Jeudi en fin d'après midi nous étions trois cents peut-être autour de la fontaine Saint Michel pour exprimer notre soutien au peuple du Honduras qui lutte pour ramener son président chassé par un putsch. Pendant la manifestation nous avons eu un appel du président Zelaya (voir le film sur le site du Parti de Gauche). Dimanche, Manuel Zelaya tentait de rentrer par avion au péril de sa vie. A l'heure où j'écris, des centaines de milliers de manifestants déferlent dans la capitale du Honduras pour empêcher les putschistes de l'intercepter. C'est peu dire qu'une houle de dégoût me monte de l'estomac en voyant quel traitement médiatique est réservé à ces évènements. Je n'ai même plus envie de ricaner en voyant la molle absence des people de la gauche officielle et des grands champions des droits de l'homme. Dommage que le Dalaï-lama Lama ne soit pas hondurien. Dommage que les élections iraniennes n'aient pas eu lieu au Honduras. Dommage qu'il n'y ait pas de gaz géorgien au Honduras. Dans cette note je raconte. Et je parle aussi de l'emprunt Sarkozy.
HONDURAS
Si besoin était, ces évènements du Honduras nous dispensent d'avoir demain à nous justifier auprès des belles «grandes consciences» si promptes à nous montrer du doigt et à invectiver! Nous savions que leur indignation était souvent largement suggérée par le goût de plaire utilement. A présent leur larbinage de commande ne s'encombre même plus de précaution. En dehors des heures de bureau, une fois venue la saison des vacances, les bobocrates à grosse crête, faute de commande précise venue des grands centres de l'indignation mondiale, sont aux abonnés absents. Pourtant cette bataille là, au Honduras, c'est celle qui fera jurisprudence pour la démocratie en Amérique latine. Dorénavant, les années de plomb où l'on putschait impunément, peuvent être closes pour de bon. Quatre présidents latino américains attendent pour raccompagner à demeure dans sa capitale Manuel Zelaya. S'ils atteignent leur but, quelque chose d'historique se sera produit sur le continent. Grâce soit rendue à Hugo Chavez qui n'a pas laissé faire et a mobilisé tout ce qui pouvait l'être aussitôt qu'on connut la nouvelle. Raphael Correa (Equateur) et Fernando Lugo (Paraguay) ont assumé crânement leur rôle aussi. Voyons plutôt chez nous. Des phrases ambigües, dans le meilleur des cas. Et encore! Après une longue pause de silence, le temps de savoir de quel côté étaient les américains. Pendant la pause cependant les arguments des putschistes tenaient naturellement le haut du pavé. Le moment venu on récapitulera ce qui s'est écrit dans chacun des grands journaux de ce pays. Comme d'habitude à propos d'Amérique latine, le PS, noyauté jusqu'à l'os, a tenu son registre de complaisance approfondie pour la droite latino et les arguments des agences du Pentagone. Ainsi quand il déclare soutenir les tentatives de conciliation du Mexique. La «conciliation» entre des putschistes et les élus d'un pays, il faut oser! C'est comme si, en 1936, on avait poussé le gouvernement républicain espagnol à la «conciliation» avec l'armée du général Franco! Allende à la «conciliation» avec Pinochet! De Gaulle avec les généraux félons d'Algérie! Pourtant le PS a osé. Depuis que je n'y suis plus, il n'y a plus aucune résistance interne à la dérive atlantiste totale de la direction de ce parti. En fait je connais la vérité. Plus personne à la direction de ce parti ne s'intéresse à l'Amérique latine. Tout est donc écrit dans des bureaux que personne ne contrôle plus du tout et qui expriment seulement les influences auxquels certains se sont volontairement soumis. Informons d'ailleurs que le Mexique ne fait aucune «conciliation» du tout, vu que le président Zelaya et les autres présidents, forts de la condamnation prononcée par l'OEA et les Nations Unies, avancent frontalement pour le rétablissement du pouvoir Constitutionnel au Honduras. D'une façon plus large, le Mexique est absent de la scène. Ce soir, je tape ces mots après avoir eu deux conversations téléphoniques avec des camarades de l'entourage de Zelaya. Ils embarquent dans l'avion qui suit celui du Président. Eux ne sont pas censés atterrir au Honduras. Ils ne m'ont pas donné d'indications à ce sujet. Mais tous y convergeront, dans tous les cas, le moment venu, une fois l'avion de Zelaya posé. Car, juste avant Manuel Zelaya a décollé. C'est lui qui m'a appelé à la fontaine Saint Michel, jeudi. Si peu nombreux que nous ayons été, il était lui très impressionné et renforcé par l'idée qu'on se mobilisait pour son combat à Paris. Moi j'étais très ému d'entendre sa voix et je pensais à ce que nous étions en train de faire tous, c'est à dire régler leur compte aux gorilles et à leur commanditaire nord américain pour qu'il n'y ait plus jamais de putsch, et ce qui a été avec dans le passé: les arrestations et les disparitions et les tortures et tout le reste. L'autre jour j'ai eu des nouvelles des camarades de l'Uruguay qui s'activent pour la candidature de «pépé» Mujica à l'élection présidentielle au nom du «Front élargi». Pépé c'est quelqu'un, lui aussi. Il a été détenu deux ans dans un puits par les putschistes de l'Uruguay. Au total il a passé trois ans avec de l'eau jusqu'à la ceinture la moitié du temps. Compris?
