Vendredi qui rit. Irlande en tête. Samedi : grisailles et dépit. Car samedi, c’était la convention du PS sur la déclaration de principe. Plus que jamais il y avait la réunion réelle d’un côté et le récit médiatique de la réunion de l’autre. Deux scènes, deux enjeux. Certains dirigeants socialistes ne sont jamais allés plus loin que le couloir où campaient les médias. Ils n’ont pas mis un instant les pieds dans la salle. De leur côté certains journalistes ne sont pas entrés une seconde dans la salle. Pour la plupart nous naviguions de l’un à l’autre front. En ce qui nous concerne, je veux dire "nous" la gauche du parti et mes amis en particulier (au PS notre groupe s’appelle « trait d’union »), nous avons bien dominé le match dans la salle pendant une longue phase, avec discours applaudis et bonne mobilisation de vote. Mais nous avons fini par perdre la partie lors du comptage du vote final bidonné au-delà du raisonnable. Hollande le sournois, dans le style calembour et facéties qui font son charme, a encore battu un record de foutage de gueule en entendant les protestations de la salle. Comme ça protestait de tous côtés contre le scandale des 580 votes de délégués qu’il s’était arrogé dans une salle qui n’a jamais contenu plus de quatre cent personnes (délégués invités et journalistes compris) et les 17 voix attribuées à l’abstention alors que le quart de la salle avait levé la main à ce moment, il déclare goguenard: « quoi, qu’est ce qui se passe ? Des camarades ne sont pas contents ? Qu’on leur donne deux ou trois voix de plus ». Et comme tout le monde rit de la calembredaine, Hollande peut passer à la suite de son discours et aux sornettes creuses qu’il contient. Il aurait tort de se gêner. Il parle pour les copains copines qui servent le récit type dans la presse et qui se fichent comme d’une guigne de ce qui se dit réellement, se fait, se compte. Aucun ne s’étonne de ce qu’aucun décompte de vote des fédérations socialistes départementales n’ait été publié, ni du sens du petit chiffre de participation affiché (40%) ni du fait qu’il ne correspond à rien des constatations faites partout. Car sur le terrain c’est à peine 25% qui ont participé à la mascarade qui consiste à voter un texte encore en cours d’amendement. Tout cela n’existe pas. Palme d’or du récit standard composé depuis la planète mars au 13 heures de France 2, le prétendu service public : « le PS unanime adopte sa nouvelle déclaration de principe et renonce à toute référence marxiste ». La veille cette télé de connivence étalait la rage des oui-ouistes fanatisés avec une grosse manipulation sur le vote en Irlande en donnant la parole au seul Front national pour commenter le résultat. Cette manipulation n’a pas de prétexte. Car cette magnifique rédaction « éthique et indépendante », après m’avoir fait réserver un moment pour une réaction sur ce sujet s’était ensuite décommandée : « nous avons déjà trop de réactions enregistrées ». Comme je n’avais rien demandé et que j’avais déjà eu pas mal de moyens de m’exprimer ça ne m’avait pas décoiffé. Mais quand j’ai vu le résultat je me suis dit que la défense de la liberté d’une telle engeance et de leur soit disant service public de l’information était une belle foutaise. L’autre rigolade c’est de voir Ségolène Royal sortir dans un nuage de caméras et déclarer qu’elle a « gagné idéologiquement sur tous les points » : les enregistreurs automatiques médiatiques prennent aussitôt l’air inspiré que l’on connaît. Problème : maman n’a pas mis les pieds une seule fois à la commission de rédaction et aucun de ses amis qui y a fait de brefs passages n’y a dit un mot sur quoi que ce soit. Quand au texte final qui établit sa « victoire idéologique totale » il nous permet d’apprendre qu’elle approuve la transformation sociale "radicale" et le "système" de "l’économie mixte", grande revenante de feu le programme commun, que contient la déclaration de principe. Mais lequel de ces répondeurs automatiques a lu le texte et l’a comparé au précédent ? Hélas, ils ne sauront rien du décryptage que j’ai fait du texte. Ni de sa portée notamment lorsqu’il renonce à la reconnaissance des « lois du marché » contenue dans le précédent texte. Ni de ses manques insupportables sur l’Europe et l’union de la gauche. En effet la madame est sortie au moment où je prenais la parole entrainant avec elle toutes les lumières que la litanie des congratulations de tribune commençaient à saouler. Mais ce pauvre Gaêtan Gorce, lui, a bien compris. Du coup, il vote contre le texte de la déclaration de principe puisque "Mélenchon peut s’y retrouver". Et Hollande le rusé de se donner le luxe de dire que ceux qui n’approuvent pas la déclaration de principe peuvent aller ailleurs l’essentiel étant que le parti reste capable de rassembler tous ceux qui le veulent au moment des éléctions. Rires gras dans la salle. Gorce est prévenu!
