A Bruxelles, le jour des fantômes Accident de jardinage
nov 09 13

Cette note est longue. J’y parle du retour de la «directive services», fille de la Bolkestein, qui est revenue à l’ordre du jour du parlement européen cette semaine. Elle sera transposée en droit français d’ici au 28 décembre prochain. Je mets mon analyse à la disposition de ceux qui veulent faire de la sensibilisation sur ce thème. Sinon je parle d’autres choses aussi un peu avant et si vous voulez savoir quoi, allez voir.

 

 

 

Unitaire, si tu savais !

Il y a eu une réunion en vue de l’unité de l’autre gauche, le dix novembre, au siège du Parti de Gauche. La sixième, je crois. Je ne la raconte pas. Tout cela est disponible en vingt versions différentes et peut-être même en braille pour que nul n’en ignore. On trouve le point de vue du Parti de Gauche à la une de son site. On peut connaitre ma façon d’en parler en prenant le lien avec le site de «France-info» qui m’a interrogé sur la question le matin du 11 novembre, juste avant que je prenne le train pour Bruxelles. Cette vidéo est également sur mon pavé vidéo juste à côté de cette colonne. Maintenant nous voici engagés dans la dernière phase du ridicule : deux réunions convoquées séparément pour discuter sur la base du même texte. Et quel texte ! Le texte du Front de Gauche ! Ca va pas nous grandir ! Mais ça me rajeunit ! Me re-voila plongé dans l’ambiance des poisons et dentelles des assemblées générales d’étudiants de ma génération. L’enjeu de toute cette agitation est de savoir qui va porter la casquette du «pas gentil qui divise». C’est dérisoire. Stop ! Je ne joue plus. Nous avons une divergence qui s’est concentrée sur la question du «troisième tour». Pouvons nous ou non participer à des exécutif quand nous ne sommes pas nous même en tête de la gauche ? Nous avons une divergence sur le sujet depuis le début. Toutes les autres divergences ont été dépassées. Pas celle-là. Assumons le aussi simplement qu’on se l’est dit franchement au lieu de s’inventer des pièges. Pour moi je prends ça comme un échec personnel car j’avais absolument la certitude que le NPA ferait le pas. Je l’ai dit de tous côtés et mes amis ont fait tout ce qu’ils pouvaient de toutes les façons possibles pour y arriver. Ca ne se fait pas. S’il faut un perdant en «image» dans cette histoire, puisque on dirait que c’est le sujet, c’est moi, c’est d’accord. J’assume. Je rappelle quand même de quel pas il s’agissait de franchir: poser des conditions à la participation aux exécutifs et examiner le soir du premier tour si elles sont remplies, en confiant aux militants et candidats du plan local cette appréciation. Cela me paraissait praticable sans que personne ne se renie. Surtout en ayant précisé que personne ne serait jamais obligé d’aller siéger là où il ne le voudrait pas. Et en ayant ajouté qu’on ne siègerait en aucun cas avec des MODEM. Au-delà ce serait accepter l’idée qu’on ne peut en aucun cas, jamais, former des majorités de gauche dans une assemblée. Ce n’est pas notre identité. J’admets qu’on pense autrement. Evidemment. Mais dans une alliance électorale de l’autre gauche, comme celle que nous avons en vue à propos des régionales, on ne peut demander à l’une des composantes de renier ses fondamentaux. Je ne le demande pas aux autres. Donc il fallait trouver un point de vue de dépassement de la difficulté. C’est ce qui n’a pas été possible avec notre formule. A présent il nous est proposé de discuter le programme ! Que veut dire une discussion sur le programme, question on ne peut plus simple à régler, si on n’est pas d’accord sur la façon de le faire passer dans la vie ?

