A Bruxelles, le jour des fantômes Accident de jardinage
nov 09 13

Cette note est longue. J’y parle du retour de la «directive services», fille de la Bolkestein, qui est revenue à l’ordre du jour du parlement européen cette semaine. Elle sera transposée en droit français d’ici au 28 décembre prochain. Je mets mon analyse à la disposition de ceux qui veulent faire de la sensibilisation sur ce thème. Sinon je parle d’autres choses aussi un peu avant et si vous voulez savoir quoi, allez voir.

 

 

 

Unitaire, si tu savais !

Il y a eu une réunion en vue de l’unité de l’autre gauche, le dix novembre, au siège du Parti de Gauche. La sixième, je crois. Je ne la raconte pas. Tout cela est disponible en vingt versions différentes et peut-être même en braille pour que nul n’en ignore. On trouve le point de vue du Parti de Gauche à la une de son site. On peut connaitre ma façon d’en parler en prenant le lien avec le site de «France-info» qui m’a interrogé sur la question le matin du 11 novembre, juste avant que je prenne le train pour Bruxelles. Cette vidéo est également sur mon pavé vidéo juste à côté de cette colonne. Maintenant nous voici engagés dans la dernière phase du ridicule : deux réunions convoquées séparément pour discuter sur la base du même texte. Et quel texte ! Le texte du Front de Gauche ! Ca va pas nous grandir ! Mais ça me rajeunit ! Me re-voila plongé dans l’ambiance des poisons et dentelles des assemblées générales d’étudiants de ma génération. L’enjeu de toute cette agitation est de savoir qui va porter la casquette du «pas gentil qui divise». C’est dérisoire. Stop ! Je ne joue plus. Nous avons une divergence qui s’est concentrée sur la question du «troisième tour». Pouvons nous ou non participer à des exécutif quand nous ne sommes pas nous même en tête de la gauche ? Nous avons une divergence sur le sujet depuis le début. Toutes les autres divergences ont été dépassées. Pas celle-là. Assumons le aussi simplement qu’on se l’est dit franchement au lieu de s’inventer des pièges. Pour moi je prends ça comme un échec personnel car j’avais absolument la certitude que le NPA ferait le pas. Je l’ai dit de tous côtés et mes amis ont fait tout ce qu’ils pouvaient de toutes les façons possibles pour y arriver. Ca ne se fait pas. S’il faut un perdant en «image» dans cette histoire, puisque on dirait que c’est le sujet, c’est moi, c’est d’accord. J’assume. Je rappelle quand même de quel pas il s’agissait de franchir: poser des conditions à la participation aux exécutifs et examiner le soir du premier tour si elles sont remplies, en confiant aux militants et candidats du plan local cette appréciation. Cela me paraissait praticable sans que personne ne se renie. Surtout en ayant précisé que personne ne serait jamais obligé d’aller siéger là où il ne le voudrait pas. Et en ayant ajouté qu’on ne siègerait en aucun cas avec des MODEM. Au-delà ce serait accepter l’idée qu’on ne peut en aucun cas, jamais, former des majorités de gauche dans une assemblée. Ce n’est pas notre identité. J’admets qu’on pense autrement. Evidemment. Mais dans une alliance électorale de l’autre gauche, comme celle que nous avons en vue à propos des régionales, on ne peut demander à l’une des composantes de renier ses fondamentaux. Je ne le demande pas aux autres. Donc il fallait trouver un point de vue de dépassement de la difficulté. C’est ce qui n’a pas été possible avec notre formule. A présent il nous est proposé de discuter le programme ! Que veut dire une discussion sur le programme, question on ne peut plus simple à régler, si on n’est pas d’accord sur la façon de le faire passer dans la vie ?

