Jeudi en fin d'après midi nous étions trois cents peut-être autour de la fontaine Saint Michel pour exprimer notre soutien au peuple du Honduras qui lutte pour ramener son président chassé par un putsch. Pendant la manifestation nous avons eu un appel du président Zelaya (voir le film sur le site du Parti de Gauche). Dimanche, Manuel Zelaya tentait de rentrer par avion au péril de sa vie. A l'heure où j'écris, des centaines de milliers de manifestants déferlent dans la capitale du Honduras pour empêcher les putschistes de l'intercepter. C'est peu dire qu'une houle de dégoût me monte de l'estomac en voyant quel traitement médiatique est réservé à ces évènements. Je n'ai même plus envie de ricaner en voyant la molle absence des people de la gauche officielle et des grands champions des droits de l'homme. Dommage que le Dalaï-lama Lama ne soit pas hondurien. Dommage que les élections iraniennes n'aient pas eu lieu au Honduras. Dommage qu'il n'y ait pas de gaz géorgien au Honduras. Dans cette note je raconte. Et je parle aussi de l'emprunt Sarkozy.
HONDURAS
Si besoin était, ces évènements du Honduras nous dispensent d'avoir demain à nous justifier auprès des belles «grandes consciences» si promptes à nous montrer du doigt et à invectiver! Nous savions que leur indignation était souvent largement suggérée par le goût de plaire utilement. A présent leur larbinage de commande ne s'encombre même plus de précaution. En dehors des heures de bureau, une fois venue la saison des vacances, les bobocrates à grosse crête, faute de commande précise venue des grands centres de l'indignation mondiale, sont aux abonnés absents. Pourtant cette bataille là, au Honduras, c'est celle qui fera jurisprudence pour la démocratie en Amérique latine. Dorénavant, les années de plomb où l'on putschait impunément, peuvent être closes pour de bon. Quatre présidents latino américains attendent pour raccompagner à demeure dans sa capitale Manuel Zelaya. S'ils atteignent leur but, quelque chose d'historique se sera produit sur le continent. Grâce soit rendue à Hugo Chavez qui n'a pas laissé faire et a mobilisé tout ce qui pouvait l'être aussitôt qu'on connut la nouvelle. Raphael Correa (Equateur) et Fernando Lugo (Paraguay) ont assumé crânement leur rôle aussi. Voyons plutôt chez nous. Des phrases ambigües, dans le meilleur des cas. Et encore! Après une longue pause de silence, le temps de savoir de quel côté étaient les américains. Pendant la pause cependant les arguments des putschistes tenaient naturellement le haut du pavé. Le moment venu on récapitulera ce qui s'est écrit dans chacun des grands journaux de ce pays. Comme d'habitude à propos d'Amérique latine, le PS, noyauté jusqu'à l'os, a tenu son registre de complaisance approfondie pour la droite latino et les arguments des agences du Pentagone. Ainsi quand il déclare soutenir les tentatives de conciliation du Mexique. La «conciliation» entre des putschistes et les élus d'un pays, il faut oser! C'est comme si, en 1936, on avait poussé le gouvernement républicain espagnol à la «conciliation» avec l'armée du général Franco! Allende à la «conciliation» avec Pinochet! De Gaulle avec les généraux félons d'Algérie! Pourtant le PS a osé. Depuis que je n'y suis plus, il n'y a plus aucune résistance interne à la dérive atlantiste totale de la direction de ce parti. En fait je connais la vérité. Plus personne à la direction de ce parti ne s'intéresse à l'Amérique latine. Tout est donc écrit dans des bureaux que personne ne contrôle plus du tout et qui expriment seulement les influences auxquels certains se sont volontairement soumis. Informons d'ailleurs que le Mexique ne fait aucune «conciliation» du tout, vu que le président Zelaya et les autres présidents, forts de la condamnation prononcée par l'OEA et les Nations Unies, avancent frontalement pour le rétablissement du pouvoir Constitutionnel