Donc, comme vous le savez, jeudi 28 août dernier, vers 11h00 Hervé Eon, militant de PRS, se rendait à vélo, à la manifestation contre la politique de Sarkozy, prévue à midi place de la mairie à Laval, à l’occasion de la venue du Président de la République dans cette ville. Il avait apporté un carton (format 21×29,7) sur lequel était inscrit "Casse toi pov’con" … en référence à la désormais célèbre formule prononcée le 23 février 2008 par Nicolas Sarkozy à l’endroit d’un visiteur du salon de l’agriculture qui refusait de lui serrer la main. Hervé est arrêté séance tenante et il est mis en examen pour délit d’offense au chef de l’Etat. Il est convoqué en qualité de prévenu, le jeudi 23 octobre 2008 à 14h00 au tribunal correctionnel de Laval, pour avoir «offensé par parole, écrit, image ou moyen de communication, en l’espèce un écriteau avec les inscriptions "casse toi pov con", le Président de la République française.» Je suis cité comme témoin de moralité par la défense. Je serai donc jeudi au procès.
Mais vendredi 24 octobre je vais à la réunion que propose PRS pour comprendre la crise financière et ses implications. Dominique Plihon, professeur d’économie financière, orateur de la soirée, est président du Conseil scientifique d’ATTAC. Seuls les super malins qui ont tout compris en écoutant Jean-Marc sylvestre peuvent s’en dispenser. En effet il n’existe aucun remède contre leur addiction. Même pas une crise générale du capitalisme. Leur cas est désespéré. Mais à présent je dois parler du cas «Eon et son carton» et de son crime si spécial.
LE CAS «EON ET SON CARTON»
Je pense qu’Hervé Éon est très mal parti. Son crime est immense au vu de la loi, s’il est avéré. Le délit d’offense au Président de la République date de la loi sur la presse de 1881. A l’époque il était puni d’une peine de prison. L’article 26 de la loi de 1881 actuellement en vigueur prévoit que «l’offense au Président de la République est punie d’une amende de 45 000 euros.» Attention: la loi tape large. Les moyens potentiels de l’offense sont conçus par elle de manière très extensive. Lisez cette énumération: «soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public, soit par tout moyen de communication au public par voie électronique». Une définition aussi extensive donne au Président de la République ou à des personnes qui font du zèle pour son compte, le moyen de poursuivre très facilement les expressions de désapprobation ou d’humeur à son égard. Car je me demande s’il existe une façon d’offenser qui ne puisse être invoquée! Ici un écriteau, mutin certes, mais adressé en quelque sorte à la cantonnade aura suffi. En effet chacun voudra bien noter que le carton de l’ami Hervé ne dit pas à quel «pov’con» il s’adresse. Le fait d’être un «pov con» ne peut suffire à faire inculper qui que ce soit. La preuve: quand bien même le plus illustre des Français en flétrirai un quidam, ce dernier n’en tire aucun droit de poursuite. Ainsi le pêcheur traité de «pov’con» par le chef de l’état ne peut porter plainte contre lui. Mais il semblerait qu’une situation nouvelle et paradoxale existe dans le cas inverse, dorénavant à propos de cette assertion. En effet, si Eon est condamné il sera établi que, du seul fait que le président a prononcé ces mots, n’importe quelle autre personne qui les utilise vise non pas le pêcheur sus mentionné ou un autre «pov con» de son acabit ou assimilé, mais le chef de l’Etat lui-même. Hum! hum! En bonne logique cela ne s’explique pas … A tel point qu’on peut se demander si l’on est en droit de reproduire une photographie du fameux panneau «casse toi pov’con » du camarade Hervé Eon … puisque celui-ci est considéré par les forces de l’ordre comme constitutif d’un délit. Par exemple si je le fais ici est-ce que quelqu’un va demander au bureau du Sénat de lever mon immunité parlementaire pour pouvoir m’inculper d’offense au chef de