Quelle drôle d’ambiance. Je commence à écrire dans l’hémicycle, bien installé à mon confortable pupitre équipé de toutes les prises électriques que les engins de notre temps nécessitent. C’est permis. Pendant ce temps, les présidents de groupes débitent des compliments au nouveau président du parlement que la droite et les sociaux démocrates viennent d’élire. C’est un Polonais. Pas moyen de ne pas le savoir.
Un Polonais! Alleluia!
Tout le monde brode sur le moment historique que représenterait l'éléction d'un Polonais tout droit venu de l'ancien empire du mal ! Une bonne façon d'emballer cet épisode politicien. Il se déverse donc un torrent de références larmoyantes à la coupure entre l’est et l’ouest dorénavant dépassée et bla bla bla. Evidemment tout cela vient à point pour masquer quelle honteuse collusion est à l’origine de cet épisode. Moderne comme une horloge viennoise ! Evidemment le fond anti communiste est omni présent. C’est à vomir, quand on connait le niveau d’asservissement aux délires libéraux de cette cohorte de phraseurs lénifiants. Le pire dans ce registre est le social démocrate Hans Martin Schultz, président du groupe « alliance progressiste des socialistes et des démocrates ». Tout un programme que le nouveau nom de l’ancien groupe socialiste ! En Abrégé nous a-t-on expliqué : SPD ! La boucle est bouclée pour les socialistes français. Bref, ce Schultz en rajoute dans la dénonciation des « dictateurs rouges » comme au bon vieux temps des « berfuf verboten » où les communistes étaient interdits d’emplois publics en RFA. Répugnant. On sent tout le confort que représentait cet ennemi à présent disparu pour ces gens afin de justifier leurs turpitudes. Heureusement que ce président polonais a eu un mot pour signaler le fait que ce jour était celui de la fête nationale des Français. Ajoutons : et celle de la liberté pour tous ceux qui la célèbre dans le monde, qu’ils soient français ou pas. Jacky Hénin, euro député Front de gauche et moi, assis côte à côte, en haut à gauche de l’hémicycle, on a applaudi. Les autres Français ont fini par en faire autant ! Juste une petite respiration politique dans ce flot d’eau tiède nauséeuse ! Le moment le plus grotesque c’est celui où ce nouveau président a offert publiquement à l’ancien, l’allemand Hans Pöttering, une statue de sainte Barbe, taillée dans un bloc de charbon. Nul ! D’abord pour cette grossière apologie de la superstition, aussi peu laïque que le reste de cette institution et de son drapeau marial. Ensuite parce que le président polonais s’est vanté d’avoir lui-même fait fermer plus de vingt deux puits de mines dans sa région. Un autre moment spécialement nul est celui où la porte parole des Verts a fait son numéro de cire pompe. Elle a félicité le président polonais, Jerzy Buzek, de toutes les façons possibles pour son passé d’anti communiste puis pour son implication dans la « révolution orange » en Ukraine. Et avec ce qui lui restait de temps elle a appelé de ses vœux qu’on se soucie de l’Ukraine. On devine comment. Cette séance du musée Grévin de la politique Mac Carthiste européenne a enfin fini avec la coupure du repas. Je me suis enfui en ville pour le déjeuner, au pied de la cathédrale. Je me suis consolé avec un magret de canard aux griottes. Le bourgueil se mariait bien avec. A mon avis. Juste un verre. Des gens vont et viennent, juste pour le plaisir.
