Honduras De quoi Guittet est-il le nom ?
juil 09 05

Jeudi en fin d'après midi nous étions trois cents peut-être autour de la fontaine Saint Michel pour exprimer notre soutien au peuple du Honduras qui lutte pour ramener son président chassé par un putsch. Pendant la manifestation nous avons eu un appel du président Zelaya (voir le film sur le site du Parti de Gauche). Dimanche, Manuel Zelaya tentait de rentrer par avion au péril de sa vie. A l'heure où j'écris, des centaines de milliers de manifestants déferlent dans la capitale du Honduras pour empêcher les putschistes de l'intercepter. C'est peu dire qu'une houle de dégoût me monte de l'estomac en voyant quel traitement médiatique est réservé à ces évènements. Je n'ai même plus envie de ricaner en voyant la molle absence des people de la gauche officielle et des grands champions des droits de l'homme. Dommage que le Dalaï-lama Lama ne soit pas hondurien. Dommage que les élections iraniennes n'aient pas eu lieu au Honduras. Dommage qu'il n'y ait pas de gaz géorgien au Honduras. Dans cette note je raconte. Et je parle aussi de l'emprunt Sarkozy.

HONDURAS

Si besoin était, ces évènements du Honduras nous dispensent d'avoir demain à nous justifier auprès des belles «grandes consciences» si promptes à nous montrer du doigt et à invectiver! Nous savions que leur indignation était souvent largement suggérée par le goût de plaire utilement. A présent leur larbinage de commande ne s'encombre même plus de précaution. En dehors des heures de bureau, une fois venue la saison des vacances, les bobocrates à grosse crête, faute de commande précise venue des grands centres de l'indignation mondiale, sont aux abonnés absents. Pourtant cette bataille là, au Honduras, c'est celle qui fera jurisprudence pour la démocratie en Amérique latine. Dorénavant, les années de plomb où l'on putschait impunément, peuvent être closes pour de bon. Quatre présidents latino américains attendent pour raccompagner à demeure dans sa capitale Manuel Zelaya. S'ils atteignent leur but, quelque chose d'historique se sera produit sur le continent. Grâce soit rendue à Hugo Chavez qui n'a pas laissé faire et a mobilisé tout ce qui pouvait l'être aussitôt qu'on connut la nouvelle. Raphael Correa (Equateur) et Fernando Lugo (Paraguay) ont assumé crânement leur rôle aussi. Voyons plutôt chez nous. Des phrases ambigües, dans le meilleur des cas. Et encore! Après une longue pause de silence, le temps de savoir de quel côté étaient les américains. Pendant la pause cependant les arguments des putschistes tenaient naturellement le haut du pavé. Le moment venu on récapitulera ce qui s'est écrit dans chacun des grands journaux de ce pays. Comme d'habitude à propos d'Amérique latine, le PS, noyauté jusqu'à l'os, a tenu son registre de complaisance approfondie pour la droite latino et les arguments des agences du Pentagone. Ainsi quand il déclare soutenir les tentatives de conciliation du Mexique. La «conciliation» entre des putschistes et les élus d'un pays, il faut oser! C'est comme si, en 1936, on avait poussé le gouvernement républicain espagnol à la «conciliation» avec l'armée du général Franco! Allende à la «conciliation» avec Pinochet! De Gaulle avec les généraux félons d'Algérie! Pourtant le PS a osé. Depuis que je n'y suis plus, il n'y a plus aucune résistance interne à la dérive atlantiste totale de la direction de ce parti. En fait je connais la vérité. Plus personne à la direction de ce parti ne s'intéresse à l'Amérique latine. Tout est donc écrit dans des bureaux que personne ne contrôle plus du tout et qui expriment seulement les influences auxquels certains se sont volontairement soumis. Informons d'ailleurs que le Mexique ne fait aucune «conciliation» du tout, vu que le président Zelaya et les autres présidents, forts de la condamnation prononcée par l'OEA et les Nations Unies, avancent frontalement pour le rétablissement du pouvoir Constitutionnel au Honduras. D'une façon plus large, le Mexique est absent de la scène. Ce soir, je tape ces mots après avoir eu deux conversations téléphoniques avec des camarades de l'entourage de Zelaya. Ils embarquent dans l'avion qui suit celui du Président. Eux ne sont pas censés atterrir au Honduras. Ils ne m'ont pas donné d'indications à ce sujet. Mais tous y convergeront, dans tous les cas, le moment venu, une fois l'avion de Zelaya posé. Car, juste avant Manuel Zelaya a décollé. C'est lui qui m'a appelé à la fontaine Saint Michel, jeudi. Si peu nombreux que nous ayons été, il était lui très impressionné et renforcé par l'idée qu'on se mobilisait pour son combat à Paris. Moi j'étais très ému d'entendre sa voix et je pensais à ce que nous étions en train de faire tous, c'est à dire régler leur compte aux gorilles et à leur commanditaire nord américain pour qu'il n'y ait plus jamais de putsch, et ce qui a été avec dans le passé: les arrestations et les disparitions et les tortures et tout le reste. L'autre jour j'ai eu des nouvelles des camarades de l'Uruguay qui s'activent pour la candidature de «pépé» Mujica à l'élection présidentielle au nom du «Front élargi». Pépé c'est quelqu'un, lui aussi. Il a été détenu deux ans dans un puits par les putschistes de l'Uruguay. Au total il a passé trois ans avec de l'eau jusqu'à la ceinture la moitié du temps. Compris?

