Je devrais me réjouir des premiers pas remarquables accomplis depuis la création du Parti de gauche (PG), notamment ses 5000 déclarations de soutien et ses récentes adhésions de personnalités socialistes comme Franck Pupunat, Jacques Rigaudiat ou Jacques Généreux. Je veux avant tout saluer l’évènement que représente la création du front de gauche avec le Parti communiste en vue des prochaines élections européennes. Au cœur de l’obscurité que répand la déchéance morbide du Parti socialiste la lumière du renouveau de la gauche s’allume. Mais c’est encore la nuit. La semaine du parti socialiste a été profondément démoralisante pour les gens de gauche qui en retiennent la conclusion essentielle : Sarkozy a le champ libre. De ce champ de ruines on ne se relèvera pas en un jour. Mais rien ne sert de gémir et de se laisser abattre. Le calendrier nous ouvre une opportunité inespérée de rebond.
Tout le raisonnement qui nous avait conduits à décidé de quitter le PS dès le soir du vote, puis à créer aussitôt le Parti de Gauche (PG) s’est vérifié sous une forme bien plus caricaturale que tout ce que nous avions imaginé. La victoire de Ségolène Royal a contraint tous ses challengers à une grotesque et destructrice guerre de retardement dans laquelle tout a coulé, y compris la gauche du parti et pour finir peut-être le parti lui-même. Au total cette séquence réalise sous une forme certes ubuesque et imprévue tout le contenu de l’évolution du PS tel qu’il s’est progressivement mais implacablement amassé au fil des années. Aligné sur l’horizon indépassable du capitalisme et du libéralisme, rêvant de l’alliance au centre qui le mettrait au diapason de tous les autres partis sociaux démocrates d’Europe, le PS s’est effondré en se présidentialisant à mort, pipolisé, dépolitisé. A présent, ce que l’on appelait le parti socialiste est mort. De ce fait l’ensemble du dispositif qui structurait la gauche autour de ce parti est à terre. La droite qui faisait déjà ce qu’elle voulait grâce à l’abstention du PS n’a plus rien en face d’elle. C’est tout le dispositif de riposte qui doit être reconstruit. Et pour cela c’est l’espace politique occupé par le PS qui doit changer de leadership. Naturellement cela ne veut pas dire que le parti socialiste va disparaître. Sous le même nom, autre chose va se présenter sur la scène. Soit, autour de Martine Aubry, une sorte de nouvelle SFIO, syndicat d’élus gérant les rites de la gloire passée, soit avec Ségolène Royal un parti de type démocrate à l’italienne. La première forme n’aura d’autre projet que sa conservation et se tiendra aussi longtemps que possible dans une logique identitaire avant d’être siphonnée progressivement par le centre et la droite. La seconde sera à géométrie variable construite sur la seule échéance présidentielle et en dépendra en tout et pour tout. Elle la portera avant de l’anéantir. Dans les deux cas Bayrou aura le dernier mot. Aubry et Royal qui incarnent ces deux futurs sont autant les créatrices que les jouets d’une situation qu’elles ont endossée davantage qu’elles l’ont créée. Ce fond de scène peut durer. Il peut tout bloquer et maintenir toute la gauche durablement dans l’impuissance jusqu’au terme du désastre que la crise du capitalisme promet à notre pays. La nomenclature socialiste, l’immense appareil qui entoure les élus y trouverait son compte : son seul souci est de durer. Avec la création du Parti de gauche (PG), et la formation du front de gauche avec le Parti communiste, un processus est engagé. Depuis la modeste place qui est celle du Parti de gauche (PG), avec ce qui vient de commencer depuis notre initiative nous disons: un autre futur est désormais possible. Une courte période s’ouvre, jusqu’aux prochaines élections européennes pour construire un nouveau dispositif politique à gauche qui soit à la hauteur de la crise sociale qui commence et de la catastrophe écologique qui murit. Il n’y a aucun mystère sur ce qu’il faut faire. Ni sur le calendrier d’exécution. Trois congrès vont se succéder à gauche: celui des Verts, celui du PC, celui du NPA. Tous ont à traiter l’offre politique présentée par la rencontre du PCF et de Parti de Gauche (PG). Se rassembler pour la prochaine élection européenne. Cette offre est aussi un programme et une stratégie. Un programme: celui qui découle du refus du traité de Lisbonne et de la politique libérale qu’il contient. Une stratégie: le rassemblement de tout l’arc de force qui se situe sur ce terrain politique. Le Parti de Gauche est l’outil au service de cette tache. Je donne rendez vous à tous ceux que ces questions intéressent samedi 29 novembre prochain au gymnase de l’ile de Vannes, métro Mairie de Saint Ouen pour le meeting de lancement du Parti de gauche, en présence (notamment) de Oskar Lafontaine.
