04mai 09

J'écris, juste avant de m'envoler pour le grand meeting du Front de gauche à Sète. Il s'annonce exceptionnel, me dit-on. Cette semaine, j'ai fait deux fois le premier Mai. A Bordeaux et à Paris. Chaque fois j'ai trouvé cette ambiance si dense qui fait sentir l'énergie montante du pays. Evidemment je suis aussi dans l'émotion de l'accueil qui m'est réservé partout. Si chaleureux, si amical. Je l'analyse correctement, je crois, en disant que c'est une façon de dire : «on ne se laissera pas faire, nous non plus». Je représente cet état d'esprit, d'une certaine façon, pour un certain nombre de gens. Ca ne vaut pas adhésion, ni même vote. Juste un signal de connivence. Mais c'est si important qu'il aille dans ce sens. Pas une image télé sur notre point fixe de Paris, ni celui de Bordeaux. Dans les deux cas nous sommes pourtant hyper nombreux. 4 500 personnes ont signé notre comité de soutien à Paris, un millier a acheté notre tee-shirt «casse-toi pov' con» ! Ca, c'est plus sûr que des images télé. Mais quand même. Hier je suis rentré de mon pauvre jour de pause pour participer à une émission de télé, à «dimanche plus». J'avais bossé tous mes dossiers. Pour rien. C'était juste un traquenard ordinaire avec questions fieleuses et interruptions permanentes. En fait, j'ai eu droit au déroulé de l'argumentaire du PS contre le Parti de gauche, parfois au mot près ! Du coup c'est moins dur de savoir qui a écrit le jeu de questions dans l'équipe. Mais à quoi ça m'avance ? Quel dommage. Quel gachis ! On aurait pu parler du fond. Tant pis. Il ne faut plus y penser, me dit-on. Mais comment faire quand je mets en regard le travail préparatoire, le week end bousillé, les camarades qui attendaient ça comme une grande émission pour eux et ainsi de suite. Tout ça pour ça ! J'ai aussi en travers de la gorge que le suivant sur le plateau ait été Le Pen. Personne ne m'en avait parlé. Je comprends le coup. D'une part  l'émission se débarrasse sur un week end de pont d'une obligation incontournable du point de vue des comptages du CSA. D'autre part établir un parallèle entre «deux extrêmes» que le ton agressif de la journaliste met en scène.Tant pis pour moi. Chaque fois qu'on croit à autre chose qu'à un coup fourré on se fait avoir. Je ne devrais jamais l'oublier. Pourtant, à l'inverse, ce week-end est parue une interview de moi bien travaillée dans «Le Monde». Vous pouvez la lire à la suite.

Interview dans Le Monde du 3 mai 2009

Après un 1er mai réussi, comment analysez-vous la crise sociale que connaît le pays depuis trois mois ?  Reflète-t-elle une colère globale ?
Oui. Mais il faut être lucide sur cette colère. Les gens ont peur de ne pas avoir d’avenir. Ils sont révoltés car ils trouvent que les conséquences de cette crise sont injustes. Mais annoncer tous les jours la révolution c’est de la manipulation. Il y avait bien plus de violence dans les années 70. Moi je vois aujourd’hui un monde qui part en petits morceaux. Et un grand désarroi. Il y a donc une immense disponibilité envers la gauche. Elle est pourtant absente. Voila le drame.

Soutenez-vous la démarche d’Olivier Besancenot  qui appelle à une marche nationale des sans emplois ?
Cela  me trouble un peu. Le politique n’a pas à  surgir, comme ça, dans le mouvement social en donnant des consignes. Les syndicats, par leur unité, ont levé le couvercle de la résignation sociale. Notre responsabilité est de lever la résignation politique. Le lien du social au politique n’est pas mécanique. Regardez la Guadeloupe. Ce qu’a fait le LKP est remarquable  mais le  mouvement social s’est arrêté aux portes du politique. A nous d’offrir une alternative politique plutôt que de faire des surenchères avec les syndicats.

Partagez- vous le pronostic de Dominique de Villepin qui évoque un « risque révolutionnaire »?
Il  voit ça comme un risque ; pour moi, c’est plutôt une chance. Sinon, comment le pays va-t-il sortir du trou noir ? Les gens qui perdent leur travail ont un vécu de bêtes prises au piège. Comment finir de payer la maison ou les études des gamins ? Les chefs politiques leur parlent une langue étrangère, tellement loin de la réalité ! Ils se comportent en commentateurs et non en acteurs. La plupart d’entre eux ne sont pas mentalement préparés à cette crise. Ils ont bien vécu les vingt glorieuses du libéralisme. Ils ont du mal à admettre ce qui arrive. Ils sont dans le même état de sidération que celui dans lequel la gauche s’est trouvée après l’effondrement du mur de Berlin : une incapacité à nommer ce qui se passe, à proposer autre chose. Ils ne parviennent pas à comprendre que le monde d’hier est bel et bien fini.

Qui mettez vous derrière ces « ils » ?
Tous les « importants ». Mais d’abord Nicolas Sarkozy. La droite, il faut le reconnaître, a un vrai chef de guerre. Il a le sens des situations de lutte. Il pense tout en termes de combat. Il projette toute son énergie sur un seul objectif : « profiter de la crise » – ce sont ses mots – pour faire ce qu’il appelle des « réformes structurelles ». Il est dans une logique de confrontation sociale. Mais sa vision pour la France est très datée : les années Reagan.

François Bayrou annonce qu’il est entré en résistance  contre le Sarkozysme.  Pourrait- il un jour devenir votre allié ?
C’est un homme qui tient tête. Il exprime des valeurs utiles à notre temps. Mais son programme économique est de droite et il ne s’en cache pas. N’oublions pas  les leçons de l’histoire : l’illusion centriste a été mortelle pour la gauche partout où elle a été pratiquée en Europe.

C’est un avertissement en direction de vos anciens amis socialistes ?
Ah mes socialistes ! Ils sont  toujours entre deux chaises : Martine Aubry est archaïquement social-démocrate. Elle vit dans un monde qui n’existe plus : celui du compromis social entre capital et travail dans le cadre de l’Etat nation. Le PS pense que le capitalisme a oublié le social et qu’il suffit d’en mettre un peu pour avoir une société plus juste. Combien de temps cette bulle d’illusions va-t-elle mettre pour éclater ? Quand on vit une récession d’une telle ampleur, on ne peut plus faire croire qu’un petit coup de croissance à l’ancienne suffira à panser les plaies. Je prône l’insurrection civique pour tout changer et organiser la transformation autour trois axes : la planification écologique, la refondation républicaine et un nouveau partage des richesses.

Dans vos prises de position récentes, vous semblez plus indulgent envers Ségolène Royal.
Ce qui me plaît chez elle  c’est qu’elle cogne. Elle a une forme d’obstination contre Sarkozy qui est plutôt roborative. La gauche ne cogne pas assez car le parti dominant, le PS, est dans la connivence. Voyez son  positionnement européen : des promesses incompatibles avec le Traité de Lisbonne qu’il soutient comme Sarkozy. Un autre exemple : quand le PS continue à cultiver l’illusion qu’il veut mettre en place une régulation du capitalisme, de quoi parle-il ? de l’OMC et du FMI, deux institutions dont le cœur des politiques est le contraire de ce qu’il faut faire !

Vous trouvez la gauche en petite forme face à la droite ?
Hélas oui. A droite ils assument la situation, ils se battent. A gauche, la social-démocratie est tétanisée. A droite, la relève est flamboyante : Villepin le romantique, Bayrou le Quichotte. La gauche dominante est terne. La droite a mis les bottes, les sociaux-démocrates sont en pantoufles.

L’émiettement de la gauche n’est- il pas une opportunité pour Nicolas Sarkozy ?
Bien sûr que si. C’est la raison pour laquelle j’ai  essayé de rassembler ce qu’on appelle l’autre gauche et proposer de bâtir un bloc politique qui assume sa diversité et qui, avec un programme anticapitaliste, essaie de construire une nouvelle majorité politique. Les communistes ont aussi cette vision. Mais pas Besancenot. Le NPA a choisi la voie d’un parti d’avant garde qui se construit dans la délimitation politique avec le reste de la gauche. Si on avait réussi un rassemblement large, on pouvait espérer passer devant le PS aux européennes et construire un programme de rassemblement de toute la gauche sur une ligne de rupture. Cette perspective est reportée. Mais si, malgré tout, le Front de gauche crée une dynamique et rassemble largement, comme je le vois dans le Sud-Ouest, on aura réussi. Après, mon objectif est de poursuivre ce front, un peu comme Die Linke en Allemagne.