Voila comment on peut dire que Hollande et ses compères ont gagné une superbe bataille médiatique en faisant avaler à la même bande de gogos pour la quatrième fois depuis 1995 la rénovation, la modernisation, le Bad Godesberg du Parti socialiste. Cerise sur le gâteau : s’exprime à la tribune une représentante du SPD le parti qui gouverne avec la droite et qui vient traiter le Linke de « parti populiste ». La prochaine fois, tant qu’à inviter un socialiste qui gouverne avec la droite, il faudrait faire venir Jean-Marie Bockel, car lui au moins n’insultait pas ses camarades. Mais qui se souvient qu’au congrès du Mans c’est Romano Prodi que l’on acclamait la bouche ouverte ? Ma semaine est finie. Je suis épuisé par trois réunions publiques et par ce sketch, sans parler du reste. Je vais m’acheter des fleurs fraîches car ça me détend de le faire et que j’adore mettre un beau bouquet sur ma cheminée. Je vais oublier tout ça jusqu’à lundi.
Si ca vous dit, voyez mon débat sur le site du "Figaro Magazine" à propos des langues régionales …
325 commentaires à “Grands principes et votes bidons au PS”
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14 juin 2008 à 19h33
d’accord sur l’ensemble,
mais j’aimerais avoir une explication : pourquoi sept ABSTENTIONS alors ?
14 juin 2008 à 19h40
Jean-Pierre Jouyet est le secrétaire d’Etat chargé des Affaires Européennes. Le site 20minutes.fr donne des extraits de l’interview de Jean-Pierre Jouyet sur Europe 1. Que dit-il dans cette scandaleuse interview ? Il dit ceci : la seule solution, c’est que les Irlandais revotent !
http://www.20minutes.fr/article/237145/Monde-Traite-de-Lisbonne-pas-d-autre-solution-qu-un-nouveau-vote-des-Irlandais.php
A vote gênant, nouveau vote ? Comment faire pour que « l’incident irlandais ne devienne pas une crise », selon l’expression de Nicolas Sarkozy, qui s’exprimait samedi lors d’une conférence de presse commune avec George W. Bush ?
Alors que la France doit prendre la présidence de l’Union européenne le 1er juillet, son gouvernement commence à chercher comment sortir de la crise institutionnelle créée par le « non » irlandais.
Et il n’y a « pas d’autre solution » pour sauver le traité européen de Lisbonne qu’un nouveau vote des Irlandais, selon le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, interviewé samedi 14 juin sur Europe1.
Mais ce vote pourrait avoir lieu après une « adaptation » du texte pour ce pays. « Il faut que le processus de ratification aille jusqu’à son terme, et pendant ce temps-là, il faut laisser le temps de la réflexion aux Irlandais, savoir si moyennant quelques médiations ou une demande de leur part ils peuvent revoter.» « Il est trop tôt pour savoir ce qu’ils vont nous demander », a affirmé Jean-Pierre Jouyet, ajoutant qu’un Conseil européen prévu les 19 et 20 juin pourrait être l’occasion pour le Premier ministre irlandais de faire part de son « analyse ».
L’hypothèse de cette « médiation », qui interviendrait « au terme du processus de ratification » des 26 autres pays membres de l’UE, est que l’on « se mette d’accord avec les Irlandais sur une demande a minima qui ne rouvre pas le dossier des institutions », a dit le secrétaire d’Etat français.
« Les Irlandais ont un statut neutre, ils peuvent demander à être exonérés par exemple véritablement de ce qui est la politique européenne de sécurité et de défense dans le cadre du traité de Lisbonne », a-t-il expliqué. Ce serait « une adaptation marginale qui ne concerne que les seuls Irlandais », a-t-il souligné.