Le clone de Bolkestein

Vous vous souvenez de la fameuse directive Bolkestein ? Elle a une héritière. Elle s’appelle « directive services ». On l’avait sur les bras au parlement à Bruxelles, jeudi matin. Mais il s’agissait seulement de faire le point sur son application. Pas de voter ou de changer quoique ce soit à son contenu libéral. Car après l’épisode Bolkestein, une nouvelle mouture a été rédigée et adoptée par le parlement européen. C’était le 16 février 2006. Cette deuxième version a franchi une à une, toutes les étapes que doit parcourir un texte européen. D’abord le Parlement a adopté par 394 voix pour, 215 voix contre et 33 abstentions le rapport sur le sujet de Mme Evelyne GEBHARDT, du Parti Socialiste Européen (PSE). Pour mémoire soulignons que la droite n’avait alors que 268 députés, les libéraux d’ALDE 88, le PSE 200, les Verts 42 et la GUE/NGL 41… Une fois de plus donc, le PSE a donc massivement contribué à l’adoption de cette directive libérale. 137 eurodéputés PSE ont voté pour, dont le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen et le président du groupe socialiste, Martin Schulz. Seuls les députés socialistes français ont voté contre, à l’exception de Michel Rocard qui a voté pour. Les députés Verts ont voté contre mais les libéraux ont voté pour y compris Marielle de Sarnez … On peut dire qu’il y a de quoi avoir peur.

Un champ vraiment trés large

Car le champ de la libéralisation prévue est potentiellement très large. D’après son article deux, la directive s'applique en effet à tous les services fournis par les prestataires ayant leur établissement dans un État membre. L'article quatre définit la notion de « service » comme toute activité économique non salariée, exercée normalement contre rémunération. Quant au «prestataire», il s'agit de toute personne physique ou morale ressortissante d'un État membre qui offre ou fournit un service. On se demande ce qui peut échapper à de telles «définitions» ! Certes il y a des dérogations partielles pour les services publics. Partielles seulement, il ne faut pas rêver ! Parce que certains sont directement et explicitement inclus tels que les services postaux, la distribution d’électricité, de gaz, d’eau, le traitement des déchets. Mais aussi l’éducation et la culture pour les compartiments de ces secteurs que les Etats décident ou non d’ouvrir à la concurrence. Echaudée par l’émeute anti Bolkestein, la Commission, très habile, le 4 Avril 2006, rend une proposition de directive bien réécrite dans laquelle elle inclut les modifications votées par le Parlement européen. Genre : ce n’est pas moi qui ai décidé ce sont les parlementaires eux-mêmes. Pas contents ? Allez les voir ! Le 24 Juillet 2006. Le Conseil des ministres, c'est-à-dire les Etats nations qui constituent l’union européenne, approuvait la proposition modifiée de la Commission sans y apporter de modifications notables. Et, enfin, le 15 Novembre 2006, c’est le triomphe du texte. Le Parlement européen adopte sans l’amender en deuxième lecture la proposition de la Commission avalisée par le Conseil. Qui vous a parlé de tout ça dans la campagne des européennes à part le Front de Gauche ? Et en plus je suis sûr que beaucoup ne se souvenaient pas de tout ça ! Ne dites pas non ! Moi aussi j’ai dû tout réapprendre à l’occasion de cette session du Parlement à Bruxelles. Quelle vie !

La vie en catimini

Très peu d’informations sont disponibles sur la transposition en France de cette horreur anti-sociale. Le gouvernement est particulièrement discret sur la question. Pourtant il y a une date limite pour transposer. C’est le 28 décembre 2009. C’est donc maintenant tout proche. Juste après Noël, pendant la trêve des confiseurs. A prendre très au sérieux. Car cette transposition impacte un très grand nombre de textes de lois et de décrets en vigueur. Elle va modifier les règles d’installation et d’exercice de très nombreuses professions. D’ailleurs, faute de débat public à ce sujet les professionnels eux-mêmes, notamment les PME, seront le plus souvent démunis. Et ils sont en tous cas très mal préparés à l’arrivée prochaine dans leur secteur de firmes concurrentes, souvent beaucoup mieux armées qu’eux aux subtilités de cette directive. Cependant, parmi les rares documents disponibles sur cette transposition on trouve deux rapports parlementaires du Sénat. Mes anciens collègues les ont publiés en février 2008 et en juin 2009. Ces rapports, rédigés par le sénateur UMP Jean Bizet, contiennent une révélation. Ils expliquent la stratégie de communication et la méthode de transposition choisie par le gouvernement. Faire passer le tout en catimini. Mot d’ordre : pas vu, pas pris !Et comme Jean Bizet n’a pas peur des mots, il confirme le contenu très libéral de cette « directive pas comme les autres ». Si c’est lui qui le dit !

