05fév 10

Les marchés à l'assaut

Après le voile, les banques

E n ce moment j’ai promis une diète médiatique, parce que dimanche je vais au Grand Jury de RTL (il ya aussi Le figaro et LCI) qui est une sorte de podium central médiatique sur lequel je ne suis plus monté depuis les européennes ! Je bosse mes fiches comme un fou. Ca n’empêche pas de faire le reste. Par exemple un aller retour à Bruxelles pour les auditions et rapports de la Commission des affaires étrangères. Mais ce vendredi ma journée a commencé sur fond maussade. En effet,  j’ai été privé du moment hebdomadaire de bonheur qu’est ma lecture du billet de Pierre Marcelle dans «Libération». Malaise. J'en parle. Et j’ai eu la grosse colère en lisant ce qui se passe entre « les marchés » et le pauvre peuple grec. Je vais parler aussi des banques, ces parasites.

FOND DE L'AIR

Je n’achète systématiquement «Libération» que ce jour là et pour cette raison là. Ce n’est pas que le billet soit mauvais. Tout au contraire. Comme tous les autres il fait son métier en obligeant à réfléchir, d’accord ou pas d’accord. Ce n’est pas que je ne supporte pas qu’il me critique. Je n’aime pas trop les critiques en général. Mais c’est que je sois en partie d’accord avec la critique qui m’est faite. Voila qui me coince. Ne pas être tout à fait d’accord avec soi-même me rend maussade quand cela se produit. Marcelle a tort de dire que je me laisse engluer dans la critique radicale de la burka. Mais il a raison, mille fois raison, de dire que le fond de l’air est délibérément tourné à l’obsession contre les pratiquants de la religion musulmane. D'après moi, les musulmans d'aujourd'hui sont les juifs d'avant guerre en matière de bouc émissaires. Comment maintenir ses convictions et ses principes sans se prêter au jeu qui en détourne toute la signification. Je rumine. Et je parle d’autre chose dont je m’énerve de ne pouvoir parler nulle part : les banques. 

LA LIGNE DE DEFENSE

Donc je voudrais bien faire la pause à propos des burkas, voiles et ainsi de suite. Car je suis bien d’accord pour constater que pendant qu’on parle de ça, le reste de ce qui est souvent plus brûlant, vit sa vie dans la douceur de la pénombre. Mais comment faire ? Il faut réagir quand on vous interroge. Il faut tenir la tranchée. Pas question de faire comme si les campements religieux au milieu de la scène publique étaient une mode parmi d’autres. Pour moi c’est la lutte des Lumières qui continue. C’est la ligne ultime de résistance. J’ai vu passer par-dessus bord le socialisme. Puis la République, rendue subsidiaire, défigurée en régionalisme européen, ridiculisée en adjectif du maintien de l’ordre. Sur ces thèmes, on joue en défensive, à reculons. Sur les Lumières on est encore vainqueurs et ce sont nos lois qui s’appliquent. Pas question d’en lâcher un centimètre carré. Dans l’affaire de la candidate voilée j’ai lu dans l’Humanité que c’était l’état major du NPA qui avait lancé l’affaire avec un communiqué pour en informer tout le monde. C’est vraiment de l’ostentatoire. J’avoue que je ne comprends pas le motif. Je croyais que c’était une affaire locale remontée par les médias. Non. C’est dans l’autre sens que ça s’est passé. J’ai dit ce que j’avais à dire dans Marianne 2. Je n’ai pas le gout d’en faire davantage. Je ne comprends rien à ce que fait le NPA avec cette histoire ni pourquoi ça lui a paru important d’en faire un argument de campagne et un thème de débat. Je me contente de constater que ça va faire beaucoup de malheureux. Pluriel qui ne doit pas masquer la proportion de féminin qu’il contient. Car qu’on le prenne comme on veut : le voile n’est pas représentatif des quartiers et le voile est un signe de soumission volontairement propagandiste !

LES MARCHES C'EST QUI ?

Depuis plusieurs jours «les marchés financiers défient les Etats» selon le titre du journal "les Echos". En effet. Pour l’instant, la Grèce, l’Espagne et le Portugal sont sous le feu. Cet assaut peut tourner au désastre général. Ou au désastre localisé. Mais il y aura  désastre. Désastre social à coup sûr si les remèdes de cheval que les libéraux de la Commission et les autres chiens gardes demandent aux grecs sont appliqués. Peut-être alors ce pays, ou bien l’Espagne, ou bien le Portugal sera le premier à entrer dans le scénario latino-américain du bug qui déclenche l’avalanche. Notons qu’il s’agit de trois gouvernements sociaux-démocrates. Les trois sont mis en demeure de faire subir une saignée à leur peuple.  Comme cela s’est passé au Venezuela, en Argentine, en Bolivie et autres contrées tellement exotiques. Examinons un point de détail à présent. Qui sont ces « marchés ».  Les banques. Un point c’est tout. C’est elles qui exigent des taux insupportables. Les banques, hier sauvées par les Etats viennent aujourd’hui les assaillir. Les banques, sauvées par les contribuables viennent les saigner ! En Europe la situation est particulièrement croquignolesque. Car les banques ont été renflouées par les Etats et gorgées par la Banque centrale elle-même. Voyons

MAMIE LA BANQUE

La BCE a multiplié les initiatives pour refinancer les banques dans des conditions extrêmement avantageuses, sans imposer de contreparties pour limiter la spéculation et les risques. On voit la reconnaissance ! Ces facilités ont artificiellement gorgé les marchés financiers de liquidités. La BCE a ainsi fourni pour plus de 800 milliards de liquidités en 2009 contre 450 milliards en 2007. Combien de ces milliards sont devenues des munitions qui sont aujourd’hui tirées contre les Etats ? Résultat, le bilan de la BCE s’est envolé grâce aux volumes des prêts consentis et des actifs pris en pension. Ce bilan c’était 1 200 milliards d’actifs en 2007 et 1 500 milliards en 2008. En 2009 il dépasse  les 2000 milliards et se maintient  autour de 1800 milliards début 2010. Cette somme c’est 16 % du PIB de la zone euro. Et La Grèce ? 3% de la zone euro ! Compris ?

DES CADEAUX ENCORE ET ENCORE

Voyons le détail de ces bontés faites aux banques. Je commence par le plus technique et je finis par le plus croustillant et le plus honteux. La BCE a accepté depuis octobre 2008, de recevoir des actifs de plus en plus risqués en garanties des prêts qu’elle fait aux banques. Ca s’appelle les opérations de prises en pensions. Elle accepte désormais les actifs notés BBB-, alors qu’elle n’acceptait pas de garanties en dessous de A- jusqu’alors. Courrez pour obtenir de déposer votre voiture d’occasion en garantie d’emprunts ! Ce n’est pas tout. La BCE a offert aux banques des nouvelles possibilités de financement « non conventionnelles ». On va retrouver les Grecs au bout de ce fusil là. La BCE a élargi ses offres de financement des banques au-delà du court terme qui est pourtant l’essentiel de sa mission de refinancement. Elle a ouvert des lignes illimitées et à taux fixe, à 3 mois, à 6 mois et même à 1 an. Le tout aux conditions de refinancement de court terme : 1 % ! Une aubaine pour les banques qui ont ainsi pu reprendre à plein régime leurs jeux sur les marchés financiers. Ces prêts longs ont en effet obtenu un énorme succès : 1 120 banques bénéficiaires, plus de 600 milliards pour les 3 adjudications successives de juin, septembre et décembre 2009. Dont 442 milliards rien que pour celle de juin, la plus importante opération de refinancement jamais effectuée par la BCE en une seule fois ! Et comme quand on aime on ne compte pas, elle a accepté d’acheter aux banques des titres de dettes pour 60 milliards, pour soutenir leurs émissions obligataires sur les marchés. Vous aussi éditez des titres et proposez-les à votre banque ! Une fois qu’elle vous aura acheté ça courez avec vos sous les mettre en garantie d’emprunt pour une somme multipliée par dix. C’est ça qu’on fait les banques. Mais pas vous, bien sûr.

LES BOULES

Et maintenant le cœur de l’affaire. Celle qui met les boules par terre comme on le dit si efficacement ! La BCE a baissé ses taux directeurs à un niveau très très bas. Elle a ainsi rendue les liquidités quasi gratuites pour les banques. Ainsi le taux principal (dit Refi) est passé de 4,25 % à l’été 2008 à 1 % depuis mai 2009. Il est inchangé à 1 % en janvier 2010. Qui ne rêverait d’un taux à 1% pour faire ses achats ! Rêve ! Car du côté des banques, les taux d’intérêt aux particuliers ont certes baissé mais sans commune mesure. Elles encaissent évidemment l’essentiel de la différence. Et c’est beaucoup, beaucoup  d’argent. Alors que les banques françaises se refinancent à 1 % contre 4,25 % à l’été 2008, voyons comment ont évolué les taux qu’elles pratiquent, selon la Banque de France. Taux moyen sur découverts ménages : passé de 11 % à l’été 2008 à 10 % fin 2009 ! Dans l’intervalle la banque a bénéficié de trois points et demi d’économie. Total : elle vous en prend deux et demi de plus ! Voyons le taux moyen des crédits aux ménages. Ils passent de 6 % à l’été 2008 à 5 % fin 2009. Même calcul simple. Il y a pire. Les taux de crédit « revolving » subis par les ménages modestes. Ils sont à 18 % ! Premier facteur de surendettement ! Christine Lagarde a refusé toute suppression de cette sorte de crédit revolving proposée par amendement à l’Assemblée nationale. Pourtant le surendettement des ménages a progressé de 17 % en 2009. Lagarde veut maintenir le crédit revolving, car selon elle c’est un moteur décisif de la consommation : « 40 % des achats par correspondance à la Redoute ou aux Trois Suisses se font par crédit revolving. Ce sont des milliers d’emplois à la clef ». 

Et les entreprises ?

Ces chères entreprises et leurs emplois au nom desquels sont infligés tous les tourments, que sont elles réellement devenues ? Taux moyen des crédits aux entreprises : passé de 5,5 % à l’été 2008 à 3 % fin 2009. Là où la banque mangeait un point et demi, elle en mange deux à présent. Sympath, non ? Pour autant le zèle n’a guère été de mise. Fin 2008, les banques françaises s’étaient engagées de manière informelle avec le gouvernement à permettre une progression des crédits entre 3 et 4 % en 2009. Nicolas Sarkozy avait fait de beaux mouvements de mentons ! Résultat ? Source Banque de France : l'encours du crédit a baissé de 0,9 % pour les entreprises en 2009 (moins 14 % pour les seuls crédits de trésorerie). Voila les faits. L’encours du crédit aux entreprises a atteint en décembre 2009 son plus bas niveau depuis mai 2005. Les banques françaises ont donc utilisé les aides publiques pour investir sur les marchés financiers plutôt que pour financer l’économie. Les grecs disent merci. Et, en vue d’une nouvelle réunion à Bercy le 10 février 2010, les banques ont déjà prévenu qu’elles refuseraient pour 2010 tout nouvel engagement chiffré avec le gouvernement. Pour ce qu'elles ont fait du précédent "engagement!" Pendant ce temps l’incroyable monsieur Trichet déclare : « nous n’accepterons pas qu’il y ait des restrictions au niveau de l’offre de crédit ». Sur ! C’est Sarkozy qui va déguster si jamais tonton Trichet se rend compte de ce qui se passe en France ! 