80 commentaires à “Avant Sète”

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  1. 1
    rosay dit:

    Sans illusion pour l'engagement politique des citoyens bien que les syndicats, voir la C.G.T. reconnait des inscriptions en nombre.
    Il est très possible que comme écrit précédemment, la population effaré par la situation et consciente du camouflage réalisé par les médiats, comme pour le vote du 29/ Mai 2005, lors des prochaines élections il s'avère qu'un vote se réalise en force,et que la prétendue abstention reste un leurre.
    Rosay. à +

  2. 2
    4 Août dit:

    Avant, j'avais droit à des "c'est qui Mélenchon ?".
    Maintenant c'est plutôt "Ah oui le PG de Mélenchon - je trouve qu'il a raison - donne moi son site internet - des stickers pour mes amis..."

    Donc on va tout faire péter et pi c'est tout !
    Ferrari et El Kabbach n'y pouront rien.

  3. 3
    Patrix dit:

    Que faut-il faire ? Je commence à me poser beaucoup de questions. Jean-Luc, vous dites que l'espoir grandit, vos meetings sont des succès, etc.

    Mais je vois aussi hélas ces sondages insistants dans lesquels malgré son piteux bilan l'UMP caracole en tête, devant le PS miné par ses guéguerres internes et sans réel projet de rupture, suivi de Bayrou et le NPA. Rien ne change dans le landerneau politique. A croire que le Front de Gauche n'existe guère que pour un petit cercle d'initiés, et que seuls les candidats médiatiquement exposés (ou surexposés) existent pour l'électeur moyen... Pourtant ce n'est pas le cas, les militants sont très présents, notamment dans les manifs, je m'en suis encore rendu compte le 1er mai, et vous Jean-Luc ainsi que vos amis du PG êtes présents aussi sur le terrain, y compris, à hauteur de ce qu'il vous est possible d'espérer dans l'état actuel, sur le terrain médiatique.

    Le décollage aura-t-il lieu bientôt ? Ou faudra-t-il s'armer de patience ? Pourquoi le FG reste peu ou prou au niveau où en était le PCF ? Comment le FG peut-il enfin se démarquer (pour l'électeur moyen) du NPA ? Aujourd'hui il est des gens autour de moi s'imaginant que le Modem est devenu la meilleure alternative en lieu et place d'un PS qui a perdu beaucoup de sa crédibilité, mais qui reste cependant relativement haut dans les intentions de vote vu les circonstances. Ces gens qui croient en Bayrou ne sont bien sûr pas (et n'ont jamais été) réellement à gauche, tandis que ceux qui le sont vraiment et ne croient plus au PS envisagent sérieusement un vote NPA.

    La gauche "de gouvernement" a loupé (du moins jusqu'à présent) l'occasion de se rassembler autour d'un véritable projet politique de rupture avec le néolibéralisme. Il y en a sans doute au PS qui soutenaient au fond d'eux-mêmes votre démarche, Jean-Luc, mais qui n'ont pas eu le courage d'abandonner avec vous le navire d'un parti pourtant en train de sombrer.
    Et que dire de l'attitude d'un NPA qui refuse tout programme ou de personnalités comme José Bové qui ont vendu leur âme au diable ?

    Attendons quand même les résultats du "sondage grandeur nature", qui aura lieu le 7 juin et qui peut réserver bien des surprises. Il sera peut-être alors temps d'élaborer une stratégie pour un mouvement de grande envergure. Vous allez dire que je suis un peu trop impatient, c'est vrai je l'avoue, mais quand je vois où va ce pays, sa démocratie en perdition, la destruction du lien social et des servicess publics, des inégalités qui ne cessent de s'accroître, etc. j'ai la faiblesse de penser qu'il y a urgence.

  4. 4
    4 Août dit:

    @ Patrix

    Deux fois plus de personnes ont soutenu le F2G que le 19 mars, alors que les manifestants étaient 3 fois moins nombreux et que les stands étaient après ceux du NPA. Ca ne décolle donc pas ?
    L'UMP est en tête... Le "OUI" aussi en 2005 !

  5. 5
    Pulchérie D dit:

    Cessez donc de vous fiez aux sondages; laissez-les aux prostatiques, à ceux qui pissent sur leur souliers.
    Les sondages trompent leur monde.
    On gagne ! Point.Barre.Le Front va gagner et la sarkosite se guérir
    Sarko dégoûte tout le monde.
    Courage ! on vaincra, Jean-Luc Mélenchon !

  6. 6
    jihel dit:

    Ni ROME ni PARIS ne se font faites en un jour.
    Le front de gauche est neuf et c'est un combat de longue durée qui est engagé face à l'armada constituée par les différents défenseurs du Capital.
    Une même multinationale peut vendre le même produit sous des emballages différents pourvu que le profit soit là!
    Il en va de même pour la politique politicienne....

    La patience est la vertu cardinale des révolutionnaires

  7. 7
    Jean-Baptiste dit:

    Oui courage! Vous nous avez donné tellement d'espoir depuis novembre. Alors que ce soit aussi mon tour, si peu que ce soit, de vous encourager. Le Front de Gauche est la seule idée valable à gauche. Elle s'imposera, et certainement faudra-t-il un peu de temps. L'omerta des médias est bon signe, car cette clique des pourris et des cupides ne se trompe pas en ostracisant le mouvement: vous êtes la seule chance raisonnable que tous ceux qui se gavent, tous ceux qui mentent, tous ceux qui détruisent consciencieusement la France, perdent enfin la main et ne nous infligent plus leurs théories ineptes et leur rapacité.
    Allons! Encore un mois de folie, mais nous sommes avec vous!
    Petite lecture pour se donner du coeur à l'ouvrage:
    http://www.legrandsoir.info/article8520.html

  8. 8
    robespierre dit:

    Sur les sondages, arrêtez de fantasmer ou d'avoir la trouille. La seule chose à peu près sur, c'est la remontée du FN, normal, logique, les ex-électeurs du FN, déçus par le bling-bling de Sarko, la violence toujours présente et le coté désinvolte du bonhomme. Pour le reste, un EFFONDREMENT du PS est possible selon certains instituts (tant mieux) au bénéfice du Modem d'un coté (d'où les appels coté PS pour essayer de phagocyter Bayrou avant qu'il ne soit trop tard....mais il est trop tard !) et du facteur de l'autre (phénomène.... Drucker). Mais la notoriété de Jean-Luc Mélenchon ressort de plus en plus (cité comme connu par de plus en plus de monde). Sur Le Pen, stoppe au politiquement correct. Il faut lui piquer son électorat populaire qui n'est ni raciste ni fasciste. Ce n'est pas démago de dénoncer l'escroquerie de la sécurité de Sarko. Un ouvrier dont la voiture a brulé est aussi un électeur en puissance. Il faut vraiment être un bobo parisien pour croire que ces problèmes n'existent pas et que les ouvriers ne sont pas concernés. On peut aussi être naïf comme Jospin en 2002......
    Et ne pas oublier que la laïcité (ni dieu ni Imam) reste un sujet fort.

  9. 9
    robespierre dit:

    @jihel
    "La patience est la vertu cardinale des révolutionnaires"

    Oui, oui mais les Assedic ne durent que 23 mois. Alors ta vertu cardinale, refile à ton curé

  10. 10
    Olivier dit:

    @ Rosay
    "la C.G.T. reconnait des inscriptions en nombre "

    Des inscriptions en nombre?!
    A des syndicats qui font une manif tous les deux mois, puis un jour de grand WE de 1er mai et maintenant un grossier foutage de gueule le 13 juin en guise de baroud d'honneur (ou plutot de bras d'honneur), que même Sarko et sa clique vont en mourir de rire, bref qui balladent tout le monde, des inscriptions en nombre ?!
    Ca m'étonnerait beaucoup.
    En tous cas vu les résultats des syndicats depuis 30 ans (on a fait que régresser, on devient pire qu'avant 81, personne n'a remarqué ?, il doit y avoir à minima un probléme d'efficacité, non ?) ça fait un moment déjà que ma carte à moi est partie au fond de la poubelle, j'attend plus que le moment où viendront forcément des coordinations.
    Jean-Luc Mélenchon se trompe sur les syndicats, le haut est aussi pourri que la nomenklatura libérale.

