Je viens de descendre du train, retour de Bruxelles. Avantage du parcours: je peux taper juste une petite note d’humeur qui me restait sur l’estomac. Il s’agit du ministre de la Culture. Et aussi de ma précédente note concernant l’Iran. Et d’une lettre que j’ai reçu à ce sujet.
LE F. NE FAIT PAS LE MITTERRAND
Le nouveau gouvernement n’a pas laissé de marbre nombre de mes amis que ces sortes de réaménagement laissent d’habitude assez indifférents. Les chaises musicales de l’adversaire ne les distraient pas, en général. Mais là, changement de posture. Grosse colère. A cause de la nomination du zigomar des peplums glamours, le pauvre biquet qui, selon le journal « le Monde », pleurnichait d’avoir mis une semaine à quitter sa chambre et un mois à descendre en ville après sa nomination dans l’enfer de la plus belle résidence romaine des français, la Villa Médicis. On sent ma propre colère. Elle est augmentée du fait que comme beaucoup de gens, « en plus », j’aimais beaucoup de ce Mitterrand là aussi ! Ses bêlements suaves au fil des bios d’opérette m’émouvaient comme un béjaune. Las, c’était seulement un pantin, lui aussi. Evidemment, pour la forme on dira qu’il a bien le droit d’être de droite et que ce n’est pas parce qu’il s’appelle Mitterrand qu’il n’a pas le droit d’être apprécié pour lui-même. Et ainsi de suite. Mais, bien sur, rien de tout cela ne sera vrai dans le contexte actuel. Des gens bons pour cet emploi il y en avait bien d’autres, notamment à droite. Mais aussi à gauche, achetables pour pas cher. Celui là a été choisi pour son nom . Rien de plus. Tout le monde le sait. Et l’usage de son nom ne sert qu’à une seule chose : brouiller les cartes, démonétiser toutes les valeurs et références de la gauche. Point final. Peu importe ce qu’il fera vraiment. Ce qui compte c’est ce qu’il aura défait du seul fait de sa présence ostensible. Avec son odieux abus d’identité, il aura donné son petit coup de poignard dans le dos de la gauche, parmi les autres traîtres de cirque que le maitre exhibe dorénavant à la suite de son cortège de vainqueur, pour notre honte. « Tu quoque mi fili ? ». Mais de qui est-il le fils, celui là, sinon de sa seule vanité ?
A PROPOS D’IRAN ET DE CHAVEZ
Ce que j’ai écrit concernant l’Iran me vaut de nombreuses réactions. Je n’y vois que des avantages. Ces sortes de sujets ne gagnent rien à rester enfermés dans les cénacles confidentiels ou dans les limbes brumeuses de la pure émotion médiatique. Ma thèse face aux théocrates est en effet très clairement hostile, quelque soit le cas de leur domination sur la société. Je ne retire donc rien de ce que j’en ai dit au cas particulier du régime iranien. Ce n’est pas nouveau pour moi. Hostile au Shah du temps de sa splendeur, liés aux mobilisations qui se menèrent contre lui, je ne fus ni une minute ni une seconde favorable au sinistre ayatollah Khomeiny. Je précise que cette sorte de refus absolu de ma part s’étendit à d’autres hallucinations collectives apparemment plus éloignées mais dont la structure de pouvoir s’apparente à mes yeux à l’obscurantisme des religieux. Ce fut le cas en leur temps, à propos du régime des khmers rouges. Et même, à l’époque des engouements les plus grotesques en faveur de la triste révolution prétendument « culturelle » en Chine, je préférais l’analyse hostile documentée du droitier Simon Leyes à celle hagiographique hallucinée de la communiste italienne Maria Antonietta Machiocci. Pour moi la liberté de conscience est le point de départ de toutes les libertés et, pour mieux dire elle est leur matrice commune en même temps que leur condition préalable d’exercice. Un point cependant mérite pour moi d’autres éclaircissements. Ainsi du fait que j’ai cité le soutien de Chavez au résultat de l’élection en Iran. Je reçois un mot d’un homme que j’estime et respecte beaucoup, Thierry