au Honduras. D'une façon plus large, le Mexique est absent de la scène. Ce soir, je tape ces mots après avoir eu deux conversations téléphoniques avec des camarades de l'entourage de Zelaya. Ils embarquent dans l'avion qui suit celui du Président. Eux ne sont pas censés atterrir au Honduras. Ils ne m'ont pas donné d'indications à ce sujet. Mais tous y convergeront, dans tous les cas, le moment venu, une fois l'avion de Zelaya posé. Car, juste avant Manuel Zelaya a décollé. C'est lui qui m'a appelé à la fontaine Saint Michel, jeudi. Si peu nombreux que nous ayons été, il était lui très impressionné et renforcé par l'idée qu'on se mobilisait pour son combat à Paris. Moi j'étais très ému d'entendre sa voix et je pensais à ce que nous étions en train de faire tous, c'est à dire régler leur compte aux gorilles et à leur commanditaire nord américain pour qu'il n'y ait plus jamais de putsch, et ce qui a été avec dans le passé: les arrestations et les disparitions et les tortures et tout le reste. L'autre jour j'ai eu des nouvelles des camarades de l'Uruguay qui s'activent pour la candidature de «pépé» Mujica à l'élection présidentielle au nom du «Front élargi». Pépé c'est quelqu'un, lui aussi. Il a été détenu deux ans dans un puits par les putschistes de l'Uruguay. Au total il a passé trois ans avec de l'eau jusqu'à la ceinture la moitié du temps. Compris?
Une rente nommée emprunt
Après mon passage sur France Inter, j'ai eu pas mal d'appels personnels, de mails et de SMS. Sans que j'en prenne la mesure sur le moment, mon argumentation à propos de l'emprunt a paru très intéressante à de nombreux amis. Ils m'ont donc demandé de reprendre par écrit mes arguments de manière à ce que chacun puisse les utiliser de son côté. Je le fais avec plaisir car je me suis bien amusé d'apprendre la pauvreté des arguments présentés par le PS sur le même sujet, Quand il dit quelque chose, bien sûr, et quand celui qui parle n'approuve pas Sarkozy! Ma ligne argumentaire est la suivante. Je pars du fait. Un emprunt va être lancé. Mais on ne sait pas pourquoi faire. D'habitude on sait d'abord ce qu'on va faire, non? Puis on cherche le moyen de le financer. Cette inversion fait sentir le loup dans la bergerie. Mais avant de le désigner il faut faire une pause et reprendre la réflexion. Si l'on emprunte c'est qu'on n'a pas. Ou pas tout. Pourquoi l'État de la sixième puissance économique du monde n'a-t-il pas de quoi? Réponse: parce qu'il a été méthodiquement appauvri. Bon. De tout cela je donnerai plus loin des détails chiffrés. Et maintenant venons en au loup. Qui va acheter des emprunts de l'État? Ceux qui ont de quoi. Ceux qui ont des réserves qu'ils peuvent immobiliser. Vu? Ça veut déjà dire qui ce ne sera pas. Qui n'a pas de réserve a immobiliser dans un emprunt? Je ne fais pas un dessin, tout le monde a compris. Donc je peux renverser la question: qui a des réserves? Devinez. Ceux là ont pourtant déjà été servis avec le bouclier fiscal, non? Justement. C'est là le moche de l'opération. Ceux qui ont reçu un chèque de l'État pour leur rembourser des impôts du fait du bouclier fiscal contribuent moins à l'effort commun. Ceux là vont maintenant recevoir davantage de la collectivité. Non seulement ils continueront comme les autres à bénéficier des services publics et de tout ce qui est payé par l'impôt de tous, mais en plus ils vont recevoir davantage. Ils vont recevoir quelque chose de plus que tous les autres qu'ils aident moins. Et que tous les autres vont se cotiser pour leur donner. Quoi? L'intérêt de l'emprunt auquel ils vont pouvoir souscrire avec l'argent reversé par l'État du fait du bouclier fiscal. 3 506 contribuables les plus aisés ont touché un chèque moyen de 116 000 euros. Ils peuvent s'en servir pour acheter de l'emprunt Sarkozy. Donc qu'est ce que cet emprunt? Une rente de l'Etat servie aux riches contribuables.