 

Une rente nommée emprunt

Après mon passage sur France Inter, j'ai eu pas mal d'appels personnels, de mails et de SMS. Sans que j'en prenne la mesure sur le moment, mon argumentation à propos de l'emprunt a paru très intéressante à de nombreux amis. Ils m'ont donc demandé de reprendre par écrit mes arguments de manière à ce que chacun puisse les utiliser de son côté. Je le fais avec plaisir car je me suis bien amusé d'apprendre la pauvreté des arguments présentés par le PS sur le même sujet, Quand il dit quelque chose, bien sûr, et quand celui qui parle n'approuve pas Sarkozy! Ma ligne argumentaire est la suivante. Je pars du fait. Un emprunt va être lancé. Mais on ne sait pas pourquoi faire. D'habitude on sait d'abord ce qu'on va faire, non? Puis on cherche le moyen de le financer. Cette inversion fait sentir le loup dans la bergerie. Mais avant de le désigner il faut faire une pause et reprendre la réflexion. Si l'on emprunte c'est qu'on n'a pas. Ou pas tout. Pourquoi l'État de la sixième puissance économique du monde n'a-t-il pas de quoi? Réponse: parce qu'il a été méthodiquement appauvri. Bon. De tout cela je donnerai plus loin des détails chiffrés. Et maintenant venons en au loup. Qui va acheter des emprunts de l'État? Ceux qui ont de quoi. Ceux qui ont des réserves qu'ils peuvent immobiliser. Vu? Ça veut déjà dire qui ce ne sera pas. Qui n'a pas de réserve a immobiliser dans un emprunt? Je ne fais pas un dessin, tout le monde a compris. Donc je peux renverser la question: qui a des réserves? Devinez. Ceux là ont pourtant déjà été servis avec le bouclier fiscal, non? Justement. C'est là le moche de l'opération. Ceux qui ont reçu un chèque de l'État pour leur rembourser des impôts du fait du bouclier fiscal contribuent moins à l'effort commun. Ceux là vont maintenant recevoir davantage de la collectivité. Non seulement ils continueront comme les autres à bénéficier des services publics et de tout ce qui est payé par l'impôt de tous, mais en plus ils vont recevoir davantage. Ils vont recevoir quelque chose de plus que tous les autres qu'ils aident moins. Et que tous les autres vont se cotiser pour leur donner. Quoi? L'intérêt de l'emprunt auquel ils vont pouvoir souscrire avec l'argent reversé par l'État du fait du bouclier fiscal. 3 506 contribuables les plus aisés ont touché un chèque moyen de 116 000 euros. Ils peuvent s'en servir pour acheter de l'emprunt Sarkozy. Donc qu'est ce que cet emprunt? Une rente de l'Etat servie aux riches contribuables.