Une rente nommée emprunt
Après mon passage sur France Inter, j'ai eu pas mal d'appels personnels, de mails et de SMS. Sans que j'en prenne la mesure sur le moment, mon argumentation à propos de l'emprunt a paru très intéressante à de nombreux amis. Ils m'ont donc demandé de reprendre par écrit mes arguments de manière à ce que chacun puisse les utiliser de son côté. Je le fais avec plaisir car je me suis bien amusé d'apprendre la pauvreté des arguments présentés par le PS sur le même sujet, Quand il dit quelque chose, bien sûr, et quand celui qui parle n'approuve pas Sarkozy! Ma ligne argumentaire est la suivante. Je pars du fait. Un emprunt va être lancé. Mais on ne sait pas pourquoi faire. D'habitude on sait d'abord ce qu'on va faire, non? Puis on cherche le moyen de le financer. Cette inversion fait sentir le loup dans la bergerie. Mais avant de le désigner il faut faire une pause et reprendre la réflexion. Si l'on emprunte c'est qu'on n'a pas. Ou pas tout. Pourquoi l'État de la sixième puissance économique du monde n'a-t-il pas de quoi? Réponse: parce qu'il a été méthodiquement appauvri. Bon. De tout cela je donnerai plus loin des détails chiffrés. Et maintenant venons en au loup. Qui va acheter des emprunts de l'État? Ceux qui ont de quoi. Ceux qui ont des réserves qu'ils peuvent immobiliser. Vu? Ça veut déjà dire qui ce ne sera pas. Qui n'a pas de réserve a immobiliser dans un emprunt? Je ne fais pas un dessin, tout le monde a compris. Donc je peux renverser la question: qui a des réserves? Devinez. Ceux là ont pourtant déjà été servis avec le bouclier fiscal, non? Justement. C'est là le moche de l'opération. Ceux qui ont reçu un chèque de l'État pour leur rembourser des impôts du fait du bouclier fiscal contribuent moins à l'effort commun. Ceux là vont maintenant recevoir davantage de la collectivité. Non seulement ils continueront comme les autres à bénéficier des services publics et de tout ce qui est payé par l'impôt de tous, mais en plus ils vont recevoir davantage. Ils vont recevoir quelque chose de plus que tous les autres qu'ils aident moins. Et que tous les autres vont se cotiser pour leur donner. Quoi? L'intérêt de l'emprunt auquel ils vont pouvoir souscrire avec l'argent reversé par l'État du fait du bouclier fiscal. 3 506 contribuables les plus aisés ont touché un chèque moyen de 116 000 euros. Ils peuvent s'en servir pour acheter de l'emprunt Sarkozy. Donc qu'est ce que cet emprunt? Une rente de l'Etat servie aux riches contribuables.