  11. 11
    Doudou dit:

    Bernard CASSEN et Ignacio RAMONET du MONDE DIPLOMATIQUE soutiennent JL MELENCHON et le Front de Gauche.
    Nous sommes reconnus par des gens sérieux comme la seule véritable force alternative à la droite.
    Ceux qui refusent dele jeu de la droite vont rejoindre ce Front unitaire.

  12. 12
    Hold-up dit:

    Retour de l'"assistanat" à courte vue sous le Sarkozysme ou comment " Les patrons sont les vrais assistés du Sarkozysme " !

    http://www.marianne2.fr/Les-patrons-sont-les-vrais-assistes-du-sarkozysme_a179340.html

  13. 13
    Bardy Dominique dit:

    Je suis d'accord avec toi Jean Luc, l'accueil que nous avons partout n'est pas un signe de vote. Mais il faut y croire. Le 7 juin prochain, nous franchirons la 1ère marche de la construction du Front de Gauche.
    L'ambition que nous nous sommes donnés lors du Congrès fondateur de notre Parti de Gauche d'aider notre peuple à être acteur de leur vie, d'aider notre peuple à s'émanciper, à s'occuper de la politique, est porteur.
    Vendredi, lors de la manif à Paris, les gens demandaient si le Front de Gauche, c'était Jean Luc Mélanchon. Nous expliquions que tu étais à l'initiative avec d'autre du Parti de Gauche et que notre parti était effectivement parti prenante dans le Front de Gauche avec la volonté d'en faire le Front Populaire et d'inviter les gens à signer l'appel au comité de soutien du Front.
    Toutes les discussions que nous avons avec nos concitoyens vont aider à construire notre programme qui sera soumis lors de notre prochain congrès à l'automne, cela non plus nous ne devons pas l'oublier.
    Nous avons une période difficile mais combien riche de rencontres. Alors, continuons et n'oublions pas de faire adhérer au Parti de Gauche, plus nous serons de militants plus l'espoir grandira qu'une autre politique est possible.

  14. 14
    Hold-up dit:

    Face au bilan catastrophique du gouvernement Sarkozyste au niveau économique et social, désastreux au niveau de la justice et des libertés individuelles/ collectives, immonde au niveau moral et grotesque au niveau culturel, les Français semblent enfin se réveiller. Il est plus que temps.
    Vive la reconquête !

    Une majorité de Français déçus par Nicolas Sarkozy

    Deux ans après l'élection du président, 65% se disent déçus, 63% jugent son bilan négatif.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20090504.OBS5521/une_majorite_de_francais_decus_par_nicolas_sarkozy.html

  15. 15
    marj dit:

    @olivier

    Arrêtez donc de caricaturer, ce sont aux Français de s'engager, de faire changer les partis ou syndicats de l'intérieur s'ils le souhaitent...sinon, on ne peut rien faire.Les syndicats sont faits d'hommes et de femmes et, comme partout, il y a de tout.
    Ensuite, dire c'est pas bien, il faudrait faire ceci ou cela, est toujours facile mais, en ce moment, les syndicats ont entre leurs mains de grosses responsabilités, on s'en remet à eux et ils ne veulent pas amener les salariés dans un mur.
    Certains crient à la grève générale depuis des lustres, même qd le mouvement social était faible et le soutien populaire minoritaire, j'appelle ça de la bêtise ou de l'irresponsabilité !
    Il s'agit d'amplifier et de construire un mouvement fort en développant les luttes et les agrégeant petit à petit, au fur et à mesure que les mécontentements montent et surtout que les gens comprennent qu'on les floue. Il faut lutter contre le fatalisme, montrer que les revendications sont recevables et la colère légitime. Soutenir les mouvements du bout des lèvres ne suffit pas, il faut descendre dans la rue, s'engager et ça, tout le monde n'est pas prêt à le faire : entre peur des représailles, fins de mois difficles ou, pour certains, weeks end prolongés, c'est pas facile !
    En face, ils ne veulent rien céder, maintenant on le sait, et ils sont prêts à aller jusqu'au bout, quitte à utiliser la force et la division,donc sans mouvement trés puissant, on va au casse pipe et ça, les syndicats en ont bien conscience.

  16. 16
    Jennifer dit:

    Hier soir, tard sur France Info j'ai entendu que les enseignants chercheurs arrêtaient leur ronde et décidaient de se tourner vers les européennes. Comme quoi quand les gens qui luttent se posent des questions sur comment gagner, comment étendre et populariser leur lutte, finissent par arriver vers l'arène politique que sont les européennes qu'ils peuvent transformer en plateforme pour leurs revendications. C'est le jeu politique!

    Seulement ce n'est pas le réflexe premier. Il faut un certain temps de maturation et de réflexion au sein des luttes et peut être que ce délai-là ne se fera pas avant le 7 juin. Pour le FdG j'ai contacté plusieurs "directions" de secteurs en lutte pour savoir s'ils voulaient intervenir à notre réunion publique, la réponse a été: non, on a déjà été sollicités par d'autres (le NPA et le PS) et on a décidé de ne pas le faire.

    C'est bien dommage car c'est un moyen de faire connaître leurs luttes, mais on voit tout de suite le réflexe de peur par rapport au fait de se faire "récupérer" par les politiques. Je sens néanmoins que c'est quelque chose qui est en train de changer, mais il faut que les gens aient confiance que les partis politiques les respectent.

    Il ne faut pas oublier que pour certains c'est leur première lutte, grève etc... et qu'ils ont peur de se faire bouffer. Mais au bout d'un certain temps quand ils sentent que ce sont eux qui ont vraiment en main leur lutte, qu'ils ont confiance en eux, ils arrivent à se tourner vers les politiques. C'est un lent mouvement où les gens doivent d'abord s'assurer qu'ils sont souverains sur leur lutte.

    Merci aux enseignants qui se tournent vers les européennes. Ce sont eux qui vont politiser le débat. Et je dis ça même s'ils ne votent pas FdeG. L'important c'est qu'il y ait un débat politique. Or là tout est fait pour éviter ce débat à tout prix. J'ai confiance dans la force des idées du FdG, il faut juste que quelqu'un accepte de débattre avec nous!

  17. 17
    José Angel dit:

    les coups tordus et autres traquenards ne viennent pas que des journalistes, ils viennent aussi de certains "camarades" pour qui rien n'est jamais assez.

    Ce matin pour ma cinquième ou sixieme diffe du WE, je me suis entendu dire par "une militante trés sérieuse qu'il ne faut surtout pas fâcher parce qu'elle connait du monde" que Mai 68 a été plus important et plus révolutionnaire que le gouvernement Chavez, "parce que" - m'a-t-elle dit "ca va pas durer !". sic!
    C'est vrai que 10 ans de mesures socilialistes de Chavez ne pèsent rien au regard de l'été 68 qui s'est déroulé sous un pouvoir de droite et qui a donné le pouvoir à la droite.

    Et dire que j'ai perdu 10 minutes avec cette gourde alors que les vrais gens passaient pour prendre leur RER...

    Alors camarades révolutionnaires pour qui les députés européens ne servent à rien, pour qui les syndicats sont tous des traitres, montrez-moi la voie, expliquez-moi comment faire pour prendre le pouvoir, changer l'europe et virer Sarko.

    Vraiment ce matin les donneurs de leçons "Ca suffit comme ça !"
    José Angel

  18. 18
    sopadeajo dit:

    Le Wall Street Journal se demande pourquoi nous ne faisons pas la révolution en Ibérie (il se demande en fait pourquoi il n´y a pas des grèves générales et de grandes contestations et mouvements sociaux). C´est incroyable que cela soit ce journal des saluds de la bourse spéculative qui se demande pourquoi nous ne faisons pas la révolution. La réponse est que Lénine est mort, que Trotsky est mort, que Rosa Luxembourg est morte (tuée par qui, devinez? par les social-libéraux) et que nous mêmes ne nous sentons plus très bien!