PLACE 373
Je suis installé à la place numéro 373, en haut de l’hémicycle, à gauche. Le plus à gauche de ma rangée qui est d’ailleurs la dernière avant le couloir. A ma gauche il n’y a que les fonctionnaires de la commission qui, par une bizarrerie coutumière, siègent aussi dans le parlement tout comme la commission qui a ses bancs juste en face de moi. Ainsi se réalise, à quelques mètres près, la menace de mon premier président de groupe au Sénat, feu André Méric, qui avait tonné : « compte tenu de ce que ton discours, on devrait mettre ton banc dans le couloir ». Paix à ses cendres. Et maintenant, je peux observer de ma place cette assemblée de 700 personnes qui en représentent un demi-milliard d’autres. Un mur abstrait de tenues sombres et, par ci par là, une tache de couleur. A côté de moi, Jacky Hénin, puis Elie Hoarau. Trois du Front de gauche côte à côte. Nos deux autres collègues Patrick Le Hyaric et Marie Christine Vergiat siègent quatre rangs plus bas, ce qui est très loin. Devant moi la nuque raide de mon ami Helmut Scholtz, le secrétaire aux relations internationales de Die Linke. Pendant que j’écris les orateurs de ce parlement se succèdent à la cadence d’une ou deux minutes de temps de parole. Passé au tamis de la traduction tout cela donne un filet de voix uniforme, celle des traducteurs, sans aucun relief qui accroche l’oreille. Il faut suivre attentivement. Ce qui se dit est intéressant. Parfois ! Ouf ! Un peu de politique. Après l’audition du président du cycle semestriel, le premier ministre suédois, les intervenants se répartissent entre congratulateurs et discuteurs. La mer baltique compte beaucoup dans les interventions côté congratulations. La nullité des politiques libérales face à la crise tient le haut chez les discuteurs. Une voix de droite pointe le danger d’extrême droite dans le contexte de la crise. Plusieurs s’inquiètent du nouveau vote imposé aux Irlandais. Je ne repère pas toujours l’orateur et donc son parti. On est en retard. Très en retard. Le vote pour les questeurs est reporté de minute en minute. De midi prévu pour le vote nous voici à treize heures. Des assistants de toutes sortes circulent entre les travées. Des gens sont debout, d’autres lisent des journaux, j’en vois un qui téléphone, plusieurs qui discutent très vigoureusement debout dans l’allée juste devant l’oratrice. Ca ressemble davantage à une Assemblée générale du mouv qu’à un parlement. Notre groupe du Front de gauche participe à sa façon à cette ambiance. On se place en haut des travées et nous faisons une photo en pleine séance. Pas de problème ! Dans ce chaos, à mesure que l’heure avance, il est impossible de repérer un orateur dans cette salle immense avec tous ces gens debout. Trop de mouvements, trop de circulation, trop de brièveté. Quand le premier ministre suédois répond, le bazar ne faiblit pas un instant. Je découvre que tout le monde pouvait parler à condition de lever la main et de retenir l’attention du président. Hum. De toute façon, c’est trop tard pour moi ! Enfin on vote. A bulletin secret électronique. On commence par un test qui amuse bien tout le monde. Il faut choisir entre cinq chanteurs d’opéra. Je vote Luciano Pavarotti et Jessye Norman. On plaisante. Tout à l’heure ce sera la soupe à la grimace car il s’agit d’éliminer des candidats. Cette buse de Martin Schultz, le lamentable chef de la social démocratie, intervient et ensuite un autre qui demandent des précisions puériles que tout le monde avait compris avant qu’ils ouvrent la bouche. Bruits, rires. On passe donc au vote test proposé pour nous instruire dans l’art de manier notre pupitre de vote. Résultat : Luciano Pavaroti élu ! Encore des interventions pour demander des précisions. De nouveau Martin Schultz nous rappelle que ce n’est pas le vote réel. Rires. Le président parle à présent un italien délicieux à entendre après cette cure de polonais ! Pour nous le piège est de voir notre candidature explosée par les compétitions sauvages entre candidats pirates de droite car il y a multitude de candidatures sauvages. Voyons ! 696 votants, deux nuls. Notre candidat passe ? Non ! On va déjeuner ? Ah non ! Il y a un deuxième tour pour trois sièges. Il est deux heures moins le quart ! Le président veut reporter à quinze heures ! Clameurs d’indignation dans la salle. Bon, on vote maintenant. Applaudissements. Ca vire à l’ambiance potache cette séance ! Je vois que notre candidat est numéro deux sur la liste à l’issue du premier tour. Mais quand on lit l’écran de vote il n’y a pas la moindre référence au parti des candidats. Juste des noms. On suit la liste des consignes de vote du groupe auquel on adhère. Les assistants circulent dans les rangs. Bonjour le secret du vote ! Nous, à la GUE, on bloque notre vote sur un seul nom pour faire la différence si possible. Ca s’appelle, je crois, le vote à la polonaise, non ? Troisième tour ! A la majorité simple précise le président ! Ah ! Deux votants de plus ! Ah c’est fait : notre candidat est élu ! Hé ! Hé !