 

LA STRATEGIE D'APPAUVRISSEMENT DE L'ETAT

Nicolas Sarkozy sait parfaitement à quoi s’en tenir car c’est déjà lui qui avait supervisé en 1993 l’emprunt Balladur comme ministre du budget. Un emprunt qui a coûté en intérêts servis plus de 4 milliards de francs à l'État et qui a été remboursé grâce à des privatisations entre 1993 et 1995 (BNP et Elf Aquitaine notamment)! Pour bien comprendre le côté combine irresponsable de cette affaire, il faut savoir que depuis 30 ans, tous les gouvernements de droite ont été les champions de l’endettement car ils ont organisé l’appauvrissement de l'État. Le gouvernement Balladur dans lequel siégeait le petit Nicolas a multiplié par quatre la dette de l'État. En euros constants, les intérêts de la dette ont été multipliés par trois depuis 30 ans. Dans le même temps les investissements de l'État ont été divisés par 2. Depuis 2002, alors que la dette avait diminué sous Jospin, la dette est passée de 57 % du PIB à 67 % du PIB aujourd’hui. Car contrairement aux idées reçues, les recettes de l'État reculent depuis 20 ans! Elles représentaient 21 % du PIB dans les années 1980. Elles n'en représentent plus que 17 % aujourd’hui. Cela constitue une perte de recettes de 60 milliards annuels. Cette érosion des recettes de l'État a été organisée via des baisses régulières d’impôts. Mais aussi par la vente des entreprises nationales qui rapportaient à l'État d’importants revenus. Voyons cela. Depuis 2002, les réformes fiscales cumulées ont amputé de 30 milliards de recettes annuelles l’impôt sur le revenu, l’ISF et les droits de succession. Rien que le paquet fiscal 2007 de Sarkozy fait perdre 7 milliards par an à l'État: 2 milliards de droits de succession, un demi milliard de bouclier fiscal … Les niches fiscales ont atteint un montant de 73 milliards annuels de manque à gagner pour l'État via des exonérations ou réductions d’impôts sur le revenu ou d’ISF! 85 % des réductions d’impôts bénéficient aux 10 % des foyers les plus riches. Exemple de niches fiscales discutables: exonérations des revenus d’actions possédés par les salariés et mandataires sociaux, exonérations des revenus d’actions avec pacte d’actionnaires, exonération et abattement pour investissement immobilier locatif …réductions d’impôts pour emploi de personne à domicile. Résultat: l'impôt sur le revenu ne représente plus que 17 % environ des recettes fiscales, contre près de 22 % en 1993. Vient a présent mon deuxième argument concernant l'appauvrissement de l'État. On en parle jamais. Il s'agit des privatisations. Les privatisations qui amputent l'État de revenus durables. De 2002 à 2007, les gouvernements de droite ont vendu pour 47 milliards d’euros en privatisations. C'est le double de la période 1997-2002. Le record absolu de privatisation a été atteint en 2006 avec 17 milliards de ventes annuelles. Aujourd’hui il ne reste plus qu’une centaine de milliards (essentiellement EDF) et l'État s’est privé de ressources annuelles considérables. Quelques exemples de profits annuels d’ex entreprises publiques :

  • GDF Suez 6,5 milliards de profits 2008 (privatisé par Sarkozy en 2007)

  • France Télécom 4 milliards de profits 2008 (privatisation lancée par DSK en 1998 et achevée par les gouvernements Raffarin et Villepin)

  • Total 10,4 milliards de profits 2008 (privatisation débutée en 1986 et achevée en 1993-1995 par Balladur-Sarkozy)

  • Et même la BNP (privatisée en 1993 par Balladur-Sarkozy) 3 milliards de profits 2008. 