Secret et saucisson

Voici des morceaux choisis des rapports sénatoriaux qui donnent l’ambiance et m’évitent de longs développements moins bien écrits. « Le gouvernement français a abandonné l’objectif, qu’il avait initialement envisagé, de déposer un projet de loi-cadre pour transposer la « directive services ».Certains États membres, ayant fait le choix inverse, transposeront la directive au moyen d'une loi-cadre […] (Royaume-Uni, Espagne, Pays-Bas, République tchèque) […] Le gouvernement français justifie son choix en grande partie par des considérations politiques tenant à la forte sensibilité des implications de la « directive services » […]. Une loi-cadre de transposition pourrait en effet servir d' « épouvantail » à tous ceux qui seraient tentés d'instrumentaliser un exercice essentiellement technique à des fins électorales. Elle ne doit pas constituer un prétexte à la « cristallisation » des mécontentements de tous ordres, d'autant plus nombreux en période de crise. » (rapport Bizet du Sénat, juin 2009) Vous avez bien lu : il s’agit délibérément de sortir le sujet du débat public et d’empêcher que le mouvement social s’en empare. La bonne méthode pour ne pas se faire repérer c’est de saucissonner la transposition. C’est ce que confirme le rapport sénatorial : « L'abandon par le gouvernement français d'une loi-cadre de transposition conduit à instiller plusieurs dispositions de nature technique à l'occasion de l'examen de différents projets ou propositions de loi afin de mettre la législation française en conformité avec les prescriptions de la directive. Cette méthode est sans doute moins lisible, tant pour les parlementaires que pour l'opinion publique, mais elle permet, en « technicisant » la transposition, d'éviter l'apparition de polémiques stériles. » (rapport Bizet du Sénat, juin 2009)Les polémiques stériles, c’est ce qu’on appelle le débat démocratique dans d’autres pays

Lois sous perfusion libérale

Le rapport sénatorial énumère quelques exemples de transpositions noyées dans des lois ou des décrets plus larges. On en apprend de belles. Mais il n’existe cependant aucun inventaire global et complet des modifications effectuées ou projetées pour transposer la directive. Voici, pèle mêle, quelques exemples de ces premières mesures de transposition qui sont passées sans crier gare. Ainsi la loi de modernisation de l’économie de 2008 comporte des mesures de transposition pour déréglementer l’urbanisme commercial. En effet certaines obligations comme le recours préalable à des tests économiques pour autoriser les implantations de grandes surfaces étaient en effet considérées par la Commission comme des entraves à la concurrence au sens de la directive services. On trouve aussi des mesures de transposition dans la loi de développement et de modernisation des services touristiques de 2009. Elle prévoit notamment que l’activité d’agence de voyage ne devra plus nécessairement être exercée de manière exclusive. … Ce n’est pas malin ! Car cette clause de spécialisation est plutôt une des garanties contre la prolifération d’agences de voyages bidons sans véritable assise professionnelle ou financière. Plus inattendu, la transposition de la «directive services» est aussi allée se nicher dans la loi de réforme de l’hôpital. Pour alléger les modalités d’autorisation et de contrôle des établissements et services médico-sociaux, là encore jugées attentatoires à la libre concurrence … Avec le risque de dérapage que l’on peut facilement imaginer au détriment d’un public souvent démuni. Dans de nombreux secteurs cette déréglementation crée aussi un risque de discrimination à l’envers : certaines exigences continueraient à s’appliquer aux professionnels français alors que leurs concurrents communautaires exerçant en France en seraient dispensés au nom de la libre concurrence. Par exemple, la directive n’a pas prévu de garanties pour que les règles nationales de responsabilité et d’assurance sur les constructions soient systématiquement imposées à un prestataire étranger.

