Nous voila fixés. Pour Nicolas Sarkozy les résultats du premier tour sont encourageants dit-il. Et même davantage. Depuis dimanche soir la machine de propagande de la droite tourne à plein régime sur ce registre, de toutes les façons possibles. C’est de bonne guerre. C’est même vital. Comment continuer un panzer quinquennat si la première élection est analysée comme un désaveu, moins d’un an après la présidentielle ? C’est davantage que le sort de monsieur Sarkozy qui est en cause se disent les puissants ! C’est la stabilité même du pays qui peut être secouée pour de bon si en haut on ne peut plus quand en bas on ne veut plus. C’est le moment qu’ont choisi de pitoyables amateurs à gauche pour tomber dans tous les panneaux qui leur ont été tendus sur le chemin. Premier mauvais point : s’être trompé de repère politique pour analyser les résultats. L’élection politiquement parlante c’est la cantonale. L’embrouillamini de la mosaïque municipale y est effacé. Restent les bulletins personnels avec les sigles de partis. Restent deux camps : pour la majorité départementale, à droite ou à gauche, point barre. Deuxième mauvais point. Avoir ouvert stupidement le débat sur le Modem, avoir accepté d’y participer et d’en faire l’arbitre de l’élection. Stupide. Une niaiserie de débutant. Le sort des villes de gauche se joue avec « l’autre gauche ». Je désigne sous ce nom ce que la nomenclature des biens pensant baptise « extrême gauche ». Dans tous ces cas la mandoline envers le Modem est un vomitif électoral pour toute conscience de gauche, une incitation absurde à l’abstention. Troisième mauvais point face aux communistes, nos alliés partout sans lesquels pas une ville ne peut rester ou passer à gauche ! Qui a décidé de déclencher cette guerre injuste, stupide, et contraire aux principes élémentaires de la solidarité à gauche, que l’on appelait « la discipline républicaine », en maintenant des listes au deuxième tour contre celles arrivées en tête et conduites par les communistes en Seine Saint Denis ? Des "mauvais joueurs" comme le dit avec mesure Marie Georges Buffet ? De dangereux irresponsables, selon moi. Car ainsi est donné un signal absurde et criminel à tout le pays où les communistes, partout, sont indispensables pour assurer les victoires de la gauche au deuxième tour. Rien dans la gestion de gauche des sortants, à laquelle les socialistes ont été profondément associés, ne justifie cette attitude. Seulement du "pousse toi de la que je m’y mette", sans principe ni dignité. C’est donc une provocation qui ne sert que la droite dans le pays. J’approuve Julien Dray, porte parole du PS, qui a flétri cette attitude. Je souhaite de toutes mes forces que les électeurs de gauche y mettent bon ordre en sanctionnant massivement et nettement les diviseurs !
NE PAS SE TROMPER DE REPERE
L’élection cantonale est implacable. 47,5 pour la gauche, 40 pour la droite. La droite a perdu la gauche a gagné. Un point c’est tout. Donc monsieur Sarkozy est désavoué. Sa politique et sa personne. Qu’il dise le contraire se comprend. Mais devons-nous avoir des pudeurs de gazelle plutôt que d’appeler les choses par leur nom ? Ce qui se joue c’est une dynamique de deuxième tour. La force va à la force. Et les nôtres ont besoin de se sentir forts. Car la leçon, pour nous la gauche, c’est que les quartiers populaires n’ont pas bougé comme ils auraient dû. Loin de là. Ce n’est pas à eux que s’adresse le reproche, bien sûr. Mais à nous (je me compte dans cet ensemble si cela peut aider à la lecture de cet argument) qui n’avons pas su faire ce qu’il fallait pour politiser l’élection en montrant son enjeu national, la situer. Les communistes et l’autre gauche ont bien fait ce travail. Mais comme Ségolène a immédiatement surgit avec ses bêtises sur « l’alliance avec le MODEM partout », grasseyée sur toutes les chaines de télé et de radios dès vingt heures le travail de leurre de la droite a été amplement facilité. Pourquoi ? Qui a intérêt à placer au centre du débat cette question ? La droite. Pourquoi ? Parce qu’elle fait coup double. D’une part c’est la pagaille garantie à gauche. Exemple, Pau. Les camarades sur place ont du être contents d’entendre la madame prôner des alliances partout avec ceux qui localement et sous la signature de leur chef suprême appellent à voter pour battre « la liste socialo-communiste », comme au bon vieux temps de la guerre froide ! Moderne ! Equilibré ! D’autre part agiter l’alliance du Modem et de la gauche c’est la radicalisation de l’électorat de droite facilitée, soit qu’il ait voté Modem au premier tour, soit qu’il se soit abstenu. Si le Modem ça peut être la gauche alors l’électeur de droite retourne à sa famille et seuls les mickeys de la deuxième gauche et les bois flottant de la politique, dans le meilleur des cas, suivent la consigne. C’est si dur que ça à comprendre ? Enfin c’est la confusion promise pour la lecture des résultats. Ce n’est pas pour rien que le Figaro titre sur le fait que Bayrou « rend le deuxième tour illisible ». Bref l’installation du Modem au centre du débat est une astuce qui fonctionne au seul profit de la droite.