l’Etat? Je me pose la question d’un pur point de vue juridique à propos de la nature de la liberté d’expression dans notre pays. En effet pour ma part je suis très républicain et je n’ai aucune intention d’offenser le chef de l’Etat mais seulement de le combattre absolument et en tout sur le plan politique. Donc je vais tester tout cela selon la méthode de la science, c’est-à-dire en faisant une expérience concrète, vérifiable et reproductible. Je place en illustration l’assertion incriminée. C’est une expérience très excitante pour moi et j’en suis sûr pour tous mes lecteurs. En effet nous allons observer en direct la réaction du milieu politique ambiant. Serais-je poursuivi? Je pourrais l’être de deux façons. Premièrement en application de la jurisprudence «Eon et son carton» que l’on peut formuler ainsi: «toute personne déclarant aux alentours du passage du chef de l’Etat «casse toi pov con!» est passible de 45 000 euros d’amende». Ultérieurement la loi pourrait préciser le périmètre dans lequel cette affirmation cesse d’être considérée comme adressée au chef de l’État et qu’elle devient réputée ne s’adresser qu’à un importun ordinaire. Second motif de poursuite, après que j’ai publié cette illustration et fait ce commentaire: on considèrerait que je cherche à inciter les autres à agir de façon offensante pour le chef de l’état alors qu’il s’agit d’un délit. Or cette sorte d’incitation est justement punie par la loi. Pour être honnête je ne crains pas trop cette poursuite. En effet ce sera un jeu d’enfant pour moi de faire valoir qu’il n’existe aucune distance, entre un ordinateur où l’on lirait cet article et le passage du chef de l’Etat, qui me place dans le rayon établi par la jurisprudence «Eon et son carton». Cependant je dois mentionner que mes conseillers juridiques sont moins catégoriques. Plusieurs prétendent que si quelqu’un lit sur son ordinateur portable ma note et son illustration alors qu’il se trouve sur le parcours du chef de l’Etat dans le rayon «Eon et son carton» et brandit son écran d’ordinateur je pourrai être considéré d’une part comme incitateur au délit d’offense et secondement complice de celui-ci en ayant fourni le visuel électronique qui aura permis le délit lui-même. Bigre. Je dois donc y réfléchir. Il me semble conforme à la dignité de ma fonction de ne pas prendre le risque, notamment à la veille d’un procès sur ce sujet où je suis cité à comparaitre comme témoin, cette convocation m’ayant été faite par un huissier se rendant spécialement à ma rencontre au Sénat.
Un vieux délit d’opinion ressuscité
J’ai dû creuser l’histoire de ce genre d’affaire. L’utilisation pénale de ce délit est très révélatrice politiquement. En effet il est un quasi monopole d’usage des présidents de droite de la cinquième République. Alors que les présidents de la IIIème République ne l’ont utilisé que 6 fois en 59 ans, le général De Gaulle y a eu recours près de 500 fois … ce qui en dit long sur le climat qui régnait aux débuts de la Vème République. Encore utilisé par George Pompidou, ce délit fut complètement abandonné par la suite. Ni Valéry Giscard d’Estaing ni François Mitterrand n’y eurent recours et pas davantage Jacques Chirac. Mais, surprise, en 2007, Sarkozy décida de le réactiver. Le nouveau président fut à l’initiative de plusieurs poursuites contre des militants exprimant une opposition à son égard. Une affiche étudiante présentant une caricature de Sarkozy en train de faire un doigt d’honneur tomba ainsi sous les foudres de la justice. Ainsi qu’une mère de famille choquée par les manières brutales de la police de Sarkozy et qui protestait pour cela auprès d’un sous préfet. Le zèle du ministère de l’intérieur pour engager de telles poursuites n’est d’ailleurs pas visiblement sans embarrasser la justice elle-même. Relevons que dans les deux cas précédents, aucune condamnation n’a finalement été prononcée.
