Fabius est vraiment athée (d’après sa bio sur Wikipedia il serait ou aurait été catholique) mais une chose est sûre, c’est que les journalistes et les vautours à leur suite se sont précipité sur le buzz sans la moindre précaution. Je crois avoir compris que Frêche ne mettait pas seulement en avant son amitié pour Israël, mais aussi plus largement son amitié pour la communauté juive (voir par exemple cette vidéo). Pour ma part je n’ai aucune sympathie pour le personnage, mais je pense sincèrement qu’on lui fait un mauvais procès sur cette affaire (voir par exemple cet article). En tout cas, ça confirme ce que je pensais : cette affaire témoigne d’une hypocrisie sans limite de la part du PS.

    Je me permets de renouveler mon appel à la prudence lorsqu’il est question dudit personnage, car je pense que certains points du discours du camarade Mélenchon (rapportés notamment dans cet article du Post) peuvent être mal interprétés, une fois sortis de leur contexte. Visiblement, des gens non avertis prennent cela comme une attaque bête et méchante à propos du physique du personnage…

  3. 3
    bastille dit:

    Tant pis mon commentaire concerne l’écrit précédent.

    Pulcherie 895 : sage principe que d’écarter verts et affairisme de la gestion du nucléaire. Oui à l’Etat mais démocratique.

    Annie 909 : tu as raison de rire de « l’insulte faite à l’Église catholique ukrainienne démontre que les propos de Madame Lacroix Riz sont empreints d’une hostilité contre une ethnie. » mais n’est-ce pas cet amalgame que pratiquent certains intervenants lorsqu’on ose critiquer certaines manifestations de soumission religieuse/idéologique ?

    Darthé-Payan : la sortie de l’UE m’apparaît de façon très naturelle : si, suivant la volonté majoritaire du peuple, on procède à la nationalisation du système bancaire et de crédit, au retour dans le giron de tout ce qui a vocation d’entrer dans les services publics : eau, énergie, transports, communications…avec tout ce qui est interdit par l’UE : subventionnement, péréquation tarifaire, monopole public, on aura franchit le rubicon et je suis prêt à parier qu’il y aura pour le moins menaces de la commission « européenne ».
    A ceux qui s’imaginent transformer le plomb et or, je les invite à lire le traité fondateur de Rome 1957 où, déjà, les fondations du grand marché à concurrence libre et non faussée étaient posées.
    Si acceptes la (modeste) contribution d’un citoyen, j’ajouterai que le nouvel Etat doit proclamer au monde sa volonté de paix et de coopération universelle et appuyer sa déclaration par le repli de toutes ses forces armées sur le sol national (pas de participation aux guerres (Afghanistan ou autre), ni d’opérations de « maintien de l’ordre » (Afrique mais aussi Kosovo ou Liban où nous n’avons pas à cautionner les partitions de pays pérennisées par « l’ordre international » ).

  4. 4
    Hold-up dit:

    biez : canal reliant un cours d’eau à une machine hydraulique.

  5. 5
    Annie dit:

    @bastille post 2 : j’avais juste tiqué sur la phrase débile en question (c’est quoi « l’ethnie » en question ? la slave ?) dans la lettre de l’honorable Askold S. Lozynskyj http://www.jean-luc-melenchon.fr/2010/01/decontaminons/all-comments/#comment-55810, mais en la relisant, il est évident que ce qui motive ce représentant de la communauté ukrainienne, c’est la défense de la vertu et de la réputation de l’Eglise catholique en Ukraine dans les années 1930 (ce qui me laisse à penser que Lacroix-Riz a fait mouche). Son ton exagérément outré et offensé est typique. La affamés de l’époque ne sont qu’un prétexte. Il demande à ce qu’un chef d’état s’exprime personnellement contre une historienne, dont la rigueur sur les archives est reconnue de tous, pour qu’elle soit disqualifiée parmi les historiens.
    Bien sûr il enrobe ça d’un ton douçoureux « Mais mouah je suis pour la liberté d’expression ; mais mouah je ne demande pas qu’elle soit virée, etc », mais sa demande personnelle adressée à un président est très claire.

    La véritable contre-argumentation serait qu’il batte Lacroix-Riz sur son propre terrain : qu’il amène les archives démontrant que Staline avait consciencieusement et méthodiquement organisé cette famine, et non un vague « Comme l’a reconnu le monde entier » (c’est qui le « Monde » en question ? Le journal français ? L’église catho ukrainienne et son association à lui ?) qui ne prouve rien du tout, et n’est pas sérieux quand on parle d’histoire. Dans sa lettre, il s’insurge contre l’insulte faite à son église et l’accuse d’être raciste. Un procès sur de telles prémices, c’est gagné les doigts dans le nez par l’accusée en question.