L’AUTRE GAUCHE TIENT LA VRAIE CLEF
Les scores communistes, ceux de l’autre gauche là où elle parvient à présenter des listes sont la clef de la victoire dans nombre de cas dans le pays. Autrement plus que les sornettes sur le MODEM. Plutôt que des phrases dont je n’ai plus le temps à cette heure, voici des cas significatifs, à la file, pour aider à éclaircir la compréhension de ce qui se passe vraiment. Ceux où la gauche ne peut l’emporter sans « l’autre gauche ».
-Toulouse(ville dirigée par la droite 390 000 habitants).Droite 42,5 % + Modem 6 % ; PS-gauche 39 %. Qui est la clef ? le MODEM rallié à la droite ? Non. Total de« l’autre gauche » : 11,65 %. C’est-à-dire : liste Simon : 5,42, liste LCR : 5,07 ; liste LO : 0,83 ; liste PT : 0,33.
-Amiens (ville dirigée à droite 135 000 habitants). Droite 39 % ; PS-gauche 41,5 %. Arbitre ? L’autre gauche avec 9,5 %. C’est-à-dire liste LCR : 6,5 % ; liste LO : 3 %.
- Saint Brieuc (ville sortant droite 45 000 habitants). Droite 44,5 % ; PS-gauche 40 %. Total autre gauche (trois listes) : 11,35 %
- Bar le Duc (ville sortant droite 17 000 habitants). Droite 44,5 % PS-gauche 41,5 %. Autre gauche : 10 %
- Pau(ville UMP-exPS de 78 000 habitants) PS-gauche : 34 % Bayrou 32,5 % UMP-exPS 28 %. Qui a la clef ? LCR 5,7 %
- Nancy(ville sortant droite 100 000 habitants). Droite 47 % PS-gauche 28 % ; Modem 14,5 %Total autre gauche (deux listes) : 10 % !
Dans toutes ces villes la danse du ventre nationale devant le Modem est une absurde contorsion. Sans oublier celles où la reconduction de l’équipe de gauche dirigée par les socialistes dépend des voix de l’autre gauche très directement. Des exemples ?
- Agen(ville PS-gauche, 30 000 habitants)Droite 48,5 % ; PS-PC-Verts-PRG-MRC : 44 %. La réserve ? LCR : 7,5 %
- Quimperlé(ville PS 11 000 habitants) Droite 45 % ; PS-PC-Verts-PRG-MRC : 39,5 % La réserve ? Une liste menée par la LCR avec 15,5% !
Et n’oublions pas non plus ces villes où la gauche est en tête et bien placée toute seule mais où l’autre gauche est également très forte. Brest : (ville PS de 150 000 habitants), total autre gauche : 10,5%
Clermont Ferrand
ville PS de 140 000 habitants) Liste LCR 13,8 %
Sotteville les Rouen (ville PS de 30 000 habitants). PS-gauche 59,5 %. Total autre gauche (deux listes) : 19 % !
J’en reste là pour ce soir. Demain je vais à Clermont Ferrand. Je vais soutenir une camarade, Patricia Guilhot, conseillère générale socialiste sortante, pour le second tour de son renouvellement cantonal. Le maire de la ville, quant à lui, ne veut pas d’accord technique avec la liste de la LCR. Pourtant la LCR siégeait déjà au conseil municipal. Et il y a des membres de LO sur la liste de gauche. Comprenne qui pourra ! Mais Patricia est, à gauche, un trait d’union. C’est cela que je vais aider. Les unitaires sont les points d’appui du futur de la gauche. Partout il faut les aider et leur permettre de faire la démonstration que c’est de ce côté que l’on veut aller.