  19. 19
    sopadeajo dit:

    http://www.insurgente.org/modules.php?name=News&file=article&sid=16620

  20. 20
    Jennifer dit:

    Merci José Angel, surtout d'expliquer que c'est ta 5ème ou 6ème diff du week end. Je suis littéralement, physiquement épuisée mais je vois que ça commence à donner. Donc on n'arrête pas et ça fait chaud au coeur de voir qu'on n'est pas les seuls!
    Bof tu sais, il y a de tout partout comme dit Marj, et même dans nos rangs. Faut pas faire attention et continuer. Je pense qu'au fur et à mesure les beaux parleurs et donneurs de leçons seront marginalisés car le temps est à l'action maintenant!
    C'est sûr que quand on est fatigués et qu'on vient vous expliquer en plus des sornettes, ça donne vraiment un coup au moral. C'est bien ce que dit Jean Luc Mélenchon à propos de Canal+, dimanche. Mais ces gens-là s'ils n'apprennent pas à regarder la réalité seront à terme balayés par l'histoire. Et l'histoire est en train de s'accélérer en ce moment. En attendant, ils nous parasitent et nous bouffent notre temps et énergie. Mais c'est inévitable.

  21. 21
    Nipontchik dit:

    "je mets en regard le travail préparatoire, le week end bousillé, les camarades qui attendaient ça comme une grande émission pour eux et ainsi de suite. Tout ça pour ça ! J’ai aussi en travers de la gorge que le suivant sur le plateau ait été Le Pen. Personne ne m’en avait parlé. Je comprends le coup. D’une part l’émission se débarrasse sur un week end de pont d’une obligation incontournable du point de vue des comptages du CSA. D’autre part établir un parallèle entre «deux extrêmes» "(Jean-Luc Mélenchon)

    Vous verrez pire Sénateur!
    Le pire étant peut-être qu'1 petite cour dise à 1 chef politique "oh mais comme tu as été génial à la télé hier soir" et "t'as vu les sondages?! ça confirme qu'on a raison et qu'il faut donner 1 image ouverte".
    Vous avez sans doute une autre ambition pour la France et pour la gauche que d'orner l'entrée de pavillons de banlieue...

  22. 22
    Nipontchik dit:

    J'ai apprécié, je crois à sa juste valeur, l'interview de Jean-Luc Mélenchon dans Le Monde du 3 mai; d'ailleurs le soir même le résultat de la cantonale de Nice lui donnait raison.
    Donc très lucide vis à vis du PS et de la ligne Martine Aubry, et des échecs voire des drames vers lesquels elle peut conduire (et évidemment, là je réponds à sopadeajo, on peut généraliser cette analyse à toutes ou presque les branches nationales du PSE).
    Je comprends le rôle de la pédagogie en politique et suis bien conscient que parmi les gens qui ont voté PS par ex en 2007 il y en a encore 1 paquet qui pensent vraiment que c'est 1 parti du moindre mal, 1 parti de la gauche du possible et qu'il faut donc metttre les formes pour s'adresser à eux.
    Mais je pense aussi qu'on est plus en 1988 ou 1997 et qu'il ne sert pas à grand chose de demander à "la gauche" de faire ceci ou cela. Je me souviens d'ailleurs d'1 discours sur la "gauche machin", "c'est pas bien de se présenter contre des municiplaités de gauche sortantes" etc...qui a donné moins de 2 % aux présidentielles, a peut-être (et encore pas sur) permis de garder qqes bastions municipaux mais est désatreux sur le moyen terme.
    J'ose espérer que l'angle d'attaque contre Aubry et le PS ne sera pas qu'1 tactique valable jusqu'au 7 juin au soir; je n'ai aucune raison de soupçonner son auteur de préparer 1 tournant à 180° après les européennes, mais quand même comme Saint Thomas, je ne croirai que ce que je voirai.

    A part ça très modestement, je fais la pub du FG et j'ai l'impression que des hésitants s'aperçoivent de la supercherie du NPA et comprennent les dangers de l'abstention (je pense à 1 discussion que j'ai eue avec des amis syndicalistes CGT qui n'ont pas voté Buffet ni Hue aux dernières présidentielles; se montrer en force le 1er mai n'avait rien d'idiot pour le FG, c'est là qu'est le coeur de son électorat potentiel).J'ai des raisons perso-liées à la réalité de la lutte des classes- de ne pas m'engager plus à cette étape.
    Et puis je préfère mon côté franc-tireur indiscipliné qui tire 1 peu au hasard dans tous les coins (zapatiste plus que petit soldat bolchévik avec les grades rétablis par on sait qui).

  23. 23
    Etiam Rides dit:

    Courage.

    Les traquenards médiatiques sont tellement banals pour tous ceux qui remettent en cause la doxa médiatique. Ca n'a pourtant pas porté bonheur aux chouchous des médias en 2005.

    J'étais à Paris le 1er mai. C'était grandiose. Le PG et le FdG étaient de loin les plus visibles. Les gens nous ont fait très bon accueil. Comme vous le dites, ce sont des éléments plus tangibles que les humeurs des stars des talks shows...

  24. 24
    maxou dit:

    Bonjour à tous,
    Malheureusement, à l'inverses du Sud-Ouest, dans le Nord-Ouest chez moi avec Jacky Hénin, la campagne ne pas si bien que celle de Jean-Luc Mélenchon.
    Olivier 10,
    Des inscriptions en nombre?!
    A des syndicats qui font une manif tous les deux mois, puis un jour de grand WE de 1er mai et maintenant un grossier foutage de gueule le 13 juin en guise de baroud d’honneur (ou plutot de bras d’honneur), que même Sarko et sa clique vont en mourir de rire, bref qui balladent tout le monde, des inscriptions en nombre ?!
    Ca m’étonnerait beaucoup.
    En tous cas vu les résultats des syndicats depuis 30 ans (on a fait que régresser, on devient pire qu’avant 81, personne n’a remarqué ?, il doit y avoir à minima un probléme d’efficacité, non ?) ça fait un moment déjà que ma carte à moi est partie au fond de la poubelle, j’attend plus que le moment où viendront forcément des coordinations.
    Jean-Luc Mélenchon se trompe sur les syndicats, le haut est aussi pourri que la nomenklatura libérale.

    Après le merveilleux message d'Olivier je vais vous passez un retour sur Mai 68 qui ne démarre pas au moi de Mai.
    Malheureusement, le passa que je vais vous passez est un peu long et je m'en excuse,
    extrait du livre les grandes luttes de la France ouvrière.