Le crime de lèse-majesté
Si la justice est embarrassée avec le «délit d’offense au chef de l’Etat» c’est justement parce qu’il renvoie directement à l’ancien «crime de lèse majesté». Cette incrimination est très ancienne puisqu’elle remonte à l’antiquité romaine. Les empereurs Auguste et Pompée l’utilisèrent notamment pour réprimer des opinions insolentes ou critiques à leur égard. La gravité de ce crime trouvait d’ailleurs son fondement dans une sacralisation de la personne du souverain, placé «en majesté» au dessus des lois. Il est vrai que l’empereur de la Rome antique surplombait une société politique drôlement agitée et très portée au crime ainsi que l’avait expérimenté le premier César lui-même … C’est cette définition qui perdura sous l’ancien régime monarchique. Le crime de lèse majesté était utilisé par les rois et les papes pour réprimer de manière très large tout délit d’opinion. A partir du 12ème siècle et du Pape Innocent III le crime de lèse majesté sert ainsi à qualifier l’hérésie et plus largement toute opinion déviante. Quand il y a un abus de pouvoir contre la liberté de conscience, l’église n’est jamais loin.
On comprend aisément pourquoi, dans ces conditions, les Lumières ont été particulièrement critiques envers le «crime de lèse majesté». Nos pères fondateurs y dénonçaient un instrument contre le libre exercice de la raison et la libre expression des opinions. Montesquieu consacre par exemple de nombreuses pages de «l’Esprit des Lois» à dénoncer l’usage abusif du crime de lèse majesté par les monarques. Il explique par exemple que «c’est assez que le crime de lèse majesté soit vague, pour que le gouvernement dégénère en despotisme» (chapitre 7 du livre 12 de l’Esprit des Lois). Et il démontre dans le chapitre 18 du livre 12 de l’Esprit des lois «combien il est dangereux dans les républiques de trop punir le crime de lèse majesté». Cesare Beccaria, le grand penseur des Lumières en matière de justice, consacre également un chapitre au crime de lèse majesté dans «Des délits et des peines». Il y dénonce également les abus entourant cette incrimination: «la tyrannie et l’ignorance ont donné ce nom de lèse majesté à une foule de délits de nature très différente», ajoutant que «dans cette occasion comme dans mille autres, l’homme est souvent victime d’un mot». Il faudra finalement attendre la révolution de 1830 pour que le lent travail des Lumières aboutisse finalement à l’abrogation pure et simple du «crime de lèse majesté» dans le code pénal. Ca ne durera pas. La troisième République et surtout la cinquième République, monarchique en diable et bouffie du culte du grand homme, ressuscitent la répression de ce délit de confort sous le nom d’«offense au président». Le délit en question est d’ailleurs aussi dans le collimateur de la Cour européenne des droits de l’homme par un arrêt du 25 juin 2002. Celle-ci a donc contraint la France à abroger en 2004 le délit similaire d’«offense à chef d’Etat étranger» qui avait valu à la France d’être condamnée pour violation de la liberté d’expression et d’opinion …
Effacer l’opposition
La volonté sarkozyste de ressusciter ce vieux délit d’opinion n’est pas anecdotique. Elle s’intègre dans une logique d’ensemble de déni de démocratie qu’est le sarkozysme en politique. Cette stratégie est globale chez le président de la République. Elle est très politique. Cela a commencé avec la soi-disant «ouverture» du gouvernement à des personnalités issues de la gauche. Son but n’était pas du tout d’élargir l’assise politique de la droite. Il visait à disloquer la gauche en effaçant ses contours dans la confusion. C’est une manière de refuser le principe même de la contradiction politique qui est le poumon de la démocratie. La même logique est à l’œuvre dans le redécoupage des circonscriptions législatives et le projet de réforme du scrutin régional. Là encore il s’agit de diluer les voix de gauche grâce à un savant saucissonnage des communes et des quartiers. D’autres manipulations électorales sont encore en préparation. Ainsi de la révision du mode de scrutin régional avec lequel la droite espère déstabiliser une partie des majorités de gauche des conseils régionaux. C’est l’idée simple que mieux qu’une adhésion populaire toujours changeante, mieux vaut ôter les points d’appuis de la contestation. Une stratégie suicidaire pour la démocratie. Tant de points allant dans le même sens finissent par dessiner un projet global.