PREMIERE INTERVENTION : HONDURAS
Cet après midi je fais ma première intervention en séance. Ce sera en défense du président hondurien Manuel Zélaya ! Une minute de temps de parole ! Le ton de la Commission et du Conseil ne m’a pas inspiré confiance. Il n’était question que d’appel au calme, à la retenue « des deux côtés » et ainsi de suite. Plus évanescent, tu meurs. Voici mon propos, tout frais sorti de ma bouche. « Monsieur le président, l'affirmation de nos principes pacifiques par des appels au « compromis » et à « la retenue » entre les deux parties du conflit en cours ne doit pas conduire à donner l'impression de renvoyer dos à dos le gouvernement démocratique du Honduras et les putschistes qui l’ont destitué. Car dans un tel cas la violence des insurgés qui luttent pour le retour du président est légitime et celle des putschistes est criminelle. La mobilisation personnelle des chefs d'Etat d'Amérique centrale et du sud pour soutenir le rétablissement inconditionnel du président constitutionnel Manuel Zelaya montre que tout le continent veut en finir définitivement avec la période des coups d'Etat et des dictatures. A la suite de la décision unanime de l'ONU et des décisions de l'ensemble des organisations régionales de coopération, l'Europe doit prendre sa part de ce combat historique. Car il s'agit d'un combat et non d'un arrangement. L'Europe doit interrompre toute relation et négociation, de tous ordres, politique et commercial, avec le régime factieux et exiger le retour inconditionnel du président Zelaya. L'Europe doit également demander au gouvernement de Monsieur Obama que les USA interrompent eux aussi leurs relations commerciales et militaires avec le régime factieux. Ainsi nous montrerons-nous conformes aux principes que nous évoquons souvent pour en exiger des autres l'application. » Je peux dire que j’ai fait un tabac. C'est-à-dire que le président suédois a dit exactement le contraire en résumant le débat. Pour lui il faut un « arrangement » entre les parties et le retour de Zélaya est certes « indispensable » mais il ne « suffirait pas à rétablir l’ordre constitutionnel ». Tel Quel. Ont suivi moultes bonnes paroles desquelles il ressort que les « négociations » prendront du temps. Sachant que le mandat de Manuel Zélaya s’achève dans six mois, on comprend où tous ces gens veulent en venir. Après ça inutile que je commente le débat précédent sur la Chine où se déversa un flot de stupidités bien pensantes d’autant plus arrogantes et néo colonialistes qu’elles émanent d’un continent en proie lui aussi aux émeutes urbaines et prodigue en traitements inhumains à l’égard des minorités et des immigrés. Vérité intransigeante pour la Chine devient relative pour le Honduras. Evidemment c’est une comédie. Juste une comédie. Pas drôle. La séance est close après cela. Ma journée a commencé à cinq heures quarante cinq ce matin pour enregistrer à six heures quarante cinq la matinale de RTL avec Marc Tronchot. Puis j’ai enchainé par un rendez vous à la gare avec Olanta Humala le leader du parti national Péruvien que j’ai ensuite conduit jusqu'à son accueil devant une délégation du groupe GUE dans les murs de verre du parlement. A midi, j’ai fait un petit quelque chose avec la télé France Trois. Et d’un endroit à l’autre, entre deux temps assis sagement à mon banc dans l’hémicycle, j’ai été suivi par la caméra de « Public Sénat » qui est ma chaine chouchou compte tenu du fait qu’elle était ma voisine de bureau dans le Palais du Luxembourg. Tout à l’heure j’irai dîner avec les camarades du PG de Strasbourg. Et demain on recommence à neuf heures. Jour important pour moi. Je suis le candidat de la GUE au poste de vice président de la commission des affaires étrangères. Baudis aussi. Le sud ouest va être super présent à l’international, je pense …