Le Royaume-Uni comme modèle

Pour mettre en œuvre la directive les Etats sont invités à effectuer un vaste réexamen de leurs législations, qui est appelé « screening » dans le jargon communautaire. Voila ce qu’en dit le même rapport du sénateur UMP Jean Bizet, révélant la logique d’alignement par le bas sur les législations les plus libérales: « L'état d'avancement du screening dépend du caractère plus ou moins libéral de la législation initiale. Dans certains États membres, le secteur des services était déjà largement libéralisé avant même l'intervention de la directive, alors que, dans d'autres, les modifications à apporter pour effectuer la transposition sont bien plus substantielles, ce qui peut donner l'impression d'une lenteur des progrès. C'est aussi pour cette raison que les évolutions en termes d'allégements de charges consécutives au screening sont plus ou moins importantes. Ainsi, elles paraissent limitées au Royaume-Uni, sans doute parce que les formalités administratives dans ce pays sont déjà bien plus légères que dans d'autres. » (rapport Bizet du Sénat, juin 2009)

Thérapie de choc libérale

Le gouvernement a parfaitement conscience de ce parti pris libéral. C’est au point, que, dans une circulaire du 22 novembre 2007, adressée aux directeurs de cabinet des ministres, le directeur de cabinet de François Fillon écrivait que la transposition « n'est pas exclusivement de nature juridique : aux côtés d'autres chantiers ouverts par le gouvernement, [elle] constitue une opportunité supplémentaire pour simplifier les procédures, diminuer les charges qui pèsent sur les entreprises, moderniser l'économie et développer la croissance et l'emploi ». Dans sa version de février 2008, le rapport Bizet du Sénat expliquait ainsi le lien entre la directive Services et les autres réformes libérales du gouvernement : « La dynamique « antibureaucratique » de la « directive services » devrait être accentuée par un contexte favorable à la réforme de l'État et de l'Administration dans notre pays. » Et de citer la politique de « réduction des charges administratives sur les entreprises » impulsée par la directive services et reprise de manière zélée par le gouvernement : « l'objectif fixé par le gouvernement est ambitieux, puisque la réduction de 25 % de la charge administrative doit être atteinte d'ici 2011, soit avec un an d'avance par rapport à l'échéance fixée par les institutions communautaires. » Sans oublier la Révision générale des politiques publiques et le très libéral rapport de la commission Attali. Et devinez qui l’on trouvait justement parmi les illustres membres de cette commission nommée par Sarkozy ? Evelyne Gebhardt, la députée PSE rapporteur de la directive services au Parlement européen … Une illustration de plus du naufrage libéral de la social-démocratie en général et du SPD allemand en particulier.

Malgré la crise

Dans sa version de juin 2009, le rapport du sénateur Bizet craignait qu’avec la crise, le contexte ne soit plus porteur pour la transposition de la directive services. Vraiment ? « Il est à craindre, soupire le sénateur, que la crise financière et économique, et ses conséquences notamment sociales, qui affecte l'ensemble de l'Union européenne, ne relègue la transposition de la directive au second rang des priorités de bien des États membres. » En effet ! C’est ce que devraient faire des gens censés, après le désastre produit par les déréglementations en matière financière ! Le bon sens le plus élémentaire commanderait en effet de mettre la directive services à la poubelle. Elle va être transposée en droit français. La crise va donc s’aggraver. L’Europe ca devait être la solution, c’est le problème.