    Mai 68 a commencer en janvier À Caen, et l'on suit ici la chronologie de Cédric Leroy. On y a, à ce moment là, des préoccupations de pouvoir d'achat : chez Jaeger le cahier de revendications et sans réponse depuis plus de huit jours ; chez Saviem, le comité central d'entreprise du 21 décembre précédent l'a tout bonnement repoussé; à la Société normande d'électronique (Sonormel), les augmentations, habituellement de 3% au 1er mars et au 1er septembre, seront pour la première fois limitées à 2%. Le congrès départemental de la CFDT, un mois plus tôt, a estimé que « les actions partielles par atelier ne mènent à rien » ; la section de Saviem milite donc pour une action globale à l'échelle de l'entreprise, et sa pétition recueille bientôt les signatures de plus de 3 000 travailleurs. La direction restant de marbre, la CFDT a d'autant plus de facilités à convaincre ses partenaires CGT et FO ; le vendredi 19 janvier, à 16 heures, près de 1 500 salariés votent en faveur de la grève illimitée que soutiennent les trois syndicats.
    Au retour du week-end, des piquets de grève sont organisés et, le mardi 23, pas plus d'une quarantaine d'ouvriers ne sont rentrés dans l'usine, tandis qu'une manifestation de 1 500 grévistes se rendait en cortège à l'inspection du travail, à Caen. Le lendemain, 3 heures 45 du matin, le préfet de région envoyait les forces de l'ordre dégager les piquets de grève de Saviem, pour que 5 00 ouvriers et cadres puissent prendre leur service deux heures plus tard. À 8 heures 30, les nombreux grévistes venus renforcer des piquets de grève, qu'ils trouvent chassés de leurs postes, décident de partir en manifestation vers Caen. La Saviem et située Blainville-sur-Orne ; la hauteur du C.H.R., le cortège tombe sur un barrage de gardes mobiles, le préfet ayant décidé de lui interdire l'entrée de la ville où il avait défilé sans problèmes la veille. La surprise passée, les grévistes, loin de reculer, affrontent le barrage. Les heurts, violents, font une dizaine de blessés et, le soir, il faut toute l'autorité des syndicats pour empêcher que les ouvriers non grévistes ne se fassent écharper.
    Les syndicats CGT, CFDT et FO soutenus par la FEN, l'UHEF, et les partis politiques de gauche, fixent des actions de protestation, pour défendre la liberté de manifester, au vendredi
    26 janvier. Ce jour-là, la Sonormel, puis Jaeger, où des débrayages partiels se succédaient, votent la grève illimitée. Le soir, 7 000 personnes se rassemblent place Saint-Pierre à 18 heures 30. Après les prises de parole, les manifestants partent en cortège. Un accord a été conclu avec le préfet, qui s'est engagé à ne pas faire intervenir la police si un périmètre matérialisé par des barrières autour de la préfecture n'est pas franchi. Les premiers rangs, qui sont ceux des responsables syndicaux, passent normalement ; derrière, des jeunes gens bousculent les fameuses barrières malgré une opposition très musclée du service d'ordre syndical. Le préfet lâche aussitôt ses C. R. S. alors que, quelques semaines plus tôt, des agriculteurs ont « descendu les carreaux » de cette même préfecture en toute impunité.
    Comme il l'ont déjà fait deux jours plus tôt, les manifestants affrontent la charge, et Caen va connaître une véritable nuit d'émeute. Pendant trois heures, de violentes bagarres opposent au centre de la ville les manifestants à plus de 2 000 C. R. S., les affrontements se plaçant ensuite de rue en rue jusqu'à 5 heures du matin. Des vitrines, celles de la BNP, des feux de signalisation, des enseignes sont brisées, des voitures endommagées, un camion de pneus incendié. Trente-six personnes seront hospitalisées ; plus de 85 personnes seront interpellées, jeunes pour la plupart, dont treize comparaissent directement, deux d'entre elles se voyant infliger de la prison ferme. Jean Lacouture, dans le Monde, y voit une « jacquerie ouvrière ».
    Des grèves de solidarités de 24 heures, généralement très suivies, ont lieu un peu partout le lundi : à Moulinex, où n'existe aucun syndicat, le débrayage se poursuit le lendemain, et est l'occasion, à la fois pour la CGT et pour la CFDT, de désigner des délégués syndicaux. À la société métallurgique de Normandie (SMN), la grosse seule usine « historique » du département antérieur à la décentralisation, l'arrêt de travail du 30 janvier est, souligne Paris Normandie, le plus important depuis la grève de 1952. Le 31 janvier,12 000 métallos sont en grève à Caen, et si la Saviem reprend, début février, avec un seul "acquis" en creux – l'absence de sanctions pour fait de grève -, Jaeger, qui cesse la grève le même jour, comme la Sonormel qui reprend le 6 février, ont obtenu satisfaction.
    « Quelques heures de bataille de rues, deux semaines de grèves dures, ont davantage fait avancer les choses que des dizaines de réunions de comités d'expansion, de CODER [Comités d'expansion économique régionaux créés par le pouvoir gaulliste en 1964], de commission de l'emploi, que des centaines de réunions de commissions paritaires, de comités d'entreprises, de délégués du personnel, que des milliers de motions, écrit Claude Cagnard, secrétaire général de
    l'U. D. CFDT du Calvados, dans le syndicalisme. Voilà et maintenant Messieurs, ce sera comme vous voulez, mais de grâce, ne vous étonnez pas si demain, faute de voir leurs représentants discuter sérieusement avec vous, les travailleurs se voient contraints à occuper largement les entrées des usines, les places et les carrefours […] ! »
    La Sonormel est arrivée dans le Calvados en 1961, Jaeger en 1963, en même temps que Moulinex, que Citroën. Saviem s'y est installé à la fin des années 1950 mais c'est la mise en place des chaînes autotractées de la gamme basse, au milieu des années 1960, qui lance à proprement parler la production taylorisée de grande série, véritable raison de la délocalisation de l'entreprise qui cherchait à contourner ici la résistance des ouvriers qualifiés de la région parisienne. Chez Saviem, le pourcentage des O. S. augmente alors de 46% du personnel en 1963 à 67% en 1969. Ils effectuent des gestes d'une durée de 1 à 3 minutes pendant 47 heures hebdomadaires ; en 1969, 40% d'entre eux ont moins de 24 ans.
    Grâce à ses salaires relativement hauts, qu'imposait la concurrence sur le marché de la décentralisation, Saviem a embauché à la classification O. S. de jeunes diplômés de l'enseignement technique, et même des O. P. en activité ailleurs, qui acceptaient à ce prix le déclassement. Il est tentant pour Jean-Pierre Terrial, plutôt que d'imputer la combativité des O. S. de la Saviem à l'héritage des traditions paysannes et / ou à la découverte brutale du monde de l'usine, de la rechercher, d'une part, dans le hiatus entre leur émancipation – il ont une culture ouvrière urbaine et leur scolarisation a été plus longue que celle de leur aînés - et l'exigence de soumission à l'ordre taylorien, d'autre part, dans l'absence de perspectives professionnelles, qu'ils découvrent à la Saviem. À caractéristiques biographiques comparables, les salariés de la SMN voisine ont près d'un enfant de plus que ceux de la Saviem, ce qui ne peut s'expliquer que par la sécurité de l'avenir qu'offre le paternalisme de la vieille usine sidérurgique en comparaison du turnover de l'usine décentralisée : au milieu des années 1970, pour parvenir à un effectif de 7 500 personnes, la Saviem en aura recruté près de 20 000.
    Abordant « la concurrence intersyndicale », Jean-pierre Terrail rappelle que c'est avec l'embauche massive des O S. que la SFDT a conquis à la Saviem une audience égale à celle de la CGT, qu'elle conservera ensuite. Elle va intégrer, poursuit Terrail, les jeunes O. S. diplômés dans l'encadrement moyen du syndicat (en faire des collecteurs), et s'en trouver identifiée à eux ; elle apparaît ainsi comme une organisation démocratique, où les O. S. ont droit à la parole, en même temps qu'elle bénéficie de leur combativité. En face, la CGT refuse d'un rapport trop conflictuel à la maîtrise, conflit qui lui semblerait à la fois facteur de division et diversion par rapport aux responsabilités du patron. C'est oublier que dans un système Taylorien la maîtrise n'a plus guère de compétence technique mais seulement un rôle répressif et d'individualisation des salaires et de la promotion. Les ségétistes sont aussi, dans l'entreprise, membres d'une organisation qui vise, au-delà, représenter l'ensemble de la classe ; les O. S. sont réticents par rapport à cet horizon trop lointain : la chaîne les dépossède, de leur qualification de leur autonomie, etc., c'est là ce qui fonde leur combativité. Comment pourraient-ils supporter que l'organisation syndicale, à son tour, les prive de la maîtrise de leurs luttes ? Et qu'elle valorise l'ordre, l'autorité, la hiérarchie, qui sont pour eux constitutif de la chaîne ?
    Trois mois plus tard, ce sera Mai. Les jeunes O. S. de la Saviem seront les premiers en grève, les derniers à reprendre.

  25. 25
    Jennifer dit:

    Claire Strime

    Tu soutiens parfois comme la corde soutient le pendu!

  26. 26
    Nipontchik dit:

    on verra bien le résultat...
    mais j'espère que le FG est 1 vraie armée rouge: si ça foire, on fusille les généraux et pas la troupe

  27. 27
    Nipontchik dit:

    Pour le Nord, j'y ai pas été depuis 1 moment mais il me semblait que l'agenda de campagne de J.Hénin était assez chargé et que les forcesdu FG là bas avaient parfaitement pris la mesure de ce que vivent les habitants de ces régions et que les visites aux boîtes en lutte c'est pas ce qui manque!