Deronne, fondateur de « télé-vive » au Venezuela. Je décide de reproduire tel quel ce qu’il m’écrit. Chacun se fera ainsi librement son analyse, sur le fond de la question soulevée. Je veux faire une ou deux remarques, avec le souhait qu’elles éclairent le sujet. Je ne pense ni ne crois que Chavez approuve le fait que Aminhinjad et les autres théocrates iraniens fassent tirer sur la foule. Si cela n’allait pas de soi, que ces lignes attestent de ma conviction en la matière. Il est donc absurde de m’en attribuer l’intention. Si je le pensais, je le dirai. Car je n’ai pas peur de mes opinions. On voit ce que je veux dire à présent. Il est triste pour moi de voir un homme comme Thierry Deronne passer si vite de la discussion à la diatribe à propos de mon « conformisme primaire », ma peur des injonctions de « l’église médiatique », ma participation à « l’agenda du tribunal de la presse et de l’argent » et ainsi de suite. Oui, cela me rend triste. Je pensais pouvoir bénéficier d’un traitement plus argumenté comme on en doit un aux amis. Tant pis. Le problème iranien reste, et ma conviction avec : personne n’a gagné les élections en Iran pour la raison que ce ne sont pas des élections. Une élection est un évènement, ouvert et libre du type de ce qui se pratique par exemple au Venezuela. En Iran l’exercice est une consultation réservée aux seuls partis du système religieux qui acceptent de se soumettre à un guide suprême religieux. Je veux dire aussi que si un régime qui interdit les partis laïcs, assassine ou emprisonne les socialistes et les communistes ainsi que les syndicats indépendants ne peut être qualifié de fasciste, comme le regrette Deronne, alors qu’est ce que le fascisme ? A présent voici le message intégral que m’a adressé Thierry Deronne.
J´imagine déjà votre protestation, celle que j´entends souvent à Paris : "soutenir le processus de Chavez, cela n´empêche de pouvoir le critiquer sur tel ou tel point, un soutien aveugle n´a pas de sens, nous ne sommes plus chez les stals ni le doigt sur la couture, etc… etc…" Nous en sommes bien d´accord, Monsieur Mélenchon, mais ce qu´a dit Chavez, et nous espérons que vous saurez le transmettre avec autant de chaleur que votre rectificatif sur Bové, c´est ceci : une partie de la population qui perd des élections ne peut se substituer à la décision de la majorité, et on ne peut tolérer aucune ingérence en ce sens. Fisk parle aussi de certaines ingérences: http://www.rebelion.org/noticia.php?id=87396. Pas vous, curieusement, ni de qui est ce candidat d´opposition, ou de qui vote pour lui, etc… Autant je partageais, admiratif, votre analyse sociologique, historique tout en résistance au discours dominant sur le Tibet et au chantage médiatique en faveur de ces potentats féodaux-théocratiques reçus en héros a Paris ou votre démontage de RSF, etc. autant je regrette dans ce cas ce qui me semble relever du conformisme le plus primaire sous un bel élan laic et inattaquable. Votre "islamisme égale fascisme", etc. ne correspond guère à la réalité de la société iranienne ni de ses institutions, qui ne dépendent pas que du religieux. Le socle laïc et républicain auquel nous adhérons, serait mieux servi par des réflexions plus analytiques, moins soumises à l´Église médiatiques et aux papes qui semblent vous faire peur par leurs mises en demeure. Pourquoi ne pas leur répondre, a contre-courant, qu´il n´est pas normal que l´Occident qui parle tant de démocratie électorale refuse l´exercice de celle-ci des lors que les résultats ne lui conviennent pas ? Pourquoi ne pas dénoncer ce circuit fermé des medias occidentaux, inquiétant pour l´avenir de la démocratie sur cette planète ? On en sait quelque chose ici, ou récemment avec le cas Colom au Guatemala, dont on n´imagine pas une seconde, en Europe, les enjeux et la perversité mediatico-politique.