LA STRATEGIE D'APPAUVRISSEMENT DE L'ETAT
Nicolas Sarkozy sait parfaitement à quoi s’en tenir car c’est déjà lui qui avait supervisé en 1993 l’emprunt Balladur comme ministre du budget. Un emprunt qui a coûté en intérêts servis plus de 4 milliards de francs à l'État et qui a été remboursé grâce à des privatisations entre 1993 et 1995 (BNP et Elf Aquitaine notamment)! Pour bien comprendre le côté combine irresponsable de cette affaire, il faut savoir que depuis 30 ans, tous les gouvernements de droite ont été les champions de l’endettement car ils ont organisé l’appauvrissement de l'État. Le gouvernement Balladur dans lequel siégeait le petit Nicolas a multiplié par quatre la dette de l'État. En euros constants, les intérêts de la dette ont été multipliés par trois depuis 30 ans. Dans le même temps les investissements de l'État ont été divisés par 2. Depuis 2002, alors que la dette avait diminué sous Jospin, la dette est passée de 57 % du PIB à 67 % du PIB aujourd’hui. Car contrairement aux idées reçues, les recettes de l'État reculent depuis 20 ans! Elles représentaient 21 % du PIB dans les années 1980. Elles n'en représentent plus que 17 % aujourd’hui. Cela constitue une perte de recettes de 60 milliards annuels. Cette érosion des recettes de l'État a été organisée via des baisses régulières d’impôts. Mais aussi par la vente des entreprises nationales qui rapportaient à l'État d’importants revenus. Voyons cela. Depuis 2002, les réformes fiscales cumulées ont amputé de 30 milliards de recettes annuelles l’impôt sur le revenu, l’ISF et les droits de succession. Rien que le paquet fiscal 2007 de Sarkozy fait perdre 7 milliards par an à l'État: 2 milliards de droits de succession, un demi milliard de bouclier fiscal … Les niches fiscales ont atteint un montant de 73 milliards annuels de manque à gagner pour l'État via des exonérations ou réductions d’impôts sur le revenu ou d’ISF! 85 % des réductions d’impôts bénéficient aux 10 % des foyers les plus riches. Exemple de niches fiscales discutables: exonérations des revenus d’actions possédés par les salariés et mandataires sociaux, exonérations des revenus d’actions avec pacte d’actionnaires, exonération et abattement pour investissement immobilier locatif …réductions d’impôts pour emploi de personne à domicile. Résultat: l'impôt sur le revenu ne représente plus que 17 % environ des recettes fiscales, contre près de 22 % en 1993. Vient a présent mon deuxième argument concernant l'appauvrissement de l'État. On en parle jamais. Il s'agit des privatisations. Les privatisations qui amputent l'État de revenus durables. De 2002 à 2007, les gouvernements de droite ont vendu pour 47 milliards d’euros en privatisations. C'est le double de la période 1997-2002. Le record absolu de privatisation a été atteint en 2006 avec 17 milliards de ventes annuelles. Aujourd’hui il ne reste plus qu’une centaine de milliards (essentiellement EDF) et l'État s’est privé de ressources annuelles considérables. Quelques exemples de profits annuels d’ex entreprises publiques :
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GDF Suez 6,5 milliards de profits 2008 (privatisé par Sarkozy en 2007)
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France Télécom 4 milliards de profits 2008 (privatisation lancée par DSK en 1998 et achevée par les gouvernements Raffarin et Villepin)
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Total 10,4 milliards de profits 2008 (privatisation débutée en 1986 et achevée en 1993-1995 par Balladur-Sarkozy)
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Et même la BNP (privatisée en 1993 par Balladur-Sarkozy) 3 milliards de profits 2008.
Cette liste incomplète représente 23 milliards de moins dans les caisses de l'État pour 2009. Deux fois le déficit de la sécu. Vous avez bien lu? Et pour quel mieux collectif tout cela a-t-il été vendu, et perdu ? Dès que je reprends la plume sur ce blog je vais traiter de ce sujet: nos marges de manoeuvres financières.
205 commentaires à “Le Honduras, l’emprunt Sarkozy”
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8 juillet 2009 à 16h51
http://www.bakchich.info/Les-putchistes-au-Honduras-formes,08226.html
8 juillet 2009 à 16h52
http://www.bakchich.info/Des-prives-americains-forment-l,04457.html
8 juillet 2009 à 16h53
http://www.bakchich.info/Sarkozy-ne-chome-pas-pour-le,08229.html
Désolée pour les envois hachés, pas le choix pour que ça passe (mais du coup, sans mes commentaires)
8 juillet 2009 à 18h47
@ merci Pulchérie D
» Le Monde »
« La campagne d’Europe Ecologie et les appels du pied au MoDem ont été la goutte d’eau de trop. » …
La suite ici :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/07/08/petits-remous-a-la-gauche-des-verts-troublee-par-le-positionnement-d-europe-ecologie_1216643_823448.html
8 juillet 2009 à 19h17
Plus rien ne nous étonne d’un PS balkanisé en divers fan clubs…
8 juillet 2009 à 21h52
Le bouclier fiscal a profité à 19 000 contribuables.
Critique sur le bouclier fiscal, le rapporteur général UMP du Budget, Gilles Carrez, a mené un droit d’inventaire sur ce dispositif, publié vendredi 3 juillet dans un rapport d’information. Selon lui, l’avantage fiscal permettant de plafonner ses impôts (CSG-CRDS inclus) à 50 % de ses revenus, a bénéficié à 18 893 ménages l’an dernier, contre 14 426 foyers pour le bouclier à 60 % en 2007.