483 commentaires à “Entre deux cauchemars”

Pages : [1] 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1149 » Voir tous les commentaires

  1. 1
    Boris Yarko dit:

    C’est dans cette volonté de distiller par petits bouts la directive Bolkestein dans le droit français que la proposition du conseiller de Nicolas Sarkozy pour l’agriculture « d’engager des ouvriers agricoles d’Europe de l’Est au salaire pratiqué dans leur pays d’origine » prend tout son sens.

    En effet, face au désarroi des producteurs de légumes et de fruits français qui ne peuvent rivaliser avec leurs homologues européens qui appliquent déjà la directive services en employant des saisonniers d’Europe de l’Est au tarif de leur pays d’origine, Christophe Malvezin à proposer aux agriculteurs français de faire de même.

    Ce n’était donc pas une parole malheureuse ou un acte isolé, mais une tentative d’imposer la directive Bolkestein dans le secteur des saisonniers de l’agriculture.

    (Voir : http://castors-et-socialisme.over-blog.com/article-agriculture-sarkozy-ranime-bolkestein-38904495.html )

  2. 2
    Hybris dit:

    Les nouvelles ne sont pas bonnes…

    JLM : « poser des conditions à la participation aux exécutifs et examiner le soir du premier tour si elles sont remplies, en confiant aux militants et candidats du plan local cette appréciation. Cela me paraissait praticable sans que personne ne se renie »

    C’est exactement ma pensée . J’avais préparé un texte avant de lire ce Blog, je vais quand même le risquer :

    TOUS ENSEMBLE

    Je défends le principe de cohésion dans le comportement au « 3° tour »des élus antilibéraux du 1er tour. Pourquoi ? Parce que c’est d’abord l’un des marqueurs de notre force vis à vis des autres listes. C’est aussi la meilleure des garanties contre les dérives droitières des uns et contre les surenchères du genre « plus à gauche que moi tu meurs » des autres.

    En pratique qu’est que ça veut dire ? Tout simplement que les élus antilibéraux de chaque liste régionale doivent se concerter et DECIDER A LA MAJORITE CE QU’ILS FERONT TOUS ENSEMBLE en cohésion. Décider d’un programme, décider ou pas d’ouvrir des négociations, décider ou pas d’entrer dans les exécutifs tous ensemble.

    Dans cette logique, il appartiendrait simplement à nos négociateurs nationaux de lancer un appel commun à leurs représentants régionaux pour étudier après le second tour, les possibilités d’entrer dans les exécutifs sur les critères des programmes et des rapports de force.

    Je rappelle à ceux qui l’auraient oublié que la droite sarkozyste tout en entrelardant ses discours de références à Jaurès et à Guy Môquet a entrepris de démonter pièce par pièce les acquis sociaux de la Libération issus du programme du C.N.R. Sarkozy s’en serait expressément vanté paraît-il.

    Ce gouvernement est le plus à droite, et le plus antisocial depuis Vichy. Le plus atlantiste de la V° République.

    Il est donc urgent de lui infliger une défaite politique cuisante pour l’affaiblir.

    Gouverner des régions avec des sociaux-libéraux pose problème ?
    Il dépend aussi de nous qu’ils soient plus sociaux et moins libéraux. Les rapports de forces idéologiques entre eux et nous ne sont plus ce qu’ils étaient au moment du « tournant de la rigueur ». Même plus ce qu’ils étaient il y a deux ans…

    Surtout ne nous trompons d’adversaire. Nous avons tous beaucoup de choses à reprocher au P.S. mais ne tirons pas un trait d’égalité entre lui et la droite. Ne prenons pas modèle sur ce groupuscule trotskyste qui au moment de la libération de Paris appelait dans son journal à ne pas choisir entre les Allemands de Hitler et les Américains de Roosevelt sur l’argument qu’on assistait à un choc entre deux puissances capitalistes. (NB Heureusement pour eux, tous les trotskystes n’étaient pas sur cette ligne.)