    Sinon, pour ce que tu dis du Traité de Rome, rappelons qu’en certain Pierre Mendes France avait vu le coup dès le début, et je ne résiste pas à la tentation de poster le lien vers son discours http://www.ena.lu/discours_pierre_mendes_france_risques_marche_commun_paris_18_janvier_1957-010007625.html. L’homme avait 60 ans d’avance sur toute la gauche française…

    @Hold-up post 934 du précédent billet : bien vu ta synthèse sur le sieur Frêche.

  6. 6
    Romain Jammes dit:

    Merci pour ce billet !

    Tellement de choses se jouent ici… Tout ce en quoi nous croyons et l’aventure dans laquelle nous nous sommes lancé il y a 1 an. Bon courage !

    Romain

  7. 7
    lemexicain dit:

    Effectivement, Hold-up a raison sur le billet précédent. Ces propos ne relèvent pas de la simple bourde, c’est la même analyse que JLM dans le chat du Monde : avec Frêche tout semble calculé. En effet, si on écoute l’enregistrement de cette phrase dans son contexte, on voit qu’il a signalé aux journalistes présents, juste après l’avoir prononcée, qu’elle était parfaite pour leur rubrique spéciale citations vénéneuses. Comme quoi il en était vraiment fier…

    Je n’ai rien dit concernant Fabius : d’après plusieurs articles il se dit lui-même athée.

  8. 8
    dorant dit:

    Ukraine – suite et fin ?
    Si A. Lacroix-Riz possède une indiscutable compétence sur les questions liées à l’Occupation en France – bien que souvent jugée véhémente et parfois sans nuances sur le rôle de l’Eglise- elle n’a pas de qualification reconnue scientifiquement pour traiter de l’histoire soviétique. Et que sur ce point, son attachement à une certaine forme de communisme (pas celui du PCF) fausse les perspectives.
    Il ne faudrait pas, du fait de son expertise sur la France, aboutir à blanchir les crimes staliniens.
    Or, la famine en Ukraine en fait bien partie. Bien sûr, le Congrès Ukrainien en question est une officine de droite, indiscutablement. Néanmoins si la famine en Ukraine est déclenchée au départ par des accidents climatiques, la plupart des historiens reconnus (comme Nicolas Werth par exemple) estiment que le pouvoir soviétique n’a pas fait grand’chose pour organiser l’aide et les secours dans cette région, très rétive à la collectivisation forcée entreprise par les staliniens. En fait, n’a rien fait du tout…
    Tout cela pour dire qu’Annie Lacroix-Riz n’est pas Descartes (celui d’ici) et qu’il arrive (souvent) que les positions politiques influent sur la vie scientifique et qu’en ce domaine, A. Lacroix n’est pas à l’abri de critiques de ce fait.
    C’est tout ce que je voulais écrire. Passons donc, si tu veux bien, à autre chose.

  9. 9
    BA dit:

    Samedi 30 janvier 2010 :

    Grèce : une aide n’est « pas exclue », selon une source gouvernementale européenne.

    Des mesures en faveur de la Grèce, qui lutte pour rétablir ses finances publiques, ne sont « pas exclues », mais proviendraient d’institutions financières publiques et non des Etats membres, a indiqué samedi à Davos une source gouvernementale européenne.

    Excluant un sauvetage de grande envergure de la Grèce, dont le déficit public a explosé, cette source gouvernementale a précisé à l’AFP que des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque européenne d’investissement pourraient fournir cette aide.

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jzERUI-gpavfJRhdgz2mGcCHPMwg

    Les 26 autres Etats de l’Union Européenne sont eux-aussi très endettés : ils ne peuvent pas aider la Grèce. Donc, le FMI et la Banque Européenne d’investissement vont aider la Grèce à leur place.

    Et ça, ça fait bizarre !

    Le FMI qui vient sauver la Grèce !

  10. 10
    sylvie boussand - PG 03 dit:

    L’affaire « Frèche » est symptomatique de certains comportements électoralistes, que je résumerais ainsi :
    tout ce qui rentre fait ventre. Osera-t-on dire tout haut qu’à gauche aussi, un racisme rampant existe ?

    Et bien non, car si la pratique a pu confirmer que le renoncement à des pratiques « honnêtes » peut conforter des potentats locaux ou conserver quelques sièges stratégiques, voir une majorité, elle conforte aussi les votes extrêmes de protestation (remenber 2002 !).

    Pire, elle détourne des urnes des électeurs qui basculent dans l’abstention, dernière extrémité d’un dégoût profond pour la chose publique et de ceux qui incarnent ce dégoût en reniant et foulant aux pieds jour après jour l’intérêt général.

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