731 commentaires à “Après le voile, les banques”

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  1. 451
    Pierre L dit:

    http://www.arretsurimages.net/media/breve/s72/id7100/original.22993.demi.png

  2. 452
    Darthé-Payan dit:

    @Dudu 87

    Vaillant petit soldat tu vas monter la garde ! Lola te dirais que c'est une position ou une réaction de droite.

    Aller bonne nuit et monte quand même la garde. On ne sait jamais avec ses méchants propagandistes de la république sociale et laïque !

    Fabien pour te servir...

  3. 453
    Pierre L dit:

    à André Assiétoi (8 février 2010 à 23h55)
    Ça permet aussi, surtout, de taper sur le NPA.
    D'autres parti ont des élues voilées mais là, silence.
    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2010/02/apres-le-voile-les-banques/all-comments/#comment-56942
    commentaire de guillot, 8 février 2010 à 14h58

  4. 454
    Darthé-Payan dit:

    @Annie

    Tu es tombée pile. Massive attack je les adore depuis le début ! Sérieusement c'est vrai.

    Par contre je suis en colère contre toute ces post de personnes qui se disent de gauche et qui dénaturent ce que dit Jean-Luc Mélenchon ou qui donne une idée totalement fausse et malhonnête de la République et de la laïcité et de ceux qui se revendiquent républicains et laïques.

    Oui cette gauche (?) là me fait gerber !

    Oui je suis en colère !

    Sur ce bonne nuit et à un de ces jours.

  5. 455
    André Assiétoi dit:

    Bonne nuit, les nationalo-poujados... Mais faut prendre ses gouttes avant pour se calmer.

  6. 456
    Annie dit:

    @Descartes post 437 : juste à propos du nucléaire (pour lesquels je n'ai pas de connaissances) tu dis que Il est vraiment dommage que Jean-Luc Mélenchon continue à écouter ceux qui répètent les mêmes chansons antinucléaires depuis les années 1970 (et qui se sont constamment trompés, il n’y a qu’à lire les prédictions apocalyptiques de l’époque). Ce n’est pas digne d’un « homme de raison ». Et il empire encore gravement son cas en affirmant que le programme nucléaire aurait été « une erreur », et en prenant donc pour des imbéciles l’ensemble d’ingénieurs et techniciens de la filière qui non seulement la connaissent bien mieux que Jean-Luc Mélenchon, mais qui en plus ont l’outrecuidance de penser le contraire… et a qui il reconnait pourtant la « bonne volonté ». Doit on conclure que 25.000 agents EDF sont dans l’erreur ? C’est vraiment dommage, parce que dans le reste de son discours, il défend l’idée de volontarisme industriel, de participation populaire et de « grandeur » style gaullien avec laquelle n’importe quel républicain (de droite comme de gauche) ne peut qu’adhérer. Pourquoi la gâcher en caressant dans le sens du poil des préjuges absurdes ?

    Je ne me rappelle pas l'avoir entendu traiter les ingénieurs et techniciens d'imbéciles, en fait, je pense que l'erreur dont il parle est stratégique, dans le sens erreur de persister dans cette voie (i. e. le tout nucléaire), je le dis à la mémoire d'autres interventions qu'il a faites sur justement le nucléaire. Je pense qu'au contraire, il admire l'énergie, le volontarisme industriel, et la volonté d'indépendance (par rapport au tout pétrôle, et vis-à-vis des USA, du Royaume-Uni et de l'Allemagne après la 2ème guerre mondiale) de ceux qui ont constitué et planifié le nucléaire. Il me semble plutôt que dans son discours de manière générale, il pense que le nucléaire était une bonne stratégie à un instant T de l'Histoire, mais qu'il propose de bifurquer (toujours au nom du même volontarisme industriel) et un défi scientifique encore peu exploré qu'est le domaine thermique. En fait, il me semble qu'il propose aux français de l'explorer complètement, s'en saisir pour être à la pointe de tout le monde ("la contribution à l'histoire" comme grandeur), après l'avoir été sur le plan du nucléaire.

    Pour la centrale de Nogent sur Seine : en fait le problème est la sécurité : en cas d'accident, la seule "solution" serait ouvrir un barrage et capter l'eau. Jean-Luc Mélenchon a surtout "peur" des accidents (non pas parce que les techniciens seraient incompétents ou autres, au contraire, mais parce qu'il estime qu'il n'y a pas de risque zéro), car un seul c'est limite Tchernobyl avec des conséquences sur le long terme très lourdes. Effectivement en France il n'y en a pas eu de comparable, et avoir en tête une probabilité d'accidents même minime voire infinitésimale (du fait de l'hyper compétence des ingénieurs français) est une position qui peut te paraître paranoïaque. Néanmoins, Jean-Luc Mélenchon n'est pas obscurantiste, sans doute un peu trop prévenant. Et j'interprète plus sa proposition de transition énergétique comme une dynamique de mouvement historique, qui s'oppose à la mentalité bornée figée sur la prédation des matières fossiles qui perdra les USA. Ainsi être figé sur des acquis perdra certains, ne les imitons pas non plus en restant figé sur le nucléaire.

    Ce qui devrait rassurer les pourfendeurs des zécolos-bobos, c'est que Jean-Luc Mélenchon a peu de goût pour les éoliennes et le biocarburant, laissons ça aux groupies de tel people écolo.

    Tu évoques De Gaulle, que penses-tu de cette analyse de dedefensa (avec le nucléaire et la souveraineté française) : Jacques Laurent, avec son éblouissant talent d’écrivain, fit à de Gaulle le reproche majeur, dans son Mauriac sous de Gaulle (1964), d’avoir passé la guerre à lutter contre ses alliés et nullement contre les Allemands. Il jugeait cela comme le signe de son insignifiance politique. Combien la passion peut aveugler les plus grands talents! Car, en fait, on n’a jamais posé de jugement aussi sot; car, ce fut bien là la suprême intelligence historique de De Gaulle…
    La seule expérience sérieuse, réussie et durable de reconstruction de la souveraineté et de la légitimité d’une nation au XXème siècle est la française, entre 1941 et 1969. Elle est le fait de De Gaulle, mais aussi des médiocres de la IVème République qui poursuivirent dans l’intervalle son œuvre, – plutôt en boutiquiers qu’en “grand connétable”, certes, – mais qu’importe, sinon le résultat. La malheureuse expédition de Suez, menée par un médiocre Guy Mollet, montra au moins que la France gardait le sens de la souveraineté. Et l’élève de Science Po Pierre Lellouche fit sa thèse sur les réactions française et britannique après Suez. Les Français conclurent qu’il fallait renforcer les moyens de leur indépendance pour ne plus devoir céder aux USA, et accélérèrent le programme nucléaire que de Gaulle mena à son terme avec une présentation grandiose qui porta à la connaissance du monde que la souveraineté et la légitimité françaises existaient à nouveau et plus que jamais. Les Britanniques conclurent qu’il leur faudrait désormais être toujours du côté des USA. Qui est souverain là-dedans et sur quoi se fonde cette restauration de la légitimité sinon sur une défaite paradoxale face à un “allié”?
    Toute la carrière politique de De Gaulle, l’homme qui restaura dans toute sa plénitude la souveraineté et la légitimité française, fut fondée sur sa contestation libératrice de l’hégémonie des “alliés” anglo-saxon. L’Ennemi (nazi, soviétique, etc.), il s’en arrangeait comme de quelque chose de secondaire. A aucun moment l’Ennemi ne fut partie prenante en quoi que ce soit de la refondation de la légitimité et de la souveraineté françaises.

    En fait, l'auteur partait de l'identité états-unienne, pathologiquement dépendante d'un "Ennemi", alors que ce qu'il considère comme la dynamique de la refondation de la légitimité et de la souveraineté françaises de 1941 à 1969, n'a pas été basée sur un Ennemi, mais l'idépendance (donc énergétique, politique), ce qui fut unique en Europe (avant l'uniformisation totale euro-machin).

    L'extraction d'uranium dépend aussi de certains pays, et sans doute qu'en filigrane, Jean-Luc Mélenchon pense à la françafrique.

  7. 457
    Pierre L dit:

    Darthé-Payan dit:
    9 février 2010 à 0h13
    "Oui je suis en colère !"

    Bonne nuit tout le monde.

  8. 458
    ermler dit:

    La prochaine fois qu'il invite Mélenchon à RTL, Aphatie devrait songer à le faire interviewer par Descartes.
    Il ferait moins le malin, le Jean-Luc Mélenchon !
    Pas comme avec ce mollasson gauchiste de Mougeotte !

  9. 459
    Annie dit:

    @Darthé-payan post 446 : MDR, j'avais juste dis ça pour détendre l'atmosphère et pour faire doublon avec Miss Bingelow !
    Allez je vais dormir avec Teardrop alors.

  10. 460
    lola dit:

    Un "débat" régional sur lci, sans le fdg et le npa...

    http://videos.tf1.fr/infos/2010/regionales-huchon-duflot-et-pecresse-guerroient-5682036.html

    Le modem Dolium peine avec son tropisme "ni droite ni gauche" teinté de populisme.

  11. 461
    Reykj-on-Thames dit:

    @ 400 - 4 août

    Les femmes voilées sont tolérées dans la société civile, peuvent circuler librement et travailler dans le secteur privé en portant leur voile. Leur idéologie et leurs coutumes sont même défendues par une partie de la classe politique, par conséquent elles ont le droit d’être membre d’un parti politique et candidate.

    La classe politique, leurs cotisants et sympatisants ne peuvent pas tenir deux discours différents sur un même sujet de société. La diversité doit se voir dans les partis politiques et les médias. Quand les femmes voilées et les imams seront en nombre conséquent dans les partis politiques et les médias, ces derniers ne prôneront certainement plus la tolérance, le multiculturalisme ou la diversité.

  12. 462
    Reykj-on-Thames dit:

    @ 305 – Julie

    Je vous fais la même remarque qu’à Jennifer. La courtoisie la plus élémentaire sur un blog comme dans une conversation, c’est de s’adresser directement à la personne dont on ne partage pas l’opinion au lieu de la dénigrer auprès d’un autre intervenant.

    Et en plus, quelles sont donc mes options politiques ? Je suis vivement intéressée.

    Quant à votre post #298, vous avez un temps de retard. J’ai déjà eu l’opportunité de m’exprimer sur ce sujet sur ce blog et je ne reviendrai donc pas dessus, d’autant plus que vous n’avez pas la courtoisie de m’adresser directement la question !

    En revanche, puisque vous faîtes référence à mon post, que pensez-vous de ce que j’ai posté sur les banques ?

