La scène de la gauche du parti socialiste s’encombre de théâtrales mises en demeure. La main sur le cœur paraissent des proclamants émouvants qui me somment de réaliser l’unité immédiate de la gauche du parti et ainsi de suite. Je ne suis pas épargné par les commentaires de psychologues de comptoir. Serait aussi en cause mon caractère quand ce n’est pas mon orgueil. Et tutti quanti. La psychologisation de la politique est l’autre versant de la dépolitisation! Aujourd’hui elle permet encore une fois de faire l’économie de la politique. Psychologie et abscence de mémoire sont les deux sources intarrissables qui alimentent la confusion et l’opacité. Et ce n’est jamais gratuit, bien sûr.
Notez que je devrais avoir l’habitude. Quand la gauche socialiste éclata, les fins psychologues y virent un effet de mon égo et de celui de Dray. Que Dray parte rejoindre Hollande en transitant par la fondation du NPS et que je me refuse à ce ralliement ne corrigea pas cette rumeur. C’est comme si la politique était un prétexte dans l’existence des militants. Il en alla de même quand je pris mes distances avec « Nouveau Monde » que j’avais créé avec Henri Emmanuelli. Que je sois entré en campagne publique contre le TCE et sur la ligne d’union avec tous les non de gauche sans exclusive tandis qu’il faisait un choix d’observation jusqu’en mars ne parut pas suffisant pour comprendre notre éloignement. Puis qu’il choisisse de refuser les campagnes communes avec "l’autre gauche" ne parut pas non plus une divergence politique suffisamment explicative. Avait-il raison ? Ou bien moi ? Ou bien aucun des deux ? Personne n’en discute jamais. De nos caractères il est pourtant souvent question. Comme si on faisait des gens qui tiennent bon contre la marée que nous affrontons depuis vingt cinq ans avec des angelots en sucre doux. Ah ! la bonne vieille psychologie ! J’ai trois raisons d’être agacé quoique parfois très amusé du spectacle, en dépit du côté donneur de leçon sans mémoire qu’il m’oblige à supporter. Première raison. D’aucuns dans cette cohorte manquèrent sciemment tous les rendez-vous précédents. En particulier celui du congrès du Mans où le rassemblement des partisans du non aurait pu faire la différence décisive. La candidature de Laurent Fabius y fut tout simplement assassinée. Lienneman, Vidalies, Laignel, Moglia, et combien d’autres, venus de tous les courants nous nous étions rassemblés en dépit de nos bien anciennes divergences entre nous et avec Laurent Fabius. Le Nps non. Des pusillanimes quand même un peu conscients couinèrent. Ce fut leur maximum de courage. Pour les rassurer et apaiser aussi notre colère on fit courir la thèse du râteau : «on va ratisser plus large en présentant deux motions différentes ». Et les plus retors ajoutaient avec des clins d’œil « parce que Fabius, tout de même » ! Nous eûmes même à subir des démonstrations compliquées et tarabiscotées qui finirent de rendre l’atmosphère irrespirable. Ainsi quand Gérard Filoche expliquait qu’il fallait d’abord voter NPS pour « peser à gauche sur Fabius ». Peser à gauche avec Montebourg, Peillon et compagnie…. Et c’est au NPS qu’eut lieu le vote pour la synthèse qui entraina la synthèse générale. Pour finir « le râteau » fonctionna surtout comme une matraque sur la tête de la gauche du parti et le camp du non : Peillon, Montebourg, Assouline, firent campagne pour Ségolène. Emmanuelli se mura dans le silence. Hamon devint transparent et s’inscrit aux abonnés absents. Deuxième raison. Parmi ces masques, combien signèrent ou tout simplement répondirent à l’adresse que mon courant, « trait d’union » fit circuler en mai dernier pour l’unité des gauches du parti ? Combien répondirent au courrier personnel qui leur fut alors envoyé ? S’ils ne le firent pas ce n’est pas pour des raisons psychologiques. C’est qu’ils avaient un autre scénario en tête. Un scénario qui ne devait surtout pas s’intituler « de gauche ». C’est celui qui a débouché sur le regroupement des « reconstructeurs » dans lequel la condition initiale posée par les fondateurs était qu’on m’en écarte ainsi qu’Henri Emmanuelli pour ne pas effrayer les strauss kahniens hésitant et autres grands barons de « la ligne claire » à qui je donne légitimement de l’urticaire. 210 commentaires à “Psychologie et Congrès : une combinaison opaque”
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2 septembre 2008 à 13h03
Ta dernière phrase laisse-t-elle entendre que ce qu’a fait Lafontaine en Allemagne est une issue probable du Congrès de Reims ?
Est-ce encore possible après l’initiative de la LCR, qui est sûrement bien trop verrouillée pour faire du NPA un parti de gauche responsable?
2 septembre 2008 à 13h08
Bonjour , pour moi a ce jour il m’apparait de plus en plus évident que ce Parti Socialiste aujourd’ hui , la moitié ou plus roule pour la droite , j’en suis ulcéré d’avoir été ,sans complexe disons le franchement couilloné .
Sans illusion j’ai bien compris lord des élections interne pour le T.C.E , qu’il y avait une magouille , répétée pour la Présidentiel , avec la dégonflade de Hollande ,J’ai fait comme tout un Chacun j’ai assumé mes devoirs de militant stoique , Hélas pour un sinistre résultat pour le peuple de Gauche . amen ,la messe est dite .
