Les suites du vote irlandais sont décisives. Car ce « non » là , parce qu’il vient à la suite de ceux de la France et des Pays-Bas ne peut être confondu avec aucun autre épisode du passé. Même avec l’épisode irlandais des lendemains du « non » au traité de Nice en 2001.
Les Eurocrates arrogants et l’armée des eurobéats fanatisés qui tiennent le haut du pavé institutionnel ont certes en main toutes les manettes. Ils peuvent tout, hier comme aujourd’hui. Mais on commence à lire dans la presse « oui-ouiste » les échos de la lassitude d’avoir à faire continuellement le service après-vente des « euros-stupides » qui vendent si mal leur marchandise. Et parmi les politiques les plus « habités », il y a aussi du mou dans le genou. Seul un Pierre Moscovici peut affirmer sans blêmir que le non irlandais est « la victoire de l’Europe libérale ». Bienvenue chez Big Brother et le monde d’Orwell cher Pierre ! Le ministère de l’amour y gère la guerre et le traité de Lisbonne y organise la transition au socialisme … Hormis celui-là, on dirait pourtant qu’il y a de la place pour être entendu.
La réponse au « non » irlandais va-t-elle se limiter à obliger les Irlandais à voter de nouveau ? Il faudra alors préciser : « jusqu’à ce qu’ils votent oui ». Alors nous saurons ce qu’est devenu le projet d’Union européenne. Un projet autoritaire. Léonid Brejnev reçoit des libéraux une confirmation posthume inattendue : sa théorie de la « souveraineté limitée » est dorénavant la règle pour les peuples qui mettent un pied dans l’Union. Cette plaisanterie est destinée à tirer la sonnette d’alarme. Les Irlandais sont, par comparaison aux vieilles nations fondatrices de l’Union européenne, une nation jeune, constituée aux prix du sang et des larmes contre une domination voisine, celle des Anglais. Imaginons quand des pays comme la Pologne ou la République tchèque se mêleront un jour de dire « non » … Pour tous ceux-là il est probable qu’il est pire d’avoir à faire à un nouvel empire qui ne vous reconnaît que le droit de dire oui qu’à n’importe des aspects négatifs de l’Union. Si l’Union européenne continue le processus de ratification, ce sera pour encercler l’Irlande et la contraindre à dire oui. Alors l’Union européenne cessera d’être une réunion libre de peuples libres. Que la contrainte diplomatique remplace les chars est une affaire seconde. Restera la contrainte. Le seul avenir, la seule méthode possible pour l’Europe politique, après les échecs sanglants de toutes les tentatives des siècles précédents qui reposaient sur la force, c’est la démocratie. La démocratie. La souveraineté du peuple. Il existe une solution démocratique à l’impasse actuelle. Elle est simple. Traditionnelle. Ce n’est pas la révolution. Ce n’est pas la guerre. Ce n’est pas une Convention médiévale à la Giscard. Ca coûte moins cher qu’une seule réunion du Congrès du Parlement français à Versailles (nous en avons eu 8 aux cours des 10 dernières années). C’est tout bête. Il suffit de donner au prochain parlement européen un mandat institutionnel. Comme ce Parlement est élu au même moment dans toute l’Europe, que ce sera en juin 2009 prochain, cette méthode est à la fois démocratique et à portée de main. Comme le mandat de ce Parlement ira jusqu’en 2014, sa durée s’achève précisément à la date à laquelle devrait s’appliquer le traité de Lisbonne. On ne perdra donc pas un seul jour, ni un seul euro. Mais on gagnera tout en légitimité démocratique. Il est possible qu’on ignore ma proposition. Il est possible qu’on me la refuse. Mais il faudra dire pourquoi. Et que se taise ensuite à jamais les hypocrites qui viennent sans cesse nous dire « mais vous savez bien qu’il n’y a pas de plan B ». Aujourd’hui on est au plan C. Encore un effort. A la lettre D, c’est le début de démocratie. Encore une gifle aux eurocrates et c’est gagné. L’occasion fera le larron.
861 commentaires à “Un plan C simple et pas cher”
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16 juin 2008 à 16h59
Il semble bien que le « non » de l’Irlande puisse ne pas être le dernier des rebondissements :
http://www.orange.fr/bin/frame.cgi?u=http%3A//actu.orange.fr/articles/a-la-une/Le-president-Sarkozy-a-Prague-pour-parler-de-l-avenir-du-Traite-de-Lisbonne.html
Quelqu’un connait-il les arcanes de la constitution tchèque et la probabilité de voit organisé aussi là-bas un référendum ? Si c’est la Cour Constitutionnelle Tchèque qui décide, peut-elle raisonnablement pencher pour le « non » (j’ai cru comprendre qu’il y a en Tchéquie un contexte de « cohabitation ».