  13. 463
    André Assiétoi dit:

    Je crois que certains apprécient Frédéric Lordon.
    Quelques petits sons amusants, enregistrés lors de sa venue à un Jeudi d'Acrimed :

    Que faire des chroniqueurs ?

    accéder aux médias dominants ? À quelles conditions ?

    Les médias et la crise (vidéo)

    Les articles de ou sur Lordon sur le site d'Acrimed

  14. 464
    Annie dit:

    @Michel Matain post 376 : Idem pour moi, des procédures judiciaires contre ces infâmes organismes sont à promouvoir.
    Pour DSK, le PS est une telle cour de coqs et de poules égocentriques insipides, qu'il n'est vraiment pas garanti que ses copains socialistes acceptent sa candidature de présidentiable. Ou du moins sans la chercher à la torpiller. Néanmoins dans le cas très improbable d'un duel Sarko/DSK, ABSTENTION MASSIVE.
    J'ai pas écouté les minauderies de mes amies pour voter pour Ségo (une fâme modairne ! à gôche !) qui voulait ramener Bayrou comme 1er ministre et était pour le TCE, pour m'abstenir au 2nd tour en 2007, et je ne le regrette pas.

    Aux socialistes qui se sont exprimés (Jérôme Sylaire, Asse42 ou Taïgo), je comprends toujours pas comment vous pouvez encore envisager de donner de la crédibilité à ces coqs et poules endimanchés médiatiques du PS au 1er tour, et surtout penser que nous continuerons à vous servir de variable d'ajustement pour que ce parti se maintienne. DSK NO PASARA !

  15. 465
    4 Août dit:

    @ Ermler


    "J’avoue que j’ai beaucoup de mal à m’ habituer, sur ce blog, aux injures et insultes
    "

    Oui, raz le bol d'être traités en permanence de xénophobes, islamophobes, ethnophobes, racistes, et même de nationalo-poujados, pour avoir l'outrecuidance de ne pas bien-penser comme les pro-voile.
    Jean-Luc Mélenchon aussi doit en avoir marre.

    Je te rappelle mon avis personnel: la "vérité révélée" n'a rien à faire dans la vraie vie politique de l'Etat, et l'Etat c'est les écoles, les mairies, les élus, les fonctionnaires...
    C'est certainement criticable, mais pas insultable.

  16. 466
    Pulchérie D dit:

    Actualités afghanes

    Sur le terrain

    Trois soldats britanniques tués dimanche et lundi (Canadian Press).
    Deux officiers suédois tués au combat dimanche (AFP).
    Pourquoi ces sacrifices ?
    Au nom de quel idéal (réponse sans hypocrisie, SVP) ?

  17. 467
    Ifig dit:

    @Descartes
    En l'absence de chiffres officiels, je pense que ton "intuition" exagère les faits. Heureusement ! Sur l'absence de chiffres officiels, ils pourraient être compilés (et doivent l'être d'ailleurs) par les syndicats de policiers pour documenter leurs conditions de travail.

  18. 468
    carlo dit:

    @ Descartes (334)
    « Je n’ai pas dit que « le voile est en soi un message », j’ai dit que le choix de le porter dans le contexte d’une liste électorale en fait un message »

    Vous avez dit très exactement : « En portant son voile, la candidate a choisi de nous transmettre un message ». Or c’est ce point que je conteste. Je vous accorde qu’en se présentant voilées « dans un contexte électoral », les femmes adressent un message aux électeurs et elles ont en ont très certainement conscience. Mais cela ne nous autorise nullement à dire qu’elles choisissent de transmettre un message. Elles choisissent de se voiler, certes, mais elles ne choisissent pas d’adresser le message qu’elles transmettent néanmoins, en quelque sorte malgré elles.
    Il me semble que l’exemple de l’euthanasie permet de bien illustrer cette distinction. Administrer des produits sédatifs à forte dose pour éviter des souffrances à un malade en fin de vie en sachant que ce geste provoquera sa mort, c’est décider de le soulager, non de le tuer. Il s’agit d’un acte intentionnel, certes, mais l’intention qui préside à cet acte n’est pas de tuer. Et, soit dit en passant, décrire les choses ainsi n’implique nullement de considérer le médecin qui a effectué la sédation comme une personne mineure, irresponsable de ses actes.
    De même, me semble-t-il, il est juste de dire que l’intention des candidates voilées est, au moins dans certains cas, de vivre leur foi et non de transmettre un message.

    « Mais une militante politique qui fait le choix de porter son foulard dans un contexte électoral (qui relève clairement de la sphère publique) n’est pas simplement en train de « vivre sa foi ».

    Pourquoi pas ? N’est-ce pas ce que l’on dirait d’un militant politique de confession catholique qui ferait un signe de croix devant un oratoire ou un corbillard à l’occasion d’un déplacement effectué dans le cadre d’une campagne électorale ?

    « En effet, la foi accompagne tous les moments de la vie du croyant ». C’est le cas de n’importe quelle conviction philosophique. »

    Pas de toutes. Certaines convictions philosophiques n’ont guère d’incidence sur la vie au quotidien alors que la foi religieuse, au contraire, affecte toutes les dimensions de l’existence humaine, y compris, par exemple, l’alimentation ou la sexualité.

    «La République ne fait aucune différence entre les convictions religieuses et n’importe quelle autre conviction philosophique ou spirituelle. »

    Parce que cela n’est pas nécessaire, ni même souhaitable. Mais cela n’implique pas qu’il n’y en ait pas. Après tout, la République ne fait pas de différence entre les petits et les grands. On ne saurait en déduire que tous les citoyens ont la même taille.

    « Le chasseur cesse de chasser quand il range son fusil, mais demeure chasseur »

    Quand un chasseur range son fusil, c’est toujours un chasseur mais il n’est plus chasseur. On est donc chasseur par intermittence alors qu’on est en permanence croyant, du moins tant qu’on est habité par la foi.
    Certes, je reconnais que le fait d’être un chasseur induit parfois certains types de comportements (notamment sur le plan électoral), mais la pratique de la chasse, n’« impacte » pas toutes les activités du chasseur, contrairement à la pratique religieuse qui imprègne toutes les dimensions de la vie du croyant.

    « Et c’est la raison pour laquelle il me semble que, face à une candidate voilée, dont l’appartenance religieuse est nécessairement connue de tous, on est en droit d’exiger qu’elle explique, dans le cadre de sa campagne, comment elle entend concilier sa foi et l’exercice du mandat électif qu’elle brigue.»
    « On a certainement ce droit. Comme on a le droit d’exiger du parti qui lui accorde son investiture qu’il nous explique comment il compte garantir cette « conciliation » ».

    Absolument.

    « Mais ces « explications » ne peuvent que détruire la candidature en question. »

    C’est en effet le risque, mais je ne crois pas qu’on ait pour autant le droit de préjuger qu’il en sera ainsi et de considérer a priori la candidature de l’intéressée comme n’étant pas légitime.

    «Je ne peux pas porter une croix gammée sur moi et déclarer que si cette croix transmet un message, c’est « malgré moi » sous prétexte que ce n’est pas ma faute si les nazis l’ont choisie pour symbole ».

    Vous le pourriez, mais non sous ce prétexte. Imaginez que vous mourriez de froid et que l’on vous prête un pull "orné" d’une croix gammée. Imaginez encore que vous acceptiez d’enfiler ce pull. Vous adresseriez alors un message aux passants mais ce serait bien malgré vous.

    «Mais la question du « coup médiatique » m’intéresse moins (après tout, qu’un parti cherche à faire « un coup », c’est de bonne guerre) que le peu de conscience que les militants et la direction du NPA ont eu de franchir une ligne blanche »

    Soit, mais il n’en demeure pas moins que ce « coup » aggrave les tensions avec le FdG et a pour effet d’affaiblir les positions de la gauche anti-libérale.

    « Mais l’expression de points de vue divers ne fait pas un débat : encore faut-il que chacun écoute l’opinion de l’autre et cherche à contre-argumenter logiquement. »

    Bien sûr mais compte tenu de la diversité des points de vue qui s’expriment ici, spécialement sur ce sujet, il est difficile de « croire que tout le monde pense comme vous ». En ce qui me concerne, je dois bien constater que ce n’est pas le cas.
    J’ajouterai que pour qu’il y ait débat, il faut d’abord chercher à comprendre la position de l’autre. Or ceci n’est pas toujours bien vu ici.

  19. 469
    Pulchérie D dit:

    Ukraine

    Les héros étaient fatigués. Ils se sont fait piler.

    Ianoukovitch, l’anti-héros des élections de 2004, battu par les super-héros de la révolution orange, la blonde Timochenko et Ioutchenko le pro-occidental, triomphe dans une élection présidentielle que l’OSCE a été contrainte de juger « honnête ».
    « Le but de la révolution orange était d’affailir la Russie, et non de renforcer l’Ukraine » a déclaré le vainqueur.
    « La véritable ennemie de l’Ukraine est la pauvreté » fut son simple slogan électoral.
    « La campagne de Timochenko a été beaucoup plus spectaculaire [...] Mais la plupart des électeurs ont choisi le pain et pas le divertissement », écrit l'éditorialiste Oles Bouzina, dans Segodnia.

    Si l'intégration graduelle de l'Ukraine dans l'Union européenne est en vue, il est peu probable que Ianoukovitch poursuive le projet d'adhésion de l'Ukraine à l'Otan, projet qui avait ulcéré la Russie.

    C'est un pas en avant pour une vraie Europe.

  20. 470
    guillot dit:

    Extrait d'une tribune libre d'Alain Badiou dans le Monde du 22 février 2004 ("derrière la loi foulardière, la peur")

    "9. La laïcité. Un principe inoxydable ! Le lycée d’il y a trois ou quatre décennies : interdiction de mélanger les sexes dans la même classe, pantalon décommandé aux filles, catéchisme, aumôniers. La communion solennelle, avec les gars en brassard blanc et les mignonnes sous le voile de tulle. Un vrai voile, pas un foulard. Et vous voudriez que je tienne pour criminel ce foulard ? Ce signe d’un décalage, d’un remuement, d’un enchevêtrement temporel ? Qu’il faille exclure ces demoiselles qui mêlent agréablement hier et aujourd’hui ? Allez, laissez faire la broyeuse capitaliste. Quels que soient les allers et retours, les repentirs, les venues ouvrières du lointain, elle saura substituer aux dieux morts des religions le gras Moloch de la marchandise".

    En matière d'oppression des femmes, l'école laïque avait déjà donné !

  21. 471
    dorant dit:

    Dernier sondage Languedoc-Roussillon
    Liste Frêche : 31 %
    Liste UMP : 21 %
    Liste "Mandroux" : 11 %
    Liste Ecologie : 10 %
    FN : 7 %
    FdG- NPA : 7 %
    Modem : 6 %
    Second tour : Frêche réélu dans tous les cas de figure !

  22. 472
    le Prolo du Biolo dit:

    @ 455 - André Assietoi

    cf. Frédéric Lordon

    On est tellement sevré de paroles vraies que c'est chaque fois un régal.
    Merci pour ces liens.