  3. 3
    Lunis Thay dit:

    Cher Jean-Luc,
    nous savons que l’ambition de regrouper l’Autre Gauche reste intacte au Parti de Gauche. La défection du NPA, à ce stade, n’empêche pas de continuer. Le Front de Gauche est d’ores et déjà élargi, ce dont il faut se féliciter. Les efforts, tes efforts, n’ont pas été vains, ils porteront leurs fruits plus tôt qu’on ne le pense. Quant aux militants du NPA, ce sont des êtres libres, raisonnants, sinc-rement engagés dans la transformations sociale, et je suis certaine qu’ils seront nombreux à soutenir les listes unitaires plutôt que de s’épuiser dans une campagne isolationiste. à bientôt dans de nouvelles pages de la lutte pour l’Unité!

  4. 4
    VERGNES dit:

    @ Hybris

    La conclusion de de ton post est absolument lamentable, et si cette référence au groupuscule trotskysme ne vise pas le NPA, qui est visé?

    Sinon quel est l’intérêt de cette conclusion dans le cadre des discussions unitaires pour les Régionales en 2010.

    Voilà des propos hors contexte qui me rappelle les méthodes d’amalgame et de dénonciation d’un parti qui vénérait le « petit père des peuples » et pour qui le « trotskysme » était la cause de tous les maux et qu’il fallait l’éliminer physiquement.

  5. 5
    Laurent dit:

    On y a cru mais le NPA nous a montré son vrai visage, en tout cas, ses dirigeants. Il faut maintenant espérer que les militants NPA qui veulent faire bouger les choses et qui en ont marre des manif sans débouché politique rejoingnent le front de gauche car c’est la seule issue démocratique possible pour sortir du libéralisme. Les élécteurs suivront car les gens ont bien conscience des regressions sociales. Le facteur nous a amusé un temps, mais la politique c’est du sérieux, surtout quand le sort des classes populaires est en question.

  6. 6
    VERGNES dit:

    Vouloir à la veille du 2éme tour, vérifier si notre programme est compatible avec celui du PS ?

    1) On le sait dés le 1er tour, sinon on se présenterait directement avec eux dés le 1er tour

    2) A chaque fois on parle de négocier avec le PS, et on oublie toujours de parler des Verts qui eux vont négocier avec le PS ( il en ressortira quoi?).
    Donc ce n’est pas avec le PS que nous aurions à négocier, mais avec le PS/Verts une fois leur négociation finie…donc en 2éme ligne

  7. 7
    Hybris dit:

    @ Vergnes

    J’ai précisé « Heureusement pour eux, tous les trotskystes n’étaient pas sur cette ligne. » Cela ne devrait pas t’échapper

    Quant à l’amalgame pour l’instant tu es le seul le faire.

    C’est la suite de notre histoire qui va nous dire où se situe le N.P.A.

  8. 8
    VERGNES dit:

    @ Hybris

    Ne bottes pas en touche, et argumentes sur l’apport dans le débat actuel de la conclusion de ton post.

    Et en plus tu en rajoutes une couche en concluant à nouveau:

    « Quant à l’amalgame pour l’instant tu es le seul le faire.

    C’est la suite de notre histoire qui va nous dire où se situe le N.P.A. »

    Quel aveu ! sur le fond de ta pensée vis à vis du NPA. S’il ne passe pas sous les fourches caudines du PS, c’est qu’il ne serait que ce groupuscule qui ne saurait pas reconnaitre sa droite de sa gauche.