    Je regarde aussi parfois au delà des boulevards des maréchaux du côté des bastions inébranlables:

    http://www.valdemarne.pcf.fr/

  28. 28
    Nipontchik dit:

    Et puis ne pas se laisser intoxiquer médiatiquement par la grippe mexicaine; les talibans ont attaqué avec succès les troupes espagnoles à Herat (donc bien loin du coeur du pays pachtoune!et même dans 1 bled du côté de la frontière avec le Turkménistan!
    Vers 1 lourde défaite de l'OTAN?http://www.cope.es/espana/04-05-09--estos-son-soldados-espanoles-que-estan-afganistan-49248-1

  29. 29
    Nipontchik dit:

    http://www.elpais.com/articulo/espana/Militares/espanoles/repelen/tiros/resultar/heridos/ataque/Afganistan/elpporesp/20060922elpepunac_4/Tes

  30. 30
    Christian C dit:

    La grève des gardiens de prison

    "Au deuxième jour de ce mouvement "gradué" des gardiens de prison, qui dénoncent la surpopulation carcérale et leurs conditions de travail, les syndicats sont reçus ce matin place Vendôme. La Chancellerie va tenter de désamorcer la crise, alors que la montée en puissance du mouvement prévoit un blocage total des prison à partir de demain : seuls les soins aux détenus et l’alimentation seront assurés."

    Qu'elle serait mon bonheur de voir dans ce pays, voulu par le pouvoir Sarkozyste comme hautement sécuritaire, de voir dis-je, les prémices de la grève portés par le mouvement protestataires des "matons". Un mouvement national de révolte, initié par ceux qui sont responsables devant la loi, de la surveillance des détenus. Paradoxe d'une société libérale qui marche sur la tête. Un peu comme si mai 68 avait été déclenché par les flics.
    Et si c'était là le déclenchement?

    A suivre

    http://www.france-info.com/spip.php?article287896&theme=9&sous_theme=44

  31. 31
    Abel dit:

    Voilà, nous aurons 2 nouvelles manifs, la première le mardi 26 Mai (une semaine avant les européennes) -avec au choix, des réunions des manifs ou des arrêts de travail - la seconde le 13 juin (une semaine après les européennes, alors que les jeux seront faits). Puis après ce seront les vacances d'été et le ministre Hortefeux pourra faire un semblant de concertation comme il l'avait prévu ! Et plus aucun mouvement social ne sera possible avant quelques mois ! Bravo.
    Pour ce qui concerne les élections voici la farce démocratique :
    Aux présidentielles de 2007 combien fait Sarko au premier tour ?
    Aux environs de 30%, mais 30% des suffrages exprimés. Avec 20% d'abstentions ou de blancs et nuls, NS ne recueuille en fait que 30% de 80%, ce qui fait pour 20 millions d'électeurs, 4.8 Millions de voix, soit 24% !
    Autrement dit, nous avons grace au jeu des alliances et des désaccords un président qui nous impose une politique voulue par seulement 24% des citoyens et donc contre la volonté des autres 76% . Et il aura le culot de venir contester les décisions de grève sous prétexte qu'elles ne récoltent pas la majorité des voix !
    Quand je pense que le 7 Juin nous aurons un scrutin de liste à un tour avec de nombreuses listes, la division à gauche et un découpage adéquat, bonjour les dégats !
    Le gouvernement craint, parait-il, un vote sanction, mais ce sera au profit des Socialos(et sarko y veillera) qui iront ensuite porter la politique libérale avec les socio démocrates européens. Où est le mal ?
    Enfin n'oublions pas que 1 million de personnes dans la rue représentest environ 5% de la population votante.
    Certains vont bondir à ces propos, mais il faut bien qu'ils se rendent compte que leur énervement sur ce blog est le signe dune incertitude, d'un inconfort dans l'analyse de la situation. Alors, que faire ? Nous n'avons d'autre choix que de soutenir le front de gauche et de tenter de convaincre le plus grand nombre possible des mésaventures qui nous attendent. Et si, toutefois, une explosion sociale avait lieu, il faudra savoir la mener à bien, car depuis 1789 en passant par 1830 (les trois glorieuses), 1848, 1936 et 1968 toutes les révoltes se sont soldées par un retour à l'ancien régime auquel le gouvernement actuel ne déroge en rien puisqu'il a le pouvoir absolu(Présidence (exécutif)+ majorité absolue des chambres-législatif.).

  32. 32
    langue-rouge dit:

    Il est clair que le Front de Gauche jette toutes ses forces dans la bataille électorale, forces qui manquent d'ailleurs pour organiser avec le NPA entre autre une initiative commune comme une marche sur Paris avec en première ligne les salariés qui se font virer par leur boite et qui luttent.

    A Paris, c'est vrai, c'était impressionnant, au point que les affiches du NPA ont été recouvertes au 3/4 par de gentils "unitaires" du Front de Gauche et des cgt pcf. C'est sûr que ça aide pour la visibilité !

    Et le NPA a fait l'erreur de consacrer plus de forces à Paris à faire un cortège qu'à faire un ou même plusieurs points fixes. Du coups il était moins visible, ce qui n'était pas le cas dans la plupart des villes de province où il était souvent de loin la première force politique militante et la plus visible.
    Mais il est vrai qu'ayant peu d'élus, nous n'avons pas les moyens de tirer des centaines de milliers d'autocollants, de faire un podium, de mettre un écran géant à notre point fixe.
    Le PG avec 3 fois moins de militants semble avoir 3 fois plus de moyens.

    L'indépendance politique a un prix, et on l'assume !

    Par contre un cortège NPA dynamique de 1200 militants (d'après un décompte) après 18h30 qui descend le boulevard Saint-Michel alors que de nombreux militants étaient déjà partis, ça a de la gueule et ça prouve la réalité militante de ce qu'est devenu le NPA.

    Maintenant, on entre en campagne, les gros meetings vont commencer, les professions de foi sont imprimées, les affiches sont toutes fraiches et les tracts n'attendent que les petits bras des militants.
    Ce sera court mais intense.
    Si je devais faire un pronostic par contre ce serait un NPA autour de 7-8% et un Front de Gauche juste derrière, la vrai épreuve de vérité devant être les élections européennes où là le Front de Gauche ne fera probablement plus illusion et aura du mal à réaffirmer son indépendance par rapport au PS alors qu'il aura fait le choix de s'allier dès le 1er tour parfois ou au moins au deuxième avec ce parti.

    Moi ce 1er Mai m'a à la fois inquiété et rassuré.
    Inquiété parce que les perspectives de grèves générales s'éloignent, étouffées par les stratégies des directions syndicales et le refus de réagir du Front de Gauche et du PS pour donner une perspective aux luttes éparpillées des salariés.
    Mais il m'a rassuré, aux vus des remontées des différentes manifs où le NPA était presque tout le temps la principale force politique militante. C'est bel et bien un parti de militants et pas d'adhérents d'une part, et d'autre part c'est un parti déjà solide qui voit ses jeunes militants ne pas se démonter devant les discours haineux des stals du pcf et plus rarement du pg(il y en a même à Paris qui nous ont dit attendre qu'on soit interdit par le gouvernement) et qui ne se démontent pas non plus devant le tir de barrage des directions syndicales et du gouvernement qui voit le NPA derrière la moindre révolte et qui cherche à nous refaire le coups du "couteau entre les dents".

    Et dire qu'à la manif de Paris, j'ai fait la bise à tous mes potes (j'en ai un paquet que j'estime au pcf et au pg) du Front de Gauche !

    Pour finir, sur ce dernier mois, tous ceux qui crient au black-out des médias, je leur conseille vivement de comparer les temps de parole dans les grands médias de Mélenchon et de Besancenot.
    C'est d'ailleurs rassurant de se dire que le Front de Gauche demande que le temps de parole soit plus équitablement réparti entre les listes qui disposent de groupes parlementaires et donc exclue le NPA de manière tout à fait unitaire.

    Mais bon on se retrouvera après le 7 juin et on reprendra dans le calme j'espère nos discussions. J'avoue que je suis moins optimiste qu'avant sur le Parti de Gauche en particulier quand j'observe le cas d'école de Perpignan pour les prochaines élections municipales. Mais la vie continue et la lutte aussi.

    D'ici là bonne campagne !
    En espérant que Sarkozy fasse le moins possible que le FN s'effondre et que la gauche du PS même divisés cartonne. Et que bien sûr le NPA fasse le plus possible !