LA STRATEGIE D'APPAUVRISSEMENT DE L'ETAT
Nicolas Sarkozy sait parfaitement à quoi s’en tenir car c’est déjà lui qui avait supervisé en 1993 l’emprunt Balladur comme ministre du budget. Un emprunt qui a coûté en intérêts servis plus de 4 milliards de francs à l'État et qui a été remboursé grâce à des privatisations entre 1993 et 1995 (BNP et Elf Aquitaine notamment)! Pour bien comprendre le côté combine irresponsable de cette affaire, il faut savoir que depuis 30 ans, tous les gouvernements de droite ont été les champions de l’endettement car ils ont organisé l’appauvrissement de l'État. Le gouvernement Balladur dans lequel siégeait le petit Nicolas a multiplié par quatre la dette de l'État. En euros constants, les intérêts de la dette ont été multipliés par trois depuis 30 ans. Dans le même temps les investissements de l'État ont été divisés par 2. Depuis 2002, alors que la dette avait diminué sous Jospin, la dette est passée de 57 % du PIB à 67 % du PIB aujourd’hui. Car contrairement aux idées reçues, les recettes de l'État reculent depuis 20 ans! Elles représentaient 21 % du PIB dans les années 1980. Elles n'en représentent plus que 17 % aujourd’hui. Cela constitue une perte de recettes de 60 milliards annuels. Cette érosion des recettes de l'État a été organisée via des baisses régulières d’impôts. Mais aussi par la vente des entreprises nationales qui rapportaient à l'État d’importants revenus. Voyons cela. Depuis 2002, les réformes fiscales cumulées ont amputé de 30 milliards de recettes annuelles l’impôt sur le revenu, l’ISF et les droits de succession. Rien que le paquet fiscal 2007 de Sarkozy fait perdre 7 milliards par an à l'État: 2 milliards de droits de succession, un demi milliard de bouclier fiscal … Les niches fiscales ont atteint un montant de 73 milliards annuels de manque à gagner pour l'État via des exonérations ou réductions d’impôts sur le revenu ou d’ISF! 85 % des réductions d’impôts bénéficient aux 10 % des foyers les plus riches. Exemple de niches fiscales discutables: exonérations des revenus d’actions possédés par les salariés et mandataires sociaux, exonérations des revenus d’actions avec pacte d’actionnaires, exonération et abattement pour investissement immobilier locatif …réductions d’impôts pour emploi de personne à domicile. Résultat: l'impôt sur le revenu ne représente plus que 17 % environ des recettes fiscales, contre près de 22 % en 1993. Vient a présent mon deuxième argument concernant l'appauvrissement de l'État. On en parle jamais. Il s'agit des privatisations. Les privatisations qui amputent l'État de revenus durables. De 2002 à 2007, les gouvernements de droite ont vendu pour 47 milliards d’euros en privatisations. C'est le double de la période 1997-2002. Le record absolu de privatisation a été atteint en 2006 avec 17 milliards de ventes annuelles. Aujourd’hui il ne reste plus qu’une centaine de milliards (essentiellement EDF) et l'État s’est privé de ressources annuelles considérables. Quelques exemples de profits annuels d’ex entreprises publiques :
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GDF Suez 6,5 milliards de profits 2008 (privatisé par Sarkozy en 2007)
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France Télécom 4 milliards de profits 2008 (privatisation lancée par DSK en 1998 et achevée par les gouvernements Raffarin et Villepin)
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Total 10,4 milliards de profits 2008 (privatisation débutée en 1986 et achevée en 1993-1995 par Balladur-Sarkozy)
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Et même la BNP (privatisée en 1993 par Balladur-Sarkozy) 3 milliards de profits 2008.