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14 mars 2008 à 9h22
@ Eric taton/54
Je ne comprends pas. Les électeurs se sont bien exprimés: PC:43,82% et PS:23,15%. Ils n’ont pas voté PC avec un couteau sous la gorge, si ? Alors pourquoi les forcer à avoir du PS ? Et pourquoi pas un peu d’UMP à 13,72% ?
Et pourquoi ne pas former le conseil directement au prorata du 1er tour ?
14 mars 2008 à 9h29
Puisqu’on parle de Corbeil ….
http://rue89.com/municipales-2008/une-journaliste-malmenee-par-les-gorilles-de-dassault
14 mars 2008 à 9h29
Cher Jean Luc,
Je sais que tu connais très bien les socialistes que tu traites de dangeureux irresponsables. Je regrette que tu places la discipline républicaine au dessus de propos inqualifiables diffusés largement au coeur des cités. Je pense que la fin ne peut justifier de tels moyens. Il faut parfois avoir le courage de dire stop ! Dans ces cas, il s’agit de la défense d’intérêts particuliers, pas de la gauche et encore moins des habitants…
et ne t’inquiète dans le pire des cas ces villes deviendront socialistes …
Toutes mes amitiés,
Isabelle
14 mars 2008 à 12h11
TOut a fait d’accord avec « 4 aout » pour en revenir aux fondamentaux. Le PS, pour redevenir crédible, a besoin de leaders « socialistes » décomplexés. Il n’y a pas de honte à se battre pour une répartition des richesses plus égalitaire dans notre pays, pour une plus grande justice sociale et pour une défense des acquis sociaux chèrement gagnés par nos anciens. Soyons en fiers. Contre l’égoisme libérale, proposons la solidarité de gauche. Et pour en revenir à ces élections, une fois encore, j’abonde dans votre sens, Monsieur Mélenchon. Les leaders socialistes actuels se font encore prendre dans le piège du MODEM alors que la clef, c’est ce que vous appelez l’autre gauche. Autre gauche à laquelle j’appartiens. Personnellement, je donnerai ma voix à Mr Collomb à Lyon sans me poser trop de questions : tout vaut mieux que la droite. Unissons nous contre Sarkozy. Il est grand temps.
14 mars 2008 à 12h39
bonjour,
lorsqu’une coalition de gauche fait parlé d’elle, le ps local (PASOK Grèce)
la trouve soudain interessante…
http://www.info-grece.com/modules.php?name=News&file=article&sid=4210
gp91
14 mars 2008 à 13h12
Bonjour,
Et que dire des stratégie d’alliance qui ne respecte pas le scrutin du premier tour. A Noisy le Sec (93) Les liste PC et PS-Vert ont obtenues 51 voix d’écart. La fusion se fait avec 13 PC éligibles contre 18 PS Vert. le PC accepte pour faire gagner la gauche. Mais jusqu’a hier, aucun tract du PS ne cite Gilles Garnier, tête de liste PC. Le cigle PCF n’apparaissait pas sur les tracts de deuxième tour. L’affiche sur les nouveaux panneaux est l’ancienne liste PS Vert sans même un bandeau annonçant la fusion. Pour le meeting de deuxième tour Gilles Garnier n’est pas cité dans les invités. Il est pourtant le conseiller Général sortant, arrivé devant le candidat socialiste qui s’est désisté pour le deuxième tour. A vouloir écraser le PC nous risquons de froisser ses électeurs et de perdre une élection pour laquelle la gauche était en tête (53%). Nous verrons dimanche soir si cette stratégie que je considère comme suicidaire était la bonne.
Le rassemblement à gauche nécessite un respect mutuel. C’à n’est qu’ensemble que nous pouvons gagner.
14 mars 2008 à 13h30
@ vincent 64. Le PS a besoin de rien du tout ; il est né avec Mitterrand, il est mort avec lui.Il n’est plus qu’un club dont la carte assure solidarité et échanges de services minimum entre personnes à trajectoires personnelles, comme l’ont été la SFIO et autres partis radsocs de la 3ème. Pourquoi en attendre une doctrine, il n’y a même plus de courants.