Cette liste incomplète représente 23 milliards de moins dans les caisses de l'État pour 2009. Deux fois le déficit de la sécu. Vous avez bien lu? Et pour quel mieux collectif tout cela a-t-il été vendu, et perdu ? Dès que je reprends la plume sur ce blog je vais traiter de ce sujet: nos marges de manoeuvres financières.
 

205 commentaires à “Le Honduras, l’emprunt Sarkozy”

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  1. 91
    jennifer dit:

    3ème partie
    « A ses débuts, la fonction attribuée à l’IRI consistait à semer les graines de la démocratie en Amérique latine. Dès la fin de la Guerre froide, l’IRI a élargi son champ d’action en soutenant la démocratie et la liberté sur toute la planète. L’IRI a dirigé des programme dans plus de 100 nations. »

    En principe, s’ajoutant aux autres groupes clés de la NED, l’IRI finança des organisations au Nicaragua pour fomenter la déstabilisation du gouvernement sandiniste. Le journaliste Jeremy Bigwood a expliqué une partie de ce rôle dans son article « No Strings Attached? » (http://www.inthesetimes.com/main/article/3697/). Le professeur William Robinson, de l’Université Santa Barbara, en Californie, écrit dans son livre « A Faustian Bargain » : « Lorsque la rhétorique de la démocratie est mise de côté, la NED est un outil spécialisé dans la pénétration de la société civile d’autres pays, jusqu’à sa base populaire » afin d’atteindre les objectifs de la politique extérieure états-unienne. Robinson était au Nicaragua dans les années 80. Il fut le témoin de la façon dont la NED travaillait avec l’opposition nicaraguayenne, soutenue par les Etats-Unis, pour renverser les sandinistes aux élections de 1990. »

    L’investigation d’envergure, ainsi que les documents, ont mis en évidence le rôle de l’IRI dans le coup d’Etat de 2002 au Venezuela. Les preuves de cette participation, qui se poursuit aujourd’hui avec le travail de l’IRI, avec le financement, le conseil stratégique et l’entraînement de partis politiques et de groupes au Venezuela, sont disponibles dans les documents obtenus par le biais de la loi états-unienne Accès à l’Information (FOIA, selon ses sigles en anglais), sur le web suivant : http://venezuelafoia.info/iri.html, et aussi dans mon livre « El Código Chávez : descifrando la intervención de Estados Unidos en Venezuela » (Monte Avila Editores, 2006) (Le Code Chávez: déchiffrer l’intervention des Etats-Unis au Venezuela). Aucune des preuves concernant le rôle de l’IRI dans la préparation et le soutien au coup d’avril 2002 au Venezuela, pas plus que son soutien continu à l’opposition vénézuélienne, n’ont été démentis par l’Institut, pour la raison essentielle que la totalité des preuves citées procède de la documentation interne de l’IRI et de la NED, information obtenue en conformité avec la loi FOIA.

  2. 92
    jennifer dit:

    Alors donc, lorsque le coup d’Etat s’est produit au Honduras contre le président démocratiquement élu, Manuel Zelaya, les empreintes états-uniennes offraient peu de place au doute. Le nom de l’IRI est apparu en qualité de récepteur d’un fonds de 700 000 dollars pendant les années 2008 et 2009, dans le but de promouvoir les programmes de « bonne gouvernabilité » dans les pays d’Amérique centrale, y compris le Honduras. Un autre fonds, de 550 000 dollars, a été accordé par la NED à l’IRI, en 2008-2009, pour travailler avec « des centres de la pensée » et « des groupes de pression » au Honduras, afin d’influer sur les partis politiques; on y précisait que l’IRI « soutiendra toute initiative apte à créer des positions politiques durant les campagnes de 2009. L’IRI insistera particulièrement sur le Honduras, pays qui a des élections présidentielles et législatives en novembre 2009. » Ce qui est une diaphane ingérence dans la politique interne du Honduras.