« Soit ils revotent au terme d’une médiation, soit nous continuons à travailler dans le cadre actuel », a-t-il conclu.
14 juin 2008 à 19h44
Ben Jean-Luc, bon weekend alors, repose toi bien.
Dis, les fleurs, c’est des chysanthèmes ou des roses…?
Et puis ça te fais quoi de gaspiller ton énergie au PS?
Tu crois pas que tu devais bosser à te rapprocher de NDA et JpC pour les européennes?
Tu crois pas que tu devrais t’approprier l’Internet pour y développer une vraie stratégie, pas uniquement un journal de bord et un site vitrine?
Bref, tu crois pas que tu devrais tenter le coup : laisser ton nom dans l’histoire. parce que les peuples ils sont chauds là.
14 juin 2008 à 19h48
ah belgo?
c’est pas mal ce blog pourtant…
mais léger!
14 juin 2008 à 20h03
il faut le reconnaitre : la seule qui aurait pu avoir une action Internet,
c’est Royal : elle a reçu pas mal d’argent.
Sur Internet, l’argent n’est pas nécessaire.
Il faut surtout des webmasters qui aient du doigté.
Mme Royal avait des gens comme elle : des communautaristes, des gens qui vivaient par le feu et pour le feu. Tu as vu ce que ça a donné : poudre+allumettes…
Nous autres, à gauche, on n’y a rien gagné.
C’est pourquoi j’ai un peu de mal à comprendre que le groupe PRS ait voté « Abstention » au Conseil National : quand on a des positions claires, on peut se donner des moyens. On dirait que « ça » ne veut pas démarrer. Pourquoi ?
le Belge
14 juin 2008 à 20h09
Belgo, c’est une TRES grave erreur de dire que sur internet il faut surtout des webmasters avec du doigté!
C’est exactement comme de dire que pour la littérature il faut des imprimeurs avec du doigté!
Une bonne utilisation de l’internet demande certes des codeurs et graphistes, mais SURTOUT des gens qui comprennent ce que c’est vraiment, qui en aient une cartographie mentale très complète, qui savent comment en utiliser tous les potentiels en fonction des objectifs.
14 juin 2008 à 20h15
oui, du doigté, quoi.
14 juin 2008 à 20h15
J’ai lu, Belgo, ton commentaire sur l’opposition entre nationaux et républicains… Je n’ai pas cette approche. Du tout…Tu seras donc le médiateur entre moi et ceux qui ont une obsession toute bhlienne de la chasse aux « rouges-bruns » en France
Question au juif laïque Aron : « Etes-vous antifasciste ? » « Oui, si être antifasciste ne consiste pas à taxer de fasciste tout ce qui vous déplaît et chasser les fantômes ! » En effet, il y en a qui se sont fait une spécialité à gauche de jouer à « Ghosbuster »… Pour eux, pas de liberté d’expression pour les ennemis de la liberté, avec une conception très étriquée de la liberté. On est libre quand on est marxiste libertaire, sinon on est un esclave. J’ai toujours beaucoup de compassion pour ces gens qui sont capables de se maintenir esclave de cette conception pendant plus de dix ans…
14 juin 2008 à 20h15
pas vraiment non.
