Abroger le délit d’offense au Président de la République Discurso del mitin de lanzamiento del Partido de Izquierda
nov 08 23


Je devrais me réjouir des premiers pas remarquables accomplis depuis la création du
Parti de gauche (PG), notamment ses 5000 déclarations de soutien et ses récentes adhésions de personnalités socialistes comme Franck Pupunat, Jacques Rigaudiat ou Jacques Généreux. Je veux avant tout saluer l’évènement que représente la création du front de gauche avec le Parti communiste en vue des prochaines élections européennes. Au cœur de l’obscurité que répand la déchéance morbide du Parti socialiste la lumière du renouveau de la gauche s’allume. Mais c’est encore la nuit. La semaine du parti socialiste a été profondément démoralisante pour les gens de gauche qui en retiennent la conclusion essentielle : Sarkozy a le champ libre. De ce champ de ruines on ne se relèvera pas en un jour. Mais rien ne sert de gémir et de se laisser abattre. Le calendrier nous ouvre une opportunité inespérée de rebond.

Tout le raisonnement qui nous avait conduits à décidé de quitter le PS dès le soir du vote, puis à créer aussitôt le Parti de Gauche (PG) s’est vérifié sous une forme bien plus caricaturale que tout ce que nous avions imaginé. La victoire de Ségolène Royal a contraint tous ses challengers à une grotesque et destructrice guerre de retardement dans laquelle tout a coulé, y compris la gauche du parti et pour finir peut-être le parti lui-même. Au total cette séquence réalise sous une forme certes ubuesque et imprévue tout le contenu de l’évolution du PS tel qu’il s’est progressivement mais implacablement amassé au fil des années. Aligné sur l’horizon indépassable du capitalisme et du libéralisme, rêvant de l’alliance au centre qui le mettrait au diapason de tous les autres partis sociaux démocrates d’Europe, le PS s’est effondré en se présidentialisant à mort, pipolisé, dépolitisé. A présent, ce que l’on appelait le parti socialiste est mort. De ce fait l’ensemble du dispositif qui structurait la gauche autour de ce parti est à terre.  La droite qui faisait déjà ce qu’elle voulait grâce à l’abstention du PS n’a plus rien en face d’elle. C’est tout le dispositif de riposte qui doit être reconstruit. Et pour cela c’est l’espace politique occupé par le PS qui doit changer de leadership. Naturellement cela ne veut pas dire que le parti socialiste va disparaître. Sous le même nom, autre chose va se présenter sur la scène. Soit, autour de Martine Aubry, une sorte de nouvelle SFIO, syndicat d’élus gérant les rites de la gloire passée, soit avec Ségolène Royal un parti de type démocrate à l’italienne. La première forme n’aura d’autre projet que sa conservation et se tiendra aussi longtemps que possible dans une logique identitaire avant d’être siphonnée progressivement par le centre et la droite. La seconde sera à géométrie variable construite sur la seule échéance présidentielle et en dépendra en tout et pour tout. Elle la portera avant de l’anéantir. Dans les deux cas Bayrou aura le dernier mot. Aubry et Royal qui incarnent ces deux futurs sont autant les créatrices que les jouets d’une situation qu’elles ont endossée davantage qu’elles l’ont créée. Ce fond de scène peut durer. Il peut tout bloquer et maintenir toute la gauche durablement dans l’impuissance jusqu’au terme du désastre que la crise du capitalisme promet à notre pays. La nomenclature socialiste, l’immense appareil qui entoure les élus y trouverait son compte : son seul souci est de durer. Avec la création du Parti de gauche (PG), et la formation du front de gauche avec le Parti communiste, un processus est engagé. Depuis la modeste place qui est celle du Parti de gauche (PG), avec ce qui vient de commencer depuis notre initiative nous disons: un autre futur est désormais possible. Une courte période s’ouvre, jusqu’aux prochaines élections européennes pour construire un nouveau dispositif politique à gauche qui soit à la hauteur de la crise sociale qui commence et de la catastrophe écologique qui murit. Il n’y a aucun mystère sur ce qu’il faut faire. Ni sur le calendrier d’exécution. Trois congrès vont se succéder à gauche: celui des Verts, celui du PC, celui du NPA. Tous ont à traiter l’offre politique présentée par la rencontre du PCF et de Parti de Gauche (PG). Se rassembler pour la prochaine élection européenne. Cette offre est aussi un programme et une stratégie. Un programme: celui qui découle du refus du traité de Lisbonne et de la politique libérale qu’il contient. Une stratégie: le rassemblement de tout l’arc de force qui se situe sur ce terrain politique. Le Parti de Gauche est l’outil au service de cette tache. Je donne rendez vous à tous ceux que ces questions intéressent samedi 29 novembre prochain au gymnase de l’ile de Vannes, métro Mairie de Saint Ouen pour le meeting de lancement du Parti de gauche, en présence (notamment) de Oskar Lafontaine.