  33. 33
    maxou dit:

    Voilà peut-être une explication,
    ce matin, j'ouvre la première page de mon journal quotidien le havre libre, et, je lis, pourquoi les européennes n'intéressent pas, et je vois un sondage, l'UMP devance le PS de 4 points.
    Sondage : l'UMP est crédité de 27% d'intentions de vote lors des élections européennes contre 23% pour le PS, selon le baromètre Ipsos pour Le Point, rendu public hier. Le MoDem (11%) fait quasiment jeu égal avec « Europe Écologie » (10%). viennent ensuite le NPA avec 7%, le PCF avec 6% à égalité avec le mouvement Libertas. Le FN est crédité de 5%.
    chercher l'erreur ?
    Ils ne sont même pas au courant que le PCF et le PG forment le Front de gauche, je suis dégouté !
    Je lis Le Havre libre, journal classé plutôt à gauche, l'autre étant le Havre Presse classé plutôt à droite ?

  34. 34
    Nipontchik dit:

    1 Chavez géorgien?

    "TBILISSI, 5 mai - RIA Novosti. Le bataillon de blindés de Moukhrovani, qui s'est mutiné mardi, n'entend pas entreprendre d'actes agressifs et ses effectifs restent en caserne, a annoncé son commandant, le lieutenant colonel Mamouka Gueorguichvili, cité par l'agence News-Georgia.
    Selon lui, les militaires "ne peuvent plus tolérer" la situation politique actuelle dans le pays et préconisent un dialogue entre le pouvoir et l'opposition qui mène depuis le 9 avril des actions massives pour exiger la démission du président Mikhaïl Saakachvili.
    "On ne saurait suivre calmement le processus de destruction du pays, ce face-à-face incessant, mais notre unité de blindé n'entreprendra aucun acte agressif. Nous restons en caserne", a déclaré le commandant du bataillon insurgé.
    "Je crains que face à l'aggravation de la situation les parties en présence ne fassent parler les armes", a-t-il indiqué. "

  35. 35
    troubadour dit:

    Bonjour,

    je vous propose 2 liens vers des pétitions de grand intérêt, en vous encourageant à les signer:

    http://x09.eu/fr/60

    http://www.marianne2.fr/Un-Appel-pour-le-salaire-maximum_a179349.html

    Bonne journée à tous!

  36. 36
    Nipontchik dit:

    langue rouge, ta langue a fourché! Tu écris européennes au lieu de régionales...
    Mais vu le ton de l'article fondateur de Jean-Luc Mélenchon (Le Monde 3 mai) contre le PS (et les perspectives crédibles d'alliance PS-verts-modem au 2ème tour des régionales) il y a peu de chances qu'il y ait des listes PS-PC-PG au 1er tour des régionales et la récolte de conseillers régionaux FG sera faible.
    Tout comme celle des élus NPA; tes rêves d'écharpe tricolore vont s'envoler.

  37. 37
    pas perdus dit:

    Lanterne rouge, merci d'avoir éclairé ma lanterne.

    Tu sembles mélanger PG et F2G... c'est pas tout à fait pareil...

    J'aime particulièrement cette phrase, tu permets que je te cite : "les perspectives de grèves générales s’éloignent, étouffées par les stratégies des directions syndicales et le refus de réagir du Front de Gauche et du PS"

    C'est couillon, en lisant tes précédents paragraphes, je pensais que le NPA était suffisamment puissant en tant termes de militants aguerris de type avant garde pour convaincre la population d'embrayer sur un débrayage général...

    Bon, si je comprends bien, c'est toujours la faute des autres si la mayonnaise ne prend pas ?

  38. 38
    toto dit:

    Mais alors il n'y a pas de doute, langue-rouge est bien au N.P.A et pas sectaire pour 2 ronds.
    En bon petit soldat il nous apporte la bonne parole quasiment avec condescendance. C'est donc bien vrai que NPA et LCR c'est la même chose pour faire cavalier seul et se poser en donneur de leçon drapé dans des certitudes de "pureté idéologique". Pendant ce temps Sarko rigole.

  39. 39
    Hervé dit:

    J'ai toujours été un peu surpris, naïf que je suis, de ceux qui proclament, telle ou telle action sans véritablement être ancrés sur le terrain.
    Comme je l'ai déjà dit, je suis délégué syndical, et dans mon entreprise, très touchée par la crise, on a du mal à mobiliser. Les salariés sont plus enclins à rentrer la tête dans les épaules en espérant que ça passe que de faire une grève générale (ne serait ce que d'une journée !)
    Si c'était vraiment le moment d'une grève générale, je crois que nous aurions été plus nombreux le 1er mai.
    A nous de trouver des solutions à l'autisme du gouvernement. Mais la grève générale n'est pas, encore, à l'ordre du jour.

  40. 40
    langue-rouge dit:

    Nipontchik, jusqu'à preuve du contraire les élus PG et PCF co-dirigent avec le PS les collectivités locales malgré les gesticulations de Mélenchon. A Perpignan, pour les municipales, le PCF est dès le premier tour avec le PS, le PG après avoir accepté hésite mais préférerait pour l'instant ne pas se présenter que d'y aller avec la liste unitaire NPA-LO (ce qui révélateur du choix stratégique qu'il a fait, la ligne du PCF plutôt que celle du NPA) et il suffit d'être un tout petit peu renseigné pour savoir que les discussions pour les régionales ont déjà commencé avec le PS.

    Quant à pas-perdus, pas la peine de faire le malin. Le NPA c'est un peu plus de 10000 militants et un parti en construction. Les délires de parti d'avant-garde, ça fait longtemps que la LCR les a abandonné, et au NPA les nouveaux militants sont encore moins dans ce trip que les militants lcr post-2002. Et puis à 10000 on ne déclenche rien tout seul, sauf peut-être localement. Même Solidaire à 100000 n'est pas capable de le faire. Et il n'est même pas certain que la CGT seule y arrive.
    Et puis le NPA entame à peine un travail d'implantation sur les lieux de travail un travail que ne faisait pas vraiment la LCR à l'époque ou alors très inégalement.

    Le NPA ne se prend pas pour un "Front Populaire" comme le Front de Gauche. Il a bien conscience de ses limites et d'ailleurs, l'objectif n'est pas de refaire ce que faisait le PCF avec les travailleurs mais bien d'oeuvrer systématiquement pour l'unité politique et syndicale pour une grève générale sur la durée, au point de signer des appels communs avec le PS sur des positions très en retrait des siennes. Si on ne le fait pas maintenant, si on ne tente pas maintenant d'y aller, quand va t-on le faire ?
    .
    La proposition actuelle du NPA pour servir de levier à la mobilisation, c'est une marche unitaire sur Paris avec les salariés licenciés et en lutte en tête de cortège.
    Mais le PCF et le PG refusent l'unité sur cette question arguant du fait que ce n'est pas à eux de le faire et ils se contentent de suivre sagement les directions syndicales.

    Vous croyez vraiment que Sarko a peur des élections. Il peut se permettre de se prendre une raclée électorale sans bouger d'un iota sa politique. La droite a perdue toutes les élections intermédiaires depuis des années, et l'UMP s'est pris une raclée aux précédentes élections. Pour quel effet sur sa politique ?
    Aucun !
    Ce qui fait peur à la droite et ce qui a ponctuellement ralenti les réformes ce ne sont pas les raclées électorales aux municipales, aux régionales ou aux européennes mais les luttes.
    Et ce qui fait peur à Sarkozy aujourd'hui c'est d'abord le risque (moindre aujourd'hui il est vrai) d'un mouvement d'ensemble. Le CPE souvenons-nous n'a pas seulement fait reculer le gouvernement il a "tué"politiquement Villepin.

    Alors pourquoi le Front de Gauche refuse t-il de faire la seule chose qui fait peur à Sarko ? Tout faire pour un mouvement d'ensemble en lançant des initiatives unitaires avec le NPA qui seraient des leviers pour une mobilisation d'ampleur.

    Quant à Toto le ton "donneur de leçon", il est dans ton message avec tes fantasmes et tes fausses certitudes sur le NPA.
    Et tu noies le poisson.
    Qui parle de pureté idéologique ? Indépendance par rapport au PS, c'est pas tout le pouvoir aux soviets. Et Grève générale reconductible c'est pas destruction de l'état bourgeois.
    Même ça vous n'en voulez pas ? Mais c'est de la pureté idéologique ma parole. Point de salut hors de la sacro-sainte République et des institutions de notre pays c'est ça ?