Aujourd ‘hui mieux éclairé des turpitudes des Zélus du parti , je ne me laisserai pas embarquer par des faux-culs , qui ingnorent ce qu ‘est le peuple dont ils se targuent de défendre ou de protéger des prédateurs capitalistes .
Donc , conclusion ou ça passe ou ça casse , car je ne veux pas est un complice des socialos appendice de la droite .
2 septembre 2008 à 13h43
Sommer Trait d’Union et Force Militante de rejoindre NPS le lendemain d’un communiqué dans lequel Benoit Hammon regrette d’avoir été écartée de la convention Démocrate (Pour BH, les primaires américains sont « exemplaires, pleines d’enseignement »), c’est extrêmement maladroit de leur part.
C’est pas très graves. Il leur reste du temps pour s’expliquer sur ces histoires de primaires.
2 septembre 2008 à 13h54
J´ai vainement chercher le petit mot ´France´ dans ce long texte. J´ai pourtant trouvé Allemagne… Jean-Luc Mélenchon parle à qui?
2 septembre 2008 à 14h10
« Comme pour des milliers de socialistes, Lafontaine est un modèle de fidélité à soi-même si le PS fait le choix de la ligne démocrate au congrès de Reims. »
Si le Parti Socialiste devient démocrate, social démocrate à l’allemande, c’est à dire gouvernant avec la droite, à l’anglaise, c’est à dire libéral comme la droite, à l’italienne, c’est à dire rien du tout car rayé de la carte…
tu le sais nous serons nombreux à continuer le combat socialiste à tes cotés …
2 septembre 2008 à 14h22
Tenir bon.
Rassemblement le plus large possible à la Gauche du parti, oui, mais uniquement dans la clarté.
En 1971 à Epinay, la gauche du parti (Chevènement) pèse dans la nouvelle majorité autour de Mitterrand parce qu’elle est soudée et cohérente. Ca donne à l’époque une ligne claire (l’union de la Gauche et le front de classe !)
Si c’est simplement une alliance de circonstance, le résultat est connu d’avance: 1) un score médiocre 2) un éclatement à Reims.
Bon courage Jean-Luc !
2 septembre 2008 à 14h29
J’espère bien qu’Emannueli et Hamon entendront raison.
2 septembre 2008 à 14h40
(En direct de La Rochelle) La guerre de chefs, le désarroi des militants
“Dans ma fédération”, dit un militant de Charente-Maritime, “on veut surtout que le congrès ne se termine pas en catastrophe.”
“Il faut bien dire que vous n’êtes pas aidés par nos dirigeants, ils font une conférence de presse par minute…”,
“Le problème de ce parti, c’est qu’il est plein de gens de droite”, raille un Lyonnais,
un strauss-kahnien confie : “Il y a encore trop de gens qui ont une vision passionnée et marxiste de la gauche dans ce parti… ils seraient mieux chez Besancenot”.
http://partisocialiste.blog.lemonde.fr/category/jean-luc-melenchon/
2 septembre 2008 à 14h42
Oui tenir bon ! Le pire n’est jamais sûr !
Je suis communiste et j’apprécie JLM que je ne manquerais pas d’aller voir et écouter au stand de PRS à la Fête de l’Huma dans 2 semaines.
Dans le cadre du prochain Congrès du PCF en décembre, nombreux seront les communistes qui souhaiteront que soit débattu de la question des alliances. Il ne s’agit de questions de personnes mais d’intentions. Pourra-t-on continuer à siéger dans des exécutifs locaux avec des socialistes qui se disent ouvertement libéraux (Delanoé), qui voient Obama comme un sauveur (Hollande), qui nous exortent à nous « aimer les uns les autres » (Royal), qui ont comme amis le directeur général du FMI ou de l’OMC (DSK et Lamy)…?
Il faut que le PS soit clair sur ce qu’il ferait s’il revenait au pouvoir : (re)nationalisation d’EDF-GDF, création d’autres grands services publics, distribution des richesses, réorientation de l’UE, sortie de l’OTAN, politique de défense de la Laïcité… ?
En cas de réponse négative ou d’absence de réponse, le PCF devrait selon moi rompre partout avec ces sociaux-démocrates (ou démocrates tout court) et reconstruire à gauche. Alors JLM pourrait avoir toute sa place avec nous s’il le souhaite. De toute façon, sa présence au PS va devenir intenable.
Bon courage et rendez-vous à la Courneuve !
2 septembre 2008 à 14h47
Militant de Forces Militantes ( Marc Dolez ) , je me réjouis de l’écriture d’une motion commune avec Jean-Luc et ses amis : nous sommes sur la même ligne politique et n’en déplaise à Jean-Luc , j’aime aussi son caractère et son verbe bien trempé ! Car du caractère , il en faut pour résister aux pressions et évènements détestables de la vie du parti depuis de si longues années.
Sinon, une remarque de sémantique . Jean-luc , Marc , nous ne sommes pas la gauche du parti . Nous sommes le coeur du parti puisque nous sommes socialistes et que les autres sont sociaux-démocrates ou sociaux-libéraux.. D’ailleurs , si on considère qu’il y a une gauche du parti , c’est qu’il y une droite de parti . Et n’est pas ‘bizarre’ de parler de droite du parti pour un parti qui est censé être de gauche ?