Le clone de Bolkestein

Vous vous souvenez de la fameuse directive Bolkestein ? Elle a une héritière. Elle s’appelle « directive services ». On l’avait sur les bras au parlement à Bruxelles, jeudi matin. Mais il s’agissait seulement de faire le point sur son application. Pas de voter ou de changer quoique ce soit à son contenu libéral. Car après l’épisode Bolkestein, une nouvelle mouture a été rédigée et adoptée par le parlement européen. C’était le 16 février 2006. Cette deuxième version a franchi une à une, toutes les étapes que doit parcourir un texte européen. D’abord le Parlement a adopté par 394 voix pour, 215 voix contre et 33 abstentions le rapport sur le sujet de Mme Evelyne GEBHARDT, du Parti Socialiste Européen (PSE). Pour mémoire soulignons que la droite n’avait alors que 268 députés, les libéraux d’ALDE 88, le PSE 200, les Verts 42 et la GUE/NGL 41… Une fois de plus donc, le PSE a donc massivement contribué à l’adoption de cette directive libérale. 137 eurodéputés PSE ont voté pour, dont le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen et le président du groupe socialiste, Martin Schulz. Seuls les députés socialistes français ont voté contre, à l’exception de Michel Rocard qui a voté pour. Les députés Verts ont voté contre mais les libéraux ont voté pour y compris Marielle de Sarnez … On peut dire qu’il y a de quoi avoir peur.

Un champ vraiment trés large

Car le champ de la libéralisation prévue est potentiellement très large. D’après son article deux, la directive s'applique en effet à tous les services fournis par les prestataires ayant leur établissement dans un État membre. L'article quatre définit la notion de « service » comme toute activité économique non salariée, exercée normalement contre rémunération. Quant au «prestataire», il s'agit de toute personne physique ou morale ressortissante d'un État membre qui offre ou fournit un service. On se demande ce qui peut échapper à de telles «définitions» ! Certes il y a des dérogations partielles pour les services publics. Partielles seulement, il ne faut pas rêver ! Parce que certains sont directement et explicitement inclus tels que les services postaux, la distribution d’électricité, de gaz, d’eau, le traitement des déchets. Mais aussi l’éducation et la culture pour les compartiments de ces secteurs que les Etats décident ou non d’ouvrir à la concurrence. Echaudée par l’émeute anti Bolkestein, la Commission, très habile, le 4 Avril 2006, rend une proposition de directive bien réécrite dans laquelle elle inclut les modifications votées par le Parlement européen. Genre : ce n’est pas moi qui ai décidé ce sont les parlementaires eux-mêmes. Pas contents ? Allez les voir ! Le 24 Juillet 2006. Le Conseil des ministres, c'est-à-dire les Etats nations qui constituent l’union européenne, approuvait la proposition modifiée de la Commission sans y apporter de modifications notables. Et, enfin, le 15 Novembre 2006, c’est le triomphe du texte. Le Parlement européen adopte sans l’amender en deuxième lecture la proposition de la Commission avalisée par le Conseil. Qui vous a parlé de tout ça dans la campagne des européennes à part le Front de Gauche ? Et en plus je suis sûr que beaucoup ne se souvenaient pas de tout ça ! Ne dites pas non ! Moi aussi j’ai dû tout réapprendre à l’occasion de cette session du Parlement à Bruxelles. Quelle vie !

La vie en catimini

Très peu d’informations sont disponibles sur la transposition en France de cette horreur anti-sociale. Le gouvernement est particulièrement discret sur la question. Pourtant il y a une date limite pour transposer. C’est le 28 décembre 2009. C’est donc maintenant tout proche. Juste après Noël, pendant la trêve des confiseurs. A prendre très au sérieux. Car cette transposition impacte un très grand nombre de textes de lois et de décrets en vigueur. Elle va modifier les règles d’installation et d’exercice de très nombreuses professions. D’ailleurs, faute de débat public à ce sujet les professionnels eux-mêmes, notamment les PME, seront le plus souvent démunis. Et ils sont en tous cas très mal préparés à l’arrivée prochaine dans leur secteur de firmes concurrentes, souvent beaucoup mieux armées qu’eux aux subtilités de cette directive. Cependant, parmi les rares documents disponibles sur cette transposition on trouve deux rapports parlementaires du Sénat. Mes anciens collègues les ont publiés en février 2008 et en juin 2009. Ces rapports, rédigés par le sénateur UMP Jean Bizet, contiennent une révélation. Ils expliquent la stratégie de communication et la méthode de transposition choisie par le gouvernement. Faire passer le tout en catimini. Mot d’ordre : pas vu, pas pris !Et comme Jean Bizet n’a pas peur des mots, il confirme le contenu très libéral de cette « directive pas comme les autres ». Si c’est lui qui le dit !