    L’Agence Inrernationale du Développement des Etats-Unis (USAID) fournit aussi au Honduras environ 49 millions de dollars par an, dont une grande partie est orientée en direction de programmes qui « encouragent la démocratie ». Majoritairement, ceux qui perçoivent cette aide au Honduras – aide qui prend la forme du financement, de l’entraînement, des ressources, du conseil stratégique, du conseil en communication, du renforcement de partis politiques et de la formation des dirigeants – sont des organisations directement liées au coup d’Etat, comme le Conseil National Anticorruption, l’Archevêché de Tegucigalpa, le Conseil Hondurien de l’Entreprise Privée (COHEP), le Conseil des Recteurs des Universités du Honduras (CTH), le Forum National de la Convergence, la Fédération Nationale du Commerce et des Industries du Honduras (FEDECAMARA), l’Association des Moyens de Communication (AMC), le Groupe Paix et Démocratie, Génération X Changement. Ces organisations font partie d’une coalition se nommant « Union Civique Démocratique du Honduras », qui a publiquement soutenu le coup contre le président Zelaya.

    La secrétaire à la presse de l’IRI, Lisa Gates, a répondu aux accusations sur l’IRI et sur son financement ou son aide (qui inclut aussi une aide non financière, comme l’entraînement, le conseil et les ressources) en faveur de groupes impliqués dans le coup contre le Honduras, en disant qu’il s’agit de « reportages mensongers ». Cependant, il existe un certain nombre de liens intéressants entre l’organisation républicaine y le violent coup d’Etat contre le président Zelaya qui, certes, révèlent la participation de l’Institut – en sus du million de dollars mentionné plus haut, qu’ils ont investi cette année au Honduras. S’ajoutant à sa présence au Honduras en tant que membre du programme « bonne gouvernabilité » et « influence politique », le directeur régional IRI du Programme Amérique latine et la Caraïbe, Alex Sutton, s’est fortement impliqué aux côtés de nombreuses organisations de la région ayant soutenu le coup au Honduras. Sutton s’est rendu, en qualité d’invité spécial, à une conférence qui s’est tenue récemment au Venezuela, parrainée par l’organisation CEDICE, Centre pour la Divulgation de la Connaissance Economique, qui reçoit un financement de la NED et de l’USAID. La directrice du CEDICE, Rocío Guijarra, avait été l’une des principales exécutrices du coup d’Etat de 2002 contre le président Hugo Chávez, et elle avait , personnellement, signé un décret instaurant la dictature dans le pays, ce qui, par bonheur, a été mis en échec par le soulèvement et la force du peuple. Cette conférence au Venezuela, avec la participation de Sutton, les 28 et 29 mai derniers, a été organisée par plusieurs dirigeants de l’ultra-droite latino-américaine, comme l’ex-président bolivien Jorge Quiroga – qui appela à plusieurs reprises au renversement du président Evo Morales; le Péruvien Mario Vargas Llosa et son fils Álvaro – qui ont déjà donné leur aval public au coup contre le président Zelaya au Honduras; et nombre de dirigeants de l’opposition vénézuélienne – dont la plus grande partie est connue pour son rôle dans le coup d’avril 2002 et à l’occasion, depuis lors, de plusieurs attentats contre la démocratie. La majorité des présents à la conférence du CEDICE, en mai 2009, ont exprimé publiquement leur soutien au coup contre le président Zelaya.