Bataille d’idées
Les pandores qui ont demandé et obtenu la mise en examen d’Hervé Eon réalisent-ils qu’ils ont désigné celui à qui s’adressait le message alors même que cela n’est nullement précisé par le texte…Peu leur importe. Cet acharnement a un but: produire crainte et renoncement chez tous ceux qui sont résistants à la politique présidentielle. En fait Nicolas Sarkozy connaît l’importance de la bataille des idées. Il mène une lutte idéologique méthodique. Il l’a dit à l’ouverture du conseil des ministres au lendemain des municipales, à ceux qui le pressaient d’infléchir sa politique:«Il faut au contraire tout faire pour mettre en œuvre la masse critique des réformes qui permettra de changer les comportements et les mentalités». Changer ce que les gens ont dans la tête. Jusqu’à ce que l’idée même de la critique du système paraisse absurde. Voilà ce qu’il essaie de faire. Ainsi se dessine sous nos yeux la réalité ultime du néo libéralisme: un système global qui pour inclure toute activité dans la sphère marchande doit absorber toute pensée critique dans un espace d’évidences indiscutables. Cette forme généralisée de l’empêchement de penser ou de parler autrement que du même point de vue mérite son nom. Le sarkozysme est un système globalitaire. L’inverse de la démocratie républicaine.
364 commentaires à “Lèse Majesté”
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23 octobre 2008 à 1h29
Et s’il venait au peuple l’idée saugrenue de se révolter, on lui rappellera que les rues sont désormais truffées de caméras de surveillance, et que les flics sont équipés de tasers.
Bienvenue en enfer !
Heureusement que le souffle de l’esprit, le courage et l’amour de la liberté sont encore vivants sur ce blog : merci, Mélenchon !
23 octobre 2008 à 6h07
Merci M. Mélenchon, c’est exactement ce que je pense du sakozysme et je crois que cet homme vise bien plus grand que la France. Le voyant aller sur la scène européenne, il me semble qu’il a des visées que je qualifierai de napoléoniennes.
Une télé d’état, des médias plus que favorables, une opposition absente, une justice à la botte, c’est vraiment donné le champs libre à toutes les dérives imaginables.
J’ai pensé venir à Québec, au Sommet de la Francophonie avec une petite affichette. Étant dans un pays libre, je ne pouvais pas me faire interpeler par la milice. De plus vu le nombre de chefs d’état francophone présent, il aurait été difficile de savoir à quel dictateur mon affichette était destinée. Mais, cette fin de semaine, je travaillais, donc je laisserai ma révolte au niveau du rêve.
23 octobre 2008 à 7h30
( C’est la première fois que j’ entend parler »d’ économie réelle » )
Le linguiste Alain Rey Décode les mots, nouveaux ou redécouverts,
utilisés par les ( spécialistes ) ou les médias pour parler de la crise.
Ces dernières semaines, une voix nous manquait, celle du célèbre linguiste Alain Rey, qui aurait pu si bien décortiquer, comme il le faisait tous les matins sur l’ antenne de France Inter, les mots nés de la crise. Ces mots qui manipulent, brouillent les pistes pour pour mieux dissimuler les lourdes conséquences d’une crise économique qui ne sera pas virtuelle, celle-là.
Avec la crise financière, émerge tout un vocabulaire boursier, comme ces ( actifs toxiques ), ou encore les ( subprimes ), qu ‘en pense le linguiste que vous êtes ?
Alain rey. Oui, ce sont des mots qui sont passés de la technicité boursière à la place publique. Mais personne ne sait vraiment ce que cela veut dire. Quelques-unes savent et se servent de ces expressions pour, un peu comme des médecins avec la terminologie médicale, endormir, impressionner et agir sur le malheureux Pékin.