Secret et saucisson

Voici des morceaux choisis des rapports sénatoriaux qui donnent l’ambiance et m’évitent de longs développements moins bien écrits. « Le gouvernement français a abandonné l’objectif, qu’il avait initialement envisagé, de déposer un projet de loi-cadre pour transposer la « directive services ».Certains États membres, ayant fait le choix inverse, transposeront la directive au moyen d'une loi-cadre […] (Royaume-Uni, Espagne, Pays-Bas, République tchèque) […] Le gouvernement français justifie son choix en grande partie par des considérations politiques tenant à la forte sensibilité des implications de la « directive services » […]. Une loi-cadre de transposition pourrait en effet servir d' « épouvantail » à tous ceux qui seraient tentés d'instrumentaliser un exercice essentiellement technique à des fins électorales. Elle ne doit pas constituer un prétexte à la « cristallisation » des mécontentements de tous ordres, d'autant plus nombreux en période de crise. » (rapport Bizet du Sénat, juin 2009) Vous avez bien lu : il s’agit délibérément de sortir le sujet du débat public et d’empêcher que le mouvement social s’en empare. La bonne méthode pour ne pas se faire repérer c’est de saucissonner la transposition. C’est ce que confirme le rapport sénatorial : « L'abandon par le gouvernement français d'une loi-cadre de transposition conduit à instiller plusieurs dispositions de nature technique à l'occasion de l'examen de différents projets ou propositions de loi afin de mettre la législation française en conformité avec les prescriptions de la directive. Cette méthode est sans doute moins lisible, tant pour les parlementaires que pour l'opinion publique, mais elle permet, en « technicisant » la transposition, d'éviter l'apparition de polémiques stériles. » (rapport Bizet du Sénat, juin 2009)Les polémiques stériles, c’est ce qu’on appelle le débat démocratique dans d’autres pays

Lois sous perfusion libérale

Le rapport sénatorial énumère quelques exemples de transpositions noyées dans des lois ou des décrets plus larges. On en apprend de belles. Mais il n’existe cependant aucun inventaire global et complet des modifications effectuées ou projetées pour transposer la directive. Voici, pèle mêle, quelques exemples de ces premières mesures de transposition qui sont passées sans crier gare. Ainsi la loi de modernisation de l’économie de 2008 comporte des mesures de transposition pour déréglementer l’urbanisme commercial. En effet certaines obligations comme le recours préalable à des tests économiques pour autoriser les implantations de grandes surfaces étaient en effet considérées par la Commission comme des entraves à la concurrence au sens de la directive services. On trouve aussi des mesures de transposition dans la loi de développement et de modernisation des services touristiques de 2009. Elle prévoit notamment que l’activité d’agence de voyage ne devra plus nécessairement être exercée de manière exclusive. … Ce n’est pas malin ! Car cette clause de spécialisation est plutôt une des garanties contre la prolifération d’agences de voyages bidons sans véritable assise professionnelle ou financière. Plus inattendu, la transposition de la «directive services» est aussi allée se nicher dans la loi de réforme de l’hôpital. Pour alléger les modalités d’autorisation et de contrôle des établissements et services médico-sociaux, là encore jugées attentatoires à la libre concurrence … Avec le risque de dérapage que l’on peut facilement imaginer au détriment d’un public souvent démuni. Dans de nombreux secteurs cette déréglementation crée aussi un risque de discrimination à l’envers : certaines exigences continueraient à s’appliquer aux professionnels français alors que leurs concurrents communautaires exerçant en France en seraient dispensés au nom de la libre concurrence. Par exemple, la directive n’a pas prévu de garanties pour que les règles nationales de responsabilité et d’assurance sur les constructions soient systématiquement imposées à un prestataire étranger.