  23. 473
    Mazan dit:

    Trop drôle

    Mélenchon : « La drôle d’affaire Frèche – L’EPICENTRE DE LA RECOMPOSITION DE LA Gauche : Quels outils ? D’une part l’union de toute l’autre gauche qui permet de proposer un projet qui ne soit pas immédiatement discréditée par l’éparpillement des forces qui le portent.. Deuxièmement nous avons un accord «préalable» avec les Verts pour le deuxième tour. Quoiqu’il arrive nous fusionnerons nos listes. Celui des deux qui sera arrivé en tête du premier tour mènera la liste alors fusionnée. Dès lors, le tandem que nous formerons peut dominer le second tour de l’élection. Revol ou Roumégas, unis peuvent battre Frèche puisque les deux blocs sont a quasi égalité dans les sondages. La compétition pour le nouveau leadership face au PS est donc en place. La dessus arrive l’affaire Frèche –Mandroux. En Languedoc, la scission du PS est certes un fait local. Mais les condiments qui l’ont provoqué ne le sont pas et la dynamique interne de cette scission lui donne une pente sur la gauche qui est exactement celle que nos cherchons à obtenir pour disloquer la domination social libérale dans le PS. Au cas particulier, c’est la cerise sur le gâteau dans notre dispositif local. La sortie de Mandroux et de ceux qui la suivront va affaiblir le camp Frèche au point de le faire passer derrière le total du bloc Revol-Roumegas. Si elle présente une liste socialiste, au deuxième tour elle s’intégrera dans notre dispositif. Sa liste fusionnera avec les nôtres. Cela augmentera nos chances de battre à la fois Frèche et la droite. Et si tout cela se fait la contagion est garantie en vue des prochaines élections locales. Cela fait sans doute beaucoup de «si». C’est vrai. Mais un chemin existe. Un chemin de crête certes. Mais il est là. Il est possible de faire jouer l’autre gauche dans la cour des grands qui peut participer a la formation d’une nouvelle majorité électorale de gauche ! C’est pourquoi j’ai dit que cette région est dorénavant l’épicentre de la recomposition de la gauche. »

    Ce matin est paru le sondage TNS Sofres-Logica pour Midi Libre, L’Indépendant et France Bleu sur la situation en Languedoc Roussillon.

    Certes ce n’est qu’un sondage mais, puisque Mélenchon se permet de faire référence aux sondages dans ce billet sur Frèche, il est alors légitime d’en saisir toute la portée, nette et sans appel dans la tendance qu’il dessine : il détruit une à une toutes les hypothèses du stratège en chambre Mélenchon.

    Mélenchon écrit : « cette région est dorénavant l’épicentre de la recomposition de la gauche. » Ne serait ce pas plutôt le contraire? « L’affaire Frèche » ne va t-elle pas être l’épicentre de l’auto décomposition du PG, de Mélenchon, du Front de Gauche et du NPA?

    « Affaire Frèche », affaire à suivre….

    Sondage TNS Sofres-Logica pour Midi Libre, L’Indépendant et France Bleu sur la situation en Languedoc Rousillon
    Au premier tour, la liste dirigée par Georges Frêche arriverait en tête dans tous les cas de figure.
    Elle est créditée de 31% des intentions de vote si la maire de Montpellier, Hélène Mandroux, officiellement investie par le Parti socialiste après des propos controversés de Georges Frêche sur Laurent Fabius, et Jean-Louis Roumégas, tête de liste Europe Ecologie, font chacun cavalier seul (11% et 10% respectivement).
    Si socialistes et écologistes parviennent à s’entendre dès le premier tour, ils recueilleraient alors 20% des intentions de vote si la liste est conduite par Hélène Mandroux et 17% si elle est dirigée par Jean-Louis Roumégas.
    La liste UMP, avec Raymond Couderc pour chef de file, oscille quant à elle entre 20% et 21% selon les différentes hypothèses, tandis que le FN est crédité de 7%. La liste Front de gauche-NPA est également créditée de 7% d’intentions de vote dans tous les cas de figure.
    Au second tour, Georges Frêche gagnerait les élections avec 40% des intentions de vote, devant la gauche (30% si Hélène Mandroux conduit la liste, 29% s’il s’agit de Jean-Louis Roumégas) et l’UMP (respectivement 30% et 31%).

  24. 474
    Michel.S. dit:

    Réponse à HOLD UP 112 du 6 février

    Désolé Hold-Up de ne pas avoir pu poursuivre l'échange sur le sujet mais la censure m'a frappée de plein fouet et éliminé mon texte en bloc (ainsi que ma protestation d'ailleurs...). Dégoûté, mais habitué à prendre des coups de puis de nombreuses années, je reviens quand même re-poster l'essentiel du message éliminé. Certains commentateurs se plaignent, à juste titre, que des insultes passent sans problèmes, mais par ailleurs, le politiquement correct est exigé. Voyons donc où en est Anastasie.

    Merci Hold-Up de ta réaction qui m'a réconforté, mais en partie seulement. Je croyais que l'mmense majorité des commentateurs sur ce blog, à part peut-être quelques "infiltrés", étaient des INTERNATIONALISTES, Ca ne me parait pas vraiment évident. Pendant qu'au 4 ème étage, certains .......................CENSURE.......................CENSURE............................., ça krame au rez de chaussée.
    L'attaque du capitalisme financier n'a jamais été aussi frontale et virulente en europe. D'accord avec toi pour les réactions de résistance et la mise en place d'un forum des peuples européens. Mais avant la "reconquète", c'est bien de l'organisation d'urgence de la résistance dont il s'agit. Elle doit être organisée d'abord avec les "pays du club Med" comme disent aimablement certains, donc non seulement avec la Grèce, l'Espagne et le Portugal mais avec la France et l'Italie dont le peuple patauge dans le m*****r "démocratico-pré-fasciste- berlusconien".

    Le sud de la France, terre d'accueil (parfois républicano-concentrationnaire) et d'intégration, est tout désigné pour celà. Pourquoi pas le Languedoc-Roussillon ? A cette occasion, pourquoi ne pas créer une INTERNATIONALE DES PEUPLES DE LA MEDITERRANEE, structure permanente à laquelle pourraient adhérer peu à peu tous les peuples de ses rives. Un manière aussi de faire pièce à une certaine "Union de la méditerranée".

    J'espère que la nuit aura calmé les commentateurs essentiellement focalisés sur la burqa et qu'il sera possible de réagir sur ces idées que je verse au débat.

  25. 475
    Descartes dit:

    @carlo (#460)

    Vous avez dit très exactement : « En portant son voile, la candidate a choisi de nous transmettre un message ». Or c’est ce point que je conteste. Je vous accorde qu’en se présentant voilées « dans un contexte électoral », les femmes adressent un message aux électeurs et elles ont en ont très certainement conscience. Mais cela ne nous autorise nullement à dire qu’elles choisissent de transmettre un message. Elles choisissent de se voiler, certes, mais elles ne choisissent pas d’adresser le message qu’elles transmettent néanmoins, en quelque sorte malgré elles.

    Lorsque je choisis de porter un symbole (et le voile est un symbole, puisque sous nos latitudes il n'a aucune finalité utilitaire), je choisis de transmettre le message qui va avec. Pourrait-on dire que quelqu'un qui porterait sur lui un foulard frappé de la croix gammée (ou d'une faucille et un marteau) et connaissant la signification de ces signes dans le contexte ne "choisit pas de transmettre un message" ?

    On pourrait à la rigueur supposer qu'une femme immigrée fraîchement arrivée en France, ne connaissant pas le contexte et portant le foulard pour des raisons traditionnelles n'a pas "choisi de transmettre un message" en le portant, puisqu'elle n'a même pas conscience du symbole. Mais cette défense n'est pas crédible dans le cadre d'une militante politique, dirigeante locale de son parti, et qui connait le contexte dans lequel elle vit. La "candidate voilée" savait parfaitement ce que porter le voile veut dire pour ceux qui la regardent.

    Il me semble que l’exemple de l’euthanasie permet de bien illustrer cette distinction. Administrer des produits sédatifs à forte dose pour éviter des souffrances à un malade en fin de vie en sachant que ce geste provoquera sa mort, c’est décider de le soulager, non de le tuer. Il s’agit d’un acte intentionnel, certes, mais l’intention qui préside à cet acte n’est pas de tuer. Et, soit dit en passant, décrire les choses ainsi n’implique nullement de considérer le médecin qui a effectué la sédation comme une personne mineure, irresponsable de ses actes.

    L'exemple est très mauvais, parce qu'on ne voit pas très bien quelle "intention" autre qu'une intention symbolique pourrait "présider" à l'acte de porter le foulard. Une paysanne qui porte un foulard pour se protéger du froid ne transmet bien évidement aucun message. Mais quand on brandit un symbole, l'intention ne peut être que de transmettre un message. Vous pourriez me dire que l'intention de la candidate voilée était bien de transmettre un message, mais pas forcément celui que les gens comprennent. Encore une fois, cette défense aurait quelque mérite si la candidate ignorait la manière dont son acte serait compris. Mais je ne crois pas un instant que ce soit le cas.

    De même, me semble-t-il, il est juste de dire que l’intention des candidates voilées est, au moins dans certains cas, de vivre leur foi et non de transmettre un message.

    L'un va avec l'autre, dès lors qu'on choisit de "vivre sa foi" en public.

    Pourquoi pas ? N’est-ce pas ce que l’on dirait d’un militant politique de confession catholique qui ferait un signe de croix devant un oratoire ou un corbillard à l’occasion d’un déplacement effectué dans le cadre d’une campagne électorale ?

    Un excellent exemple. Un militant politique de confession catholique qui, au cours d'un déplacement électoral ferait un signe de croix en passant devant une église transmettrait certainement un message, qu'il appartiendrait aux électeurs de débattre et d'interpréter. Par exemple, que penser d'un candidat qui se découvrirait devant une église catholique mais pas devant une mosquée où une synagogue ? Ce faisant, il ne ferait que "vivre sa religion", n'est ce pas ? Et pourtant, on peut supposer qu'un tel candidat aurait quelques difficultés à faire preuve de neutralité le jour venu...

    Le cas d'un corbillard est différent, puisqu'il s'agit là non pas d'une manifestation de respect pour une religion en particulier, mais un signe de respect envers la personne du défunt (on peut se signer même si le défunt n'était pas catholique).

    « En effet, la foi accompagne tous les moments de la vie du croyant ». C’est le cas de n’importe quelle conviction philosophique. » Pas de toutes. Certaines convictions philosophiques n’ont guère d’incidence sur la vie au quotidien alors que la foi religieuse, au contraire, affecte toutes les dimensions de l’existence humaine, y compris, par exemple, l’alimentation ou la sexualité.

    D'accord. Mais les convictions philosophiques qui affectent effectivement "toutes les dimensions de l'existence humaine" sont suffisamment nombreuses pour que l'exemple tienne.

    C’est en effet le risque, mais je ne crois pas qu’on ait pour autant le droit de préjuger qu’il en sera ainsi et de considérer a priori la candidature de l’intéressée comme n’étant pas légitime.