    Mais il est une preuve plus implacable du lien entre l’IRI et le coup contre le Honduras: c’est un vidéo clip , disponible sur le web de l’Institut : http://www.iri.org/multimedia.asp. Le clip ou « podcast », comprend une présentation de diapositives de Susan Zelaya-Fenner – assistante du programme de l’IRI – le 20 mars 2009, où elle explique les programmes de « bonne gouvernabilité » au Honduras. Curieusement, au début de la présentation, Zelaya-Fenner explique ce qu’elle considère « une paire de faits intéressants sur le Honduras ». Ces « faits » incluent, d’après elle, que « Le Honduras est un pays fort oublié, dans une région très petite. Le Honduras a eu plus de coups d’Etat que d’années d’indépendance, a-t-on dit. Cependant, paradoxalement, en des temps récents, ce pays a été considéré comme un ‘pilier de stabilité’ dans la région, au point de l’appeler le ‘U.S.S. Honduras’, pour être parvenu à éviter toutes les crises dont ont souffert ses voisins pendant les guerres civiles des années 80. »

  3. 93
    jennifer dit:

    Voilà l’ultime partie. Désolée d’avoir été longue mais j’espère que cela vous aura au moins intéressés.
    Jennifer

    Il importe de préciser que lorsque Zelaya-Fenner parle du « U.S.S. Honduras » et de la « chance » qu’il a d’avoir « évité toutes les crises vécues par ses voisins pendant les guerres civiles des années 80″, cela veut dire que le gouvernement états-unien, la CIA et le Pentagone utilisèrent le Honduras comme fer de lance dans leurs attaques contre les voisins du Honduras. L’ambassadeur états-unien de l’époque, John Negroponte, et le colonel Oliver North, entraînèrent, financèrent et planifièrent les missions paramilitaires et les commandos de la mort qui assassinèrent, firent disparaître et neutralisèrent des dizaines de milliers de paysans et de citoyens « de gauche » au Nicaragua, au Salvador, au Guatemala y au Honduras.

    Zelaya-Fenner poursuit : « Donc, le Honduras était stable récemment, et il a toujours été pauvre, ce qui veut dire qu’il est en-dessous du radar et qu’il fait l’objet d’une faible d’attention. L’actuel président, Manuel Zelaya et ses panas, les gens de gauche de l’Amérique latine, ont suffisamment provoqué de déstabilisation politique dans le pays. Zelaya est un imitateur de Hugo Chávez et de la révolution sociale de Hugo Chávez. Il a consacré une grande partie de son administration à tenter de convaincre le peuple hondurien, des personnes très pratiques et centristes, que la voie vénézuélienne est celle qu’il faut prendre. Les tendances de gauche de Zelaya intensifient les problèmes qui existent déjà. La corruption est pire que jamais. Le narcotrafic et la violence passent par la frontière du Mexique. Et il y a dans le pays un véritable sentiment sur l’existence d’une déstabilisation interne, ce qui est nouveau dans l’histoire hondurienne. Les coups d’Etat étaient une affaire datant de trois décennies, pensait-on… jusqu’à aujourd’hui, à nouveau (elle rit et les auditeurs rient avec elle). »

    Elle a vraiment dit ça ? Oui, et on peut l’écouter (en anglais) sur son « podcast ». Est-ce une simple coïncidence si le coup contre le président Zelaya s’est produit à trois mois à peine de cette présentation ? Des fonctionnaires du Département d’Etat ont admis qu’ils savaient que le coup d’Etat était en marche depuis plusieurs mois. Le sous-secrétaire d’Etat, Thomas Shannon, était au Honduras la semaine qui a précédé le coup, en principe pour négocier une issue alternative au coup d’Etat. Pourtant, Washington a continué de financer, par le biais de la NED et de l’USAID, ces mêmes groupes, partis et secteurs militaires impliqués dans la planification et l’exécution du coup. Il est de notoriété publique que Washington n’appréciait pas les alliances du président Zelaya dans la région, en particulier avec des pays comme le Venezuela, Cuba et le Nicaragua. Il est aussi de notoriété publique que le président Zelaya s’était attelé à revoir la présence militaire états-unienne sur la base militaire de Soto Cano (Palmerola) et que, avec un fonds des pays de l’ALBA (Bolivie, Cuba, Equateur, Dominique, Honduras, Nicaragua, San Vicente, Antigua y Barbudos, et Venezuela), il allait transformer cette base du Pentagone en un aéroport international.