Le Royaume-Uni comme modèle

Pour mettre en œuvre la directive les Etats sont invités à effectuer un vaste réexamen de leurs législations, qui est appelé « screening » dans le jargon communautaire. Voila ce qu’en dit le même rapport du sénateur UMP Jean Bizet, révélant la logique d’alignement par le bas sur les législations les plus libérales: « L'état d'avancement du screening dépend du caractère plus ou moins libéral de la législation initiale. Dans certains États membres, le secteur des services était déjà largement libéralisé avant même l'intervention de la directive, alors que, dans d'autres, les modifications à apporter pour effectuer la transposition sont bien plus substantielles, ce qui peut donner l'impression d'une lenteur des progrès. C'est aussi pour cette raison que les évolutions en termes d'allégements de charges consécutives au screening sont plus ou moins importantes. Ainsi, elles paraissent limitées au Royaume-Uni, sans doute parce que les formalités administratives dans ce pays sont déjà bien plus légères que dans d'autres. » (rapport Bizet du Sénat, juin 2009)

Thérapie de choc libérale

Le gouvernement a parfaitement conscience de ce parti pris libéral. C’est au point, que, dans une circulaire du 22 novembre 2007, adressée aux directeurs de cabinet des ministres, le directeur de cabinet de François Fillon écrivait que la transposition « n'est pas exclusivement de nature juridique : aux côtés d'autres chantiers ouverts par le gouvernement, [elle] constitue une opportunité supplémentaire pour simplifier les procédures, diminuer les charges qui pèsent sur les entreprises, moderniser l'économie et développer la croissance et l'emploi ». Dans sa version de février 2008, le rapport Bizet du Sénat expliquait ainsi le lien entre la directive Services et les autres réformes libérales du gouvernement : « La dynamique « antibureaucratique » de la « directive services » devrait être accentuée par un contexte favorable à la réforme de l'État et de l'Administration dans notre pays. » Et de citer la politique de « réduction des charges administratives sur les entreprises » impulsée par la directive services et reprise de manière zélée par le gouvernement : « l'objectif fixé par le gouvernement est ambitieux, puisque la réduction de 25 % de la charge administrative doit être atteinte d'ici 2011, soit avec un an d'avance par rapport à l'échéance fixée par les institutions communautaires. » Sans oublier la Révision générale des politiques publiques et le très libéral rapport de la commission Attali. Et devinez qui l’on trouvait justement parmi les illustres membres de cette commission nommée par Sarkozy ? Evelyne Gebhardt, la députée PSE rapporteur de la directive services au Parlement européen … Une illustration de plus du naufrage libéral de la social-démocratie en général et du SPD allemand en particulier.

Malgré la crise

Dans sa version de juin 2009, le rapport du sénateur Bizet craignait qu’avec la crise, le contexte ne soit plus porteur pour la transposition de la directive services. Vraiment ? « Il est à craindre, soupire le sénateur, que la crise financière et économique, et ses conséquences notamment sociales, qui affecte l'ensemble de l'Union européenne, ne relègue la transposition de la directive au second rang des priorités de bien des États membres. » En effet ! C’est ce que devraient faire des gens censés, après le désastre produit par les déréglementations en matière financière ! Le bon sens le plus élémentaire commanderait en effet de mettre la directive services à la poubelle. Elle va être transposée en droit français. La crise va donc s’aggraver. L’Europe ca devait être la solution, c’est le problème.

483 commentaires à “Entre deux cauchemars”

Pages : « 1 [2] 3 4 5 6 7 8 9 10 1149 » Voir tous les commentaires

  1. 11
    VERGNES dit:

    Certains pensent qu’il faut tout faire pour que le PS ne dérive pas vers le Modem.
    Et c’est bien pour cela que dés le 1er tour le FDG lui envoie un message d’alliance pour le 2éme tour.

    Mais c’est prendre le problème à l’envers.
    Ce n’est pas le Modem qui fait dériver le PS vers la droite.
    C’est parce que le PS dérive depuis 1983, que la formation politique Modem a pu voir le jour en 2006/2007 vu le programme droitisant du PS qui permettait alors de faire la jonction et d’alimenter le sentiment de plus en plus partagé « on ne voit pas bien la différence entre la gauche (PS) et la droite.