    Je n'ai jamais dit le contraire. Je crois avoir été même très clair sur ce point: contrairement aux fonctionnaires, les candidats et les élus ne sont pas tenus à la réserve où à la neutralité en matière d'opinions. Ils sont toujours "légitimes" à porter les signes et symboles qui les arrangent. Si l'on peut faire un procès à la candidate et au NPA, c'est un procès en incohérence, pas un procès en illégitimité.

    Vous le pourriez, mais non sous ce prétexte. Imaginez que vous mourriez de froid et que l’on vous prête un pull « orné » d’une croix gammée. Imaginez encore que vous acceptiez d’enfiler ce pull. Vous adresseriez alors un message aux passants mais ce serait bien malgré vous.

    On revient au problème de l'utilité. Si le voile avait un autre utilité que symbolique, cette défense pourrait être utilisée dans le cas de la candidate voilée. Mais ce n'est pas le cas.

    Soit, mais il n’en demeure pas moins que ce « coup » aggrave les tensions avec le FdG et a pour effet d’affaiblir les positions de la gauche anti-libérale.

    Si "la gauche antilibérale" est celle qui présente des candidates voilées (et considère que cela constitue un signe "d'intégration dans les quartiers"), alors son affaiblissement n'est pas une mauvaise chose. Personnellement, je ne suis pas un partisan de l'unité pour l'unité. Si elle se fait pour faire avancer des idées qui me tiennent à cœur, amen. Mais si elles consistent à marier la carpe républicaine et le lapin communautariste...

    J’ajouterai que pour qu’il y ait débat, il faut d’abord chercher à comprendre la position de l’autre. Or ceci n’est pas toujours bien vu ici.

    Tout à fait d'accord. Et cela suppose une position de "bienveillance", c'est à dire, "la bonne foi se présume et la mauvaise foi se prouve".

  26. 476
    Descartes dit:

    @Ifig (#459)

    En l’absence de chiffres officiels, je pense que ton « intuition » exagère les faits. Heureusement !

    Pas vraiment. Je persiste: "plusieurs dizaines de policier chaque année sont tués ou grièvement blessés".

    Sur l’absence de chiffres officiels, ils pourraient être compilés (et doivent l’être d’ailleurs) par les syndicats de policiers pour documenter leurs conditions de travail.

    Mais ils n'ont pas de caractère public. Pourquoi, à ton avis ?

  27. 477
    Michel Matain dit:

    @ dorant 463 mazan 465

    Aux Européennes le Front de gauche a recueilli seul 9,15 % des voix.
    Les élections partielles quelque soit leur nature montrent un progrès depuis.
    Et aujourd'hui le Front de Gauche allié au NPA régresserait à 7 % ?
    Sondages, sondages...
    Rendez-vous en mars pour les vrais chiffres !
    La possibilité que Révol soit devant les écolos ou Mandroux reste réelle.

  28. 478
    Michel Matain dit:

    @ dorant 463 mazan 465

    Aux Européennes le Front de gauche a recueilli seul 9,15 % des voix.
    Les élections partielles quelque soit leur nature montrent un progrès depuis.
    Et aujourd'hui le Front de Gauche allié au NPA régresserait à 7 % ?
    Le poids de Freche dans la région ?
    L'alliance avec le NPA ferait reculer le Front de Gauche ?
    Gayssot attirerait les électeurs communistes ?
    Aucune de ces raisons ne tient debout.
    Rendez-vous en mars pour les vrais chiffres !
    La possibilité que Révol soit devant les écolos ou Mandroux reste réelle.

  29. 479
    La Censure dit:

    M Mélanchon, je tiens à porter à votre connaissance, cet amendement liberticide à la Lopsi 2.

    http://www.nosdeputes.fr/amendement/29644

    Et après ? Que va t'on interdire ?

    Je me permet de rappeler ce poème:

    Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes
    Je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.
    Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes
    Je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
    Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs
    Je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.
    Puis ils sont venus me chercher
    Et il ne restait plus personne pour dire quelque chose.

  30. 480
    des pas perdus dit:

    437 Descartes : Tchernobyl, 3 Miles Island et tous les autres incidents ne vous suffisent pas ?
    Léguer aux générations futures des déchets aussi dangereux pour des milliers d'années non plus ?

    Franchement, je ne comprends pas cette fascination pour le nucléaire.

  31. 481
    des pas perdus dit:

    470 Michel Matain : si les sondages étaient exacts, Jospin serait à son 2ème mandat, et le taulier du blog 1er ministre ?

    Les sondages participent à l'intox générale des médias dominants, lesquels font tout ce qu'ils peuvent pour ne pas parler du Front de gauche élargi.

  32. 482
    Descartes dit:

    @Annie (#448)

    Je ne me rappelle pas l’avoir entendu traiter les ingénieurs et techniciens d’imbéciles,

    Reprends l'entretien de Jean-Luc Mélenchon sur le site de RTL. Que dit-il ? D'une part, que le programme nucléaire fut "une erreur", et d'autre part que les ingénieurs et techniciens EDF qui ont conduit et conduisent toujours ce programme sont "volontaires", "compétents" etc. etc. Or, ces ingénieurs et techniciens compétents se prononcent toujours pour le nucléaire. Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, ils ne trouvent pas que les centrales soient "dangereuses" ou que le programme électronucléaire ait été "une erreur".

    Comment qualifierais-tu un ingénieur, expert de son domaine, et qui après trente ans de travailler dans un secteur n'est pas capable de percevoir une erreur monumentale, si facile à détecter que même Jean-Luc Mélenchon, qui avoue sa méconnaissance du domaine, a été capable de s'en apercevoir, et cela après une simple visite à Nogent ? Si ce n'est pas traiter les gens d'imbéciles, je me demande ce qu'il te faut. Dans son exposé, Jean-Luc Mélenchon a joué les cowboy, celui qui en une visite de centrale a vu ce que les experts qui y travaillent tous les jours n'y voient pas. Et puisque Jean-Luc Mélenchon a exclu que ces experts soient malhonnêtes, ce ne peuvent être que des idiots.

    J'ajoute que Jean-Luc Mélenchon n'en est pas à son ballon d'essai sur ce sujet: on se souviendra qu'on l'a vu plusieurs fois dans des manifestations ou des conférences organisées par "sortir du nucléaire". Maintenir que les ingénieurs d'EDF sont compétents, honnêtes et volontaires, et manifester avec une organisation qui prétend exactement le contraire, c'est à ne rien comprendre. Jean-Luc Mélenchon devrait un jour comprendre qu'on ne peut pas adorer en même temps de Gaulle et Billard...

    en fait, je pense que l’erreur dont il parle est stratégique, dans le sens erreur de persister dans cette voie (i. e. le tout nucléaire),

    Ce n'est pas ce qu'il a dit cette fois-ci.

    Je pense qu’au contraire, il admire l’énergie, le volontarisme industriel, et la volonté d’indépendance (par rapport au tout pétrôle, et vis-à-vis des USA, du Royaume-Uni et de l’Allemagne après la 2ème guerre mondiale) de ceux qui ont constitué et planifié le nucléaire.

    Je ne sais pas ce qu'il pense, je n'ai pas le pouvoir de lire dans ses pensées. Je veux bien croire qu'il "admire l'énergie, le volontarisme industriel et la volonté d'indépendence" des artisans du programme nucléaire. Mais si l'on croit ce qu'il a dit dimanche soir, il juge que toute cette "énergie" a été mise au service de la mauvaise cause. Et cela avec des arguments particulièrement faibles.

    Il me semble plutôt que dans son discours de manière générale, il pense que le nucléaire était une bonne stratégie à un instant T de l’Histoire, mais qu’il propose de bifurquer (toujours au nom du même volontarisme industriel) et un défi scientifique encore peu exploré qu’est le domaine thermique.

    Le problème, c'est qu'il propose de "bifurquer" avec des mauvais arguments. On ne peut pas aborder des dossiers techniques sans les avoir travaillé proprement. Le domaine thermique a été très exploré, au contraire, et si l'on n'a pas "bifurqué" là dedans, c'est parce qu'il n'offre qu'un intérêt très limité.

    Pour la centrale de Nogent sur Seine : en fait le problème est la sécurité : en cas d’accident, la seule « solution » serait ouvrir un barrage et capter l’eau. Jean-Luc Mélenchon a surtout « peur » des accidents (non pas parce que les techniciens seraient incompétents ou autres, au contraire, mais parce qu’il estime qu’il n’y a pas de risque zéro), car un seul c’est limite Tchernobyl avec des conséquences sur le long terme très lourdes.

    La seule "solution" à quel problème ? De quel "accident" on parle ? Encore une fois, on ne peut pas aborder ce genre de dossiers sans les avoir travaillé. La plupart des "accidents" qui n'ont que des conséquences négligeables sur l'environnement (ex. fusion partielle du cœur à Saint-Laurent-des-Eaux, 17 octobre 1969). Le fantasme accident=Tchernobyl n'est pas digne d'un "homme de raison". D'ailleurs, un accident de type Tchernobyl est physiquement impossible sur un réacteur a eau pressurisée muni d'une enceinte de confinement (ce qui est le cas de Nogent).

    Effectivement en France il n’y en a pas eu de comparable, et avoir en tête une probabilité d’accidents même minime voire infinitésimale (du fait de l’hyper compétence des ingénieurs français) est une position qui peut te paraître paranoïaque.

    Condamner une filière industrielle sur la base d'une probabilité d'accident infinitésimale alors qu'on admet d'autres activités bien plus dangereuses en les considérant normales est une position paranoïaque.

    Et j’interprète plus sa proposition de transition énergétique comme une dynamique de mouvement historique, qui s’oppose à la mentalité bornée figée sur la prédation des matières fossiles qui perdra les USA. Ainsi être figé sur des acquis perdra certains, ne les imitons pas non plus en restant figé sur le nucléaire.

    Si on veut s'opposer "à la mentalité bornée figée sur la prédation des matières fossiles", alors il faudrait stimuler le travail sur les surrégénerateurs, qui valorisent l'uranium 238, très abondant dans la nature. Curieusement, je n'ai pas entendu Jean-Luc Mélenchon prendre cette position...

    Ce qui devrait rassurer les pourfendeurs des zécolos-bobos, c’est que Jean-Luc Mélenchon a peu de goût pour les éoliennes et le biocarburant, laissons ça aux groupies de tel people écolo.

    Certes. Le problème, c'est que j'observe chaque fois plus notre bon Jean-Luc Mélenchon se sentant obligé de donner des gages aux zécolos-bobos. D'où l'incohérence de son discours antinucléaire, entre l'admiration qu'il a pour ceux qui ont fait le nucléaire en France, et son affirmation que ce projet "était une erreur".

    Tu évoques De Gaulle, que penses-tu de cette analyse de dedefensa (...)

