Ce n’est pas parce que PRS s’est engagé par une présence physique sur place, dans les meetings en Irlande, à travers ses principaux responsables (mais j'en suis tellement fier!) que je me sens si impliqué par le référendum irlandais sur le traité de Lisbonne. Je pense que c’est un nouveau moment clef du drame politique qui se joue en Europe. Je n’ai donc pas compris pourquoi Benoit Hamon sur « France inter » le matin refusait de répondre à la question « faut-il que les Irlandais votent non ? » au référendum sur le traité de Lisbonne. La prudence et la ruse ne sont pas de mise sur ce sujet. Même pour faciliter les grandes et petites manœuvres internes du congrès du PS. Surtout pas pour ça ! Et surtout pas comme ça, en faisant profil bas en vue de je ne sais quel compromis entre belles personnes du PS. Le compromis nous l’avons fait au congrès du Mans sur ce sujet. Où nous ont mené les promesses de la synthèse ? A la trahison du congrès de Versailles! Nous avons été roulés et trompés, sciemment, j’en ai à présent la certitude. Donc : pas deux fois ! La vérité brute seule nous est utile. Le référendum en Irlande n’est pas une affaire irlandaise. Le vote des Français et des Hollandais n’est pas resté une affaire circonscrite à ces deux pays. Si le seul référendum organisé sur le traité de Lisbonne débouche sur un « non », alors le sens de ce vote sera de portée européenne.
On doit donc honnêtement dire ce que l’on veut et ce que l’on pense : il faut que les Irlandais votent non. Il faut le dire et il faut dire pourquoi cette Europe là, celle du traité de Lisbonne, est condamnée à mener le continent au désastre politique et social. La gauche du PS n’a absolument rien à gagner à faire profil bas dans cette affaire comme sur aucun aspect du dossier européen. Aucune des raisons qui ont donné les « non » français et hollandais n’a perdu de sa pertinence. Au contraire. Et rien dans l’aveuglement des élites eurobéates, rien dans l’actualité des directives « plus libérales tu meurs », et rien dans les projets d’avenir de l’Union vers la formation d’un grand marché transatlantique n’indique le moindre espoir que quoi que ce soit puisse évoluer positivement vers quoi que ce soit d’autre que ce que nous avons déjà sous les yeux. La question n’est plus posée de savoir si les peuples vont le supporter encore longtemps mais quand tout partira en lambeaux de dégoût et d’indifférence sur fond de tensions nationales. Comme entre marins pécheurs français et espagnols, comme entre ouvriers et cadres d’EADS dans les ateliers en France et en Allemagne. Et comme ce serait le cas bien plus largement dans l’opinion si les médias de révérence et certains dirigeants socialistes ne faisaient pas un rideau de fumée de bienséance européenne à Nicolas Sarkozy quand madame Merkel rabroue grossièrement le projet d’union méditerranéenne avec des relents du nationalisme germanique traditionnel. Il faut que les Irlandais votent non pour délégitimer officiellement ce processus absurde qui a nom l’Union européenne du traité de Lisbonne. Il faut lire pour le croire le journal « le Monde » du dimanche 8 juin, soulignant à la une "l’inquiétude qui gagne les vingt sept", devenant en page huit "la menace d'un non irlandais au traité de Lisbonne affole l'Europe" avec des arguments qui fleurent bon la débandade propagandiste de mai 2005. Et il ne faut pas manquer dans le même numéro l’interview inouïe, mais tellement allemande, de Daniel Cohn-Bendit, fustigeant la « folie des référendums », « les sociétés à logique égoïste » et fustigeant par avance Gordon Brown qui, en cas de « non » irlandais « rentrera dans la niche » et qui dénonce la « politicaillerie » en cours en Tchéquie sur le sujet. Dans le même état d’esprit de surenchère injurieuse et dramatisante, les trois journalistes qui donnent le papier de cadrage reprochent à « l’eurosceptique président de la République tchèque » de « laisser planer la menace d’un référendum plutôt que par voie parlementaire pourtant prévue par la Constitution ». Et de conclure sur le traditionnel cauchemar de fin du monde en cas de « non » irlandais : « les priorités affichées par Paris –énergies, environnement, défense, immigration, agriculture- pourraient être mises sous le boisseau afin de ne pas provoquer davantage les Irlandais. Le tout dans le contexte d’une Europe déprimée, à nouveau plongée dans une crise profonde ». Ce traitement infantilisant de la question posée n’a d’équivalent que la désinvolture non moins traditionnelle des élites politiques, ici irlandaises, sures de leur coup au point d’avoir pu déclarer comme l’a fait le premier ministre lui-même… qu’il n’avait pas lu le traité… Décidément, pour notre dignité de citoyens adultes et responsables, nous méritons que les Irlandais votent « non » pour nous.