Accepter d´entrer dans le tribunal du parti de la presse et de l´argent, c´est déjà légitimer "son agenda". Projeter sur Chavez ce que vous croyez qu´il a dit sans vérifier á la source est grave. Dans un pays qui a toujours eu quelque problème à comprendre ce qui se passe aux limites d´un monde dont elle se croit encore le centre, votre discours aidera par contre quelques militants du PG, déjà réticents face aux références initiales à Chavez, à s´en éloigner un peu plus. Et sans doute à nous éloigner de vous. Thierry Deronne Vicepresidencia de Formación Integral, Televisión Publica VIVE , Biblioteca Nacional, Piso 4, Avenida Panteón , Caracas , República Bolivariana de Venezuela Blog http://www.vive-fr.org/blog/ www.vive.gob.ve (castellano) http://www.vive-be.org/ (francais)
« Monsieur Mélenchon, Dixit Debray, la fonction de l´intellectuel est de refroidir la fièvre, de ralentir les délais de réponse. Au risque de décevoir "l´opinion". On peut aussi parler d´autres thèmes. Ou même aller à contre-courant. Malgré la répression sanglante des manifestants d´opposition en Iran, le président sortant a très probablement gagne les élections. Malgré des fraudes partielles mais insuffisantes pour remettre en cause la victoire d´une majorité d´électeurs. Le Figaro avait titré à la veille de ces élections sur le "pourquoi de sa popularité". Vous pouvez lire aussi la conclusion de l´article mesuré du 19 juin signé de Robert Fisk – journaliste de The Independent et qui fait autorité sur le Moyen Orient – sur ce qui se passe en Iran http://www.rebelion.org/noticia.php?id=87349 ("Peligrosa fusión entre realidad y fantasía en Iran"). Son analyse confirme ce que l´historien Richard Gott nous racontait après un voyage sur place. Il y a un fossé entre ce que l´Occident veut voir a travers ses medias, et la réalité profonde de l´Iran. Tant sur la réalité du vote que sur les reformes sociales entreprises en faveur de couches sociales que nous ne voyons pas, et pour cause, a la télé. Je parle d´un abime sociologique entre un Téhéran américanisé (eh oui), ou on parle beaucoup l´anglais et l´autre Iran, qui pense et qui vote, aussi…. Cela excuse-t-il qu´un Etat se défende, par la suite, en tirant dans la foule ? Personne n´appuie la répression, pas plus le président Chavez que vous. Pourquoi dire alors comme vous le faites si lapidairement, comme pour mieux vous en démarquer, qu´"il donne raison au président iranien" ? Pour faire croire au lecteur qu´il appuie les meurtres commis à Téhéran ? Vous ne donnez aucun autre élément à votre lecteur, ce qui est grave lorsqu´on connaît l´image construite par les médias du "Chavez dictateur", "assassin" et donc identifié à un Iran répressif.
195 commentaires à “Culture? Qui c’est celui-là?”
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24 juin 2009 à 23h18
Un grand malentendu demeure. Pour ma part il n’ y a aucune confusion et je suis sûre que d’autres le diront sur ce blog : Viva Chavez !
Il est dommage par contre que M.Deronne s’imagine que les militants du PG et bien d’autres, les Citoyens Français en général, ne sauraient pas séparer le grain de l’ivraie des informations délivrées par nos chers » médias de nasse » -
Que M.Deronne se rassure, nous savons parfaitement distinguer la Démocratie Vénézuélienne et le processus Bolivarien démocratique de » dévolution » – transmission du pouvoir au peuple – des agissements de la dictature national-islamique d’ Iran.
Pourquoi y parvenons-nous parfaitement ? Et bien c’est très simple, dans un cas le Président Chavez n’a pas peur de son peuple et l’entraîne à prendre le pouvoir et à s’administrer lui- même dans différents processus – économiques, politiques, sociaux & culturels tandis que la dictature théocratique Iranienne elle, craint son peuple ou le méprise. Il n’ y a pas de participation du peuple à différents processus et il reste sous la gouverne de la suprématie des Mollahs. Il n’ y a pas de possibilité de sortir de ce cadre théocratique qui dicte sa loi au dessus des sujets – au sens de soumission – toutes et tous sommés d’obéir aux préceptes religieux qui règle la société. Gare à celui ou celle qui s’en écarterait.
Dommage qu’une telle confusion soit encore de mise sous prétexte de contrer les appétits des puissances capitalistes étrangères ou les voeux souhaités d’embrasement de la région par l’ Etat militariste Israélien. Personne ne nient cela. Mais il serait rude de demander aux militants du PG de ne pas souhaiter la libération démocratique du Peuple Iranien sous le joug d’une Théocratie.