    Je n'ai pas compris qui est l'auteur de cette analyse. Elle me paraît très pertinente en tout cas: la logique politique aux Etats-Unis, qui ont un Etat central faible, est de chercher l'unité en désignant un ennemi commun. En France, ou l'Etat est traditionnellement fort, on peut rallier les gens autour d'un projet commun. Les "grands programmes" publics ont joué en France le même rôle que "l'ennemi" (intérieur ou extérieur) aux Etats-Unis. Ce qui montre d'ailleurs l'importance, pour un parti politique en France, de faire preuve de volontarisme s'il veut rassembler.

    L’extraction d’uranium dépend aussi de certains pays, et sans doute qu’en filigrane, Jean-Luc Mélenchon pense à la françafrique.

    Mais il pense mal. L'uranium est souvent extrait de pays qui n'ont pas d'autres ressources (par exemple, le Niger). Si on arrête le nucléaire, ces pays se retrouveront sans rien. Que Jean-Luc Mélenchon réclame que l'uranium soit payé au juste prix aux pays producteurs et qu'il soit extrait dans des conditions acceptables de sécurité, parfait. Mais ce n'est pas la position qu'il a prise.

  33. 483
    4 Août dit:

    @ Michel Matain

    "Aux Européennes le Front de gauche a recueilli seul 9,15 % des voix.
    Les élections partielles quelque soit leur nature montrent un progrès depuis.
    Et aujourd’hui le Front de Gauche allié au NPA régresserait à 7 %
    ?"

    La liste Mandroux siphonne 10%... Je pense que c'est un coup de Martine pour contrer l'ascension du FdG.

    Au fait, le sondage est issu de 700 personnes appelées au téléphone.

    Il reste 1 mois, il peut s'en passer des choses ! Tient, je propose un buzz: Georges Frêche qui traite ses électeurs de cons.

  34. 484
    Descartes dit:

    @André Assiétoi (#442)

    La preuve est désormais établie. On a la confirmation que c’est bien parce que c’est une bougnoule que tout le monde tombe sur le râble de la candidate NPA qui a un chiffon sur la tête.

    Encore une pauvre victime du racisme, du sexisme, de l'islamophobie !
    "Elle a de la chance, elle est dévenue victime"...

    En 2009, une députée-maire UMP avait fait campagne avec un gros crucifix, y compris sur les affiches.

    Faux. Regarde l'affiche, et tu pourras constater toi même qu'elle ne portait pas "un gros crucifix", mais une croix de taille moyenne. Mais j'avoue avoir du mal à voir le rapport. Est-ce que quelque chose devient admissible à partir du moment ou une candidate UMP le fait ? Quel manque d'ambition...

  35. 485
    Pierre L dit:

    Grève chez Ikea: 2e jour d'occupation du siège social, des magasins fermés.

  36. 486
    4 Août dit:

    http://www.geothermie-soultz.fr/

  37. 487
    Michel Matain dit:

    @ 4 août 475
    Et pourquoi ceux qui ont voté Front de Gauche en 2009 se mettraient à voter socialiste en 2010 ?
    J'y crois pas une seconde !

    Extrait d'un article de l'Huma sur le Languedoc-Roussillon / Autre sondage

    ... Rien n’est joué

    Un sondage commandé par Europe Écologie et rendu public, samedi, par le quotidien Midi Libre, montre que rien n’est joué. Crédité de 29 % au premier tour, le 20 janvier, Georges Frêche tombe aujourd’hui à 24 % dans l’hypothèse où la liste officiellement investie par le PS national, menée par la maire de Montpellier, Hélène Mandroux, se présente séparément de celle d’Europe Écologie. Dans le cas d’une alliance de ces deux formations au premier tour, l’actuel président de région obtiendrait 26 %.

    Ce scénario vient contrarier les affirmations de Frêche qui prétendait, voilà quelques jours, que « Martine Aubry, avec ses histoires, m’a fait passer de 29 à 33 % d’intentions de vote », en référence à la décision de la première secrétaire d’investir une liste contre lui en Languedoc-Roussillon. La liste d’Hélène Mandroux recueillerait 11 % des voix, celle d’Europe Écologie 12 % et la liste Revol du Front de gauche 9 %. La droite restant loin derrière avec 23 % pour l’UMP Raymond Couderc, 3 % pour un dissident de l’UMP, 10 % pour le FN et 8 % pour le Modem.

    ...

  38. 488
    langue-rouge dit:

    @Michel Matain post 471

    Il faudra bien un jour que les adeptes du discours simplistes de l'unité se rendent compte que la somme des parties même quand ces parties sont proches peut aussi faire moins en politique.
    La LCR s'en est bien rendu compte quand elle a constaté qu'une partie conséquente de ses électeurs ne la suivait pas dans ses alliances avec LO et certains vont finir par se rendre compte que certains électeurs en ont tellement marre des abandons succesifs du PCF et du PG coincés dans des alliances mortifères avec le PS qu'ils se réfugieront dans l'abstention voir dans un vote LO en cas d'alliance NPA-FdG.

    Pour autant, l'unité peut créer une dynamique, c'est même la seule solution pour en créer une. Mais encore faut-il se rendre compte que ça n'est qu'un hypothèse et que ce n'est pas la seule condition.
    Pour cela, encore faut-il que les conditions politiques soient favorables, que le programme et la stratégie apparaissent comme une vrai rupture avec la politique au sein des collectivités locales des élus et que les électeurs ne soient pas trop tentés par le vote utile PS ou même Verts. Or aucune de ces conditions ne sont véritablement remplies. Les travailleurs devant l'échec des stratégies des directions syndicales du printemps dernier, pas suffisament confiants en leurs propres forces pour s'opposer frontalement à celles-ci, ne croyant plus vraiment en leurs capacités à changer les choses par leurs luttes ne voient pas d'autres solutions pour affaiblir Sarkozy que de voter PS (ou Europe Ecologie) pour faire dans les urnes ce qu'ils n'espèrent plus faire dans la rue, le faire reculer. Et il faut avouer qu'ils n'ont pas tout à fait tort.

    J'avoue que je ne suis pas convaincu par la capacité des élus PCF et PG à rompre avec leurs pratiques de co-gestion avec le PS. Et même si je suis pour une politique unitaire avec ces partis c'est sans illusion parce que malgré tout je pense que ça peut être un premier pas vers la constitution d'un bloc antilibéral et anticapitaliste radicalement indépendant du PS.
    Par ailleurs, contrairement à certains ici qui oublient tout esprit critique dès qu'il s'agit de leur parti, je sais qu'il manque au NPA une expérience conséquente au sein des institutions avant de pouvoir réellement dégager une orientation efficace sur le terrain permettant tout en conservant son indépendance totale de chercher des compromis possibles allant dans le sens des intérêts des classes laborieuses. Il s'agit de tester sur le terrain jusqu'où peuvent aller les compromis sans que ce ne soient des compromissions, d'inventer une autre façon de faire de la politique, rompre avec les vieilles pratiques gestionnaires des élus pcf tout en s'inspirant par ailleurs de ce que les élus pcf et les quelques élus NPA ont pu faire de bien au sein des collectivités locales.

    Bien sûr, la non participation aux exécutifs me semblent être la ligne jaune à ne pas franchir pour les élus du NPA mais contrairement à ce que certains semblent croire, le NPA ne dit pas que ça et tente aussi de dégager une ligne politique cohérente et crédible en discutant de la façon dont on peut tirer profit du peu de marges de manoeuvres dont nous disposons au sein des institutions.

    Certains affirment que l'unité dans les urnes et une dynamique électorale pourraient créer un appel d'air pour les luttes et que l'absence d'une dynamique électorale pèse dans notre capacité à dynamiser le mouvement social. Ils n'ont pas complètement tort.
    Sauf que ça ne marche pas que dans un sens. L'absence de volonté du PCF et du PG d'accorder toute son importance à une stratégie commune dans les luttes, stratégie qui ne peut se résumer à une non-stratégie de suivisme des directions syndicales, mais surtout l'absence de résistances sociales fortes pèsent aussi en retour sur notre capacité unis ou divisés à créer une dynamique électorale.

    Encore une fois l'unité c'est une condition nécessaire mais pas suffisante pour faire un bon score. D'une élection à l'autre, certains raisonnent toutes conditions égales par ailleurs oubliant que les remous dans le corps social, la montée du désespoir social, le repli vers des stratégie éclatées voir individuelles de résistances ça n'a pas que des répercussions sur le terrain des luttes mais aussi sur celui des élections. Il est probable que si les élections européennes avaient lieu aujourd'hui tant le NPA que le FdG auraient fait moins qu'en juin dernier.
    Dans ces conditions, il n'est pas absurde de penser que l'unité NPA-FdG fasse moins électoralement que ce qu'elle aurait pu faire en juin 2009 et que la somme des voix NPA et FdG des élections européennes d'il y a presqu'un an soit supérieure même en cas d'unité à la liste unitaire NPA-FdG.
    Il n'est pas absurde de penser non plus que l'absence d'unité nationale pèse sur la dynamique locale même si je reste convaincu que l'effet reste marginal.

    Les sondages partout dans les régions montrent un FdG bas et un NPA encore plus bas (probablement encore plus après le lynchage médiatique du NPA avec l'affaire de la candidate portant le foulard).
    Tous les 2 souffrent de la conjoncture sociale, le NPA appuyé davantage sur les luttes, encore plus que le FdG.
    Certains camarades sympathisants sur les boites, très proches de certains comités de "boites" NPA vont s'abstenir ne voyant aucun intérêt à se déplacer alors qu'ils agissent souvent à l'unisson avec les syndicalistes NPA sur le terrain social. Difficile de savoir si c'est révélateur d'un état d'esprit général mais cela ne m'étonnerais pas plus que ça.

    Bref, faisons campagne, retroussons nos manches, qu'on soit ensemble ou non, mais sans illusions. Inutile de donner de faux espoirs aux militants, sympathisants et électeurs. Il y va aussi de notre crédibilité future.
    Mais il faut d'urgence arrêter avec ce discours qui ramène toute notre stratégie à la question de l'unité. C'est le degré 0 de la stratégie. Peut-être cela nous permettra tant côté NPA que FdG d'affiner notre analyse et donc d'être en mesure par la suite de faire mieux.

  39. 489
    Il faut arrêter! dit:

    Oh un mauvais sondage pour l'autre gauche ! Ô joie pour Mazan et Dorant ! Quelle démonstration camarades ! Vous avez raison, seule la division de l'autre gauche et le désintérêt aux luttes électorales nous sauvera! Une bonne défaite nous fera du bien. La classe ouvrière se lévera... plus tard.

    Oh un débat où la droite joue le jeu de la confusion ! Et c'est Lola, Guillot, Langue-Rouge et co qui en rajoutent des tonnes !

    Les camarades du NPA pourraient peut être se concentrer sur les luttes contre la bourgeoisie? Non?

  40. 490
    guillot dit:

    @Descartes

    J'ai écouté Cécile Duflot sur la bande vidéo et elle évalue elle même à 12 cm longueur du crucifix, d'ailleurs bien visible sur l'affiche de la campagne municiaple. Tu as raison, lorsque "c'est une croix de taille moyenne", ce ne peut être un signe religieux. Je fais confiance à ta "bonne foi". Par contre, un voile ou une burqua, il n'y a pas photo, ce sont bien deux signes religieux équivalents, quelle que soit la surface du tissu. N'y aurait-il pas aussi 2 poids et 2 mesures chez toi ?