Avec un coût de 578 millions d’euros, la facture du bouclier fiscal a donc augmenté de 120 millions d’euros, mais reste en deçà des «810 millions de dépense fiscale prévus lors de la loi TEPA». Cette hausse s’explique d’une part par le traitement des derniers dossiers traités par l’administration début 2008, mais aussi parce que le bouclier à 50 % touche une cible plus large que le dispositif précédent.
Ainsi, Gilles Carrez note que le renforcement du bouclier fiscal a «accentué la prépondérance des assujettis à l’Impôt Sur la Fortune dans le coût du dispositif mais a aussi augmenté leur proportion en nombre de bénéficiaires». Et d’expliquer qu’en 2008 ces assujettis représentaient « 40 % des bénéficiaires contre 27 % l’année précédente et concentraient 99 % du coût contre 91 % en 2007. »
http://www.lefigaro.fr/impots/2009/07/06/05003-20090706ARTFIG00404-le-bouclier-fiscal-a-profite-a-19-000-contribuables-.php
Récapitulons :
- au titre du bouclier fiscal, le fisc a redonné de l’argent à 18 893 ménages en 2008 ;
- au titre du bouclier fiscal, le fisc a reversé 578 millions d’euros en 2008 ;
- le fisc a reversé 99 % de ces 578 millions d’euros à des Français qui paient l’Impôt Sur la Fortune !
8 juillet 2009 à 23h54
Plus de monde au rassemblement ce soir sur le Honduras! Pas trop de nouvelles en fait sur ce qui se passe là-bas. Martine Billard était présente, et Jean Luc Mélenchon aussi.
9 juillet 2009 à 0h17
@jennifer
j’attendais cette info, merci.
concernant les nouvelles, pas étonnant, j’ai vu cette page de la Ligue des Droits humains de l’Amérique Centrale, toutes ces personnes sont menacées, voire plus.. http://www.cidh.org/Comunicados/Spanish/2009/47-09sp.htm
et la caravane médiatique passe à autre chose chez nous, comment garder l’attention et la pression ? Le parlement européen a-t-il prévu une motion vigoureuse lors de son ouverture le 14 juillet?
que de questions
9 juillet 2009 à 3h07
Lienneman sera-t-elle la prochaine? Je la sais à bout du PS, mais également avec de fortes affinités envers un certain courant du MRC… Qué sera sera…
9 juillet 2009 à 7h08
Retrouvez l’entretien accordé au journal Paris-Match par Manuel Valls (sur son blog):
Paris Match. Vous estimez que le nom “Parti socialiste” doit disparaître. Par quel autre souhaitez-vous le remplacer?
Manuel Valls. Il faut un grand parti de gauche (je dirai même gauchiste) et démocrate (trés démocrate, respectant le NON au TCE des 62% de nos électeurs en 2005, et refusant donc Lisbonne) qui puisse rassembler au-delà de ce qu’est le PS aujourd’hui et qui réunisse les socialistes, les écologistes, le MoDem (en n’oubliant surtout pas son mentor économique, Jean Peyrelevade) mais aussi des gens issus de la mouvance associative, syndicale, intellectuelle (par exemple Tapie, Laurence Parisot, BHL, etc.). C’est l’alliance rose-orange-vert (ça fait peut-être un peu chargé, non?). On ne peut pas abandonner le mot “gauche” tant il correspond à un choix différent de celui proposé par la droite (je me trompe pas, là?). Il peut s’appeler le “Parti démocrate de gauche” ou le “Parti de la gauche démocratique” (ou, à la façon du bourgeois gentilhomme: le « démocratique parti de gauche », ou encore, de façon plus réaliste: la gauche démocratique parti(e)…) . Mais on peut aussi être imaginatif (P.Match: plus que ça?) … (Oui!)J’y travaille et, à terme, on fera peut-être appel à des agences (sans blaguer!). Ce qui compte pour l’instant, ce sont le contenu, le projet, le leadership (P.Match: surtout le contenu, on le sent tout de suite!).
Cette “renaissance”, comme vous l’appelez, passe-t-elle nécessairement par l’organisation de primaires ouvertes ?