  41. 41
    Nipontchik dit:

    langue rouge tu n'as pas compris que le PS, s'il veut garder des régions, devra s'allier avec le modem et les verts et qu'il n'y a pas que Rebsamen et Ségolène qui ont déjà pris le tournant; même Fafa y est prêt, et c'est pas Hamon qui va les convaincre de perdre tant de régions

  42. 42
    Alberto dit:

    "La proposition actuelle du NPA pour servir de levier à la mobilisation, c’est une marche unitaire sur Paris avec les salariés licenciés et en lutte en tête de cortège.
    Mais le PCF et le PG refusent l’unité sur cette question arguant du fait que ce n’est pas à eux de le faire et ils se contentent de suivre sagement les directions syndicales. "

    Camarade, la marche unitaire est une proposition du POI récupérée par le NPA qui n'a jamais voulut la signer... histoire peut-être de mieux la récupérer... un peu comme Charlie Hebdo qui récupère la pétition lancé par Siné Hebdo.

    Le titre du nouveau journal du NPA "Rien n'est à eux..." est une pâle copie des slogans libertaires des années fin 70 début 80.

    Vois-tu camarade, l'intelligentia qui dirige le NPA n'est pas bien originale ni sur la forme ni sur le fond.
    la grêve générale comme unique levier pour renverser l'ordre établit seule la CNT la porte dans le milieu du travail. Mais au moins les militants libertaires et anarcho-syndicalistes ont-il la cohérence de rejeter le vote pour ce qu'il considère être un piège à cons.

    la Ligue Communiste Révolutionnaire qui se présente aux élections m'a beaucoup fait rire durant mes années passées au sein de la FA et à l'AIT.

    J'invite d'ailleurs les lecteurs de ce blog à lire un peu la presse anarchiste vous y trouverez en avant première les slogans et autres idées développés au NPA quelques mois plus tard.

    Alberto.

    ps : réclamer comme siennes des idées des autres, me semble un comportement petit bourgeois qui montre à qui l'on a affaire.

  43. 43
    Anny Paule dit:

    Certains discours, Langue Rouge, procèdent de l'obscurantisme ou du lavage de cerveau... ce qui, quelque part, revient au même: les deux étant inféodés à un dogme, aucun des deux n'étant fondé!
    Que le NPA ait décidé, au nom d'une pureté idéologique (qui resterait à prouver), de se démarquer du Front de gauche, c'est son problème. Par contre, au lieu de lancer des discours de haine, puis de compétitivité (tiens, ça, c'est le langage des libéraux que le NPA entend combattre), mettons sur la table les enjeux, ciblons nos ennemis véritables. Ce sont les mêmes! Ce sont tous ceux qui ont porté cette Europe ultralibérale que nous avons rejetée, ce sont tous les "sociaux-traîtres" qui ont permis que le traité de Lisbonne (le dernier, celui qui a remplacé le TCE) échappe à la voix citoyenne!
    Il reste du chemin à faire, des examens de conscience à mettre en place pour qu'une gauche véritable puisse envisager d'occuper l'espace si nos ennemis sont à l'intérieur!
    Le problème actuel, c'est que nos fondamentaux (Liberté, égalité, fraternité) sont relégués au placard, et, pire, sont remis en cause par des lois scélérates, c'est que la Crise (prévisible, pour ne pas dire programmée) sert d'alibi à ceux qui sont aux commandes (en Europe, à Bruxelles, et en France, à Paris) pour nous priver chaque jour davantage d'un avenir ouvert, c'est que Nico 1°, après Thatcher, est entré dans l'application dure de la "Stratégie du choc" chère à un certain Milton Friedman, qui a fait les ravages que nous connaissons dans les pays d'Amérique du Sud, c'est que le cynisme de ceux-là (et je mets en bloc l'UMP - Union pour la Majorité Présidentielle, et non, Union pour un Mouvement Populaire, ne l'oublions pas!), le Modem, le PS les place sur la même ligne de défense du capitalisme financier...
    De sorte que, si nous, peuple de gauche, voulons exister dans une République sociale, laïque, écologique et démocratique, si nous voulons avoir voix au chapître, décider de l'avenir, nous n'avons d'autre choix que de nous coaliser avec force et conviction, afin d'être présents, d'être premiers (le peuple qui subit l'est déjà en nombre, il suffit de lui ouvrir le yeux!)... et j'avoue que j'enrage quand je lis certains propos de la gauche de gauche, du type de celui de Langue Rouge!
    Certains Latinos ont su, par les urnes, mettre en place des régimes réellement démocratiques. Le NPA, et tous ceux qui font la fine bouche pour faire front, attendent-ils que la misère soit absolue, insupportable, pour prendre la mesure de ce qu'il est juste de faire?
    Pour ma part, jusqu'au bout, avec mes toutes petites forces, j'oeuvrerai pour qu'un front élargi existe réponde aux aspirations du plus grand nombre.

  44. 44
    Pierre L dit:

    ...

  45. 45
    baluzo24 dit:

    langue rouge, tu fais bien de parler du CPE si tu te souviens bien a l'époque ce n'est pas une grève générale qui a fait plier le gouvernement mais bien l'unité syndical pourtant parmi elle notamment "solidaire" pronné la grève général.

    je peu comprendre certaine de tes convictions et de t craintes mais si aujourd'hui les instances syndical sont sous pressions c'est notament du a un manque d'opposition politique dans se pays le PS s'étant libéralisé les citoyens et la classe ouvrière attende une union forte a gauche et le FG est l'initiative qui aurait du tous nos rassembler sur nos valeurs communes sans renier ses convictions. mais je garde espoir peut etre que la majorité des français n'est peut etre pas assez dans la "mouise" pour ne pas s'unir. au détriments des plus faible malheureusement ce qui fait le jeu du nain.

    Ce qui est dur ce n'est pas l'énormité de la tache mais la magnitude du courage

  46. 46
    Jennifer dit:

    Langue Rouge
    Autour de moi personne du PG n'insulte le NPA et même nos relations sont au beau fixe. Ce qui n'a pas été le cas il y a un mois, où ce sont certains militants du NPA (pas tous!) qui m'insultaient. Ils ont mis un bémol mais quand même ils ont la blague insultante facile, au bout de la langue, et je trouve cela dur quand on veut être unitaire. Il y manque les formes car s'en prendre plein la gu.. d'allusions désobligeantes n'aide pas à travailler ensemble. Mais bon on ravale un peu sa colère car s'engueuler sur des vétilles c'est facile mais à quoi ça sert? Ca dessert tout le monde.
    On a commencé des actions unitaires dans les luttes et on attend l'après 7 juin. Personnellement je sens qu'on se rapproche. Mais comme je dis, on dirait que certains cultivent l'insulte et la haine à notre égard!

  47. 47
    Christian C dit:

    JL Mélenchon actuellement invité sur RTL dans le débat de "On refait le monde"

  48. 48
    Jennifer dit:

    “La proposition actuelle du NPA pour servir de levier à la mobilisation, c’est une marche unitaire sur Paris avec les salariés licenciés et en lutte en tête de cortège.

    tout cela c'est très bien mais ce serait encore mieux si c'était lié avec les syndicats nationaux, si cela avait eu lieu le 1er mai ou aux prochaines manifs prévues. Pourquoi organiser en dehors de ce qui existe déjà. Ca me fait penser au POI qui lui veut faire une marche sur le chômage.
    Alors on fait chacun sa marche! Super pour l'unité!
    Le NPA est-il devenu l'avant garde de la classe ouvrière qu'il décide seul de ce genre d'initiatives. Puisque vous avez des syndiqués: qu'ils se battent pour convaincre leurs syndicats et si ces derniers proposent quelque chose de légèrement différent, alors ça ira.

  49. 49
    sopadeajo dit:

    http://www.youtube.com/watch?v=HuCNxlAHP5E&feature=PlayList&p=E5CAAF1474592C48&index=13

    Les salauds droitiers du PS vont trahir en s´alliant avec la droite, comme le psoe en Ibérie trahit déjà en s´alliant avec les successeurs de Franco: le PP en Euskal Herria.

  50. 50
    maxou dit:

    Avec vous vu le post 33,
    sondage Ipsos,
    dans mon journal quotidien un sondage donne le UMP avec 27% suivi du PS avec 23%, le Modem 11%, Europe écologie 10%, NPA 7%, PCF 6%, et FN 5%
    Il n'y a même pas de Front de Gauche, si ça c'est pas scandaleux ?
    Mais apparemment vous n'avez pas vu !

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