POST SCRIPTUM:
L’abréviation choisie par ses fondateurs pour désigner le Parti de Gauche est PG. L’usage de l’abréviation PdG est donc érronnée. Ce point a déjà été signalé par moi à l’occasion de plusieurs passages médiatiques. Il faut donc signaler comme une marque malveillante le fait de continuer à l’utiliser en dépit de nos mises au point. Cela allait déjà de soi pour n’importe quel observateur. Mais c’est mieux de le dire.
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23 novembre 2008 à 22h35
« Tout le raisonnement qui nous avait conduits à décidé de quitter le PS dès le soir du vote, puis à créer aussitôt le Parti de Gauche (PG) s’est vérifié sous une forme bien plus caricaturale que tout ce que nous avions imaginé. »
En recevant le « Ça suffit comme ça ! » dans ma boîte à lettres électronique je présumais, en espérant me tromper, que JLM avait une fois de plus le flair politique auquel il nous a habitué. Eh bien ! Le PS nous a bien plus gâtés que dans nos rêves les plus fous. Et le feuilleton continue encore et encore ! Tu vas voir que les élections européennes vont arriver trop tôt pour le PS qui sera encore en train de tourner de nouveaux épisodes…
Saluons l’arrivée au PG de Jacques Généreux et Franck Pupunat, deux hommes de talent tout autant que de conviction. Et que le PG donne aux deux toute la place qu’ils méritent pour leurs idées qui dérouillent la gauche enkystée.
23 novembre 2008 à 22h47
Enfin une actualité sur ce blog.
Heureusement que la plupart des camarades de PRS ont fui cette galère, car elle menace encore d’emporter toute la gauche.
Quel plus bel exemple de ce qu’il ne faut pas faire à gauche, la présidentialisation et la personnalisation des débats, le mépris des débats politiques.
J’ai hâte de voir l’inverse le 29, c’est à dire un l’unité de différents courants politiques de gauche organisée au sein du parti qui les respectent. Mais ce sera surement un peu tôt pour s’en prendre aux médias, non?
De toute façon, la guerre médiatique va s’imposer à nous très rapidement, comment faire « feu sur les quartiers généraux »?
23 novembre 2008 à 22h50
Ce soir, je veux saluer le choix de Jacques Généreux de rejoindre le PG (Parti de Gauche). Depuis des années son travail dans le domaine de l’économie, mais aussi sur le terrain directement politique me semble une boussole importante pour ceux qui veulent comprendre le monde ou nous vivons pour contribuer à le changer. Je suis sûr que des milliers de militants socialistes vont faire un cheminement parallèle au sien et venir construire le PG. Mais bien d’autres vont nous rejoindre : des écolos biens ancrés à gauche (merci Mr Pupunat), des ex en tous genres qui avaient du mal à entendre Mr Généreux quand il leur disait de faire avec les partis existants, des nouveaux, des jeunes, des vieux qui ne renncent pas … celui-là de parti, c’est nous qui allons le faire.
Il faut vite que le PG donne aux isolés comme moi les moyens de faire collectif : publier la liste des signataires, donner des correspondants par Département (adresse e-mail)…
Pour moi je suis à la disposition de ce colectif en construction.
23 novembre 2008 à 22h59
« construire un nouveau dispositif politique à gauche qui soit à la hauteur de la crise sociale qui commence et de la catastrophe écologique qui murit. »
Voilà tout l’enjeu si on se projette à moyen terme. Et pour proposer des solutions à la crise sociale et à la catastrophe économique, il faut occuper le discours sur la production de valeurs. Il y a lieu de réfléchir à d’autres valeurs sans aucun doute. Mais le terme le plus important c’est « production ». Cette espace du discours sur la production de valeur n’est plus occupé par la Gauche depuis trop longtemps. Autre question, doit-on se limiter à proposer comme solution la ou les nationalisations, je ne le crois pas. Cette solution a été remarquable au sortir de la guerre. Les temps ont changé, et cette réponse dne peut pas être la seule solution proposée. Les élections européennes, et le contexte économique que l’on connait, sont le bon cadre pour revendiquer de nouvelles approches sur les sujets de la production de valeurs. Le Parti de la Gauche sera-t-il e,nmesure de s’approprier ces sujets là ?