Nous avons la même lucidité de vue et la même volonté de dénonciation lorsque le Président Français, M.Sarkozy vole au secours de la dictature des Emirats arabes Unis ou les USA lorsqu’ils soutiennent la dictature d’Arabie Saoudite.
Nous ne participons pas bêtement à la vision binaire du monde et savons bien qu’il y a des facteurs insoupçonnés.
Qui sait par exemple que l’Iran censure le net grâce à la technologie Nokia Siemens ?
Qui se fait l’écho de ce genre d’information où l’on voit nos chères multinationales Européennes participer de fait à la répression du peuple Iranien, un peu comme lorsque la police française aide la police chinoise dans sa » formation professionnelle » . Il est bien évident que les médias à la botte des pouvoirs financiers tairont ce genre d’information pour ne pas fâcher les populations à qui l’on fait croire que nous sommes imperturbablement du côtés des » gentils » et du droit le plus inaliénable.
Que M.Deronne n’ ait crainte. Nous avions parfaitement compris M. J-L Mélenchon lorsqu’il s’était auparavant exprimé. Nous n’avons fait aucune confusion et ne mélangeons pas la carpe avec le lapin.
Mais au delà de la peur que cette confusion s’établisse – que je peux comprendre venant d’un pays qui a subit une déstabilisation de sa démocratie et de ses institutions par les USA en 2002 – je voudrais dire à M. Deronne de ne pas sous-estimer le Peuple Français et à travers lui les militants du PG. Merci.
24 juin 2009 à 23h24
Site Contre Info :
« Analyse : les fondements des luttes de pouvoir en Iran » :
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2773
24 juin 2009 à 23h41
JLM, comme je l’ai exprimé dans votre précédent billet (en post 123), je vous suis totalement sur votre condamnation du caractère théocratique du régime iranien. Ce que je vous reprochais, c’est l’absence de coup de gueule contre notre Messe-Medias qui nous poussent à la haine des iraniens, et leurs 2 poids 2 mesures irritants (les cas de fraude des élections de Bush, celle de Calderon en 2006 au Mexique, de l’actuel tortionnaire des indiens péruvien, Alan Garcia, etc, qui n’ont pas autant fait couler les supertankers d’encre).
Sinon, à tous, je vous invite à visionner cette conférence François Asselineau, Inspecteur Général des Finances, sur les véritables tenants et aboutissants, ainsi que les impasses de la construction européenne (qui est un projet d’origine américaine) :
http://www.youtube.com/watch?v=43KTqo06bsg
Et je ne suis pas d’accord avec lui quand il dit qu’aucun politicien français n’a pas abordé les termes dont il parle, JLM a souvent évoqué le Marché Transatlantique dans ses meetings (même s’il n’a réellement pointé le fait que la construction européenne est américaine – eh oui Monnet et Schumann membres de la CIA !).
24 juin 2009 à 23h44
Je reposte : (
On a trouvé attribué beaucoup de qualificatifs à F. MITTERRAND : machiavélique, florentin … je pense qu’il va falloir inventer celui qui pourra donner une idée de sarkozy. Chaque jour, chaque acte, éloigne davantage cette créature ??? de l’idée que l’on s’était faite de l’humain depuis des millions d’années.
Parmi ses derniers (for)faits, la nomination de f. mitterrand (je différencie par la typo), démontre assez les ressorts inqualifiables du personnage : comment, quand on ne peut plus affronter quelqu’un (cas de mort majeure), on peut salir son nom en se payant son neveu.
Coup de pied de l’âne ? vengeance de mule ?
Ne vous y trompez pas, on continue ainsi à discréditer la POLITIQUE, brouillant encore un peu plus la « gauche » et la DROITE, on prépare la cuisine électorale des prochaines échéances avec encore moins de participation populaire et plus poids pour les voix des bourgeois.
AUX URMES CITOYENS !!!
24 juin 2009 à 23h46
peut-être cette phrase clé de Th.Deronne :
« Dans un pays qui a toujours eu quelque problème à comprendre ce qui se passe aux limites d´un monde dont elle se croit encore le centre, …. »
nous aide à comprendre l’incompréhension.