554 commentaires à “Le NON irlandais nous intéresse”
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10 juin 2008 à 0h42
ce qui est vraiment terrible, c’est le silence persistant de la presse sur ce sujet.
C’est vraiment difficile de faire bouger les choses en France.
Bon courage,
Pierre « le Belge de Lille »
10 juin 2008 à 1h08
Tiens, un énième sujet de Mr le Sénateur sur l’Europe et le traité de Lisbonne.
Mr le Sénateur, sait-il que nombre de résidents de l’hexagone sont dans une merde pas possible, et que grace à l’excellentissime et magistrale perspicacité de Mr le Sénateur qui a préféré, et préfère toujours, bouffer du Royal que du Sarkozy; ben pour ces exclus, ces méprisés ; ça ne risque pas de s’arranger, au contraire même, ça va se corser !
Il serait temps que Mr le Sénateur, qui se revendique de gauche, s’éloigne des ors de la république et des mondanités intello-journaleux-politico-parigots, pour s’intéresser aux sans grades, aux ploucs, aux chômeurs, aux ouvriers, aux employés, aux … Aux p’tites gens… Au moins sur son blog, ça serait déjà pas mal !
10 juin 2008 à 2h06
Les deux messages antérieurs montrent bien que parmi les francais l´énergie majeure consiste toujours a « en faire plus que ce que les allemands demandent ». Plaisir du « ouaiouais on me la fait pas », plaisir automatique de detruire á chaque instant de l´Histoire, de tirer a vue contre tout qui ose construire, éternel ricanement de celui qui ne s´engagera jamais au-delá de son claviere et parle « au nom du peuple », une ligne de papier jaune et de dents jaunes qui va des anti-zoliens aux bérets de Vichy en pasant par les bons peres de famille qui touranient machinalement les gegens d´Indochine ou d´Alger, tout cela rend d´autant plus méritoire, á vrai dire admirable, votre travail d´information, de réinformation, comme on dit, de réarmement de l´utopie d´une France révolutionnaire.
10 juin 2008 à 2h06
Perjo,
pas d’accord :
1/ il faut au moins une voix socialiste qui se fasse entendre dans le PS
2/ il faut financer un mouvement populaire. Ca coute.
« le Belge »
10 juin 2008 à 2h15
« Sophie Burgeat »,
tu te trompes : notre probleme majeur est que, A GAUCHE, les cooptés du PS organisent toute une série de stratégies pour empecher les socialistes de gérer des dossiers publics.
Un seul exemple : pourrais-tu réfléchir à ce que ceci veut dire entre les lignes ?
«Nous verrons bien si Martine Aubry souhaite s’y ajouter», commentait encore la semaine dernière Bernard Derosier, le président du conseil général du Nord. Mais d’autres, dont le président du conseil régional, Daniel Percheron, militaient pour un texte commun. »
http://www.20minutes.fr/article/235891/Lille-PS-Martine-Aubry-retrouve-le-Nord.php
Qui est Bernard Derosier ? L’alter ego et le patron de Gilles Pargneaux (voir « Mairie d’Hellemmes », liste municipale « Gens d’Hellemmes »). Gilles Pargneaux, si tu cherches bien a soutenu et fait partie du groupe de Ségolène Royal, avec Bernard Roman, etc. Ce sont tous les réseaux communautaristes du PS du Nord.
Ces gens utilisent le PS pour nous empêcher de gérer le moindre petit dossier.