14 juin 2008 à 20h16
[...] En ce qui nous concerne, je veux dire “nous” la gauche du parti et mes amis en particulier (au PS notre groupe s’appelle « trait d’union »), nous avons bien dominé le match dans la salle pendant une longue phase, avec discours applaudis et bonne mobilisation de vote. Mais nous avons fini par perdre la partie lors du comptage du vote final bidonné au-delà du raisonnable. Hollande le sournois, dans le style calembour et facéties qui font son charme, a encore battu un record de foutage de gueule en entendant les protestations de la salle. Comme ça protestait de tous côtés contre le scandale des 580 votes de délégués qu’il s’était arrogé dans une salle qui n’a jamais contenu plus de quatre cent personnes (délégués invités et journalistes compris) et les 17 voix attribuées à l’abstention alors que le quart de la salle avait levé la main à ce moment, il déclare goguenard: « quoi, qu’est ce qui se passe ? Des camarades ne sont pas contents ? Qu’on leur donne deux ou trois voix de plus ». Et comme tout le monde rit de la calembredaine, Hollande peut passer à la suite de son discours et aux sornettes creuses qu’il contient. Il aurait tort de se gêner. Il parle pour les copains copines qui servent le récit type dans la presse et qui se fichent comme d’une guigne de ce qui se dit réellement, se fait, se compte. Aucun ne s’étonne de ce qu’aucun décompte de vote des fédérations socialistes départementales n’ait été publié, ni du sens du petit chiffre de participation affiché (40%) ni du fait qu’il ne correspond à rien des constatations faites partout. Car sur le terrain c’est à peine 25% qui ont participé à la mascarade qui consiste à voter un texte encore en cours d’amendement. Tout cela n’existe pas. Palme d’or du récit standard composé depuis la planète mars au 13 heures de France 2, le prétendu service public : « le PS unanime adopte sa nouvelle déclaration de principe et renonce à toute référence marxiste ». La veille cette télé de connivence étalait la rage des oui-ouistes fanatisés avec une grosse manipulation sur le vote en Irlande en donnant la parole au seul Front national pour commenter le résultat. Cette manipulation n’a pas de prétexte. Car cette magnifique rédaction « éthique et indépendante », après m’avoir fait réserver un moment pour une réaction sur ce sujet s’était ensuite décommandée : « nous avons déjà trop de réactions enregistrées ». Comme je n’avais rien demandé et que j’avais déjà eu pas mal de moyens de m’exprimer ça ne m’avait pas décoiffé. Mais quand j’ai vu le résultat je me suis dit que la défense de la liberté d’une telle engeance et de leur soit disant service public de l’information était une belle foutaise. L’autre rigolade c’est de voir Ségolène Royal sortir dans un nuage de caméras et déclarer qu’elle a « gagné idéologiquement sur tous les points » : les enregistreurs automatiques médiatiques prennent aussitôt l’air inspiré que l’on connaît. Problème : maman n’a pas mis les pieds une seule fois à la commission de rédaction et aucun de ses amis qui y a fait de brefs passages n’y a dit un mot sur quoi que ce soit. Quand au texte final qui établit sa « victoire idéologique totale » il nous permet d’apprendre qu’elle approuve la transformation sociale “radicale” et le “système” de “l’économie mixte”, grande revenante de feu le programme commun, que contient la déclaration de principe. Mais lequel de ces répondeurs automatiques a lu le texte et l’a comparé au précédent ? Hélas, ils ne sauront rien du décryptage que j’ai fait du texte. Ni de sa portée notamment lorsqu’il renonce à la reconnaissance des « lois du marché » contenue dans le précédent texte. Ni de ses manques insupportables sur l’Europe et l’union de la gauche. En effet la madame est sortie au moment où je prenais la parole entrainant avec elle toutes les lumières que la litanie des congratulations de tribune commençaient à saouler. Mais ce pauvre Gaêtan Gorce, lui, a bien compris. Du coup, il vote contre le texte de la déclaration de principe puisque “Mélenchon peut s’y retrouver”. Et Hollande le rusé de se donner le luxe de dire que ceux qui n’approuvent pas la déclaration de principe peuvent aller ailleurs l’essentiel étant que le parti reste capable de rassembler tous ceux qui le veulent au moment des éléctions. Rires gras dans la salle. Gorce est prévenu! Voila comment on peut dire que Hollande et ses compères ont gagné une superbe bataille médiatique en faisant avaler à la même bande de gogos pour la quatrième fois depuis 1995 la rénovation, la modernisation, le Bad Godesberg du Parti socialiste. Cerise sur le gâteau : s’exprime à la tribune une représentante du SPD le parti qui gouverne avec la droite et qui vient traiter le Linke de « parti populiste ». La prochaine fois, tant qu’à inviter un socialiste qui gouverne avec la droite, il faudrait faire venir Jean-Marie Bockel, car lui au moins n’insultait pas ses camarades. Mais qui se souvient qu’au congrès du Mans c’est Romano Prodi que l’on acclamait la bouche ouverte ? Ma semaine est finie. Je suis épuisé par trois réunions publiques et par ce sketch, sans parler du reste. Je vais m’acheter des fleurs fraîches car ça me détend de le faire et que j’adore mettre un beau bouquet sur ma cheminée. Je vais oublier tout ça jusqu’à lundi http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=600 [...]