POST SCRIPTUM:

L’abréviation choisie par ses fondateurs pour désigner le Parti de Gauche est PG. L’usage de l’abréviation PdG est donc érronnée. Ce point a déjà été signalé par moi à l’occasion de plusieurs passages médiatiques. Il faut donc signaler comme une marque malveillante le fait de continuer à l’utiliser en dépit de nos mises au point. Cela allait déjà de soi pour n’importe quel observateur. Mais c’est mieux de le dire. 

 

401 commentaires à “La lueur du jour aussi”

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  1. 41
    Nipontchik dit:

    S’il y a eu le RMI, la CMU, etc…c’est parce qu’à partir de 1982 on a parlé de « nouveaux pauvres » (je me souviens des affiches de l’UNI socialisme = nouvelle pauvreté !), c à d des gens qui ne pouvaient plus sortir de la pauvreté par le travail).
    C’est sous les gvts de gauche qu’il y a eu explosion du temps partiel (qui monte en flèche à partir de 1982), les TUCs de Fabius en 1984 (2ème introduction de contrats de travail dérogatoires après les stages Barre de 1979). Il y a eu aussi la casse industrielle à partir de la Lorraine et des chantiers navals en 1984.
    Jospin a abandonné en 1997 le ni-ni mitterandien de 1988 sur les privatisations:
    première foisdans son histoire que la gauche française privatisait!!!
    Les 35 heures ça a été surtout utile pour amenar la flexibilité, quant à la PPE, impôt négatif des libéraux, ça a totalement découragé le travail quailifié (et permis à la droite et à Sarko-pour la première fois depuis Napoléon III de s’emparer de la question sociale).

    Sans oublier 3 guerres impérialistes: Golfe en 1991, Yougoslavie en 1999, Afghanistan à partir de 2001 (guerre tjrs en cours).

    Je veux bien qu’il y ait eu quelques mesures sociétales (que j’apprécie) pour contenter les nouvelles couches moyennes urbaines mais globalement le bilan de la gauche au pouvoir depuis 1982 (date du 1er plan de rigueur et du blocage des salaires) est très très négatif.

  2. 42
    carlo dit:

    @ Arnal
    Je ne me suis pas borné à citer quelques mesures critiquables imputables à des gouvernements socialistes. Les exemples que j’ai donnés correspondent en effet à des décisions lourdes de conséquences qui auraient pu être prises par un gouvernement de droite (désindexation des salaires, construction de l’Europe libérale, présidentialisation du régime) et qui ont un caractère quasi-irréversible précisément parce que ces mesures font l’objet d’un consensus entre la droite et le PS. C’est en cela que la responsabilité historique des socialistes est immense.
    Vous faites remarquer que certaines mesures furent positives. C’est encore heureux mais celles-ci ne me semblent pas suffire à corriger le jugement très sévère qu’il convient de porter sur les gouvernements prétendument de gauche qui ont dirigé le pays depuis 1983. Au demeurant, même la droite a réalisé quelques réformes positives (le SMIC, l’abaissement de l’âge de la majorité, l’IVG…). Souhaitons-nous pour autant qu’elle continue à exercer le pouvoir ?
    Il est vrai que JLM a appartenu au gouvernement Jospin, et de plus au pire moment, c’est-à-dire après 2000. J’imagine qu’il a tiré toutes les conséquences de cette funeste expérience, comme il a dû tirer celles de son vote au référendum sur le Traité de Maastricht. Si tel n’était pas le cas, il ne serait certainement pas sur les positions qui sont les siennes aujourd’hui.

  3. 43
    carlo dit:

    Merci à Nipontchik pour ce rappel historique bien utile.

  4. 44
    Arnal dit:

    @Nipontchik

    « S’il y a eu le RMI, la CMU, etc…c’est parce qu’à partir de 1982 on a parlé de “nouveaux pauvres” (je me souviens des affiches de l’UNI socialisme = nouvelle pauvreté !), c à d des gens qui ne pouvaient plus sortir de la pauvreté par le travail). »

    ok, en attendant, imaginez ce qu’aurait pu faire la droite avec de tels constats… Le dispositif RMI (ce n’est pas juste une allocation), CMU, sont des dispositifs de gauche qui font de l’Etat un acteur économique et social. lls font appel à la solidarité nationale au lieu de jouer sur le chacun pour sa gueule. Peut-être s’agit-il au fond de limiter les dégats, mais encore une fois sans ces dispositifs, où en serions-nous aujourd’hui ? Je vois mal comment des milliers de français pourraient survivre sans ces dispositifs.

    « Les 35 heures ça a été surtout utile pour amener la flexibilité » certes, ça a permis aussi à de nombreux salariés de prendre un peu plus de temps pour vivre. La loi sur les 35 heures et imparfaite pour des raisons intrinsèques au texte (baisses d’impôts etc.), mais aussi parce que la mauvaise volonté de beaucoup d’entreprises a pourri le système de l’intérieur. Depuis qu’elle a été voté, la droite n’a jamais cessé de tout faire pour la neutraliser, de « réforme » en « réforme », afin au final, d’organiser des baisses de salaires déguisées et tout l’attirail réac qui va avec. Petit rappel, il y a beaucoup de gens à gauche pour penser qu’il faut baisser le temps de travail à 32 heures.