93 commentaires à “Pluie de bons sentiments sur Strasbourg”
Pages : « 1 2 3 4 5 6 7 [8] 9 10 » Voir tous les commentaires
Pages : « 1 2 3 4 5 6 7 [8] 9 10 » Voir tous les commentaires













18 juillet 2009 à 19h40
Après les élections européennes… des perspectives pour la gauche (une analyse d’Henri Pena Ruiz)
samedi 18 juillet 2009.
http://www.prs12.com/spip.php?article9977
La droite est satisfaite. Sa base de classe a répondu présent, ce qui se comprend puisque la politique menée va dans le sens de ses intérêts. Une Europe libérale, antilaïque, antisociale, destructrice des services publics, se met en place. Le Parti socialiste, lui, récolte les fruits amers de ses atermoiements, voire de sa duplicité : voter, d’une part, le traité de Lisbonne et prétendre, d’autre part, défendre une Europe sociale, alors que l’un contredit l’autre. Sur fond d’abstention massive de l’électorat populaire, le Front de gauche vient malgré tout de réussir une belle percée, prometteuse pour l’avenir. Il ouvre la voie à une véritable alternative, aussi clairement à gauche que la droite est à droite. Celle d’une alliance pérenne, destinée à s’élargir à tous ceux qui veulent que la gauche soit vraiment la gauche, car ils en ont assez de ce capitalisme arrogant et des trahisons qui lui laissent les mains libres.
La gauche n’a pas à rougir de son histoire. Il faut en finir avec les complexes et les reniements qu’ils entraînent. Qui a défendu l’émancipation politique du peuple ? Ceux qui siégèrent à gauche dans l’Assemblée constituante le 28 août 1789. Qui a amorcé l’émancipation laïque tournée non contre la foi religieuse mais contre son instrumentalisation politique, source d’oppression et d’obscurantisme ? Qui a conçu l’instruction publique, destinée à « rendre la raison populaire » (Condorcet) pour un exercice éclairé de la citoyenneté ? Qui a redéfini la nation dans un sens universaliste comme patrie du vivre ensemble selon le droit, en lieu et place d’une nation fondée sur des particularismes sources d’exclusion ? Qui a lutté sans relâche pour des droits sociaux susceptibles de donner chair et vie aux droits politiques ? Aujourd’hui, dans un contexte de crise systémique du capitalisme, la gauche doit se ressaisir pour offrir au mouvement social une authentique perspective d’alternative à ce monde d’insolente injustice. Cinq orientations majeures peuvent redonner sens à l’espoir.
1 – Lancer une refondation politique et sociale de l’Europe, afin que les promesses de l’internationalisme cessent d’être synonymes de laminage de la souveraineté des peuples et de régression des droits sociaux. En quoi la concorde européenne impliquerait-elle la priorité donnée au profit capitaliste ? Il faut cesser de dégoûter les citoyens d’une belle idée en la confondant avec la dictature du grand marché. L’Europe des peuples, de la paix, de la culture, Victor Hugo en rêvait. Mais elle ne peut advenir que par la justice sociale. Celle-ci implique un nivellement par le haut, et non par le bas, du droit du travail et des conquêtes politiques inaugurées par la Révolution française. L’Europe doit être laïque et sociale.