23 novembre 2008 à 23h09
Je savais pour Pupunat, mais Généreux est une heureuse surprise. Bientôt, on ne dira plus « le parti de Mélenchon »… Rien n’est fait évidemment, mais désormais toute une partie de la gauche progressiste ne se pose plus en victime expiatoire. C’est déjà une victoire en soi, j’espère bien qu’il y en aura d’autres…
23 novembre 2008 à 23h13
Certes il y aura la présence d’Oskar Lafontaine.
Certes le PG va préparer les européennes.
Les objectifs de fond sur l’harmonisation de la fiscalité, l’arrêt du dumping social, l’accueil des immigrés et les moyens qui peuvent être mis en oeuvre pour réaliser tout cela, nous seront, je pense et je l’espère, transmis dans un programme sans trop tarder.
Est-ce le défi le plus difficile pour le nouveau parti ?
Je ne le crois pas.
Toutes les questions nationales doivent être remises sur la table, comme elles l’avaient été lors des collectifs antilibéraux. Là aussi nous attendons un programme clair et complet.
J’ajoute qu’il faut penser à la future présidentielle afin de ne pas décevoir à gauche et retomber dans les tergiversations qui ont conduit à l’échec.
23 novembre 2008 à 23h17
Beaucoup d’espoir dans cette initiative,un espace formidale est en train de se créér,avec le PG,le PCF(3ème parti de France en terme d’élus),les républicains sincères,les sans parti,qui sont les vainqueurs du NON DE GAUCHE,à la constitution .Quelque chose de FORT va naître sur les cendres de la gauche caviar.LA VRAIE GAUCHE ARRIVE.
23 novembre 2008 à 23h23
Suite au derniéres informations qui m’ arrivent par mails et vidéos l’ émotion m’ étreint on assiste en cette fin de congrès du PS à des règlements de comptes hors de tout entendement .
Avec les camarades qui m’ entourent nous te remercions
cher Jean Luc Mélenchon pour ta clairvoyance et ton opiniatreté, pour avoir quitter le Parti Socialiste avant le désastre auquel on assiste aujourd’hui .
Mon sentiment est que cet affrontement entre Royal et Aubry rejaillira pour un temps sur toute la Gauche, raison de plus pour serrer les rangs autour des vraies valeurs de Gauche et construire le Parti de Gauche pour la défense de la Classe Ouvriére avec nos alliés les plus proches les Communistes .
je suis certain qu’ un grand nombre de Socialistes de Gauche nous rejoindront dans ce combat de la construction du PG .
Dans quelques jours à Saint Ouen le 29 novembre pour notre Meeting de Fondation du PG nous serons des milliers pour entonner l’ Internationale afin de monter encore très haut le Drapeau Rouge de la Commune .
Fraternellement
Georges
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24 novembre 2008 à 5h08
Hollande aura vraiment tout foiré, même sa sortie…Ils sont tout simplement en train de crever. Et malgré tout le dégoût qu’ils m’inspirent, je peux même pas m’en réjouir.
La vérité, on la sait tous:la gauche ( même sociale-traître ) a perdu 2012 à cause de tous ces cons.
J’ai 31 ans, un mari franco-marocain, un salaire modeste et j’ai l’impression que je vais finir mes jours sous la droite. C’est atroce.
@ JL Mélenchon
Besancenot, y’a rien à en tirer de cette créature préfabriquée et sectaire. Mais bon, il faut bien faire semblant d’essayer.
Bravo et merci de te battre pour sauver notre laïcité.
Courage, et tiens bon tu vas morfler.
@tous
RDV en juin 2009 dans les urnes
24 novembre 2008 à 6h03
Il a eu le nez creux, comme on dit chez nous, Mélenchon, en créant son parti de gauche (PG), avant le congrès.
Comme ça, les gens du PS qui en ont trop marre et qui le quittent savent où aller loger ; c’est bien quand il fait froid.
Pupunat et Généreux, voilà des gens bien qui donnent envie de les suivre aussi.
J’ai rencontré des gens de notre petit groupe de soutien à Bové, pas encartés, qui se posent sérieusement la question de rejoindre le PG. C’est plutôt bon signe !
…….. Rien à voir, mais ça me démange : le Belge, vraiment, s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer ! toujours égal à lui-même.