    Tu te déclares unitaire, mais avec des propos qui ne crée pas les conditions d’un débat serein, fraternel et argumenté

  9. 9
    Hold-up dit:

    @ Vergnes

    Tu ne pourrais pas tenter pour une fois de te projeter dans un scénario
     » OPTIMISTE  » et comprendre qu’une DYNAMIQUE UNITAIRE pourrait changer la donne en profondeur ?
    Peut-être pas partout certes, mais au moins dans pas mal de régions et redonner une force et un espoir dans les luttes à court & long terme ? . Avant de faire tomber les forteresses, il serait peut-être pas mal de commencer à construire des catapultes et de préparer le siège pour faire tomber les baronnies de Droite ou de Drôche.
    S’il y a rapport de forces conséquent on peut imaginer que la Drôche ( PS ) change un peu de comportement, et surtout de politiques. Sans cette Union, on ira tous après le premier tour à la Pêche et on rempilera pour trois siècles
    d’ UMP. Le mouvement dynamique change le contexte politique ; pourquoi penser ce dernier à l’aune du présent  » Tel qu’il est  » encore. Ne cherchons-nous pas à le transformer ? Transformons-nous déjà en nous unissant, on aura peut-être mieux qu’une catapulte. A lire le dernier message de J L Mélenchon et au vu des avancées conséquentes de part & d’autre, on se demande qu’est ce qu’il se passe encore dans la tête des coupeurs de cheveux. Hier c’était certains et aujourd’ hui c’en sont d’ autres qui bloquent ; et le peuple dans tout ça ? Il est l’asticot au bout de la canne à pêche ?
    Les militants du NPA vont bientôt voter ? Puissent -ils être bien inspirés.

  10. 10
    Louise dit:

    Allez je me lance. Je lis ce blog depuis plusieurs mois avec un vif intérêt.
    Ca me fait carrément du bien. Et m’évitera probablement l’ulcère. Mais peu importe.

    Je me heurte au quotidien à l’ignorance qui feint le choix de l’indifférence.
    « Moi la politique, c’est pas mon truc ». Comme s’il s’agissait d’un hobbie.
    Le pire c’est la copine ingénieur truc, c’est le cousin cadre supérieur.
    Ceux qui ont fait des études. Ceux qui normalement savent lire. Ceux qui résolvent des équations mathématiques très compliquées. Mais qui ne se posent plus de questions. Mais qui se contentent des réponses qu’on leur donne. Mais qui se laissent impressionner par la diabolisation qu’on fait de ceux qui ont le courage de leur libre-arbitre. Bolchéviks! Trostkistes! Communistes! Syndicalistes! Gauchistes! Des mots qui agissent comme des repoussoirs.
    Alors il faut traduire, expliquer, faire preuve de diplomatie, à quoi sert de crier son indignation à quelqu’un qui n’en retiendra que le bruit?
    Expliquer que dire non au traité de Lisbonne ce n’est pas dire non à l’Europe, ce n’est pas dire non à la fraternité envers les autres Européens. L’expliquer à la copine étudiante qui s’est fait plein d’amis européens pendant son programme Erasmus et pour qui tout ce qui est estampillé Union Européenne représente un avenir super chouette version Auberge espagnole (le film).
    A ce propos, merci monsieur Mélenchon de témoigner de la pratique (ou non-pratique) du débat au parlement européen.
    Alors voilà, moi dans mon coin je m’informe, je lis, j’essaie de comprendre, de forger mon opinion.
    Que dire à ceux qui se satisfont de la soupe mémorielle qu’on nous ressert à la moindre occasion de dire vive l’économie de marché! L’escroquerie intellectuelle à mon sens réside dans la croyance que la démocratie procède du capitalisme.
    Mais voyons plutôt ça :

    J’ai visionné dimanche sur LCP Public Sénat
    l’émission Déshabillons-les sur le thème des
    paradoxes du communisme (Décembre 2008).

    A un moment de l’émission, il est question de la place de l’histoire
    et de la mémoire dans l’identité communiste. Gérard Miller souligne
    que les communistes d’aujourd’hui ont cette particularité de s’excuser
    de leur passé stalinien alors même qu’ils ne le sont plus.

    Le boulet du communisme c’est l’ombre de la dictature, stalinienne en l’occurrence.
    Mais, et parce que les communistes d’aujourd’hui ne sont plus staliniens,
    pourquoi toujours ce boulet?