Quid de la Pologne ?
Merci à celle, celui ou ceux qui pourront (voudront) éclairer ma lanterne.
Quant à la proposition du sénateur, comment la relayer efficacement auprès du plus grand nombre ?
16 juin 2008 à 17h03
Heu, avec tout mon respect chez Jean-Luc, tu n’as pas un peu l’impression qu’on a affaire à un truc qui s’étend de bruxelles à paris en passant par rome et washington?
Du genre quelquechose de In-Bon.
Dans ce cas, je te trouve un peu inconséquent dans ta focalisation sur l’UE.
16 juin 2008 à 17h23
Union Libre , Europe union, libre ??? ou Europe FRIC !!!!
Avec quelle Démocratie ?? face au Fascisme Médiatique , la encore il y à a faire .,qui de nos jours dépasse tout ce qui à été créer en la matiere !!!
S.F.A.Sociales .Rosay.
16 juin 2008 à 17h26
Et ça y est, maintenant Rosay qui parle d’Union Libre…
Ce blog est décadent!
16 juin 2008 à 17h32
Lundi 16 juin, sur le site Le Monde.fr, Thomas Ferenczi interroge Hans-Gert Pöttering, le président du Parlement européen. Hans-Gert Pöttering est un des membres de l’aristocratie européenne. Il veut contourner le vote NON du peuple irlandais.
En droit international, un traité entre en vigueur quand tous les pays concernés l’ont ratifié. Hans-Gert Pöttering s’en fout : pour lui, le traité de Lisbonne doit entrer en vigueur le plus tôt possible, avant les élections européennes de juin 2009, et puis c’est tout.
« Thomas Ferenczi : N’avez-vous pas le sentiment qu’un certain euroscepticisme se répand en Europe et qu’il nuit au dynamisme de l’Union ?
Hans-Gert Pöttering : Il y a sans doute une part de vérité dans cette constatation. Mais moi qui rencontre beaucoup de gens, notamment en Allemagne, mon impression est qu’ils veulent une Europe forte, tout en refusant une Europe bureaucratique. La mise en oeuvre du traité de Lisbonne est une partie de la solution à ce problème. C’est pourquoi nous devons continuer à travailler ensemble pour qu’il entre en vigueur le plus tôt possible, avant les élections européennes de 2009. »
http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/06/16/hans-gert-pottering-le-non-irlandais-ne-peut-pas-etre-le-dernier-mot_1058728_3214.html#ens_id=1032345
16 juin 2008 à 17h41
oui, c’est un bon plan institutionnel.
bon courage,
le Belge
16 juin 2008 à 17h45
MAIS si ces « belles personnes » ne suivent pas ce genre de chemin,
pour s’enteter encore et toujours à « la construction de l’Europe » à coups d’accords gouvernementaux (entre Executifs…nationaux),
alors il faudra poser un diagnostic politique :
pour ma part, je pense que ça ne se fera pas, parce que les politiques en charge sont tous des Nationaux.
On ne peut pas faire l’Europe avec les Nations : Talleyrand y avait déjà échoué, en 1815 (et on sait ce que la Belgique, cet Etat tampon, est devenue…)
A la réflexion, c’est amusant : on est en train de remonter le temps, par delà le frein des guerres, et on est en train de revenir sur la Conférence de Vienne (1815)
amitiés,…bon courage…et EN AVANT !
(je regrette de ne pas etre en Essonne ce soir)
« le Belge »
16 juin 2008 à 17h54
Avril 2008 : 499 députés européens ont voté CONTRE l’amendement 32, indiquant ainsi leur détermination à ne pas respecter le résultat du référendum irlandais !
* * *
LE NON IRLANDAIS VA-T-IL PASSER A LA TRAPPE ?
Le peuple d’Irlande a dit NON au traité de Lisbonne, pourtant l’UE et sa future présidence ont décidé de bafouer la souveraineté du peuple. (…)
On pourrait donc en conclure que ce NON irlandais remettra en cause l’adoption de ce traité dit « simplifié ». Pourtant ce n’est pas ce qui va se produire. (…)
- (…) Le 20 février 2008, en effet, le Parlement européen approuvait le traité de Lisbonne. Les grands médias n’ont pas omis de le faire savoir. Mais ils ont omis de dire que le 13 février 2008, le député européen Francis Wurtz avec d’autres députés européens de la Gauche Unitaire Européenne, avaient déposé un amendement demandant que le Parlement européen « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais » sur le traité de Lisbonne.(…)
Lors de la séance plénière du Parlement européen du 20 février, cet amendement (n°32) a été rejeté à 499 voix contre 129. Et ce, en contradiction flagrante avec la résolution adoptée au même moment qui stipule que « les députés se félicitent de l’accroissement de la responsabilisation démocratique » permettant aux citoyens « d’avoir un plus fort contrôle de l’action de l’Union ».