Cette liste incomplète représente 23 milliards de moins dans les caisses de l'État pour 2009. Deux fois le déficit de la sécu. Vous avez bien lu? Et pour quel mieux collectif tout cela a-t-il été vendu, et perdu ? Dès que je reprends la plume sur ce blog je vais traiter de ce sujet: nos marges de manoeuvres financières.
205 commentaires à “Le Honduras, l’emprunt Sarkozy”
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6 juillet 2009 à 2h02
Bonsoir cher Jean-Luc,
I. Sur le Honduras…
Je suis inquiet de voir que le président ZELAYA a décidé de revenir dans son pays contre la volonté de ses nouveaux chefs, au risque de se trouver en grand danger. Au mieux il risque de se faire arrêter puis de nouveau exiler, au pire tuer ou emprisonner. Il a du courage en tout cas et il faut le saluer et surtout le soutenir. D’autant plus fort que notre pays, notre Président, notre gouvernement, nos médias ne le font pas. Puissent les putschistes ne pas perdre la raison en agissant de manière inconsidérée. Puissent les Américains ne pas intervenir en faveur des nouveaux gouvernants. Puissent-ils enfin dire le Droit c’est-à-dire soutenir le pouvoir légitime mais là, même avec OBAMA, on rêve!!! Et ces vœux risquent de n’être que des vœux pieux. Que pouvons-nous faire nous Français ?
Le Honduras est un « petit pays bien loin de nous » (je dis cela au second degré puisque j’ai répondu sur Marianne2.fr à un blogueur qui précisément méprisait ainsi ce pays) mais il est un cas d’école de l’Amérique Latine de notre temps et du temps notamment de Barack OBAMA. Selon le sens que prendront les évènements là-bas, selon que l’Amérique jouera un rôle traditionnel, restera à l’écart des évènements ou se « risquera » à un « jeu » novateur, les conséquences à long terme seront tragiques ou heureuses.
La France pourrait et devrait parler fort et clair en tant que patrie des droits de l’Homme et nation initiatrice des Révolutions émancipatrices du XVIIIè siècle mais elle ne le fait pas. Inutile de s’en étonner même s’il faut s’en désoler et le dire fortement. Pourquoi ne pas initier une pétition via internet ? Ceci aurait l’avantage de montrer au Président légitime que le peuple français, en tout cas une partie, est avec lui et à travers lui est au côté du peuple du Honduras. 300 personnes en manifestation à Paris, c’est bien peu. Tous les Français ne peuvent pas se rendre dans la capitale pour mener cette action alors usons des moyens modernes.
Puisque le pouvoir officiel de la France ne dit rien ou presque et que le prétendu principal parti d’opposition se désintéresse de la question, comme d’ailleurs le MODEM et l’UMP, reste à cette autre gauche en devenir, que vous portez, à délivrer le message républicain et démocratique qui est l’essence même de notre pays et la fierté de notre peuple.