2 – Développer la laïcité des Etats et des institutions publiques. La loi commune doit assurer non seulement la liberté de conscience mais aussi l’égalité de droits des divers croyants, des athées et des agnostiques. Tout privilège public, financier ou juridique, des religions est une discrimination inacceptable pour ceux qui ont d’autres convictions. Il s’exerce de surcroît au détriment des ressources publiques donc de l’intérêt général. La loi ne saurait être dictée par la foi : celle-ci ne doit engager que les croyants. La sphère morale et spirituelle est ainsi affranchie de toute tutelle. La laïcité est un principe d’émancipation et de concorde, propre à fonder une véritable fraternité en assurant la promotion du bien commun à tous.
3 – Refonder la souveraineté populaire en restituant au champ d’une citoyenneté active les compétences qui lui ont été ôtées au nom d’experts faussement neutres, car liés aux puissances dominantes du capitalisme et de son idéologie ultralibérale. Penser de nouvelles modalités de l’appropriation collective de tout ce qui est d’intérêt commun. Etudier des formes audacieuses du contrôle populaire du développement socio-économique mais aussi des décisions prises par les pouvoirs publics. Il faut refonder et reconsidérer la politique démocratique comme forme et moyen de la participation populaire à l’élaboration des règles communes. 4 – Développer les services publics pour assurer un accès égalitaire aux biens de première nécessité : la santé, l’instruction et la culture, le logement, l’accès à l’énergie, la communication et les transports collectifs. La République s’affirme non par un centralisme autoritaire qui instaurerait une hiérarchie géographique entre les régions, mais par une centralité sociale qui assure la solidarité redistributive. Elle le fait par la péréquation et une fiscalité progressive propre à contenir les inégalités dans des limites essentielles pour que soit assurée la dignité humaine de tous. L’école publique, par exemple, met la culture à la portée de tous, pour promouvoir une citoyenneté éclairée.
5 – Prendre en compte concrètement la dimension sociale de toute activité économique, afin de développer l’esprit de responsabilité de ceux de ses acteurs qu’obsède la seule rentabilité à court terme, source évidente d’exploitation et de négligence à l’égard de ses conséquences néfastes. Il est en effet irresponsable de laisser à la charge des pouvoirs publics le soin de réparer les dégâts écologiques d’une telle conception, mais aussi ses impacts humains : santé altérée, désespoir, sentiment d’exclusion, paupérisation liée au chômage, etc. Le droit du travail doit être réaffirmé et développé dans le sens d’un contrôle social de ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur les êtres humains. D’où trois exigences conjointes : écologie sociale, code du travail, recherche active d’un mode de développement à la fois juste pour tous et responsable pour l’environnement.
Notre monde n’est pas en panne d’idéal. Nul dogmatisme, nul procès d’intention.
Mais la gauche doit oser être elle-même, en conjuguant tous les registres d’émancipation. « Et les bateaux repartiront vers la lumière » (Paul Eluard).
18 juillet 2009 à 19h55
Monsieur Melenchon, je crois que vous allez faire du bon boulot au parlement européen et battez vous contre le futur marché transatlantique et l’alliance du SPD et du PPE ces deux complices de l’ultralibéralisme. Continuez à intervenir régulièrement dans les médias.
18 juillet 2009 à 20h40
@ Gilles
Ce texte est un joli condensé de tout ce que je reproche au PG :
-Des idées auxquelles je ne peux que souscrire, mais qui sont particulièrement vagues, pour ne pas dire vaporeuses. Les trucs à base de « penser de nouvelles modalités de… », « étudier des formes audacieuses de… », « refonder et reconsidérer… », je suis désolé, mais ça ne passe pas. Mais pas du tout.