Plus particulièrement, que pensez-vous de l’ apparition de ce terme étrange ( d’ économie réelle ) qui s’ opposerait à une économie financière et virtuelle dont le citoyen n’ aurait pas trop à se préoccuper. Comme si deux économies étaient déconnectées l’une de l’ autre ?
Alain rey. Vous avez raison, cette expression m’a sauté à la figure. Et ce qui m’a intéressé dans cette affaire, c’est que si le terme de crise financière est une expression très ancienne et tout à fait normale puisqu’ il y a souvent eu des crises financière, le plus souvent jointes à une crise économique comme en 1929. C’est la première fois que j’ entends parler d’ ( économie réelle ). Cette expression supposerait, et c’est assez monstrueux, que l’ économie peut ne pas être réelle avec la finance. Qu’il y aurait donc deux capitalismes. Un mauvais qui est en train de s’ effondrer et un bon qui est l’ économie réelle. Le niveau de vie et le pouvoir d’ achat seraient du domaine de l’ économie réelle, puisqu’ils représentent ce que sont les réalités quotidienne loin du mode irréel de la finance. Et cela est corroboré par les chiffres de plus en plus monstrueux. Quand on parle de 100 000 euros, on reste dans le monde humain, même si on ne les a pas. Quand on parle d’un million d’ euros, c’est plutôt le monde des riches, des puissants, des joueurs de football, de Jonny Hallyday. Cela peut donner lieu à des rancoeurs ou de l’ administration mais cela reste réel, mais quand on parle de d’ injecter 27 milliards, 270 milliards, 2 700 milliards de dollars dans l’ économie mondiale, nous sommes dans le virtuel complet. Cela n’a plus aucune signification humaine possible.
Or, le capitalisme est un tout. Et il est fictif de parler d’ économie réelle. Mars a une expression que je site tout le temps parce que je la trouve absolument géniale. Pour tout les objets matériels, toutes les choses fabriquées et même la vie quotidienne et les paysages, on est dans un monde de signes qui représentent selon lui, ( les Hiéroglyphes du travail humain ). La vraie valeur selon lui vient du travail. Et aujourd’hui, dans cette crise on voit bien que la vraie valeur ne vient plus du travail. Mais de la pure spéculation. Spéculer, c’est imaginer sans base réelle, contrôlable. Un monde de chiffres n’a plus de limites et n’a plus de raisons de s’ arrêter. On n’a prêté sur des prêts et maintenant on nous parle de prêts sur des emprunts. C’est le contraire du bon sens et de l’ expérience personnelle. Salaires, délocalisations, fermetures d’ usine, niveau de vie son des mots assez stables parce qu’ils sont ceux du vécu et de la vie quotidienne.
Les 1 700 milliards d’ euros injectés par les États européens ne sont pas virtuels et cet argent est public…
Alain Rey.Oui et l’ argent vient d’ États déjà endettés qui vont devoir faire face à une récession avec ses conséquences sur l’ emploi et donc sur les impôts. D’ ailleurs, les boursiers ne s’y trompe pas. Les bourses continuent à baisser parce que tout le monde sait que ça va aller mal. Et Sarkozy qui nous annonçait vouloir aller chercher la croissance avec les dents, il se trouve fin. Impossible de continuer à faire croire que l’ économie dite réelle se porte assez bien, que les petites et moyennes entreprises, certes en difficultés, vont continuer grâce à ses merveilleux entrepreneurs. C’est la thèse du MEDEF, qui nous dit aussi que les parachutes dorés, c’est fini.
Il y a donc cette idée que l’ économie réelle serait renvoyée à des choses compréhensibles, alors que le reste est un fatras de termes techniques boursiers et de chiffres qui ne disent rien à l’ imagination. On se retrouve dans le même genre d’ univers que l’ astronomie, sauf que l’ astronomie ne nous tombe pas sur les pieds !