499 députés européens ont voté CONTRE l’amendement 32, indiquant ainsi leur détermination à ne pas respecter le résultat du référendum irlandais !
Lors du débat parlementaire de ce 20 février, la députée européenne irlandaise du Sin Féin, Mary Lou McDonald (GUE), a interpellé ses collègues : « Il y a clairement une peur des référendums dans les autres Etats et je me demande pourquoi. Pourquoi alors parle-t-on tant de démocratie ? Qui ici a peur de la voix du peuple ? ».
- Les 4 députés européens de gauche de nationalité française qui ont sauvé l’honneur et respecté la décision du peuple français du 29 mai 2005 sont :
Au Parti Communiste : Hénin, Jouye de Grandmaison, Wurtz
Au Parti Socialiste : Laignel
- Les 46 députés européens de nationalité française qui ont osé voter CONTRE cet amendement sont :
Chez les Centristes (MoDem et Nouveau Centre) : Beaupuy, Cornillet, Fourtou, Gibault, Griesbeck, Laperrouze, Lehideux, Morillon.
A l’UMP et Divers Droite : Audy, Daul, Descamps, Fontaine, Fouré, Gaubert, Gauzès, Grossetête, Lamassoure, Mathieu, Morin, Sudre, Toubon.
Chez les Verts : Aubert, Benahmias, Lipietz.
Au Parti Socialiste : Arif, Berès, Bourzai, Carlotti, Désir, Douay, Guy-Quint, Hazan, Le Foll, Lefrançois, Navarro, Neris, Patrie, Peillon, Poignant, Pribetich, Savary, Schapira, Vaugrenard, Vergnaud, Trautmann, Weber.
Ainsi, comme par le passé, une alliance politique, entre une partie de la droite et de la gauche, a donc autorisé l’Union européenne à contourner le résultat du référendum irlandais. (…)
http://www.m-pep.org
16 juin 2008 à 17h56
Réunion secrète entre l’Union européenne et Israel : Lettre de Francis Wurtz à José Barroso.
Francis Wurtz, Président du groupe GUE/GNL au Parlement européen
jeudi 12 juin 2008
« Monsieur le Président,
Permettez-moi de m’adresser à vous au sujet d’un fait relaté dans différents organes de presse européens et qui appelle, à l’évidence, une clarification urgente.
Il apparaît que des négociations secrètes sont en cours depuis un an entre l’Union européenne et les dirigeants de l’Etat d’Israël. Non pas, hélas, pour tenter de débloquer le processus de paix avec les Palestiniens – à cet égard, on ne peut que vivement déplorer l’impunité dont bénéficient les autorités israéliennes, malgré les violations lourdes et permanentes du droit international dont ils se rendent coupables -, mais pour examiner une demande proprement inimaginable de la part de Tel Aviv : celle de conquérir les droits d’un quasi-Etat membre de l’Union européenne !
Selon certaines sources, il semblerait qu’Israël ne demande rien de moins que sa participation à tous les niveaux aux réunions de l’UE sur les questions de sécurité et de dialogue stratégique ; aux délibérations du Conseil sur le Maghreb et le Mashrek comme sur les activités de l’UE au sein de l’ONU ! Tel Aviv demanderait en outre à pouvoir participer aux Conseils traitant de thèmes comme l’économie, les finances, l’énergie, l’environnement, les transports, les medias, la jeunesse, l’enseignement supérieur ; ou encore à voir constituer une structure parlementaire conjointe Union européenne – Israël…
J’ajoute que l’on apprend que la demande israélienne en question date … du 5 mars de l’année dernière ; qu’un « groupe de réflexion » s’est réuni sur le sujet le … 4 juin 2007 ; qu’une seconde réunion s’est tenue le 9 octobre dernier pour préparer une Déclaration du Conseil. Et tout cela sans que la moindre information n’en ait été donnée à la représentation parlementaire de l’Union !
Or, le 16 juin prochain, le Conseil d’Association Union européenne-Israël doit se réunir pour examiner officiellement ce dossier. Etant donné le contexte international dans lequel cet examen intervient – je viens de le rappeler – il paraitrait totalement inconcevable qu’une suite favorable puisse être réservée à la demande israélienne. Aussi une information autorisée au sujet de cette affaire extrêmement sensible me semble-t-elle indispensable.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération très distinguée.
Francis WURTZ »
http://www.eutopic.lautre.net/coordination/spip.php?article3190
16 juin 2008 à 18h00
Je ne sais si un tel mandat pourra être arraché par le nouveau parlement, mais au moins çà donne un axe de mobilisation : montons des listes sur ce programme « 2014 : une charte et les moyens de fonctionnement d’une Europe des Nations ». Allez JLM, ne rate pas la marche de l’Histoire!