-De toute façon, rien de tout ce qui est vaguement proposé là-dedans n’est possible sans les instruments de souveraineté économique ni sans des mesures de renforcement du protectionnisme (celles-ci nécessitant d’employer ceux-là). Donc rien n’est possible sans un Etat fédéral européen ou sans un Etat national à nouveau souverain. Rien n’est possible sans sortir de l’UE actuelle, par le haut ou à défaut par le bas.
Ce n’est pas le tout de tirer à boulets rouges sur le traité de Lisbonne, encore faudrait-il en tirer clairement toutes les conséquences.
A quoi ça sert que les économistes de gauche (Sapir, Lordon, Maris, Larrouturou et autres) ou même de droite (je pense en particulier au vieux Allais) se décarcassent si les partis ne sont même pas capables de se positionner par rapport à leurs propositions qui, pour le coup, sont très concrètes et souvent novatrices ?
En bref, quitte à passer pour un emmerdeur, j’estime que ce genre de texte n’a aucun intérêt (mais je te prie, Gilles, de ne pas le prendre comme une attaque personnelle).
18 juillet 2009 à 20h45
Le combat paie :
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090718.OBS4560/le_lyceen_bloqueur_autorise_a_se_reinscrire.html
18 juillet 2009 à 20h47
@ Gilles (69)
Vraiment !
Vous croyez que l’heure est à la congratulation de la gauche, dans la situation que nous connaissons ?
Nous ne sommes pas en panne d’idéal , oh! que non!
Nous sommes en panne de courage, d’esprit de résistance.
IL N’Y A QU’A !
L’éternel refrain.Les phrases creuses.
Et vous citez Eluard ! Un Eluard d’avant 1940. La résistance n’avait pas encore
envahi Eluard, qui écrivit :
Sur mes cahiers d’écolier?
Sur mon pupitre et les arbres?
Sur le sable sur la neige?
J’écris ton nom??
Sur toutes les pages lues?
Sur toutes les pages blanches?
Pierre sang papier ou cendre?
J’écris ton nom??
Sur les images dorées?
Sur les armes des guerriers?
Sur la couronne des rois?
J’écris ton nom??
Sur la jungle et le désert?
Sur les nids sur les genêts?
Sur l’écho de mon enfance?
J’écris ton nom??
Sur les merveilles des nuits?
Sur le pain blanc des journées?
Sur les saisons fiancées?
J’écris ton nom??
Sur tous mes chiffons d’azur?
Sur l’étang soleil moisi?
Sur le lac lune vivante?
J’écris ton nom??
Sur les champs sur l’horizon?
Sur les ailes des oiseaux?
Et sur le moulin des ombres?
J’écris ton nom??
Sur chaque bouffée d’aurore?
Sur la mer sur les bateaux?
Sur la montagne démente?
J’écris ton nom??
Sur la mousse des nuages?
Sur les sueurs de l’orage?
Sur la pluie épaisse et fade?
J’écris ton nom??
Sur les formes scintillantes?
Sur les cloches des couleurs?
Sur la vérité physique?
J’écris ton nom??
Sur les sentiers éveillés?
Sur les routes déployées?
Sur les places qui débordent?
J’écris ton nom??
Sur la lampe qui s’allume?
Sur la lampe qui s’éteint?
Sur mes maisons réunis?
J’écris ton nom??
Sur le fruit coupé en deux?D
ur miroir et de ma chambre?
Sur mon lit coquille vide?
J’écris ton nom??
Sur mon chien gourmand et tendre?
Sur ses oreilles dressées?
Sur sa patte maladroite
?J’écris ton nom??
Sur le tremplin de ma porte?
Sur les objets familiers?
Sur le flot du feu béni?
J’écris ton nom??
Sur toute chair accordée?
Sur le front de mes amis?
Sur chaque main qui se tend?
J’écris ton nom??
Sur la vitre des surprises?
Sur les lèvres attentives?
Bien au-dessus du silence?
J’écris ton nom??
Sur mes refuges détruits?