II. Sur l’emprunt hypothétique à défaut d’être hypothécaire encore que…
Vous faîtes une analyse qui risque de heurter les oreilles sarkozystes mais cette analyse est tout à fait pertinente. Je vais la résumer à ma façon « Cet emprunt c’est l’art d’être baisé deux fois! » Oui, c’est un véritable artiste notre Président! C’est vraiment rageant de voir en outre les principaux leaders socialistes se réjouir de cet emprunt, sans le dire mais tout en le disant et en espérant influer un peu sur son contenu. Après tout SARKO a dit que rien n’était décidé et que les décisions seraient prises après consultation alors, comme vous avez eu l’occasion de le dire avec humour, « chacun y va de sa lettre au père Noël » et notre Nicolas préféré se marre de voir le tintamarre que ça produit. Un peu plus de division à gauche avec ceux qui trouvent décidément le Président talentueux, intelligent, adroit et pourquoi pas bien inspiré et les autres qui se refusent à plier devant lui, subissant et assumant en cela les foudres olympiennes de tous ceux qui accusent cette partie de l’opposition qui ne s’est pas ralliée au Maître à penser et agir de s’opposer. Quelle drôle d’idée ! Quand le chef est aussi fort, toute contestation est illégitime enfin ! Et la critique doit laisser la place à la flagornerie. Il y a un journal qui l’a bien compris. Non je ne parle pas du Figaro ni de Valeurs Actuelles car ceux-ci sont de droite et leur soutien, même obséquieux, au Président est somme toute normal pour deux journaux tenus par la famille DASSAULT (le père tient le premier et le fils tient le second, ça ne s’invente pas !). Non, je parle du Nouvel Obs que l’on croyait de gauche. Tiens, fume c’est du Belge! Dorénavant, c’est plus compliqué. De gauche oui sans doute mais de la gauche de Saint-Germain-des-Prés qui aime tant ce Président-là !
Un emprunt pour sortir de la crise ? Qui y croit vraiment? V’là un attrape-gogo de plus et le pire c’est que ça prend, ça semble marcher ! Chacun dans la bulle se dit qu’il y a du pognon à se faire et que ça va compenser un peu les pertes subies depuis quelques temps…
Le trouble m’envahit pourtant ou plutôt il ne cesse d’être réalimenté par de nouveaux ferments de colère :
1/ cet emprunt est annoncé pour plus tard par le Premier Consul pendant que le Premier Ménestrel semble vouloir réduire sa portée ou repousser son ouverture au delà de la date de péremption. Si c’est un effet d’annonce, on est coutumier du fait en France mais c’est toujours exaspérant de voir revenir cette pratique. Si c’est du lourd, alors pourquoi différer? Voudrait-on le mettre en place peu de temps avant les élections présidentielles pour en tirer profit? Non, allons donc, pourquoi allez-vous imaginer cela? !!! C’est pourtant l’analyse la plus convaincante que j’ai entendu à ce sujet il y a quelques jours sur une radio mais hélas je ne sais plus ni exactement quand ni exactement où.
2/ cet emprunt, loin d’aider à la relance et au progrès social, va aboutir à donner plus à ceux qui ont déjà eu plus et faire payer plus ceux qui déjà payent plus. C’est un peu de rab pour les uns (les pauvres, ils sont si nécessiteux nos riches) et c’est la double peine pour les autres (la masse des « économiquement faibles ») alors que SARKOZY, me semble-t-il, avait pourtant supprimé ce châtiment…
III. La stratégie d’appauvrissement de l’État
Je rebondis sur le rappel que vous faîtes des mauvaises habitudes balladuro-sarkoziennes et je ne parle pas ici des suites ou des prémisses de l’attentat de Karachi lequel semble une bombe à très forte puissance mais à détonation retardée… Ah si elle pouvait sauter non pas demain mais dans quelques mois…
Non, je parle de la fâcheuse tendance de ces deux-là à aimer les déficits et de la dette. « Sa Courtoise Suffisance » (surnom donné en 1993 par le Canard enchaîné à notre ancien Premier Ministre BALLADUR) et son Trésorier « GO trouvetou », pardons son ministre des Finances et du Budget d’alors, devenu depuis calife à la place du calife (lui a réussi dans cette entreprise) pratiquent la dette et le déficit comme d’autres pratiquent le dépeçage des entreprises.
Vous souvenez-vous de ce que disait Alain JUPPÉ, nouveau Premier Ministre après l’élection de Jacques CHIRAC en 1995 ? « La situation des finances publiques est calamiteuse ». Et les Balladuriens alors de s’étouffer. « C’est de la mauvaise foi ». « Ce sont des mensonges. « La France n’a jamais été aussi bien gérée » qu’ils disaient et c’est sans doute pour cela que le peuple avait dit merde à ces gouvernants de génie en choisissant leur rival CHIRAC. Ils n’avaient pas tout compris au film qui venait de se jouer mais bon on ne va pas les blâmer, quand on vit dans la bulle et que l’on croit qu’Alain MINC parle comme les Français, évidemment on se prépare à de mauvaises surprises !