Entretien réalisé par Maud Dugrand
23 octobre 2008 à 7h46
Paul
Bien d’accord avec vous: « ce qui fait de Besancenot un “allié objectif”de Sarkozy, c’est son refus de faire alliance pour une conquête du pouvoir. »
Vous rajoutez « Mais si le PS “vire” démocrate, çà change considérablement la donne. Il est évident que son programme n’aura plus rien à voir avec une rupture avec le capitalisme. Tout peut s’imaginer, alliance à minima avec Bayrou, voire pire comme dans d’autres pays européens. »
Certes faire des alliances à droite va changer la donne qualitativement dans le tournant à droite du PS mais ce tournant est déjà là depuis longtemps. Je dirais même depuis qu’ils ont voté les crédits de guerre en 1914. Néanmoins malgré cette grande trahison de 1914 qui a impliqué des millions de morts, la population a continué à s’adresser à aller à la SFIO et plus tard au PS et c’est cette population qui est importante. La LCR n’aura jamais cette confiance des gens pour que des milliers y adhèrent, il me semble.
J’espère me tromper. On verra. En tout cas, merci pour votre post qui pose bien la question de façon très éclairante.
23 octobre 2008 à 7h54
Bon courage à Hervé EON pour son procès de ce jour… s’il a lieu! En effet, les jmagistrats ont, FAIT EXCEPTIONNEL, décidé d’une journée d’action pour protester contre les conditions misérables faites par la Garde des Sceaux à la Justice. Il est donc possible que le juge d’Hervé soit gréviste..
M. Mélenchon devra soutenir non seulement le prévenu mais également le juge!
Tous ensemble, législateur, justiciable, professionnel de la justice, contre la politique de SARKOZY!!!!
23 octobre 2008 à 8h23
Bonjour monsieur le Sénateur,
J’ai lus votre billet et je vais être poli, affligeant, dégueulasse, honteux !
Il y à quelques semaines je nommais ce triste sire, le petit caporal, et une personne sur votre blog me disait …. maxou arrête de l’ appeler le petit caporal, car je pense me disait-il, que tu pense à Napoléon, et j’ai répondu, non pas seulement, mais je pense, tout en m’ excusant près des personnes de petites taille, car petit moi même, je pense donc a des dirigeant ( dictateurs des despotes) actuels ou très anciens qui on dirigés leur pays dans l’ horreur. Et, après avoir lu votre billet, je n’ est aucun regret de l’ avoir surnommé le petit caporal !
Merci monsieur le Sénateur, et j’ ajoute, mais c’est un autre sujet, que ( si la motion de Benoit Hamon n’arrive pas en tête, et que c’est une orientation droitière que prend le PS, vous quitterez ce parti. )
Max
23 octobre 2008 à 8h44
Bonjour à tous,
Merci à, Jennifer, Paul, Julie, DiGeo, H2, Giles, 4Août, et tous les autres, de me régaler avec vos analyses pertinentes, et souvent très justes.
Et toutes mes excuses pour mes articles souvent beaucoup trop longs.
Max
23 octobre 2008 à 9h10
Belle plaidoirie, sénateur! Qui n’est que trop utile avec cette tendance (très fukuyamesque et « posthistorique ») à criminaliser et pénaliser l’expression d’opinions et le mouvement social voire l’activité politique se situant hors de l’euroconsensus.
C’est particulièrement perceptible dans le domaine de la répression de l’activité syndicale, pas la peine que j’épilogue, vous lisez la prose de G.Filoche, des sevices juridiques des syndicats et peut-être des assocs de victimes du harcèlement moral.
Et tout ça nous rappelle le caractère aléatoire, profondément historique, des « droits fondamentaux », qui, en France, sont très marqués par la lutte contre l’absolutisme monarchique et le système féodalo-rentier obsolète de la fin du XVIIIème.