    Gérard Miller s’interroge : « pourquoi est-ce qu’après tout à propos du communisme dont les crimes sont incontestables a-t-on une mémoire aussi précise alors que pour les crimes de l’impérialisme et du capitalisme a-t-on une mémoire si faible, pourquoi est-ce qu’après tout l’effet Vietnam, l’effet Pinochet ne jouent pas comme ça joue sur les communistes, c’est drôle, on a l’impression que les communistes sont tellement eux-mêmes des partisans de l’histoire et de la mémoire qu’ils ont tellement fondé leur logique sur le fait de se souvenir que du coup on se souvient plus des abominations qu’ils ont commises ou des erreurs que pour le capitalisme, à chaque fois moi ça m’amuse de voir les Américains ou même les capitalistes français, on a l’impression qu’ils sont nés la veille qu’ils arrivent d’un monde absolument pur, qu’ils ont oublié le colonialisme, c’est vrai ça ».

    Honte d’être communiste ?

    Pour Stéphane Courtois, ancien communiste, et historien du communisme
    ayant contribué à l’élaboration du Livre noir du communisme, c’est une question de fond : « quand vous avez soutenu à fond pendant 35 ans un monsieur qui s’appelait Staline c’est pas innocent, il se passe des choses, […] maintenant que nous voyons l’ampleur de la catastrophe des crimes contre l’humanité qui vont jusqu’au génocide, c’est inévitable que ça pose vraiment une question d’identité fondamentale aux communistes les plus honnêtes qui se regardent dans la glace le matin et je vous assure que moi je l’ai ressenti comme des tragédies personnelles […] Comment se dégager de cette espèce de complicité entre guillemet avec l’Union soviétique et qui était fondamentale et qui était l’identité du parti ne l’oublions pas ? »
    Pour Gérard Miller, « le capitalisme est amnésique et quand on est capitaliste ou de droite on a l’impression qu’on peut se désolidariser de toutes les abominations du capitalisme et de l’impérialisme, quand on est communiste on a forcément une énorme mémoire et on n’arrive pas à se détacher de ça, c’est drôle que même le terme de communiste, ils savent bien qu’il est plombé par les crimes du communisme alors qu’on pourrait parfaitement considérer que ça s’en détache, « nous n’avons rien à voir avec ça », ils ne le croient pas eux-mêmes, ils ne croient pas eux-mêmes qu’ils ne sont pas staliniens, c’est ça qui est terrible, ils ne le sont plus mais ils croient quand même qu’ils peuvent l’être et donc du coup ils sont mal l’aise alors que, effectivement, il y a une espèce de pureté dans le capitalisme et dans la droite qu’on ne trouve pas chez les communistes ».

    Soupe mémorielle disais-je.
    Soupe mémorielle pour biaiser le débat. Pour empêcher le vrai débat d’avoir lieu, celui de la question économique, nerf de la guerre, et des politiques qui en découlent alors.

    Pour éclairer vos lanternes, je vous recommande la lecture d’un bouquin de Jacques Généreux* qui éclaire la mienne. En gros sa thèse est de dire qu’on prend pour gravé dans le marbre un certain nombre de « vérités économiques » qui se révèlent être des contresens quand on les relit à la lumière des théories des grands économistes du XIXème et du XXème siècle.
    Je suis pleine d’espoir car, si nous sommes pris dans des paradoxes, en identifier les formes et les mécanismes c’est se donner la possibilité de trouver des alternatives économiques. Encore faudrait-il sortir de la « sidération » dans laquelle nous plongent ceux qui interdisent de questionner l’économie de marché au nom d’une mémoire européenne qui a le défaut d’être une mémoire justement, c’est-à-dire d’être porteuse d’oubli. A qui profite le crime…Place à l’histoire, à l’histoire économique alors.

    *« Les vraies lois de l’économie », mai 2008.
    Economiste et membre du PG mais ça je ne l’ai su qu’après l’avoir découvert.

Pages : [1] 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1149 » Voir tous les commentaires

Blog basé sur Wordpress © 2009 INFO Service