    Ce sentiment a d’ailleurs été conforté par la politique « d’ouverture » de Sarkozy, avec le débauchage des « personnalités  » de gauche, des missions de Rocard, Lang, Attali…..et sans parler de Besson.

    Nous n’avons pas vocation à servir de caution de gauche du PS.

    Le PS fera ces choix d’alliance en fonction de ses intérêts électoraux et non sur la base d’un programme (auquel il travaille depuis 2002 !?)

  2. 12
    4 Août dit:

    Jean-Luc nous fait 2 démonstrations magistrales ce soir:

    1. On peut être dans un exécutif (le PE) sans être mouillé dans ses magouilles.
    2. Qui nous aurait prévenu de ces magouilles, justement, si personne n’avait voulu rester aux exécutifs ?

    Faisons pareil aux régionales.

  3. 13
    claude dit:

    @VERGNES (3):

    Non, je ne crois pas que le terme « groupuscule trotskyste » vise le NPA. Il vise tout simplement à rappeler qu’il y a des moments historiques où il faut passer par-dessus les divergences idéologiques fiées et doctrinales.

    Depuis que je lis ce blog, la plupart des intervenants du NPA n’arrêtent pas de dire que NPA # de la LCR. Il y a peu, j’ai même lu ici qu’Olivier Besancenot avait dit qu’il n’était pas trotskyste, alors faudrait savoir.

    Entre nous, que le NPA revendique ou non d’être trotskyste, on s’en moque : des (anciens) trotskystes, il y en a dans quasimment tous les partis de gauche que je connais et hormis quelques membres éminents du PS, j’en connais peu qui en ont honte. Prendre la mouche et crier au scandale à chaque fois que le mot est prononcé… pourquoi pas, mais ici tout le monde est adulte et les anathèmes ou la stigmatisation, on laisse ça à ceux qui ont besoin de martyrs.

  4. 14
    VERGNES dit:

    Il apparaît de plus en plus, dans les interventions des militants PG, de JLM, de Coquerel que c’est quand même avec des pincettes qu’ils comptent sans illusion rejoindre les exécutifs…On sent bien que c’est un demi-choix, qu’il y a un doute.

    Pour changer significativement le paysage politique de la « gauche », il faut un électro-choc dans le jeu traditionnel du ralliement au parti hégémonique qui estime comme un du et avec mépris les voix et le soutien de le gauche de la gauche.

    Alors oui, pas une voix ne manquera contre la droite mais pour autant nous devons clairement, concrètement à tous ceux qui veulent une vraie gauche, que nous ne cautionnons pas la politique d’accompagnement du PS.

    Il y a bien un moment où il va falloir donner corps, matérialiser aux yeux de tous que la GAUCHE c’est nous! Les Régionales doivent en être l’occasion, c’est bien là l’enjeu de listes unitaires anticapitalistes.

  5. 15
    VERGNES dit:

    @ Claude

    Ok, alors en quoi la référence au groupuscule trotskyste enrichit le débat ?

  6. 16
    Lionel 36 dit:

    On ne peut pas gâcher son temps à faire entrer dans notre réflexion sur les transformations à faire, plus d’éléments sur des comportements passé du PS ou d’autres qu’il n’est nécessaire.
    Nous savons, d’après ce que je lis des uns et des autres, ce que nous voulons faire.
    Nous savons ce que l’on ne veut plus qu’il soit fait.
    Alors, majoritaires ou minoritaires, l’important il me semble, sera de ne pas perdre de vue le cap donné, de toujours affirmer haut et fort notre idéal.
    Bien entendu, aux camarades qui prétendraient être de gauche, nous n’accorderons nos soutiens et nos votes que si leur route ne va que vers la gauche !!!
    Si nous n’avons pas confiance dans nos éventuels futurs alliés, au regard du passé, c’est légitime, c’est réaliste, c’est utile, tant que cela nous permet de mieux comprendre les erreurs de ce passé et de mieux préparer l’avenir.
    Mais cela serait une erreur si cela nous devait nous empêcher ici et maintenant de remettre sur le devant du monde politique le socialisme qui a toujours été combattu par les possédants partout et à toutes les époques.