@claire au doux nom de scandale (et aux autres du 93), un « nouveau » parti forcément ironiquement des « travailleurs » ou des » forces productives industrielles » donc forcément nostalgique d’un PC qui aurait mal tourné (ah la tristesse de la ceinture rouge!). Si le marxisme a été et reste une doctrine économique indépassée, çà n’en a jamais fait une doctrine politique (on n’a jamais été obligé de l’indissocier de la suite-lénine) et le travail n’est pas né avec l’industrie. Peu importe les modes de production à venir, la question du partage de la valeur ajoutée sera toujours au centre de la définition du consensus social. Quant à la question de l’appartenance au groupe, ce qui fait du sujet (aussi) un être social, ce qui détermine l’espace de parole public, il est pour moi à ramener à l’espace ouvert en 89, la nation, la république. Comme beaucoup je me suis fais arnaquer comme militant par JPC en 2002, j’ai aucune raison de me faire arnaquer une deuxième fois comme citoyen en lui laissant la propriété de ce discours.
14 mars 2008 à 13h38
…@claire…..pour compléter mon propos, au sujet des bisbilles entre élus verts et communistes, sans prendre parti il ne me gêne absolument pas que les Verts crèvent.
14 mars 2008 à 13h54
@JLM
Je viens de commencer à lire dans le métro l’analyse de PRS sur le 1er tour. Je suis tout à fait d’accord avec ce que j’ai lu (j’ai pas fini l’article cependant) et de nouveau je suis tout à fait enthousiaste qu’il y ait des gens comme vous (le PRS et JLM) même si quelques divergences. Mais dans la dynamique d’ensemble je vous rejoins. Cela me rassure car les débats ici ne reflètent pas toujours vos positions. Je les trouve souvent plus à droite que ce que vous pensez.
14 mars 2008 à 14h08
J’ai aussi retrouvé ceci:
Pour enfoncer le clou sur la gestion locale : les impôts régionaux ont augmenté de plus de 35 % sur l’ensemble de la France depuis 2004, ce qui représente un prélèvement supplémentaire de 2 milliards d’euros pour les contribuables.
C’est bien le financement des politiques socialistes qui a fortement augmenté les dépenses de communication, les frais de fonctionnement et le saupoudrage des subventions aux associations comme le disait Laporte …
Deux autres exemples parlant, tirés du Livre Noir des Régions :
Bretagne :
Frais d’administration et personnel : une armée mexicaine !
Fin 2004, 401 fonctionnaires. Au 1er décembre 2006, 582 fonctionnaires. Soit
45% de fonctionnaires en plus et comme la région engage beaucoup de cadres et de contractuels la masse salariale a progressé sur la même période de 64%.
Rien que pour le cabinet du président, les effectifs sont passés de 5 personnes en mars 2004 à 21 personnes aujourd’hui.
Poitou-Charentes – (chez la donneuse de leçons qui a tenté de faire passer pour 51 millions d’euros de frais de maquillage et de coiffure pour les quelques mois de campagne !)
Des subventions régionales distribuées de façon partisane
Le Fonds Régional d’Intervention Local (FRIL) finance des projets locaux en Poitou-Charentes. Sur un montant total de 8 M€ d’investissements, 2 M€, soit prés de 24 % des subventions du FRIL, sont destinés à la circonscription de Madame Royal alors que cette circonscription ne représente que 5,3 % des habitants de la région.
D’autres associations bénéficient des largesses de Madame ROYAL
ATTAC :
La majorité régionale a attribué, par délibération du 10 juillet 2006 une subvention de 30 000 € dans le cadre des universités d’été d’ATTAC qui se sont déroulées à POITIERS du 25 au 29 août 2006. En 2005, la majorité régionale avait déjà attribué d’une part, une subvention de 20 000 € dans le cadre des universités d’été d’ATTAC qui se déroulaient à la faculté de Droit de POITIERS du 26 au 30 août, et d’autre part, une subvention de 19 000 € dans le cadre des « Chemins de la découverte d’ATTAC » qui se déroulaient les 20, 21 et 27 août à CHATELLERAULT. »
Elle a raison : gérons la France comme les socialistes gèrent les Régions, et le pouvoir d’achat des Français + les déficits iront mieux.