Oui. Non seulement des primaires nous permettraient de choisir notre candidat à l’élection présidentielle (et dieu sait qu’ils sont nombreux!) à travers la mobilisation de plusieurs millions d’électeurs – 4 à 5 millions, sans doute – mais, en faisant concourir des personnalités qui ne sont pas socialistes (et même des personnalités étrangères, comme dans les meetings!), elles élargiraient notre formation (P.Match:z’êtes sûrs qu’elle va pas craquer?). (Non!), Arnaud Montebourg et Olivier Ferrand, dans leur rapport, y sont favorables, Vincent Peillon (vous savez, celui qui, comme moi, censure sur son blog tous les commentaires critiques), les amis de Ségolène Royal, Pierre Moscovici aussi… (et Félicie, aussi!) Tous ces “modernes” (comme à la bataille d’Hernani) qui espèrent que le parti s’ouvre (en deux) réellement sont d’accord. Il faut aussi imposer le principe des primaires à la direction du PS (Martine, comme tout le monde!), qui a préféré renvoyer le débat à l’après-régionales. Ce sujet n’est même pas inscrit à l’ordre du jour de l’université d’été de La Rochelle (c’est bien la peine que Bibi se décarcasse!), alors que la modernisation de la gauche et du PS devraient être les préoccupations essentielles (P.Match: ça…c’est sûr!).
Comment contraindre la direction du PS à accepter le débat?
Il faut un mouvement des militants, une révolte (et même une révolution) citoyenne des adhérents du PS. Ils peuvent imposer un sujet à l’ordre du jour du conseil national en organisant une vaste pétition (et une pétition qui pète!). C’est écrit (regardez…là!) dans les statuts du PS. J’appelle à cette mobilisation (la fleur au fusil, comme en 14!).
En arriver là ne serait-il pas un désaveu de la direction et de Martine Aubry ?
Depuis le 21 avril 2002, nous n’avons pas pris la dimension (passez moi le mètre!) des changements du monde. Nous avons certes gagné (en largeur, mais pas en profondeur) des élections intermédiaires locales. Les citoyens considèrent que les socialistes sont (tout juste) capables de gérer des collectivités locales. Mais ils ne nous font plus confiance (du tout) pour gérer l’avenir de la France.(P.Match: et pour vous gérer vous-même?)…Ces élections européennes ont servi à sanctionner les socialistes. Le PS parle une langue morte et les partis sont mortels… (P.Match: les partis ou la langue? on voit mal le rapport…) Face à cela (P.Match: face à quoi? la langue ou les partis?), il y a deux attitudes. Celle de l’audace, qui consiste à dire qu’il faut dépasser le PS (c’est pas difficile), et celle d’un appareil, qui a peur de l’avenir et reste recroquevillé sur lui-même (ça, c’est beaucoup plus difficile à réaliser comme figure). Ce n’est pas qu’une question de générations (non, non!). Il y a ceux qui croient encore que la gauche (mais pas le PS) peut être utile à ce pays. Et ceux qui sont épuisés (regardez-les!), qui n’ont plus la force de se projeter (c’est dur, ça, de se projeter soi-même!) et en sont restés aux années 80-90 en termes de propositions sociales (P.Match: et quéqu’y font de rester, comme ça, dans les années 80-90?). Martine Aubry propose une méthode classique qui consiste à ne rien faire (si, si, je vous assure!). A dire : « Il faut rénover, rénover, rénover », sans jamais mettre en pratique (P.Match: elle radote à ce point, Martine?).
Quel serait votre calendrier idéal pour l’organisation de ces primaires ?
Il faut que ce soit fait début 2010 (avec moi, ça va pas faire un pli!). Et après la désignation du candidat, il faut, comme aux Etats-Unis, un congrès ou une convention qui permette à tous de se rassembler après s’être opposés pendant un an (P.Match: j’ai compris… c’est ceux-là qui sont épuisés, qui peuvent plus se projeter?).
Vous aviez refusé en 2007 d’entrer dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Vous a-t-il proposé un poste lors du remaniement ?
Non. Et c’est normal (Pas fou, le Sarko!). Mon destin, ma démarche, mon rôle consistent à rénover la gauche (P.Match: mais, vous les avez épuisés, y peuvent plus se projeter!). Je ne crois pas à l’ouverture. Elle crée de la confusion et laisse penser qu’il n’y a qu’un gouvernement possible (P.Match: là, on vous suis plus trés bien…).
Fin de l’entretien.
Comme pour P.Moscovici (Besoin de gauche, 06 juillet 01.20), j’ai honte… mais c’est encore le seul moyen que j’ai trouvé de faire sentir combien les quadra-quinquas sont en train de se ridiculiser, et le PS avec eux.