  7. 17
    claude dit:

    Le lien proposé par Boris Yarko (1) est celui qui m’est venu en premier à l’esprit à la lecture du billet de JLM… Mais, au-delà, il y la suppression de la taxe professionnelle : rappelons que comme les entreprises la paye avec 2 ans de décalage, elle s’appliquera réellement en 2014. A cemoment-là, mieux vaut que ce ne soit ni l’UMP ni le PS qui soit aux commandes du pays parce qu’elle représente 40% des recettes des communes.

    La première conséquence de cette suppression :
    http://www.marianne2.fr/L-Italie,-le-paradis-du-sarkozysme_a182736.html

    Comme on peut le lire dans l’article :
    1/ la course au dumping social est relancé par ce biais en europe
    2/ l’Italie a déjà supprimé la taxe foncière sur les habitations principales… Et, Sarko a annoncé il y a peu de temps une réforme de, devinez quoi ? la taxe foncière !

    On y rajoute la réforme des institutions « pesantes et inutiles » et en 2015, nous voilà fin prêt pour nous fondre dans le « grand marché avec les USA » que JLM a dénoncé sur son blog, il n’y a pas si longtemps.

    Un mot encore sur les réformes : Sarko a annoncé qu’il allait continuer à baisser les impôts et relancer l’économie par l’exportation. Pour avoir une balance commerciale excédentaire, il n’y a qu’un moyen : faire baisser les importations et comme les importations c’est la consommation des ménages, je vous laisse deviner ce qu’il restera de nos salaires et de nos « avantages sociaux corporatistes » ! Comme dirait JLM, Vu ?

    Si vous avez du mal à me suivre, c’est la politique allemande, celle que Shroeder avait appelé « agenda 2010″. On peut lire la série d’articles sur le sujet d’Arnaud Lehevalier :
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/lechevalier/2009/10/26/allemagne-2009-2013-demandez-le-programme-i/

    Il y a tellement à dire qu’il lui a fallu 4 articles pour analyser toutes les conséquences à venir… Et, la même chose est à prévoir partout en Europe !

    Donc, c’est maintenant qu’il faut faire bouger les lignes et toutes nos petites querelles sont dérisoires au vu des enjeux, non ?

  8. 18
    claude dit:

    Pour ceux que cela intéresse, j’ai écrit plusieurs billets sur les conséquences de la suppression de la taxe professionnelle sur mon site (cliquez sur mon nom) et j’essaie tant bien que mal de suivre, mais les réformes se succèdent plus vite que je n’arrive à lire et surtout à retranscrire (et j’ai pas d’attaché parlementaire pour m’aider à chercher dans mes dossiers, au cas où cela traverserait l’esprit de certains ;)

  9. 19
    Hybris dit:

    @ Vergnes

    En complément à ce que Claude a très justement dit,
    Cela se voulait pédagogique…
    C’était simplement pour illustrer le fait qu’en poussant jusqu’au bout une grille de lecture d’une situation sans se préoccuper du réel autour de soi, on peut aboutir à des analyses absurdes et catastrophiques. Cela peut nous arriver à tous . Et je ne voudrais certainement pas froisser les militants sincèrement unitaires du N.P.A. . O.K?

  10. 20
    claude dit:

    @VERGNES (13):

    Parce qu’elle rappelle un moment historique et que nous sommes dans un moment historique, peut-être ? ;)

    Dis-moi, hypothèse gratuite : si cela avait été un groupuscule, disons anarcho-nihiliste ou tout ce qu’on veut au lieu de « trotskyste », aurais-tu la même réaction ? Honnêtement, poses-toi la question… Tu peux répondre ici si tu veux, mais est-ce nécessaire ?

    On veut la même chose : gagner les élections pour changer ce p…tain de système avant que la planète nous pète à la tronche, non ?

Pages : « 1 [2] 3 4 5 6 7 8 9 10 1149 » Voir tous les commentaires

Blog basé sur Wordpress © 2009 INFO Service