Nos « amis » de la Société générale, de la caisse d’épargne, etc…. qui ont pompé la chair du peuple français à l’occasion des privatisations Balladur et Jospin n’ont pas grand chose à envier aux fermiers généraux des Louis XV et XVI.
Sans oublier la cour des miracles de Versailles, aujourd’hui démultipliée par les moyens audiovisuels.
Notre belle Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est sortie des flancs de la lutte contre cette société en faillite et en décomposition. Les libertés d’opinion et d’expression étaient avant tout faites pour pouvoir dénoncer ce vieux monde si pourrissant qu’il avait fini par s’écrouler.
23 octobre 2008 à 9h12
Bonjour à tous,
Moi je propose que l’on mette tous dans nos messages un lien menant à cette vidéo ou l’on voit « leur majesté » se permettre d’insulter un honnête citoyen français en le traitant de « Pauvre con » !
Et que toutes celles et ceux qui ont un blog mettent aussi cette vidéo en ligne, vidéo qui est je le rappelle du domaine publique puisque diffusée par une chaine nationale!
On ne peut laisser la liberté d’expression si douloureusement acquise au prix du sang en 1789, se faire museler par un bonhomme qui a été généreusement accueilli par notre pays et à qui il devrait être reconnaissant !!!
De quel droit Sarkokarcher 1er pourrait-il insulter les Français ? Sans que l’inverse ne soit possible ?
La royauté et ses privilèges, on lui a coupé la tête il y a plus de deux siècles!!!
J’espère qu’il y aura des manifestations aux abords du palais de justice pour soutenir cet honnête citoyen et que les juges s’ils sont impartiaux ne pourront reconnaitre que Sarkozy n’a récolté que ce qu’il avait semé !!!
L I B E R T E E G A L I T E
23 octobre 2008 à 9h21
Boujour , et voici ce que je disais en gros sur un blog au mois de juin 2008 . J’ai fait quelques rajouts .
En ces temps de confusion ou, pour être plus précis, de pensée syncrétique, de mélange des genres, il faut, de toute urgence, tirer la sonnette d’alarme . La bête n’était pas morte, le fascisme tente une nouvelle percée . Il s’avance masqué, brouille les cartes, tente des collages sous couvert d’ouverture . Existe-t-il encore des gens pour croire que Rommel n’était pas Nazi, ou bien, pour être indulgent, qu’il pensait que son action militaire pourrait adoucir la barbarie de la politique du Führer ? Pouvait-il ignorer qu’il servait un tyran ?
Peut-on encore penser que les serviteurs du gouvernement de Vichy ignoraient qu’ils servaient l’occupant ?
Lorsque M.Azouz Begag, quels que soient ses motifs, quitte le clan Sarkozyste pour rejoindre M.Bayrou, c’est un traître, on veut lui casser la figure . Mais, lorsqu’une personnalité fait le trajet inverse, alors c’est une personne d’ouverture. Allons donc, ces initiatives ne trompent personne !
Vous comprendrez que je prenne des précautions épistolaires pour ne pas tomber sous le coup de la diffamation . Oui, nous en sommes tous là . Les média sont sous la contrainte . Tout commence à être cadenassé . Et qu’on ne me dise pas le contraire, alors que la valse des responsables a commencé .
S’il faut encore ajouter à l’argumentation, je vous renvois à un article de Umberto Eco publié dans le magazine littéraire d’avril 1996 et reproduit dans l’ouvrage « Cinq questions de morale » éditions Grasset, mars 2000 pp 51-82 , et qui a pour titre « le fascisme éternel » . Le fascisme qu’il appelle fascisme originel et éternel ou Ur-Fascisme . Il montre qu’un seul caractère présent, parmi les 14 définis, suffit à détecter l’odeur du totalitarisme . Avec quelques équipollences on peut ajuster le modèle . C’est édifiant .