    La chute des intentions de vote pour la liste unitaire en LR, la liste Mandroux, mais pas seulement (FdG+ NPA= 15% aux européennes). Le vote utile, sans doute. Ainsi en IDF, selon les intentions de vote publiées hier par un sondage dans le Figaro, le FdG perd 2 points et se retrouve à 5%. En Aquitaine, nous aprenons aujourd'hui qu'Oilvier Dartigolles laisse la 1° place à une autre candidate de sa liste FdG dans les Pyrénées Atlantiques. Au cas où la liste FdG en Aquitaine ne franchit pas la barre des 5%, il n'endossera pas l'échec. En cas inverse, il îra siéger quand même. Cela servirait sans doute à cela une femme tête de liste du FdG dans ce département.

  41. 491
    Michel Matain dit:

    @ Langue Rouge 480

    Je te trouve pessimiste.
    Admettons que les électeurs NPA votent peu pour la liste Revol en Languedoc-Roussillon, ça ne change rien au fait qu'il n'y a pas de raison pour que les électeurs Front de Gauche 2009 se jettent dans les bras socialistes en 2010.
    Le Front de gauche devrait avoir un pourcentage de voix au moins égal à ce qu'il a fait l'année dernière tout seul sans le NPA (9,15 %). Par ailleurs, ces élections sont plus proches des élections cantonales que les élections européennes. Et c'est aux élections cantonales que ces dernières années le PCF a eu le plus de voix. 8 % en 2008. Et les élections partielles montrent de bons résultats depuis un an aux candidats Front de gauche ou PCF.
    Tous ces éléments mis ensemble font que le Front de Gauche va faire un bon résultat. Supérieur à ce que disent les sondages aujourd'hui.

  42. 492
    langue-rouge dit:

    Après la pluie, un peu de réflexion au sec:

    "L'insoluble contradiction du voile anticapitaliste" (mediapart.fr)
    dimanche 7 février 2010
    Voile médiatique ou vrai débat? En annonçant, mercredi 3 février, la candidature d'Ilham Moussaïd, une militante voilée, en quatrième position de sa liste dans le Vaucluse aux régionales de Provence-Alpes-Côte d'Azur, le NPA est en proie aux critiques de tous bords, interrogeant la société française sur son rapport à la laïcité et à la politique. Martine Aubry (lire ici), Jean-Luc Mélenchon (voir la vidéo) ou Pierre Laurent (lire ici) réprouvent le choix du parti d'Olivier Besancenot.
    Pourtant, depuis l'Abbé Pierre élu député entre 1946 et 1951 jusqu'à Christine Boutin brandissant la Bible dans l'hémicycle (et l'assumant encore aujourd'hui), en passant par les campagnes électorales de Dominique Strauss-Kahn kippa sur la tête dans les rues de Sarcelles (certes dans une ville où le poids des diverses communautés est grand), les exemples de mélange des genres entre religion et politique sont nombreux. Même le port du voile par une élue de la République n'est pas une nouveauté; on retrouve ainsi, par exemple, sur le site de la mairie d'Echirolles (Isère) le portrait de Besma Mechta, conseillère municipale communiste élue depuis 2008, posant avec un foulard couvrant ses cheveux.

    Avec l'immixtion sur le devant de la scène politique d'Ilham Moussaïd, c'est un débat interne fort complexe traversant le NPA depuis sa création qui est désormais livré à la place publique. Un débat où les contradictions sont nombreuses et les convictions profondes de toutes parts. Au-delà de certaines caricatures cherchant à embringuer dans le contexte «burqa/identité nationale» une réflexion pourtant ancienne, Mediapart revient au fond du débat, tel qu'il est actuellement discuté par les militants du NPA.

    Le NPA a-t-il fait un coup médiatique?

    «Franchement, on se serait bien passé de ce débat en pleine campagne électorale, confie Pierre-François Grond, n°2 et porte-parole du NPA. En l'espace d'une heure, j'ai eu plus de vingt sollicitations médiatiques, dont le 20h de TF1 et de France 2, qu'on a refusé.» Tout part d'un article paru dans Le Figaro mardi 2 février (lire ici). A la va-vite, deux communiqués de presse sont publiés en milieu de matinée, dont le premier ne cite même pas le nom d'Ilham Moussaïd, n'évoquant que «le choix du NPA du Vaucluse qui, après un débat sérieux et complexe, a été d'inclure sur ses listes une de ses membres, militante féministe, anticapitaliste, internationaliste qui estime devoir porter le voile en raison de ses convictions religieuses».

    Un second communiqué, trois heures après, apporte un rectificatif à une citation attribuée à Besancenot dans l'article du Figaro: «J'ai simplement dit: “Ilham est la preuve qu'on peut être au NPA et porter le voile”», exprime la tête de liste anticapitaliste en Île-de-France. «On fait dire à Olivier qu'Ilham est une “militante féministe, voilée et laïque”. Or, ça, c'est ce que dit Ilham, pas Olivier», justifie Grond. Sur le site Arrêts sur image, la journaliste du Figaro maintient toutefois avoir entendu les propos de Besancenot.

    En réalité, le NPA est saisi de ce débat interne depuis sa création, et l'entrée dans la défunte LCR de plusieurs militants issus des «quartiers populaires» (appellation officielle donnée aux banlieues). Dès le lancement du nouveau parti qu'il a impulsé, Olivier Besancenot souhaite qu'il se développe dans les cités, de la même façon qu'il s'implante dans les entreprises. Lors de l'université d'été d'août 2009 à Port-Leucate (Aude), le sujet fait même l'objet de cinq tables rondes (lire notre reportage). Puis, fin septembre 2009, Olivier Besancenot sera la seule tête d'affiche à faire le déplacement au Forum social des quartiers populaires, dans le quartier délabré du Petit-Bard à Montpellier (lire notre reportage).

    A chaque fois, les tensions s'expriment, sur les relations aux associations de quartier, sur l'instrumentalisation politique, sur la pratique du ramadan. Et sur le port du voile, déjà. La candidature d'Ilham Moussaïd doit donc d'abord être interprétée comme la continuité de ce questionnement.

    Qui est Ilham Moussaïd?

    Militant à Avignon, et historique de la Ligue, Jacques Fortin voit dans cette étudiante de 25 ans «une fille bien, posée, qui n'essaie pas d'instrumentaliser le NPA au profit de questions communautaires. Lors de son adhésion, son voile n'avait pas posé de problème, plutôt de la sympathie». Comme le raconte Hendrik Davi, un autre militant avignonnais, sur son blog dans Mediapart, «Ilham Moussaïd a milité au sein d'un collectif contre l'occupation de Gaza, il y a un peu plus d'un an». Etudiante, elle participe aussi aux grèves dans sa faculté et devient trésorière locale puis départementale du NPA dans le Vaucluse.

    En octobre 2009, elle a participé à une formation près de Rouen, sur la question du féminisme. Elle en garde le souvenir d'un «moment d'échanges qui s'est très bien passé. Je comprends le discours, et c'est vrai qu'il y a des femmes soumises chez les femmes voilées. Mais l'inverse est aussi vrai, je ne me sens pas du tout soumise et je me retrouve dans les principes d'égalité, de justice et de répartition des richesses qui sont portés par le NPA».

    Désignée candidate à l'issue d'un vote des militants du Vaucluse, par 60% des voix, elle entend «défendre la parole des classes populaires et du quartier d'où je viens (La Rocade, à Avignon) mais pas sur le voile. Plutôt sur les questions de discriminations, de logement ou de chômage. Je ne suis pas là pour représenter les femmes voilées, mais j'espère que ça parlera à des gens, que ça fera réfléchir». Aujourd'hui, si elle se dit en accord avec le programme anticapitaliste, elle ne songe pas à retirer son voile: «Il y a des croyants au NPA, de différentes religions. Si j'attire l'attention, c'est seulement parce que l'expression de ma foi est visible.»

    Pour l'un de ses proches, Abdel Zahiri, «Ilham a une vraie légitimité militante. Et il se trouve qu'elle porte le voile. Mais ce n'est pas son combat. Cela dit, c'est aussi un message d'ouverture. C'est un moyen de dire que tout le monde a toute sa place au NPA. Et puis jusqu'ici, les filles voilées étaient obligatoirement soumises. Elle montre que ce n'est pas totalement vrai».

    Pour autant, la désignation d'Ilham Moussaïd fait débat en interne et passe mal. Sa proximité avec Abdel Zahiri n'y est pas pour rien. Provocateur, il ne cesse depuis son adhésion de bousculer les certitudes des militants traditionnels, bien plus structurés politiquement, au sens classique de l'extrême gauche. D'abord taxé de communautarisme, il est désormais critiqué pour son «caractère incontrôlable et individualiste» par certains militants locaux.

    En août 2009, il confiait à Mediapart, à l'issue d'une longue discussion avec le philosophe Daniel Bensaïd: «Moi, quand je viens aux universités d'été, je me déguise en Arabe, avec une djellaba. Mais en vrai, je ne m'habille jamais comme ça chez moi. Seulement, ça permet d'habituer les gauchos, en confrontant les pratiques et en laissant de côté les passions. Ça permet de gagner du temps. Dans l'autre sens, moi j'ai besoin de formations sur le marxisme et tout le bordel, car ça m'intéresse et je n'y connais rien.»

    Intrigué par le personnage, Daniel Bensaïd (décédé il y a deux semaines) disait alors, en évoquant les menus ramadan spécialement servis à une dizaine de militants musulmans: «Cela pose la question de ce qu'on veut. Si l'on veut ouvrir la politique à ceux qui en sont privés, il faut être attentif. Par exemple, on ne peut pas fixer un Conseil national qui aurait lieu pendant l'Aïd-el-Kébir. C'est vrai que ça ne nous viendrait jamais à l'esprit de l'organiser le jour de Noël.»

    Mais le débat actuel au NPA, local et national, se porte lui sur la question de la laïcité et du féminisme. Et il est loin d'être simple…

    Quel est l'état du débat au NPA?

    Au cœur de la controverse, qui dépasse tous les courants de pensée jusqu'ici constitués au sein du NPA, c'est bien l'illustration de l'abandon des fondamentaux trotskystes qui est en jeu. «On est pris dans nos contradictions et entre deux tensions, reconnaît Pierre-François Grond. Entre l'envie de casser les barrières de la politique traditionnelle et l'attachement à nos valeurs féministes et laïques. Aujourd'hui, l'important est de pouvoir entrer dans le parti avec ses croyances, tout en adhérant à une visée émancipatrice. Mais il ne s'agit pas d'imposer des pré-requis, comme il y a trente ans.»

    Pour Anne Leclerc, responsable de la «commission féminisme», «il est évident que le NPA, ce n'est plus la Ligue. Mais je pense que la croyance doit rester une question individuelle. Le problème, c'est de ne pas entrer dans la logique de stigmatisation anti-musulmane et de garder le cap de l'émancipation».