    Dans sa présentation, Zelaya-Fenner explique l’importance stratégique du Honduras : « Pourquoi le Honduras importe-t-il ? Beaucoup de personnes le demandent, même les experts et les historiens honduriens. Certains disent qu’il a peu d’importance et, d’un point de vue global, c’est une opinion difficile à contrecarrer. Cependant, le pays revêt une importance stratégique pour la stabilité régionale; or, cette année est une année électorale au Honduras. C’est un espace de temps stratégique, aussi devons-nous soutenir les démocrates en un moment comme celui-ci, quand la démocratie est attaquée dans la région. »

    Aucun doute à avoir : le coup contre le président Zelaya est un effort pour saper les gouvernements régionaux qui installent des modèles alternatifs au capitalisme et qui défient les concepts états-uniens de la démocratie représentative en tant que « meilleur modèle ». Des pays comme le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur construisent des modèles qui réussissent, fondés sur la démocratie participative; qui garantissent la justice économique et sociale et qui donnent la priorité à la prospérité sociale collective plutôt qu’à l’économie de marché. Tels sont les pays qui, avec le Honduras maintenant, ont été victimes de l’interventionnisme de la NED, de l’USAID, de l’IRI et autres agences de Washington, qui veulent renverser ces démocraties émergentes.

  4. 94
    jennifer dit:

    Photoreportage. Il faut attendre un peu avant que les images apparaissent.

    http://mimundo-jamesrodriguez-esp.blogspot.com

  5. 95
    jennifer dit:

    Les négociations devaient commencer aujourd’hui au Costa Rica. Micheletti persiste et signe:
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/07/09/honduras-micheletti-se-presente-au-costa-rica-en-president-constitutionnel_1217337_3222.html

    Et qu’en est-il des honduriens? Manifestent-ils toujours? Les militaires continuent-elles à arrêter les militants?

  6. 96
    Hold-up dit:

    Honduras :

    http://www.youtube.com/watch?v=OCzkJf2vVnU&eurl=http%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Fameriques%2Farticle%2F2009%2F07%2F07%2Fhonduras-sur-le-net-les-opposants-denoncent-la-repression_1216175_3222.html&feature=player_embedded

  7. 97
    Hold-up dit:

    Honduras : un peuple en lutte

    http://www.youtube.com/watch?v=EDB1ejnxbKE&feature=related

  8. 98
    Pierre L dit:

    jennifer dit:
    9 juillet 2009 à 22:11
    « Les militaires continuent-elles à arrêter les militants? »

    1ère classe Jennifer GARDE A VOUS !
    Soldat Jennifer votre féminisme a gravement merdé sur ce coup là.
    Me f’rez trois jours.
    ROMPEZ !

  9. 99
    Hold-up dit:

    Info du 02 Juillet 2009 :

    « La liberté d’association et de réunion, ainsi que le droit à la libre circulation » ont été suspendus par le Congrès. Le président déchu, Manuel Zelaya, exhorte ses concitoyens à ne pas obéir à un « gouvernement usurpateur ».

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20090702.OBS2756/?xtmc=honduras&xtcr=3

  10. 100
    Pierre L dit:

    à Hold-up (9 juillet 2009 à 23:48)

    Il est tout a fait normal que nos dirigeants zoccidentaux soient discrets à propos du Honduras.

    « La liberté d’association et de réunion, ainsi que le droit à la libre circulation” ont été suspendus »

    De celà ils en rêvent, et le mettent en place, lentement mais surement.

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