Les accusations juppéennes d’alors qu’on avait pris pour de la médisance n’étaient pas sans fondement. Il est vrai qu’à force d’acheter des électeurs au prix fort, on vide les caisses. Et là je ne parle pas de corruption mais de cadeaux à diverses catégories sociales. Chacun s’en souvient et dans le cas contraire, il suffit de revenir aux sources.
S’il y a un domaine dans lequel il faudra effectuer un virage à 180 degrés, c’est bien la politique économique et fiscale du gouvernement Sarkozy-Fillon. Bon évidemment, il y a beaucoup d’autres secteurs qui devront être pensés autrement et bien des choix qui devront être remis en cause (sur les libertés, sur la presse, sur les institutions, sur la politique étrangère et de défense, sur l’Europe…) mais la question économique et fiscale est sans doute avec celle du type de régime politique, la plus essentielle. C’est une révolution qu’il faudra entreprendre afin que notre économie soit enfin favorable à tous et pas seulement à la petite caste de nos nouveaux nomenklaturistes et afin que notre fiscalité soit enfin juste, conforme à l’esprit comme à la lettre de la DDHC selon laquelle chacun doit contribuer en fonction de ses capacités.
Exit donc le bouclier fiscal qui n’est pas qu’un symbole à détruire, un privilège indû à abolir comme on l’a fait le 4 août 1789 une fin en soi mais le premier acte d’une politique de justice fiscale.
Exit donc les franchises médicales qui font reposer sur le peuple le moins privilégié un fardeau que d’autres n’assument pas !
Exit les défiscalisations des stocks-options! et des heures sup’ qui au lieu d’améliorer la vie des petits salariés incite les employeurs à abuser du procédé.
La question devra aussi être étudiée d’une nationalisation de secteurs dans lesquels le privé ne gère pas au mieux l’intérêt général mais excelle pour satisfaire les actionnaires. Je pense à l’eau, à l’énergie, aux transports (vous avez vu que les accidents liés à la libéralisation du frêt ferroviaire se multiplient et qu’ils entraînent désormais des morts).
Je pense à la nécessité impérieuse de disposer au moins d’une banque publique sur fonds publics pour les Français qui ne peuvent pas assumer des crédits à taux usuraire de même qu’il faut une banque (la même ou une autre) destinée à aider à financer des investissements massifs dans les domaines d’avenir ou de service public essentiel (l’éducation, la santé, la recherche…).
Cher Jean-Luc, j’ai enfin pu honorer ma promesse de vous soutenir financièrement en effectuant hier un don de quelques dizaines d’euros au profit du PG. Ce n’est que le premier. Je renouvellerai ce soutien d’ici peu. Tous les mois si je le peux. Et je ne vais plus tarder à prendre contact avec vos équipes locales du 06 et de Nice afin de joindre à ce soutien financier et verbal via ce blog une action de terrain.
J’ai presque terminé la lecture de votre livre « En quête de gauche » et je dois dire que j’y ai trouvé beaucoup d’éléments très intéressants. Ce livre devrait être connu de tous les Français qui ne se satisfont pas du pouvoir actuel. C’est plus qu’un livre politique ordinaire. C’est une mise en perspective mondiale de problématiques que nous croyions nationales. C’est un solide argumentaire pour la reconquête. J’aurais l’occasion de vous faire part de quelques réflexions sur certaines questions que vous abordez. Je conseille en tous cas à ceux qui ne l’auraient pas encore lu de combler cette lacune. Après, j’attaquerai le dernier ouvrage de Jacques GENEREUX, « Le socialisme néomoderne » et ça promet encore un moment de réflexion intéressant.