Le monde multipolaire auquel nous aspirons met forcement des valeurs autres que les nôtres en avant. L’accepter dans son contexte ne signifie pas pour autant l’accepter pour nous, l’idée des valeurs universelles « à la française » est en net recul dans ce monde, y compris chez nos amis. Ceci nous oblige à les vivre et défendre d’autant plus fermement chez nous, sans pour autant vouloir imposer un modèle non compris, pas adapté.
Sans oublier que les missionnaires des Lumières n’ont pas été infaillibles.
Cependant, mettre à pied d’égalité la révolution bolivarienne avec celle de la révolution islamique en Iran, non, jamais!
je partage la tristesse de JLM , mais ne nous trompons pas d’adversaire. D’un point de vue géostratégique, Chavez n’a pas le choix, il s’allie avec qui veut bien. Si nous étions en situation de front populaire , on ferait pareil. Chavez est en guerre, pas nous.
25 juin 2009 à 0h06
@annie
C’est en autre de cela que tu veux parler?
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=3455#nb32
Je ne sais pas quand est-ce que les français vont se réveiller. S’ils savaient…
25 juin 2009 à 7h26
Je reprends ces propos de Julie qui résument assez bien la situation:
« D’un point de vue géostratégique, Chavez n’a pas le choix, il s’allie avec qui veut bien. Si nous étions en situation de front populaire , on ferait pareil. Chavez est en guerre, pas nous. »
Nous ne sommes pas des Latino Américains ayant subi de multiples dictatures soutenues par les USA , de ce point de vue, je pense que nous ne pouvons pas comprendre la position de Chavez.
Enfin, l’emballement médiaco politique contre L’Iran est assez suspect pour ne pas y voir des intérêts derrière qui n’ont rien à voir avec les droits de l’homme et la défense du peuple Iranien…on sait que toutes les dictatures ne déclenchent pas les mêmes réactions . Quelquesoit la brutalité du régime des mollah qu’il a raison de souliner, J L Mélenchon aurait été bien inspiré de dénoncer ce deux poids , deux mesures et d’en analyser les raisons.
25 juin 2009 à 8h05
Excusez-moi, je suis un peu larguée par le blog car trop prise par des tâches militantes et donc pas le temps de lire les posts, encore moins d’y réfléchir.
Je sais bien qu’Amadinedjab est un personnage peu recommendable et que l’ennemi de notre ennemi n’est pas forcément notre ami. Je ne me place pas sur ce terrain affectif et subjectif mais il y a quand même des faits. Le premier que j’ai déjà dit sur ce blog: la preuve de la fraude électorale n’est pas démontrée et c’est facile pour tout perdant de semer le doute sur le processus électoral.
Le deuxième fait c’est qu’Ahmadinedjab est vraiment un gêneur dans la région pour les intérêts impérialistes et aussi du gouvernement droitier actuel d’Israel. Donc avant de s’enflammer, de prendre position, posons-nous un certain nombre de questions.
Je vous cite quelques extraits d’un texte d’Eva Golinger, américano-vénézuelienne qui me semblent bien pertinents. Selon elle, ce serait une nouvelle révolution « colorée », c’est-à-dire des mobilisations d’étudiants et de couches moyennes, soutenues et promues par les USA (y compris financièrement etc… par le biais de la NED)
Ce texte est :’Révolution’Verte: scénario de nouveau activé; contre l’Iran cette fois – Eva Golinger
La ‘Révolution’ Verte :Le Scénario de nouveau activé;contre l’Iran, cette fois.
Premiers rôles :
Étudiants et jeunes des classes moyenne et haute, dirigeants d’opposition, médias internationaux, nouvelles technologies (Twitter, Youtube, cellulaires, textos, internet).
Seconds rôles :
ONGs internationales, Département d’Etat des USA, Freedom House, Centre pour l’Application de l’Action Non Violente « CANVAS » (ancien OTPOR), Centre pour le Conflit International Non Violent (ICNC), Institut Albert Einstein, Pentagone, Mission Spéciale de la Direction Nationale de Renseignement des Etats-Unis pour l’Iran.