    De son côté, Omar Slaouti, responsable de la «commission quartiers populaires», met en garde contre «l'idée malsaine que le NPA rechercherait des militantes voilées. On effectue un travail dans les quartiers, et il se trouve juste que dans ces endroits, où on ne voit plus la gauche, il y a plus de musulmans qu'ailleurs. La question est alors: “Quelle place on leur accorde?” Mais rien que de poser cette question, j'ai un peu honte…».

    C'est bien la représentation politique qui pose problème, dans la pratique. Un parti se disant laïque peut-il présenter une candidate présentant un signe extérieur religieux? Selon Slaouti, «il ne peut y avoir de militantisme à deux vitesses. Ce n'est finalement pas si éloigné du débat qu'on pouvait avoir à la Ligue dans les années 1980, quand on se battait pour que les travailleurs immigrés puissent être syndicalistes, et pas seulement syndiqués. Et puis Ilham a un discours très clair sur les valeurs féministes, sur l'avortement ou sur l'homosexualité. Et elle combat là où les féministes ne sont pas toujours implantées».

    Pierre-François Grond tente lui de démontrer la difficulté du cas présent: «Si une femme voilée vient nous voir et porte un discours inégalitaire, il n'y a pas de problème, elle n'a pas sa place chez nous. La difficulté politique, c'est quand une femme voilée nous rejoint et porte un discours en adhésion avec nos principes. Ici, il ne s'agit pas de la laïcité à l'école, mais d'un choix religieux d'adulte consentant.»

    Anne Leclerc, qui a mené des formations au féminisme «très enrichissantes et pas du tout passionnées» avec Ilham Moussaïd, rajoute un autre élément dans l'embrouillamini théorique: «Il y a aussi chez nous des musulmanes non voilées, qui sont croyantes mais opposées au foulard. Et elles vivent très mal, peut-être même plus mal que nous, le fait de voir une candidate du NPA voilée. Pour une fille comme Fahima Laidoudi, qui est membre du comité politique national, les vraies questions sont la précarité et le chômage, et le voile une diversion.» Et d'expliquer le fond du problème: «Rien n'a été codifié sur cette question au lancement du NPA. On a bien sûr comme principes fondateurs la laïcité et le féminisme, mais on ne s'est pas posé la question de la religion.»

    Alors, le NPA a décidé de trancher la question religieuse lors de son prochain congrès, du 11 au 14 novembre 2010. En attendant, la direction anticapitaliste laisse tout le monde s'exprimer, tant la diversité des points de vue semble grande en son sein. Et sur son site, à côté du communiqué du NPA Vaucluse, on retrouve celui de la minorité locale ayant rejeté la candidature d'Ihlam Moussaïd. «Ce débat n'est pas choquant, il est même salutaire et sera transparent, promet Pierre-François Grond. On l'entamera après les régionales, et on le fera sérieusement, en produisant des textes et sans brutaliser quiconque.»

    Stéphane Alliès.

  43. 493
    langue-rouge dit:

    Un dernier pour la route avec un petit bémol: La commission féministe du NPA très active, probablement la plus active et la plus impliquée numériquement dans les luttes féministes parmi les partis de la gauche radicale est divisée sur la question. Certes, c'est souvent selon une fracture générationnelle, les jeunes ayant souvent (pas toujours) une conception plus ouverte de la laïcité et plus contradictoire du voile que les vieilles mais certaines vieilles militantes féministes historiques sont pleinement solidaires d'Ilham.

    Vincent Tiberj est chercheur à Sciences-Po et au Centre d’études européennes, spécialiste de l’extrême gauche et de l’immigration. Il revient sur les raisons qui ont amené le NPA a présenter une candidate voilée.

    La présentation d’une candidate voilée, est-ce un "coup" politique du NPA ?

    Non. Cela tient à une tradition de la LCR et du NPA qui essaient de coller à une forme de représentativité sociale à la différence des autres partis. Déjà en 2002, aux législatives, c’était à l’extrême gauche qu’on trouvait le plus de femmes, le plus de jeunes, et le plus de profils sociaux différents. Cette candidate, femme, jeune et qui revendique son islam est symptomatique car elle est l’antithèse du profil classique de l’homme blanc, de catégorie sociale supérieure, de 50 ans.

    Pourquoi cette candidature choque-t-elle autant ?

    Parce qu’il y a une certaine illusion de ce que doit être un parti trotskiste ! C’est l’image du bon vieux cadre ouvriériste pour qui seule la question sociale compte, symbolisé par LO. Le NPA, c’est un vrai syncrétisme des gauches post-matérialiste et mouvementiste, avec des références comme l’écologie, le droit à la différence et la défense des sans-papiers. On ne peut pas comprendre ce qui s’y passe si on ne se souvient pas qu’Olivier Besancenot a milité pour le devoir de mémoire de la colonisation au lendemain des émeutes de banlieues en 2005. A la différence des autres partis, le NPA a fait de son intervention dans les quartiers une priorité. Ce sont autant de signes qui montrent, qu’au NPA, la diversité culturelle et religieuse n’est pas une nouveauté.

    Cette spécificité induit-elle une approche différente de la laïcité et du féminisme ?

    Oui et c’est pour cette raison qu’un certain nombre de militants sont choqués. Il y a au NPA comme dans le reste de la société, plusieurs conceptions de la laïcité qui s’affrontent : la vision classique d’une vieille laïcité de gauche où la religion est un ennemi qu’il faut combattre et pour qui une telle candidature est inenvisageable ; la laïcité classiquement républicaine séparant la sphère privée et la sphère publique pour qui cette candidate a le droit d’être croyante mais ne peut pas apparaître voilée ; et enfin une laïcité multiculturelle qui considère qu’à partir du moment où il y a un certain nombre d’idées partagées, qu’on soit juif, musulman ou chrétien, ne choque pas. Pour eux, le voile n’est pas forcément un signe d’oppression mais un choix.

    Cette différence de conception touche aussi le féminisme. Les militantes qui montent au créneau sont celles qui se sont battues, dans les années 1970, contre toutes les formes de dominations masculines, notamment religieuses. Pour elles, le voile est perçu comme une imposition par les hommes. Ce sont des situations qui existent, mais cela ne semble pas être le cas de cette candidate qui affirme que le voile est un choix personnel.

    Est-ce que l’arrivée de femmes voilées en politique ne va pas concerner d’autres partis ?

    Ce phénomène a déjà touché le PS qui a une conseillère municipale voilée à Creil (Oise) et le PCF à Echirolles (Isère). A partir du moment où les partis considèrent que les quartiers ne doivent plus être des déserts politiques mais des endroits où il faut avoir des candidats, ce débat va se poser.

    Les musulmans représentent une minorité qui vont vouloir aussi s’insérer dans un parti. Il ne faut pas s’arrêter aux préjugés : selon nos études, les musulmans sont autant sinon plus attachés à la laïcité que les catholiques !

    Propos recueillis par Sylvia Zappi

    http://www.lemonde.fr/elections-regionales/article/2010/02/08/vincent-tiberj-si-les-partis-considerent-que-les-quartiers-ne-doivent-plus-etre-des-deserts-politiques-ce-debat-va-se-poser_1302647_1293905.html

  44. 494
    langue-rouge dit:

    @Michel Matain post 482
    C'est un peu court sachant qu'en plus ces élections sont très partielles avec une abstention énorme et que cela ne te dispenses pas d'une analyse de fond sur les conditions concrètes tant sociales que politiques dans lesquelles ont lieu les prochaines élections régionales. En basant ton analyse sur les résultats aux cantonnales, tu oublies un peu vite que dans la plupart de ces élections, le NPA ne présente tout simplement pas de candidats ce qui à mon sens est une erreur. Certes, ce sont les élections où l'étiquette pèse le moins et où la notoriété locale joue le rôle le plus important mais sans une présence régulière à toutes les élections on se condamne à avoir des candidats locaux peu connus.
    Du coups, le PCF bénéficie du report d'une partie de l'électorat NPA sur ses candidats et l'oublie un peu opportunément quand il s'agit de mesurer l'influence électorale des différents courants de la gauche radicale.

    Perso, je connais des militants NPA qui ont voté aux dernières élections cantonnales pour le candidat PC la mort dans l'âme faute de candidat NPA et cela ne fera pas d'eux ni des électeurs du FdG ni des sympathisants.

    Je ne suis pas pessimiste, je suis réaliste. Cela ne m'empechera pas de mouiller la chemise, d'arracher chaque voix avec les dents mais je n'en oublie pas pour autant de constater la réalité.
    Et puis la campagne ne fait que commencer. Si la question sociale revient au premier plan, si les luttes redémarrent, si... Qui sait ?

  45. 495
    4 Août dit:

    @ LR

    Si la question sociale revient au premier plan, si les luttes redémarrent, si… Qui sait ?

    Gagné !

  46. 496
    Pierre L dit:

    Candidate voilée au NPA: Buffet est choquée

    Par contre là....

    Le premier qui dit que Madame Buffet est une faux-cul hypocrite est un anti-communiste.

  47. 497
    Pierre L dit:

    NPA : Aubry n'aurait pas accepté une candidate PS voilée

    Par contre là...

    Le premier qui dit que Madame Aubry est une faux-cul hypocrite fait le jeu de la droite.

  48. 498
    Mazan dit:

    Michel Matain 487

    Le sondage que tu sites démontre le contraire de ton argumentation. Il confirme que l'analyse de Mélenchon est fausse. Dans le cas de figure auquel tu fais référence, la baisse de Frèche ne profite pas au FdG + NPA ni à EE, et il n'hypothèque pas la victoire de Frèche.

    Les sondages ne possèdent pas de vérité exacte dans les pourcentages mais tendanciellement, ils donnent une information valide.

    Tu réponds en citant un sondage du Midi-Libre. Je te signale que le sondage de ce matin est un sondage du Midi-Libre. Sondage contre sondage, un sondage du Midi-Libre vaut bien un sondage du Midi-Libre plus collant à la réalité du moment où une tendance se confirme.

    J'ai déjà eu l'occasion de te répondre sur les élections partielles. Elles ne confirme pas une poussée du FdG. Dans le meilleur des cas, quelques petites fraction de pourcentage en plus et dans l'autre parfois un effondrement de candidats PCF.

  49. 499
    Louise dit:

    En passant,

    pas trop là, c'est que je bosse:
    - à débroussailler les discours d'économistes
    que j'ai sous le nez. Pas facile, mais bon.
    - convaincre ailleurs, et je crois que "j'"y arrive...Ne pas vendre
    la peau de l'ours avant de l'avoir tuée je sais. Bon j'ai
    pris des interlocuteurs à ma mesure hein, je fais comme je peux.
    Mais l'effort de cohérence politique qui a été fait (et continue d'être fait bon an mal an)
    m'aide ENORMEMENT. Merci pour nous.

    @Annie
    Je fais tourner!
    @Andréassiétoi/ACRIMEDLORDON
    merci merci!

    Courage, courage!

  50. 500
    gp91 dit:

    @Pierre L.
    431
    une petit coup de google et :
    http://www.piran.org

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