Amitiés républicaines
Chris JOUS, Nice
6 juillet 2009 à 2h34
Répression des manifestants pacifiques à l’ aéroport de Tegucigalpa
L’armée à tué plusieurs personnes visiblement.Deux personnes ont visiblement été assassinées.
Dictateur Roberto Micheletti, le peuple Hondurien aura ta peau et tu croupiras en prison pour le restant de tes jours ! Le peuple Hondurien est debout et il reprendra demain sa liberté !
Prends peur maintenant ! Le peuple te pourchassera partout.Il viendra te chercher où que tu soit !
6 juillet 2009 à 3h12
L’avion de M.Zelaya est passé au dessus de la foule à basse altitude pour saluer la foule pacifique et honorer le peuple en lutte.
Acclamé par la foule, l’avion a poursuivit son vol.
Empêché d’ atterrir à cause de dizaines d’obstacles importants mis sur la piste par l’armée putschiste, l’avion de M.Zelaya aurait été dirigé vers le Salvador, où de nombreux chefs d’ État l’attendent pour donner suite à son retour au Honduras afin de restaurer la constitutionnalité de l’ État Hondurien.
La Police a tiré sur la foule pacifique. Deux morts ont bien été confirmés.
Les fascistes sont de retour à Tegucigalpa.
6 juillet 2009 à 6h13
Petite coquille Jean-Luc, Fernando Lugo est président du Paraguay, pas du Guatemala ! (et le président équatorien est Rafael Correa)
J’avais posté votre interview de FranceInter à tous mes proches dont beaucoup ont apprécié vos arguments.
6 juillet 2009 à 7h14
Message reçu dans la nuit
URGENT EN CE MOMENT REPRESSION AVEC TIRSDE BALLES PAR L’ARMEE A L’AEROPORT CONTRE LES MANIFESTANTS DESARMES ET PACIFIQUES QUI ENTOURENT L’AEROPORT POR RECEVOIR LE PRESIDENT ZELAYA QUI ARRIVE PAR AVION.
DES MORTS ET DES BLESSES :
6 juillet 2009 à 7h22
Dommage que Hénin-Baumont ne soit pas au Honduras, on y accorderait quelques lignes et photos…
Pour l’emprunt, tout est juste, comme toujours mais les journalistes n’ont plus le loisir de faire de l’analyse !!!
)
6 juillet 2009 à 7h29
Chris Jous
Oui tu es vraiment dans le voeu pieu comme tu le dis toi-même! Tes propos pacifistes passifs et tes voeux ne font pas une politique. Tu critiques Zelaya d’avoir voulu revenir mais alors comment tu proposes pragmatiquement de reprendre le pouvoir? Par tes voeux pieux, par de belles paroles verbales en regardant la nouvelle dictature s’installer?
Je n’ai rien contre les pétitions, mais face aux armes des militaires tu proposes de belles pétitions car « La France peut et doit parler fort et clair en tant que patrie des droits de l’Homme « . Fortiche comme programme, pendant ce temps-là la dictature aura le temps de s’installer et de se consolider. Quid du peuple qui est descendu en masse dans la rue au Honduras? On le laisse se faire massacrer pendant qu’on s’indigne par voie pétitionnaire?
6 juillet 2009 à 9h12
Jennifer, je t’en prie propose nous quelque chose de plus efficace qu’une pétition ou une manif à Paris où il est tout de même difficile de se rendre quand on habite le sud de la France. Aide nous à trouver autre chose qu’un voeu pieux et tout le monde te suivra
6 juillet 2009 à 9h26
Avez-vous vu ceci ? :
« La Cour suprême allemande conteste leTraité de LIsbonne »
http://www.marianne2.fr/La-Cour-supreme-allemande-conteste-leTraite-de-LIsbonne_a181445.html
6 juillet 2009 à 9h35
La mort de RL Dreyfus occupait hier les ondes radiophoniques bien plus que le coup d’Etat au Honduras ou le crash de l’avion des comoriens…
Panem et circenses.