    Je ne cherche pas glorifier le PS au pouvoir, au contraire, je dis juste qu’il faudrait plutôt chercher à tirer un bilan objectif des avancés et reculs qui leurs sont dus.

  5. 45
    Arnal dit:

    @carlo
    « Souhaitons-nous pour autant qu’elle continue à exercer le pouvoir ? »
    là n’est pas la question… je me dis juste que depuis que la bonne grosse droite facho est de retour, j’arrive à faire la différence entre de la gauche très molle et la droite. Tout ça me pousse à tenter de tire un bilan objectif.

  6. 46
    carlo dit:

    @ Arnal
    « J’arrive à faire la différence entre de la gauche très molle et la droite ». J’y arrive aussi, de même que je suis arrivé à faire la différence entre JC et Le Pen en 2002. Il n’empêche que je ne souhaite plus voir revenir au pouvoir cette gauche molle qui gouverne comme la droite et qui, par suite, a bien du mal à s’opposer à la droite, même à la droite décomplexée de NS, lorsqu’elle n’est plus en responsabilité.

  7. 47
    Antoine dit:

    M. Melenchon,
    votre responsabilite’ est historique.
    La creation du PG a amene’ des centaines de militants PRS a se retirer du PS juste au moment du vote.
    Ceux-la qui avaient vote’ Hamon, aurait sans doute vote’ en tres grande majorite’ Aubry, et on ne serait pas a un ecart de 40 voix.
    Vous avez donc pris, sans doute deliberement, une tres grande (enorme) responsablilite en creant le parti de gauche a ce moment la.
    La consequence la plus immediate, c’est la reconduction de Sarkozy en 2012.
    Or vous ne cessez de nous expliquer a quel point d’innombrables Francais souffrent de cette presidence.
    J’espere que vous saurez assumer.

  8. 48
    Nipontchik dit:

    Je n’ai absolument rien contre les 32 heures, au contraire ça permet une semaine de 4 X 8, donc dans pas mal de cas l’utilisation des équipements par 2 équipes, et des embauches, ce que n’induisait pas forcément un 5 X 7!!

    Les »35 heures » c’est avant tout 1607 heures annualisées, avec modulation (entre 31 et 44 heures hebdo), ce qui permet de faire tourner les boîtes en embauchant au minimum voire en réduisant les effectifs.

    Je ne sais pas s’il y a bcp de gens qui passent par ce blog qui vivent avec 1 RMI à 400 euros… (mois j’ai vécu 6 mois en 1996 avec 1 RMI à 2000 francs, on venait d’ailleurs de me refuser le renouvellement de l’AAH-3000 francs à l’époque…). Eh bien vaut mieux pas essayer, avant le RMI en 1988 il y avait les allocations de fins de droits (un petit peu + que le RMI et surtout les Assedics plus longues et + élevées qu’aujourd’hui. Mais on s’est aperçu qu’il y avait des gens qui n’avaient jamais travaillé assez lgtps pour les assedics.
    Quant au dispositif d’accompagnement du RMI (je connais 1 peu le ministère qui était censé s’en charger) il a été tjrs très insuffisant et surtout il cantonait et stigmatisait les érémistes dans les « petits boulots » et la précarité au travail à vie (les « sorties en CDI » étant rares…), c’est ce qui a permis à Sarko et Hirsch de fanfaronner avec leur RSA en disant qu’enfin on allait se préoccuper de donner du travail aux exclus, etc…

    Globalement les gvts PS (et PCF, dont le bilan n’est pas meilleur, au moins à partir de 1997, le PCF s’obstinant à rester au gvt Jospin jusqu’en avril 2002) se sont situés aux pires moments des « 30 piteuses » (la récession en 1991-1993 puis à nouveau en 2001-2002 ). Quand ils ont eu des marges de manoeuvre finnacières (1988-91 puis 1998-2001) ils ne les ont pas forcément utilisées au mieux.

    Un bilan plus général de la période serait utile (avec notamment les 4 D à partir de 1985, l’internationalisation forcenée de l’économie française et la réhabilitation de l’entreprise dès les années 1983, pour préparer le grand marché européen, la fuite en avant vers la monnaie unique puis l’UE à 15, 27 avec les pays à bas salairesavec Maastricht-Amsterdam).
    C’est vrai que ça suffisait comme ça…

  9. 49
    carlo dit:

    @ Arnal

    Vous ne paraissez pas comprendre qu’en appliquant une politique de droite (désindexation des salaires, privatisations, libéralisations…), la gauche molle a accrédité l’idée qu’il n’ y a qu’une politique possible, celle que la social-démocratie applique partout alternativement avec la droite ou conjointement à elle comme c’est le cas en Allemagne. C’est précisément en cela que le PS a fait beaucoup de mal à la gauche

  10. 50
    jean dit:

    Pourquoi personnes ne parle du parti ouvrier indépendant comme alliance avec le parti de gauche ? Est-ce une méconnaissance ou …!!!La gauche doit se rassembler.

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