Evidemment, avec la crise économique, et via l’Irlande, la question du socialisme pour dépasser les violences sociales revient sur le tapis.
Et le seul groupe qui remet cette question sur le tapis, c’est le groupe de JL Mélenchon et de ses amis.
« le Belge »
10 juin 2008 à 6h03
Bernard Kouchner menace les Irlandais : en cas de victoire du NON, les Irlandais devront revoter !
Lundi 9 juin, sur RTL, Bernard Kouchner a menacé les Irlandais :
Les Irlandais doivent absolument voter OUI « pour développer leur commerce, leurs industries florissantes depuis qu’ils sont au cœur de l’Europe ; il faut que l’Europe se développe, qu’elle aille dans le sens du traité de Lisbonne », a-t-il fait valoir, assurant que « l’espoir » à propos de ce référendum pourrait faire place à « une gigantesque incompréhension » si le « non » l’emportait.
Dans ce cas, le traité ne pourrait « théoriquement » pas être appliqué. La France, à la présidence de l’Union Européenne de juillet à décembre, devrait « continuer, s’acharner » sur les « priorités » définies dans ce cadre, et la France devrait « tenter de convaincre les Irlandais » de « remettre ce traité sur le métier », a expliqué le ministre.
Mais à Paris, certaines inquiétudes commencent à poindre plus franchement. « En cas d’échec, on est dans la merde la plus totale. Ca va mettre par terre la présidence française » qui commence dans trois semaines, s’alarme en privé un proche du chef de l’Etat. »
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20080609.OBS7711/ue__bernard_kouchner_met_en_garde_les_irlandais.html
J’adore quand Kouchner explique qu’en cas de victoire du NON, la France devrait convaincre les Irlandais de » remettre ce traité sur le métier « .
J’adore cette expression : » remettre ce traité sur le métier « .
En clair, ça veut dire : » remettre ce traité en référendum jusqu’à ce que les Irlandais finissent par voter OUI « .
Rappel historique : le 11 décembre 2000, Chirac et Jospin signent le traité de Nice. Le traité de Nice poursuit la construction d’une Europe fédérale et libre-échangiste. Les Irlandais ont la chance d’être consultés par référendum. Ils votent non au traité de Nice à 53,87 %. Que croyez-vous qu’il arriva ? On a fait revoter les Irlandais jusqu’à ce qu’ils disent OUI au traité de Nice !
On les a fait revoter une deuxième fois sur le traité de Nice !
Et les Irlandais ont fini par voter OUI !
C’est toujours la même méthode !
10 juin 2008 à 7h29
Voici un exemple de ce qu’un état peut faire quand il fait un gros doigt aux « pouvoirs » supranationnaux.
« Grâce à une agriculture subventionnée, le Malawi a vaincu la famine »
(…) En adoptant cette politique, le Malawi s’érige en exemple pour d’autres nations en proie de problèmes alimentaires. Mais il a fait tout cela contre les demandes explicites de l’Angleterre, des Etats-Unis et la Banque mondiale, ses donateurs principaux. (…)
http://www.solidariteetprogres.org/article4231.html
10 juin 2008 à 7h39
Et dire que nous, sous prétexte que 53% des Français « ont voulu » ce qu’a annoncé le nain 2 jours avant le second tour, sommes obligés de laisser notre pouvoir de décision politique à Bruxelles… C’est lamentable.
10 juin 2008 à 7h43
JLM a raison : BH aurait dû être plus ferme et appeler les irlandais à voter non (pour eux et pour nous).
JLM a également raison de stigmatiser l’aveuglement des élites eurobéates. Peut-être aurait-il dû insister sur la responsabilité toute particulière de la presse bobo qui n’a cessé de cautionner la dérive libérale de l’Europe. La lecture du blog de J. Quatremer dans Libé est de ce point de vue très instructive. La confusion des genres (information et engagement militant) y atteint son comble.
10 juin 2008 à 8h35
La vidéo de Benoit Hamon sur France Inter est là. A lire et écouter.
http://www.marianne2.fr/Plus-belle-la-gauche-4-l-euro-du-village_a88128.html