Quelques extraits :
- » Le fascisme italien n’avait rien d’une idéologie monolithique, c’était un collage de diverses idées politiques et philosophiques « . Judaisme, Boudhisme, islamisme, Socialisme et Libéralisme… Guy Mocquet, débarrassé de son communisme, présenté comme un patriote digne des héros Lepénistes ; Blum comme caution au libéralisme, pour rallier certains ambitieux socialistes ; L’allégence au Pape pour se mettre dans la poche la population des croyants . Bref, une corruption des esprits digne des plus grands camelots !
- » L’Ur-fascisme naît de la frustration individuelle ou sociale . …l’une des caractéristiques des fascismes historiques est l’appel aux classes moyennes frustrées, défavorisées par une crise économique.. .A notre époque où les anciens « prolétaires » sont en passe de devenir la petite bourgeoisie ( et où les lumpen s’autoexcluent de la scène politique), le fascisme puisera son auditoire dans cette nouvelle majorité « .
On pourrait ajouter le refus camouflé du monde moderne, du changement . Par exemple le refus de l’esprit de 68 … et maintenant un discours (je dis bien discours) pseudo-anticapitaliste qui se garde bien de toucher à la structure .
« il est toujours tentant pour l’intégrisme,sous prétexte de construire un système nouveau,d’opérer à la surveillance conservatrice d’un système jugé intouchable ».(U.Eco)
- Dans une démocratie, les citoyens sont pourvus d’un poids politique quantitatif (la décision de la majorité), . A présent que les instances syndicales sont désarmées ou corrompues, les individus se voient frustrés de leurs droits (droit au travail, à la santé, au logement, à la dignité…) et perdent le poids du nombre. Le peuple ne pense pas, le Leader pense pour lui, et » notre avenir voit se profiler un populisme qualitatif Télé ou Internet , où la réponse émotive d’un groupe sélectionné de citoyens peut être présentée et acceptée comme la voix du Peuple » .
Comment ne pas se rendre compte que la lutte contre la culture (émissions de télé débiles, réformes de l’enseignement par apauvrissement des contenus ), la mise au pas de la Justice et le flicage constituent des moyens de contrôle des populations de triste souvenance !
Enfin, toute tentative de remise en question du rôle de l’assemblée, par exemple en essayant de réduire, par influence, le poids de l’opposition, laisse planer l’ombre de la pensée unique, totalitaire . Par une ironie tragique, on tombe dans un centralisme démocratique que l’on condamnait chez l’adversaire communiste !
Pire encore, par le fait que le Président réunisse l’exécutif – constitutionnellement – et le législatif – son propre parti a la majorité absolue à l’assemblée – nous renvoie à l’ancien régime, c’est-à-dire la royauté ! Où est donc la rupture, le changement ? et personne à gauche pour dénoncer . RF signifie depuis longtemps déjà Royauté Française !
Et maintenant, que faire ? Rien ou à peu près . La gauche, les gauches ont perdu pour n’avoir rien à offrir, ni à partager; ni pouvoir, ni capital économique . De plus, leur capital symbolique est tellement émietté qu’il ne dégage plus aucune autorité sociale . Il y en a toujours une qui se dit plus à gauche que les autres, et parfois, tellement à gauche qu’on la perd de vue . Et pendant que les gauches se battent à coup d’idées, la moitié de la France va sombrer dans les difficultés .
La droite gagne parceque la gauche a marqué contre son camp .
En d’autres termes l’actuel parti socialiste va se consolider en se déportant au centre et jouera l’alternance au pouvoir sans remise en cause fondamentale du libéralisme (entendez: capitalisme !) .
Les autres partis resterons très marginaux . Qui peut lutter contre la puissance de l’argent ? (J’avais dit à une époque qu’il serait très difficile d’arrêter le milliardaire Ben Laden ) . Le seul espoir peut venir d’Amérique du sud et de son entente avec les pays africains, ou de l’axe Paris-berlin-Moscou . Mais faites confiance aux puissances de l’argent pour faire flamber des guerrillas en contre-feux du socialisme .
Amitiés à tous et, en attendant mieux, continuons à échanger . Qui sait ?…