Mise en scène :
Élections présidentielles; le candidat officiel, Mahmoud Ahmadineyad, président actuel, qui maintient une ligne très dure contre l’impérialisme états-unien et le sionisme d’Israël et qui, avec un haut niveau de popularité parmi les classes populaires iraniennes en raison de son investissement et de son point de vue en faveur de programmes sociaux, gagne avec 63 % des voix; le candidat de l’opposition, Mir Hossein Mousavi, classe moyenne-haute, qui, pendant sa campagne, promettait (en anglais) que son élection à la présidence garantirait « un nouveau salut au monde », phrase qui indiquait qu’il orienterait la politique extérieure en direction de Washington, et qui a perdu avec une différence de plus de 15 points; l’opposition dénonce une fraude électorale et demande le soutien de la communauté internationale et son intervention; les étudiants des quartiers des classes moyenne et haute de la capitale Téhéran manifestent dans les rues; ils se disent « non violents », mais provoquent, au moyen d’actions agressives, des réactions répressives de l’État, pour ensuite se plaindre de prétendues violations de leurs droits auprès des médias internationaux; ils disent que le président élu est un « dictateur ».
Lieu :Iran, quatrième plus grand producteur de pétrole du monde et numéro deux mondial quant à réserves de gaz naturel. En plein fonctionnement de l’embargo commercial imposé par Washington, la Chine a signé en 2004 un accord sur l’achat de gaz naturel iranien pour une valeur de 200 milliards de dollars et pour les 25 années à venir.
25 juin 2009 à 8h23
La nomination du neveu est une tentative de plus pour déstabiliser la gauche et brouiller les pistes. C’est aussi la preuve que le locataire de l’Élysée prend les gens pour des imbéciles… Le Fredo n’a jamais été un homme de gauche et on ne peut guère le prendre pour son oncle… La ficelle est trop grosse !
Totalement d’accord par rapport à l’Iran. Contrairement à marj (post 7) j’estime qu’on n’a pas à prendre des pincettes pour dénoncer un tel régime. Et tant pis si Satan est d’accord ! On ne doit pas avoir des principes et des indignations à géométrie variable…
25 juin 2009 à 8h30
Le Watergate français : un article très important paru dans Libération aujourd’hui :
Dès le début de l’affaire, les cadres de la DCN (Direction des constructions navales) se montrent convaincus que l’attentat du 8 mai 2002 contre son personnel à Karachi résulte directement de ses engagements contractuels dans ce pays. C’est-à-dire un contrat signé le 21 septembre 1994 pour livrer et fabriquer trois sous-marins au Pakistan. Enjeu : 950 millions de dollars.
C’est l’une des nombreuses révélations du dossier d’instruction dont Libération a pu prendre connaissance, et qui éclairent l’hypothèse d’un attentat lié à des différends autour de commissions versées en marge de la vente des sous-marins.
L’avertissement de la DCN.
Ainsi, le 2 septembre 2002, Philippe Japiot, patron de la branche internationale du groupe, écrit au juge Jean-Louis Bruguière pour que sa société se constitue partie civile. Argument avancé dans ce courrier de trois pages : « C’est à raison de l’exécution de ce contrat que les onze ingénieurs et techniciens ont été assassinés [dans l’explosion du bus, ndlr] dans des conditions particulièrement odieuses et que douze de leurs collègues ont été gravement blessés dans l’exercice de leur mission. » Et d’affirmer que la DCN « se trouvait directement visée par les faits de terrorisme ». Philippe Japiot termine sa lettre en soutenant : « C’est parce que DCN-International a conclu et mené à bien le contrat du 21 septembre 1994 que des personnels ont été pris pour cible. » A la lecture de cette correspondance, personne ne semble croire à l’hypothèse d’un attentat aveugle chez les responsables militaires français (la DCN, dont les avocats ont accès au dossier, est à cette époque une émanation directe du ministère français de la Défense, alors sous la tutelle de Michèle Alliot-Marie).
Mieux, pour que le magistrat instructeur suive ce raisonnement, Philippe Japiot lui transmet un exemplaire – certes tronqué – du fameux contrat du 21 septembre 1994. Sur les 162 pages de cet accord, Jean-Louis Bruguière n’en reçoit que sept. Celles-ci comportent un sommaire général du contrat, où apparaît l’existence d’une clause numéro 47 consacrée aux paiements de commissions, précédée d’une clause secrète frappée du numéro 46. Jamais le juge d’instruction ne demandera une copie intégrale du contrat.
Les confidences américaines.