Sur mes phares écroulés?
Sur les murs de mon ennui
?J’écris ton nom??
Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue?
Sur les marches de la mort?
J’écris ton nom?
Sur la santé revenue?
Sur le risque disparu?
Sur l’espoir sans souvenir?
J’écris ton nom??
Et par le pouvoir d’un mot?
Je recommence ma vie?
Je suis né pour te connaître?
Pour te nommer
LIBERTé
———————————————————-
Nous sommes de nouveau à cette époque et devons en tirer les conclusions.
18 juillet 2009 à 20h48
Désolée, mais l’apparition des poinsts d’interrogation s’est faite lors de la transcription.
18 juillet 2009 à 20h53
@ Gilles
J’aurais pu citer aussi Jacques Généreux, mais j’en oublie encore d’autres !
@ Pulchérie D
« Les phrases creuses », tu as bien raison.
18 juillet 2009 à 21h16
Mais qui est donc cet Elie Arié qui sévit sur Marianne2 en jugeant de tout et y traite aujourd’hui http://www.jean-luc-melenchon.fr
de : « blog pour débiles » (oui, c’est nous !) ???
18 juillet 2009 à 21h35
Trouvé ça sur le RSS de Rezo, c’est amusant :
http://recriweb.tumblr.com/post/142682603/valls-miroir-du-ps
18 juillet 2009 à 22h26
@Joe Liqueur
Merci pour l’envoi du texte sur Valls ! C’est parfait ! Nous voilà complètement décillé. Enfin « nous » ça fait déjà un moment, mais voilà que les Français commencent à comprendre en masse. Il y a en fait la bourgeoisie cynique qui commence à se réunifier via le principe de » triangulation » politique : la fameuse » Ouverture » qui n’est en fait qu’une grande fermeture de classe entre gens de même compagnie. On se réunie selon la même classe, le même rang, les mêmes intérêts etc… et de l’autre la grande masse de personnes qui commence à se réapproprier le jeu politique en se rendant peu à peu, laborieusement ou pas, mais sûrement, qu’elles furent les dupes d’un partage du pouvoir sur leur propre corps. De futurs amis en perspective. Il paraîtrait qu’ils sont des millions.
Quand à Valls, c’est un peu le petit blanc revanchard et plein de ressentiment. Il commence par des blagues racistes sur le marché de sa commune pour montrer qu’il a les » bons codes » … l’esprit bien salaud des temps contemporains et qu’il ne voit pas pourquoi il n’est pas intégré plus vite dans les équipes de formatage de la vie publique. « Branché » en diable et » petit winner » bien con comme ses pieds, il veut faire parti de la cour des grands comiques de la politique » vu à la télé » . Il en a marre de rester sur la touche. Son ami vérolé, Julien Dray vole à son secours et frappe fort contre Aubry. Laissez les jouer ces bouffons, bordel ! Il veulent créer un parti à l’américaine avec ballons pom pom girls etcetera, pour que rien ne change jamais.
Autre sujet dans la suite du texte que tu as envoyé par lien RSS de rezo:
Sur la page, il y a un lien qui raconte que la CIA a utilisé des insectes pour torturer » ses terroristes « . J’ai lu ailleurs sur un autre site que le congrés américain avait le témoignage venant des archives récentes d’Irak où l’on a les traces et les preuves qu’un détenu a été crucifié !
Oui, vous avez bien lu : Vraiment crucifié – après avoir été torturé, il l’on crucifié. De très bons chrétiens ces soldats américains ! A croire qu’ ils ont lu la bible à l’envers…quoi que ? Le don d’imitation irrépressible sans doute.
Lien article en anglais / CIA insecte + torture :
http://www.huffingtonpost.com/aram-roston/cia-supervisor-claimed-he_b_231303.html
autres articles intéressant à lire sur la page envoyé par « Joe liqueur » / RSS :
http://recriweb.tumblr.com/