Pourtant, les premières investigations effectuées à Karachi auraient pu orienter le magistrat. Dès le 11 mai 2002, le procureur Michel Debacq, en charge du pôle antiterroriste de Paris, installe ses quartiers au consulat de France de Karachi pour mener l’enquête en accord avec les autorités civiles pakistanaises. Il reçoit la visite de Randall Bennett, responsable du service de sécurité diplomatique de l’ambassade des Etats-Unis. Cet enquêteur américain dirige alors depuis quatre mois une cellule d’investigation travaillant en étroite collaboration avec la police pakistanaise pour tenter de retrouver les assassins du journaliste Daniel Pearl. Il répercute à Michel Debacq les confidences que ses équipiers ont recueilli auprès de leurs collègues pakistanais. Selon eux, l’attentat ne serait pas imputable à Al-Qaeda et ne serait pas lié aux tensions entre des groupes islamistes et des puissances occidentales. Le mobile serait à rechercher dans la coopération bilatérale pour la vente et la construction des sous-marins.
Un courriel émanant d’un adjoint de Bennett, versé au dossier, confirme que dès le 9 mai les policiers locaux privilégient cette analyse. À l’exception de ce courriel, tous les procès-verbaux provenant de ce transport judiciaire à Karachi seront annulés en 2003 par la cour d’appel de Paris, pour vice de compétence territoriale. Simple problème de procédure regrette-t-on alors à la chancellerie. Mais jamais on ne tentera de reconvoquer Randall Bennett pour recueillir dans de meilleures conditions, à Paris, ses informations. Pourtant, l’homme ne se cache pas. Il y a quelques mois, nous avons retrouvé sa trace alors qu’il travaillait pour l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad.
L’investigation financière.
Ces conjonctions d’appréciations s’inscrivent dans un contexte particulier. Entre l’été 2001 et début 2002, une tempête judiciaire secoue les arrangements financiers entre l’état-major de Karachi et la DCN. La Cour des comptes pakistanaise boucle des investigations sur des pactes de corruptions passés par des officiers pakistanais avec des responsables français pour obtenir la signature du contrat des sous-marins Agosta 90B. Le 30 janvier 2002, lors d’une audience devant la première chambre de Rawalpindi, l’amiral en chef de la marine, Mansur ul-Haq, plaide coupable pour avoir reçu des Français près de 7 millions de dollars en guise de remerciement. Le chef du service de renseignement de la marine pakistanaise écope de sept ans de prison, et un capitaine de trois ans de prison.
Dans le dossier pénal de l’attentat, aucune trace de ces affaires sulfureuses, alors même qu’elles paraissent avoir conditionné le partenariat autour du chantier de la DCN à Karachi. Curieux. D’autant qu’à Paris, des homologues à la Cour de discipline budgétaire partagent le même intérêt pour les volets financiers de ces relations sous-marines. Un magistrat détaché auprès de la Cour sollicite le 28 mars 2002 la levée du secret-défense pour obtenir des comptes rendus de réunions tenues à Matignon (sous le gouvernement d’Edouard Balladur, dont le ministre du Budget était Nicolas Sarkozy), entre le 2 juillet 1993 et le 2 septembre 1994 et portant sur les volets financiers de la vente des sous-marins. Le 6 juin 2002, la Commission consultative du secret de la défense nationale a donné son accord à la déclassification de ces notes. Hélas, là encore, le dossier pénal n’en a pas profité. Jusqu’à présent.
L’enquête relancée.
Depuis quelques mois, les juges Yves Jannier et Marc Trévidic, qui remplacent Jean-Louis Bruguière (après son départ pour suivre une carrière politique aux côtés de l’UMP), ne semblent pas vouloir écarter d’emblée l’examen d’un éventuel mobile financier. La semaine dernière, ils confiaient aux familles des victimes qu’il s’agissait d’une « piste cruellement logique ». Deux semaines plus tôt, le 15 mai, ils auditionnaient le directeur financier de la DCN, un ancien cadre de la direction du Trésor. Un pro des comptes qui a éclairé la répartition des 10,25 % de commissions prévues par le contrat, soit près de 100 millions de dollars. Un pactole distribué, parfois de manière occulte, vers divers intermédiaires politiques et militaires en France et au Pakistan. Certains fréquentables, d’autres un peu moins. Après sept ans d’une prudence consommée, l’enquête démarre enfin.